06 mars
2013

Tournai : Au temps de l'école coloniale !

Débutons cet article consacré à un fait que beaucoup de Tournaisiens d'aujourd'hui ignorent par une question :

Quels liens unissaient ces différentes personnalités :

Raphaël Pollet (1870-1957), ingénieur, patron de la savonnerie familiale éponime, Walter Mestdag (1884-1962) courtier en sucre, Secrétaire de la Coopérative des Fabricants de Sucre de Belgique, fils d'Auguste, auteur patoisant, membre-fondateur de la Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, Edmond Dronsart (1889-1965), Directeur de la Croix Rouge de Belgique de 1922 à 1959, Charles Vandevelde (1894-1966), avocat, Armand Devallée (1884-1964), ingénieur en constructions civiles, chargé de la coordination de la reconstruction de Tournai au sein des Ponts et Chaussées mais aussi l'industriel Emile Carbonnelle, Georges Bartholomée, Secrétaire général de la Chambre de commerce et d'industrie du Tournaisis, Edmond Carton, avocat, Alfred Liénart, ingénieur, Jean Ghislain, professeur, Gaston de Fourmanoir de la Cazerie, Jean Marie Jadot, André Gilson et Firmin Gualbert ?

La réponse est simple, ils sont les membres fondateurs, le 15 janvier 1944, du Centre d'Expansion économique et coloniale du Tournaisis (CEECT), officiellement inauguré en l'Hôtel de Ville de Tournai lors d'une cérémonie placée sous le patronage du Centre National pour le Relèvement de la Ville de Tournai (CNRT), créé le 1er août 1940 à l'initiative de l'ancien ministre des Colonies, Henri Carton de Tournai et présidé par le prince Albert de Ligne. 

Le Congo est alors une colonie belge et bon nombre de nos compatriotes, parmi lesquels certains sont originaires de Tournai ou du Tournaisis, n'hésitent pas à la rejoindre pour y trouver un emploi et un "mieux-être".

La plupart des Tournaisiens qui composent cette toute jeune association ont aussi un lien étroit avec notre colonie d'alors, ainsi Gaston de Fourmanoir de la Cazerie est Administrateur délégué des entreprises coloniales du groupe Lambert à Bruxelles, Edmond Dronsart est également Secrétaire général de la Croix Rouge du Congo, Jean-Marie Jadot est Conseiller honoraire près la Cour d'appel de Léopoldville, Alfred Liénart est Administrateur délégué de la Cominière, Charles Vandevelde est Secrétaire de la Société de propagande coloniale de Tournai, Jean Ghislain est professeur à l'Université coloniale d'Anvers, André Gilson est ancien gouverneur de la Province orientale du Congo et certains seront ainsi membres de l'Amicale des coloniaux et anciens coloniaux de Tournai et du Tournaisis qui sera fondée le 19 mai 1946.

Une gestation durant la seconde guerre mondiale.  

C'est en 1942 qu'André Gilson propose l'idée de créer un cercle colonial à Tournai à son ami Georges Crombez. 

A sa création, le Cercle d'Expansion économique et colonial du Tournaisis poursuit un triple but :

la création d'une bibliothèque, d'un musée et la dispense de cours coloniaux. 

Seule cette école coloniale aura une existence réelle, la bibliothèque aurait réuni, en 1946, 1.200 ouvrages laissés dans des caisses en attente d'être catalogués et classés. Le musée se serait rapidement enrichi de dons faits par d'anciens coloniaux et des sympathisants. Parmi la collection, on rapporte que le Prince de Ligne avait offert un tableau d'Henri Kerels (1892-1956), intitulé "Ile Idwi". Tout comme les livres, les objets restaient, en 1946, dans l'attente d'être valorisés. Les collections comprenaient notamment des spécimens de la flore et de la faune congolaise, des échantillons de minerais, des maquettes, du matériel didactique et des objets d'art indigène.

L'école coloniale

Le troisiène but, l'école colonial, a vu le jour. Elle a tout d'abord été installée dans des locaux mis à disposition par la Caisse de compensation pour allocations familiales au 9bis de la placette aux Oignons (au bas de la rue Perdue), elle déménagea de façon tout aussi transitoire au sein de l'Athénée Royal, à la rue Duquesnoy pour se retrouver de façon définitive, dans une salle située au sein de l'hôtel particulier du Président Raphaël Pollet, situé au 22-23 de la rue Saint-Brice. 

A sa création, les cours été répartis sur deux années, on y enseignait durant celles-ci : la Politique d'administration et éléments de politique indigène, la déontologie, l'Hsitoire du Congo, la Géographie du Congo, l'introduction à l'étude des langues congolaises et Lingala, l'Hygiène tropicale, le Commerce et la comptabilité, et des options pour se diriger vers les carrières administratives, agricoles, minières et commerciales au sein de la colonie.  

Le postulant ne devait payer aucun minerval à son inscription. Dans les premiers temps, l'école coloniale était soutenue financièrement par des mécènes, elle reçut ainsi 50.000 francs belges des entreprises coloniales de la Société Générale de Belgique et par la suite un subside annuel de 5.000 francs belges, porté par la suite à 10.000 francs belges du Ministère des Colonies. L'argent a servi à l'aménagement des locaux et à la rémunération des différents professeurs. 

A son ouverture, l'école coloniale va connaître un engouement certain puisque 61 élèves s'y inscrire en janvier 1944. Après une première restructuration intervenu en 1946 (réduction à une année de cours), l'école coloniale va subsister jusqu'au milieu des années cinquante, probablement jusqu'à la mort de son Président, Raphaël Pollet survenue le 18 mai 1957. L'accession du Congo à l'indépendance le 30 juin 1960 aurait mis fin à cette aventure imaginée par des Tournaisiens ayant des liens avec cette partie de l'Afrique. 

(sources : bref résumé d'une étude de Thibaut Ghils parue dans le n°1 de janvier-février 2012 de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai - "Biographies tournaisiennes des XIXe etXXe siècle" de GastonLefebvre).

S.T. mars 2013




09:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, école coloniale, raphaël pollet |

Commentaires

Mes respectueuses sakutations Mesdames et Messieurs,

Je suis originaire du Congo Démocratique, mais naturalisé canadien où je vis au Canada depuis 1988. Je vous demande si pouvez-vous mw communiquer la biographie du Feu Alfred Lienart de nationalité, qui a fait des oeuvres historiques pour le développement du Congo Belge. Ils ont créé le premier chemin de fer avec le colonel belge Albert Paulis, mais il y a la biographie de colonel Albert Paulis et non celle de monsieur Alfred Lienart, tous les deux sont les pionniers qui ont risqués leur vie pour développer le Congo. Je voudrais aussi avoir sa photo pour montrer à d'autres congolais. Merci, Christian Ongoba, 247 Presland Road, Ottawa, Ontario K1K 2B6, Canada. Téléphone : 513 746 2309, E-mail : otcam@sympatico.ca

Écrit par : Christian Ongoba | 25/11/2014

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