03 juil.
2012

Tournai : un week-end du roi vélo !

Quand Axelle Red quitta le podium installé sur la Grand'Place vers 21h, ce lundi 2 juillet, on éteignit définitivement les flonfons de la "fête du vélo" commencée deux jours plus tôt. Ces évènements qui ont marqué la vie de la cité des Cinq Clochers et animé les conversations depuis le mois d'octobre dernier seraient désormais rangés dans le tiroir des (excellents) souvenirs. 

Tout avait débuté, pratiquement aux aurores, le samedi 30 juin. Vers la Grand'Place convergeaient des centaines de cyclistes venus des quatre coins du pays, de la France toute proche mais aussi d'Angleterre, de Guadeloupe et du lac Saint-jean à Québecq. Sur le coup de 13h15, Hélène Ségara, en compagnie d'Adrien Joveneau, donna le signal du départ pour la première balade du Beau Vélo de Ravel, version 2012, trente kilomètres à parcourir, tout d'abord, le long de l'Escaut pour gagner, ensuite,Templeuve et la brasserie du Cazeau. Elle libéra les cyclistes impatients qui avaient totalement envahi la Grand'Place, le bas de la rue Saint-Martin et les abords de la rue de la Wallonie. Combien étaient-ils à composer ce peloton bigarré ? On parle de 7.000 paires de mollets, du cadet au vétéran, de la frêle jeune fille au plus routiné des cyclos, du cyclo moulé dans son beau maillot à un "Superman" tout de jaune vêtu. Pour donner une idée de la longueur de ce peloton, il suffit de savoir qu'il défila dans la rue des Chapeliers durant exactement 33 minutes et que des participants furent obligés de mettre pied à terre sur le quai Notre-Dame, confrontés à un bouchon aussi mémorable que ceux enregistrés aux plus beaux jours de l'été sur l'autoroute de la mer.

C'est un groupe beaucoup plus morcelé qui revint sur le forum tournaisien dans le milieu de l'après-midi. Après avoir jeté un oeil à l'écran géant diffusant les images du prologue du Tour de France à Liège, après avoir, pour l'un ou l'autre téméraire, descendu sur un câble depuis le haut du beffroi, ils se tournèrent vers l'immense podium dressé devant l'église Saint-Quentin où BJ Scott les entraîna dans un spectacle de qualité, ponctué par Suarez et clôturé par le tour de chant d'Hélène Ségara. Ils étaient plus de 5.000 qui durent soudain faire face à une "drache" nationale, une pluie violente mais brève qui éroda un peu le public mais qui n'eut pas raison de deux ou trois mille fans qui continuèrent à écouter leur idole sous une forêt de parapluies. "Jamais, autant de gens ne se sont mouillés pour moi" déclara la vedette à la fin de son spectacle. 

A 19h00, le rideau tomba sur le premier jour du triptyque consacré à la petite reine, mise en bouche de qualité car elle transforma les candidats spectateur du Tour de France en acteurs qui réalisèrent "leur" étape sur les routes du Tournaisis.   

Le soleil était à nouveau présent lors de la journée du dimanche 1 juillet, entremets concocté pour satisfaire les amoureux du vélo et les touristes déjà présents pour l'arrivée de l'étape du lendemain. Sur le podium, à proximité de l'écran géant qui emmena les spectateurs sur la route de Seraing, terme de la première étape du Tour, Sylva, Thierry Dell et Jean Pierre Mader se produisirent devant un public, il est vrai, un peu plus restreint que la veille, sans être pour cela confidentiel. 

Le lundi 2 juillet, dès 5h du matin, l'effervescence a battu son plein, sur le boulevard Bara, site magnifique choisi par les organisateurs d'ASO pour l'arrivée de l'étape Visé-Tournai. Des centaines d'ouvriers installèrent, en un temps record, l'énorme infrastructure qui allait accueillir public et invités. Le soleil avait probablement lui aussi reçu une accréditation car il brillait de mille feux dans un ciel tout bleu. Dès 10h00, les premiers spectateurs prirent place le long des boulevards, peu à peu les différents parkings situés aux entrées de la ville se remplirent. A la gare, on dénombra près de 5.000 voyageurs arrivés par trains. A partir 13h00, du rond-point de l'Europe à la plaine des Manoeuvres, il fut difficile d'encore trouver la meilleure place, de se poster en première loge. A cette heure, beaucoup avaient déjà terminé leur picotin. On assista, tout d'abord, à l'arrivée du peloton des anciens de l'US Army, des vétérans de la guerre du Golfe qui, chaque année, parcourent une étape entière du Tour, moment tout aussi émouvant pour des spectateurs qui ne ménagèrent pas leurs applaudissements lorsqu'apparut l'imposant peloton de personnes handicapées, accompagnées de leurs éducateurs, qui avaient réalisé les derniers kilomètres, toutes vêtues du maillot jaune frappé du sigle de l'Awiph. Avant le passage de la caravane publicitaire. On assista encore à l'arrivée des cadets et juniors du Tour, de jeunes coureurs issus des clubs d'Armentières, de Tournai, de Péruwelz-Bury, de Marchovelette ou encore de Charleroi. 

Les enfants l'attendaient avec impatience et la fièvre monta, une première fois, lorsqu'on entendit, au loin, les bruits de la caravane. Pour les spectateurs massés au boulevard Léopold, à quelques hectomètres de la ligne, la déception fut grande, jamais caravaniers du Tour de France ne se montrèrent aussi parcimonieux dans la distribution de gadgets, les pleines poignées de jadis jetées parmi la foule étaient remplacées par des jets individuels effectués tous les vingt ou trente mètres. Avaient-ils tout distribué en cours de route ou réservaient-ils le fond du panier pour l'arrivée ? Soudain le calme retomba jusqu'au moment où il fut rompu par le ronronnement des hélicoptères, une clameur s'éleva de la foule quand, au bas du boulevard Léopold, contournant la fontaine du Rond-Point de l'Europe, salué par le géant tournaisien Childéric et le cochon d'Orchies, la vague ondulante prit d'assaut la légère montée. Quelques instants plus tard Mark Cavendish émergeait d'un sprint royal devant André Greipel, Matthew Goss, Tom Veelers et Alessandro Petacchi. Parmi les dix premiers, on ne trouvait aucun coureur belge, ni français, il faut dire que leurs meilleurs sprinters sont restés à la maison visant une hypothétique victoire aux Jeux Olympiques. 

Ouvrons ici une parenthèse humoristique, Jean René Godard, l'excellent reporter de France 2 qui nous emmène, chaque année, durant le Tour de France à la découverte du résumé de l'étape du jour, salua la présence dans la tribune du Roi des Belges... Hassan II ! il y a bien un quartier au sud de Tournai qui s'appelle "la cité du Maroc" mais...

Du boulevard Bara à la Grand'Place, il n'y a que quelques hectomètres à parcourir, les plus rapides prirent possession des terrasses des cafés tandis que les autres se massèrent face au podium sur lequel "Lou and the Hollywood Bananas" et "Grand Jojo et les Fritkots" mirent le feu à une foule compacte formant des farandoles se frayant un difficile passage parmi un public estimé à au moins six mille, voire sept mille personnes. Vers 19h30, Axelle Red fit son apparition, dans une tenue "country". Même si on apprécie énormément la chanteuse belge, ambassadrice de l'Unicef, il faut bien dire que l'ambiance retomba lentement. Quand elle salua une dernière fois son public, on pouvait écrire le mot fin à un des plus beaux week-ends connus dans la cité des cinq clochers et ce n'est certainement pas demain la veille qu'on pourra faire aussi bien. 

(S.T. juillet 2012)


Commentaires

Bonsoir Serge,
Je te comprends,ce fût une sacrée journée.
J'aime beaucoup Axelle Red, tu en as eu de la chance.
Je fais beaucoup de vélo, j'aime bien.
Il se passe de belles choses à Tournai, je ne connais pas bien.
Merci pour le partage.
Bonne soirée.

Écrit par : Mousse | 04/07/2012

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