20 mai
2013

Tournai : le courtil de la chaussée de Lille

On désigne par "courtil", le petit jardin qu'on trouvait jadis dans les fermes, quelques mètres carré où poussaient fleurs et légumes.

En septembre 2012, lors de l'édition du livre "Les mémoires du faubourg de Lille", les auteurs avaient souhaité laisser un souvenir de leurs réunions hebdomadaires et extrêmement chaleureuses organisées pour sa rédaction. C'est alors qu'est née l'idée de création d'un petit espace vert à l'angle de la chaussée de Lille et de l'avenue Minjean, un lieu convivial où il ferait bon se reposer au cours d'une promenade, un endroit de rencontres pour continuer à évoquer des souvenirs ou commenter l'actualité, un petit coin sympathique destiné, les soirs d'été, aux plus jeunes comme aux plus âgés pour tisser des liens d'amitié, un jardin où vont peut-être se nouer, comme jadis, des idylles ou des amours éternels. 

L'Administration communale a marqué son accord et le service des plantations de la Ville sous la responsabilité de Gauthier Fontaine, orginaire du faubourg, a accepté de travailler en partenariat avec les jeunes fréquentant la "Port'Ouverte". Ainsi durant l'automne, un nettoyage complet a fait disparaître toute la végétation qui avait sauvagement poussé sur ce petit terrain. 

Durant l'actuel printemps, de nouvelles plantations ont eu lieu, deux bancs rustiques ont été posés, de l'herbe a été semée. L'entretien régulier du jardin a été confié aux membres de la Maison des Jeunes. 

Les responsables ont pris la décision de procéder à l'inauguration de cet oasis de verdure lors de la ducasse annuelle du faubourg de Lille qui a traditionnellement lieu le lundi de la Pentecôte. Comme il avait été dit : "on la fera au bon temps" !

Ce lundi 20 mai, le ciel est brumeux, les nuages bas se sont invités aux festivités du quartier Saint-Lazare, ils se sont investis de la mission de distiller quelques gouttes de pluie pour arroser une végétation qui est loin d'être assoiffée, ils ont peint un ciel tristounet sans pour autant atteindre le moral des habitants du quartier.  

En effet, les inaugurations dans ce faubourg sont toujours copieusement arrosées, on se rappellera que lors de l'inauguration de la rue de la Fondation Follereau située derrière la chapelle des Lépreux, en présence de Raoul Follereau et de son épouse, Madeleine, édilités et sympathisants de cette noble cause qu'est la lutte contre la lèpre durent être abrités sous une forêt de parapluies afin de les protéger des hallebardes qui tombèrent toute la journée, c'était également au mois de mai. 

Bravant l'humidité et la morosité engendrée par ce temps trop humide et trop frais pour la saison, l'Optimiste a néanmoins décidé de se rendre au marché aux puces des habitants du quartier, choisi d'assister à l'inauguration du courtil et écouter l'aubade donnée par la chorale du conservatoire de Tournai, il va être spectateur de la traditionnelle et cocasse course de brouette et participer aux différentes animations et au spectacle de cirque de rue. 

Pour que subsistent ces festivités annuelles, les jeunes qui fréquentent la maison "Port'Ouverte" ont repris le flambeau de leurs aînés, perpétuant l'ambiance de ces moments qui permettaient, jadis, aux habitants d'un quartier de se rencontrer dès le retour des beaux jours.

Les échos d'une journée bien arrosée.

Depuis bien longtemps, ils sont plusieurs dizaines d'exposants à venir rejoindre les habitants pour le traditionnel marché aux puces. Si on dit que "la pluie du matin n'arrête pas le pélerin", elle a probablement dissuadé les camelots extérieurs au quartier car ils étaient tout au plus une petite dizaine à avoir bravé le léger crachin qui s'abattait depuis le lever du jour sur l'asphalte des routes et sur un parvis de l'église Saint-Lazare un peu désert. 

A la hâte, les dirigeants et jeunes de la Port'Ouverte ont monté une tonnelle afin d'abriter les orateurs et l'Ensemble vocal du Conservatoire qui, vers 11h15, participèrent à l'inauguration du courtil. La foule (car des dizaines de personnes avaient à ce moment rejoint l'avenue Minjean) reprit en choeur le désormais hymne local : "le faubourg de Lille" écrit par Maryse Deprez sur l'air de la chanson de Luis Mariano : "C'est magnifique". 

A la tribune, l'échevin de l'enseignement et des espaces verts, Philippe Robert, la coordinatrice des Ecrivains publics de Wallonie picarde, Caroline Jesson, le président de la maison des jeunes, Christian Gueuning se succédèrent pour évoquer ce faubourg où il fait bon vivre, le livre qui lui a été consacré dont il ne reste que quelques exemplaires et ce centre pour les jeunes ouvert il y a déjà une quarantaine d'années. En présence également de Pol Olivier Delannoy, échevin délégué et de Daniel Senesael, député-bourgmestre d'Estaimpuis, on arrosa l'évènement par le verre de l'amitié. Il ne restait d'ailleurs plus que les entrailles des spectateurs à hydrater puisque le reste du corps l'était déjà depuis bien longtemps malgré la forêt de parapluies multicolores qui tentaient d'égayer la grisaille tenace.

C'est donc sous les tonnelles qui d'habitude protègent les convives des ardeurs du soleil que fut servi le couscous et c'est sous une météo un peu plus clémente qu'eut lieu la course de brouette et les autres festivités. La ducasse Saint-Lazare 2013 a vécu !

S.T. mai 2013 



19:03 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, saint-lazare, courtil, faubourg de lille |

Commentaires

Bonsoir Serge. Merci pour ce nouvel hommage au quartier. Oh la la la, c'est magnifique ! Une petite précision : il ne s'agit pas de l'échevin Claude Michez mais de Philippe Robert ! Bisous.

Écrit par : Caroline JESSON | 20/05/2013

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Merci à Caroline et Eliane de m'avoir fait remarquer l'énormité commise au sujet de l'identité de l'échevin (confusion entre C Michez et P. Robert). Je ne sais si le crime de "lèse-échevin" est puni par notre législation, auquel cas je me retrouverais à un gibet élevé pour la circonstance au beau milieu du courtil. Je vous assure que je n'avais pas bu la moindre goutte d'alcool (excepté le verre servi... qui devait être très fort) mais je crois qu'étant percé jusqu'à la moelle des os par la pluie, une petite partie du cerveau a probablement été noyée. Il faudra que je fasse vérifier l'étanchéité de la toiture !

Écrit par : l'Optimiste | 21/05/2013

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Passe une bonne semaine et à bientôt Serge.

Écrit par : Un petit Belge | 21/05/2013

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