31 juil.
2013

14:04

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (4)

Nous voici arrivés à la veille du dernier trimestre de l'année 2006.

Octobre.  

Le dimanche 1er octobre, les passionnés de cyclisme se sont rassemblés à la rue de la Wallonie où est jugée l'arrivée de la dernière étape du circuit Franco-Belge. Celle-ci est remportée, au sprint, par le coureur allemand Heinrich Haussler qui devance Mark Renshaw. Au classement final, c'est notre compatriote Kevin Van Impe de l'équipe Quick-Step qui l'emporte devant Danilo Hondo et Olivier Kaisen. Après la cérémonie protocolaire de remise des divers maillots, le podium des variétés, installé sur la Grand-Place toute proche, accueille les anciens élèves de la "Star Ac'5", Pierre, Alexia et Maud.

Le lendemain, le lundi 2 octobre, les premiers coups de pioche sont donnés par l'entreprise Dherte sur le site de l'ancienne caserne des pompiers de la rue Perdue. Le bâtiment principal sera transformé et accueillera au rez-de-chaussée les bureaux de l'organisme financier voisin et à l'étage des appartements tandis que sur le parking arrière, situé à la rue des Bouchers Saint-Jacques, un bâtiment comprenant 26 appartements sociaux sera édifié par le Logis Tournaisien. Une façon de développer la mixité sociale au coeur de la cité.

Le dimanche 8 octobre, les Tournaisiens sont appelés aux urnes pour élire ceux qui dirigeront la ville durant les six années à venir. Les résultats n'apportent aucune surprise, on constate une étonnante stabilité dans les chiffres. Toutefois, une analyse plus approfondie démontre que Marie-Christine Marghem a récolté plus de voix que le bourgmestre sortant Christian Massy. Tout laisse augurer d'une reconduction de la majorité sortante, Parti Socialiste-Mouvement Réformateur. Le PS a obtenu 19 sièges, un de moins que lors des élections de 2000, le MR, 10 soit un de plus qu'en 2000, le CDH, 7 sièges et Ecolo 4 sièges ont obtenu le même nombre de sièges. Ce qu'on va appeler un psychodrame politique se joue néanmoins au siège du MR. Une rivalité interne amène des tergiversations quant au positionnement du parti. Profitant de ces hésitations, le PS de Christian Massy s'allie avec le CDH d'Yves De Greef pour former la nouvelle majorité !

Le samedi 14 octobre, la Maison de la Culture accueille le réalisateur-animateur des "Enfants de la Télé", Arthur vient présenter son one man show humoristique "Arthur en Vrai" ! On peut dire qu'à la fin de son spectacle, il a conquis les spectateurs.

A proximité de la Grand-Place, des travaux de construction entamés au Réduit des Dominicains, révèlent l'existence d'une tour, les archéologues déterminent qu'elle fait partie de la première enceinte communale au même titre que celles de la Loucherie, Saint-Georges, du Fort Rouge et du Cygne.

Nouvelle salle comble, en cette fin du mois d'octobre, à la Maison de la Culture qui a programmé le tour de chant d'Agnès Jaoui. La chanteuse qui est aussi comédienne et réalisatrice au cinéma, offre à un public à nouveau conquis, ses "Historias de Amor", accompagnée par de talentueux musiciens.

Novembre.

En ce début de mois, les équipes techniques de la RTBf sont à nouveau présentes dans la cité des cinq clochers pour préparer le prochain tournage de la seconde saison de la comédie romantique "Septième Ciel Belgique". La rue de la Justice et son école ainsi que la rue Duquesnoy viendront s'ajouter aux autres lieux servant de décors à l'intrigue.

Le mardi 7, on peut dire qu'un automobiliste a eu énormément de chance. Sa voiture plonge dans l'Escaut, à hauteur du quai du Pays Blanc, face à la clinique La Dorcas, l'homme parvient à s'extraire du véhicule et à nager jusqu'au quai dans une eau pas bien chaude à cette période de l'année. Les plongeurs du service incendie parviendront à repérer la voiture et à la remonter à la surface. 

Entre le 9 et 12 novembre, trois chapiteaux se dressent sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe. A proximité de la Maison de la Culture, les Baladins du Miroir présentent le jeudi 9 et le dimanche 12, leur nouveau spectacle "1914, le Grand Cabaret", une confrontation entre le monde des forains représenté par la famille Cippolini et celui des artistes de Montmartre à cette époque.

Au même moment, à proximité du chapiteau des festivités de la ville, le Cirque de Moscou présente des numéros de haute qualité.

Le 10 novembre, à l'invitation de l'APEDAF (Association de Parents d'Enfants Déficients Auditifs), les Okidoks retrouvent leur public tournaisien à la Maison de la Culture. Benoit Devos et Xavier Bouvier, clowns-équilibristes, sont passés maîtres dans les arts circassiens et, avec leurs numéros visuels, ont déjà visité les cinq continents. 

Les supporters de football tournaisiens sont ravis, après dix journées de championnat en Division 3, les "Sang et Or" du Football Club de Tournai sont en tête du classement avec 22 points, ils précèdent Wetteren, 21 points et Diegem et Péruwelz qui sont à deux petites longueurs.

La nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre, quatre étudiants en architecture de l'école Saint-Luc à Ramegnies-Chin s'échappent à temps d'un violent incendie qui détruit un immeuble de la rue As-Pois, aménagé dans l'ancienne bonneterie située presqu'au pied de l'église Sainte-Marguerite. Réveillés, ils ont fui par les toits.

En cette saison 2006-2007, la Maison de la Culture présente un programme extraordinaire et est, une fois encore, récompensée par une nouvelle salle comble lors de la venue, en cette fin du mois de novembre, de Fabien Marsaud, mieux connu sous le nom de "Grand Corps Malade". Il est un spécialiste de textes récités sous la forme de chansons parlées, ce qui s'appelle tout simplement, le slam.

La reine Paola est en visite privée dans la cité des cinq clochers, elle assiste au colloque "Regards croisés sur l'enfermement" initié par le doyen Michel Decarpentrie.

Le 25 novembre, Christophe Alevêque est l'invité vedette du "Festival des Imitateurs de Tournai" à la Maison de la Culture et... il est aisé de deviner, qu'une fois encore, la salle Jean Noté est remplie.

Décembre.

On ne perd pas les bonnes habitudes en ce dernier mois de l'année, une nouvelle salle comble (on dit que les organisateurs ont été obligés de refuser environ 250 demandes de places) applaudit le traditionnel "Concert viennois" mis sur pied par la Confrérie des Cinq Clochers en faveur de l'enfance défavorisée. L'Euro Symphonic Orchestra sous la direction de Pascal Peiffer survole avec élégance la Vienne impériale. La soprano Eunice Arias chante un air de "Don Giovanni" ainsi que "L'heure exquise", extrait de la Veuve Joyeuse de Léhar. 

Une nouvelle découverte exceptionnelle attendait les archéologues en ce mois de décembre. Lors des fouilles effectuées dans la cathédrale Notre-Dame, on exhume le tombeau de l'évêque Baudouin 1er. Il repose sur le dos, les mains jointes, la tête inclinée, sa crosse posée sur le corps, dans ses habits épiscopaux. Il fut l'évêque du diocèse de Noyon-Tournai de 1044 à 1068. L'Optimiste a eu la chance d'assister à cette découverte étant présent dans l'édifice pour l'accueil des touristes (voir l'article déjà consacré à ce sujet).

Lors de la quinzième journée de championnat de football en Division 3, le FC Tournai est contraint au match nul face à Meerhout, Wetteren profite pour ravir la première place à la mi-championnat. Le club flandrien compte 34 pts pour 33 à Tournai et 27 à Diegem.

Heureux chargés des programmes à la Maison de la Culture, on ne parlait pas encore de crise (elle interviendra deux ans plus tard) et les grands noms se succédaient alors sur la scène de la salle Jean Noté. Cette fois, en cette fin décembre, c'est Vittoria Abril qui ravit une salle comble. Avec ses cinq musiciens, la comédienne-chanteuse célèbre la musique brésilienne (bossa-nova), sud-américaine (tango), espagnole et française. Elle reçoit une standing-ovation. 

Une année se termine, on vivait encore dans une certaine insouciance mais on allait bientôt connaître des lendemains qui déchantent.  

(sources : "le Courrier de l'Escaut" de l'année 2006 et souvenirs personnels).


S.T. juillet 2013


27 juil.
2013

17:30

Tournai : expressions tournaisiennes (234)

Les quate chints queops.

Comme vous l'avez d'jà adveiné, j'profite acore des vacances pou ouvère tout grand l'tiroir où j'garde mes raminvrances. Je n'pinseos pos in avoir accumulées autant su eine période de près d'soixante ans. Be queu fourbi qu'i-a là-d'dins, on y pierdreot ein jeune de tchien

Aussi, i-n'feaut pos faire attintieon si j'les saque eine à eine, ainsin, in vrac, à l'volaine. Ch'est surtout des raminvrances qui datent du temps de m'n'infance

On va ein peu cafouiller et... éhné tunez, ov'là d'jà eine prumière, elle date des ainnées soixante et j'n'in sus pos bin fier !

Fred, Mich et mi, on deveot avoir alors quatorze ou bin quinze ans et l'été, su l'bord du soir, on alleot au fin feond de l'plaine pou cacher à bruants. I-d'aveot ainsin des dizaines qui voleot'ent tout douch'mint, si bin que ch'éteot pos difficile de les attraper ave nos mains. On les metteot dins eine boite d'alleumettes qu'on aveot vidée et on les écouteot bourdeonner avant d'leur rinte leu liberté. On pouveot aussi lier ein fil à eine patte et les faire voler comme des dragueons. Arlette, l'feimme du facteur, de ces paufes bruants elle aveot peur, elle les aveot même in horreur. Eine feos que l'soir i-cayeot, bin vite chez elle, elle rintreot, à vrai dire, ch'éteot aussi pire que dins les histoires d'vampires. Ein soir qu'on in aveot attrapé eine beonne vingtaine, i-nous a pris l'idée, ein peu biête, d'aller les mette... tout simplemint dins s'boîte à lettes. Malhureuse'mint, on n'saveot pos qu'elle n'éteot pos serrée et les bruants dins toute l'maseon se seont involés. Arlette elle a tell'mint berlé que l'lind'min, elle ne saveot pus parler. Pou no punitieon, on a du aller querre les bestioles dins tous les coins de s'maseon. Deux heures tout plein que cha a duré, et, croyez-me, on n'a pu orcomminché

Dix ans pus tard, j'ai à nouvieau intindu parler de ces p'tites biêtes. Ein de mes collègues d'ouvrache m'a ein jour raqueonté que dins s'classe, l'maîte aveot deonné comme sujet d'rédactieon : "Les hannetons". Ein garcheon, ein peu fate, vite contint d'li, aveot fait l'pus courte rédactieon d'tertous in écrivant : "les hannetons sont de sales bestioles pou s'in débarrasser on les rue à l'purlière". I-a eu de l'sanche c' biec-beaos, Hureus'mint pou li que Gaia n'existeot pos !

Tins... in v'là eine eaute, eine qui s'passe pindant l'été, elle-n'est pos mal neon pus, elle date aussi des mêmes ainnées !

Pindant les vacances, comme on aveot tertous ein véleo, on parteot pourméner dins les camps et les beos. Ein jour, on a eine feos décidé d'meonter l'Meont de l'Ternité, ave ses chint quarante nuef mètes d'altitude, ch'éteot leon d'ête l'Tourmalet mais on essayeot de n'pos déquinte d'véleo avant l'sommet. "Salut, je vais te dévorer, Géant du Hainaut Occidental,", in disant cha, j'pousseos su les pédales, j'fonceos tiête baissée et... j'm'arrêteos... in plein mitan de l'montée ! J'éteos total'mint lèque, comme si j'aveos les piles à sec. In ordéquindant du sommet du p'tit géant, j'ai vu passer, in pleine vitesse, m'n'amisse Christian. Ch'éteot pos ein pur grimpeu mais alors (on n'in éteot tout paf), ch'éteot ein sapré déquindeu. Quand on est arrivés in bas, on n'a vu qui n'éteot pos là, on aveot bieau raviser dins toutes les directieons, on s'a dit qu'i-aveot seûrmint passer l'mur du seon. Tout à n'ein queop, on a vu bouger ein séquoi dins l'camp d'blé, inter les épis dorés, douch'mint eine tiête a dépassé. Millards.. qu'i-éteot arringé, i-éteot tout balafré, i-éteot rimpli d'boursieaux et j'ne parle pos de l'état de s'véleo. "'Quoisqu'i-t'as pris déquinte ainsin" "Et bé, j'l'ai pos fait exprès... j'aveos pus d'freins". 

Mo bé, ov'là eine histoire que j'aveos oblié !

Pindant l'hiver de l'ainnée soixante-deux, i-a gelé pindant des jours et des jours, l'plaine éteot toute blanque et, bin seûr, les grandes flaques d'ieau éteot'ent trinsformées in véritapes miroirs. J'aimeos glicher su l'glache et j'vouleos toudis aller l'pus leon possipe. J'ai failli réussir, mais...au bout de m'richoire, j'nai pos vu ein bieau brin d'tchien, tout fraîque, acore tout fumant et... berdaf... j'sus parti l'tiête in avant. J'd'aveos jusqu'à z'orelles, du brin et de l'gelée, j'orsimbleot à ein moka glaché. Après eine parelle mésavinture, j'n'éteos pus Alain Calmat, j'éteos tout bell'mint calmé.

Mo bé l'tiroir i-est bin plein, v'la acore ein eaute évèn'mint !

Su l'plaine, i-aveot eine piste in tierre battue, au meos d'sétimpe, on y orgnaiseot des course d'qu'vieaux, i-aveot même eu des courses à véleo ave les pus grandes vedettes belges et françaises. L'anneau de l'piste feseot près d'huit chints mètes et on feseot deux feos l'tour ave no bicyclette. Ch'est là que j'ai appris que l'pépète pouveot deonner à l'feos des ailes. Ein cirque éteot v'nu s'installer à deux pas de l'Porte d'Lille et les chameaux aveot'ent été mis à pâturer, attachés à ein piquet. I-d'a ein qui est parvenu à s'détacher et i-a queuru après mi pindant tout le tour de piste, i-beffieot su m'n'épaule et m'poignet et j'veyeos toudis s'tiête quand j'orwettieos su l'côté. Pou eine feos, l'course, j'l'ai gagnée pasque les eautes i-z'aveot'ent préféré arrêter et puis j'ai pu aller m'canger, j'dégoulineos d'sueur et d'bave du camélidé. J'sus bin seûr que si les gins d'Gaya aveot'ent été là, i-z'areotent applaudi ... l'chameau pou s'queop là !

Jusse pa d'zous ceulle histoire, in continuant à visiter m'tiroir, j'viens d'ortrouver eine raminvrance du temps d'l'école primaire, eine, j'vous l'avoue honnêt'mint, qui m'fait toudis braire

A l'école de l'Porte d'Lille, pindant nos ainnées primaires, j'aveos deux comarates Claude et Pierre. Pindant les vacances, on parteot à treos, à véleo, à Froyennes, pou péquer des épinoques dins l'ruchéau. L'ieau de l'Fontaine Saint-Eloi éteot alors bin claire, on veyeot les cailloux dins l'feond et i-suffiseot d'laicher traîner eine fichelle dins l'leuger courant ave ein morcieau d'pain ou ein vier et les pisseons veneot'ent s'faire printe au pièche. On saqueot su l'ficelle et on les metteot dins ein séeau rimpli d'ieau. Pour ortourner à no maseon, i-falleot passer pa l'rue Saint-Eleuthère ave des pavés qui nous donneot'ent l'trimblote, du queop, l'ieau sorteot du séeau important les pisseons. On arriveot bredouille à l'maseon. Cha s'reot asteur j'areos Gaia su l'deos ! Quarante ainnées pus tard, Pierre est docteur, espécialisse pou réparer les ossieaux et Claude i-est parti, i-a pos bin lommint, s'orposer pou toudis au grand jardin de l'chaussée d'Willemeau.

Quand on ormonte ainsin dans l'temps, on s'rapinse aussi à l'feos des mauvais momints.

J'nai jamais été doué pou l'cascade. In mil nuef chint chinquante quate, i-aveot des travéeaux pas d'vant m'maseon, on construiseot l'nouvieau boulevard Bara. On aveot fait des treos su les trottoirs et mis des planques pa d'zeur. In sortant pou aller jeuer su l'plaine, j'ai oblié l'existince de l'tranchée et tout au feond... j'ai cai. Résultat : l'poignet cassé, un plâtre pindant six s'maines et l'bras immobilisé dins un essuie. Ch'est pétête pou cha qu'asteur quand j'vas pourméner in ville, j'vous parle de tous les chantiers ! 

On va la coper là pasque aller querre des souvenirs, ch'est pos toudis très gai, i-d'a des beons mais aussi, à l'feos, des mauvais. 

Adeon, orveneons à nos mouteons comme les ceusses qu'on a vu apparaîte dins no ciel, verdi, in début d'soirée. Pindant vingt minutes, i-a cai d'z'ours, dix-siept lites au m2, tout a été sous ieau, les rues et les caves ont été ineondées et nos brafes pompiers i-ont effectué eine soixantaine d'intervintieons. On a ormis cha saim'di au matin, à 8h, i-a fait noir qu'on a cru que l'nuit elle cayeot et on alleumé les leumières. L'orache s'a déchaîné, l'vint s'a mis à souffler, pa d'vant m'maseon, j'ai vu les arpes s'torte comme eine mamère dins les douleurs de l'infant'ment, les fuelles et les branques s'involeot'ent, à chaque craqu'mint du tonnerre, les ferniêtes vibreot'ent, i-a pleu, comme on dit à Tournai, comme vaque qui pisse et les paufes gins qui aveot'ent d'jà été victimes l'velle ont eu à nouvieau l'cave ineondée. On aveot l'impressieon d'orcommincher l'même cosse que verdi soir. A Marquain, i-a eine copure de l'elestrique, ch'est à causse du récauff'mint climatique et i-paraît que cha n'va pos aller in s'améliorant, on va finir pa vife su des batieaux !

J'vas vous laicher su eine pétite note d'humour pasqu'on arrife d'jà à l'fin du jour, ch'est Edmeond qui me l'a dit au matin quand j'l'ai rincontré au faubourg Saint-Martin. On n'peut pos dire que l'heomme i-a fort évolué, i-est toudis au temps d'Maurice Chevalier ou d'Charles Trenet, i-acoute acore Luis Mariano et Line Renaud et i-n'feaut surtout pos li parler du Tempo. I-m'a dit ainsin : "Te sais, l'amisse, i-n'va pos faire bieau surtout qu'à l'affiche i-a ein app'lé "Pascal au pisse peot" ! 


(lexique : les quate chints queops : les quatre cents coups/ adveiné : deviné / ouvère : ouvrir / les raminvrances : les souvenirs / queu fourbi : quel désordre / pierte : perdre / ein tchien : un chien / saquer : tirer / à l'volaine : sans soin, sans ordre, au hasard / l'infance : l'enfance / cafouiller : chercher sans méthode / éhné tunez : tiens, tiens / eine prumière : une première / au fin feond : au bout / les bruants : les hannetons / douch'mint : doucement / les alleumettes : les allumettes / rinte : rendre / leu : leur / des dragueons : des cerfs-volants / paufes : pauvres / cayeot : tombait / serrée : fermée / berlé : crié / querre : chercher / orcomminché : recommencé / ouvrache : travail / fate : mou, paresseux / tertous : tous / ruer : jeter : l'purlière : la fosse d'aisance, la fosse à purin / l'sanche : la chance / l'bies-beos : le balourd / eine eaute : une autre / neon pus : non plus / pourméner : promener / les camps : les champs / les beos : les bois / l'Meont de l'Ternité : le Mont de la Trinité autre nom du Mont Saint-Aubert / leon : loin / déquinte : descendre / in plein mitan : au beau milieu / lèque : épuisé, vidé / ordéquindant : redescendant / ein amisse : un ami / tout paf : tout sais / sapré : fameux / raviser : regarder / seûrmint : sûrement / Tout à n'ein queop ; tout à coup / eine séquoi : quelque chose / inter : entre / ein boursieau ; une enflure, une bosse, une ecchymose / blanque : blanche / glicher : glisser / l'glache : la glace / toudis : toujours / ein richoire : une glissade / ein brin d'tchien : une déjection canine / fraîque : fraîche / acore : encore / orsimbler : ressembler / tierre : terre / sétimpe : septembre / les qu'vieaux : les chevaux / l'pépète : la peur / à l'feos : parfois / queuru : courru / beffier : baver / orwettier : regarder / canger : changer / jusse pa d'zous : juste en dessous / braire : pleurer / les comarates : les camarades / pêcher des épinoches / l'ruchéau : le ruisseau / laicher : laisser / eine fichelle : une ficelle / leuger : léger / ein morcieau : un morceau / ein vier : un ver / les pisseons  : les poissons / printe : prendre / l'pièche : le piège / saquer : tirer / ein séeau : un seau / pa : par / l'trimblote : la tremblote, avoir des tremblements / du queop : du coup / l'deos : le dos / les ossieaux : les os /    lommint : longtemps / s'orposer : se reposer / toudis : toujours / on s'rapinse : on se rappelle / pa d'zeur : par dessus / jeuer : jouer / oblié : oublié / pétête / asteur : maintenant / coper : couper / pasque : parce que / adeon : donc / les ceusses : ceux / verdi : vendredi / i-a cai d'z'ours : il est tombé des ours, il a plu très fort / brafes : braves / ormis : remis / cayeot : tombait / alleumer les leumières : allumer les lumières / pa d'vant : devant / les fuelles : les feuilles / les branques : les branches / les ferniêtes : les fenêtres / i-a pleu : il a plu / eine vaque : une vache / l'velle : la veille / eine copure de l'élestrique : une coupure d'électricité / l'récauff'mint : le réchauffement / vife : vivre : laicher : laisser : i-acoute acore : il écoute encore / ainsin : ainsi : l'amisse : l'ami).

(S.T. juillet 2013)

17:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

19 juil.
2013

19:00

Tournai :expressions tournaisiennes (233)

Au temps de l'pétite école.

Ch'est pétête ein peu biête d'profiter du meos d'juillet pou parler d'l'école mais l'ramivrance des vacances m'a fait pinser à ceulle époque de m'jeonesse dusque j'alleos à l'pétite école, ch'est ainsin qu'on appeleot l'école primaire. Ah, l'pétite école, avouez mes gins que ch'éteot ein peu pus poétique que l'école des p'tits quious comme on appeleot, dins l'temps, les maternelles.

Adeon, quand j'ai eu six ans, comme j'habiteos su l'boul'vard Bara, jusse in face de l'plaine, m'mamère elle m'a conduit à l'école communale n°3 dite de l'Porte d'Lille.

In septimpe mille nuef chint chinquante-chinq, j'ai été ainsin orchu pa l'instituteur in chef Mr. Botteman. Ein heomme qui alleot béteôt printe s'n'ortraite. I-m'a conduit dins l'classe de prumière ainnée et m'a présinté au maîte, Mossieu Hugé qui li, au contraire, éteot au début de s'carrière. J'alleos ête dins l'classe d'Mossieur Jean Pierre qui asteur, pa l'tennis, i-est connu dins l'Europe intière. 

Dins m'cartable in cuir, j'aveos mis ein pleumier in beos ave ein porte-pleume, eine gomme, eine règle ou eine latte, des crayeons, ein rapporteur pou mesurer les angles et m'mamère aveot rajouté ein grand biscuit d'soldat comme on appeleot les Betterfoods pou mi minger à l'récréatieon, ein "dix heure".

L'soir de l'rintrée, i-falleot orcouvrir les cahiers et les lifes d'papier bleu ave eine étiquette dusqu'on metteot s'neom et s'préneom.  

Tous les matins, j'parteos à 8h de m'maseon. Au début, m'mamère veneot ave mi pasqu'elle aveot peur de l'circulatieon (cha s'reot asteur, elle ne me laich'reot pus aller), après ch'est ein "grand" d'chinquième année qui sonneot pou m'printe in passant.

On peut dire qui n'éteot pos triste, l'quémin d'l'école, l'matin et l'soir, on jeueot à marpes dins les rigoles. Bin seûr, ch'éteot à l'poursuite pasqu'i-falleot bin avancher et bin souvint, au soir, on pierdeot les marpes rimportés du matin. Pindant l'hiver, quand i-aveot du noirglas, on f'seot des richoires et, à chaque feos, m'mamère éteot in colère et j'éteos sermonné pasque cha useot les semelles des sorlets.

Arrivés dins l'cour de récréatieon, on deveneot des joueus d'fotbal, des cow-boys ou bin des indiens jusqu'au momint que Mossieu Botteman feseot aller l'cloque. Alors on s'metteot in rangs et l'instituteur nous meneot à no classe. Au-dessus du tabléeau noir, i-aveot ein portrait du roi Baudouin, tout seu comme ein tchien, pasqu'à c'moumint là, i-n'conniseot pos 'cor Fabiola.

Pou commincher, Mossieu Hugé passeot dins les rangées d'bancs pou verser d'l'incre dins nos incriers blancs in porcelaine. J'veos acore les grandes boutelles de l'marque Renard. Après ch'éteot du carcul, des tapes de multiplicatieon, des dictées ou bin acore, in géographie, l'cours de l'Esqueaut dins l'traversée d'Tournai, i-falleot connaite l'neom des peonts et des quais. L'maîte i-nous poseot des questieons du genre : "Pol a siept peommes, i-in perd eine, i-in minge eine et i-in acate deux nouvelles, combin qu'i-a d'peommes in tout ? " et ch'est ainsin qu'on appreneot à faire des carculs ou bin à écrire ave Noémie qui alleot à Ninove, ave Firmin qui aveot d'bieaux lapins.

A dix heures, on sorteot à l'récréatieon, ch'éteot l'deuxième mi-temps du match et les cow-boys preneot'ent alors leur orvanche su les indiens qui éteot'ent pus nombreux au matin. Dins eine classe, l'maîte prépareot l'Horlicks, eine sorte d'cacao ave du lait in poudre et d' l'ieau. Comme i-aveot à peine dix ans que la guerre éteot finie, i-falleot boire du lait pou fortifier les esquelettes, les ossieaux. Pus tard, on alleot même créer la "Brigade M". Pou ête mimbre, i-falleot dessiner les vingt-cheonq verres de lait que t'éteos sinsé avoir avalés. Quand ein jour, j'ai vu m'comarate Pol m'moutrer fièr'mint s'carte, li qui n'aveot jamais pu avaler eine goutte de lait, je m'sus dit que l'fuelle qu'i aveot complétée ch'éteot ein ramassis d'mintiries

I-aveot eine cosse qui nous a toudis, à tertous, fait peur, ch'éteot pos l'zéreo que l'maîte i-metteot à l'feos, ch'éteot pos l'visite de l'inspecteur (pou nous mette à l'aisse, l'maîte nous diseot que ch'néteot pos pou nous eautes mais pou li qui v'neot), ch'éteot pos neon pus l'veox puissante d'Arthur Vincent, l'maîte de deuxième ainée, qui diseot "Torrrrrdu" quand l'leçeon n'éteot pos connue, ce qui nous f'seot peur, ch'éteot l'feu qui aveot au mitan de l'classe, ein monstre qui ronfleot, qui claqueot, qui souffleot. On i-metteot des boulets et eine feos, l'poêle au carbeon, i-a esplosé, cha a fait "boum", l'buse qui traverseot l'classe, elle a trimblé et l'suie elle a cait, ein véritape neuache. On a été ainsin trinsformé ein ramoneus d'queminée. On nous a inveyé à no maseon, ave ein meot du maîte et ses regrets sincères pour n'pos s'faire attraper pa l'mopère ou l'mamère.

A l'fin du prumier trimestre, jusse avant les vacances de l'Noë, on nous d'mindeot de v'nir ave ein essuie, ch'éteot pou y mette l'coquile aux rogins ave ein p'tit Jesus tout rosse, in chuque. I-aveot des galfards qui n'aveot'ent pus besoin de l'essuie pou ortourner à leu maseon, avant qu'on seonne l'fin des cours, i-z'aveot'ent d'jà tout minger. 

Pou vir si on aveot appris eine séquoi, i-aveot des compositieons à l'Noë, à Pâques et au meos d'juin. Ch'éteot des momints difficiles, on saveot si on aveot acouté, appris, étudié, ortenu et surtout compris. Su l'bulletin que les parints deveot'ent signer, i-éteot marqué : prumier sur trinte ou bin trintième su trinte. Ch'eteot l'verdict de l'ouvrache que t'aveos fait pindant l'ainnée, pos eine appréciatieon qu'on peut interprêter dins tous les sens comme asteur. I-aveot des tiêtes de classe et des baudets. Vous vous rindez queompte si asteur l'maîte ireot traiter ein infant d'baudet, bé l'lind'min pa les parints ou les mofrères i-est arringé, ch'est à l'hôpital qu'on va l'ortrouver et ein psychologues i-dépos'reot plainte pasque l'gosse i-risque d'ête traumatisé. I-feaut dire que, à c'temps-là, ch'éteot pas acore l'sièque d'infant-roi, pou beauqueop, i-a des p'tites cliques qui ont été à la base de grands déclics et si des savants ont pu inveyer ein heomme su la lune, ch'est pasqu'à l'école i-zont, à la feos, orchu eine pétite prune et aveot'ent été à l'durte école de l'vie. Asteur te deonnes tout pou ti ête tranquille et t'es saisi que les infants n'se feont pus d'bile. Pourquoi travailler, à l'fin d'l'ainnée, i-ara s'PC, pourquoi s'casser l'nénette, on finira bin pas l'abonner à internet ! Pasqu'on n'a pus d'autorité, on li acate tout ce qui a su l'marché. 

Asteur, les mintalités ont bin cangé, je n'sais pos si on peut appeler cha ein progrès. On n'veot pus ses bandes d'infants partir contints à l'école jeuant insanne tout au leong du qu'min. Les parints veont les conduire in auteo et avec, on rintrereot bin dins l'école pou les déposer près du tabléeau. Dins leu sac, i-n'ont pus d'pleumier, pus d'gomme, pus d'rapporteur mais eine calculette, ein baladeur et ein télépheone. On apprind pus l'écriture, i-feaut vir asteur les chiftures. Quand on pose eine questieon, on deonne treos solutieons faut queusir l'beonne, à l'feos, à l'intuitieon. Et après on est tout paf qui n'ont pos d'qualificatieon et qu'au lieu d'aller ouvrer i-restent à leu maseon ! I-suffit d'vir les jeux à l'téléviseon pou comprinte ceulle désolatieon

Vous veyez, je m'laiche ichi importer, ch'n'est pos bin d'ainsin parler mais j'sais bin que vous allez m'pardeonner. J'sus hureux d'avoir connu l'école d'avant, elle deonneot du corache, elle nous appreneot l'goût d'l'effort, elle nous rindeot pus fort pa d'vant les pièches de l'vie, ch'éteot vraimint ein temps béni. 

(lexique :  pétête : peut-être / l'raminvrance : le souvenir / ceulle : cette / dusque : où / les p'tits quious : les enfants en bas âge / adeon : donc / jusse : juste / m'mamère : ma mère / septimpe : septembre / orchu : reçu / béteôt : bientôt / asteur : maintenant / ein pleumier : un plumier, ustensile classique disparu au profit de la trousse fourre-tout / beos : bois / orcouvrir : recouvrir / les lifes : les livres / laicher : laisser / l'quémin : le chemin / jeuer aux marpes : jouer aux billes / bin seûr : bien sûr / avancher : avancer / on pierdeot : on perdait / le noirglas : le verglas / les richoires : les glissades / les sorlets : les souliers / l'cloque : la cloche / tout seu comme ein tchien : tout seul comme un chien (se dit souvent de celui qui est seul et à l'air malheureux) / l'incre : l'encre / l'carcul : le calcul / l'Esqueaut : l'Escaut / l'neom : le nom / l'orvanche : la revanche / les esquelettes : les squelettes / les ossieaux : les os / l'fuelle : la feuille / des mintiries : des mensonges / eine cosse : une chose / toudis : toujours / tertous : tous / ête à l'aisse : être à l'aise / nous eautes : nous autres / l'veox : la voix / l'carbeon : le charbon / cait : tombé / ein véritape neuache : un véritable nuage / l'quéminée : la cheminée / l'coquille aux rogins : la coquille aux raisons, pain-gâteau confectionné en période de Noël, de la forme d'un enfant emmailloté, aussi appelé cougnou ou cougnolle en Wallonie / rosse : rose / l'chuque : le sucre / des galfards : des gourmands / eine séquoi : quelque chose / l'Noë : la Noël / acouté : écouté / ortenu : retenu / prumier : premier / l'ouvrache : le travail / queompte : compte / l'lind'min : le lendemain / les mofrères : les frères / ortrouver : retrouver / pasque : parce que / l'sièque : le siècle / beauqueop : beaucoup / à l'feos : parfois / durte : dure / cangé : changé / contints : contents, heureux / insanne : ensemble / leong : long / chiftures : mauvaises écritures, pattes de mouche / ête tout paf : être stupéfait / ouvrer : travailler / comprinte : comprendre / acater : acheter / vous veyez : vous voyez / l'corache : le courage / pa d'vant : devant / les pièches : les pièges).

(S.T. juillet 2013).

19:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

16 juil.
2013

09:40

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (3)

Nous continuons à prendre connaissance des évènements qui caractérisèrent cette année 2006 et arrivons au troisième trimestre.

Au point de vue météorologique, l'été 2006 est des plus contrastés. Il débute le 1er juin dans la plus grande fraîcheur, la nuit du 1er au 2, les températures sont mêmes proches du 0° et à certains endroits, on enregistre des gelées au sol. Changement de registre une semaine plus tard puisqu'on subit la première vague de chaleur de l'année, durant trois jours consécutivement, on va même enregistrer des températures supérieures à 30°. Dans la foulée, le mois de juillet sera un des mois les plus ensoleillés et les plus chauds, le 19 le thermomètre monte jusqu'aux environs de 36°. On pense revivre l'été 1976 qui reste à ce moment là le plus chaud et le plus sec depuis bien longtemps. Hélas, le mois d'août sera extrêmement pluvieux, peu ensoleillé et frais. Il faudra attendre le mois de septembre pour retrouver des valeurs normales pour la saison.

Juillet.

Sous un ciel tout bleu et un soleil omniprésent, le samedi 8 juillet, la cité des cinq clochers accueille le "Beau Vélo de Ravel". Ils seront plus de 7.000 participants à quitter la place Crombez pour une balade de 33,5 km dans la campagne environnante en compagnie d'Adrien Joveneau.

Le 21 juillet, jour de festivités, les Tournaisiens ont le choix, soit se rendre au stade Luc Varenne pour applaudir Hervé Villard, soit rester sur le forum où se produisent sur un podium Kamel, Dexter Connection et Alex Mention (Léopold Nord et Vous) et admirer ensuite le feu d'artifice tiré à l'occasion de la Fête Nationale. 

En ce caniculaire mois d'été, les Tournaisiens apprennent le décès de Clotaire Ladam, professeur de musique au Conservatoire et chef d'orchestre. Il laisse pas moins de 1.300 compositions. Il fut élève des conservatoires de Bruxelles et de Paris, maîtrisant le piano, l'orgue, le solfège et la direction d'orchestre. On ignore parfois qu'il fut le compositeur de l'hymne écrit pour les trente ans de l'indépendance d'Israël et auteur de plusieurs messes. Il était âgé de 75 ans. 

A la fin du mois, "Les Amis de la Cathédrale" annoncent le retour de restauration d'un panneau de tapisserie datant du XVIIe siècle, une oeuvre de 220 cm sur 260 cm représentant une procession triomphale amenant les reliques de Saint-Norbert de Mariengaard à l'abbaye du Roeulx. La tapisserie du Roeulx est désormais exposée au Trésor de la cathédrale. 

Août.

Du 11 au 14 août, le Beach Volley est roi sur la Grand'Place tandis que sur des terrains annexes, le "Conseil Consultatif de la personne handicapée" organise un tournoi de pétanque réservé aux moins valides. Celui-ci remporte un énorme succès et voit la participation d'institutions de la région. 

Du 25 au 27 août se déroule la traditionnelle kermesse du quartier Saint-Antoine avec son cabaret patoisant, son barbecue, ses numéros de music-hall et en vedette Christian Vidal. 

Le lundi 28 août, l'autoroute Mons-Lille est le théâtre de deux accidents. Vers 8h, à hauteur de Gaurain-Ramecroix, trois véhicules de l'armée anglaise transportant du matériel de la seconde guerre mondiale destiné à être exhibé dans des manifestations historiques, deux camions transporteurs et une Land-Rover, sont impliqués dans une collision avec un camion d'une firme leuzoise qui transporte du gravier. Trois militaires anglais sont légèrement blessés et hospitalisés. Suite au ralentissement engendré par cet accident, dans la file qui s'est formée, un autre camion militaire faisant partie du même convoi entre en collision avec une voiture particulière, la conductrice de celle-ci est également blessée. Ces deux faits ont provoqué d'importants bouchons sur l'autoroute, entre Maubray et Tournai, en cette période de vacances. 

Septembre.

Un spectacle complet composé d'évocations du passé, notamment de l'industrie lourde, du travail minier ou sidérurgique, intitulé "HT 06" (comme Hainaut 2006) financé par la Province est présenté le 1er septembre sur la place Crombez. Une mise en scène allant crescendo, savamment orchestrée et dont le bouquet final, un spectacle pyrotechnique a épaté les spectateurs présents. Etait-ce en raison de la fin des vacances ou d'une publicité peu importante mais on ne se bousculait pas aux abords de la gare de Tournai, ce soir-là. Pour y avoir assisté, on peut dire que les absents eurent tort !

Le samedi 16 septembre, dans le quartier Saint-Jacques est organisé, dans le cadre du Festival de Wallonie-Hainaut 2006, un "Mozart Day" qui se clôture à 21 h par l'interprétation du "Requiem en ré mineur" du célèbre compositeur par l'orchestre de chambre de Wallonie sous la direction de J.J. Maertens.

Une sorte de monstre du Loch Ness tournaisien ressurgit au cours de ce mois de septembre 2006. Le directeur de l'entreprise chargée des travaux de restauration de la Tour Henri VIII annonce le début prochain des travaux. Une partie de ceux-ci seront exécutés, principalement l'enlèvement de la couverture herbeuse au sommet de l'édifice militaire, mais laissés à l'abandon par la suite. 

Les samedi 23 et dimanche 24, Tournai vit à l'heure de "Euromédiévales". De la Grand'Place à la place de l'Evêché ou au pied du beffroi, dans un cadre intemporel, les habitants de la cité des cinq clochers sont invités à revivre l'atmosphère, les images, les scènes, à goûter les saveurs du Moyen-Age. Des joutes, des cortèges de personnages en costumes d'époques, des balades en chariot, des cracheurs de feu ou des bouffons transportent le public quelques siècles en arrières.

Au même moment, des voleurs doublés de vandales sont à l'oeuvre dans la cathédrale Notre-Dame, ils se sont probablement introduits par les échafaudages du chantier et ont emporté la sonorisation prévue pour les offices, dégradé une pierre tombale, jeté des bougies sur le sol et fortement endommagé la maquette didactique de l'édifice religieux confectionné avec de pinces à linge par un retraité vouant une passion au prestigieux monument.  

La nuit suivante, ce sont les panneaux placés à divers endroits de la ville et des villages qui sont arrachés et jetés à terre. Cela se passe au pied de l'église Saint-Brice mais aussi à Kain et au Mont-Saint-Aubert. A première vue on pense que ce vandalisme est l'oeuvre d'une sorte de groupe anti-politique mais, finalement, on découvre que les auteurs sont en réalité quatre étudiants français revenant d'une soirée de baptême un peu trop arrosée. Dans la foulée, la police retrouve également les auteurs des tags apposés sur les façades d'immeubles du quai. Il s'agit également d'étudiants français scolarisés à Tournai, probablement des fils à papa qui n'ont que faire des études payées par leurs parents. 

A la fin du mois de septembre, le cirque belge Monelly plante son chapiteau sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe (la plaine des Manoeuvres). Cela fait dix ans que ce cirque sillonne les routes de Belgique mais c'est la toute première fois qu'il fait escale dans la cité des cinq clochers, capitale des arts circassiens. Monique Holzmüller, sa propriétaire, présente un spectacle composé d'artistes venus du Mexique, de Hongrie, de Tchéquie, de Bulgarie, d'Italie et de Belgique.

Le 29 septembre, l'église Notre-Dame de la Tombe à Kain accueille "Les deux pianistes". Un régal pour les amateurs de musique et ils furent très nombreux, on se retrouva dans l'impossibilité de bouger un petit doigt et applaudir relevait de l'exploit. 

(sources : presse locale éditions de l'année 2006 et souvenirs personnels).

S.T. Juillet 2013

12 juil.
2013

19:00

Tournai : expressions tournaisiennes (232)

Raminvrances d'vacances

Su l'plache Verte, l'heomme i-est assis su l'pas de s'porte ravisant eine bande de p'tits rotleots qui jeue'tent à l'balle su l'terrain, pa d'vant s'maseon. A près d'soixante-siept ans, s'jeonesse est d'jà bin leon. Dins les ainnées chinquante, li, i-jeueot au mitan de l'rue A-Peos in f'sant attintieon quand i-passeot, à l'feos, eine auteo. I-n'aveot pos d'danger d'ête rinversé pasqu'ave les greos pavés comme des capieaux d'curé, l'conducteur n'alleot pos bin vite tell'mint i-éteot s'queué.   

In tirant su s'touquette et in ravisant meonter l'feumée, ov'là tout à n'ein queop qui s'ortruèfe au temps passé. 

"Batisse, dusque t'es acore m'pétit mimisse", l'veox d' s'mamère réseonne acore dins s'tiête. 

I-éteot né, pindant la guerre, dins l'quartier Sainte-Magritte comme Jean Noté que s'mopère écouteot religieus'mint su l'tourne-disque, l'soir, à l'écrienne. I-conniseot, par coeur, "l'Crédo du Paysan" ou "L'cancheonne des blés d'or". S'mamère n'aimeot que Luis Mariano et s'preneot pou Carmen Sévilla, i-falleot l'intinte canter "La belle de Cadix" et quand elle berleot "Aie aie aie", ch'éteot surtout aux orelles que cha f'seot du mal.

A s'maseon, on n'éteot pos bin riche et on n'parteot pos pou les congés. Pourtant, jamais, i-n's'a imbêté.

Dins du papier gris, s'mopère li aveot fait ein dragueon qu'i-alleot faire voler su l'plaine quand i-aveot du vint, s'mamère li aveot cousu eine grande toile et ave deux branques d'arpe i-construiseot eine tente d'indien et i-s'preneot pou Cochise. 

Comme beauqueop d'infants du quartier aveot'ent orchu ein tambour à l'fiête de Saint-Nicolas, i-aveot'ent fait ein groupe qui défileot dins l'rues et les rulettes et, li, porteot fièr'mint l'drapéeau dusqu'i-aveot écrit : "Fanfare des Infants d'Sainte-Magritte".

L'diminche, après-deîner, ave ses parints i-alleot pourméner. L'gardin d'la Reine, l'fontaine Saint-Eloi, l'Beos d'Ere ou l'écluse de Kain, ch'éteot pos fort varié mais i-aveot toudis à s'occuper. Au gardin d'la Reine, i-donneot du pain aux canards, i-raviseot les pisseons et i-s'asseyeot su ein banc pou minger l'morcieau d'podinque que l'mamère aveot importé dins s'cabas. A l'écluse de Kain, i-saveot rester des heures à orwettier les p'tits batéeaux in papier que l'mopère i-aveot fait ave l'gazette de l'velle. A l'Fontaine Saint-Eloi, à Froyennes, i-cacheot après les épinoques qu'i- essayeot d'attraper ave ein fil attaché à eine baguette. A Ere, i-z'alleot'ent aux jours de grantes caleurs, pou ête à l'fraîque, là-va, à forche d'les intinte i-pouveot orconnaîte tous les cants d'osieaux. Mais l'pus bieau des diminches, ch'est quand i-z-alleot'ent rinte visite à matante Elise qu'i-habiteot eine belle maseon au bout de l'chaussée d'Lille. Elle gardeot des galettes dins eine belle boîte in fier et elle serveot un jus d'chitreon qu'elle conserveot dins s'glacière. Bin souvint quand i-rintreot l'soir i-n'saveot pus souper, 

"Te n'sais pus acore dire flip" qu'elle li diseot s'mamère in orwettiant ave ein sourire s'mopère.

A l'feos, au meos d'juillet, l'Tour de France passeot à Tournai, ch'éteot l'époque des Coppi, Bartali ou bin Bobet. Treos heures avant l'passache de l'caravane publicitaire, no Batisse i-éteot installé su s'cayère et i-n'falleot surtout pos pinser à l'décholer. Quand l'dernier coureu i-éteot passé, on alleot écouter l'arrivée à l'radio. L'reporter, ch'éteot Mossieu Luc Varenne, ein Tournisien, qu'on diseot ein p'tit peu...chauvin. I-oblieot bin souvint Coppi, Bartali et Bobet et parleot surtout de Jean Brankart, de Rik Van Steenbergen ou de Noël Foré.

Pindant tout l'Tour de France, l'quartier Sainte-Magritte dev'neot l'Hexagone. Su des vieux véleos, les infants disputeot'ent chaque jour des étapes. L'meontée de l'rue A Peos s'transformeot ein jour in meont Ventoux et ein eaute, in Galibier ou bin in Tourmalet. Su l'boul'vard Bara, on les veyeot sprinter, l'nez dins l'guideon, comme Darrigade ou Van Looy et les pavés de l'rue Roc Saint-Nicaise éteot'ent l'arrivée à Roubaix. I-aveot toudis eine pétite file pou ormette l'bise au vainqueur, ch'éteot pétête pou ceulle raiseon que les courses éteot'ent toudis si disputées. No Batisse i-éteot bin souvint à l'dérive, on l'appeleot "lanterne rouche". I-n'queompteot les feos qu'i-aveot bourlé, l'lanterne Batisse éteot surtout rouche... d'mercurochrome !

L'pus bieau jour des vacances, ch'éteot quand Désiré, l'laitier, i-organiseot eine journée à la mer. I-metteot des banquettes dins s'camionnette et, bin teôt au matin, à sipet ou huit i-parteot'ent pou La Panne. Chint kilomètes à peine, mais eine véritape expéditieon, surtout qu'i-n'aveot pos acore d'autoroute et qui falleot passer pa l'route qui alleot d'Dottignies à Mouscron. Ch'éteot des gros pavés, des bosses et des fosses, i-falleot bin s'tenir pou n'pos taper s'tiête au plafeond de l'camionette. A Ypres, on s'arrêteot su l'Grand'Plache pou déjeuner et s'dégourdir les gampes. On arriveot à la mer presque à l'heure du deîner. Pos d'problème pou l'menu, d'avanche i-éteot connu, ch'éteot moules-frites et Rodenbach et puis de l'glache. Au soir quand on orveneot, i-aveot intérêt que l'moules-frites i-soichent passées car sur l'route de Mouscron à Dottignies et ses pavés, ch'éteot jeones de cat asseurés. Batisse et ses parints aveot'ent fait ein bieau voyache, on aveot bin mingé, bin bu, on aveot passé eine belle journée mais... on n'aveot pos eu l'temps d'vir la mer...

Quand Batisse i-orcommincheot l'école, l'prumier du meos d'sétimpe, à ses amisses, i-n'raquonteot pos, comme asteur, s'voyache in Italie ou bin in Tunisie, i-n'aveot pos vu l'cirque de Gavarny ou bin l'Aiguille du Midi mais, dins s'tiête d'infant, i-aveot l'raminvrance d'chintaines d'avintures et i-n'aveot pos vu passer les congés.

"Goal !".

Les infants su l'plache Verte aveot'ent marqué un but, i-n'aveot pos ein bleu tchien pou les applaudir mais i-salueot'ent ein public imaginaire, tout cha a ramené no Batisse à l' réalité. 

Final'mint, on éteot pos pus malhureux dins l'temps, on n'aveot pos internet, pos d'tablette, pos d'mobile, pos d'i-pod, ni d'i-pad, on n'aveot même pos l'télévisieon mais on n'aveot eine richesse qu'on est in train d'pierte, cha s'appeleot l'imaginatieon.  

 

(lexique : raminvrances : souvenirs / l'plache : la place / ravisant : regardant / les rot'leots : les roitelets, ce mot désigne les petits enfants / s'jeonesse : sa jeunesse / leon : loin / au mitan : au milieu / l'rue A Peos : la rue As-Pois / les capieaux : les chapeaux / s'touquette : sa pipe / l'feumée : la fumée / tout à n'ein queop : tout à coup /  s'ortruèfe : se retrouve / dusque t'es : ou es-tu ? / mimisse : petit mot gentil donné le plus souvent à un enfant, où... à jeune fille qu'on fréquente / l'veox : la voix / Sainte-Magritte : Sainte-Marguerite, quartier de Tournai / s'mopère : son père / à l'écrienne : à la veillée, moment situé à la tombée du jour, avant qu'on allume les chandelles, appelé aussi "l'noir quart d'heure" / s'mamère : sa mère / l'intinte canter : l'entendre chanter / berler : crier / les orelles : les oreilles / imbêté : ennuyé / ein dragueon : un cerf-volant / les branques d'arpes : les branches d'arbres / orchu : reçu / l'fiête : la fête / les rulettes : les ruelles / après-deîner : textuellement après-dîner, désigne l'après-midi / pourméner : promener / toudis : toujours / raviser : regarder / les pisseons : les poissons / l'podinque : le pudding (voir recette publiée précédemment) / orwettier : autre mot pour regarder / l'velle : la veille / cacher après : chercher / les épinoques: les épinoches, petits poissons avec des épines sur le dos / caleurs : chaleurs / à l'fraîque : au frais / à forche : à force / les cants : les chants / rinte : rendre / matante : tante / in fier : en fer / chitreon : citron / à l'feos : parfois / treos : trois / l'cayère : la chaise / pinser : penser / décholer : faire partir, déloger, faire déguerpir / oblier : oublier / pétête : peut-être / ceulle : cette / bourlé : tombé / véritape : véritable / les gampes : les jambes / l'glache : la glace / faire des jeones de cat : vomir / vir : voir / orcommincher : recommencer / sétimpe : septembre / ses amisses : ses amis / ein infant : un enfant / des chintaines : des centaines / i-n'aveot pos ein bleu tchien : textuellement il n'y avait pas un bleu chien, il n'y avait personne / pierte : perdre).

(S.T. juillet 2013)

19:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

10 juil.
2013

16:55

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (2)

Le deuxième trimestre de 2006.

Poursuivant la rétrospective des évènements qui marquèrent l'actualité locale en cette année 2006, nous abordons ceux qui se déroulèrent durant le printemps.

Avril.

Lors de son Assemblée Générale, l'asbl "Pasquier Grenier" qui oeuvre pour la défense du patrimoine de la cité des cinq clochers annonce la prochaine restauration du tympan orné de "la Vierge à l'Enfant", oeuvre de Nicolas Lecreux datant de 1758, incluse dans le bâtiment qui abrita jadis l'hôpital Notre-Dame et qui accueille désormais l'Académie des Beaux-Arts. Une autre oeuvre du même sculpteur, dénommée "l'Assomption", est désormais visible dans la chapelle du Séminaire, à la rue des Jésuites. Sa restauration avait été rendue nécessaire suite à sa conservation problématique, durant de nombreuses années, dans l'église Sainte-Marguerite fermée au culte.

Du 21 au 23 avril, les Amis de Tournai organisent, en la Halle-aux-Draps, un salon dédié à la musique qui prend le nom de "Tournai, la Note". De nombreux artistes tournaisiens y participent, Christian Chuffart, Philippe de Smet, Virginie Malfait, le quatuor Scaldis... Le 29 avril, un concert de clôture se tient en l'église du Château, il permet d'applaudir la musique du 43e R.I. de Lille avec en soliste, Christian Chuffart. 

Le 28 avril, à l'initiative du Lion's Club les Templiers, les rires fusent dans la salle Jean Noté de la Maison de la Culture où est représentée la pièce de Francis Veber : "Le Dîner de Cons".

Cette fin de mois est marquée par le début d'une affaire qui va secouer les milieux sportifs tournaisiens. Elle sera rapidement appelée "l'affaire du faux Ciré", du nom de ce joueur congolais évoluant au sein de l'équipe du FC Tournai. La justice qui s'en est emparée devra faire toute la lumière sur les responsabilités lors de l'attribution de ce faux certificat délivré par l'administration communale pour être en ordre avec les exigences de l'office des étrangers. Pour elle, il n'y a pas de doute, des personnes sont coupables de faux et usage de faux. Le bourgmestre, également président du club de football, un administrateur et une employée communale comptent parmi les suspects et lors des différentes déclarations, c'est le cas de le dire : "chacun se renvoie la balle". L'employée sera blanchie et le bourgmestre bénéficiera d'une suspension du prononcé. Voici encore une preuve qu'à notre époque, le sport est souvent générateur de pratiques douteuses et que la "gloriole" que peut apporter la fonction de dirigeant pousse parfois certains à des excès quand il s'agit de (re)dorer son blason.

Mai.

Alors que le mois de mai ramène les métiers forains sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe, le dimanche 14, la police tournaisienne réalise un coup de force en faisant emmener à la fourrière des dizaines de véhicules garés sur les trottoirs et accotements du zoning commercial de Froyennes, lors de l'hebdomadaire marché aux puces. Il faut dire que depuis plusieurs semaines, peu à peu, le stationnement était devenu anarchique et si un incendie avait éclaté dans une des nombreuses surfaces commerciales, les véhicules d'intervention auraient bien eu des difficultés pour se frayer un chemin leur permettant de rejoindre le lieu du sinistre.

Toujours en ce mois de mai, le Logis Tournaisien présente son projet d'aménagement de l'ancien hôtel des pompiers situé à la rue Perdue. Douze appartements moyens neufs seront aménagés dans la caserne tandis que des logements sociaux seront construits, à l'arrière, dans la rue des Bouchers Saint-Jacques. Les responsables restent ainsi fidèles au développement de la mixité sociale qu'ils ont entamé depuis quelques temps.

Le 22 mai, une dispute éclate entre des individus. Trois personnes ont décidé de mener une expédition punitive et pénètrent dans un immeuble du faubourg Saint-Martin occupé par un homme et sa compagne. Pendant que cette dernière se réfugie dans une chambre, ils s'en prennent à son compagnon et l'abreuvent de coups violents. La victime gravement blessée sera transporté en clinique et décèdera dix jours plus tard. On a vraiment du mal à imaginer la cause de ce différent : quelques mots déplaisants proférés à l'égard d'un des agresseurs. Comme on le constate, la violence est déjà omniprésente dans notre société et pourtant on ne peut encore rejeter la faute sur la crise qui interviendra deux ans plus tard. 

Le mardi 30 mai, la Ville de Tournai présente à la presse, son nouveau manager de la Gestion Centre-Ville. Il n'est pas un inconnu pour beaucoup de Tournaisiens, Jean Michel Van de Cauter est, en effet, l'animateur de nombreux évènements dans la cité des cinq clochers et les ados des années quatre-vingt et nonante le connaissent sous le nom de William Chapman, disc-jockey et animateur vedette d'une station de radio locale (voir l'article que le blog lui a consacré).

Juin.

Les 9 et 10 juin, la caserne Quartier Général Baron Ruquoy ouvre ses portes au public dans une opération de sensibilisation aux carrières militaires. Ces journées sont inaugurées par un grand concert donné par la Musique de la région Terre Nord-Est de Metz (F) en la Maison de la Culture tandis que la Montkainoise offre un concert apéritif le dimanche midi. Le public présent a rarement l'occasion d'admirer les bâtiments rénovés situés sur le site de la citadelle de Vauban.

Le même week-end, les amis de Tournai proposent leurs traditionnelles "Journées des Quatre Cortèges". Le samedi, à la place Reine Astrid, sur un podium sont rassemblés Mélanie Cohl (la tournaisienne qui a brillamment défendu les couleurs de la Belgique à l'Eurovision avec sa chanson "Dis oui"), les Polaris (voir article que le blog a consacré à cet ensemble musical) et Skarbone 14. C'est du Tournaisien et du meilleur et cela est dit sans chauvinisme ! 

Alors que l'année académique touche à sa fin, on apprend que Michel Jakobiec a été désigné pour succéder à André Waignien à la direction du Conservatoire de Musique, dès la rentrée de septembre. Le compositeur et chef d'orchestre bien connu dans notre région mais aussi à l'étranger a passé vingt-neuf années au sein de l'institution.

Le mercredi 14 juin, un violent orage s'abat sur le Tournaisis, les grelons précèdent un véritable déluge. Les villages de Willemeau et de Taintignies sont, une nouvelle fois, touchés par les inondations, la foudre tombe sur la caserne des pompiers à l'avenue de Maire provoquant une coupure de courant, endommageant l'informatique et bloquant même les feux rouges situés sur l'avenue, actionnés lors de la sortie des véhicules d'intervention.

Le 24 juin, Frédéric François réunit ses fans pour un concert qui se tient au stade Luc Varenne. Les organisateurs avaient aussi prévu la présence de Kio, hélas aucune suite ne fut donnée à leur souhait.

A la fin du mois de juin, la première phase de rénovation des quais tournaisiens est terminée. Celle-ci a coûté 5.260.000 Euros dont 10% à charge de la commune. Les travaux ont duré une dizaine de mois.  

(sources : presse locale, éditions de 2006)

S.T. juillet 2013

08 juil.
2013

09:35

Tournai : l'année 2006 sous la loupe (1)

Depuis la création de ce blog en avril 2007, nous avons déjà eu l'occasion de feuilleter la presse locale des années 1900 à 2005. Nous continuons la rétrospective des évènements qui ont rythmé la vie tournaisienne dans le domaine politique, sportif, culturel et des faits divers en abordant cette fois l'année 2006. Sept ans nous séparent de celle-ci mais certaines informations nous semblent déjà si lointaines ou ont peut-être déjà été oubliées.

La présentation a volontairement été bouleversée, nous suivrons une progression chronologique mais, afin de ne pas raviver des blessures récentes chez des lecteurs directement concernés par ceux-ci, certains faits dramatiques comme les suicides, les morts par overdose ou les accidents de la route seront volontairement omis. Ce serait, à mon sens, du voyeurisme de bas-étage.

2006 dans le monde et en Belgique.

Comme nous en avons pris l'habitude, il est important de remettre les évènements qui marquèrent l'actualité locale dans le contexte de ce qui s'est passé dans la monde ou en Belgique. Les sportifs se rappelleront que cette année 2006 a été celle de la Coupe du Monde de football disputée en Allemagne et remportée par l'Italie face à la France. On se souviendra aussi que le maître à jouer français, Zinedi Zidane, a quitté la partie... sur un coup de tête. 

Parmi les personnalités décédées durant ces douze mois, retenons les noms de Wilson Pickett (64 ans), véritable légende américaine de la soul-music, de Benno Besson (83 ans), metteur en scène suisse bien connu des habitués de la Maison de la Culture de Tournai où furent souvent programmées ses créations, de Jean Roba (75 ans), dessinateur belge, père de Boule et Bill, de Ferenc Puskas (79 ans), légende du football hongrois et d'Augusto Pinochet (91 ans), ancien dictateur chilien.

La convention relative aux droits des personnes handicapées est adoptée le 13 décembre 2006 au siège de l'ONU. C'est le premier grand traité du XXIe siècle en matière des droits de l'homme. 

En Belgique, l'alerte à la grippe aviaire amène l'obligation de claustration des volailles de février à mai. C'est aussi l'année de l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer sur les lieux de travail et celle du meurtre de Jo Van Holsbeek, le 12 avril, en pleine gare centrale de Bruxelles, par deux jeunes qui voulaient s'emparer de son baladeur numérique. Deux semaines plus tard, une marche blanche en sa mémoire réunira près de 80.000 personnes dans les rues de la capitale.  

Janvier . 

En ce tout début d'année 2006, on apprend que la ville des cinq clochers compte 67.500 habitants, c'est environ 300 de plus qu'au 1er janvier 2000. Ceux-ci sont répartis sur un territoire de 214 km2, la densité de population est donc de 315 habitants/km2. Pourtant sans bouger de chez eux, en ce début d'année, près de 15.000 Tournaisiens vont devoir modifier leur adresse, conséquence d'un changement de dénomination des noms de rues afin de satisfaire les exigences des services postaux en évitant que plusieurs villages de l'entité tournaisienne ne portent le même nom, exemple : rue de l'Yser à Tournai-Ville et à Kain, rue du Château à Tournai-Ville et à Ere et les très nombreuses rues des Combattants, de la Place ou du Curé... Pour rappel, cette situation dure depuis la fusion des communes intervenue au... 1er janvier 1977, vingt-neuf années plus tôt. Mieux vaut tard que jamais !

Un duo de Tournaisiens fait parler de lui dans la capitale française, Les "Okidoks", Benoit Devos et Xavier Bouvier (voir article qui leur est consacré dans ce blog) prolongent leur spectacle débuté le 29 novembre au Ranalagh jusqu'au 20 janvier. A Paris, c'est environ 700 spectateurs qui assistent à chacune des représentations, un succès mérité. 

Deux politiciens de sensibilités différentes, Pol Olivier Delannoy (PS) et José Lericque (CDH Estaimpuis) initient une conférence de soutien à Ingrid Bétancourt, otage détenue en Colombie. 

Tournai a déjà souvent servi de décor à des téléfilms, en ce mois de janvier 2006, la RTBf va débuter le tournage d'une série intitulée "Septième ciel Belgique", un feuilleton sur fond d'astrologie dont les extérieurs auront pour décors différents quartiers de la ville, même la salle des Concerts sera utilisée. 

Toujours en ce mois de janvier, à l'initiative du service club Richelieu, une première aventure de Martine, l'héroïne de BD créée en 1954 par Marcel Marlier et Gilbert Delahaye est traduite en picard grâce au talent de Bruno Delmotte. "Martine à l'cinse" permettra peut-être aux jeunes (et moins jeunes) de sa familiariser avec le patois, une langue qui fut (trop) longtemps décriée dans les milieux de l'enseignement, considérée comme trop populaire.

Culture et humour font souvent bon ménage, le 19 janvier "Le Jeu des Dictionnaires-La Semaine Infernale", une émission radiophonique animée par Jacques Mercier, fait escale à l'école des Frères. Les bénéfices de cette soirée sont destinés à la Fondation Follereau de Tournai, organisatrice de l'évènement. 

Le 21 janvier, la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps affiche "complet" pour la première représentation des "Filles, Celles Picardes", un cabaret patoisant au féminin alliant charme, chansons et comédie, tout le monde se dit que cette joyeuse troupe a de beaux jours devant elle. 

Rire encore le 25 janvier à la Maison de la Culture qui accueille dans la salle Jean Noté, l'humoriste d'origine algérienne Fellag et son spectacle d'auto-dérision, "Le dernier chameau". 

Un fait divers tragique se déroule la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 janvier, l'immeuble situé au n° 21 de la rue de la Ture est la proie des flammes, son habitant y perd la vie, Alain Leroy, employé des services du Cadastre à Bruxelles est bien connu à Tournai. A la fin des années soixante, il fut le chanteur de l'orchestre les "Aigles Stars" animant de nombreuses soirées dansantes régionales.

Février .

Le mois de février s'ouvre par la présentation d'un important projet, celui de la construction d'un nouvel hôpital sur le terrain de l'Union, club de football ayant émigré à Kain suite à la fusion avec le Racing pour donner naissance au Football Club de Tournai. Les travaux devraient débuter dans le courant de cette année 2006.

La Maison de la Culture accueille quatre acrobates et deux musiciens dans un spectacle dénommé "Tangentes", une création de Mathieu Bolze.

Un fait divers sordide a pour cadre la place Saint-Pierre. Durant la nuit du 10 au 11 février, un habitant de Brunehaut, sorti d'un café pour passer un appel téléphonique, est enlevé par les occupants d'un véhicule immatriculé en France. Délesté de tout ce qu'il possédait, il a été éjecté de la voiture quelque part dans le Nord de la France et est rentré à Tournai en stop avant d'aller conter sa mésaventure à la police. 

Dans son local d'alors, le café Le Trianon à la chaussée de Frasnes à Rumillies, la troupe du "Bistrot Patoisant" souffle ses dix bougies lors des représentations qui se tiennent durant ce deuxième mois de l'année. 

Un autre café, dans le quartier Saint-Piat, est à la une de la presse locale pour d'autres raisons beaucoup moins festives. Il est tout simplement le coeur d'un vaste trafic de drogues et faisait l'objet d'une surveillance discrète depuis de nombreuses semaines par le S.E.R. (Service d'Enquêtes et de Recherches). Lors d'une descente de police des armes sont également découvertes et cinq personnes sont arrêtées.

Mars.

Au début du mois de mars, un chantier démarre en haut de la rue Perdue, à l'emplacement de l'ancien théâtre communal détruit par les bombardements allemands de mai 1940. Ce terrain abandonné pendant plus de soixante ans, jamais reconstruit et où croissaient les herbes folles, a servi, durant tout un temps, de parking pour les agents d'un bureau syndical installé en face. On va y ériger une résidence-services pour personnes âgées qui prendra le nom de "Résidence du Théâtre".

La presse annonce l'arrestation d'un escroc international. Parmi un panel de délits, il avait notamment fait croire aux responsables du club de basket de Division I, le "B.C Tournai", en difficultés financières, qu'il allait éponger les dettes. L'homme est un habitué des tribunaux, il se déclarait aussi être le grand patron d'une radio privée.

Le lundi 6 mars, le propriétaire de l'armurie située dans la rue de l'Hôpital Notre-Dame est réveillé, vers 5h45, par un énorme fracas, le volet de fer qui protège sa vitrine vient d'être arraché par un véhicule. Arrivé dans le magasin, il tombe nez à nez avec des malfrats encagoulés qui sont occupés à faire main basse sur des armes de poing, une imitation de kalachnikov tirant des billes et un fusil à lunette. Abandonnant au milieu de la rue le véhicule immatriculé en France qui leur avait servi pour pénétrer dans l'armurerie, ils fuient au volant d'une Porsche Carrera de teinte noire. Celle-ci sera retrouvée quelques heures plus tard à Esplechin, à deux pas de la frontière française. 

Quelques jours plus tard, la nuit du 15 au 16 mars, une voiture signalée volée en France est repérée à proximité du boulevard Léopold. Deux individus s'enfuient et trouvent refuge dans les locaux abandonnés de l'ancien Casino et dancing Le Paradise. Les forces de l'ordre cernent le vaste immeuble et appellent les pompiers pour venir éclairer les lieux au moyen de puissants projecteurs. La fouille du véhicule laisse apparaître qu'il s'agit probablement des auteurs du casse de la semaine précédente dans la rue de l'Hôpital. Dans le coffre rempli d'armes, on retrouve des cagoules, des gants et également une écharpe noire comme celle portée par un des malfrats aperçu par l'armurier. Il apparaît vite que ces deux individus ont également commis de nombreux méfaits en France.

Les 8 et 10 mars, la Maison de la Culture accueille la pièce "Mesure pour Mesure" de William Shakespeare dans une mise en scène de Philippe Sireuil. 

Le 15 mars, au Palais de justice, se déroule, en soirée, un (faux) procès, celui fictivement intenté à la langue française qui attire, en deux séances, la toute grande foule. "Impro Justitia" est une pièce dans laquelle on retrouve, parmi d'autres, les humoristes Bruno Coppens et Virigine Hocq, Dieudonné Kabongo... et maître Pannier dans son propre rôle d'avocat.

En cette seconde partie du mois de mars 2006, la presse locale révèle que les Ateliers Louis Carton (ALC) situés à la chaussée d'Antoing qui occupent encore trente-cinq ouvriers et vingt employés sont passés dans le giron du groupe Socom Metallurgy basé à Marcq-en-Baroeul dans le Nord de la France.

La nuit du jeudi 23 au vendredi 24 mars, à la résidence Marcel Carbonnelle, une main criminelle boute le feu à deux garages situés en sous-sol. L'incendie est à ce point important que les fumées envahissent les immeubles situés au n°114 et 119. Il faut rapidement évacuer leurs habitants vers l'école communale toute proche. Maîtres du sinistre, les pompiers autorisent les locataires à regagner leurs appartements vers 1h30. Hélas, cet incendie fera indirectement une victime. Retournant dans le noir, un homme est tombé dans une bouche d'évacuation du parking souterrain ouverte pour dissiper les fumées. Gravement blessé, il décèdera à l'hôpital dix jours plus tard. 

Dans l'optique du prochain Carnaval de Tournai, le vendredi 24 mars se tient l'élection du Roi Carnaval, ils sont pas moins de vingt candidats issus de différentes confréries à briguer ce titre éphémère. Le samedi 25, les "carnavaleux" envahissent les rues de Tournai. Un des héros de celui-ci, "l'Bourguémette" (le bourgmestre) Pierre Vandenbroeck qui déclare avec la sobriété qu'on lui connaît : "Un p'tit pas pou l'bourguémette, un grand pas pou tous les rambiles" (la confrérie dont il est issu). 

(sources : presse local de l'année 2006).

S.T. juillet 2013

 

06 juil.
2013

09:35

Tournai : expressions tournaisiennes (231)

Rien à déclarer ?

L'histoire que j'vas ichi vous raqueonter s'a passée i-a près d'chinquante ainnées quançque les frontières n'aveotent pos 'core été supprimées.

Deux feos pindant l'sémaine, Mimile, ein garcheon qui habiteot dins no ville, preneot s'véleo pou s'rinte à Lille. 

Arrivé au poste frontière d'Hertain-Baisieux, i-éteot interpellé pa les douaniers et vous comperdez bin qu'i-éteot connu pa tertous. I-aveot même ein dreôle de réputatieon. 

"Tins, ov'là Mimile, qui va voir les files à Lille, quoisqu'on raqueonte aujord'hui in ville ?"

L'sanche éteot ave li car i-aveot là ein douanier supporter du Racing et l'eaute d'l'Unieon, les deux clubs d'fotbal de l'cité des chinq clotiers. Mimile monteot su leu gampe et parveneot toudis à les meonter les eins conte les eautes. Pou ein peu i-areotent batt'lier insanne.

Après on rigoleot, on échangeot quelques meots et Mimile ormonteot su s'véleo.

Ein bieau jour, in arrivant au poste d'douane, Mimile a ormarqué qu'i-aveot eine séquoi d'canger, ch'éteot pus Jules et Maurice qui z'éteot'ent d'service mais ein jeone tout bouteonneu planté au mitan du qu'min

Veyant l'malette que Mimile aveot su s'porte-bagaches, i-li dit d'ein air mourdreux

"vo malette, vous allez l'ouvère".

Mimile n'in meneot pos larche.

Dins l'feond muché sous des cauchettes, i-aveot chinq paquets d'toubaque, ein kileo d'chucolat in plaque et treos boutelles d'Amer Labiau.

"Quoisque j'veos ichi, vous fraudez l'amisse, cha va vous coûter tchier !".

Mimile i-n'perd pos l'nord et répeond ainsin :

"Ch'est vrai, Mossieu l'douanier, ch'est l'prumière feos que je l'fais, j'ai pos eu d'sanche, j'ai jeué et j'ai perdu".

Sortant de l'poche de s'mareonne ein paquet d'cigarettes i-li dit :

"Vous feumez ?"

L'douanier li répeond d'ein air débalté :

"jamais quancque j'sus in service et in puque cha m'fait tousser, j'sus allergique"

"Adeon.. vous n'avez pos d'briquet ou bin d'alleumettes ? Laichez me aller jusqu'au bar-tabac in querre et j'orviens, pou vous moutrer m'beonne volonté, j'vous laiche m'malette !".

"Z'avez deux minutes et pos d'intourloupe"

Bin intindu, l'douanier i-n'l'a pus vu orvenir, Mimile i-a copé a travers camps pou ortourner à s'maseon

Pinsant que tout cha éteot oblié ou bin que l'douanier n'éteot pus d'service, six ou siept meos pus tard, Mimile orcomminche l'même queop et ...paf, i-cait su l'même gabelou. 

L'bougre i-aveot eine saprée riche mémoire.

"Ah, vous ov'là infin mon gaillard et vous avez acore eine malette, vous allez l'ouvère et j'sus seûr d'acore trouver de l'contrebande".

Si fait, sous les gilets, i-aveot, ceulle feos, des pièches d'or et de l'mitralle.

Mimile li dit : "Mossieu, je m'sins flaubir, i-m'feaut feumer eine cigarette pou m'ormette, vous n'avez toudis pos d'alleumettes".

L'douanier i-rinte dins eine rache du tonnerrre :

"On n'va pos me l'faire deux feos c'queop là, j'n'ai pos d'alleumette et je n'feume toudis pos. Vous n'êtes pos ichi teomber su les deux annochints, au contraire, mi j'sus ein malin. M'chef i-dit toudis que rien qu'à m'vir on comprind que dins l'administratieon j'ai d'l'avenir. Ceulle feos ichi, vous allez rester ichi ave vo malette et... ch'est mi qui va aller querre au bar-tabac les alleumettes !". 


(lexique : raqueonter : raconter / quançque : lorsque, quand / pos 'cor : pas encore / feos : fois / ein garcheon : un garçon / s'rinte : se rendre / vous comperdez : vous comprenez / tertous : tous / les files : les filles / l'sanche : la chance / les chinq clotiers : les cinq clochers / l'gampe : la jambe / batt'lier : batailler / insanne : ensemble / ormarqué : remarqué / eine séquoi : quelque chose / canger : changer / ein jeone : un jeune / au mitan : au milieu / le qu'min : le chemin / mourdreux : hargneux / ouvère : ouvrir / larche : large / muché : caché / les cauchettes : les chaussettes / l'toubaque : le tabac / l'chucolat : le chocolat / treos : trois / l'amisse : l'ami / tchier ou tcher : cher / ainsin : ainsi / l'prumière : la première / jeué : joué / s'mareonne : son pantalon / vous feumez : vous fumez / débalté : énervé, agacé / in puque : de plus / adeon : donc / les alleumettes : les allumettes / laichez : laissez / querre : chercher / moutré : montrer / copé : coupé / les camps : les champs / s'maseon : sa maison / siept meos : sept mois / l'même queop : le même coup / caire : tomber / saprée : sacrée / des pièches : des pièces / de l'mitralle : de la petite monnaie / flaubir : faiblir, défaillir / eine rache : une rage, une colère / annochints : innocents / vir : voir / ceulle : cette ).

(S.T. Juillet 2013) 

09:35 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patois, picard |

04 juil.
2013

11:01

Tournai : commerce local et effet papillon.

"Le battement d'ailes d'un papillon...", tout le monde connaît cette métaphore et la chanson de Bénabar qui décrivent les conséquences, parfois dramatiques, d'un fait apparemment anodin se déroulant sur un point précis de la planète. 

Dans la cité des cinq clochers, le commerce du centre-ville, déjà sinistré par l'importance et la durée des travaux de revitalisation, vient d'encaisser un nouveau coup dur. En cause, l'important chantier de la cathédrale Notre-Dame qui vient d'entrer dans sa seconde phase, la plus spectaculaire. 

Chacun sait qu'on construit actuellement un échafaudage qui cernera et "emballera", à terme, les cinq clochers. Dans un futur proche, pour monter les matériaux à plus de quatre-vingts mètres, il est également nécessaire d'assembler une grue gigantesque sur la place Paul Emile Janson. Ce travail de mécano géant a commencé ce lundi 1 juillet à 4 h du matin.

On a amené la flèche utilisée dans le cadre de la construction d'éoliennes. Elle doit installer la trentaine d'éléments qui composent le futur engin de levage. Pour d'évidentes raisons de sécurité, on a donc interdit la circulation dans le périmètre concerné et la rue de Courtrai a été transformée en une impasse, la rue des Orfèvres à peine ouverte suite à sa rénovation a déjà vu son sens de circulation inversé pour désenclaver le quartier cathédral et permettre aux automobilistes de ne pas vivre une situation comparable à celle décrite par l'humoriste Raymond Devos dans son célèbre sketch du rond-point. Tout devait se dérouler en trois jours afin de bloquer le moins de temps possible la clientèle désirant se rendre dans les commerces de la Croix du Centre. Hélas, on s'est rapidement rendu compte que les camions devant amener la trentaine d'éléments se trouvaient toujours bloqués en Allemagne en raison de la défaillance du transporteur. Le temps de trouver une solution de remplacement, il a fallu prolonger la fermeture du quartier à toute circulation.

Une fois encore les citoyens d'une ville qui fut, jadis, pompeusement dénommée la première capitale d'Occident grâce à Clovis, ont pesté contre les balbutiements de cette Europe continuellement naissante, une soi-disant communauté économique qui n'a pas banni la concurrence entre les pays et à laquelle on continue d'accrocher régulièrement des maillons faibles. Un effet papillon : une entreprise qui ne respecte pas son contrat en Allemagne et voici les commerçants tournaisiens, déjà mal lotis en raison de la crise et des chantiers, qui risquent de voir fuir une clientèle tant espérée pour la période des soldes. 

Ce jeudi 4 juillet, de chez moi, on aperçoit la flèche d'élévation à nouveau déployée ce qui laisse espérer que le travail d'assemblage va pouvoir enfin commencer. Pourvu que les bouchons ne retardent pas l'arrivée des camions. 

Un quartier commercial bloqué, c'est dérangeant pour ses habitants et ses commerçants, que dire alors des nombreux autres endroits de la ville qui connaissent les mêmes problèmes. 

Depuis ce mardi 2 juillet, on pave l'avenue de Troyes et pour réaliser ce travail, il a été nécessaire de la fermer dans les deux sens de circulation. Quant ce chantier sera terminé, la presse nous a déjà révélé que c'est le carrefour formé par cette même avenue de Troyes, la rue de la Madeleine, l'allée latérale du boulevard Léopold et la rue Péterinck qui sera fermé au moins deux semaines à la circulation pour son réaménagement.

On nous apprend également que la rue Royale sera fermée dans sa section entre la rue des Campeaux et le quai Saint-Brice alors que les travaux de la rue de l'Hôpital Notre-Dame, située dans son prolongement, ne sont pas terminés. La rue des Fossés est également en chantier et interdite au passage des véhicules. Au début de cette semaine, c'était la rue de la Ture qui était inaccessible. 

Peu à peu les automobilistes qui veulent traverser la cité des cinq clochers risquent de perdre patience. Un ouvrier a déclaré : "Nous, on doit travailler" et nul ne consteste ce droit mais un peu de coordination résultant d'une vue d'ensemble du centre-ville aurait été plus judicieuse. Chacun semblant faire son chantier dans son coin, mettant devant le fait accompli le service de police chargé de trouver des solutions et déclenchant également au niveau local, un effet papillon. 

Au-delà de la métaphore de l'effet papillon, on a également coutume de dire : "Qui aime bien, châtie bien", vous avez probablement déjà deviné, si vous êtes de fidèles lecteurs de ce blog, que j'aime ma ville, c'est pour cela que je me permets de relever parfois les errements qui la font souffrir depuis trop longtemps ! Au XXIe siècle, les gestionnaires de chantiers devraient, au moins, avoir un minimum d'organisation sauf si cet élément passe en dernier lieu sacrifié sur l'autel de la sacro-sainte rentabilité ou si cela n'est plus enseigné dans les écoles techniques !

 (S.T. juillet 2013)

11:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, travaux, rue royale, avenue de troyes, chantiers |

01 juil.
2013

09:05

Tournai : Une île entre faubourg de Maire et de Lille

Tout comme cela a déjà été réalisé pour certains quartiers de la ville, nous allons nous intéresser à ce vaste faubourg situé à l'ouest de Tournai entre les routes menant à Lille et à Roubaix. 

En pleine nature.

Jusqu'au milieu du XIXe siècle on ne decouvrait à cet endroit qu'un vaste paysage campagnard composé de champs, de prairies, de bosquets et de bois, parsemé de fermes et de moulins (on en a dénombré près d'une dizaine à grains, à huile et même à cailloux parmi lesquels le moulin Lagache démoli le 20 octobre 1918 par les soldats allemands). A cette même époque, aux abords de la chaussée de Lille, au lieu dit le Val d'Orcq, on pouvait encore voir les vestiges de l'ancienne léproserie, la "Bonne Maison du Val", érigée au Moyen-Age. 

La chapelle de cette dernière devenant trop petite pour accueillir les fidèles lors des offices, en 1852, on posa la première pierre d'une nouvelle église, oeuvre de l'architecte Simon Gahylle, dédicacée à Saint-Lazare. Elle fut ouverte au culte une année plus tard et restaurée en 1884 et en 1920.

Ce n'est qu'à partir du démantèlement des remparts de la ville, vers 1870, que les faubourgs du sud de Tournai ont connu une extension presque continue. En effet, dans les Annales de la Société d'Histoire et d'Archéologie de 1898, l'archiviste et historien tournaisien Adolphe Hocquet écrivait "...la ville, emprisonnée dans ses murailles, n'avait au-delà de son enceinte que des faubourgs presque déserts, avec quelques rares constructions..."

En 1873, entre la rue qui a pris le nom de Saint-Eleuthère et la future avenue des Sorbiers, on inaugura l'école d'Horticulture et d'Arboriculture avec ses jardins, vergers et serres, une institution initiée par Barthélémy Dumortier. 

En 1878, on procéda à l'inauguration de l'école communale n°3 appelée populairement "l'école de l'Porte d'Lille". Celle-ci est le premier bâtiment scolaire construit hors des murs de la cité dans ce faubourg naissant. 

Un début d'urbanisation.

Au-delà de la Porte de Lille, on a vu ensuite se construire d'importantes résidences au centre de vastes propriétés, lieux de vie de familles bourgeoises souhaitant quitter la ville, tandis qu'en 1901 furent érigées les premières maisons à caractère social par la "Société anonyme pour la construction d'habitations pour les ouvriers" (qui prit, par la suite, la dénomination de "Sociétés d'habitations de Tournai SA"). Dix-sept premières maisons ont été érigées, en ce début de XXe siècle, à la Carrière Lagache et, neuf ans plus tard, un lot de quarante vint s'ajouter. Durant le premier conflit mondial, trente-six de ces immeubles furent dynamités par les Allemands et reconstruits en 1920.

Involontairement, un politicien français allait être, lui aussi, à l'origine de l'essor du quartier, Emile Combes, Président du Conseil de 1902 à 1905, un homme profondément anticlérical qui s'attaqua aux congrégations religieuses et prépara la loi qui entérinera la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Les communautés religieuses quitteront l'Hexagone et beaucoup d'entre-elles viendront s'établir en Belgique, juste de l'autre côté de la frontière, prémices d'une attitude adoptée par d'autres, pour de multiples raisons notamment fiscales, un siècle plus tard. 

En 1903, les religieuses de l'ordre de la Sainte-Union achèteront un immeuble situé au n°12 de la chaussée de Lille, hôtel particulier de la famille Soyez, ainsi que l'immeuble qui lui fait face. Elles allaient les relier par un passage souterrain sous la voirie, passage qui existe toujours et qui, modernisé, est toujours emprunté. Très rapidement, elles deviendront également propriétaires des bâtiments situés aux numéros 4 et 10. L'acquisition de tous ces bâtiments était destinée à l'ouverture d'un lieu d'enseignement, à l'origine uniquement réservé aux jeunes filles de nationalité française.

A peu près à la même époque, les religieuses de la Providence ouvriront une école qui prendra le nom de Saint-Joseph et sera exclusivement réservée aux filles. 

En 1910, les religieuses de la congrégation de Marie-Réparatrice font ériger, sur des plans de l'architecte Norbert Pipers, un vaste ensemble de bâtiments dans un parc, au bout d'un chemin débouchant sur la chaussée de Lille. Par la suite, elles y accueilleront des personnes âgées, bien souvent grabataires. 

En 1913, les religieux de l'ordre des Pères Caméliens (aussi appelés Camiliens à Tournai), arrivés eux aussi dans la cité des cinq clochers en 1902, vont faire construire un couvent, jouxtant la propriété Carbonnelle, en rase campagne, à quelques hectomètres du boulevard Léopold auquel le couvent était relié par un chemin créé en 1905. Ce couvent servira de noviciat.

Jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale, aux extrémités de cette vaste étendue, le long de la chaussée de Lille et de la rue Saint-Eleuthère, des habitations nouvelles vont naître. Ainsi, en 1930, une petite école fut édifiée à la rue Saint-Eleuthère, elle prit le nom d'école Saint-Michel. Elle comprenait trois classes, une maternelle et deux primaires et dépendait alors de l'école de la Madeleine. Elle deviendra autonome en 1960.

L'essor du quartier.

Alors que la cité des cinq clochers pansent les plaies d'un conflit qui l'a profondément défigurée, le 1er décembre 1950, le Courrier de l'Escaut révèle un projet ambitieux, celui de la création de ce qu'on appelait alors une "cité-jardins". Celle-ci serait érigée par la société Le Logis Tournaisien sur une superficie de treize hectares, dans une partie de la propriété Carbonnelle, entre le couvent des Pères Caméliens et celui des Réparatrices et entre le chemin de Willems (village français vers lequel il mène) et le chemin 45. Ce nouveau quartier de maisons à loyer modéré prendra le nom de "Vert-Bocage". La première phase des travaux débuta dans le courant de l'année 1951 et les cinquante-et-une maisons furent terminées et inaugurées le 27 novembre 1954. 

Avec ces premières constructions, ce territoire aux portes de Tournai va, peu à peu, perdre son caractère rural. Des phases successives qui se termineront en 1965 par l'édification de logements pour personnes âgées allaient y porter le nombre de maisons sociales à trois cents. Une petite cité pour habitants aux revenus modestes venaient de s'installer à l'ouest de la ville.

Les noms des rues rappellent le passé de ce quartier : avenue des Sapins, des Sorbiers, des Bouleaux, du Saule, la rue du Logis, la rue du Vert Bocage... Cependant beaucoup ignorent aujourd'hui qu'une de ces rues porte un nom qui lui avait été provisoirement donné : la rue de la Construction. En effet, en 1953, le conseil communal décida de l'appeler "rue de la Reconstruction". Ironiquement, l'opposition avait fait remarquer que le terme était mal choisi puisqu'à cet endroit il n'y avait auparavant que prairies et champs. Le bourgmestre trancha en lui donnant son nom actuel dans l'attente d'une nouvelle proposition... qui n'est jamais venue !

La pratique religieuse étant plus important qu'aujourd'hui, l'Evêché prit la décision de construire une église paroissiale à l'avenue du Saule, après avoir songé l'édifier près de l'école Saint-Michel. On y construisit tout d'abord une cure et un centre paroissial, "la Maison de Jeunes - Les Clés" où se retrouvaient les mouvements de jeunesse et où étaient organisées des activités sportives. La pose de la première pierre de l'édifice religieux eut lieu le 26 avril 1964. Le premier office fut célébré à la Noël 1964. Bâtiment résolument moderne, il présente la forme d'un quadrilatère dont deux grandes parties vitrées ouvrent sur des espaces de verdure. Un petit clocher aux cloches apparentes s'élève de la plate-forme qui lui sert de toit. Près d'un millier de fidèles peut y être accueilli. 

Parlant de ce quartier, Pol Guilbert qui fut président de l'association des commerçants et conseiller communal se souvient qu'il existait naguère un groupe d'habitations appelé "cité Casterman" construite aux abords du terrain du Racing. Il s'agissait de vieux bâtiments, presque des taudis, inconfortables et rongés par l'humidité. Les occupants des lieux furent relogés dans les maisons sociales du Vert-Bocage. Pour eux, le choc fut important, ils quittaient une cité insalubre pour des maisons possédant toilette, salle de bains, chambres multiples..., ce fut probablement la première fois que les autorités communales eurent recours aux services d'une assistante sociale pour leur permettre d'accepter ce changement radical de leurs conditions de vie. On raconte que certains continuèrent à se laver dans un bassin et réservèrent la baignoire pour entreposer le charbon, d'autres se sentirent déracinés !

Le mouvement d'urbanisation était lancé, plus rien ne pouvait l'arrêter. La cité du Vert-Bocage à peine terminée, à la fin des années soixante, un nouveau projet immobilier voit le jour. Sur les prairies s'étendant entre le chemin Willems et la rue Saint-Eleuthère vont sortir de terre, cent-dix maisons et six tours de six étages abritant près de cent cinquante appartements avec garages en sous-sol. La "résidence Marcel Carbonnelle" est née. Les derniers appartements seront livrés en 1975.

A la même époque, entre cette nouvelle résidence et le chemin des Peupliers, on construisit la résidence Beau-Séjour, celle des Peupliers et du Vert Bois, si les logements du Vert Bocage et de la résidence Carbonnelle étaient loués, les derniers construits étaient voués à la vente. Les travaux furent aussi terminés au milieu de l'année 1975. Les terrains libres situés entre ces trois pôles furent acquis par des particuliers qui y construisirent leurs villas. 

1950-1975, il a fallu moins de vingt-cinq années pour transformer cette verte campagne en une zone urbaine aux portes de la ville. Plus d'un millier de familles trouva ainsi à se loger et comme la population était relativement jeune, non seulement on tripla la population scolaire de l'école Saint-Michel qui fut totalement transformée mais l'administration communale construisit également une école communale répartie sur deux sites, à la résidence Carbonnelle et au Beau-Séjour.

Entre le centre Saint-Paul et la résidence Carbonnelle se dresse encore actuellement la seule industrie, la biscuiterie Desobry. Dans l'avenue Minjean, on découvre une salle omnisport et des terrains de tennis, "le Skill", héritage d'un couple dévoué au volley-ball à Tournai, Mr et Mme Charles Vivier, aujourd'hui décédés, qui la firent construire dans les années septante. 

L'absence d'un brassage de population.

Ce vaste ensemble immobilier est né avec le développement de l'individualisation des loisirs mais aussi avec celui des techniques de communication (télévision, vidéo, internet...), et là réside peut-être l'explication d'une vie associative beaucoup plus limitée que dans des quartiers comme le Maroc et Saint-Piat. Il y a bien eu des tentatives pour rassembler les habitants par des fêtes de quartier et même par la création du géant Marcel Carbonnelle qui se voulait le symbole de cette nouvelle entité mais tout cela a fait long feu. Même l'annuelle Fête des Voisins ne parvient pas à jouer le rôle qu'on veut lui attribuer. Le seul rendez-vous incontournable désormais est le grand Marché aux Puces organisé chaque année en mai au centre Saint-Paul !

Le terrain de football "Prior" créé dans les années cinquante a vu défiler les équipes corporatives, les équipes d'âge du Racing et même le Football Club Vert Bocage. La crise est venue et les clubs ont mis la clé sous le paillasson, tout cela aussi a, peu à peu, disparu et la saine pratique sportive ne semble même plus intéresser une jeunesse désorientée.

En 2013, beaucoup de primo-arrivants ont quitté ce monde, d'autres ont préféré quitter leur logement pour une maison d'accueil pour personnes âgées, on a assisté à un renouvellement assez rapide de la population, toutes ces raisons n'ont pas permis d'enraciner les habitants et expliquent probablement que, contrairement à ce qui se passe en ville, le quartier ne semble pas posséder une âme. La baisse de la pratique religieuse et la suppression de nombreux offices ont eu pour résultat de clairsemer les rangs des fidèles qui fréquentent l'église paroissiale. Les propriétaires de la ferme Lagache où il était facile de se procurer du lait, des oeufs ou des pommes de terre ont vendu leurs bâtiments.

Un autre phénomène récent est l'arrivée de nombreux couples français, ceux-ci achètent en priorité les imposantes propriétés cédées par ceux qui souvent les avaient fait construire. Malheureusement, il faut bien constater que ces nouveaux arrivants ne se mêlent pas aux autres.  Ils résident là, presqu'en autarcie. 

Du faubourg de Maire à la chaussée de Lille, mon quartier ressemble à une île, un microcosme, une vaste étendue sur laquelle se révèlent les affres de notre société actuelle, les paradoxes foisonnent dans cet ensemble hétéroclite, créé peut-être un peu trop rapidement ou artificiellement car il y a moins de cent cinquante ans, il n'y avait, ici, que des prairies et des champs. 

(sources : "les enceintes de Tournai, des origines au XIXe siècle", publication extraordinaire de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie paru en 1985 à l'occasion de l'exposition qui s'est tenue en la Halle-aux-Draps du 13 avril au 5 mai - "Il était une fois le Vert Bocage", article paru dans le journal le Nord-Eclair en 1996 - "mémoires du faubourg de Lille" ouvrage écrit par les habitants du quartier en collaboration avec les Ecrivains Publics, paru en septembre 2012 - recherches personnelles).


(S.T. Juillet 2013)