13 juil.
2012

Tournai : "capitale" de la Wallonie picarde (2)

Première balade en Wallonie picarde, Mouscron

Nous allons donc visiter les différentes régions qui composent la Wallonie picarde. Pour cette première escapade à laquelle vous convie l'Optimiste, nous mettons le cap à l'Ouest, pour nous rendre, à une vingtaine de kilomètres de Tournai, dans la ville de Mouscron.

Mouscron (en flamand Moeskroen) est une commune dite à facilité, rattachée à la Wallonie et à la province du Hainaut en 1963, lors du grand marchandage politicien entre Flamands et Wallons au moment de l'établissement d'une frontière linguistique qui avait, avant tout, pour but de séparer les deux communautés comme l'ont toujours, malheureusement, souhaité certains extrémistes et nationalistes. Si vous lisez ce blog depuis l'étranger et vous avez du mal à comprendre ces divisions au sein d'un si petit pays, au moment où on voudrait construire l'Europe, sachez qu'une majorité de Belges vous rejoignent dans cette incompréhension. 

Depuis 1976 et la fusion des communes, Mouscron a aussi englobé les communes de Dottignies, Luingne et Herseaux. D'abord village voué à l'agriculture, la cité mouscronnoise a vu se développer l'industrie textile à partir du milieu du XVIIIe siècle et cette activité culminera durant le XIXe siècle. Il faut dire que cette industrie a bénéficié d'un phénomène économique, le manque de main d'oeuvre dans le Nord de la France à amener de nombreux patrons français à investir à deux pas de la frontière, du côté belge.

Mouscron qui s'étend sur 40 km2 et compte environ 53.000 habitants est le chef-lieu d'un arrondissement d'une superficie de 100km2 peuplé par 72.500 habitants. La ville est jumelée avec les villes françaises de Fécamp, Liévin, Tourcoing et la ville allemande de Rheinfelden. 

La ville de Mouscron est appelé "cité des Hurlus". Des personnages qui rappellent ceux apparus durant les guerres de religion. Fervents adeptes de Martin Luther dont les idées eurent une grande influence sur la Réforme protestante, ces gueux pillèrent la ville et occupèrent le château des Comtes. La traditionnelle "Fête des Hurlus" se déroule le 1er dimanche d'octobre et fait revivre le folklore local en débutant par un cortèges des Allumoirs, parents et enfants défilant à la tombée du soir, munis de lanternes en papier de couleur fixé en haut d'un bâton. Le lendemain, la fête se poursuit par un cortège historique retraçant l'époque où vécurent les Hurlus et par le lancer, du balcon de l'Hôtel de Ville, de Hurlus porte-bonheur vers des milliers de bras qui se tendent. 

D'autres festivités attirent toujours de nombreux visiteurs : La fête du Toubac (tabac) à Herseaux en juillet, la Fête nationale du 21 juillet au parc de Mouscron, la Fête de la Main à Dottignies en septembre, le Salon des Antiquaires en novembre, Mouscron sur glace durant les fêtes de fin d'année. 

En se baladant dans les rues de la cité frontalière (on y passe de Belgique en France sans en avoir conscience), on pourra admirer son Hôtel de Ville, situé sur la Grand'Place, de style néo-gothique, construit durant la seconde moitié du XIXe siècle, on pourra voir le Château des Comtes, datant du début du XVe siècle, une demeure dans laquelle logea Charles-Quint, on ne manquera pas de prendre un bol d'air dans ce magnifique écrin de verdure qu'est le Parc communal inauguré en 1932 et qui possède de nombreuses essences d'arbres et des plantes remarquables. 

Le Musée de Folklore est consacré à la vie transfrontalière dans laquelle le souvenir des anciens fraudeurs de tabac et d'alcooll y est toujours bien vivace, un quartier de la ville est d'ailleurs bien nommé "le Risquons-Tout" (sans se faire pincer par les gabelous) et une voirie porte le nom de rue de la Fraude. La ville va s'enrichir d'un autre musée, consacré à Marcel Marlier, illustrateur de bandes dessinées, père de l'héroïne mondialement connue, Martine, né à Herseaux en 1930 et décédé à Tournai en 2011. Celui-ci ouvrira ses portes durant l'année 2014.

On ne peut parler de Mouscron sans évoquer certains de ses enfants qui la firent connaître au-delà de nos frontières :

L'humoriste Raymond Devos y est né, à deux pas de la frontière française, en 1922.

L'animateur de radio, de télévision où ils animent des jeux et écrivain, Jacques Mercier y a vu le jour en 1948.

Le coureur cycliste professionnel et ensuite directeur sportif de l'équipe Lotto, vainqueur de Paris-Tours, du Grand Prix des Nations, du championnat de Belgique des amateurs et  de nombreuses autres épreuves (73 à son palmares), Jean Luc Vandenbroucke, y est venu au monde en 1955

Le recruteur pour différents clubs de football huppés français et belges, chroniqueur mais aussi... polémiste sportif, Stéphane Pauwels y poussa... son premier cri  en 1968.

Le pilote automobile, vainqueur d'un championnat britannique de formule 2 en 1993 et participant à deux Grand Prix de formule 1, Philippe Adams y est originaire (né en 1969).

On n'oubliera pas de mentionner le nom de deux amis qui marquèrent leur époque, Jean Van Loo et Marcel de Keukeleire (1922-1980). Ce dernier, ancien accordéoniste et disquaire, devint, au début des années soixante, éditeur et producteur de musique et lancera de véritables succès avec Patrick Hernandez (Born to be alive), J.J. Lionel (la danse des Canards), les Chocolat's (Brasilia Carnaval), l'orchestre Crazy Horse etc... il fut aussi à l'origine du seul concert donné en Belgique, dans sa bonne ville de Mouscron, de Jimmy Hendrix. 

Les sportifs mettront longtemps à oublier les exploits sportifs de l'Excelsior, un petit club qui fit bien souvent la nique aux grands, qui évoluera au sein de l'élite belge entre 1997 et 2009. Il était issu de la fusion, en 1964, de l'Assa et du Stade Mouscronnois et participa à une coupe d'Europe. Radié par l'Union Belge en 2009 pour avoir accumulé trop de dettes, il a laissé la place, dans son stade du Canonnier, au Royal Mouscron Péruwelz, qui évoluera lors de la saison 2012-2013 dans l'anti-chambre de l'élite, la Division II. Autre club sportif à défendre les couleurs de la ville au plus haut niveau, les Dauphins mouscronnois, évoluant eux aussi en Division I de water-polo, un sport, malheureusement, un peu plus confidentiel qui n'a pas l'audience qu'il mérite dans les médias nationaux. La nageuse mouscronnoise, Fanny Lecluyse, détentrice du record national sur le 200 mètres brasse, a été élue sportive de l'année 2011 de... Flandre Occidentale et représentera les couleurs nationales aux Jeux Olympiques de Londres.

Sachez enfin que les habitants de la cité des Hurlus sont considérés comme de bons vivants, toujours prêts à faire la fête, ce n'est pas pour rien qu'on les appelle "les Marseillais de Belgique".

Vous avez désormais un petit guide pour entamer votre première balade en Wallonie picarde. 

(S.T. juillet 2012) 






Commentaires

Bonjour ! C'est très intéressant. Fiers d'être Wallons. La région est si belle et riche en tous points... Bonne journée. Vanillon

Écrit par : Vanilllon | 13/07/2012

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Merci de nous faire découvrir ta belle région dont certaines communes me sont très familières car des membres de ma famille y habitent. Je préfère l'appelation "Hainaut occidental" que "Wallonie picarde". Passe un bon week-end et à bientôt Serge.

Écrit par : Un petit Belge | 13/07/2012

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Un petit texte que je trouve très vrai qui n'est pas de moi(inconnu) et que je voudrai vous faire partager en remerciements des sourires (voir fous-rires) que j'ai en vous lisant


BIENVENUE CHEZ LES BELCH'S.

Les 4 choses à savoir sur le 'Belge':


1. Les indispensables septante et nonante.

70 = septante

90 = nonante

... C'est simple, clair et net.... et grammaticalement plus correct que les ersatz du type quatre-vingt-dix ou soixante quatorze...

D'ailleurs, pour faire un parallélisme avec d'autres langues, en

anglais, 70 se dit seventy et pas sixty-ten.
Même le néerlandais, qui se rapproche pourtant plus du Klingon (cfr.StarTrek), fonctionne de la même façon: 90 = negentig.



2. L'accent

L'accent, ou plutôt les accents ... car en Belgique, il y a autant

d'accents que de villages. Vous n'êtes pas obligé de prendre l'accent pour converser avec un Belge. Ce n'est pas un mongolien et vous pouvez être sûr qu'il comprendra votre français de Marseille, Strasbourg ou Laval.

Quelques dialectes:

* le liéééééégeois (Liège)

* le namuuuurois (Namur), proche de l'accent suisse du Valais

* le tournaisieeeennn (Tournai), proche du Picard

* le brusselaire : l'accent bruxellois est le plus connu et le plus

(mal) imité. ... Alllleï, dis, fieu!

Pour parfaitement l'imiter, il faut se mettre dans la peau du

personnage, c-à-d avoir une grande gueule et faire son malin avec sa Rolex / son autoradio / son 'G' (GSM = portable, portable = laptop) acheté à crédit qui a coûté 3 mois de salaire. En bref, il faut être un gars de la capitale.

D'ailleurs , n'oubliez pas le dicton:

Parisien, tête de chien,Bruxellois, même combat !

De plus, le vrai Bruxellois utilise 50% de mots français et 50% de mots 'flamands' ou flamandisés juste pour faire bien.

Ex: Ah, fieu waar heb je de velo gelaisseerd? Ah, ja, in de camionnette!
Traduction: Eh bien, mec, où as-tu laissé le vélo ? Ah, oui, dans la camionnette!



3. Avoir une bonne prononciation

Un bon conseil: bossez un sérieux coup là-dessus.- Bruxelles, se prononce Brusselle (et pas Brukselle)

- Anvers, se prononce Anverssss (et pas En Vert, le 'S' est là, alors il faut l'utiliser)

- Rembrandt se prononce Rembrandt (et pas Rang Bran)

- Le célèbre 'W' : en France, on préfère le prononcer (souvent

erronément!) comme un simple V. En Belgique, on préférera le prononcer 'ouhé 'Ex: wagon: ouhagon - huit: ouhit - BMW se dit Bé Em ouhé - idem pour un VW et les WC. (Qui me rappelle: 'aller à la toilette' et 'non aux toilettes' : une à la fois, s'il-te-plaît bien!)

- Les noms flamands : à apprendre au cas par cas. Mais en tout cas oubliez la prononciation française!!!!

Ex: Maastricht: le ch ne se prononce par 'ch', ni 'k', mais dans une espèce de râle comme si vous vouliez cracher..
Quant au double aa cela allonge la prononciation Maaaaaaaaaaaastricht (et non pas Maistrick).



4. Les spécialités régionales

Vous ne trouverez jamais d'endives blanches et pointues en Belgique, mais des chicons.

Vous ne mangez pas des sandwichs, mais des pistolets; pas de petits pains aux raisins, mais des couques aux raisins; pas de chaussons aux pommes, mais des gosettes.

On déjeune le matin, on dîne à midi et on soupe le soir.

En Belgique, on 'preste' des heures de travail ou un service.

Et on aime aller à la kermesse (fête du village) manger des caricoles (des espèces d'escargots de mer).

On va s'acheter un cornet de frites à la FRITURE

Et si vous croisez des friteries ce sont soit des français immigrés,
soit des belges complexés qui ont changé leur enseigne parce qu'un crétin leur avait dit que friture n'était pas français !


Eh! On est en Belgique !

Écrit par : Véro | 20/08/2012

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bonjour, j'ai simplement quelques remarques:

-Je n'avais jamais entendu l'expression "les Marseillais de Belgique" avant aujourd'hui..

-La Wallonie Picarde est une invention ridicule. Cette soit-disant région n'a ni identité ni capitale, les villes et villages qui composent cette soit-disant sous-région n'ont que très peu de points communs.

-Il y a 56.000 habitants à Mouscron. (quitte à copier/coller l'article wikipédia, recopiez convenablement).

Écrit par : max del | 05/10/2012

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Voici un commentaire un peu acerbe qui me désole, Max, je vous informe que mes recherches sont effectuées à la bibliothèque de Tournai, puisées dans différentes sources et, que si le nombre d'habitants diffère avec celui de Wikipédia, c'est qu'il s'agit d'un autre source se basant sur un recensement antérieur 52.600 habitants environ.(Wikipédia est régulièrement mis à jour). Je ne crois pas avoir parlé en mal de votre si dynamique cité que je connais bien puisque mon emploi m'y a souvent permis de la visiter et que j'y ai de nombreux amis. J'ai déjà participé à la fête des Hurlus et je connais le folklore et les festivités mouscronnoises. Quant à vos considérations concernant la Wallonie picarde, elle n'engage que vous et prouve que contrairement à d'autres régions, ici certains préfèrent encore jouer cavalier seul que fédérer ( ah, ce nombrilisme désuet). Cette vieille rivalité entre Mouscron et Tournai n'est, hélas, pas là de s'éteindre et fait le jeu de ceux qui aiment diviser pour régner. Je renouvelle mes amitiés à mes amis mouscronnois et vous remercie d'avoir laissé un commentaire, bien amicalement.

Écrit par : l'Optimiste | 05/10/2012

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