22 nov.
2012

Tournai : ce jour-là, le 27 septembre 1987

Un quartier paisible mis en émoi !

La nuit du 26 au 27 septembre 1987 était celle du passage à l'heure d'hiver. Si à trois heures du matin, il faut retarder les pendules, réveils et horloges en les faisant revenir sur 2h, c'est bien souvent le lendemain matin que cette annuelle corvée est réalisée par la plupart d'entre nous. On peut ainsi réellement dormir une heure de plus.

Tout était donc calme dans le quartier Saint-Piat, il y avait bien peu de personnes dans les rues à cette heure matinale d'un week-end si on excepte les quelques fidèles qui partaient pour les premiers offices du jour.  

Vers 8h, une terrible déflagration fit sursauter ceux qui étaient encore au lit et secoua les immeubles du quartier. Réveillés en sursaut, les habitants ignoraient encore que l'origine de celle-ci était une explosion qui venait de se produire au bas de la rue Albert Asou.

La rue Albert Asou, une rue d'ordinaire tranquille, aux maisons bourgeoises, bordée de petits arbres, relie le palais de justice à la rue Sainte-Catherine et à l'avenue des Etats-Unis débouchant face à "l'école de la Jeune Fille" qui occupe les bâtiments de l'ancien hospice de vieillards. 

A l'arrivée des premiers secours, le spectacle est dantesque, la rue est jonchée de mille débris, des véhicules en stationnement de part et d'autre sont détruits ou gravement endommagés, les habitants en état de choc sont sur leur porte bien souvent encore en peignoirs ou pyjama, certaines personnes courent pour porter secours, un nuage de poussières a envahi les environs. 

On constate qu'il ne reste plus qu'un mont de gravats à la place des deux garages qui jouxtent le numéro 7 de cette artère. Au milieu d'un enchevêtrement de briques, de poutres et de tuiles, les pompiers vont avoir leur attention attirée par une bonbonne de gaz propane, totalement givrée, d'où s'échappe encore un peu de gaz. Dans l'habitation, où vit un couple avec deux enfants en bas-âge, ils découvrent le père et l'ainé des garçons profondément choqués tandis que la mère et le plus jeunes des enfants doivent être emmenés en clinique afin de soigner des brûlures. On apprendra rapidement que l'état du garçonnet de quatre ans ayant soudainement empiré, il avait été nécessaire de le transférer à l'hôpital Bruggman à Bruxelles. 

L'onde de choc s'est transmise dans toute la rue Asou tout en diminuant d'intensité et également vers la rue Sainte-Catherine où l'arrière de quelques bâtiments voisins ont été touchés. On va ainsi dénombrer une quarantaine d'immeubles et plusieurs véhicules ayant subi des dégâts plus ou moins importants. Face au lieu de l'explosion, une maison a eu un châssis complètement arraché et c'est le rideau qui a amorti la projection de débris vers l'intérieur, une imprimerie a vu sa chambre noire totalement chamboulée.

Dans un rayon de plus d'une centaine de mètres, les vitres ont volé en éclats, des tuiles sont tombées, des cheminés ont été ébranlées et présentent des fissures. 

Le bourgmestre Raoul Van Spitael venus sur les lieux a fait appeler des ouvriers communaux pour déblayer la rue tandis que le Procureur du Roi accompagné de son greffier diligente une enquête pour découvrir les causes. Les services d'Igeho venus sur place vont rapidement confirmer que la dsitribution de gaz n'était pas à l'origine de l'explosion. 

Que s'était-il passé ?

L'occupante de la maison avait accompagné le plus jeune de ses fils à la toilette enclavée dans le garage, à l'arrière du bâtiment. En ouvrant la porte de communication, du gaz s'échappant d'une des bonbonnes stockées au fond du garage s'est probablement répandu dans la maison. Une étincelle électrique en provenance d'un interrupteur qu'on allume, d'un frigo qui se met en marche ou de la lessiveuse a probablement été l'élément déclencheur. 

Durant la nuit de dimanche à lundi, une entreprise tournaisienne entreprit de démolir les pans de mur de l'immeuble sinistré qui menaçaient de s'effondrer. 

A Sait-Piat la chance est là...

Voici un vieux dicton tournaisien qui a été vérifié car avec le recul on se dit qu'on aurait pu vivre une véritable tragédie. Qu'on en juge !

Ainsi dans une maison où la propriétaire fut légèrement blessée à la tête par un éclat de verre, le lit où dormait une fillette fut projeté dans la pièce voisine dont la cloison fut défoncée. La lourde porte du garage soufflée par l'explosion se fracassa de l'autre côté de la rue, arrêtée par un véhicule qui fut totalement détruit. L'explosion n'a pas été suivie, comme c'est souvent le cas, par un incendie, les pompiers durent simplement éteindre quelques petits foyers. Un riverain venait juste de sortir sa voiture du garage attenant à celui qui a été pulvérisé, si du gaz avait pénétré dans ce lieu mitoyen qui a, lui aussi, été détruit, la simple mise en marche du moteur aurait pu être à l'origine du sinistre, le conducteur étant alors pris dans l'effondrement du bâtiment. A cette heure matinale, il n'y avait pas de passants sur le trottoir !

Quelques jours plus tard, on apprit, avec soulagement, que l'état de la jeune victime évoluait favorablement.

Les dégâts matériels furent estimés à plus d'une douzaine de millions de francs belges mais la population fut longtemps choquée par ce fait divers se rappelant celui survenu trois ans auparavant à la rue Garnier dont nous vous avons parlé. 

(sources : journaux locaux "Courrier de l'Escaut" et Nord-Eclair" des 28 et 29 septembre, souvenirs personnels m'étant rendu chez des amis qui habitaient la rue)

Commentaires

Bonjour Serge,

Un souvenir pour moi, cette explosion ! Je te transfère queqlues potos personnelles, tirées pour la circonstance.
Amicalement. -- Jacques

Écrit par : jacques DCK | 23/11/2012

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Si vous pouviez me donner les photos en question, je vous en serez reconnaissant !

Écrit par : Mulnard Jeremie | 14/05/2013

J'étais dans la maison qui avait explosé : je me préparais en regardant la TV Chocolat Chaud : tout d'un coup la maison : BOUM : Explosion : j'ai crié comme pas moyen et par bonheur je n'ai rien eu : contrairement à ce que l'on avait dit : c'est mon frère et ma mère qui avaient été blessés et moi je n'ai rien eu ni mon papa ! Si vous ne me croyez pas : c'est votre problème mais je peux vous le prouver ! Si vous ne me croyez pas : je peux vous le prouver par mon registre national et que j'étais bien dedans ! SI vous avez plus : contactez moi le plus rapidement possible : un moment que je n'oublierais jamais ! Mon papa était venu nous sortir : mon frère, ma mère et moi ! Pour le reste, si vous voulez d'autres détails, je veux bien vous les donner !

Écrit par : Mulnard Jeremie | 14/05/2013

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Bonjour Jérémie et merci de votre témoignage, si il y a erreur sur l'âge de la victime transportée en clinique, c'est sur base des infos figurant dans la presse à cette époque. Je suis heureux que tout se soit bien terminé car j'étais sur place quelques instants après l'explosion et c'est un véritable miracle qu'il n'y ait pas eu de victime, ce dont je me réjouis. Je rencontrais régulièrement votre papa car nous avons été voisins et vous (ou votre frère) et votre maman dans la tribune du Racing de Tournai dont vous étiez les supporters.

Écrit par : l'Optimiste | 14/05/2013

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Je suis le fils aîné et oui ma maman et moi allions régulièrement à la Drève voir les matchs du Racing de Tournai dont j'étais fan et où j'ai joué dans les jeunes ( Balamo : je m'en souviens très bien ) mais je ne pouvais pas rêver de faire carrière dans le football : j'ai toujours eu des genoux complètement abimés. J'ai du tout arrêter à mes 16 ans. Depuis ma maman est morte le 17 juillet 2010 de la Parkinson et aussi de médecins qui l'on préféré voir mourir qu'autre chose ( ils n'ont rien fait pour améliorer sa condition ) et mon papa s'est suicidé le 23-24 mars 1996 sur le Parking des ateliers Louis Carton. Depuis le 1er décembre 2007, j'ai déménagé sur Bruxelles. Je me souviens quasi parfaitement de l'heure où l'explosion s'est produite : à 7h45-7h50 du matin ! L'on m'avait transporté à l'hôpital alors que je n'avais rien pour 3 jours. Je suis sur twitter @EvanJezza et sur Facebook par l'adresse E-Mail que j'ai mis dans la case E-Mail pour les commentaires ! Je me souviens du nom de la voisine qui était dans la maison en face de chez moi : Valérie ! Je n'ai plus de nouvelles d'elle et pourtant : je l'admirais ! Si des gens sur Tournai pouvaient me dire ce qu'elle est devenue, je serais très heureux ! Mon frère n'a jamais mis les pieds au stade : il détestait le football. Concernant le football, je suis aussi fan du KV Kortrijk depuis 1990, aussi du RSC Anderlecht ( depuis 1997 ) et de Chelsea FC ( depuis 1997 aussi ).

Écrit par : Mulnard Jeremie | 14/05/2013

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Merci Jérémie pour ces précisions, l'adresse e-mail n'étant pas entière pouvez-vous me la donner, je vous enverrai les photos que je possède. Bien amicalement; L'Optimiste

Écrit par : l'Optimiste | 14/05/2013

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