04 févr.
2014

Tournai : arrêtez le massacre !

Un accident de plus aux environs d'Imagix !

Ce mardi matin, à l'heure de débuter une nouvelle rubrique sur le blog, le journal de Vivacité annonce qu'une fois encore un piéton a été renversé sur les boulevards de Tournai, cette fois, à hauteur du cinéma Imagix. Cette portion des boulevards entre l'Escaut et la gare est devenue depuis un an le lieu tristement célèbre de tous les dangers pour ceux qui veulent la traverser.

Pourtant, suite à un accident survenu il y a plus d'un an, dans lequel trois jeunes étudiants ont été gravement blessés, le SPW a réduit la largeur du boulevard des Nerviens en créant une voie uniquement réservée au bus, pourtant des passages pour piétons désignés dans le code de la route "passages protégés" ont été tracés et des chicanes ont été mises en place, face au cinéma, pour les aborder, pourtant la vitesse des véhicules est limitée à 50 km/h puisqu'on se trouve en agglomération, pourtant chaque accident provoque une telle levée de bouclier que ceux-ci ne peuvent passer inaperçus et que cette humaine réaction devrait provoquer, pour le moins, une sensibilisation des usagers, des habitués des lieux.

Hélas, en moins d'une semaine trois accidents sont encore venus ternir un peu plus la réputation des aménagements routiers de ce coin de notre ville et s'ajouter à la liste des faits divers désolants.

Pourquoi tant d'accidents ?

L'accident est rarement le fait de la fatalité, il est la conséquence d'un enchaînement de causes souvent différentes, elles s'appellent méconnaissance ou refus d'appliquer les plus élémentaires règles du code de la route, distraction, empressement mais aussi attitudes inadaptées à une vie en société.

Le code de la route impose aux automobilistes qui circulent en agglomération de respecter une vitesse maximale de 50 km/h. Promenez-vous sur les boulevards, en dehors des heures de pointe, vous y constaterez que de nombreux conducteurs considèrent cette voie comme un boulevard périphérique et l'empruntent à des vitesses excessives, le regard fixé sur les feux de signalisation qu'ils veulent franchir sans devoir marquer l'arrêt.

Le code de la route impose de respecter les couloirs tracés pour les bus, aux heures de pointe, certains sont tentés de gagner du temps, en quittant leur voie de circulation pour emprunter celle qui leur paraît dégagée (ce phénomène est aussi présent sur les autoroutes où lors de files certains n'hésitent pas à utiliser la bande d'arrêt d'urgence à l'approche d'une sortie ou... pour tout simplement se ré-intercaler quelques centaines de mètres plus loin. Ces chauffeurs imprudents vous diront qu'ils doivent absolument arriver à l'heure au travail ou déposer l'enfant à l'école avant le début des cours, qu'ils sont en retard à un rendez-vous. C'est un souci qu'on peut comprendre mais alors, il faut partir, un peu plus tôt de chez soi ou avoir la capacité intellectuelle de mieux gérer son temps !

Le code de la route impose aux piétons d'emprunter les passages qui leurs sont réservés. Hélas, sans une réelle éducation de la part des parents (qui bien souvent montrent eux-mêmes le mauvais exemple) ou... une malheureuse expérience, on verra toujours des piétons pressés traverser sans marquer le moindre arrêt, forts d'un sentiment de sécurité, slalomant entre les voitures et narguant même les automobilistes. Les jeunes, le baladeur dans les oreilles, en arrivent même à oublier qu'ils traversent une rue où circulent des voitures. Prenez l'exemple de la rue Royale, la distance entre deux passages est telle qu'elle oblige, suivant le code de la route, tous les usagers à les emprunter, allez expliquer cela à ceux qui vont chercher leur pain dans une boulangerie ou qui se rendent dans un établissement bancaire, on les voit courir du véhicule parfois stationner en double file pour... aller faire la file dans le magasin !

Le code de la route est une réglementation qui évolue en fonction de différents critères et il est censé protéger ceux et celles qui se déplacent à pied, en vélo, en voiture ou par les transports en commun. Si chacun dans son domaine le respectait, il y aurait nettement moins de morts et de blessés sur les routes, l'économie se porterait mieux et.. les assurances automobiles coûteraient moins cher.

En réalité, le piéton est-il protégé ?  

Il y a cependant un aspect du code de la route qui m'interpelle, celui qui a donné une priorité presqu'absolue aux usagers dits "faibles", principalement ceux qui se déplacent à pied. La rencontre fortuite ou inévitable entre un usager dit faible et un véhicule tourne rarement à l'avantage du premier nommé, si d'un côté la carrosserie sera à peine bosselée, de l'autre ce sera les fractures, le handicap ou la perte de la vie ! Par la mise en application de cet article du code, n'a-t-on pas tout simplement voulu ralentir la circulation des voitures en imposant aux automobilistes d'avancer avec la prudence du sioux en traquant le moindre piéton qui pourrait soudainement se jeter sous ses roues. Si on veut réellement protéger les piétons, des actes doivent être posés : une mise en évidence des passages dont certains ne sont plus visibles (parce qu'on manque de couleur ou qu'on n'a pas de budget suffisant pour en acheter au SPW), la pose de feux devant stopper l'automobiliste. En plaisantant, j'ai toujours dit que dans un passage clouté, c'est malheureux que les clous soient mis à l'envers !

"Désormais je serai plus prudent", promesse d'alcoolique !

Certains liront cet article et seront peut-être d'accord avec l'argumentation développée mais... demain ou après-demain, au volant de leur voiture, pressés d'arriver à leur destination, seront prêts à se transformer en boule de bowling au milieu du jeu de quilles que sont ceux qui traversent la chaussée.

(S.T. janvier 2014)

 

 

   

 

09:46 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, boulevards, accident, spw, code de la route |

Commentaires

Le rond-point d'Imagix Tournai et ses abords sont effectivement dangereux. Et de manière générale, les villes sont saturées par l'explosion du nombre de véhicules et les problèmes de mobilité. Bonne soirée Serge.

Écrit par : Un petit Belge | 05/02/2014

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Le "Rond-Point d'Imagix", mentionné par le correspondant, est certainement, je crois, le rond-point dont le NOM OFFICIEL est "ROND-POINT DU VIADUC", dénomination qui remplaça "CARREFOUR DU VIADUC" qui existait depuis des dizaines et dizaines d'années.

Écrit par : jacques DE CEUNINCK | 09/02/2014

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Oui, Jacques, j'emploie régulièrement dans mon blog le nom de "rond-point du Viaduc" qui aurait du succédé à l’appellation ancienne qu'était le "carrefour du Viaduc" . Hélas, à notre époque, presque plus personne ne sait ce qu'est le viaduc (ce pont où passe les trains) et certaines personnes le confondent même d'ailleurs avec le pont Morel.
Je parlais un jour du rond-point du Viaduc à un interlocuteur, encore jeune, et celui-ci m'a repris en disant : "ah..le rond point d'Imagix" me regardant comme si je ne connaissais pas ma ville. Je crois que pour lui j'avais l'air d'un béotien ! En raison de ce principe de facilité, j'espère qu'un jour l'avenue de Maire ne deviendra pas la chaussée Dodo et le boulevard Walter de Maris, le boulevard des Bastions !

Écrit par : L'Optimiste | 10/02/2014

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