09 déc.
2013

Tournai : Pascal Winberg, l'Administration, le football et le Cabaret

Un Tournaisien né durant les "golden sixties" !

A Tournai, tout le monde a pratiquement un jour entendu parler de Pascal Winberg en raison de ses très nombreuses activités. Cela ne me rajeunit pas d'avouer que je l'ai connu à peine adolescent.

Son père, Léopold, était le facteur du quartier de la place Verte où j'habitais au début des années septante, un homme jovial, toujours de bonne humeur, un facteur d'antan qu'on entendait siffler lors de ses tournées et..., comme moi, supporter de la Royale Union Sportive Tournaisienne.

Cadet d'une famille de deux enfants, Pascal Winberg est né le 9 janvier 1963, ses parents étaient alors domiciliés à la rue Cottrel, à deux pas du terrain de football, dont il entendait, chaque dimanche monter les clameurs, lorsqu'un but était marqué.

Après avoir fréquenté l'école de la Justice, il s'orienta vers l'école Normale d'abord à la rue du Chambge et ensuite à la rue des Carmes suivant des études d'instituteur. Néanmoins ce sera vers les services de l'Onem, en tant qu'employé, (l'Office National de l'Emploi) qu'il se dirigera en 1983, à l'âge de vingt ans.

Un Tournaisien avec un cœur Rouge et Vert !

En 1977 déjà, on le retrouve fervent supporter de l'Union et en 1980, il entre dans l'encadrement de l'équipe première des Rouge et Vert au moment où le club remonte en Division 3 nationale, sous la direction sportive de Marcel Rouneau. On le retrouve bientôt soigneur de l'équipe, cet homme à l'éponge dite "miraculeuse" qui se précipite lorsqu'un joueur reste étendu sur le terrain et le remet sur pied en un clin d'œil.

Etant, à l'époque, responsable du journal du club, "le Rouge et Vert", j'ai eu la chance de l'avoir comme chroniqueur au sein du comité de rédaction. Encouragé par Eloi Baudimont et René Godet, il s'essaya, avec beaucoup de bonheur, à des articles rédigés en patois tournaisien. En compagnie de Léon Foucart, Eddy Van der Eecken et Jean Leclercq (lui aussi membre du Cabaret), il formait ces trois "Mousquetaires" qui, comme chacun sait, été en réalité quatre !

Lorsque j'abandonnais la rédaction du journal, en 1991, c'est lui qui reprit les commandes de la publication bimensuelle. Lors de la fusion du club de la rue des Sports avec le Sporting Club de Pecq, le journal changea de nom pour devenir "La gazette des Infants" (les Infants étant le surnom donné aux joueurs du club unioniste). Par souci d'économie, le journal était confectionné chez lui. Travail extrêmement athlétique demandant une excellente condition physique car Pascal ne compte plus le nombre de tours de la table du salon exécutés, deux fois par mois, pour classer dans l'ordre les pages numérotées et les agrafer. Comme on dit à Tournai : "On pinse qui n'a qu'à" !

Quand en 2002, le Racing et l'Union fusionnèrent dans un mariage téléguidé, plus de raison que d'amour, Pascal est devenu "Sang et Or" suivant son fils qui évoluait comme gardien dans les catégories d'âge du nouveau club. Au sein du comité de rédaction de la revue "Le Sang et Or", il côtoya alors Michel Tiberghien, Guy Mortier et Etienne Boussemart.

Le rédacteur est également passé sur l'ordinateur et c'est lui qui alimente désormais le site WEB du club de football tournaisien.

Vingt-sept années passées à la C.E.T.

Pendant ce temps, Pascal Winberg a connu des changements dans sa vie professionnelle, il a fait un stage à la Caisse d'Epargne de la Ville de Tournai (la C.E.T) en qualité d'encodeur et ensuite à la formation professionnelle de l'Onem. Apprécié lors de son stage, la direction de la Caisse d'Epargne fit appel à lui en 1985 et il resta au service de la clientèle jusqu'en 2012, date à laquelle l'organisme d'épargne tournaisien fut cédé au Crédit Professionnel du Hainaut. Ayant le statut d'employé communal, Pascal exerce désormais une fonction au sein de la "cellule courrier" de l'Administration Communale.

Un cœur "Rouge et Vert", "Sang et Or" mais surtout "Rouge et Blanc"!

Si, dès les années quatre-vingt, Pascal Winberg signait des articles en patois dans le Rouge et Vert, ce ne fut qu'en 1997 qu'il se risqua, pour la première fois, à participer au Concours Prayez, qui s'est toujours avéré être une pépinière de jeunes talents pour la Royale Compagnie du  Cabaret Wallon Tournaisien. Avec le monologue, "Les clés du paradis", il remporta un troisième prix. Il récidiva deux ans plus tard, toujours dans la catégorie monologues, et décrocha un second prix avec "A la Tienne", en 2001, il monta sur la plus haute marche du podium avec le monologue "Vife le sport". Délaissant les histoires humoristiques pour la chanson, en 2004, avec "Mais qu'ch'est bieau", il fut couronné du premier prix en catégorie "sujet imposé-chanson", performance qu'il répéta l'année suivante avec sa chanson "On s'ra acore vite là".

On ignore peut-être qu'en 2001, il a débuté comme choriste dans la revue du Cabaret. Dans le groupe se trouvait également Françoise Vanden Broecke, la sœur de Pierre, membre du Cabaret depuis 1996. Entré comme aspirant en janvier 2006, il prit pour parrains, comme c'est l'usage pour tout postulant, Pierre Vanden Broecke et Jean Marc Foucart. Son talent reconnu par ses pairs, un an plus tard, il devenait le 92e membre de la Royale Compagnie. Auteur de chansons et de monologues, il signe également des scènes des revues et si on est attentif, depuis 2009, il s'est surtout spécialisé dans les chansons d'entrée et le final.

Les chansons "Merci GaÏa", "Eine grante occasieon" ou ces occasions qu'on rate parfois dans notre vie, "I.K.E.A" où les déboires d'un bricoleur, "Lette au maïeur" dans laquelle il fantasme, avec une imagination fertile, sur l'installation d'un sex-shop dans la rue Saint-Martin, "Rudy, t'iras pas au paradis" écrite en octobre de cette année ou ses monologues : "Sainte glache" ou la mésaventure imaginaire de Benoit XVI en visite à Tournai, "On est toudis pris" ou les secrets éventés de la confession... des œuvres parmi tant d'autres qui font désormais partie du patrimoine patoisant de la compagnie tournaisienne.

En guise de conclusion.

"Mes gins , feaut profiter d'la vie, pasqu'on n'sait pos l'temps qu'elle dur'ra, on a bieau faire d'z'ecolomies, on n'd'ara pos b'soin dusqu'on va, cha n'sert à rien d'ête égoïsse, ni d'cacher misère à les gins, mais ouvère s'cœur aux amisses, ch't'ein momint qui rind fin contint. Ainsi quand'c qui arrif' qu'on m'déminte c'que j'pins' du bonheur, mi j'répeonds : viveons à feond l'minute présinte, car ch'est p'têt' elle l'grante occasieon".

Un extrait de texte que j'ai sélectionné pour vous car il est certainement un de mes préférés.

(S.T. décembre 2013).


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