11 juil.
2012

Tournai : "capitale" de la Wallonie picarde.

La ville de Tournai est au coeur de la région située à l'Ouest de la province du Hainaut. Cette dernière a longtemps été dénommée Hainaut Occidental, une appellation qui lui avait été donnée, dans le courant des années soixante, par le géographe tournaisien d'origine liégeoise, Robert Sevrin, professeur à l'Athénée Royal de Tournai et aux Facultés catholiques de Lille. 

Région principalement agricole, elle est la plus verte du Hainaut, la région d'Ath porte d'ailleurs le nom de Pays Vert. Par opposition, celle située à l'est de la cité des cinq clochers (Antoing, Gaurain) est appelée Pays Blanc en raison de la présence de carrières pour l'extraction d'une pierre calcaire dont la qualité est reconnue et exportée bien au-delà de nos frontières. Au Nord, jouxtant la Flandre, le Pays des Collines est un lieu de balades et de découvertes d'un folklore qui nous vient parfois du fond des âges.

L'Ouest du Hainaut partage le même dialecte que celui parlé dans le Nord de la France et le Pas-de-Calais, le picard, un ensemble de dialectes et de patois régionaux issus du roman.

Si nous nous replongeons dans l'Histoire, nous constatons que les villes qui composent cette partie occidentale de la province du Hainaut appartenaient jadis, soit au Comté de Flandre, soit à celui du Hainaut. Pour la Flandre, c'était le cas de Tournai, Mouscron, Comines mais aussi de villes françaises comme Lille, Armentière, Dunkerque, une région encore connue sous le nom de "Flandre française". La particularité de cette région, à l'époque, était d'être appelée "Flandre romane" car de culture flamande mais d'expression picarde. 

C'est à la fin de l'année 2004 que le Ministre belge de la Santé de l'époque, le flobecquois d'alors Rudy Demotte lança l'idée d'une appellation "Wallonie picarde". Un changement qui s'effectua, peu à peu, sans consultation préalable et aval de la population de la région concernée ce qui amena quelques tensions comme c'est souvent le cas lors d'un quelconque changement.  

Cette nouvelle appelation est aujourd'hui usuelle et bon nombre d'associations l'ont adjointe à leur sigle, ainsi No Télé est devenue, la "télévision communautaire de Wallonie picarde", cela, même si le générique de son dossier hebdomadaire d'actualités porte encore le nom d'Infos H.O ! La Chambre de Commerce et d'industrie a aussi accolé les mots de Wallonie picarde etc...

la Wallonie picarde est un vaste territoire qui s'étend de la région de Comines-Warneton (enclavée entre France et Flandre) jusqu'à la région de Bernissart où apparaissent les premiers terrils, vestiges de la richesse passée du Borinage voisin, le charbon. Elle est bordée au sud par la frontière française qui serpente sur une distance d'environ 80 kilomètres et s'étend au Nord jusqu'à la région flamande voisine des villes de Pecq, Mont de l'Enclus, Ellezelles, Flobecq, Lessines et Enghien. Elle compte environ 330.000 habitants. Elle est traversée par un fleuve l'Escaut, possède un réseau routier dense avec pas moins de trois autoroutes l'une la reliant à Courtrai et Bruges, une autre permettant de rejoindre rapidement Lille ou Bruxelles (E429), une troisième à destination de la région montoise, du bassin de Charleroi, de Liège et de l'Allemagne (E42). Seul bémol dans les capacités de transport, si la liaison ferroviaire a été améliorée entre Tournai et Lille, la ligne vers Bruxelles est toujours considérée comme le parent pauvre par la SNCB, les retards enregistrés par les nombreux navetteurs sont fréquents et parfois importants. Les lignes TGV Paris-Bruxelles et Bruxelles-Londres la traversent, du sud au nord, entre Esplechin (Tournai) et Hoves (Silly). Notons enfin qu'elle est située à proximité de l'aéroport de Lille-Lesquin (23 kilomètres de Tournai). 

La Wallonie picarde fait désormais partie de l'Eurométropole formée avec les villes de Lille et de Kortrijk (Courtrai) dont la présidence tournante a été assumée jusqu'en juin de cette année par Rudy Demotte, Ministre Président de la Communauté Wallonie-Bruxelles et tournaisien d'adoption. C'est désormais Martine Aubry, maire de Lille, qui lui a succédé.

Tout ne fut pourtant pas simple, il a fallu vaincre certaines réticences, car, comme partout, certains, plus frondeurs que d'autres, voulaient parfois rester maître chez eux et avaient peur de "diluer" leur identité dans un pot commun. L'individualisme (que je ne considère pas comme un combat d'arrière-garde) reste encore une valeur défendue à une époque où on européanise, où on mondialise avec les avantages et inconvénients que cette vision globale des choses peuvent parfois provoquer. 

La sous-région de Wallonie que nous représentons s'est dotée d'outils performants pour promouvoir ses intérêtes économiques, culturels, touristiques... comme le Conseil de développement de Wallonie picarde.

Tournai, ville la plus peuplée avec ses 70.000 habitants peut-être considérée comme la "capitale" de la Wallonie picardeProfitant de cette période de vacances, nous allons partir à la découverte des 23 communes qui composent cette dernière : Antoing, Ath, Beloeil, Bernissart, Brugelette, Brunehaut, Celles, Chièvres, Comines-Warneton, Ellezelles, Enghien, Estaimpuis, Flobecq, Frasnes-les-Anvaing, Lessines, Leuze-en-Hainaut, Mont de l'Enclus, Mouscron, Pecq, Péruwelz, Rumes, Silly et Tournai. Une région riche en souvenirs, en folklore, en industries de pointe mais aussi une terre de vacances !

(S.T. juillet 2012)

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