31 oct.
2013

09:30

Tournai : l'année 2009 sous la loupe (4)

Le quatrième trimestre de l'année 2009 sera relativement calme, toutefois, au cours de celui-ci, de nombreuses célébrités vont nous quitter parmi lesquelles, le 12 octobre, le coureur cycliste Frank Vandenbroucke (34 ans), garçon jovial, doué, qui possédait toutes les qualités pour devenir un très grand champion mais qui, malheureusement, a brûlé la chandelle par les deux bouts et a rencontré de très mauvais conseillers. Le 3.11, on annonce le décès du comédien belge Christian Barbier (85 ans), acteur dans de nombreux films, il restera pour beaucoup "l'homme du Picardie", la série sur la batellerie diffusée par la télévision française, il y a une quarantaine d'années déjà. Le 21.11, le prince Alexandre de Belgique (67 ans), demi-frère des rois Baudouin 1er et d'Albert II et le 26 décembre, Yves Rocher (79 ans), l'industriel français, PDG de l'entreprise de produits cosmétiques qui porte son nom, décèdent également.

Le 22.10 paraît le dernier album des aventures d'Astérix dessinées par Albert Uderzo, " Le livre d'or d'Astérix".

A Tournai, l'actualité est surtout culturelle comme nous allons le voir.

Octobre.

Le dimanche 4, la traditionnelle arrivée de la dernière étape du Circuit Franco-Belge voit la victoire de Haedo devant Hutarovich. Le classement final de l'épreuve est remporté par Tyler Farrar devant Tom Boonen et Roger Hammond.

Durant la semaine qui suit, le projet de parc éolien que les industriels du secteur souhaitent implanter à Esplechin soulève une levée de boucliers, même le maire du village frontalier français de Camphin en Pévèle s'élève contre la construction de ces mâts à quelques hectomètres de la frontière.

Le samedi 10, vers 5h, à Templeuve, un accident de la circulation coûte la vie à un jeune conducteur français âgé de 21 ans. Comme il roulait dans un véhicule qui ne lui appartenait pas, non immatriculé et non assuré, son identification a été compliquée.

Le soir, la chanteuse suisse Sophie Hunger occupe la scène de la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, le public écoute du folk et du rock tandis que le lendemain, le style est   radicalement différent, dans la chapelle du séminaire épiscopal, avec "Dong Grand Songs" et "Le Muquam des Dolans", une soirée musicale à la découverte de deux ensembles chinois de civilisations anciennes, la musique des Ouïgours du désert de Taklamakan. 

Le mercredi 21 octobre, Claire Diterzi vient présenter son nouvel album "Tableau de chasse" à la Maison de la Culture.

Le dimanche 25 octobre, peu avant 8 h, sur la chaussée de Saint-Amand, dans le léger virage du lieu-dit "la Touille", le conducteur d'une camionnette sort miraculeusement indemne d'une violente embardée. Son véhicule a quitté la route, heurté un poteau d'éclairage qu'il a sectionné et s'est retrouvé sur le flanc dans un champ en contrebas de la route. Avant même l'arrivée des secours, un ami de passage l'avait conduit en clinique où on ne constata que des blessures très superficielles. 

En ce dernier week-end d'octobre, l'écrivain Henri Vernes qui a vécu à Tournai est venu inaugurer la rue qui portera désormais le nom de son héros, "Bob Morane", le nom de ce dernier a, en effet, été donné à la rue du Follet à Kain. Par ailleurs, l'auteur de romans a permis au musée d'archéologie de présenter une exposition de ses plus belles pièces archéologiques ramenées des très nombreux voyages que ce bourlingueur a effectués aux quatre coins du monde. Elle porte le nom de "Verneries, jardin secret d'Henri Vernes".

Le samedi 31 octobre, vers 3h du matin, l'avenue Montgomery est, une fois encore, le théâtre d'un tragique accident de la circulation qui fait d'elle le point noir à l'entrée de la cité des cinq clochers. Arrivant probablement beaucoup trop vite dans le léger virage situé à hauteur du carrefour avec la chaussée de Willemeau, un conducteur perd le contrôle de son véhicule qui part en tête à queue et est violemment projeté contre un arbre situé de l'autre côté de sa voie de circulation, la passagère, une jeune Française de 19 ans perdra malheureusement la vie dans ce terrible choc alors que le chauffeur de la voiture devra être transporté, gravement blessé, en clinique après avoir été désincarcéré.

le samedi 31 octobre, Pierre Perret se produit en concert sur la scène de la Maison de la Culture. 

En ce week-end de Toussaint pour les uns, d'Halloween pour les autres, les Sang et Or du Football Club de Tournai semblent bien moribonds. Dans une rencontre "mortelle" les opposant au SK Renaix qui occupe également les dernières places du classement, ils sont battus sur le score de 2-1. Cela les enterre un peu plus et ils ne comptent plus qu'un petit point d'avance sur les clubs relégables. Le plus ardent des supporters n'oserait parier un euro sur une résurrection des joueurs tournaisiens.

Novembre.

Au procès concernant les causes et responsabilités de la catastrophe de Ghislenghien qui se déroule dans le hall de Tournai-Expo, 250 pompiers issus d'Ath, Lessines, Tournai, Mouscron mais aussi de nombreuses casernes du pays sont venus, le mardi 3 novembre, soutenir leurs collègues athois et la famille du commandant du corps des pompiers local qui y a perdu la vie lors de la terrible explosion de la conduite de gaz.

"Pecora nera" (la brebis noire) est une création d'Ascanio Celestini et Pietro Pizutti qui se joue les jeudi 12 et vendredi 13 novembre dans la salle Frank Lucas de la Maison de la Culture. Dans cette pièce, les auteurs montrent l'altération de la raison, une déraison immensément comique qui pourrait soulager le monde de ses plaies et le réinventer.

Le samedi 14 novembre, la Chapelle Musicale de Tournai inaugure sa 18e saison de concerts par une soirée exceptionnelle à laquelle participe la jeune pianiste coréenne Hering Sung, lauréate du Concours international André Dumortier 2008.

Du 19 au 21 novembre, le Moscow Stars Circus plante, une nouvelle fois, son chapiteau dans la cité des cinq clochers. On frôle l'émeute lors de la soirée de gala, des tricheurs ont photocopié des billets gratuits gagnés auprès des médias, tant est si bien qu'il y a plus de spectateurs potentiels que de places disponibles sous le chapiteau

Le samedi 21 novembre, le 18e Festival des Imitateurs de Tournai couronne pour la première fois depuis dix ans, un imitateur belge, Alain Posture remporte le premier prix. Les intermèdes sont animés par le duo d'acrobates comiques tournaisiens, les Okidoks (voir la présentation que nous avons fait d'eux dans un précédent article) et la vedette invitée n'est autre que Noëlle Perna, mieux connue sous le nom de "Mado la Niçoise".

En cette fin du mois de novembre, les statistiques concernant les accidents de la route de l'année précédente sont parues. On apprend ainsi que sur l'étendue du territoire tournaisien, en 2008, le nombre d'accidents a diminué très légèrement par rapport à l'année précédente (275 au lieu de 280), que le nombre de décès a fortement baissé (10 au lieu de 24) ainsi que celui des blessés graves (24 au lieu de 36). Le renforcement des contrôles concernant la conduite sous influence, principalement les nuits ou pendant le week-end, porte ses fruits. Les derniers accidents survenus en cette année 2009 ont prouvé que les nuits de week-end restent meurtrières.

Décembre

Delgado Fuchs est un jeune collectif berlinois constitué de deux danseurs-chorégraphes (Nadine Fuchs et Marco Delgado), de brillants danseurs qui ne se prennent pas au sérieux. Le titre du spectacle qu'il présente le samedi 5 décembre dans la salle Jean Noté de la Maison de la Culture est probablement un des plus longs jamais connus par les responsables de la programmation, "Manteau long en laine marine porté sur un pull à encolure détendue avec un pantalon peau de pêche et des chaussures pointues en nubuck rouge".

Le dimanche 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, les pompiers de Tournai sont avisés qu'une forte odeur de gaz est perçue dans le zoning industriel de Tournai-Ouest. En arrivant sur place, ils établissent un périmètre de sécurité, ils n'imaginent pas encore que depuis la soirée du vendredi 4, une conduite de gaz fuit dans des locaux, heureusement inoccupés le week-end.  La conduite de gaz est neutralisée par les services compétents, repérée, l'importante fuite est réparée. On n'ose imaginer les conséquences catastrophiques qui auraient pu se produire à l'arrivée des premiers ouvriers, le lundi matin.

Le lundi 7 décembre, à la Maison de la Culture, à l'invitation du Lions Club Tournai Cathédrale, Francis Perrin raconte "La vie de Molière" au cours d'une conférence-spectacle.

Le vendredi 11 décembre, Michel Boujenah lui succède sur la scène de la salle Jean Noté de la Maison de la Culture dans son spectacle intitulé "Enfin libre". 

La rubrique des faits divers est le plus souvent composée de relations d'accidents plus ou moins graves, d'incendies (il y en eu de nombreux au cours de ce quatrième trimestre), de suicides, de vols ou d'agressions, le fait qui se passe durant la soirée du 11 décembre mérite donc d'être relevé. Jérôme a 26 ans, il fréquente le centre de Cerfontaines à Tournai. Avec une amie, il revient du marché de Noël qui se tient sur la Grand-Place. Arrivés sur le quai, les deux jeunes gens constatent la présence d'un attroupement et remarquent que, dans les eaux froides du fleuve, un homme se débat. N'écoutant que son courage, Jérôme descend l'échelle qui mène au niveau du fleuve et parvient à agripper par la main la personne qui est en train de se noyer. Aidé par deux autres témoins, il hisse le malheureux sur la quai alors que les secours arrivent. Victime d'hypothermie la victime sera transportée en clinique. Une preuve que parmi les jeunes, il y en a encore certains capables de faits héroïques.

Quelques jours plus tard, le froid fait son apparition, les températures chutent et la neige recouvre le sol. Le gel sera à l'origine d'une rupture de canalisation de la distribution d'eau et de nombreux habitants du village de Maulde seront privés d'eau durant la journée du jeudi 17.    

 (sources : presse locale)

S.T. octobre 2013  

 

28 oct.
2013

16:58

Tournai : les festivités de novembre

La saison culturelle bat désormais son plein, les spectacles, conférences et expositions se succèdent aux quatre coins de la cité des cinq clochers en ce mois de novembre.

 

Vendredi 1er, Thimougies, "Marche du Moulin", une organisation de Mont-marche Tournai.

Vendredi 1, salle de "Danse et Cie", 18h30, "La dette publique en Belgique et en Tunisie" conférence par Renaud Vivien du C.A.D.T.M suivie de "Dégénérescence" ballet-spectacle de et avec Ammar Tfili, une organisation du Théâtre Croquemitaine.  

Du vendredi 1 au dimanche 3, Tournai Expo, "Salon Antiquités, Brocantes et Collections".

Samedi 2 et dimanche 3, Halle aux-Draps, de 9 à 18h, "Tournai Toys", le salon du jouet et de ses collectionneurs, une organisation des Amis de Tournai.

Samedi 2 (20h) et dimanche 3 (15h), Maison de la Culture, salle Jean Noté, " Ch'est l'infier...au paradis !", revue patoisante annuelle de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Dimanche 3, Centre du Tourisme, 15h, "Tournai, perdu, Tournai gagné", en dias, trente ans de démolition, rénovation et réaffectation de bâtiments anciens de Tournai, une organisation de l'Association des Guides de Tournai.

Mardi 5, grand auditoire du Séminaire, 13h45, "Rogier van der Weyden, maître du sublime", conférence par Sylvie Esteve, Historienne de l'art, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mercredi 6, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h, "Tout le monde, ça n'existe pas", pièce créée par Marie Limet et mise en scène par Laure Saupique, spectacle nominé "Meilleur seul en scène" aux Prix de la Critique 2013.

Jeudi 7, Maison de la Culture, 14h30, "Le renouveau du nucléaire au XXIe siècle, luxe ou nécessité", conférence par Pierre Klees, Professeur émérite à l'U.L.B., dans le cadre du cycle de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 7, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "La langue de ma mère", de et par Tom Lannoye, une adaptation moitié en français, moitié en néerlandais de "Sprakeloos", roman de l'auteur.

Vendredi 8, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h, tour de chant de "Loïc Lantoine".

Vendredi 8, Maison de la Culture, Espace bis, concert de "Chevalrex".

Dimanche 10, Tournai Expo, "Super Show Félin international", les plus beaux chats d'Europe à Tournai, une organisation de Hainaut Poussy Cat.

Dimanche 10, salle du Forum, 18h, "Amparo Sanchez" en concert.

Lundi 11, Willemeau, place, 14h15, Marche sur 8 et 10 km, organisation Mont-marche Tournai.  

Mardi 12, grand auditoire du Séminaire, 13h45, "Frédéric Chopin et Georges Sand", conférence par Martine Cardière dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui".

Mercredi 13 et jeudi 14, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20h, "Abîme" par la compagnie de la Bête Noire/Céline Delbecq, interprété par Aurélien Van Trimpont et Charlotte Villalonga.

Jeudi 14, Maison de la Culture, 14h30, "Entre barbarie et romanité, le roi des francs Childéric, père de Clovis" conférence par Stéphane Lebecq, Professeur émérite de l'Université de Lille 3, dans le cadre du cycle de l'Université du Temps Disponible.

Jeudi 14, Maison de la Culture, 17 et 20h "Venise, la Sérénissime" par Robert-Emile Canat dans le cadre du cycle Exploration du Monde.

Du jeudi 14 au dimanche 17, esplanade du Conseil de l'Europe, "4e Grande Fête du Cirque de Tournai".

Le vendredi 15 novembre, salle du Forum, projection du film "Wadjda", premier long métrage tourné par une femme en Arabie Saoudite, lauréats de différents prix à Cannes, Dubaï et Venise, suivie d'un "mezze libanais", une organisation de l'asbl "Handicaps Liban". 

Samedi 16, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "Soleils", spectacle chorégraphique de Pierre Droulers dans le cadre du "Next Festival".

Samedi 16 et dimanche 17, Halle aux Draps, "Tournai, la Page", le salon tournaisien annuel du livre et des auteurs, une organisation des "Amis de Tournai".

Dimanche 17, Ere, café au Rep'ere, 9h15, promenade champêtre organisée par le Cercle d'Histoire de la Vallée du Rieu de Barges.

Dimanche 17, église de Mourcourt, 15h, "6e festival de chorales

Mardi 19, grand auditoire du Séminaire, 13h45, "Les progrès des neurosciences appliqués aux comportements humains" conférence par Pierre Moorkens, fondateur de l'Institute of Neurocognitivism, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui". 

Mercredi 20, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20h, "MCBTH", drame de William Shakespeare, traduit par Hugo Claus, mis en scène par Guy Cassiers, composition musicale de Dominique Pauwels, en néerlandais, sur-titré français, dans le cadre du "Next Festival".

Jeudi 21, Maison de la Culture, 14h30, "Quelles justices pour quelles familles : dire le droit ou dialoguer pour négocier ?", conférence par Corinne Poncin, Juriste et Présidente de l'asbl la Famille heureuse, dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 22, salle du Forum, 20h, "Slips Inside" spectacle des Okidoks.

Samedi 23, salle La Fenêtre, 20h, "rencontre d'improvisation" organisée par les Souffleurs de Mots.

Samedi 23, Esplechin, Salle de la Bascule, 20h, "Trombonissimo" concert par un quatuor de trombones

Dimanche 24, Hertain, 15h, Concert-évocation sur "Joseph Descamps, le Curé d'Hertain", par Françoise Lison Leroy et Pascal Macou. Exposition visible durant cette journée.   

Mardi 26, grand auditoire du séminaire, 13h45, "Un jardin beau toute l'année", conférence par Francis Peeters, chroniqueur à Jardins et Loisirs de la RTBf, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui". 

Jeudi 28, Maison de la Culture, 14h30, "L'histoire des Jésuites", par Silvia Mostaccio, Professeur à l'UCL, dans le cadre du cycle de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 29, Marquain, salle Luna, 19h, "L'Escaut mystérieux", conférence par Jean Claude Kion, licencié en philologie romane, une organisation de l'asbl Ligne4, le cercle d'histoire locale.

Vendredi 29 (20h) et samedi 30 (21h), Maison de la Culture, salle Jean Noté, "The Blue Boy" mise en scène de Feidlim Cannon et Gary Keegan, spectacle en anglais, sur-titré français et néerlandais, dans le cadre du "Next Festival".

Samedi 30, Tournai-Expo, de 10 à 19h, "Animô Expo", le salon des animaux de la ferme et de compagnie. 

Samedi 30, salle La Fenêtre, 20h, "Les nouvelles de l'Espace", l'actualité passée au crible par les humoristes, en invité Jean Philippe Rivière, avocat de défense d'en rire.

 

Les expositions :

Du vendredi 1er au dimanche 3, Mont Saint-Aubert, Relais des Artistes, les œuvres de Jacques Coppin.

Jusqu'au 4 novembre, Tamat et Musée de la Tapisserie, "Recherches 13", travaux des boursiers.

Jusqu'au 1.12, Rasson Art Gallery, rue De Rasse, les œuvres de Christo-Jeanne, Claude-Volz et Arman.

Du vendredi 8 au dimanche 1.12, Maison de la Culture, Espace bis, "Catapulte", œuvres de Benjamin Demeyere en collaboration avec le compositeur Chevalrex et le collectif Brest Brest Brest.

Jusqu'au 22 décembre, Musée d'Histoire Naturelle, "Images, Science et Nature", œuvres des photographes naturalistes belges Yvan Barbier et Jean-Christophe Grignard.

Du vendredi 15.11 jusqu'au 22.12, Maison de la Culture, les œuvres de Philippe Delécluse.

Jusqu'à fin décembre, Musée d'Archéologie, "Helkijn, château-fort et résidence des évêques de Tournai".

Ce programme est susceptible de modifications ou d'ajouts. 

S.T. octobre 2013        

        

 

 

25 oct.
2013

18:20

Tournai : expressions tournaisiennes (247)

I-va avoir d'l'ieau dins l'gaz !

 

A Tournai, ceulle expressieon est surtout utilisée quand on veut dire qu'i-va avoir l'broule dins l'ménache. Adeon, j'ai ormarqué que les meots imployés n'seont pos tout à fait bin queusis. J'ai voulu ichi vous parler, comme j'vous l'aveos promis dins ein artique paru l'vingt-huit de sétimpe, de l'état des travéaux dins m'quartier. L'auteomne i-est asteur arrivé et i-comminche à pluvoir su les tuauts d'gaz qui seont ringés su les trottoirs.

Je n'veux pos vous foute l'barpe ave nos problèmes mais j'ai voulu vous in parler pasque ch'est ein hommache que j'rinds à tous les Tournisiens qui save'tent asteur ce que l'meot chantier veut dire, aux gins de l'rue des Cap'liers dusque les ouverriers ont arrêté l'chantier et bin malin l'ceu qui sait quand i-veont l'orcommincher, aux gins de l'rue d'l'Hôpital Noter-Dame qui doive'tent vife, d'puis chinq ainnées, pa d'vant les ruines du cinéma Palace, aux gins d'Saint-Jean qui doive'tent faire des tours et des ratours pou arriver à leu maseon, aux gins de l'plache Verte qui ont bin l'temps d'vir pousser l'hierpe inter les pavés et à tous les gins qui acoutent, du matin au soir, l'cant mélodieux des grues et des martieaux-pics, à les ceusses qui à causse d'cha i-ont l'trannette, à les ceusses qui ont mau à leu tiête et à les ceusses qui dirichent les chantiers et qui, pou les vir, n'vienne'tent jamais  !

Je n'vas pas ichi vous raqueonter des carabistoules, l'chantier i-avanche... douch'mint, eine machine et deux ouverriers creuse'tent eine tranchée au rythme d'quinze mètes sur eine journée et on y met deux tuyeaux in PVC d'invireon siept mètes d'leong bin queomptés. Puis, pou pouvoir rintrer dins l'garache, on orbouche l'treos ave du sape qu'ein tracteur i-ramène tous les matins, in l'mettant in meont in plein mitan du qu'min. Comme no rue, elle fait deux-chint chinquante mètes d'leong invireon, l'carcul i-est simpe à faire : i-va falloir dix-siept journées pour arriver au bout du prumier côté. No rue elle a deux côtés (cha arrife souvint), adeon, pou arriver pas d'vant m'maseon, i-va falloir acore queompter deux à treos semaines. On s'ra ainsin aux invireons du 11 novimpe. Cha vous rappelle eine séquoi ? Ch'est l'Fiête de l'Armisitice, l'fin de l'guerre des tranchées. Ahais, mais nous eautes, comme les brafes poilus de l'Yser, dins les tranchées, on va y passer l'hivier. Faudra pétête même, inter voisins, s'arringer pou aller à tour de rôle au ravitall'mint. L'quartier i-est comminché d'puis l'meos d'juin, cha fait d'jà lommint.

Acore, si ch'éteot ein cas isolé, on direot, on a pos eu d'sanche, mais ch'est partout parel, quand ein bieau matin, on veot débarquer des ouverriers on s'deminde toudis combin d'temps cha va durer. Quand in mille nuef chint quarante-chinq, on a orconstruit d'no cité, cha n'a pos traîné et septante ainnées pus tard, ave l'matériel qu'on a, on met treos feos pus d'temps pou faire l'ouvrache. Si t'comprinds ceulle-là, te me l'espliqu'ras ! I-a ein habitant du quartier qui a été vir l'échevin des travéaux et li-a d'mindé quançque cha s'reot fini, i-paraît qui li a répeondu : 

"Si tout va bin, sans impéch'mint et si l'hivier i-n'est pos treop leong, on pourreot mette l' nouvieau carr'lache à les Pâques".

Cha et canter Malbrouck, ch'est du parel au même.

J'essaie de m'consoler, je m'dis que pou treos ouverriers et l'quatrième qui ramène l'sape et orprind les démolissures, ch'est d'l'ouvrache asseuré et qui n'doive'tent pos avoir peur du chômache. 

J'ferme là m'parinthèse, j'ai acore bin à faire, j'deos commincher pa nettier et chirer mes sorlets, i-seont rimplis d'ein tierre guéaune qui colle à l'semelle, après, j'deos passer l'wassinque dins l'couloir pou n'pos pidouler d'dins et incraper toute l'maseon. I-a pus d'eine feimme dins no quartier qui d'puis des s'maines seont toudis à délaminter. J'intinds l'fgrue richer l'asphalte, ch'est l'façeon d'nettier l'route, i-est passé treos heures i-veont béteôt arrêter pou aujourd'hui !     

 

(lexique : ceulle : cette / l'broule dins l'ménache : la brouille dans le ménage / adeon : donc / queusis : choisis / ichi : ici / ein artique : un article / sétimpe : septembre / asteur : maintenant / commincher à pluvoir : commencer à pleuvoir / vous foute l'barpe : vous barber, vous ennuyer / pasque : parce que / l'meot : le mot / les capl'liers : les chapeliers (nom d'une rue de Tournai, au pied de la cathédrale) / dusque : où / les ouverriers : les ouvriers / vife : vivre / pa d'vant : devant / faire des tours et des ratours : prendre de nombreuses déviations pour arriver à un point souvent proche / l'hierpe : l'herbe / acouter : écouter / l'trannette : la tremblote / avoir mau : avoir mal / raqueonter : raconter / des carabistoules : des sornettes, des calembredaines / douch'mint : doucement / mètes : mètres / siept : sept / queomptés : comptés / l'treos : le trou / l'meont : le mont / in plein mitan du qu'min : au plein milieu du chemin / l'carcul : le calcul / simpe : simple / l'prumier : le premier / ainsin : ainsi / novimpe : novembre / rappeler eine séquoi : rappeler quelque chose / ahais : oui / brafes : braves / pétête : peut-être / lommint : longtemps / l'sanche : la chance / parel : pareil / toudis : toujours / l'ouvrache : l'ouvrage, le travail / quançque : quand / les démolissures : les matériaux provenant des démolitions / nettier : nettoyer / chirer : cirer / les sorlets : les souliers / guéaunes : jaunes / l'wassinque : la serpillière / pidouler : patauger / incraper : encrasser, salir profondément / s'délaminter : se lamenter / richer : griffer / béteôt : bientôt).

S.T. octobre 2013   

18:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

23 oct.
2013

17:56

Tournai : l'année 2009 sous la loupe (3)

Au cours de cette année 2009, de nombreuses disparitions marqueront le mois de septembre. Le 2, disparaît le chanteur Joël Holmes (81 ans), le lendemain, le chanteur-compositeur Jean-Claude Massoulier (77 ans), le 6, le fantaisiste Sim (Simon Jacques Eugène Berrier) 83 ans, le 14, le comédien Patrick Swayze (57 ans), connu pour ses rôles dans "Dirty Dancing" et "Ghost", le 16, Filip Nikolic, membre du groupe 2BE3 et acteur dans la série Navarro, retrouvé mort à son domicile, à l'âge de 35 ans.

En Belgique, l'actualité est marquée, en Wallonie, par la grève des producteurs de lait, mécontents de l'effondrement des prix. Celle-ci débouche sur le blocage de grandes surfaces et le déversement de centaines de milliers de litres de lait sur les champs lors d'opérations médiatisées. Les manifestants s'inviteront même à la "Foire agricole de Libramont" dont ils perturberont les cérémonies d'ouverture.

Dans l'actualité locale, c'est l'annonce ou le début de très nombreux chantiers dont la plupart nous (pré)occupent encore aujourd'hui qui va faire la "une" de la presse locale. Les engins de chantiers creusent une gigantesque excavation sur l'ancien terrain de l'Union Sportive Tournaisienne, à la rue des Sports, dans le cadre des fondations de la nouvelle implantation du Centre Hospitalier de Wallonie Picarde. En un peu plus de deux mois, au cours d'un ballet incessant de tracteurs, près de 22.000 m3 de terre sont évacués et transportés sur la plaine des Manœuvres qui a besoin d'un sérieux nivellement. A la cathédrale Notre-Dame, les travaux de restauration de la nef romane progressent, ils font l'objet de visites régulières de touristes emmenés à hauteur des toitures par les Guides de Tournai. On évoque le début des travaux de revitalisation du quartier cathédral, l'aménagement du nouveau Centre de Tourisme à la place Paul Emile Janson, l'élargissement des arches du pont des Trous, la création d'un rond-point au carrefour du Viaduc...

Juillet.

En ce début des vacances, le Vice-premier Ministre, Didier Reynders et sa collègue Sabine Laruelle sont présents à Tournai pour l'inauguration des nouveaux locaux des Archives de l'Etat dans la rue des Augustins.

Présent également à Tournai, Jamy Gourmaud, le sympathique animateur de l'émission télévisée "C'est pas Sorcier", diffusée sur France 3. Il vient participer à la réalisation d'un clip commandé par l'intercommunale Ipalle sur le compostage à domicile. Celui-ci est entièrement réalisé par la société de production audio-visuelle tournaisienne "Plasma".

En ce début de vacances, juges et avocats ont entendu que le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck avait tranché et que le futur Palais de Justice de Tournai serait érigé sur un terrain vague située le long du Luchet d'Antoing, actuellement à usage de plaine de sports. Les hommes de droit pourront au moins rêver à des installations plus fonctionnelles, tout au moins, le temps les vacances judiciaires.

Autre décision ministérielle, celle du ministre de la Défense qui souhaite réaliser des économies en supprimant près de 30% des lieux de casernements. A la caserne Saint-Jean, on évoque la prochaine disparition le groupe 5.GP.CIS (le "5e Groupe Communication and Information System"), une unité forte de 200 hommes qui sera purement et simplement supprimée. Elle apportait son appui aux troupes terrestres de la Défense lors des missions en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, au Cap-Vert, au Liban, au Kosovo ou au Tchad. Le groupe département logistique du Centre de Compétence de la formation appui, stationné à la caserne Ruquoy sera quant à lui maintenu.

Le 21 juillet, devant la toute grande foule, invité par la Gestion Centre-Ville, le groupe Génération 80 clôture les festivités de la Fête Nationale avant le traditionnel feu d'artifice.

Le "Tournai Tempo Festival" a attiré près de 10.000 personnes, des fans de Vincent Venet, Patrick Bruel et Julien Clerc.

Août.

 La soirée du 6 août est marquée par la violence. Trois malfrats commettent une série impressionnante de méfaits dans la région frontalière, une folie qui trouvera son épilogue à Tournai. Tout débute par le braquage d'une banque à Hazebrouck (F), vers 18h25, suivie d'un car-jacking afin d'emboutir le distributeur de billets, la folle équipée se poursuit de l'autre côté de la frontière, à Watou où le véhicule verse au fossé, des armes de gros calibre seront trouvées dans celui-ci, "empruntant" à un passant une autre voiture, les individus forcent un barrage de police tout en essuyant des tirs. Ils prennent la direction de Lomme (F) où ils volent un nouveau véhicule qu'on retrouvera, abandonné, à la résidence Marcel Carbonnelle à Tournai.

Ce mois d'août est marqué par une vague de chaleur, les 19 et 20 août, le thermomètre frôle les 33°.

Inquiétude chez Casterman, le groupe Evadix demande le concordat judiciaire pour son secteur imprimerie et sa société marketing direct. La crise financière et économique affecte ce groupe qui occupe 378 personnes. Cette demande a pour but de geler la dette pendant six mois, en raison de la baisse de 25% du chiffre d'affaires.

Pendant ces vacances, la grande crainte des Tournaisiens est d'attraper la "grippe mexicaine", le virus A/H1N1. Une famille de Kain a été confinée dans sa maison, un médecin ferme sa salle d'attente et ne reçoit plus que sur-rendez-vous pour éviter, dit-il, les nids à virus, les hôpitaux rappellent la nécessité de se laver fréquemment les mains pour éviter les transmissions...

Nouvelle flambée de violence, le samedi 29 août vers 10 h, sur les quais de la gare de Tournai. Des jeunes originaires de la région de Charleroi, âgés entre 20 et 23 ans, revenant d'une discothèque s'en prennent à un conducteur de train, à un accompagnateur et au sous-chef de gare, ils brisent le talkie-walkie de ce dernier et s'attaquent à des dizaines de vitres, brisées au moyen des cailloux trouvés sur les voies. Maitrisés par la police, ils seront rapidement remis en liberté par le juge qui assure la garde. Un nouveau signal d'impunité donné à ceux qui, après une nuit de libations, agressent des personnes et dégradent l'environnement des citoyens dans des gestes aussi ridicules que gratuits.

Septembre

Le nouveau plan de stationnement est adopté par le conseil communal. A partir du 1er janvier 2010, pratiquement toutes les rues de la ville comprises à l'intérieur de la ceinture des boulevards verront le stationnement régi par les horodateurs ou par une zone bleue de 2h ou 4h. On ne peut pas dire que cela réjouisse les automobilistes tournaisiens, les éternelles vaches à lait des différents niveaux de pouvoir qui paient des taxes à l'achat, à la mise en circulation, lors de l'entretien, à l'utilisation et, maintenant, même pour stationner leur véhicule. Seule consolation : à part augmenter les taxes, il sera difficile de faire mieux. En attendant, un titi tournaisien écrit dans le journal : "les gars qui nous contrôlent, eux stationnent impunément près de leur lieu de travail sans bourse déliée". Il a raison, c'est une forme de discrimination entre les citoyens et cela est répréhensible selon les lois européennes qui prônent l'égalité de tous.

Tragique accident de la circulation à Gaurain-Ramecroix, le mercredi 9 septembre, vers 17h00. Un automobiliste est percuté par un bus débouchant d'une rue perpendiculaire. L'infortuné perdra la vie.

En ce mois de septembre, un des endroits les plus bucoliques de notre ville se dégrade de plus en plus. Les plongeurs sont appelés à l'étang de Froyennes où un importante fuite a été constatée. Le niveau de l'eau baisse rapidement, des centaines de m3 partent à l'égout. Une réparation de fortune permet de stabiliser le niveau de l'eau.

Cela devient une (très) mauvaise habitude pour le Football Club de Tournai, son début de championnat est à nouveau catastrophique, pas la moindre victoire après 7 rencontres et les Sang et Or occupent une bien triste 15e place dans un classement de 19 équipes possédant un maigre actif de 4 points. Eupen, le leader, en compte déjà 17. 

On avait raison de dire que le pouvoir judiciaire tournaisien devait bien profiter des mois d'été car voici que le Ministre Stefaan De Clerck propose un plan de réduction des arrondissements judiciaires pour des raisons d'économies, celui de Tournai serait fusionné avec celui de Mons. Dans ce cas, la construction du Palais de Justice à Saint-Jean est-elle remise en cause ? Probablement !   

 

(sources : presse locale et souvenirs personnels).

 

S.T. octobre 2013

21 oct.
2013

09:32

Tournai : la commémoration de la première guerre mondiale

Il y aura juste cent ans, le 28 juin 2014, qu'éclatait le premier conflit mondial après l'assassinat, à Sarajevo, de l'Archiduc d'Autriche François-Ferdinand. Ce conflit ne se terminera que par l'armistice du 11 novembre 1918.

La ville de Tournai ne sera pas absente des nombreuses commémorations qui débuteront dès le mois de juin, dans de nombreux pays européens, puisque son Collège communal, entre autres actions commémoratives, a choisi le Musée d'histoire militaire (dénommé naguère "Musée des Armes") pour abriter une suite d'expositions destinées à rappeler tant les évènements qui se sont déroulés sur son territoire durant les quatre années qu'a duré ce conflit que les conditions de vie de la population sous l'occupation et durant l'immédiat après-guerre caractérisé par une vague de patriotisme.

Ce rappel historique à l'intention des jeunes générations semble nécessaire car il n'y a plus, par la force des choses, un seul témoin de cette époque et peu de personnes parviennent encore à imaginer les sacrifices consentis par des hommes et des femmes pour reconquérir une liberté bafouée.

Le premier volet intitulé "Août 1914, Tournai plongé dans la guerre" rappellera le sacrifice jusqu'au dernier des soldats territoriaux de Vendée lors de la bataille restée dans la mémoire collective sous le nom de "bataille du 24 août". Ce combat qui permit aux forces britanniques de gagner une importante journée dans l'organisation de leur repli en retardant l'avance de l'ennemi. Cet épisode tragique opposa le 2eme Corps de cavalerie allemand du général Von der Marmitz dont la mission était de prendre les villes d'Antoing et de Tournai à 1.600 volontaires territoriaux vendéens, commandés par le général Antoine de Villaret, seulement armés de leurs fusils Lebel, et qui furent tous massacrés (le mot n'est pas trop fort).

Y seront notamment exposés une trentaine des fusils brisés des combattants vendéens ramassés par l'administration communale pour être enterrés au lendemain de l'affrontement et retrouvés en 1992, mais aussi des documents, des photos...

Le second volet qui aura pour thème "Vie quotidienne et résistance en Tournaisis durant la première guerre mondiale" sera consacré à l'occupation de la cité des cinq clochers. Celle-ci fut loin d'être indolore, censure du courrier adressé par les familles aux soldats sur le front, censure de la presse, réquisitions diverses, évacuation forcée de populations, emprisonnement pour des motifs qui peuvent paraître futiles... J'ouvre une parenthèse : ma grand'mère paternelle avait reçu d'un fermier l'autorisation de glaner des pommes de terre sur un champ pour nourrir sa famille, aperçue par un soldat allemand, elle fut traduite devant un tribunal militaire qui la condamna à rejoindre la prison, tous les soirs, après son travail, pendant une dizaine de jours. Combien de fois ne m'a-t-elle pas dit : "J'ai connu deux guerres et durant ces deux guerres nous avons eu très faim". Des hommes et des femmes vont se lever contre ce joug à la limite de la barbarie, Gabrielle Petit, Tournaisienne, membre du réseau d'espionnage britannique Edith Cavell, Louise de Bettignies, lilloise arrêtée à Froyennes, Edouard Valcke, Joseph Hoyois, hommes politiques qui se dressèrent eux aussi contre l'occupant et d'autres encore qui, comme le Roubaisien Léon Marlot, seront abattus au Mur des Fusillés de la caserne Ruquoy. 

Le troisième volet traitera de "la bataille de l'Escaut" qui se déroula à la fin du conflit ,du 20 octobre au 9 novembre 1918. Après avoir libéré Lille, le 17 octobre, la 5e Armée britannique sera opposée à la 6e Armée allemande, fortement retranchée derrière le fleuve, gonflé par de fortes pluies, après avoir fait sauter les ponts. Cette bataille sera gagnée, le 9 novembre, lorsque les forces britanniques lanceront une passerelle sur l'Escaut, à Pont à Chin, en aval de Tournai et à Chercq, en amont. Le lendemain, le roi Albert I, la reine Elisabeth et le prince Léopold feront leur entrée dans Tournai en liesse, vingt-quatre heures plus tard, à 11h, le 11 novembre 1918, l'armistice sera signé.

Si vous possédez des objets, documents ou photos de cette époque, vous pouvez enrichir ces différentes expositions et faire ainsi œuvre de mémoire. Ceux-ci seront scannés et rendus de suite. Vous pouvez prendre contact en laissant un commentaire sous le présent article.

Pour leur part, les Ecrivains Publics de Wallonie Picarde ont décidé de mener un projet collectif de recueil des mémoires tournaisiennes de la Grande Guerre, des souvenirs souvent évoqués au sein de familles, des lettres conservées dans les tiroirs secrets des commodes, des photos jaunies qui rappellent un lieu, une date, une histoire. Une première réunion se tiendra, à cet effet, dans la salle de réunion du café du 24 Août, le 8 novembre 2014 à 18h. Une autre occasion d'apporter sa contribution à ce devoir de mémoire.

N.B. : vous pouvez déjà lire les articles consacrés au premier conflit mondial, parus au sein du présent blog, en introduisant "guerre 1914-1918" dans le cadre "recherche", situé au bas de la colonne de droite. Vous pouvez également y découvrir un article consacré au Major Médecin De Bongnies. 

 

(S.T. octobre 2013) 


 

18 oct.
2013

17:35

Tournai : expressions tournaisiennes (246)

Cha sint d'jà l'morte saiseon !

 

In eine sémaine, l'paysache a bin cangé, asteur, on s'rind queompte que l'auteomne i-est arrivé. Les arpes que j'veos, au leon, d'puis l'cassis de m'maseon, comminchent à s'dépleumer et à canger d'teon. Leu couleur verte a fait plache au guéaune et au brun, les fuelles frisseonne'tent et s'involeote'ent au prumier coup d'vint.

I-est fini l'temps des mauviars et des arondielles, ch'est les noirs corbeaux qu'on veot asteur dins no ciel. Cha fait deux ou treos jours que tous les matins, ein p'tit rouche-gorche berle à tue-tiête dins nos sapins. I-n'reste jamais bin lommint dins no voisinache, i-deot s'infuir quand arrife l'mourdreusse agache. L'moucheon a ortrouvé l'quémin d'no gardin, on l'intind, à nouvieau, mindier s'morcieau d'pain.

No gardin, ein peu à l'feos, pierd ses belles couleurs quand les derniers pétales quittent in trimblant les fleurs, bin meurtes, les guéauques, près d'l'heyure, roule'tent su l'gazeon profondémint indormi jusqu'à l'belle saiseon. Ave regret, on a rintré l'meublier et l'barbecue, bé... on peut asteur l'oblier.  

Diminche, les chasseurs seont apparus dins les camps, traquant, ave leu tchien, les lièfes et les faisans. Pa momints, on intindeot les queops d'fusils claquer et j'pinseos, in mi-même, pourvu qui les ont ratés. Quand j'vas dins l'campane ave m'garcheon pourméner, sans l'déringer, douch'mint, on cache après l'gibier. Sortant du beos ein lapin a l'air tout surpris et dins les hierpes s'muche ein faisan ave ses p'tits. 

Comme l'air elle est fraîche, su les toits, les quémeinées, d'puis eine paire de jours, ont orcomminché à finquer. Si cha sint, à l'feos, l'beonne naque du beos brûlé, l'pus souvint cha prind à l'gorche, cha fait tousser, i-n'feaut pos brûler n'importe queu salop'rie in pinsant qu'on fait ainsin des écolomies, pasque l'pétite écapure que t'as mis d'côté, te pourreos bin ein jour l'deonner aux pompiers.

Ov'là 'cor orvenu l'temps du noir quart d'heure, des leongues soirées dusqu'i-fait noir avant chinq heures, on va béteôt vife ave les battantes serrées, assis pa d'vant l'télé ave ein greos gilet, on acoute les leongues plaintes d'Eole débalté, bénaisse d'queurir à nouvieau pa les rues d'Tournai. L'pluèfe d'auteomne jeue du tambour su nos ferniêtes, les rigoles bondissent comme des jeones files in fiête.

I-n'ara pus bramint d'meonte dins nos rues et rulettes, on y verra pus qu'des paufes et des pauvrettes, des malhureux sans l'sou, sans logis et sans espoir, obligés d'querre ein coin pou dormir au soir. I-z'ireont toquer à l'porte de "l'Maseon du Pichou", là, on deonne du réconfort aux ceusses qui n'ont pos l'sou. I-n'feaut pos acroire, ch'n'est pos poétique, l'hivier, ch'est eine leongue saiseon qui, pou tertous, coûte bin tchier.

Au cim'tière, on ira ave nos chrysanthèmes, rapp'lez à nos défunts combin acore on les aime. Au soir, on ming'ra des waufes comme ch'est l'traditieon, l'naque de l'pâte invahira toute no maseon. Ave l'castonnate, l'bure ou bin au chuque blanc, j'ai l'raminvrance du temps dusque j'éteos infant.

Mes amisses, j'vas devoir ichi vous quitter, l'soir i-cait je n'veos pus les touches de m'clavier, j'm'in vas asteur vir l'journal télévisé, j'sus seûr que ch'est acore d'misère qu'on va m'parler, des guerres, des attintats, des problèmes financiers, i-n'a pus ein coin d'paradis dins l'meonte intier. Bin hureux seont les ceusses qui préfère'tent l'fotbal, eusses au moins d'puis eine sémaine i-ont eu l'moral. Pindant qu'on pinse à norrir et cauffer s'famile, bé, eusses i-s'indorme'tent in busiant d'jà au Brésil.


 

(lexique : l'morte saison : la morte saison, l'hiver / cangé : changé / asteur : maintenant / on s'rind queompte : on se rend compte / les arpes : les arbres / au leon : au loin / l'cassis : le chassis / comminchent : commencent / s'dépleumer : se déplumer / plache : place / l'guéaune : le jaune / les fuelles ou fouèles : les feuilles / les mauviars : les merles / les arondielles : les hirondelles / berler : crier / lommint : longtemps / mourdreusse : hargneuse / l'agache : la pie / l'moucheon : le moineau / l'quémin : le chemin /l'gardin : le jardin / mindier : mendier / pierd : perd / bin meurtes : arrivées à maturité / les guéauques : les noix / l'héyure : la haye / l'meublier : le mobilier / oblier : oublier / les camps : les champs / l'tchien : le chien / l'lièfe : le lièvre / pa momints : par moments / les queops : les coups / l'campane : la campagne / l'garcheon : le garçon / pourméner : promener / douch'mint : doucement / cacher après : chercher / l'beos : le bois / les hierpes : les herbes / s'mucher : se cacher / les quémeinées : les cheminées / finquer : fumer / l'beonne naque : la bonne odeur / l'gorche : la gorge / des écolomies : des économies / l'petite écapure : la petite somme d'argent / l'temps du noir quart d'heure : dans le temps, période entre chien et loup durant laquelle les personnes conversaient, seulement éclairées par les rougeoiements de l'âtre, les gens avaient connu les guerres et économiser l'électricité / chinq : cinq / béteôt : bientôt / vife : vivre / les battantes : les volets, ce mot désignait surtout les panneaux de bois qu'on refermait de l'extérieur et qu'on faisait tenir par un crochet à l'intérieur / serrées : fermées / acouter : écouter / débalté : déchaîné / bénaisse : content : queurir : courir / l'pluèfe : la pluie / jeuer : jouer / les ferniêtes : les fenêtres / des jeones files : des jeunes filles / bramint : beaucoup / les rulettes : les ruelles / les paufes : les pauvres / querre : chercher / toquer : frapper / aux ceusses : à ceux / acroire : croire / l'hivier : l'hiver / tchier ou tcher : cher, onéreux / les waufes : les gaufres / l'castonnate : la cassonade, sucre roux / du bure : du beurre / du chuque : du sucre / l'raminvrance : la souvenance / ichi : ici / caire : tomber / norrir : nourrir / cauffer : chauffer / busier : penser, songer)

 

S.T. octobre 2013   

 

17:35 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

16 oct.
2013

19:40

Tournai : l'année 2009 sous la loupe (2)

Sur le plan international, le second semestre de l'année 2009 débute par une nouvelle fusillade. Elle se déroule, le 3 avril, dans un centre d'aide aux immigrés à Binghamton, aux Etats-Unis, elle fait 14 morts dont l'auteur de ce massacre. Les faits ont beau se multiplier, une majorité d'américains reste attachée à la détention d'armes. Bien triste argument que celui de vouloir posséder une arme pour se sentir en sécurité. Le 6 avril, un important séisme se produit à l'Aquila, en Italie, on dénombre 308 morts, 1.500 blessés et 58.000 sans abris. Qu'on appréciait ou pas Mickaël Jackson, le chanteur a marqué toute une génération, celle-ci est sous le choc en apprenant sa mort survenue, le 25 mai, dans des circonstances encore aujourd'hui nébuleuses.

Sur le plan national, le 4 mai, plusieurs communes flamandes de la périphérie bruxelloise interdisent les affiches et tracts libellés en français qui seraient affichés ou distribués dans le cadre de la campagne électorale pour les élections fédérales du 7 juin. A croire qu'au Nord du pays, certains s'ennuient ou se sentent inutiles lorsqu'ils ne peuvent pas rallumer le brûlot communautaire. Triste pays où la défense tout à fait légitime d'une culture passe par le rejet de celle de l'autre région et par le repli sur soi. La nuit du 25 au 26 mai, un orage super-cellulaire traverse la Belgique du Sud au Nord en provenance de la France. Devant les éléments naturels déchaînés, tous les Belges, cette fois, sont égaux !

Avril.

L'actualité locale est relativement calme au début de ce quatrième mois de l'année. Les fêtes pascales se déroulent les 12 et 13 avril sous un soleil généreux et une température printanière, une météo qui incite plus de 5.000 personnes à gravir les pentes du Mont Saint-Aubert pour la traditionnelle "marche à bâton" du Lundi de Pâques.

A la mi-avril, après une étude approfondie des plans de revitalisation du quartier cathédral présentés par l'architecte parisien, Nicolas Michelin, le groupe Ecolo remet ses conclusions. Sans remettre fondamentalement en cause ce projet, les Verts attirent l'attention sur le manque de verdure aux abords de Notre-Dame. Par rapport à d'autres villes wallonnes, Tournai fait figure de parents pauvres en ce qui concerne les espaces verts dans le centre-ville et la "minéralité" des espaces qui entourent l'édifice religieux ne va pas améliorer cette constatation. De la pierre, de la pierre, rien que de la pierre, le bureau d'aménagement paysager parisien est-il, à ce point, allergique aux arbres, aux pelouses et aux fleurs ?

En cette mi-avril, le Club Richelieu choisit l'écrivain Colette Nys-Mazure pour l'attribution du titre de "personnalité de l'année 2008", elle succède à Marcel Marlier, le père de Martine.

Le week-end des 18 et 19 avril, 120 congressistes en provenance du monde entier se réunissent à Tournai à l'invitation du Docteur Luc Van Overstraeten, spécialiste tournaisien des traumatismes de la main. Ce sont des médecins du travail, des généralistes, des radiologues, des chirurgiens, des kinés, des représentants des assurances du travail qui vont débattre des solutions à apporter aux traumatismes du poignet, la quatrième lésion par ordre d'importance en termes d'accidents du travail.

Durant la semaine qui suit, l'Administration communale de Tournai  propose un projet ambitieux, la piscine de l'Orient sera chauffée par de l'énergie recyclée, c'est le projet appelé "Gazenbois". La combustion du saule produira de la chaleur et de l'électricité grâce à de nouvelles techniques de gazéification.

Un Français, un Géorgien et un Belge, le Tournaisien Romain Dhainaut sont les lauréats du premier concours international de violoncelle Servais. Né en 1985, élève de Mme Christiane Diricq au Conservatoire de Tournai, le jeune Tournaisien a déjà été récompensé du 1er prix au concours Dexia Axion Classics de 2002. Il fut ensuite élève à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et au Conservatoire Royal de Bruxelles où il obtint, en 2006, la licence en violoncelle avec grande distinction. Parti se perfectionner au Koninklijk Conservatorium Den Haag, en 2007, il a obtenu le prix Felly Waselle.

Le jeudi 23 avril, la Maison de la Culture accueille Cali. Le Perpignanais, de son vrai nom Bruno Caliciuri, effectue une tournée en "concert acoustique".

Le dimanche 26 avril, le Football Club de Tournai cartonne face à son adversaire du jour, l'Union Royale Namur en s'imposant sur le score, sans appel, de 5-1. Cette plantureuse victoire lui permet de se hisser à la 4e place du classement de la Division 2 Nationale à égalité de points avec le F.C. Tirlemont avec un total de 53 points. Saint-Trond, le leader incontesté de la série, compte un actif de 80 points. On se met à rêver de tour final à l'ombre des cinq clochers.

Mai.

Un convoi de 130 véhicules a envahi les boulevards de ceinture, le cirque Amar s'installe sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe pour cinq représentations, du vendredi 1 au dimanche 3 mai.

Le dimanche 3 mai, les supporters de football tournaisiens sont, à la fois, surpris et heureux. Au début du championnat, ils n'auraient probablement pas parié un seul euro sur une telle issue du championnat de Division 2 nationale. En composant, lors de la dernière journée de championnat, avec le F.C. Liège sur le score de 1-1, les Sang et Or du F.C. Tournai se qualifient pour disputer le tour final devant désigner un second montant en division I. Une semaine plus tard, le rêve se poursuit pour les Tournaisiens puisqu'ils réalisent un nul blanc (0-0) face à l'Antwerp. Il n'y aura cependant pas de miracle, le 17 mai, battus à Anvers sur le score de 2-0, les joueurs disent au revoir au dernier espoir de montée, la saison fut quand même réussie.

Le samedi 16 mai, une voix tournaisienne qu'on écoutait sur les ondes de Vivacité s'est tue à tout jamais. Le journaliste Jean Pierre Rapsaet nous quitte. Celui qui avait débuté comme animateur dans les radios locales et ensuite au CREAHM, celui qui fut tout d'abord pigiste à Radio Hainaut avant de couvrir l'actualité en Wallonie Picarde était tournaisien de cœur et ne manquait d'ailleurs pas de participer, chaque année, au Carnaval de la cité des cinq clochers.

Ce même samedi, la Maison de la Culture propose "Un petit orchestre dans un grand", une expérience que tentent Benoit Chantry et Guillaume Ledent, celle d'associer sur la scène un orchestre d'harmonie et un groupe pop pour un concert unique.

Le mardi 19 mai, dans la salle Jean Noté, Jean Paul Lefeuvre et Didier André, formés au centre Nationale des Arts du Cirque de Chalons en Champagne, présentent "Le jardin", un endroit où se rencontrent deux personnages aux caractères antagonistes qui y détournent les objets de tous les jours, mettent le doigt sur les petits défauts, les maladresse, les faiblesses dans le but de faire rire.  

Il faudra installer pas moins de 476 chaises, des tables et trois écrans géants dans les 1.000m2 du hall de Tournai-Expo pour transformer ce lieu habituel de salons et de festivités en une extension du tribunal de Tournai. En cette salle d'audience débute le procès de la catastrophe de Ghislenghien dans laquelle vingt-quatre personnes perdirent la vie et des centaines d'autres furent blessées ou traumatisées, le 30 juillet 2004, lors d'une des plus grandes catastrophes connues dans notre région.

Le vendredi 22 mai, pas moins de 290 artistes du piano à bretelles se sont donnés rendez-vous dans le quartier Saint-Pierre pour la 17e rencontre intitulée, "L'Accordéon, Moi j'aime"

La nuit du lundi 25 au mardi 26 mai, comme dans la plupart des régions de Belgique, la ville de Tournai est frappée par un orage multicellulaire. Une famille de la rue Général Piron sortira indemne de l'incendie qui va se déclarer dans leur maison suite à un coup de foudre. Vers 2h25, l'aîné des enfants réveille ses parents suite à la perception d'une odeur de brûlé, ces trois personnes ont juste le temps de réveiller les deux petites filles qui dorment encore et de sortir, le bâtiment est déjà la proie des flammes et sera profondément endommagé au point que la famille devra être relogée par les services du Centre Public d'Aide Sociale. Ailleurs, les pompiers doivent tronçonner des arbres qui se sont abattus sur les chaussées ou nettoyer des coulées de boue. Au plus fort de l'orage, le vent a soufflé à des pointes de 150km/h.

En cette fin du mois de mai, le service des Archives de l'Etat quitte son bâtiment de la place Paul Emile Janson pour rejoindre un nouvel aménagement à la rue des Augustins. C'est pas moins de quatre kilomètres d'archives qu'il faut transférer, cela représente soixante voyages pour un camion pouvant transporter septante mètres linéaires de documents. 

Juin.

Les 13 et 14 juin se déroulent les traditionnelles "Journées des Quatre Cortèges" mises sur pied par les Amis de Tournai. Les festivités bénéficient d'un soleil radieux et d'une température agréable.

Durant ce mois de juin, ce qu'on pourrait qualifier de deux monstres du Loch Ness vont à nouveau surgir dans le paysage tournaisien, tout d'abord, la revitalisation du quartier Saint-Piat pour lequel trois projets d'aménagement sont présentés par le CREAT de l'U.C.L. dans le cadre de l'élaboration du P.R.U (Projet de Revitalisation Urbaine), ensuite, le Palais de Justice qui est évoqué par le Ministre Stefaan de Clerck à la Chambre. Celui-ci déclare, le 16 juin, en réponse à une interpellation du député Jean Luc Crucke sur la vétusté de l'actuel bâtiment que la ville de Tournai pourrait être le symbole de la modernisation de la justice. L'emploi du conditionnel est plus qu'approprié, il suffit de voir la situation actuelle. 

Ils ne sont pas tous très heureux les habitants de la place Crombez et des rues voisines, le dimanche 21 juin, leur quartier est bouclé suite à l'organisation des "Six heures de karting de Tournai" durant lesquelles trente-huit équipages s'affrontent dans des vrombissements des moteurs et des émanations de gaz d'échappements. Le public n'a cure du mécontentement des personnes confinées chez elle, lui qui est venu en masse pour voir François Duval, le pilote automobile venu participer à cette manifestation.

Le lundi 29 juin, l'autoroute E42, à hauteur de Kain, est le théâtre d'une nouvelle collision entre trois poids lourds. Un des chauffeurs est légèrement blessé et conduit en clinique tandis que les pompiers sont appelés à nettoyer la route avant la réouverture à la circulation, un des camions transportait des bouteilles de vin blanc qui se sont brisées sur l'asphalte. La presse ne nous dit pas si, dans les égouts qui bordent cette voie rapide, les rats ont eu la gueule de bois !

 

(sources : Le Courrier de l'Escaut et souvenirs personnels).

 

S.T. Octobre 2013.

     

 

 

14 oct.
2013

09:25

Tournai : l'année 2009 sous la loupe (1)

Avec le rappel des événements qui ont émaillé l'année 2009, nous arrivons à la fin d'une longue rétrospective de l'actualité tournaisienne débutée le 1er janvier 1900. Nous avons ainsi survolé cent dix années d'histoire locale. Bientôt, nous nous retremperons dans l'atmosphère du XIXe siècle. 

En cette année 2009, au niveau international, la violence est une fois encore omniprésente et se traduit par la fusillade survenue, le 11 mars, dans un lycée du Wisconsin où un ancien étudiant tue neuf élèves, trois enseignants et trois passants ou, encore, par cette manifestation du 7 février à Madagascar durant laquelle la police, pour la réprimer, ouvre le feu et tue vingt-huit personnes et en blesse deux cent douze autres. En une semaine, ces manifestations coûteront la vie à cent vingt-cinq personnes et feront des centaines de blessés.

Le 14 mars, le chanteur Alain Bashung s'éteint, il avait 61 ans.

Au niveau national, la banque Fortis annonce une perte de dix-neuf milliards pour l'année 2008 et le groupe Dexia de plus de trois milliards. La crise des "subprimes" aux Etats-Unis a mis en péril l'économie mondiale et va faire ressentir ses effets durant des années encore.

La presse nous apprend qu'en 2009, l'espérance de vie en Belgique est de 77 ans pour les hommes et 82 ans pour les femmes.

Le sport belge est en deuil, le 4 janvier, Léo Clijsters, l'ancien international belge de football et père de Kim, la championne de tennis, décède à l'âge de 52 ans.

Que s'est-il passé au cours du premier trimestre 2009 dans la cité des cinq clochers ?

Janvier.

Malheureusement, cela devient tristement habituel, l'année débute par un grave accident de la circulation, le jeudi 1er janvier, vers 21h, à Barry. Rentrant chez elles aux Pays-Bas, quatre jeunes filles (deux de nationalité française et deux hollandaises), en raison du brouillard qui  sévit sur la région, aperçoivent tardivement le véhicule qui les précède sur la chaussée de Bruxelles, le freinage trop violent provoque une perte de contrôle du véhicule qui part en tonneaux. La conductrice transportée en clinique décèdera pendant la nuit, les autres occupantes seront blessées.

Cette première semaine est marquée par un froid glacial et de fréquentes chutes de neige. La nuit du 6 au 7 janvier, la température frôle les - 10° et le mercure descendra même jusqu'à - 13° les nuits suivantes. 

A Tournai aussi la violence est, hélas, présente et elle atteindra son apogée le samedi 10 janvier. Il est environ cinq heures du matin quand une dispute éclate entre quelques consommateurs dans un café de la Grand-Place, un des protagonistes quitte rapidement l'établissement, se rend à son domicile de la rue Saint-Martin et revient, armé d'un couteau, quelques instants plus tard en compagnie d'une autre personne. Un jeune homme sans histoire, apprécié dans les différents cercles sportifs et associations dont il était membre, a participé à une fête avec des amis et sort de l'établissement. Recevant un coup de couteau, le jeune Julien, 22 ans, s'effondre sur le trottoir. Alors que les secours sont appelés, son meurtrier prend la fuite. Sa cavale le mènera en France, en Allemagne et à Stockholm où il sera finalement arrêté, dans un restaurant, le samedi 31 janvier et extradé une semaine plus tard.

Alors que la population est encore sous le choc et que des fleurs ont été déposées à l'endroit où le jeune homme a perdu la vie, à peine une semaine plus tard, le vendredi 16 janvier, vers 5h du matin également, deux individus en état d'ivresse s'attaquent à la vitrine d'une boulangerie située elle aussi sur la Grand-Place. Le fils de la maison, qui aide son père, sort et se fait frapper à l'arcade sourcilière, il aura également un bras cassé. Violence gratuite de personnes éméchées, abruties par une nuit sans sommeil.

Le samedi 17 janvier, au petit matin, un jeune homme qui rentre chez lui après avoir passé la nuit dans une discothèque de la région perd le contrôle de son véhicule sur l'autoroute, à hauteur de Froyennes, et termine sa course contre un arbre, il sera malheureusement tué sur le coup. 

Le mardi 20 janvier, la Maison de la Culture présente "Les Fourberies de Scapin". La pièce de Molière a été mise en scène par Christine Delmotte. Le public est surpris par la performance de Pietro Pizutti qui, avec brio et sobriété surprend, fait rire, bouleverse et désenchante. Grâce à lui et aux autres comédiens, cette comédie de Molière jouée pour la première fois au Palais Royal de Paris, le 24 mai 1671, a retrouvé une nouvelle jeunesse.

Le vendredi 23 janvier, la salle Jean Noté de la Maison de la Culture affiche à nouveau complet pour accueillir un représentant de la nouvelle scène française, Vincent Delerm revient à Tournai après une première apparition en 2005.

Février.

Le dimanche 1er février, à Hoogeheide, aux Pays-Bas, lors du championnat mondial de cyclo-cross, dans la catégorie des "Espoirs", le Tournaisien Quentin Bertholet termine à une brillante 6e place. Le vainqueur n'est autre que le coureur allemand Walsleben.

Débutée à la fin du mois de janvier, une nouvelle vague de froid sévit durant les premiers jours de février.

Depuis la création du "Beau Séjour" et de la "Résidence des peupliers" au début des années septante, on n'avait plus assisté à la naissance d'un nouveau quartier. En ce début de février, les premiers habitants prennent possession de leurs maison à la Couture des Trois Oignons à Warchin, Les nouvelles voiries prennent le nom d'Hélène Dutrieux, Tournaisienne née en 1877, première aviatrice belge, de Jean Baptiste Glorieux, aéronaute bien connu dans la région et de René Desclée, photographe tournaisien qui utilisa notamment le cerf-volant afin de réaliser de nombreuses prises de vue aériennes, au début du XXe siècle.

Molière est à nouveau à l'affiche de la Maison de la Culture, du mardi 3 au samedi 7 mars, Philippe Sireuil a mis en scène "le Misanthrope" avec notamment Philippe Jeusette et Marie Lecomte.

Attaquée de toutes parts, l'ambitieuse tour de béton et de verre que certains souhaitaient voir s'élever aux côtés de celles de Notre-Dame fait parler d'elle au cours d'une réunion qui se tient à la cathédrale, le 6 février. Une cinquantaine de conseillers provinciaux, invités par la commission des finances et du patrimoine de la province du Hainaut se réunissent pour un "tour du propriétaire" organisé dans le cadre des travaux de rénovation de l'édifice religieux. Nicolas Michelin, l'auteur de projet parisien de rénovation du quartier cathédral est présent. Il affirme haut et fort que cette tour n'est qu'une esquisse, juste une "idée" jetée sur papier. Une idée qui a quand même donné naissance à une maquette, provoqué des réunions, a été la source de nombreux articles de presse et de reportages sur No Télé, déclenché des réactions en sens divers. Comprenne qui pourra !

Le vendredi 13 février, la Maison de la Culture accueille la Compagnie Le Carré Curieux, Cirque Vivant ! Le public est convié à un spectacle où tous les arts circassiens sont passés en revue : diabolo, exercices au mât ou sur monocycle..., un voyage avec ses surprises, ses euphories, ses étonnements et ses doutes.  

Le 15 février, au coude à coude au niveau du classement de la Division 2 Nationale de football, le S.K. Renaix et le FC Tournai se rencontrent dans la cité flandrienne. Les locaux l'emportent sur le score de 1-0. Ce qui leur permet d'occuper la troisième place du classement avec 41 points, alors que leurs adversaires du jour occupent la cinquième place avec 38 points. Le classement est toujours dominé par St Trond devant le Lierse.

Le mercredi 18 février, Bénabar revient sur une scène qu'il avait déjà foulé fin 2003. Le public de la salle Jean Noté lui réserve un triomphe, en première partie de son spectacle, la fanfare de Mourcourt dirigée par Eloi Baudimont crée une ambiance extraordinaire. 

Un incendie éclate, la nuit du dimanche 22 au lundi 23 février, dans une petite maison de la rue des Sœurs de la Charité. Un homme de 47 ans, bien connu dans le quartier, est retrouvé mort par les pompiers au pied de l'escalier. Il semblait qu'il avait voulu fuir par l'étage un feu de bonbonne qui s'était déclaré au rez-de-chaussée.

Du jeudi 19 au samedi 21 février, les amateurs de rock se donnent rendez-vous dans les différentes salles de la Maison de la Culture pour le D'hiver rock Festival.

Mars. 

Du 5 au 9 mars, la Piste aux Espoirs est de retour, les artistes des arts circassiens envahissent les salles, les parvis, les places, les rues et même une chapelle. Dans le cadre de ce festival de cirque, le dimanche 8, l'Orchestre International du Vetex se produit sur la scène de la Maison de la Culture dans un spectacle intitulé "Balkans Banquets" où il va à l'encontre des clichés et souligne les ressemblances entre la Belgique et les Balkans au moyen de musiques festives ou mélancoliques, d'images, de poésie et de cuisine typique.

Le mercredi 18, sur la scène de la Maison de la Culture, le comédien et chanteur Claude Semal, accompagné de son complice bilingue et multi-instrumentaliste Eric Crabs, a concocté un spectacle bien belge intitulé, "Cabaretje" où se mêlent surréalisme, poésie et humour.

Les 20 et 21 mars, le Carnaval de Tournai succède à la Piste aux Espoirs, sur le thème de "la boîte sous toutes ses formes". Des milliers de participants se donnent rendez-vous dans les rues de la cité des cinq clochers sous un soleil printanier et une température agréable.

Le samedi 21, la chaussée de Lille est le théâtre d'une tragédie de la route. Il est un peu plus de 18 h, une dame se déplaçant au moyen d'une chaise motorisée entame la traversée de cet important axe routier sur le passage pour piétons qui mène à la rue Bonnemaison. Une automobiliste aveuglée par le soleil couchant, roulant pourtant prudemment, ne l'aperçoit qu'au dernier moment. Projetée, la dame sera transportée à la Dorcas où elle décèdera durant la nuit.

Le samedi 28 mars, les Insolents accueillent en la salle La Fenêtre Vincent Brackelaere, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. L'actualité est passée à la moulinette dans la bonne humeur. 

Le lendemain, en l'église Saint-Jacques, les mélomanes sont conviés à un concert intitulé "Chants de l'Est", trois ensembles de l'Eurométropole interprètent trois compositeurs des pays de l'Est.

 

(sources : Courrier de l'Escaut et documentation personnelle). 

S.T. octobre 2013 

 

   

 

 

11 oct.
2013

17:26

Tournai : expressions tournaisiennes (245)

Lette à Eloi.

 

"Dins les rues d'Noter-Dame, i-a asteur des paufes gins, aux portes des magasins, qui nous tindent leu main.

Dins les rues d'Noter-Dame, des gins ave des tchiens, attindant eine beonne âme, pou minger à leu faim.

Dins les rues d'Noter-Dame, i-a partout bramint d'treos, on rinconte des traveéaux qui n'in finisse'tent pos !" *

 

* pastiche d'eine cancheonne d'Eloi Baudimont (1917-1995), membre du Cabaret Walleon Tournisien.

 

M'bin cher Eloi,

 

On saveot bin qu'elle sereot éternelle t'cancheonne, dins des fiêtes de famile i-d'a acore qui l' fredeonne mais... cha fait ein peu puque d'dix-huit ainnées que te nous a quittés et t'ville de Tournai, te sais, elle a bin cangé. Bin seûr, dins les rues d'Noter-Dame, i-a toudis des gins qui battiell'tent ou qui berriell'tent, i-a toudis des gins qui s'in veule'tent et d'eautes qui s'ingueule'tent, i-d'a toudis qui feont la noce, ou, sans ein euro dins leu tasse, roule'tent carrosse. On veot toudis des gins qui wèf'tent ave intrain et des quervassins qui bourriele'tent su l'quémin. I-d'a qui à tout momint feont fiête et des gins qui queurrent tout in foufiête.

Ahais, j'deos t'préciser quand même que de bin des cosses n'seont pus les mêmes.  Ainsin les francs, cha n'existe pus d'puis ein bout d'temps et d'puis qu'on est passé à l'eureo... bé, tout i-est pus tcher et posein p'tit queop. Te n'éteos pos l'dernier pou in chiffler eine, asteur, à moinse d'ête Crésus, on comminche à faire carême, eine pinte, ch'est près d'chint vingt francs d'avant, t'areos dit ch'n'est pu possipe ave m'pinsieon d'ein indépendant.

Les agints d'police i-feont asteur attintieon de n'pus caire dins l'ieau quand i-veont, pindant l'nuit, séparer les albrans, l' leong d'l'Esqueaut. T'départ, t'n'amisse Popol in'l'a pos 'cor digéré et on n'a pus jamais vu les marionnettes à No Télé. Même in fotbal, tout i-a bin cangé, l'Unieon et l'Racing i-ont fusieonné, ch'est fini les derbies à l'rue des Sports et à l'drèfe de Maire, asteur, ch'est à Kain qu'on va au stade... pou braire. Quand orvienne'tent les bieaux jours et l'momint des amours, les gins ont oblié d'puis lommint l'Moulin d'chez Mamour, à Froyennes, asteur on minge des pizzas ou bin des frites et des moules, t'es pétète surpris mais ch'est bin vrai je n'te raqueonte pos d'cacoules.  

Su l'Grand-Plache, i-a toudis l'café Central mais l'Cabaret n'y i-a pus s'local. I-est asteur dins ein vieux bâtimint tout in heaut de l'rue Saint-Martin. T'karmesse que t'aveos si bin cantée, bé, elle aussi elle a déménagé, on l'a foutue hors les murs, su l'plaine, elle est à patûre et j'me deminde, à l'feos, si no Nénesse ireot acore là querre ses boules à l'graissePou seûr, là-va quand t'es mate d'marcher, te n'peux pos intrer dins ein cabaret. Ch'est fini aussi d'vir des balancelles où voleot, au vint, l'jupeon des mam'zelles, disparus aussi l'petits avieons où, à eine file te donneos l'grand frisseon. Asteur te meontes à trinte mètes dins les airs et te t'ortrouèfe l'tiête tout à l'invers, si avant t'as mingé des boules à l'graisse, l'ceu pa d'zous...bé i-est leon d'ête bénaisse.

A Tournai, on conneot toudis t'neom, i-est porté fièr'mint pa petit garcheon, à s'naissance t'in aveos même fait eine cancheon cantée ave émotieon su l'ponteon. Ave s'musique, l'bondissant Eloi, i-a même jeué, ein bieau jour, pa d'vant l'roi. A No Télé, l'vir bondir ainsin, l'roi, j'in sus seûr, n'éteot pos s'cousin. I-aussi eaute cosse qui n'a pos cangé, i-a, à nouvieau, l'orvue du Cabaret. Ch'est l'pus bel hommache des derniers rintrés à tous les ceusses qui les ont précédés.

Mais j'sus ichi in train de m'laicher aller ainsin j'n'ai pos vu que l'temps i-a passé, ave tes amisses Marcel et Lucien, t'as du ête hureux d'orvir Félicien. Quand te pourmènes à l'feos sur eine neuacheravise bin dins no beonne ville l'touillache, d'puis lommint dins nos rues on fait des treos, on fait durer à plaisi les travéeaux, on parle d'garchenner l'Peont des Treos, pou les batieaux on veut élargir l'Esqueaut, on va béteôt imballer Noter-Dame, i-a bramint d'maseons ave des p'tites dames, ein lover-shop au pied de l'cathédrale, toutes des cosses qui seont asteur banales.

Quoisque j'ai appris, l'ami, j'ai pos bin compris, i-a aussi ein p'tit Cabaret au Paradis et eine orvue ave Albert t'as écris, cha n'deot pos ête eine mince affaire et i-deot avoir de l'cinsure dins l'air, j'ai cru intinte que... l'souffleu ch'est Saint-Pierre, que t'fais ouvrer Saint-Eloi chez Meura, et même que Sainte-Cath'rine dinse la polka, vous pouvez vous eautes deux faire tout cha ? Et bé, in puque, i-feaut l'osoir vraimint, d'canger ein serveur no Saint-Martin ! Bé, j'n'osereos pos raqueonter vos espleots, car on va, ein feos d'puque, m'printe pou ein seot.

 

M'babillarte, j'deos l'arrêter, j'ai acore ein coup d'fil à deonner, j'vas interroger ein eaute Baudimont, bé ahais, Eloi, t'pétit garcheon ! 

 

 

(lexique : lette : lettre / Noter-Dame : Notre-Dame (du nom de la cathédrale), on appelle parfois les Tournaisiens, les enfants de Notre-Dame, ou bien de Clovis / asteur : maintenant, à rapprocher avec "à cette heure", au moment où je vous parle / des tchiens : des chiens / bramint ou beauqueop : beaucoup / les treos : les trous / eine cancheonne ou eine cancheon : une chanson / l'famile : la famille / ein peu puque : un peu plus / cangé : changé / toudis : toujours / qui battiell'tent : qui se battent / qui berriell'tent : qui crient / qui wèf'tent : qui travaillent, on utilise aussi le verbe ouvrer / des quervassins ou des quervés : des ivrognes / bourriell'tent : tombent en roulant / queurir : courir / in foufiête : en émoi, affairé / ahais : oui / des cosses : des choses / tcher ou tchier : cher, onéreux / ein p'tit queop : un petit coup, légèrement / chiffler : siffler, avaler un verre à grandes gorgées, faire cul sec / les albrans : mauvais garçons / l'leong : le long / l'Esqueaut : l'Escaut, le fleuve qui traverse Tournai / braire : pleurer / oblier : oublier / lommint : longtemps / pétète : peut-être / des cacoules : des mensonges / l'karmesse : la kermesse, la foire aux attractions / canter : chanter / on l'a foutue : on l'a mise / eine pâture, : un pré, une prairie, mette les vaques in pâture : conduire les vaches au pré / à l'feos : parfois / querre : chercher : les boules à l'graisse : les croustillons, les beignets, une gourmandise fort prisée su les foires en Belgique et dans le Nord de la France / ête mate : être fatigué / les mam'zelles : les demoiselles / eine file : une fille / pa d'zous : en dessous / leon : loin / bénaisse : content / pa d'vant : devant / l'orvue : la revue / l'hommache : l'hommage / rintrés : rentrés / les ceusses : ceux / laicher : laisser / pourméner : promener / ein neuache : un nuage / l'touillache : la confusion / garchenner : abîmer / béteôt : bientôt / imballer : emballer / osoir : oser / les espleots : les exploits / ein seot : un sot)

S.T. octobre 2013.   

 

17:26 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patois, picard |

08 oct.
2013

12:11

Tournai : chancres et chantiers

Chancres et chantiers sont souvent étroitement liés, un chancre nécessite le plus souvent un chantier pour disparaître, un chantier abandonné peut rapidement se révéler un chancre. En disant cela, je n'ai rien inventé, car, ce fait est connu par bien des habitants de notre planète et notre bonne vieille ville de Tournai n'échappe pas à cette règle qui semble immuable et planétaire.

Les chancres peuvent être générés par des propriétaires de biens immobiliers peu scrupuleux, désargentés ou tout simplement disparus, par des héritiers en indivision ou par des travaux de rénovation laissés à l'abandon pour de multiples raisons dont certaines peuvent parfois sembler nébuleuses aux yeux des profanes que nous sommes.  

Ce 8 octobre, la presse locale met en exergue le cas de la Tour Henri VIII dont la rénovation a été annoncée, il y a plus de sept ans déjà. Tout avait bien débuté. En 2008 (voir article "l'année 2008 sous la loupe" déjà publié sur le blog), ce dernier héritage de l'occupation anglaise de 1513 à 1519 avait été ceinturé d'un échafaudage tubulaire et son sommet avait été recouvert d'un dôme plastifié. Dans la foulée, des archéologues avait procédé à l'enlèvement de la couche herbeuse qui entourait la plate-forme d'observation, des tranchées avaient été creusées tout autour de l'édifice. Certains avaient même évoqué la possibilité de rétablir un fossé rempli d'eau tout autour de cet ancien bastion militaire. Hélas, un mauvais vent a ensuite soufflé (au propre comme au figuré), le dôme plastifié s'est envolé lors d'une tempête et l'échafaudage s'est, peu à peu, dégradé. Depuis quatre ans maintenant, la restauration se fait attendre, plus rien ne bouge, au point que les Tournaisiens, défenseurs de ce témoignage du passé de la cité de Clovis ne se font guère plus d'illusions sur une réelle volonté du promoteur d'entamer, un jour, les travaux. Le bourgmestre de Tournai vient d'exiger qu'on sécurise cet endroit qui pourrait devenir une source d'accidents.

En 2008 également, on procédait à la démolition du Multiscope Palace, le cinéma de la rue de l'Hôpital Notre-Dame qu'avaient fréquenté des générations de Tournaisiens. Le terrain mis à nu devait être intégré dans un vaste projet de revitalisation du quartier cathédral englobant également les anciens bâtiments du "Courrier de l'Escaut" et le restaurant "Chez Pietro", situé au coin de la  rue de l'Arbalète. Le projet ambitieux d'un complexe résidentiel de standing abritant des commerces au rez-de-chaussée devait être réalisé par deux promoteurs. L'un des deux a fait faillite, l'autre a vu son projet, peut-être un peu trop moderniste ou jugé peu en adéquation avec les immeubles voisins, recalé par les services compétents délivrant le permis de bâtir. Comme les propriétaires du restaurant italien ont, entretemps, déménagé, un véritable chancre est apparu sur ce site entre le prochain "Espace Gérard Depardieu" à la rue du Curé Notre-Dame et l'ancien couvent occupé par l'académie des Beaux-Arts. Le terrain vague sert désormais de base pour le stockage des matériaux et des engins de chantier de la firme réalisant la rénovation des voiries du quartier cathédral. 

Sur le quai des Salines, un projet porté par un particulier devait permettre la restauration des anciennes Usines Allard. Ces vastes locaux qui avaient été utilisés pour accueillir un centre d'enseignement spécialisé sont à l'abandon depuis près de cinq ans. Les plans concernant la transformation en appartements ont été apposés, il y a plus d'un an, aux valves de l'Administration Communale. Actuellement, vu de l'extérieur, rien ne semble évoluer sur le site.

Chancre en devenir, la rue des Chapeliers. Là, le problème est complexe car il est la conséquence d'un manque d'information ou de discernement au moment de la confection des plans par le bureau d'étude situé à Paris, probablement bien peu au courant des problèmes vécus dans la lointaine ville de Tournai, et, ensuite, d'un manque de réaction du maître d'œuvre, lors de l'acceptation de ceux-ci.

Rappelons les faits :

la rue des Chapeliers avait été rénovée, il y a une petite dizaine d'années, elle avait été longtemps fermée à la circulation en raison des importants problèmes de stabilité du chœur gothique de la cathédrale Notre-Dame que longe cette rue en forte déclivité, un fait connu par l'entièreté des Tournaisiens et encore plus par les architectes et les décideurs. Dans le cadre de la rénovation de l'édifice religieux, cette problématique est d'ailleurs toujours à l'étude et rien n'a encore été décidé quant aux futurs travaux de stabilisation qui devront être entrepris (comme on l'a fait pour la tour Brunin dont le déport entre la base et le sommet avait atteint près de 80 cm). Dans ces conditions, conscient de cette situation, il était inimaginable, voire dangereux de vouloir retirer au moyen d'engins de chantier, les terres adossées à l'imposant bâtiment. Leurs vibrations et la dépression ainsi créée pouvant accélérer le processus de déséquilibre.

Un autre problème est venu s'ajouter à celui-ci, celui de l'évacuation des eaux en cas de pluie. Les salles abritant le Trésor de la cathédrale sont en contre-bas de la rue et la nouvelle configuration de la voirie aurait exposé ce musée à de fréquents envahissements par les eaux venant du pied du beffroi. Tout cela a été compris par des personnes avisées qui doivent néanmoins gérer les "erreurs" du passé et, alors que le chantier était à l'avance sur le planning prévu, les travaux ont été stoppés, ce 7 octobre, dans l'attente d'une révision des plans par le bureau d'architecture paysager. Les nouveaux plans devront prendre en compte les problèmes d'égouttage et de renforcement des terrains longeant la cathédrale entre l'endroit où se situait le pilori (aujourd'hui disparu et remplacé par l'arbre de Judée) et la place Paul Emile Janson, soit une distance de plusieurs centaines de mètres. 

Pendant combien de temps, le chantier va-t-il rester en l'état ? C'est extrêmement difficile à estimer même avec une boule de cristal ! Dans combien de temps (jours, semaines, voire peut-être mois, l'expérience nous engageant à être prudent) la firme chargée du chantier sera-t-elle en possession des nouveaux plans ? Combien de temps s'écoulera entre la commande des nouveaux matériaux et leur livraison ? Combien de temps sera-t-il nécessaire pour les poser ? Bien malin qui peut répondre à ces interrogations ! Compte-tenu que l'hiver est à notre porte, on risque de voir le chantier se prolonger jusqu'à la fin de l'année 2014 ! 

Suite à la faillite d'un entrepreneur, les bâtiments d'une résidence, à peine sortis de terre (le rez-de chaussée a été réalisé), sont à l'abandon depuis plusieurs mois à la rue Paul Pastur, le risque de dégradation est grand puisque les bâtiments voisins, inoccupés, ont été l'objet de travaux de sécurisation pour éviter qu'ils ne soient squattés et incendiés.

Les crises financières et économiques expliquent-elles, à elles seules, le désastre actuel dans la gestion des chantiers. Probablement, mais... en partie seulement !

 

(S.T. octobre 2013)