09 sept.
2013

Tournai : l'année 2008 sous la loupe (1)

 

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Un projet d'aménagement de l'église des Pères Rédemptoristes est proposé en cette année 2008

 

Une année sombre

Imagine-t-on le premier janvier de cette année 2008 que le monde plonge peu à peu dans une crise financière et économique. C'est pourtant le début de l'affaire dite des "subprimes" qui a commencé en juillet 2007 aux Etats-Unis et qui va provoquer bientôt un effet domino pour la finance mondiale. Les premiers soubresauts qui gagnent l'économie apparaissent furtivement le mercredi 2 janvier lorsque, pour la première fois dans l'histoire, le baril de pétrole atteint les 100 dollars aux Etats-Unis. On sait combien le secteur de la production pétrolière est devenu, depuis 1973, un baromètre pour l'économie mondiale. La Société Générale française annonce d'ailleurs une perte de deux milliards, ce n'est qu'un début...  

En ce début d'année, on apprend la mort du chanteur Carlos, le 17 janvier et celle d'Henri Salvador, le 13 février. Au cours de ce premier trimestre sort en France, un film qui va bien vite se retrouver à la tête du box-office : "Bienvenue chez les Ch'tis" de Dany Boon dépassera le nombre de spectateurs enregistré par la "Grande vadrouille" avec Luis De Funes et Bourvil. Après son divorce, le Président français Nicolas Sarkozy épouse le mannequin italien Carla Bruni, celle-ci devient la "Première dame de France". Durant ce premier trimestre, Yves Leterme, l'homme aux huit cent mille voix de préférence en Flandre, nommé premier ministre, est chargé de trouver une solution aux problèmes communautaires qui pourrissent la Belgique depuis la seconde guerre mondiale. Il y a du pain sur la planche et le cadeau semble empoisonné, la mission impossible tant la Flandre affiche un esprit nationaliste et séparatiste... 

A Tournai, comme nous allons le constater, ce sont surtout des faits divers qui vont faire la "une" de l'actualité.

Janvier.

Cette année débute mal, un violent incendie éclate dans une petite maison de la rue de Saint-Maur, deux personnes, sympathiquement connues dans la cité des cinq clochers, y perdent la vie. 

Le dimanche 6 janvier est la date qui a été retenue par les personnalités locales et régionales pour organiser leur second "karaoké" à caractère philanthropique. La salle "Chez Nous" est comble et les bénéfices sont destinés à la Maison des Familles qui offre un "souper des rois" aux plus démunis. 

Le jeudi 10 janvier, vers 15 h, une violente bourrasque a raison du vieux moulin de Thimougies qui se dressait fièrement au sommet d'une colline depuis 1612, année durant laquelle, il avait été bâti par Jean de Thimougies. Il était resté en fonction jusqu'en 1926. C'est un coup dur pour les amoureux du patrimoine et surtout pour les Amis du Moulin qui œuvraient pour sa restauration. Le moulin était classé au patrimoine des Monuments et des Sites. Bien vite, on apprend que sa reconstruction est compromise et son déclassement est annoncé quelques semaines plus tard. 

Le dimanche 13 janvier, la Maison de la Culture accueille le "Quatuor Ysaye", fondé en 1984. Celui-ci se produit dans le cadre du festival "Les Voix Intimes".

En ce début d'année, la police change de commissaire-divisionnaire, Jacques Minne part à la retraite et est remplacé par Philippe Hooreman qui devient le nouveau chef de zone.

Le mercredi 16 janvier est marqué par un étrange fait divers. Un individu téléphone à la centrale 101 du Brabant flamand et annonce qu'une bombe va sauter au palais de justice de Tournai. Il déclare vouloir ainsi venger la condamnation de son "frère". Rapidement le bâtiment est évacué et une fouille minutieuse qui s’avérera négative est organisée. Si on retrouve l'individu à l'origine de cet appel, il risque jusqu'à quatre ans de prison. 

Le vendredi 18 janvier, le carrefour formé par l'avenue de Maire et la chaussée de Roubaix est le théâtre d'un dramatique accident, un jeune ouvrier qui revient d'une nuit de travail dans une cimenterie de la région effectue une embardée et heurte un pylône qu'il cisaille. Sous la violence du choc, son véhicule prend feu. Quand les secours arrivent, il n'y a plus rien à faire pour sauver ce jeune homme de 21 ans.

Le dimanche 20 janvier, le Cercle choral Tornacum, dirigé par Michel Jakobiec, interprète, pour sa fête de Sainte-Cécile, une messe musicalement inédite dont l'auteur n'est autre que le Français Patrick Salmon, bien connu dans la cité des cinq clochers. Habitant Chéreng, il est le complice du Tournaisien Philippe Desmet au sein du duo "Les deux pianistes", il est aussi le directeur de l'harmonie et de l'école de musique de Hem, organiste titulaire à Saint-Maclou de Hem et organiste adjoint à l'orgue de chœur de Saint-Sulpice à Paris. Il lui arrive même de remplacer, pour les offices, Philippe Desmet au clavier de l'orgue de Saint-Brice à Tournai. A l'issue du concert, un hommage particulier est rendu à Félicien Doyen, présent depuis 62 ans au sein de ce chœur d'hommes.   

Un événement dont les habitants de la région ne mesurent pas encore très bien l'importance se déroule le lundi 28 janvier. Quatorze partenaires institutionnels du Nord de la France, de Wallonie Picarde et du Courtraisis ayant marqué leur accord, l’Euro-district "Lille-Courtrai-Tournai" est officiellement créé. On le désignera par la suite sous l'appellation d'"EuroMétropole"

En cette fin janvier, la presse se fait l'écho de nouveaux projets intéressants pour la plaine des Manœuvres. L'article n'émeut pas beaucoup de monde car depuis 1968 et la cession de la plaine à la Ville par la Défense Nationale, on ne compte plus les projets d'aménagements proposés. On les a parfois officiellement présentés, ensuite placés dans le tiroir d'un bureau d'une administration et rapidement oubliés. Cette fois, cela semble du solide ! On parle de la création d'un terrain propre à la pratique du football américain, l'équipe tournaisienne étant obligée de jouer sur le terrain Omnisports de la rue Aimable Dutrieux, et à celle du soft-ball, un cousin éloigné de cette même pratique. On évoque aussi la création dans le vaste espace compris entre les immeubles qui fleurissent le long de l'avenue Montgomery et les bâtiments de la Maison de la Culture, le long de l'avenue de Gaulle, d'un espace vert et d'un parcours santé qui fait cruellement défaut dans la cité scaldéenne.

Le mois de janvier se termine comme il avait débuté par un grave incendie qui a pris naissance au troisième étage de la résidence Eisenhower, à proximité des ateliers de la S.N.C.B. Un appartement est totalement détruit, les autres ont souffert du dégât des eaux mais heureusement il n'y a pas eu de victime. L'incendie a été provoqué par la surchauffe d'un radiateur électrique.

Février.

Ce second mois de l'année va être marqué par un très violent fait divers. Le lundi 18 février, vers 10 h 15, deux individus coiffés de perruques et portant postiches (barbes et moustaches), munis d'armes de poing et d'une batte de base-ball pénètrent dans la salle du Trésor de la cathédrale Notre-Dame. L'huissier, chargé de la surveillance des lieux et de l'accueil des visiteurs, essaie de se défendre avec le seul objet qu'il trouve à proximité, un manche de brosse mais il sera roué de coups et blessés tout comme deux autres personnes présentes, un touriste américain, attaché culturel à l'ambassade des Etats-Unis et le secrétaire de l'évêché, qui ont tenté en vain de s'interposer. Les individus pulvérisent les vitrines et parviennent à attaquer le verre blindé (malheureusement de manufacture assez ancienne) qui protège une pièce inestimable : la croix byzantine (voir l'article que nous avons consacré à l'époque à ce sujet). Il la déroberont ainsi que huit calices des XVII et XIXe siècles et des bagues épiscopales en or. Est-on devant un vol commandité par un collectionneur peu scrupuleux ? Les deux hommes n'ont pas hésiter à faire preuve de violence pour parvenir à leurs fins. 

Après avoir été amenés à combattre deux incendies importants à la rue de Saint-Maur et au boulevard Eisenhower, les pompiers tournaisiens sont appelés, le vendredi 22 février, au zoning commercial de Froyennes où le magasin D.M.I est la proie des flammes. Quand ils arrivent sur place, les hommes du feu constate que c'est un véritable mur de feu qui lèche presque le talus de l'autoroute qui passe à proximité. Ils vont s'employer à protéger au maximum les commerces voisins. Du magasin incendié, il ne reste que quelques murs calcinés tandis que deux autres sont en partie endommagés. On apprendra rapidement que le sinistre n'est pas accidentel et le pyromane sera rapidement intercepté. Le préjudice s'élève à plusieurs centaines de milliers d'euros.

Quelques jours plus tard, la rubrique des faits divers relatera un nouveau drame de la route. Un jeune homme de 25 ans fait une banale chute de scooter le long de la chaussée de Bruxelles à Gaurain. Tout cela aurait pu se terminer par quelques égratignures, mais, hélas, il est heurté par le camion qui le suivait. Le jeune homme de 25 ans est mortellement blessé. 

En cette fin du mois de février, les habitants du quartier de la Madeleine, plus précisément ceux du Floc à Brebis sont en émoi. La cause de celui-ci sont des travaux d'égouttage qui s'éternisent. Débutés au début du mois d'octobre 2007, ils devaient normalement être terminés pour la mi-février selon un avis reçus du maître d'oeuvre, la société Ipalle. Le chantier va avoir plusieurs mois de retard et provoquer d'importants embarras de circulation dans un quartier où les établissements scolaires sont nombreux. Ce qui chagrine les riverains, c'est qu'il n'y a, dans un premier temps, aucune réaction de l'intercommunale. Ses responsables sont-ils embarrassés ou bien indifférents à leur préjudice ? Quelques semaines plus tard, ils déclareront qu'ils assument la responsabilité d'une mauvaise communication par manque d'expérience et que le retard trouve son origine dans un enchevêtrement de câbles et de canalisations posés par le passé (gaz, eau, électricité), ce qui a obligé les ouvriers à travailler à la pelle au lieu d’utiliser les engins de chantier. Le problème de communication défectueuse lors de retards de chantiers existe depuis toujours et personne n'en a jamais tiré une expérience afin de tenter d'améliorer les relations entre les responsables et ceux qui subissent les désagréments. 

Mars.

Le mois de mars sera-t-il un peu plus joyeux ? On peut l'espérer car il débute par le carnaval de Tournai qui amène des milliers de personnes dans les rues sur le thème des "années soixante". La veille, ils avaient déjà été très nombreux à assister à la Nuit des Intrigues. 

Hélas, pendant que la foule joyeuse et bigarrée envahissait les rues de la cité des cinq clochers, un nouveau drame de la route se déroulait sur la chaussée de Courtrai à Ramegnies-Chin. Deux motos arrivant à vitesse excessive (on évoque 150 km/h alors que la vitesse est limitée à cet endroit à 30) ne peuvent éviter un véhicule qui, sortant d'un parking, traverse la route pour rejoindre la bande de circulation en direction de Tournai, juste en face de l'institut Saint-Luc. Le premier motard percute le véhicule et sera gravement blessé, le second avec sa passagère couche sa moto mais, par malchance, va heurter de la tête une bordure, il sera tué sur le coup et sa passagère transportée dans un état critique dans un établissement hospitalier. 

En ce mois du printemps fleurit un nouveau projet pour la transformation de l'église des Pères Rédemptoristes située sur le quai Notre-Dame. Un bureau d'architecte tournaisien propose d'y aménager des appartements de haut standing, l'église garderait la façade qu'on lui connaît mais on aménagerait au rez-de-chaussée un parking, au deuxième niveau un appartement et six autres aux troisième et quatrième niveaux. Tout comme les projets précédents (salle de lecture, de conférences...) ce projet ne dépassera pas le stade des plans et des intentions.

Les fêtes pascales se déroulent à la fin du mois de mars et sont marquées par une violente tempête, le Vendredi Saint, 21 mars. Au sommet du Mont Saint-Aubert, le chapiteau dressé pour les festivités du week-end s'envole. Les organisateurs se voient dans l'obligation d'annuler les concerts qui devaient y avoir lieu le samedi et le dimanche. La marche à bâton du Lundi de Pâques est maintenue mais c'est dans des paysages enneigés que se promèneront les 5.000 participants. On assiste en effet à une offensive tardive de la neige.   

(sources : presse locale et souvenirs personnels).

S.T. septembre 2013.

Commentaires

C'est vrai ! Tous ces événements de 2008, après lecture, nous semblent encore si près ... et pourtant, déjà si loin !

Écrit par : jacques DCK | 09/09/2013

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Quel travail de fourmi pour faire un tel article ; bravo! Passe une bonne semaine Serge.

Écrit par : Un petit Belge | 09/09/2013

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