06 août
2013

Tournai : Qui verra la fin des chantiers ?

Qui verra le jour où le dernier chantier sera terminé à Tournai ? Bien malin qui peut répondre à cette interrogation que se posent de plus en plus de Tournaisiens !

On a, depuis bien longtemps, compris que l'énorme chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame allait s'étendre sur plusieurs décennies. Débutés avec le nouveau siècle, les travaux réalisés en cette moitié de l'année 2013 couvrent à peine 30% du prestigieux édifice, la nef romane. La deuxième phase qui devrait débuter en septembre va durer environ cinq ou six années et, vers l'année 2020, si la volonté politique est toujours présente et les budgets toujours disponibles, il fauda encore ajouter une dizaine d'années pour la stabilisation et la rénovation du choeur gothique. A moins d'être super-centenaires, il faut s'en faire une raison, beaucoup de nos concitoyens ne verront jamais la splendeur retrouvée de ce joyau de l'architecture romano-gothique scaldéen.

Il n'y a pas malheureusement pas que le chantier de la cathédrale qui préoccupe les Tournaisiens. La rénovation du "quartier cathédral", vaste périmètre compris entre la Grand-Place, les rues de l'Yser, du Cygne, les quais, la rue des Puits l'Eau, la rue de la Tête d'Or et de la Wallonie perturbe au plus haut point les commerçants du centre-ville déjà confrontés comme ceux d'autres cités aux dures réalités de la crise économique mondiale. Las d'évoluer dans la poussière ou la boue, les habituels chalands désertent les lieux pour les grandes surfaces en périphérie. 

Où en est-on dans cette (trop longue) rénovation ? Par-ci, par-là, des rues ont été dépavées et dallées, l'égouttage a été refait, les conduites d'eau, de gaz et les câbles d'électricité ont été remplacés. Il s'agit des rues des Orfèvres, du Four Chapitre, des Choraux, des Fossés, de l'Hôpital Notre-Dame, des Puits l'Eau, de Paris, des places de l'Evêché et du Bas-Quartier et du piétonnier de la Croix du Centre. Si ces voies sont à nouveau ouvertes à la circulation piétonne et automobile, leur éclairage, la mise en valeur des bâtiments remarquables, la signalisation, le mobilier urbain sont toujours absents. On semble avoir paré au plus pressé, c'est-à-dire rétablir la circulation.

En ce moment, on termine une rue des Fossés dont on se demande aussi pourquoi elle a été réalisée en deux phases distinctes ! Depuis le 30 juillet, les rues Soil de Moriamé et des Chapeliers sont totalement fermées et le chantier de rénovation, probablement scindé en deux lots, qui vient de commencer devrait s'étendre sur une dizaine de mois. Les commerçants de la rue des Chapeliers vont à nouveau subir les affres des travaux. Cette rue a été interdite à toute circulation, il y a une dizaine d'années pour la pose de nouveaux pavés et ensuite pendant les travaux de stabilisation de la cathédrale. On comprend que certains préfèrent mettre leur commerce en liquidation et il ne serait pas étonnant de voir bientôt de nombreuses vitrines vides, ces chancres qui parsèment désormais le coeur de nos villes.

Plus grave encore, là où les travaux sont terminés, des mal-façons sont déjà apparues. Sous l'effet de la chaleur, des dalles ont éclaté au centre du piétonnier et ont été retirées pour analyse, est-ce un fait isolé ou le début d'une nouvelle tourmente ?

Désormais, en venant du nord de la ville, afin de rejoindre la Grand-Place, il n'y a plus qu'une seule liaison directe, en passant par la terrasse Saint-Brice et la rue de Pont vers le beffroi car la rue de l'Hôpital Notre-Dame est désormais en sens unique et il faut emprunter la rue de la Lanterne et le place Paul Emile Janson pour rejoindre les quatre coins Saint-Jacques et arriver à la Grand-Place par la rue Perdue et des Maux, soit une véritable visite du centre de Tournai. On est curieux de voir le résultat de ces décisions après la rentrée scolaires et la reprise du travail dans les entreprises. Les heures de pointe risquent de ne pas être tristes et la pollution sera à son maximum ! La solution concernant à emprunter les boulevards de ceinture devra probablement être préconisée.

Dans le quartier cathédral, il restera encore à rénover les rues du Curé Notre-Dame, de Courtrai, la place Paul Emile Janson, on devra placer le "fil d'or" au Vieux Marché aux Poteries, il faudra aussi songer à revoir le pavage de la place Saint-Pierre et de la rue Poissonnière dont la pose de pavés sciés n'a pas été une réussite compte-tenu qu'on a été obligé de maintenir la circulation automobile.

Il y aura encore la démolition des anciens bâtiments du Courrier de l'Escaut et la construction d'immeubles sur le site de l'ancien cinéma Palace.

La durée exceptionnellement et même incompréhensiblement longue des travaux de création d'arrêts sécurisés pour le Tec à l'avenue de Troyes et la pose de nouveau pavés semblent être des détails au vue de ceux du centre-ville sinistré !

On parle déjà de rénover, en 2014, la rive droite du fleuve, le chantier va concerner la place du Becquerelle et la quai Dumon. Celui-ci sera-t-il réalisé avant la transformation du Pont des Trous et la modification du Pont à Pont dans le cadre de l'élargissement de l'Escaut pour la liaison Seine-Nord ? Le problème de phasage reste entier dans la cité des cinq clochers ! 

Comme on peut le constater, il y a encore bien du pain sur la planche. Qui verra la fin des chantiers à Tournai ? Certainement pas les septuagénaires d'aujourd'hui mais, on oublie une chose dans ce raisonnement par trop simpliste, on bâtit pour les générations futures qui ne se rendront pas compte que des gens auront souffert pour leur léguer un si bel écrin !

(S.T. Juillet 2013)

12:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tournai, chantiers, travaux |

Commentaires

Avant dernier paragraphe : "On parle déjà de rénover, en 2014, la rive gauche du fleuve, le chantier va concerner la place du Becquerelle et la quai Dumon."
... Remplacer "rive gauche" par "rive droite" ...

Écrit par : Xavier BOURET | 06/08/2013

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Je suis tournaisienne mais mon compagnon est de Ostende et travaille à la ville d'Ostende. Lorsqu'il vient à Tournai, il est plus que choqué par la lenteur des travaux en cours. Exemple : le petit bout de rue entre le rond-point de l'Europe et le jardin de la Reine. Presque 1 an que c'est commencé. Rien n'avance. A Ostende, et j'en suis témoin car j'y suis régulièrement, une rue à rénover comme celle dont je parle ci-dessus, ça prend 15 jours à 1 mois grand maximum. Ont-ils plus de moyens en flandres ??? Sont-ils plus courageux ou plus organisés ??? En tous cas, lui comme moi, on est exaspérés de voir tout ça. Et ces travaux qui commencent à différents endroits en même temps et qui nous font faire le tour de la ville. L'inactivité sur ces chantiers me met en colère. On y voit rarement 5 ou 10 hommes bosser. C'est zéro ou 2...... Si on y voyait du mouvement, on accepterait mieux la longueur des travaux......................................

Écrit par : Desqueper | 06/08/2013

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comme toujours, bravo Serge, à la pointe de l'actualité et avec une plume tout aussi critique, amitiés

Écrit par : lutgardis | 06/08/2013

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Tu as tout à fait raison, Serge : quand tous les travaux seront finis, les gens de l’époque ne sauront plus ce que certains Tournaisiens auront souffert ! Mais je suppose qu’il en est toujours comme ça dans les chantiers importants, et partout dans le monde.
Parfois, des romans nous rappellent les souffrances passées comme pour le canal de Suez ou de Panama, les travaux d’Haussmann à Paris etc... Mais souvent, quand l’œuvre est achevée, la joie et la fierté dominent et on oublie la souffrance, comme après un accouchement !
Dans notre ville aussi, au cours des millénaires, il y a eu des travaux qui ont bouleversé la population de l’époque avant de leur léguer “un bel écrin”, comme tu dis ! Par exemple, au hasard de mes pensées : l’élargissement progressif des enceintes, la construction de la cathédrale, d’églises et de couvents, la démolition d’églises (Saint-Pierre, Saint-Nicaise, Sainte-Catherine) et la rénovation des quartiers concernés, le changement d’endroit pour la gare, l’aménagement de toutes les rues rectilignes près de la gare (rue Royale, rue Childéric etc...), sans oublier les problèmes suite aux bombardements de 1940, avec les commerces dans des pavillons provisoires et puis la reconstruction...
Merci à tous ceux qui ont souffert au cours des siècles pour la beauté de notre ville !

Écrit par : Jacqueline | 06/08/2013

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Je partage votre analyse Mme Desqueper, on a vraiment l'impression que les travaux sont réalisés "à l'petite semaine" et que le maître d'oeuvre fait la politique de l'autruche pour ne pas être au courant des critiques, les travaux réalisés par le TEC pour sécuriser les voies d'embarquement aux arrêts sont l'image même de la mauvaise gestion d'un chantier, on voit des ouvriers pendant deux jours ou trois jours et ensuite plus personne pendant une ou deux semaines. Ces travaux devaient être finis en deux ou trois mois, il y a près d'un an qu'ils sont commencés et tout le monde semble se moquer du problème ou être dépassé par les événements.Je suis presque certain que si un responsable communal lit cet article, il va vite refermer l'écran et se dire : "je ne veux surtout pas savoir ce que la population pense de nos errements ou de notre incapacité à faire preuve d'autorité" !

Écrit par : l'Optimiste | 07/08/2013

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