15 janv.
2014

Tournai : le point mensuel sur les chantiers.

Notre dernier rendez-vous date déjà de l'année dernière, durant la période du 21 décembre au 5 janvier, les travaux ont été à l'arrêt en raison des traditionnels congés dans le secteur de la construction.

La cathédrale Notre-Dame.

Les deux clochers Sud sont désormais totalement "emballés". Les échafaudages montent jusqu'au sommet, à 83 mètres de hauteur. Les grandes toiles plastifiées censées protéger le voisinage des poussières générées par la réfection et le remplacement des pierres ont donné bien du fil à retordre aux pompiers lors des tempêtes de fin décembre. Si les colsons ont tenu bon, les toiles se sont déchirées et ont voulu jouer les filles de l'air. Dans un peu plus de 1.000 jours ouvrables, sans aléas, les cinq clochers présenteront un nouveau visage ! 

Quartier cathédral.

Les travaux progressent à un bon rythme même si certains ont la désagréable impression qu'ils évoluent vraiment lentement. Le dallage de la rue des Chapeliers a été réalisé jusqu'à hauteur de l'entrée du piétonnier. Dans le prolongement de celle-ci, depuis une semaine, les engins de chantier ont commencé à enlever les pavés de la place Paul Emile Janson entre la rue Soil de Moriamé et la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Les arbres ont également été déracinés. Nous avons souvent déploré que l'auteur de projet ne jurait que par la minéralité et ce n'est donc pas une surprise de constater que les seuls éléments vivants de cette place ne fassent désormais plus partie du paysage. Mr. Nicolas Michelin a-t-il horreur des espaces verts ou bien ses études d'architecte datent-elles déjà de cette époque où le "tout béton" était le seul et unique crédo ? Loin de moi d'émettre une critique sur l'homme que je ne connais pas mais ses "créations architecturales" sont un peu trop tristes et manquent totalement de chaleur !

Pour beaucoup de concitoyens, la rénovation récente de la rue de l'Hôpital Notre-Dame pose également problème. Naguère étroite et ne permettant pas le croisement aisé de véhicules en raison de ceux qui y étaient stationnés, elle est désormais bien large car on a supprimé les trottoirs pour la transformer en un "espace partagé". A l'occasion de cette réfection, la voirie a été mise en sens unique vers l'Escaut, elle ne possède plus aucune place de stationnement et la vitesse y est limitée à 20km/h. Que constate-t-on ? Certains automobilistes font fi de l'absence de places pour parquer et immobilisent leur véhicule sur la droite ou la gauche de la rue obligeant les autres usagers à slalomer. D'autres, notamment les livreurs, empruntent cette rue à une vitesse inadaptée au péril des piétons qui se sentent faussement en sécurité. Le dimanche, enfin, cette rue est déserte et ressemble à celle d'une cité fantôme, les bâtiments abandonnés (ancien immeuble du "Courrier de l'Escaut", terrain vague du défunt Multiscope Palace, bâtiment vide d'un ancien restaurant appelé à disparaître, divers commerces à remettre) ainsi que les rares magasins fermés pour le week-end n'attirent pas le chaland, tout au plus va-t-on y croiser des passants qui se pressent vers la gare ou en viennent.

Tout n'est cependant pas gris. D'autres chantiers vont redynamiser heureusement de nombreux quartiers.

Place de Lille.

Le chantier de l'ancienne église Sainte-Marguerite stoppé pour un problème de conformité au permis de bâtir vient de reprendre. A côté de l'entrée de l'édifice religieux, la plus petite maison de Tournai fait, depuis peu, l'objet d'une rénovation, celle de la façade de l'ancien bâtiment à l'enseigne des "Armes de Tournay" est achevée, on aménage l'intérieur pour y créer un rez-de-chaussée commercial et des appartements aux étages. Les travaux d'aménagement d'un vaste parking sur deux étages dont l'accès se fera par la place de Lille et la sortie par la rue As-Pois ont bien progressé. Constatons que le commerce d'objets électriques dont le propriétaire est décédé, il y a quelques mois, semble à l'abandon et ses étalages offrent un spectacle désolant, le matériel exposé rouillant sur place !

Rue Perdue.

Passant, presque tous les jours, dans cette rue qui permet la liaison entre l'Escaut et le centre-ville, on ne remarque pas une activité fébrile quant aux travaux d'aménagements intérieurs et des accès au parking souterrain dont le gros-œuvre est terminé depuis un an déjà !

Quartier de la Madeleine.

On ne peut ignorer les chantiers qui y sont réalisés. Dès l'entrée dans la ville, sur l'avenue de Troyes, on remarque la construction en cours face au jardin de la Reine, sur le site de l'ancien Casino. Rez-de chaussée commercial et appartements entourés d'un espace vert seront certainement disponibles en 2015.

Dans la rue Frinoise, deux importants chantiers se font face, celui initié par le Logis Tournaisien, qui complètera le chantier réalisé, il y a quelques années, à la brasserie Saint-Yves, dans la rue de la Madeleine et celui qui est réalisé à l'emplacement de l'ancien cinéma Eden dont les bâtiments viennent d'être rasés. Ajoutons que l'immeuble depuis longtemps vide situé au coin de la rue Frinoise et de la rue des Augustins est en également cours de rénovation pour accueillir le projet de l'asbl "l'Antre-Deux".

A la jonction entre la rue des Augustins et le boulevard Léopold, des travaux de pose d'impétrants ont débuté ce lundi 13 janvier. Mardi, il était même impossible de rejoindre le boulevard en remontant la rue, décidément les détours imposés aux automobilistes sont nombreux en ce moment.

Place du Becquerelle.

Le chantier de construction d'une crèche, de bureaux et d'appartements de standing (dont tous seraient déjà vendus sur plan) entre dans une nouvelle phase. La crèche est terminée, pour le reste, ce sont les aménagements intérieurs qui sont en cours.

Avenue Montgomery.

La deuxième des cinq phases du projet immobilier intitulé "Corne Saint-Martin" se termine. A terme, ce sera un véritable quartier qui sera ainsi créé sur cette partie de l'ancienne plaine des Manœuvres.

Rue Jean Cousin.

Le chantier abandonné, dans le courant de l'été, par son initiateur suite à une faillite a été repris et le rythme de travail est soutenu. Il permettra probablement la livraison des appartements avec peu de retard sur le délai prévu à l'origine.

Rue Barthélémy Frison.

Les travaux de transformation des locaux de l'ancienne imprimerie Gédit en appartements et lofts progressent de façon peut-être un peu moins spectaculaire que celles des autres chantiers, on n'y voit pas cette activité fébrile constatée ailleurs car il s'agit surtout d'aménagements intérieurs moins visibles.

Le quartier du Becquerelle.

La pose des impétrants progresse, le quai Dumon et le coin Becquerelle sont terminés, ce sont désormais les rues de l'Epinette et des Jardins qui sont concernées par les ouvertures des voiries. 

Quartier du vert Bocage.

Le chantier de rénovation de l'avenue des Erables se poursuit. Cela fait maintenant près de trois mois que la circulation est interrompue sur cette voie fort fréquentée du quartier. Il n'y a pas de déviation possible pour rejoindre le boulevard Léopold. La rue Albert Allard et l'avenue des Sorbiers qui lui est parallèle, deux voies qui forment le giratoire dans le quartier, sont devenues, par ce fait, des impasses. Il faut soit revenir par la rue Saint-Eleuthère, soit rejoindre la chaussée de Lille pour venir en ville, celui qui s'y aventure pour la première fois a intérêt de se munir d'une bonne boussole et de ne pas trop se fier à son GPS !

Quartier du Vert Bois.

Pas besoin pour moi de me déplacer pour vous relater ce chantier, il me suffit de regarder par la fenêtre et ce que je vois m'interpelle profondément. Les travaux de pose d'une nouvelle canalisation de gaz et d'un câble téléphonique débutés fin août, ont été terminés durant la semaine qui a précédé la Noël. Entretemps, tous les trottoirs ont été faits et... même refaits (en raison de malfaçons). Malgré les promesses du chef de chantier de l'entreprise adjudicataire, d'un représentant du maître d'œuvre (Ores), des responsables communaux chargés de la surveillance du bon déroulement des travaux et même de l'échevin responsable, le nettoyage des rues n'a pas été effectué avant les congés et la boue omniprésente depuis le début des travaux est restée sur l'asphalte, s'est écoulée lors des averses dans des égouts qui commencent à saturer, s'est attachée aux semelles des riverains nécessitant un nettoyage journalier des maisons en ces périodes de fêtes, elle a aussi maculé l'intérieur et l'extérieur des voitures qu'il est nécessaire de nettoyer toutes les semaines. Depuis le 6 janvier, on ouvre à nouveau les trottoirs et les jardins des particuliers pour raccorder le câble téléphonique aux diverses maisons avant qu'on ne vienne prochainement faire la même opération pour le gaz. Soyons philosophes, on verra peut-être bien le bout du tunnel un jour ! 

Projets en sommeil, abandonnés ou oubliés.

Alors que celui-ci était paru dans la presse et que les plans avaient été affichés aux valves de l'hôtel de ville, il y a plus d'un an, on ne parle plus du projet de construction d'un hôtel à l'emplacement du magasin de cycles de la rue Marvis et de l'avenue Bozière.

De même, le projet de transformation des anciennes usines Allard au quai des Salines en lieux d'habitations n'a toujours pas débuté.

Le chantier de construction d'appartements à la rue Paul Pasture est à l'abandon suite à la faillite de l'immobilière.

Rien de nouveau du côté de la restauration de la Tour Henri VIII, de l'ancienne gendarmerie, de l'îlot Cherquefosse, de l'église de la Madeleine ou de celle des Pères Rédemptoristes qui sont devenus, peu à peu, les chancres qui défigurent la cité des cinq clochers !

Et l'avenir ?

Depuis quelques semaines, on parle avec insistance du projet de la Z.A.C.C Morel. Le bourgmestre empêché, Rudy Demotte, l'a même évoqué lors de la cérémonie des vœux. Il s'agit, ni plus ni moins, de la création d'un tout nouveau quartier sur des terrains cultivés, de plusieurs dizaines d'hectares, situés en face du home des Brasseurs. Une zone d'habitation où les économies d'énergie seront privilégiées, où les maisons ne seront pas les unes sur les autres (on parle de trente bâtiments à l'hectare) avec des voiries et des espaces verts.

Un autre important projet concerne la place Reine Astrid où les ateliers d'un ancien garage devraient être rasés. La rénovation de cet ensemble qui rejoint la rue Saint-Martin où se trouvaient les vitrines d'exposition des voitures permettra la restauration de la chapelle Saint-Eloi qui s'y trouve enclavée et qu'on ne peut apercevoir, actuellement, ni de la place, ni de la rue. Celle-ci constitue avec l'église Saint-Jean un des deux témoins de l'architecture religieuse du XVIIIe siècle.

Si le projet de liaison Seine-Nord voit le jour, l'année 2014 sera-t-elle celle du début des travaux de l'élargissements de l'Escaut, de la reconstruction du Pont à Pont, de la démolition des arches du Pont des Trous ? Les industriels, sensibles au développement de leur chiffre d'affaires et à l'économie de la Wallonie Picarde le souhaitent, les entreprises qui seront chargées de cet important chantier se frottent les mains, une majorité de Tournaisiens, soucieux de préserver un patrimoine dont ils considèrent être les usufruitiers et non les héritiers le redoutent ouvertement ?

(sources : recherches personnelles)

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