30 sept.
2013

09:35

Tournai : Ce jour-là, le 21 août 1959 !

Un joyau architectural foudroyé

Surgissant au détour d'une conversation, revenant en mémoire lors d'un passage à l'endroit où ils ont eu lieu, dans notre existence, il est des événements dont on se rappelle parfois le moindre détail sauf... la date à laquelle ils se sont produits. 

"Cela devait être avant..." ou bien "cela devait s'être passé après...", essais le plus souvent infructueux pour découvrir le jour précis en tentant de rattacher ce souvenir à notre vécu !

Qui peut se remémorer le fait précis qui s'est produit le 21 août 1959 ?

C'était une journée d'été comme tant d'autres, le bulletin de la météorologie nationale, paru en début de matinée, prévoyait pour notre pays, un temps nuageux à beau, brumeux le matin, avec des températures maximales comprises entre 25 et 30°, il n'y avait pas la moindre référence à un risque d'orage durant cette journée estivale.

Pourtant, vers 15 h, de lourds nuages sont apparus vers le Sud, en provenance d'Ere, Willemeau et Froidmont. Rapidement la couleur du ciel a viré au noir d'encre, les grondements lointains du tonnerre se sont amplifiés et les éclairs ont bientôt déchiré cette couverture sombre. Un violent orage venait d'éclater sur la cité des cinq clochers.

J'entends encore ma grand'mère s'exclamer :

"Un orage qui vient du sud est le plus dangereux, il risque de durer longtemps, car...il ne passera pas le mont".

La météorologie populaire se basait alors sur l'expérience vécue pour tenter de prévoir les phénomènes et leur intensité, elle se rattachait aussi aux dictons transmis de génération en génération, sentences tenues pour vraies dont l'origine se perdait souvent dans la nuit des temps. A ce temps-là, sans aucune connaissance de physique, on déduisait que la foudre attirée par les points culminants et par l'eau resterait longtemps coincée entre Escaut et mont Saint-Aubert. 

Grand-mère avait raison sur un point, l'orage fut extrêmement violent et eut des conséquences non négligeables. Vers 15 h 50, les habitants du quartier Saint-Jacques ont aperçu une lueur aveuglante tout aussitôt suivie d'un énorme fracas semblant ébranler les fondations des maisons voisines. Certains déclarèrent même qu'ils avaient entendu les cloches tinter légèrement. Un ouvrier de l'école normale située dans la rue des Carmes a vu l'éclair toucher le clocher de l'église Saint-Jacques, juste avant que la flèche ne s'embrase et que de la fumée ne monte du clocher.

Les voisins firent appel aux pompiers, un corps alors composé uniquement de volontaires. Déjà appelés par le tocsin, un quart d'heure plus tôt, les hommes du feu venaient justement de partir pour Froidmont où un incendie, conséquence également de la foudre, ravageait la grange d'une ferme et menaçait les bâtiments voisins, étables et corps d'habitation.

Une petite équipe, aux ordres des lieutenants Piepers et Leschevin, se rendit donc en toute hâte au pied de l'édifice religieux. Ces hommes furent rapidement confrontés à l'impossibilité d'attaquer le feu par l'extérieur, en raison de la hauteur et du peu de matériel dont ils disposaient à ce moment. Ils mirent donc deux lances en batterie à l'intérieur du clocher, y accédant par un escalier dont l'étroitesse leur compliquait la tâche.

La grande échelle dont l'utilité s'avérait plus que nécessaire fut rappelée par radio et quitta le village de Froidmont. Lorsqu'elle fut déployée, un volontaire, Valère Marchand, grimpa les 31 mètres d'échelons, il constata que l'échelle était trop courte (elle ne permettait pas de surplomber le sinistre) et surtout, qu'à cette hauteur, la pression de l'eau de sept kilos était nettement trop faible pour être réellement efficace.

Afin d'éviter l'extension du sinistre aux autres parties de l'édifice religieux, dans un premier temps, les pompiers arrosèrent les braises qui tombaient dans les corniches.

Du second étage de la maison que nous occupions au boulevard Bara, nous avions une vue de 180° sur Tournai et les environs. Je me rappelle avoir observé, durant près d'une heure, cette torchère dégageant d'importantes volutes de fumée, cierge immense à la mèche incandescente contrastant avec la noirceur de la voûte céleste.

Le commandant Louis Verbanck, lui aussi volontaire (il exerçait la profession de poissonnier à la rue Gallait), revint de Froidmont en rappelant une auto-pompe beaucoup plus puissante. Le jet d'une pression de 15 kilos débitant environ trois m3 à la minute fut dirigé vers le sommet du clocher. Le sergent Delgrange avait pris place en haut de la grande échelle pour diriger la manœuvre. Il fallut déplacer deux ou trois fois le véhicule afin de bien cerner la progression du feu.

Un nouveau danger était apparu, à tout moment la croix surmontée de la girouette menaçait de s'effondrer. Vers 17h30, tout risque d'extension étant écarté, les pompiers firent sauter les ardoises afin d'atteindre le platelage et couper définitivement la progression du foyer.  En un quart d'heure l'incendie fut circonscrit.

Le sinistre avait profondément endommagé les six derniers mètres de la tour, là où la charpente était composée de combles de chêne de 30 cm de côté et d'une poutre verticale rejoignant le faîte de la pointe où elle soutenait l'immense croix.

Ce joyau de l'architecture date de 1150 et a subi de nombreuses transformations au cours des siècles, il est depuis inscrit au patrimoine immobilier exceptionnel de Wallonie. Sans le courage d'une poignée d'hommes, dont ce n'était pas la profession principale, il aurait pu subir des dommages irréparables.

En début de soirée, fourbus, les hommes regagnèrent l'hôtel des pompiers situé sur la place Saint-Pierre. Commerçants, mécaniciens, marchand de cycles, ils n'avaient qu'un seul idéal "servir", probablement étaient-ils conscients d'avoir fait face à deux sinistres importants et simultanés.  

Ce n'est qu'une petite décennie plus tard que le corps des sapeurs-pompiers tournaisiens sera professionnalisé.  

(sources : le Courrier de l'Escaut, édition du 23 août 1959 et souvenirs personnels). 


     

09:35 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, saint jacques, orage, verbanck, pompiers, incendie, dictons |

28 sept.
2013

09:25

Tournai : expressions tournaisiennes (243)

Cha n'in finit pos de... n'pos qu'mincher !

L'éch'vin des travéeaux i-a promis d'les rimplacher et no Consel communal i-a voté l'budget, infin dins no quartier on alleot les avoir, d'puis lommint on attindeot no nouvieaux trottoirs. I-aveot des treos, les dalles jeueot'ent les castagnettes et on aveot l'impressieon d'faire les claquettes. Ch'éteot même dingereux pou les perseonnes âgées, i-falleot raviser où on metteot ses pieds. 

On a tertous cru aux belles promesses de la Ville, on comminch'reot l'traval pindant l'meos d'avril. Mais, d'abord i-falleot rimplacher les tuyéaux, du gaz de Fluxys et ceusses de l'Walleonne des Ieaux. On est ainsin arrivé à l'fin du meos d'mai et on on aveot toudis pa vu ein ouverrier. On nous a dit qu'i-aveot d'l'ortard à l'allumache, inter les ieaux et l'gaz, i-aveot 'cor du touillache. In veyant l'temps passer, on est dev'nu tout moite, on a pinsé qu'on aveot été mis in... "boîte" !

Ein bieau matin du meos d'juin, on a vu eine grue ouvère eine tranchée d'invireon chint mètes dins l'rue. Ch'éteot l'velle du six juin, j'pourreos pos l'oblier quand six ou bin siept ouverriers ont débarqué. On n'deot pos dire, les travéeaux ont bin avanché jusqu'àu... début du meos d'juillet et des congés. L'dernière sémaine tout i-a été orbouché et même des nouvelles dalles ont été chimintées

J'vas asteur vous dépeinte l'bazar qu'on vit 'cor pasque, tout à fait inter nous cha veaut d'l'ior.

Adeon, les leongs tuyéaux ont les aveot intierrés et les treos dins les trottoirs orfermés. Au début du meos d'août, au l'ind'min d'ein orache, deux heommes seont arrivés contineuer l'ouvrache. Comme i-creuseot'ent, tous les jours, ein ou deux treos (on comperdeot que cha alleot durer des meos) et pa d'vant les maseons pou les raccordemints, i-metteot'ent  ein filet oranche pou n'pos caire d'dins. Ch'est ainsin, tout bell'mint que l'trinte et ein du meos, on queompteot d'jà à peu près eine vingtaine de treos. Tous les matins, l'facteur qui apporteot no courrier, inter les piquets, in véleo, i-d'veot slalomer. Après deux meos, dins no rue, i-a ein p'tit comique qui li a soufflé d's'inscrire aux Jeux Olympiques.

"J'sus seûr qu'à Sotchi, garcheon, te s'ras l'grante vedette, t'aras l'médalle d'or pou l'déquinte à bicyclette !"

In sétimpe, i-a pleu eine paire de feos, au début, bin seûr, pou n'pos ête tout cru, bé, i-n'seont pos v'nus. I-a ein d'mes visins qui m'a soufflé à l'orelle, i-deveot'ent ête treos mais, l'ov'là, i-manque eine pelle. Ahais, treos, deux qui ouèftent, ein qui jette ein queop d'ouèl, pos d'sanche, ch'est ein des deux qui ouèftent qu'i-a perdu s'pelle. 

I-a ein p'tit meos invireon, pos leon d'm'maseon, on a déposé trinte tuyéaux d'six mètes d' leong. A vir, tout à n'ein queop, tout cha su no trottoir, on a tertous respiré et orpris espoir. Ii-a pos fallu lommint, pou ête  désespéré quand on a vu que l'hierpe commincheot à pousser. Comme on les a mis conte eine héyure d'sapins dins deux meos, i-seont dins l'gardin de mes visins, dins les grosses branques, i-veont ête bin camoufler et pou les ortrouver on va cacher après. On a apporté ein tas d'sabre, ein bieau matin, d'puis quand i-a cait de l'pluèfe, l'meont, i-déquint.

Vous n'allez pos accroire eine histoire parelle, mais j'habite pos leon de l'maseon d'Lionel, les ceusses qui ont vu l'orvue du Cabaret Walleon, j'sus seûr et certain que de l'phrase i-s'in souviendreont.

Quand on li poseot l'questieon : 

"Cha va durer lommint Lionel ?"

I-répondeot toudis sans aucune variatieon : 

"Bé neon, neon, pou asteur cha va aller vite !".

Tous les matins, ave s'tchien i-va s'pourméner et j'n'os'reos même pos sortir pou li d'minder. 

Mes gins, j'vas arrêter ichi tous mes cacoules pasque tertous on a connu parelles détoules, les commerçants qui vife'tent au pied de l'cathédrale, cha fait asteur treos ainnées qui seont au pus mal et les ceusses qui habitent près du gardin d'la Reine, à l'avenue d'Troyes, onze meos, i-ont vécu l'problème. Les automobilisses qui attintent après l'parking de l'rue Perdue, pou garer, cha fait treos ans qui cache'tent après perdu, les ceusses qui ont leu maseon l'rue des Jésuites, d'puis féverrier, i-save'tent que cha n'va pos vite, les bosses et les fosses de l'rue Saint-Martin, i-s'reont orboucher pétête à l'Saint-Glinglin, et su l'plache Verte, les pavés i-veont ête rimplachés à Pâques ou bin à l'Ternité mais on n'sait pos cor d'queulle ainnée.

Pou superviser tout cha à l'tiête de no ville, y-a-t-il ein pilote dins l'avieon, on est in dreot d'se poser la questieon ! "

"Alleo, neon mais... alleo quoi", direot Nabila, "on comminche des travéeaux et on n'sait pos quand on les finira" !". 

Mi j'voudreos qu'on m'esplique : i-a bramint d'chômeu qui veont au Forem mais i-a pos ein seul d'disponipe pou arringer les problèmes. I-paraît qu'in 2025, i-ara d'l'ouvrache pou tous les gins, i-a pus fauque douze ans à attinte pou qu'on veot infin du cangemint.

Pa d'vant m'maseon, jvas suife l'chantier au jour le jour, cha risque d'ête ein feull'teon aussi leong qu'les "Feux d'l'amour".  

Informatieon : l'verdi vingt-siept sétimpe, m'blog i-a orchu l'600.000e visite d'puis s'créatieon, ch'éteot l'mille quate chint vingt-troisième artique publié depuis l'mitan du meos d'avril 2007, merci à tertous pou vo fidélité !

(lexique : qu'mincher : commencer / rimplacher : remplacer / lommint : longtemps / des treos : des trous / raviser : regarder / tertous : tous / l'traval : le travail / l'meos : le mois / ein ouverrier : un ouvrier / l'ortard à l'allumache : le retard à l'allumage, démarrage pénible / ein touillache : une confusion / in veyant : en voyant / ouvère : ouvrir / oblier : oublier / avancher : avancer / chimintées : cimentées / d'l'ior : de l'or / adeon : donc / intierré : enterré / ein orache : un orage / l'ouvrache : le travail / oranche : orange / caire : tomber / inter : entre / j'sus seûr : je suis sûr / garcheon : garçon / l'déquinte : la descente / sétimpe : septembre / les feos : les fois : tout cru : tout mouillé / les visins : les voisins / l'orelle : l'oreille / l'ov'là : voilà / ahais : oui / ouèftent : travaillent / ein queop d'ouèl : un coup d'oeil / pos d'sanche : pas de chance / pos leon : pas loin / trinte : trente / vir : voir / tout à n'ein queop : tout à coup / l'hierpe : l'herbe / conte : contre / eine heyure : une haye / l'gardin : le jardin / les visins : les voisins / les branques : les branches / ortrouver : retrouver / cacher après : chercher / du sabre : du sable / l'pluèfe : la pluie / l'meont : le mont / accroire : croire / les ceusses : ceux / l'orvue : la revue / s'tchien : son chien / s'pourméner : se promener / des cacoules : des mensonges / parelles détoules : pareils ennuis / les paufes : les pauvres / cacher après perdu : chercher inutilement / féverrier : février / pétête : peut-être / bramint : beaucoup / fauque : seulement / du cangemint : du changement ).

(S.T. Septembre 2013.) 

09:25 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

25 sept.
2013

11:14

Tournai : les festivités d'octobre.

En ce second mois de rentrée, l'offre culturelle se complète avec les cycles de conférences et les spectacles qui prennent leur rythme de croisière.

Mercredi 2, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20 h, "Clear Tears/troubled Waters", spectacle chorégraphique pour sept danseurs et trois musiciens de Thierry Smits.

Jeudi 3, Maison de la Culture, 14 h, "Qu'est-ce que l'Histoire ? Progrès ou déclin ?", conférence par Michel Meyer dans le cadre de la rentrée académique de l'Université du Temps disponible.

Vendredi 4, salle Saint-Lazare, 19 h 30, "On va vous in fair' vir", spectacle patoisant par "El Bistreot Tournisien".

Vendredi 4, église Saint-Quentin, 19h30, "Concert de Gala" par La Royale Musique des Guides à l'occasion du 60e anniversaire de la présence militaire à Tournai.

Dimanche 6, salle Saint-Lazare, 15h30, "On va vous in fair' vir", spectacle patoisant par "El Bistreot Tournisien".

Dimanche 6 octobre, arrivée de la dernière étape du "Tour de l'EuroMétropole" (ou circuit franco-belge), course cycliste pour coureurs professionnels.

Mardi 8, Auditoire du Séminaire, 13 h 45, "Le Temps et ses métamorphoses" conférence par Pascal Chabot, philosophe, professeur à l'I.H.E.C.S de Bruxelles dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui". 

Mercredi 9, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20 h, "Très nombreux, chacun seul", création collective de Jean Pierre Bodin, Alexandrine Brisson, Jean Louis Hourdin, Roland Auzett avec Jean Pierre Bodin et la participation de Christophe Dejours.

Jeudi 10, Maison de la Culture, 14 h, "Le Brésil au XXIe siècle : naissance d'un nouveau grand", conférence par Laurent Delcourt, dans le cadre de l'Université du Temps disponible.

Jeudi 10, Maison de la Culture, salle Jean Noté, en matinée et soirée "Le Népal, les royaumes perdus" conférence par Emmanuel Braquet dans le cadre du cycle Exploration du Monde. 

Du vendredi 11 au lundi 14, "Ducasse de Kain Centre". 

Samedi 12, Musée d'Archéologie, 14h30, "Entre la pierre et le fer : naissance et développement du concept de l'âge de Bronze en Belgique du XIXe siècle à nos jours" conférence par Walter Leclercq, organisée par la Société Tournaisienne de Géologie, Préhistoire et Archéologie.

Samedi 12, salle Saint-Lazare, 19h30, "On va vous in fair' vir", spectacle patoisant par "El Bistreot Tournisien".

Samedi 12, Maison de la Culture, 19 h 30, "Concert de Gala" par la Musique Royale de la Marine sous la direction de Bjorn Verschoore, organisé à l'occasion du 30e anniversaire du Groupe des Percussions de Tournai, avec la participation de Danse et Cie et de Chtiganza.

Samedi 12 et dimanche 13, cité Georges Point de la Haute Ecole provinciale, de 8 à 11 h, "Petits déjeuners Oxfam". 

Samedi 12 et dimanche 13, Halle-aux-Draps, "La Halle Gourmande", salon de la gastronomie organisé par les Amis de Tournai. 

Samedi 12 et dimanche 13, Esplanade du Conseil de l'Europe, "1er rallye de Tournai", organisé par l'écurie EuroMétropole Position, quatre boucles et deux spéciales, animations diverses...

Samedi 12 et dimanche 13, salle la Fenêtre, 20h,  "Hamlet froid" dans le cadre du Samedi des Planches.

Dimanche 13, Esplechin,  départ café de la Bascule, 9h15, "Promenade à la découverte du village d'Esplechin" , balade de 7 km organisée par le Cercle d'Histoire de la Vallée du Rieu de Barges.

Dimanche 13, salle Saint-Lazare, 15h30, "On va vous in fair' vir", spectacle patoisant par "El Bistreot Tournisien".

Dimanche 13, Maisons Romanes, 15h30, "Concert de 12 guitares", des oeuvres de Saint-Saëns, Bach, Stravinsky, Villa Lobos, Copland, Leclercq.

Mardi 15, Auditoire du Séminaire, 13h45, "A la rencontre des prisonniers du monde", conférence par Jan Decock, infirmier, visiteur de prison, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui". 

Du mardi 15 au dimanche 20, Centre de la Marionnette, Halle-aux-Draps, Maison de la Culture et dans divers lieux en ville, en matinées familiales ou en soirées pour adultes, "Festival découvertes, images et marionnettes" organisé par le Centre de la Marionnette de la Fédération Wallonie Bruxelles en coproduction avec la Maison de la Culture.

Jeudi 17, Maison de la Culture, 14 h, "Roger de le Pasture-van der Weyden, de Tournai à Bruxelles, maître des Passions au XVe siècle", conférence par Valentine Henderiks dans le cadre de l'Université du Temps disponible. 

Jeudi 17, Hôtel de Ville, Salon de la Reine, 18 h, "La kinésithérapie respiratoire", conférence par Isabelle Lecouvet, kinésithérapeute.

Samedi 19, salle Saint-Lazare, 19h30, "annuel souper de Saint-Lazare".

Du samedi 19 au lundi 21, Tournai Expo, "Salon du cheval, du poney et de l'âne", exposition, animations diverses : dressage académique, équitation portugaise, haute-école, démonstrations western... 

Samedi 19, Maison de la Culture, 14h30, "Après la mort d'un enfant", conférence-témoignage par Stéphanie Fugain, organisée par l'APPER Hainaut.

Dimanche 20, place verte, "Bourse d'échange de plantes, graines et semences" dans le cadre du projet Lively Cities. 

Dimanche 20, cimetière du Sud, 10h, "Cent sépultures du périmètre historique 1838-1860", parcours promenade en compagnie de Jacky Legge, conservateur des cimetières tournaisiens. 

Mardi 21, Maison de la Culture, salle Jean Noté, 20 h, "L'Amour, la Guerre", création librement adaptée du théâtre de Shakespeare de Selma Alaoui.

Mardi 22, Auditoire du Séminaire, 13h45, "L'Allemagne, modèle ou problème pour l'Europe", conférence par Christophe Strassel, professeur associé E.N.S. Paris, dans le cadre du cycle "Connaissance et Vie d'Aujourd'hui". 

Mardi 22, jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26, Esplanade du Conseil de l'Europe, sous chapiteau, "Le Repas" de Cheptel Aleïkoum, spectacle circassien présenté durant un vrai repas pris en la compagnie des artistes.

Mercredi 23, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, 20 h, "Happy Slapping", spectacle réservé aux adultes sur le monde de l'adolescence déboussolée de Thierry Janssens et Alexandre Drouet.

Jeudi 24, Maison de la Culture, 14 h, "Les lasers : hier, aujourd'hui et demain" conférence par Philippe Leclère dans le cadre de l'Université du Temps disponible.

Vendredi 25, Bibliothèque communale, 18h, "la Vitamine P, la Poésie, pourquoi, pour qui, comment ?" par Jean Pierre Siméon, philosophe, enseignant et créateur des "Printemps de la Poésie".

Vendredi 25 octobre, Conservatoire de Tournai, 20h, "Concerto Classissimo" avec la pianiste Stéphanie Proot dans des œuvres de Mozart et Beethoven, une organisation de la Chapelle Musicale de Tournai.  

Samedi 26, Maison de la Culture, 20 h, "Ch'est l'infer...au paradis", revue annuelle de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournai.

Samedi 26 et dimanche 27, Halle-aux-Draps, Prévente de prestige du timbre consacré à la Grand'Place de Tournai.

Dimanche 27, cimetière du Sud, 10 h, "les couronnes mortuaires anciennes et contemporaines", parcours promenade en compagnie de Jacky Legge, conservateur des cimetières tournaisiens.

Dimanche 27, Maison de la Culture, 16 h, "Ch'est l'infier...au paradis" revue annuelle de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.  

Jeudi 31, Mourcourt, relais du Vieux Comté, "soirée Haloween".


Expositions :

Jusqu'au dimanche 13, Rasson Art Gallery, rue De Rasse, "les œuvres de Michel Soubeyrand, Edouard Buzon et Rocky Zero".

Jusqu'au dimanche 27, Maison de la Culture, "Aux usages connus d'eux seuls" œuvres de Pierre Moulin. 

Jusqu'au dimanche 27, Fort Rouge, placette Marché aux Oignons, " Les anges ne sont pas des enfants de chœur", œuvres des plasticiens Amathéü et Ganz.

du samedi 5 au dimanche 27, "L'Art dans la Ville" expositions d’œuvres dans les musées, les vitrines, les galeries, les bâtiments publics...

Du samedi 5 au dimanche 27, Espace l'Art est Création, bd Léopold, "Dislocation et métamorphoses", photographies de Bruno Lestarquit, Jean Herbonnier et Jacques Desablens". 

Du samedi 5 au lundi 4 novembre, Tamat et Musée de la tapisserie, place Reine Astrid, "Recherches 13", travaux de huit boursiers de la fondation.

Du mardi 15 au dimanche 20, Maison de la Culture, Centre de la Marionnette, Halle-aux-Draps, "Cousu Main" sculptures d'Anne Bothuon.

Samedi 19 et dimanche 20, Mont Saint-Aubert, Relais des Artistes : "les oeuvres de Pierre Montignies". 

Du dimanche 19 au 1er décembre, Rasson Art Galley, rue De Rasse, "les oeuvres de Christo-Jeanne, Claude-Volz et Arman".

Jusqu'au 22 décembre, musée d'Histoire naturelle "Image, Science et Nature

Jusqu'à fin décembre, musée d'Archéologie, rue des Carmes,  "Helkijn Château-Fort et Résidence des Evêques de Tournai". 

(programme susceptible de modifications et/ou d'ajouts). 

S.T. septembre 2013.

23 sept.
2013

09:35

Tournai : l'année 2008 sous la loupe (4)

Si, sur le plan international, national ou local, l'actualité a un peu ronronné durant l'automne, les événements vont se succéder à un rythme effréné au cours des trois derniers mois de l'année.

Sur le plan international, ce sont les élections américaines qui retiennent l'attention. Le 4 novembre, le démocrate Barak Obama triomphe de son adversaire, le républicain John McCain. Pour la première fois un homme de race noire entre à la Maison Blanche. Il incarne un espoir pour des millions d'américains lassés par la gestion d'un Georges Bush soumis aux lobbying financiers et "va-t-en guerre" invétéré. 

On apprend les disparitions du comédien Guillaume Depardieu, le 13 octobre, à l'âge de 37 ans, de la religieuse belge Sœur Emmanuelle, la petite sœur des chiffonniers du Caire, à l'âge de 99 ans, une semaine plus tard, du footballeur belge Régis Genaux, à l'âge de 35 ans, le 8 novembre et du célèbre couturier français des "sixties", Ted Lapidus, le 29 décembre, à l'âge de 79 ans. 

Sur le plan national, on retiendra l'appel à l'aide lancé au gouvernement par les organismes financiers belges en pleine tourmente. Vingt milliards d'argent public seront injectés pour soutenir Fortis, Dexia, Ethias et KBC. On n'avait jamais imaginé que les rois de la finance, ceux qui dans l'ombre tiraient les ficelles de l'économie mondiale allaient devoir supplier l'Etat de les aider. Cette crise financière n'allait d'ailleurs pas être sans conséquence pour le gouvernement d'Yves Leterme, contraint de démissionner en décembre. Le Roi fait alors appel à Herman Van Rompuy pour former une nouvelle équipe dirigeante. Crise financière déclarée, crise économique qui se profile, éternels problèmes communautaires, la tâche est énorme, elle ressemble même à une mission impossible, il faudra, comme dit la presse, un Sup..Herman.

A l'ombre des cinq clochers, les journalistes ne vont pas chômer.

Octobre.

Le jeudi 2, la circulation fluviale est interrompue dans la traversée de Tournai. Vers 8 h 30, on a constaté la présence d'une nappe compacte de près de cinq cents mètres de longueur en amont de l'écluse de Kain. Les pompiers tournaisiens étrennent à cette occasion une nouvelle technique de lutte contre ce type de pollution : un boudin hydrophobe (rempli d'une sorte de cellulose, il a pouvoir d'absorber l'huile tout en laissant filtrer l'eau). La Division de la protection de l'Environnement arrivée sur place détermine qu'il s'agit d'une huile de vidange. Une question se pose : perte accidentelle ou acte de malveillance ?

Le samedi 4, en la salle La Fenêtre, les Insolents passent, comme à leur habitude, l'actualité locale, nationale et internationale à la moulinette. L'invité d'honneur de cette soirée n'est autre que Catherine Fonck, Ministre de l'Enfance, de l'Aide à la Jeunesse et de la Santé en Communauté française.

A partir de ce samedi 4 jusqu'au 31, "l'Art dans la Ville" permet aux habitants de la cité des cinq clochers d'admirer les différentes facettes de l'expression artistique. Peinture, sculpture, photographie, tapisserie..., on retrouve les œuvres exposées dans les vitrines des magasins, les musées, les galeries, les bâtiments publics mais aussi dans les ateliers d'artistes ouverts exceptionnellement au public.

Le dimanche 5 octobre, comme c'est la tradition, la dernière étape du circuit Franco-Belge se termine au pied du beffroi. Elle est remportée par Sébastien Rosseleer devant Juan Manuel Flecha et le regretté Wouter Weylandt. Le classement final voit la victoire de Flecha devant Rosseleer et Jurgen Roelandt. Leader, le matin même au départ d'Havré, ce dernier s'est vu contraint de céder le maillot jaune et de se contenter du maillot vert du classement par points. 

Le 8 octobre, pour inaugurer sa nouvelle saison culturelle, la Maison de la Culture accueille dans la salle Lucas, un spectacle haut en couleur, "Kermesse", l'histoire d'une fête foraine qui vire tout doucement au drame, car derrière les sourires de façade affichés pour la circonstance se trament des jalousies, des liaisons, des intrigues. Le spectateur est progressivement entraîné dans cette folle farandole, passant d'attraction en attraction, pour être le témoin d'un tableau final qui lui fait prendre conscience du côté artificiel de ce monde de la fête. 

En ce début de mois d'octobre, à Liège, parmi les quatre villes hennuyères primées pour la qualité de leur gestion centre-ville, Tournai est la seule à remporter deux palmes : le coup de cœur pour les Chiffonnades et pour l'instauration du "sac mission" destiné à ses représentants qui sillonnent la ville et renseignent les visiteurs. Ces trophées récompensent le travail inlassable de Jean Michel Van de Cauter et de son équipe.

Le dimanche 12 octobre, après huit rencontres sans défaite, le Football Club Tournai est battu, à domicile, par le S.K. Beveren sur le score de 1-2. Les Sang et Or se retrouvent quatrième au classement de la Division 2 Nationale. Avec 4 victoires, 4 nuls et 1 défaite, ils comptent un actif de 16 points et sont devancés par Saint-Trond (20 pts), Tirlemont (19 pts) et le FC Brussels (16 pts également mais comptant une victoire de plus).

Un drame de la route va endeuiller la journée du mardi 14. Sur l'autoroute E42, à hauteur de Kain, une voiture percute une camionnette transportant des ouvriers. Suite à la violence du choc, l'utilitaire est projeté au-dessus de la glissière de sécurité et termine sa course dans la végétation qui borde la chaussée, ses occupants sont fortement choqués. Dans le véhicule tamponneur, il n'y a, malheureusement, plus rien à faire pour la conductrice, une quadragénaire originaire de France mais habitant Gaurain-Ramecroix.

La Maison de la Culture accueille Thomas Dutronc et son univers manouche. Le fils de Jacques et de Françoise Hardy enchante le nombreux public venu le découvrir.

En cette mi-octobre, une information parue dans la presse locale va soulever une vague de protestation parmi la population tournaisienne. Le concepteur de la rénovation du quartier cathédral, le parisien Nicolas Michelin, dévoile le projet de construction d'une tour de conception ultra-moderne, en béton et verre, d'une hauteur de près de cinquante mètres, sur la place Paul Emile Janson, juste à côté des cinq tours presque millénaires de la cathédrale Notre-Dame. Si certains apprécient cette touche de modernisme dans le paysage tournaisien, beaucoup d'autres crient au scandale. Un comité de défense va très vite se constituer, il lancera une pétition intitulée "une tour de trop" refusant cette érection "iconoclaste" aux côtés d'un chef d'oeuvre inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. A Paris a-t-on construit la Tour de la Défense à deux pas de celle érigée par Gustave Eiffel ou des tours de Notre-Dame ? Non, il n'y a pas là confusion des genres !

Un nouveau drame se déroule la nuit du 16 au 17 octobre. Ayant assisté à une soirée estudiantine à Ramegnies-Chin, trois jeunes Français, deux garçons et une fille, longent la voie ferrée à hauteur de Blandain pour regagner leur domicile situé juste de l'autre côté de la frontière. Lorsque surgit le train assurant la liaison entre la gare de Tournai et celle de Lille-Flandres, les garçons parviennent à s'écarter, la jeune femme de vingt ans est happée par le convoi et tuée sur le coup.

En cette fin de mois, la presse révèle que la gare de Tournai a été le théâtre d'un vandalisme "officiel". Mandatée par la S.N.C.B, une firme a procédé au nettoyage du passage sous les voies. Depuis 1988, les murs carrelés de celui-ci étaient décorés par des œuvres de l'artiste local Edmond Dubrunfaut. Celles-ci n'ont pas résisté à l'intensif nettoyage et à l'usage de produits décapants. 

Novembre.

En ce début du mois de novembre, la salle Jean Noté de la Maison de la Culture affiche "complet" lors des différentes représentations du "Cabaret du Centenaire" de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. 

Alors que la crise s'installe et que les difficultés économiques vont grandissantes, une entreprise tournaisienne continue à progresser, la biscuiterie Desobry. Son bilan, paru en juin 2008, annonce un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros en augmentation de 6%. La firme débute un chantier d'extension des capacités de stockage de produits, un hall de 33 m sur 12, sur les terrains de la rue du Vieux Colombier, en plein cœur du Vert-Bocage, lieu où elle existe depuis 1946. Desobry dispose déjà d'un vaste entrepôt de 3.200 m2 sur le zoning de Tournai Ouest destiné à accueillir les produits finis, en partance pour la vente.

Le 12 novembre, les Baladins du Miroir ont dressé leur chapiteau sur la plaine des Manœuvres pour les quelques représentations données sous l'égide de la Maison de la Culture de leur nouvelle création "Tristan et Yseut".

Habitant le hameau de Fourcroix à Blandain, l'écrivain et conteur Paul André nous quitte le vendredi 14 novembre. Cet homme de lettres avait été récompensé du Prix Charles Plisnier en 1981, il était l'auteur de nombreux ouvrages dont on retiendra "le Pays alezan" ou encore "Le petit cri têtu du perce-neige". Travaillant également en autodidacte le bois, le fer, la pierre bleue ou la céramique dans son atelier blandinois, cet homme, épris de solitude, est décédé à l'âge de 68 ans.  

Pas de grands discours, pas de séance académique où le tout Tournai se côtoie à l'occasion des trente ans de la télévision locale No Télé, le vendredi 21 novembre, la télévision organise à cette occasion une grande émission en direct, un jeu, dans lequel les bourgmestres de Wallonie Picarde s'affrontent épaulés par un sportif, un représentant culturel et un membre de l'associatif.

Le samedi 22, les amateurs d'humour se donnent rendez-vous en la salle La Fenêtre pour une nouvelle soirée décapante en compagnie des Insolents qui reçoivent, en invité d'honneur, le chroniqueur sportif Stéphane Pauwels. Le même soir, les mélomanes sont conviés par la Chapelle Musicale de Tournai qui leur propose un concert de piano avec une des plus remarquables pianistes de jazz, Nathalie Loriers et la virtuose sino-canadienne Fu-Chen dans des œuvres de Mozart.

C'est un véritable sentiment de délivrance qui a envahi les 147 touristes qui viennent d'arriver à Barry, au soir du lundi 24 novembre. Suite à la faillite de l'intermédiaire entre le firme de voyages tournaisienne et un hôtelier turc, ceux-ci avaient été littéralement retenus "en otage", par les responsables de l'hôtel où ils logeaient, pour défaut de paiement de la totalité de la somme due. Ils ont même été obligés de payer des sommes importantes pour pouvoir obtenir une chambre et un repas. L'agence tournaisienne totalement indépendante de cette situation déplorable a multiplié les contacts pour pouvoir les rapatrier.

Décembre.

Le 6, le Ballet du Hainaut, compagnie Jean Jacques Van Velthem, fête son vingtième anniversaire à la Maison de la Culture et présente quatre chorégraphies : "Adagio", "Concerto" , "Seven" et "Brel for ever".

Pour faire du sensationnel, on aurait pu titrer cette information "Coup de théâtre à Mourcourt sur un air de divorce", on aurait même pu écrire un roman, une histoire d'amour et d'amitié qui débute par l'osmose qui apparaît entre un chef de musique professionnel, le talentueux Eloi Baudimont, et une fanfare d'un village faisant partie du grand Tournai, comptant alors une quinzaine de musiciens amateurs. L'histoire ressemble à ces contes de fée de notre enfance. Très rapidement forte de soixante musiciens, la Fanfare de Mourcourt va se produire en Italie, en Roumanie, en Espagne, va faire l'ouverture du festival d'Avignon, va monter le projet "Mali-Mali" avec Baba Sissoko et le présenter à Tournai et au Mali, va collaborer avec Franco Dragone, accompagner la Piste aux Espoirs ou encore se muer en fanfare de Moulinsart pour fêter la parution d'un album de Tintin en patois picard. On l'invitera même au Palais Royal pour l'anniversaire du Roi Albert II, on la verra sur la RTBf ou sur No Télé, véritable ambassadrice de la cité des cinq clochers. Pendant quelques années, elle surfera ainsi sur la vague du succès jusqu'à ce jour de décembre où le chef décidera de la quitter. Peut-être las du succès, probablement pris d'un vertige provoqué par cette ascension fulgurante, des tensions sont apparues entre certains musiciens traditionalistes voulant revenir, un peu, en arrière et le bondissant chef toujours en recherche de nouveautés. Le roman de la fanfare n'a pas connu le "happy end" que chacun était en droit d'espérer. Eloi Baudimont part vers de nouvelles aventures, la fanfare se cherche un nouveau chef !

Le 6 décembre, l'église Saint-Paul, accueille le concert annuel de "l'asbl Michaël", intitulé "Chœurs et Clarinettes chantent Noël" avec l'ensemble vocal du Conservatoire dirigé par Michel Jakobiec et celui des clarinettes sous la direction d'André Caucheteux. Au cours de la soirée, le public peut aussi assister aux prestations du groupe "Arpèges et Rencontres" du Saulchoir de Kain et du groupe des "Flûtes des P'tits Colibris", émouvantes prestations effectuées par les enfants fréquentant ces deux centres d'accueil pour jeunes handicapés qui récoltèrent de très longs applaudissements.

Le mercredi 10, le Rotary 3 Lys organise lui aussi son concert de Noël. Il se déroule à l'église Saint-Jacques et met le chant grégorien à l'honneur. Les voix de la "Schola féminine Cum Jubilo" sont accompagnées par Jean Vernier aux grandes orgues, Dick Decae au trombone, et par le quatuor de flûtes à bec d'Ypres dirigé par Jean Lesage. 

En cette fin d'année 2008, Philippe Brunin, coordinateur des musées tournaisiens a mené à bien un long travail. Biologiste de formation et ancien préfet de l'Athénée Royal de Tournai, ancien conservateur du musée d'Histoire Naturelle, il a, avec l'aide de son ami, Jean Paul Theys, acheté et retapé un vieux manège pour enfants datant d'avant-guerre, un petit moulin découvert en Champagne. Les voitures ont été fabriquées spécialement par une firme française spécialisée dans la conception de voitures de manèges ou à pédales. Il est équipé de représentations de voitures Peugeot en circulation durant les années trente. Actuellement, en septembre 2013, ce manège est visible sur la Grand'Place de Tournai, au pied de la statue de la princesse d'Espinoy, il va raviver les souvenirs des nostalgiques des ducasses d'antan. 

Depuis longtemps, Paul Wacheul, Secrétaire de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, caressait un rêve, se muer en historien pour donner une suite au "Florilège du Cabaret" écrit par Lucien Jardez en 1982. C'est chose faite en ce mois de décembre, "Chint ans d'Cabaret" est paru, un ouvrage indispensable pour les vrais Tournaisiens.

En ce mois de décembre se termine la tenue de la Chambre du Conseil devant statuer sur le renvoi éventuel en correctionnel des présumés responsables de la catastrophe de Ghislenghien. En raison du nombre de personnes concernées, les débats répartis sur seize séances ont été organisés dans le hall de Tournai-Expo transformé pour l'occasion en une extension du tribunal tournaisien.

A la veille de la trêve hivernale, suite à son match nul réalisé contre Ostende sur le score de 1-1, le F.C. Tournai remonte à la 6e place du classement de division 2.

Dramatique soirée de Noël, le mercredi 24, vers 19 h, lorsqu'un Tournaisien perd le contrôle de son véhicule et termine sa course contre un arbre. Il sera tué sur le coup.

Suite à la démission de Philippe de Smet de sa fonction de Président du Cabaret Wallon, les membres de la Royale Compagnie désignent Michel Derache pour lui succéder. Il sera entouré de Jean Marc Foucart et de Vincent Brackelaere, vice-présidents. Au cours de cette cérémonie, trois membres sont mis à l’honneur : Félicien Doyen, Ghislain Perron et René Godet fêtent respectivement 60, 40 et 30 années de présence au sein du groupe des chansonniers tournaisiens. Tous les trois reçoivent la médaille du "Petit Potier" des mains du bourgmestre Christian Massy.

(sources : le Courrier de l'Escaut et souvenirs personnels).

S.T. septembre 2013. 

  

 

21 sept.
2013

09:17

Tournai : expressions tournaisiennes (242)

Quand Jacky i-éteot p'tit. 

J'ai ichi eine bin mauvaisse nouvelle à vous anneoncher, cha n'va certain'mint pos vous arringer, je n'vais pos pouvoir mette ein artique su m'blog aujourd'hui pasque, j'vous l'avoue, je n'ai pos bramint l'temps, j'sus fort pris.

J'areos voulu vous parler du p'tit Jacky, savez, l'naissance que j'vous ai appris. J'aveos même préparé eine biographie qui diseot, si j'm'in rappelle, à peu près ceci : 

Jacky, i-f'seot l'fierté d'ses parints Robert et Valentine, nos deux amisses qui d'meureot'ent à Havinnes. Après s'baptême, i-est resté ave s'mamère à s'maseon et i-falleot vir comme Valentine couveot s'petit garcheon. Après treos meos, l'paufe feimme a été obligée d'orprinte l'ouvrache, elle ouvreot chez Meura comme feimme de ménache et, croyez-me, elle éteot bin malhureusse d'devoir cacher pou s'n'infant eine soigneusse.

L'vielle Marie Touquette, pasqu'elle aveot vindu du toubaque, ch'éteot s'surneom, gardeot les infants et habiteot pos leon de s'maseon et ainsin pindant l'sémaine, du lindi au verdi, tous les matins, Valentine li porteot l'infant qui pluèfe ou bin qui fasse du vint. Elle feseot toudis bin attintieon que Jacky n'soiche pos mal faché et surtout de n'pos l'piquer ave l'aiwille de sûreté.

Au soir, à chinq heures, in orvenant, elle l'orpreneot in passant. Elle a fait cha pindant deux ans jusqu'au momint où l'pétit i-est rintré au jardin d'infants. Après l'souper, quand l'infant i-éteot à l'berche pou li faire s'seomme, pou l'indormir, elle li canteot douch'mint eine vielle cancheonne

"Dors min p'tit Quinquin, min p'tit pouchin, min greos rogin, te m'f'ras du chagrin si te n'dors point ch'qu'à d'main...". Elle l'aveot souvint  intindu chez l'matante Odile qui d'meureot à Wambrechies ein villache au d'zeur d'Lille. Jacky i-éteot du puteôt, comme on direot, dormou, de s'cancheon, elle n'arriveot jamais au bout.  

L'jour de l'rintrée, elle attindeot à l'porte ave les eautes mamères et, comme toudis, on intindeot pos mal d' jeones braire. Les ceusses qui quitteot'ent leu mamère pou l'prumière feos, on peut dire qui aveot'ent l'coeur greos. 

Quand l'cloque elle a ortenti, sans s'ortourner, Jacky i-est parti, tindant ses p'tits bras à l'maîtresse qui l'accueilleot, in souriant, ave tindresse.

Pou ceul évén'mint Valentine aveot pris congé et elle a ravisé l'pindule pindant tout l'avant-deîner. A onze heures, elle éteot d'jà su l'quémin, i-falleot vir comme elle éteot mansée, elle s'd'mindeot si cha s'éteot bin passé.

"No Jacky, i-a été sache comme eine imache, ch'est pos li qui m'a deonné l'pus d'ouvrache, i-m'a souvint fait risette, comme i-f'seot ave Marie Touquette" aveot dit l'maîtresse pou mette l'mamère à s'n'aisse.

Ch'éteot pos l'même pou Martin, l'garcheon d'ein des visins, i-aveot les bajotes toutes gercées, toutes rouches de l'rache qu'i-aveot brait.  

On n's'in rind pos queompte mais cha passe bin vite treos ans et ov'là que no Jacky d'veot d'jà quitter l'jardin d'infants.

Valentine l'a inscrit à l'école de Warchin, ch'éteot beauqueop pus facile, ch'éteot su s'quémin.

Si cha aveot été, treos ainnées pus teôt, bin facile, ceulle feos chi ch'a été ein p'tit queop pus difficile. A Havinnes, Jacky aveot eu treos maîtresses, mais asteur, i-n'éteot pos à s'n'aisse ave ein instituteur.

"Mes infants, à partir d'aujord'hui, quand l'cloque elle ortentit, vous d'vez, tout d'suite, vous mette in rangs pa d'vant mi et j'veux intinte eine mouque voler quand dins l'classe vous rintrez, l'prumier que j'prinds à babiéler, i-ara eine punitieon à faire au soir à s'maseon" .

Jacky i-a tout d'suite compris que l'beon temps ch'éteot fini.

Pourtant i-n'feseot pos à part des eautes, li aussi i-saveot invéyer des maclottes et i-a été puni pus souvint qu'à s'tour, au point que s'mopère i-éteot défoutu certains jours. 

Qui fasse des bêtises, s'mamère aveot bin treop peur, aussi i-resteot à l'étude jusqu'à chinq heures. Valentine souvint s'délaminteot, i-est malin mais aussi ein peu sosseot.

Quand on pinse qu'asteur les infants pa les rues queurent, qui rincontent des dealers et des eautes malfaiteurs, on s'dit qu'à c'momint-là, on n'saveot pos quel éteot no bonheur.  

A l'seule vue d'ein agint in train d'pourméner, les rotleots éteot'ent bin vite calmés. Les parints et l'instituteur saveot'ent faire leur éducatieon et eine petite clique sur l'pète ne les menaceot pos 'cor d'priseon. Si Jacky, dins vie, i-a eu eine belle professieon, ch'est pasque quand i-éteot p'tit, i-a bin ortenus les l'ceons. Les pédagogues qui eont interdit l'clique ein jour, i-n'eont seûrmint pos été él'vés ave amour ou bin ch'est pasque qu'i-eont du souffère des mauvais traitements de leu mopère. 

Bin seûr, j'vous parle d'ein temps où, jusqu'à siept ou huit ans, les infants croyeot'ent acore à Saint-Nicolas, i-falleot alors les vir dins ces moumints là, i-aveot'ent les is écarquillés quand i-découvreot'ent les bieaux jouets que l'grand saint, de l'nuit, ave s'baudet i-aveot, sans faire de bruit, déposés. L'jour où Jacky a orchu s'train élestrique ou bin eine auteo d'pompiers, i-a berlé s'merci au grand saint pas l'quémeinée. I-n'a même pos pinsé que pour l'intinte in heaut du ciel, l'vieux saint i-d'veot avoir acore d'fameusses orelles

A s'maseon, su l'bord du soir, quand i-aveot fini les d'voirs, ch'est au jeu des p'tits qu'vieaux ou aux cartes qui jeueot, i-liseot Alphonse Daudet, Jules Verne ou les B.D. d'Hergé. Les lifes du père des bandes dessinées, chez Casterman, i-étéot'ent imprimés, ch'est ainsin que l'brafe Tintin i-a toudis été ein peu tournisien.  

A douze ans Jacky i-a fini l'école communale et i-a réussi s'n'examem cantonal. Dins l'famile tout l'meonte commincheot à s'deminder vers queu carrière l'infant i-alleot s'diriger. Quand on li d'mindeot si alleot ête docteur ou géomète, tout in riant, l'pétite rosse diseot j'vas ête bourguémette

Mais cha ch'est eine eaute histoire que j'vas vous raqueonter, ein d'ces quate, si j'truèfe eine minute pou vous la rédiger.

In attindant, mes gins, portez-vous bin et j'mescusse de vous d'minder pardeon si, aujord'hui, pa l'forches des cosses, j'vous ai fait faux beond

(lexique : anneoncher : annoncer / arringer : arranger (dans le sens cela ne va pas faire vos affaires) / ein artique : un article / bramint : beaucoup / les amisses : les amis / s'mamère : sa mère / orprinte l'ouvrache ; reprendre le travail / elle ouvreot : elle travaillait / eine soigneusse : terme qui désigne une nounou, une gardienne d'enfants / du toubaque : du tabac / leon : loin / du lindi au verdi : du lundi au vendredi / qui pluèfe : qu'il pleuve / facher ein infant : emmailloter un enfant, marcher comme ein infant mal faché : marcher comme un enfant gêné par son lange, marcher de travers / l'aiwille : l'aiguille / in orvenant : en revenant / elle l'orpreneot : elle le reprenait / ête à l'berche : être dans le berceau / ein seomme : un somme (dormir) / eine cancheonne : une chanson / l'matante : la tante / au d'zeur : au-dessus /  dormou : dormeur / l'cancheon : autre mot pour chanson / toudis : toujours / braire : pleurer / les ceusses : ceux / l'prumière : la première / ortenti : retenti / s'ortourner : se retourner / l'pindule : la pendule, l'horloge / l'avant-deîner : la matinée / l'quémin : le chemin / ête mansée : avoir la gorge serrée / sache : sage / eine imache : une image / faire risette : sourire / les visins : les voisins / les bajotes : les joues / rouches : rouges / de l'rache : tellement / se rinte queompte : se rendre compte / beauqueop : beaucoup / ein p'tit queop : un petit coup / asteur : maintenant / l'cloque : la cloche / pa d'vant mi : devant moi / eine mouque : une mouche / babiéler : bavarder / les eautes : les autres / invéyer : envoyer / des maclottes : des boulettes de papier mâché / s'mopère : son père / ête défoutu : être découragé, démoralisé / s'délaminter : se lamenter / ête sosseot : être un peu foufou / queurir : courir / s'pourméner : se promener / les rotleots : les roitelets,ce mot  désigne aussi les jeunes enfants / eine clique su l'pète : une petite tape sur le derrière / souffère : souffrir / bin seûr : bien sûr / siept : sept / vir : voir / les is : les yeux / s'baudet : son âne / orchu : reçu / élestrique : électrique / berlé : crié / l'quémeinée : la cheminée / les orelles : les oreilles / les p'tits qu'vieaux : les petits chevaux / les lifes : les livres / l'brafe : le brave / tournisien : tournaisien / l'famile : la famille / queu : quel(le) / bourguémette : bourgmestre, maire (en France.) / raqueonter : raconter / l'forche des cosses : la force des choses / beond : bond).

'S.T. septembre 2013. 

 

 

 

09:17 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

18 sept.
2013

09:37

Tournai : l'année 2008 sous la loupe (3)

Les trois mois d'été de l'année 2008 seront relativement calmes sur le plan international. Notons qu'une fois encore le Tour de France est marqué par des affaires de dopage, vainqueur des sixième et neuvième étapes, le coureur italien Ricardo Ricco est exclu de la course à quatre jours de l'arrivée à Paris, contrôlé positif à l'utilisation d'EPO, tout comme Manuel Beltran. Le monde du cinéma voit la disparition de l'acteur américain Paul Newman, le 26 septembre, il était âgé de 83 ans.

Sur le plan national, le sectarisme de la NV-A de Bart de Wever pousse Yves Leterme à la démission, le 14 juillet. Le gouvernement avait été formé au mois de mars. Le Roi refuse cette démission et désigne trois émissaires royaux chargés d'établir un possible dialogue institutionnel. Tout comme la crise financière dans laquelle le monde peu à peu s'enfonce, notre pays s'enlise dans ses éternels problèmes communautaires qui, pour certains assoiffés de pouvoir, sont beaucoup plus importants et existentiels que de tenter de résoudre le chômage ou donner de l'espoir aux jeunes générations.

A Tournai, l'actualité estivale sera à l'image du temps, un peu morose.

Juillet.

Juste avant les congés de la construction, des ouvriers d'une firme de Rekkem procèdent à la démolition des bâtiments du Multiscope Palace à la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Sur le terrain devrait s'ériger un immeuble abritant des commerces et des appartements. Cinq ans plus tard, le chancre ainsi créé permet encore à la firme qui réalise les travaux de voiries dans le quartier cathédral de stationner ses véhicules et d'y stocker les matériaux.

Le mois de juillet débute par une bonne nouvelle pour les amoureux du patrimoine tournaisien. Le vendredi 3, le Gouvernement Wallon vote une subsidiation de 21 millions d'euros répartis sur sept années pour la rénovation de la nef romane et des tours de la cathédrale Notre-Dame. La ville, trop longtemps considérée par les décideurs d'avant, surtout liégeois et carolos, comme le "Far-West" de la Wallonie, semble enfin (re)connue par la Région Wallonne. Au niveau local, si on peut se réjouir de cette nouvelle, certaines associations déplorent ce qui paraît être, de prime abord, un manque d'ambition des responsables communaux en ce qui concerne la rénovation urbaine. A de nombreuses reprises, l'attention des autorités sur cet immobilisme a été attirée. Depuis 1978, la Région Wallonne s'est dotée d'outils pour la promouvoir mais, à l'ombre des cinq clochers, personne ne semble vouloir bouger un petit doigt pour soutenir le projet de rénovation de l’îlot Cherquefosse dans le quartier Saint-Piat laissé un peu dans l'oubli. En réalité, depuis le début de la crise financière, l'avenir des ressources communales est marqué par des incertitudes, le budget 2009 sera probablement plus difficile à boucler que le précédent et vu que le prix des terrains concernés est jugé surfait, la Ville ne souhaite pas s'engager dans un projet hasardeux qui risquerait de ne pas être mené à bon terme.  

Après le Multiscope Palace et la cathédrale, voici un troisième bâtiment qui fait l'objet d'attentions particulières, la Tour Henri VIII se pare d'un rempart métallique, l'échafaudage qui la ceinture a nécessité la mise en place de dix kilomètres de tubes, ce montage annonce, dit-on, le prochain début du chantier de restauration, les travaux sont prévus après la fin des fouilles archéologiques qui y seront entreprises. Le dôme de plastique qui sera réalisé a depuis bien longtemps disparu, emporté par les tempêtes successives et l'échafaudage rouille sur place.

Une affaire va prendre d'importantes proportions dans la presse locale en cette fin du mois de juillet, celle de la découverte fortuite par des enfants d'un véritable charnier à proximité de la chaussée de Douai. S'étant introduits pour jouer sur un terrain privé mal clôturé, ils ont aperçu un cercueil, des restes humains en état de décomposition, des urnes funéraires.... La police descendue sur les lieux, il est rapidement apparu que ce terrain servait d'extension à l'ossuaire du cimetière voisin. Interrogées, les autorités communales reconnaissent que cette situation est totalement inacceptable. Les restes proviennent des exhumations, par manque de place et de terres pour les recouvrir, ils ont été déposé sur le terrain. C'est un fait extrêmement regrettable car le cimetière du Sud jouit d'une excellente réputation et est même souvent cité en exemple, le personnel ne ménage pas ses efforts pour lui apporter le meilleur entretien. L'indignation est d'autant plus grande car le respect porté à un défunt est inscrit dans notre culture depuis des millénaires.

Août.

Le dimanche 10 août, vers 2h 00 du matin, un dramatique accident de la circulation a pour cadre le carrefour de la Porte Saint-Martin. Venant du centre de la ville, un motard attend que le feu passe au vert, il s'élance vers l'avenue Montgomery et ne peut éviter un véhicule qui vire à gauche vers le boulevard Bara en lui coupant sa trajectoire. Il tentera une vaine manœuvre d'évitement en couchant son engin mais ce geste désespéré ne permettra pas de le sauver.

Le mardi 12 août, famille et amis d'un couple d'alpinistes originaires du Tournaisis sont enfin rassurés. Portés disparus dans le massif du Huascaran, au Pérou, Julia Snihur de Buissenal et Renaud Ginion d'Havinnes, deux chevronnés ayant déjà escaladé de nombreux sommets, ont été retrouvés à 5.600 mètres d'altitude où ils étaient bloqués.

Les statistiques routières de l'année 2007 publiées en ce mois d'août par la Direction générale du Service Fédéral Economie, interpellent. Le territoire de Tournai (le plus étendu du Royaume, précision qui nous semble importante) a connu 280 accidents dans le courant de l'année 2007 (pour 278 en 2006), ceux-ci ont causé la mort de 27 personnes (9 l'année précédente), fait 43 blessés graves (41 en 2006) et 341 blessés légers (334 un an auparavant). L'analyse plus poussée démontre que ceux-ci ont eu lieu autant la nuit que le jour et que, dans la majorité des cas, l'alcool n'est pas en cause. 

D'autres statistiques publiées la semaine suivante annoncent que la Wallonie Picarde (depuis quelque temps, on dit de moins en moins Hainaut Occidental) compte désormais 335.707 habitants. Ils sont 68.193 à Tournai (33.246 hommes et 34.947 femmes), en un an la population de la cité des cinq clochers a augmenté de 0,51%, ce qui est peu comparé à d'autres régions ayant augmenté leur population de 1,50%.

Septembre.

L'été 2008 ne laissera pas un souvenir impérissable en ce qui concerne la météo. En juillet, il a plu pratiquement un jour sur deux. Août a connu 23 jours de pluie et on a récolté 116 litres d'eau au m2 alors que la moyenne est de 77. Au début du mois de septembre des trombes d'eau s'abattent sur la région. Néanmoins, la température a été proche de la moyenne, une maigre consolation.

A la veille de la grande procession historique qui se déroule le 14 septembre, on ne manque pas d'évoquer la grande absente de celle-ci, la croix byzantine volée quelques mois auparavant. Elle sera représentée sur une bannière.

Après cinq rencontres disputées, en Division 2, le F.C. Tournai occupe une très enviable seconde place au classement derrière Tirlemont avec 3 victoires et deux nuls. Quel changement pour les Sang et Or qui naviguaient en fin de classement douze mois plus tôt.

Le lundi 15 septembre, au soir de la braderie, la comédienne de cinéma et de télévision nordiste, Jenny Clève est présente au centre commercial les Bastions pour l'inauguration de l'exposition intitulée "Bienvenue au Bas Ch'ti ...on". Née à Roubaix en avril 1930, est est aussi la complice de Pierrot dans l'émission "Goûtez-moi ça" diffusée par France 3. 

Cette fois, ce sont les statistiques du service incendie qui sont parues dans la presse et, à leur lecture, on se rend compte que nos hommes du feu n'ont pas chômé durant l'année 2007. Les 35 véhicules de l'arsenal ont effectué 8.269 sorties (pratiquement 23 sorties journalières) dont 5.067 pour l'aide médicale urgente. Plus que les incendies se sont surtout les inondations qui ont occupé les pompiers tournaisiens. 366 sorties ont été nécessaires pour porter secours à des accidentés de la route, 631 pour les accidents domestiques. On a dénombré 54 incendies, 33 feux de cheminée et 14 feux d'immondices. 

Lors de la fête de la Chanson Wallonne et du Cabaret Wallon, on apprend que Philippe De Smet quitte la présidence du groupe de chansonniers, il reste néanmoins leur pianiste. Il était le 5e président depuis la création de la compagnie en 1907. 

Comme pour faire écho aux statistiques parues quelques jours plus tôt, un violent incendie éclate la nuit du 23 au 24 septembre, vers 0h30, à la résidence Beau-Séjour. Trente personnes doivent être évacuées, douze habitants des appartements ont été légèrement intoxiqués, une dame âgée de 80 ans doit être emmenée en clinique vu la gravité de son état. C'est un radiateur électrique resté branché qui est la cause du sinistre. 

Le lundi 29 septembre, les grandes manœuvres débutent sur la place Paul Emile Janson, une grue monte les premiers éléments de la toiture provisoire qui va recouvrir la nef romane de la cathédrale. Chaque élément de 3,5 mm d'épaisseur pèse presque 1.700 kilos. Une fois terminée, ce dôme couvrira une superficie de 1.740 m2 et pèsera 127 tonnes. Il permettra aux ouvriers d'installer les tables de plomb à l'abri des intempéries.  

(sources : presse locale et souvenirs personnels).

S.T. septembre 2013

16 sept.
2013

14:23

Tournai : une procession, concrétisation d'une promesse.

"Pluie du matin n'arrête pas le pèlerin" a-t-on coutume de dire mais pour la procession historique de Tournai, "pluie de l'après-midi a parfois empêché la sortie" !

Revenant à la tradition d'avant 1972 (année du huitième centenaire de la cathédrale Notre-Dame), les organisateurs avaient, à nouveau, programmé ce traditionnel rendez-vous de septembre durant la matinée.

Une heure avant le départ, les quelques nuages qui, de leur lente allure, parcouraient le ciel d'azur n'ont pas entamé l'optimisme des nombreux participants, car il en faut des bénévoles pour composer les septante groupes accompagnant les statues, les reliquaires et les châsses et, cette année, le changement d'horaire en étant probablement à l'origine, ils étaient beaucoup plus nombreux que d'habitude.

Si la procession est avant tout une démarche religieuse, elle est aussi un spectacle haut en couleurs, permettant de découvrir, en une fois, presque tous les trésors conservés dans les églises de Tournai et des villages constituant l'entité.

Quel amateur d'art n'a-t-il pas souhaité, un jour, contempler la "châsse de Notre-Dame", une des sept merveilles de Belgique, datant de 1205, oeuvre du célèbre orfèvre mosan, Nicolas de Verdun, contenant les reliques de saint Eloi et de saint Amand, missionnaires de la vallée de l'Escaut, de saint Démétrios, patriarche d'Alexandrie et de saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople. Quel amoureux du patrimoine n'a pas eu envie d'admirer la "châsse de Saint Eleuthère", datant de 1247, contenant les reliques du premier évêque de Tournai, un coffre reliquaire considéré comme un des chefs-d'oeuvre de l’orfèvrerie du Moyen-Age ? Qui ne désire pas connaître l'histoire de la "statue de Notre-Dame la Brune", oeuvre en pierre polychrome datant du XVIe siècle, offerte par un officier espagnol en garnison à Tournai ? Quel visiteur français ignore encore que Tournai possède, elle aussi, une "statue de Notre-Dame de la Treille" que la ville nordiste de Lille, toute proche, honore comme sainte patronne de la cité ? Quel membre de cette importante confrérie des imprimeurs tournaisiens n'a jamais entendu parler de la "statue de saint Jean à la Porte Latine" ? "Saint Lazare" porté par les membres de la Fondation Follereau de Tournai dont le costume rappelle la bure portée par les lépreux avançant au son de la crécelle, sainte Barbe portée par les membres du corps des sapeurs pompiers... Les citer tous serait trop long et mieux vaut les voir !   

Pendant plus d'une heure ces joyaux, témoignages de la foi de leurs sculpteurs ou ciseleurs mais aussi de ces générations de Tournaisiens qui les prient, s'offrent aux regards des visiteurs.

Emmenés par des groupes musicaux de qualité, aux sons du carillon porté créé tout spécialement pour la procession en 1952 sur une initiative du chanoine Abel Delzenne, dont les cloches furent fondues à Tournai dans les ateliers Michiels, les différents groupes vêtus de somptueux vêtements s'avancent lentement sur un parcours qui se veut historique.

C'est en effet en 1092, alors que l'épidémie de peste ou plutôt de la maladie de l'ergot de seigle dévastait la cité que l'Evêque Radbod a promis de l'instituer en remerciements à la Vierge Marie qui a délivré Tournai de ce mal ayant fait des milliers de victimes. Depuis lors, concrétisation sans cesse renouvelée de cette promesse, des confréries, des associations, de simples groupes constitués de croyants ont perpétué ce lent défilé par les rues de la cité.

Lors de sa rentrée à la cathédrale, vers midi, le cortège a connu un temps fort, c'était en effet la dernière organisation, en qualité de Président du Comité, de Jacques Gérard. Il avait succédé, il y a dix ans, à Roger du Bois de Bounam. Son sens de l'organisation et de la communication a permis à cet événement incontournable de la vie de la cité de passer, sans encombres, une nouvelle décennie, son successeur devra lui aussi faire preuve d'imagination et de dévouement pour promouvoir une événement qui mériterait, peut-être un jour, de figurer au patrimoine immatériel de l'humanité.

(S.T. septembre 2013)

   

14:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, procession, jacques gérard |

14 sept.
2013

09:20

Tournai : expressions tournaisiennes (241)

On a soldé no braderie !

Vous n'allez jamais adveiner quisque j'ai orvu ?... Edmeond, et au soir de l'braderie i-éteot bin déçu.

"On est ichi in route d'puis siept heures au matin, et on va ortourner à l'maseon comme deux vieux tchiens. Fifinne et mi, pindant ein an, on attind no braderie, comme ein cat attind après eine soris, cha toudis été ein jour qu'on a eu du lari, les eautes ainnées, on acate, on cante, on beot, on rit mais on n'peut pos dire qu'on s'a amusé aujord'hui".

Ch'éteot près de l'clinique Noter-Dame, lindi au soir, qu'on a rincontré mes deux gins in plein désespoir.

M'feimme et mi, on les a rasseurés, à l'braderie, on n'a pos su aller. 

"J'vas t'dire, nous eautes deux, ch'est l'prumière feos d'puis toudis qu'on a été impêchés, qu'on a pos fait braderie, d'puis eine sémaine on est resté à no maseon, ortenus pa des greos travéeaux d'rénovatieon ".

Je n'sais pos si Edmeond i-a voulu nous consoler mais i-m'a raqueonté qu'on aveot rien raté.

"On peut dire que ceulle ainnée 'chi, i-a veot rien pou plaire, on n'a pos vu eine parelle misère d'puis la guerre, i-aveot ein pelé et ein teondu dins l'rue d'l'Yser et dins l'rue du Cygne, ch'éteot pratiqu'mint l'désert".

Les marchés à Tournai on les a mutipliés, l'saim'di su la Grand'plache et l'jeudi su l'plache Crombez et i-feaudreot bin, eine feos, pinser que les gins, i-n'eont pos, eine bourse sans fin.

"Ahais... mais no braderie ch'est pus comme au sièque dernier quand les gins déquindeot'ent les rossignols du gernier, te trouveos des bricoles mais aussi d'belles affaires, des mareonnes, des caraqueos, des meupes et des vieux fiers, des vielles cartes postales et les neunettes du grand'père, t'acateos cha pou presque rien l'lindi d'braderie mais ch'éteot l'habitude d'acore marchinder l'prix".

"Ahais... Edmeond, asteur tout cha ch'est bin fini, quoisque te veux 'core acater à l'braderie. Les Pakistanais... i-vienne'tent l'saim'di au marché, ch'est pos pasque ch'est braderie que leu prix est cangé, les "puches", te les truèfes aux Bastions ou bin à Froyennes où te peux chiner à t'n'aisse eine feos pas sémaine".

"Tous l'z'ans, pou mi, i-reste eine seule vraie institutieon, ch'est le stand tenu pa mes amisses de l'Fondatieon. Sous leu tonnelle pou déguster eine Père Damien, pindant ein momint, i-a pos à dire, ch'est là qu'on est bien, te veos aussi bin des gins d'Tournai que te connais, v'nir acater les confitures de Mamie Godet. Des confitures pou l'hivier comme on f'seot dins l'temps quand pou les préparer on preneot acore s'temps, j'aime bin aussi acouter les boniminteus, même si on sait que ce seont des riches coul'teux, i-t'fereot'ent accroire que leu belle-mère a trinte-chinq ans et, pire acore, que l'paufe n'a jamais eu d'infant, te l'laiches avoir et ch'est ainsin qu'à l'braderie t'acates toudis ein nouvieau produit pou t'carrosserie, i-va sans doute aller orjointe l'collectieon, des cosses total'mint inutiles que t'as d'jà à t'maseon".

Ceulle ainnée, no braderie n'a pos été ein succés, on a pos vu ein orportache su No Télé, ch'est Silly, Ath, Beloeil qu'elle préfère courtiser in obliant que ch'est à Tournai quelle est née. In puque ch'est la crisse et comme l'Sabam coûte tcher, po ein note de musique ne s'involeot dins l'air. Souvint, eine fanfare défileot parmi les gins, ichi i-n'aveot'ent pos sorti les instrumints. Et avec cha, i-a tell'mint d'treos asteur dins nos rues, que pou marcher les gins cacheot'ent après pierdu, bin seûr, i-a cait, pindant l'journée, deux ou treos draches, à certains indroits ch'éteot ein rude pidoulache.

Je n'me fais pos d'bile, cha ira mieux l'ainnée qui vient, l'Prési des commerçants va printe l'ouvrache à deux mains, no bourguémette i-va infin taper su l'cleau pou que soichent finis, dins nos rues, les travéeaux et comme pou l'cortèche d'Ath, les gins qui n'save'tent pos y aller, i-voirront, l'braderie, in direct, su No Télé. Inter nous, ch'est vraimint pos comme elle est asteur organisée que no braderie s'ra ein jour inscrite au patrimoine immatériel de l'Humanité, i-feaudreot commincher pa n' pos l'solder comme elle l'a été ceulle ainnée. 

(lexique : adveiner : deviner / quisque : qui / ichi : ici / ortourner : retourner / tchiens : chiens / ein cat : un chat / eine soris : une souris / toudis : toujours / avoir du lari: avoir de l'amusement / les eautes : les autres / on acate : on achète / on cante : on chante / on beot : on boit / rasseurés : rassurés / l'prumière feos : la première fois / ortenu : retenu / raqueonté : raconté / ceulle : cette / parelle : pareille / i-aveot pos ein pelé et ein teondu : il n'y avait presque personne / l'sièque : le siècle / l'gernier : le grenier / des mareonnes : des pantalons / des caraqueos : des blouses de femme / des meupes : des meubles / des fiers : des fers / les neunettes : les lunettes / canger : changer / les puches : les puces / chiner : rechercher l'objet rare / à s'n'aisse : à son aise / l'momint : le moment / l'hivier : l'hiver / acouter : écouter / des coul'teux : des menteurs / laicher : laisser / orjointe : rejoindre / l'orportache : le reportage / in puque : de plus / tcher : cher / des treos : des trous / asteur : maintenant / cacher après pierdu : chercher inutilement / les draches : les averses / l'pidoulache : un endroit rempli de boue / l'cleau ou l'cleo : le clou / l'cortèche : le cortège : inter nous : entre nous / ).

S.T. septembre 2013 



09:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

11 sept.
2013

20:16

Tournai : l'année 2008 sous la loupe (2)

Le printemps de cette année 2008 va être marqué par divers faits dont le plus important est la comparution du couple diabolique Fourniret-Olivier au tribunal de Charleville-Mézières. Responsables de la disparition et de la mort de jeunes filles dont la petite Elisabeth Brichet de Saint-Servais, l'homme et son épouse seront condamnés à la prison à vie au terme d'un procès long et éprouvant pour ceux qui y assistèrent. Notons la disparition du chanteur belge Jeff Bodart, fondateur des gangsters d'Amour et qui poursuivait une carrière en solo. il est décédé le 20 mai, à l'âge de 43 ans et la mort du célèbre couturier Yves Saint-Laurent, le 1er juin, à l'âge de 71 ans. Les amateurs de football se souviendront également que l'Espagne est devenue championne d'Europe en battant l'Allemagne sur le score de 1-0 lors de la finale disputée le 29 juin.

Pour la plupart d'entre nous, une information est totalement passée inaperçue, l'année 2008 a compté une seconde de plus. En effet, en raison du ralentissement de la rotation de la terre, le Bureau du Plan a proposé de remettre les pendules à l'heure exacte.

Comme on va le découvrir, le printemps n'a pas été marqué par de grands événements dans la cité des cinq clochers, c'est donc à la "seringue" que nous avons été obligé d'extraire la substantifique moelle, un choix toujours subjectif !

Avril.

Le mois débute par une disparition qui touche les amateurs du football tournaisien. Le 3, disparaît une des figures qui a écrit la légende de l'Union Sportive Tournaisienne. Membre de l'équipe championne de Division 2, sur le terrain d'Alost, le 5 mai 1951, Gaston Guelton, familièrement surnommé "Tonton" par les supporters avait acquis le droit de jouer en Division d'Honneur (l'actuelle division 1) durant la saison 1951-1952. Cet attaquant avait débuté à l'ASSA Taintignies et avait été remarqué par Léon Belin, le secrétaire communal local, ardent supporter des Rouge et Vert. Avec Roger Defever, Victor Appelmans et Turpin, il avait composé la ligne offensive de l'équipe. Après sa carrière sportive, il fut surveillant des travaux à la Ville, il allait fêter son 86e anniversaire en juin 2008.

Le dimanche 13, les pompiers sont appelés, en tout début d'après-midi, sur le quai Notre-Dame. Des témoins ont remarqué que trois gamins détruisent à coups de cailloux les vitraux de l'église des Pères Redemptoristes ainsi que le pare-brise de véhicules stationnés dans la ruelle des Noirets. Voyant arriver les hommes du feu, ils se réfugient dans les combles d'un immeuble abandonné. Pompiers et policiers, au moyen de la grande échelle, parviendront à les y déloger. Un exemple de plus, s'il est nécessaire d'encore en trouver, de la bêtise, de la violence et de l'oisiveté qui touchent même les couches les plus jeunes de la population.

Le 15, l'humoriste Anne Roumanoff est à nouveau présente sur la scène de la Maison de la Culture pour présenter son nouveau spectacle. Une fois encore, la salle Jean Noté affiche "complet". 

Les 18, 19 et 20, également devant une salle comble, "Danse et Cie", la compagnie dirigée par Xavier Gossuin présente un ballet-théâtre, "Orlando", dans lequel douze artistes revisitent l'oeuvre de Virginia Woolf.

Le vendredi 18, la ville de Tournai commémore le 150e anniversaire de la naissance d'un de ses "infants" parmi les plus célèbres, Jean Noté (voir l'article que nous lui avons déjà consacré). Deux cents musiciens et choristes participent à une grande soirée de gala dans la salle qui porte son nom à la Maison de la Culture. Il y a là quarante musiciens de la Chapelle musicale et plus de cent quarante choristes issus du Royal Cercle Choral Tornacum, de Chanterelle, de Chant Libre, de la Maîtrise de la cathédrale et d'A Travers Chants accompagnant Eric Dujardin, basse baryton, Virginie Malfait, soprano et Michel Jacobiec, baryton dans des œuvres de Bizet et un répertoire de Bel Canto.

Les mélomanes sont particulièrement gâtés puisque le lendemain, le samedi 19, en la chapelle du Séminaire, le Conservatoire de Musique organise un concert avec la participation de l'ensemble des "100 guitares".

Le dimanche 20 avril, le F.C. Tournai, vainqueur à Eupen sur le score de 0-3, se hisse à la douzième place d'un classement dans le championnat de Division 2 de football. 

Le lundi 21, le centre d'hébergement des personnes handicapées fréquentant "La Marelle" déménage. "L'Entracte" quitte son bâtiment de la place Verte pour s'installer dans l'ancien couvent rénové des Petites Sœurs des Pauvres à la rue Saint-Martin. Quatorze résidents y trouveront un confort meilleur encore que celui qu'ils connaissaient sur la rive droite de l'Escaut.

Le samedi 26, Etienne Daho se produit en concert devant une nouvelle salle comble à la Maison de la Culture.

Ce même week-end avec "Tournai s'éveille au chant du coq", dans le quartier de la place Saint-Pierre, les Tournaisiens découvrent les différentes facettes de la vie à la campagne. Petit élevage, bovins, produits artisanaux, promenade en chariot... attirent beaucoup de visiteurs.

Le mois d'avril va malheureusement se terminer par un drame qui aurait pu être évité. Vers 3 h du matin, le dimanche 27, un jeune français qui se trouve à la discothèque "Pulse Factory" à Gaurain-Ramecroix commet un fait finalement pas bien grave. Il prend peur en voyant le sorteur se diriger vers lui, part en courant et escalade le haut grillage situé au bout du parking. Dans l'obscurité, le malheureux ignore que celui-ci interdit l'accès à la carrière de la Vélorie, il fait une chute mortelle d'une cinquantaine de mètres.

J'ouvre une parenthèse pour rappeler le souvenir d'André Antoine, ancien professeur d'histoire à l'Athénée Royal de Tournai et, entre autres, membre du comité de programmation de la Maison de la Culture disparu durant un séjour à l'étranger, en cette fin du mois d'avril. L'homme avait un don pour vous faire aimer l'Histoire et il est très certainement à l'origine de cette vocation qui me pousse, chaque jour, à découvrir les événements qui marquèrent les siècles et à parler du passé de notre cité.

Mai.

Une semaine après avoir résonné du chant du coq, le premier week-end du mois de mai, le quartier Saint-Pierre résonne, cette fois, aux accents du piano à bretelles dans le cadre de "L'accordéon, moi j'aime". Soixante-huit groupes d'accordéonistes animent la soirée du vendredi 2.

Le 9 mai, tout auréolé de son récent Molière, Michel Galabru est sur la scène de la Maison de la Culture dans la pièce "Mr. Amédée", une comédie hilarante d'Alain Reynaud-Fourton. Cette soirée est organisée par le Kiwanis.

Le dimanche 12, après une ultime défaite contre l'Union Saint-Gilloise, les Sang et Or du Football Club Tournai ont bouclé ce long championnat de trente-six rencontres. Ils occupent la douzième place d'un classement qui compte dix-neuf équipes. Avec 12 victoires, 14 défaites et 10 nuls, 34 buts marqués et 37 encaissés, ils possèdent un actif de 46 points et se trouvent dans ce qu'appelle les spécialistes du ballon rond, le ventre mou de la la seconde division. Geel, lanterne rouge redescend en division 3.

Le 23, au quai Andréï Sakaharov, le photographe Jacques Robert présente ses œuvres au cours d'une exposition intitulée "Gens du Nord". Un magnifique panel de ces personnages qui hantent nos rues, nos parcs, nos fêtes et qu'on ne découvre finalement qu'au travers de son objectif. 

Le dimanche 25, la chapelle de l'Athénée Royal "Jules Bara" accueille un concert intitulé "Musica de camera e voce", On retrouve la soprano Virginie Malfait, le baryton Michel Jakobiec et le clarinettiste Charles Michiels. 

Le lendemain, lundi 26, vers 17 h, le quartier de la chaussée de Lannoy à Froyennes est bouclé, une conduite de gaz basse pression a été malencontreusement percée pendant les travaux de chantier de construction d'une maison à hauteur du carrefour formé par la dite chaussée et la rue de la Terre à Brique menant au zoning industriel.

Juin.

Deux semaines après la fin de championnat, le sauvetage du club réalisé, Thierry Pister, l'entraîneur des Sang et Or quitte le club de la cité des cinq clochers pour l'A.E.C. Mons.

Le 7, dans le cadre de la soirée des 4 cortèges, les Amis de Tournai ont eu la bonne idée d'inviter les Poulycrocs qui mettent une ambiance du tonnerre juste avant le traditionnel feu d'artifice. 

En sa dernière séance avant les vacances, le Conseil communal de Tournai annonce la désignation de l'agence française A.N.M.A (Agence Nicolas Michelin et Associés) en qualité d'auteur de projet pour l'aménagement du quartier cathédral. Quelques jours plus tard, on apprend par la presse que les promoteurs prévoient la démolition du bâtiment des Archives de l'Etat à la place Paul Emile Janson afin de dégager totalement le vue sur la cathédrale, cet immeuble n'ayant aucune valeur historique. A la découverte du projet, déjà quelques voix s'élèvent, on le trouve trop minéral, manquant singulièrement d'espaces verts, ce n'est qu'un début de multiples doléances puisqu'on entendra par la suite un véritable concert de critiques (et non de louanges) en raison de cette présentation jugée par les associations et les habitants de la cité des cinq clochers très, si ce n'est trop moderniste.

Le mercredi 18 juin, c'est sur le site de l'ancien gazomètre de la rue Pennequin à Kain, à proximité du chenil de la police, qu'une fuite de gaz est constatée. Des témoins racontent qu'ils entendaient le sifflement du gaz à près de deux cents mètres à la ronde et beaucoup d'entre eux se rappellent la catastrophe de Ghislenghien. Un désastre a été évité grâce au sang-froid du conducteur du camion qui a heurté une vanne fixée au sol par un conduit et d'un responsable qui a averti immédiatement les services de secours.

Comme les autres, le Tournaisien est un épargnant et un coup d’œil à un article paru, en ce mois de juin, dans la presse locale, relatif aux carnets de dépôts et aux intérêts offerts par les différents organismes financiers laissera probablement rêveurs ceux qui économisent encore cinq ans plus tard. Les taux de base fluctuent entre 3,35 et 4%, à cela s'ajoute chez certains banquiers, mais pas tous, une prime d'accroissement et une modeste prime de fidélité. On remarque que le meilleur taux atteint les 5% !

Le samedi 21 juin, un incendie se déclare dans un immeuble à appartements situé à l'angle du boulevard des Combattants et du pont Morel. Deux occupants intoxiqués sont transportés en clinique.

Un projet de revitalisation du quartier de la gare voit le jour en cette fin de mois, il concerne l'angle de la place Crombez et de la rue Childéric où une entreprise souhaite construire une vaste résidence de 22 appartements qui prendrait le nom de "résidence Canasta" en souvenir du dancing qui se trouvait jadis à cet endroit. Un projet probablement emporté par la crise qui gonfle peu à peu et commence à faire ses ravages. 

Le samedi 28 et le dimanche 29, Tournai vit son second Tempo Festival, les organisateurs ont invité, le samedi, Waka, Julie Zanetti et Jenifer, tandis que le dimanche, on retrouve à l'affiche Vincent Venet, Rose et Calogero. Petite anecdote : Jenifer est une fille toute simple et pour ne pas s'ennuyer en attendant l'heure du concert, elle a décidé d'aller faire les boutiques. Elle s'est rendue pour faire du shopping au centre commercial des Bastions. Bien entendu, pour ne pas être dérangée par les fans, elle y est arrivée incognito, entourée... de six gardes du corps ! Il n'a pas fallu longtemps pour qu'elle soit reconnue par la foule qui se pressait en raison d'une braderie qui y était justement organisée. 

(sources : presses locales notamment le Courrier de l'Escaut et souvenirs personnels).

S.T. septembre 2013. 

 

09 sept.
2013

10:31

Tournai : l'année 2008 sous la loupe (1)

 

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Un projet d'aménagement de l'église des Pères Rédemptoristes est proposé en cette année 2008

 

Une année sombre

Imagine-t-on le premier janvier de cette année 2008 que le monde plonge peu à peu dans une crise financière et économique. C'est pourtant le début de l'affaire dite des "subprimes" qui a commencé en juillet 2007 aux Etats-Unis et qui va provoquer bientôt un effet domino pour la finance mondiale. Les premiers soubresauts qui gagnent l'économie apparaissent furtivement le mercredi 2 janvier lorsque, pour la première fois dans l'histoire, le baril de pétrole atteint les 100 dollars aux Etats-Unis. On sait combien le secteur de la production pétrolière est devenu, depuis 1973, un baromètre pour l'économie mondiale. La Société Générale française annonce d'ailleurs une perte de deux milliards, ce n'est qu'un début...  

En ce début d'année, on apprend la mort du chanteur Carlos, le 17 janvier et celle d'Henri Salvador, le 13 février. Au cours de ce premier trimestre sort en France, un film qui va bien vite se retrouver à la tête du box-office : "Bienvenue chez les Ch'tis" de Dany Boon dépassera le nombre de spectateurs enregistré par la "Grande vadrouille" avec Luis De Funes et Bourvil. Après son divorce, le Président français Nicolas Sarkozy épouse le mannequin italien Carla Bruni, celle-ci devient la "Première dame de France". Durant ce premier trimestre, Yves Leterme, l'homme aux huit cent mille voix de préférence en Flandre, nommé premier ministre, est chargé de trouver une solution aux problèmes communautaires qui pourrissent la Belgique depuis la seconde guerre mondiale. Il y a du pain sur la planche et le cadeau semble empoisonné, la mission impossible tant la Flandre affiche un esprit nationaliste et séparatiste... 

A Tournai, comme nous allons le constater, ce sont surtout des faits divers qui vont faire la "une" de l'actualité.

Janvier.

Cette année débute mal, un violent incendie éclate dans une petite maison de la rue de Saint-Maur, deux personnes, sympathiquement connues dans la cité des cinq clochers, y perdent la vie. 

Le dimanche 6 janvier est la date qui a été retenue par les personnalités locales et régionales pour organiser leur second "karaoké" à caractère philanthropique. La salle "Chez Nous" est comble et les bénéfices sont destinés à la Maison des Familles qui offre un "souper des rois" aux plus démunis. 

Le jeudi 10 janvier, vers 15 h, une violente bourrasque a raison du vieux moulin de Thimougies qui se dressait fièrement au sommet d'une colline depuis 1612, année durant laquelle, il avait été bâti par Jean de Thimougies. Il était resté en fonction jusqu'en 1926. C'est un coup dur pour les amoureux du patrimoine et surtout pour les Amis du Moulin qui œuvraient pour sa restauration. Le moulin était classé au patrimoine des Monuments et des Sites. Bien vite, on apprend que sa reconstruction est compromise et son déclassement est annoncé quelques semaines plus tard. 

Le dimanche 13 janvier, la Maison de la Culture accueille le "Quatuor Ysaye", fondé en 1984. Celui-ci se produit dans le cadre du festival "Les Voix Intimes".

En ce début d'année, la police change de commissaire-divisionnaire, Jacques Minne part à la retraite et est remplacé par Philippe Hooreman qui devient le nouveau chef de zone.

Le mercredi 16 janvier est marqué par un étrange fait divers. Un individu téléphone à la centrale 101 du Brabant flamand et annonce qu'une bombe va sauter au palais de justice de Tournai. Il déclare vouloir ainsi venger la condamnation de son "frère". Rapidement le bâtiment est évacué et une fouille minutieuse qui s’avérera négative est organisée. Si on retrouve l'individu à l'origine de cet appel, il risque jusqu'à quatre ans de prison. 

Le vendredi 18 janvier, le carrefour formé par l'avenue de Maire et la chaussée de Roubaix est le théâtre d'un dramatique accident, un jeune ouvrier qui revient d'une nuit de travail dans une cimenterie de la région effectue une embardée et heurte un pylône qu'il cisaille. Sous la violence du choc, son véhicule prend feu. Quand les secours arrivent, il n'y a plus rien à faire pour sauver ce jeune homme de 21 ans.

Le dimanche 20 janvier, le Cercle choral Tornacum, dirigé par Michel Jakobiec, interprète, pour sa fête de Sainte-Cécile, une messe musicalement inédite dont l'auteur n'est autre que le Français Patrick Salmon, bien connu dans la cité des cinq clochers. Habitant Chéreng, il est le complice du Tournaisien Philippe Desmet au sein du duo "Les deux pianistes", il est aussi le directeur de l'harmonie et de l'école de musique de Hem, organiste titulaire à Saint-Maclou de Hem et organiste adjoint à l'orgue de chœur de Saint-Sulpice à Paris. Il lui arrive même de remplacer, pour les offices, Philippe Desmet au clavier de l'orgue de Saint-Brice à Tournai. A l'issue du concert, un hommage particulier est rendu à Félicien Doyen, présent depuis 62 ans au sein de ce chœur d'hommes.   

Un événement dont les habitants de la région ne mesurent pas encore très bien l'importance se déroule le lundi 28 janvier. Quatorze partenaires institutionnels du Nord de la France, de Wallonie Picarde et du Courtraisis ayant marqué leur accord, l’Euro-district "Lille-Courtrai-Tournai" est officiellement créé. On le désignera par la suite sous l'appellation d'"EuroMétropole"

En cette fin janvier, la presse se fait l'écho de nouveaux projets intéressants pour la plaine des Manœuvres. L'article n'émeut pas beaucoup de monde car depuis 1968 et la cession de la plaine à la Ville par la Défense Nationale, on ne compte plus les projets d'aménagements proposés. On les a parfois officiellement présentés, ensuite placés dans le tiroir d'un bureau d'une administration et rapidement oubliés. Cette fois, cela semble du solide ! On parle de la création d'un terrain propre à la pratique du football américain, l'équipe tournaisienne étant obligée de jouer sur le terrain Omnisports de la rue Aimable Dutrieux, et à celle du soft-ball, un cousin éloigné de cette même pratique. On évoque aussi la création dans le vaste espace compris entre les immeubles qui fleurissent le long de l'avenue Montgomery et les bâtiments de la Maison de la Culture, le long de l'avenue de Gaulle, d'un espace vert et d'un parcours santé qui fait cruellement défaut dans la cité scaldéenne.

Le mois de janvier se termine comme il avait débuté par un grave incendie qui a pris naissance au troisième étage de la résidence Eisenhower, à proximité des ateliers de la S.N.C.B. Un appartement est totalement détruit, les autres ont souffert du dégât des eaux mais heureusement il n'y a pas eu de victime. L'incendie a été provoqué par la surchauffe d'un radiateur électrique.

Février.

Ce second mois de l'année va être marqué par un très violent fait divers. Le lundi 18 février, vers 10 h 15, deux individus coiffés de perruques et portant postiches (barbes et moustaches), munis d'armes de poing et d'une batte de base-ball pénètrent dans la salle du Trésor de la cathédrale Notre-Dame. L'huissier, chargé de la surveillance des lieux et de l'accueil des visiteurs, essaie de se défendre avec le seul objet qu'il trouve à proximité, un manche de brosse mais il sera roué de coups et blessés tout comme deux autres personnes présentes, un touriste américain, attaché culturel à l'ambassade des Etats-Unis et le secrétaire de l'évêché, qui ont tenté en vain de s'interposer. Les individus pulvérisent les vitrines et parviennent à attaquer le verre blindé (malheureusement de manufacture assez ancienne) qui protège une pièce inestimable : la croix byzantine (voir l'article que nous avons consacré à l'époque à ce sujet). Il la déroberont ainsi que huit calices des XVII et XIXe siècles et des bagues épiscopales en or. Est-on devant un vol commandité par un collectionneur peu scrupuleux ? Les deux hommes n'ont pas hésiter à faire preuve de violence pour parvenir à leurs fins. 

Après avoir été amenés à combattre deux incendies importants à la rue de Saint-Maur et au boulevard Eisenhower, les pompiers tournaisiens sont appelés, le vendredi 22 février, au zoning commercial de Froyennes où le magasin D.M.I est la proie des flammes. Quand ils arrivent sur place, les hommes du feu constate que c'est un véritable mur de feu qui lèche presque le talus de l'autoroute qui passe à proximité. Ils vont s'employer à protéger au maximum les commerces voisins. Du magasin incendié, il ne reste que quelques murs calcinés tandis que deux autres sont en partie endommagés. On apprendra rapidement que le sinistre n'est pas accidentel et le pyromane sera rapidement intercepté. Le préjudice s'élève à plusieurs centaines de milliers d'euros.

Quelques jours plus tard, la rubrique des faits divers relatera un nouveau drame de la route. Un jeune homme de 25 ans fait une banale chute de scooter le long de la chaussée de Bruxelles à Gaurain. Tout cela aurait pu se terminer par quelques égratignures, mais, hélas, il est heurté par le camion qui le suivait. Le jeune homme de 25 ans est mortellement blessé. 

En cette fin du mois de février, les habitants du quartier de la Madeleine, plus précisément ceux du Floc à Brebis sont en émoi. La cause de celui-ci sont des travaux d'égouttage qui s'éternisent. Débutés au début du mois d'octobre 2007, ils devaient normalement être terminés pour la mi-février selon un avis reçus du maître d'oeuvre, la société Ipalle. Le chantier va avoir plusieurs mois de retard et provoquer d'importants embarras de circulation dans un quartier où les établissements scolaires sont nombreux. Ce qui chagrine les riverains, c'est qu'il n'y a, dans un premier temps, aucune réaction de l'intercommunale. Ses responsables sont-ils embarrassés ou bien indifférents à leur préjudice ? Quelques semaines plus tard, ils déclareront qu'ils assument la responsabilité d'une mauvaise communication par manque d'expérience et que le retard trouve son origine dans un enchevêtrement de câbles et de canalisations posés par le passé (gaz, eau, électricité), ce qui a obligé les ouvriers à travailler à la pelle au lieu d’utiliser les engins de chantier. Le problème de communication défectueuse lors de retards de chantiers existe depuis toujours et personne n'en a jamais tiré une expérience afin de tenter d'améliorer les relations entre les responsables et ceux qui subissent les désagréments. 

Mars.

Le mois de mars sera-t-il un peu plus joyeux ? On peut l'espérer car il débute par le carnaval de Tournai qui amène des milliers de personnes dans les rues sur le thème des "années soixante". La veille, ils avaient déjà été très nombreux à assister à la Nuit des Intrigues. 

Hélas, pendant que la foule joyeuse et bigarrée envahissait les rues de la cité des cinq clochers, un nouveau drame de la route se déroulait sur la chaussée de Courtrai à Ramegnies-Chin. Deux motos arrivant à vitesse excessive (on évoque 150 km/h alors que la vitesse est limitée à cet endroit à 30) ne peuvent éviter un véhicule qui, sortant d'un parking, traverse la route pour rejoindre la bande de circulation en direction de Tournai, juste en face de l'institut Saint-Luc. Le premier motard percute le véhicule et sera gravement blessé, le second avec sa passagère couche sa moto mais, par malchance, va heurter de la tête une bordure, il sera tué sur le coup et sa passagère transportée dans un état critique dans un établissement hospitalier. 

En ce mois du printemps fleurit un nouveau projet pour la transformation de l'église des Pères Rédemptoristes située sur le quai Notre-Dame. Un bureau d'architecte tournaisien propose d'y aménager des appartements de haut standing, l'église garderait la façade qu'on lui connaît mais on aménagerait au rez-de-chaussée un parking, au deuxième niveau un appartement et six autres aux troisième et quatrième niveaux. Tout comme les projets précédents (salle de lecture, de conférences...) ce projet ne dépassera pas le stade des plans et des intentions.

Les fêtes pascales se déroulent à la fin du mois de mars et sont marquées par une violente tempête, le Vendredi Saint, 21 mars. Au sommet du Mont Saint-Aubert, le chapiteau dressé pour les festivités du week-end s'envole. Les organisateurs se voient dans l'obligation d'annuler les concerts qui devaient y avoir lieu le samedi et le dimanche. La marche à bâton du Lundi de Pâques est maintenue mais c'est dans des paysages enneigés que se promèneront les 5.000 participants. On assiste en effet à une offensive tardive de la neige.   

(sources : presse locale et souvenirs personnels).

S.T. septembre 2013.