22 mai
2012

Tournai : origine du nom des rues des faubourgs

Après avoir parlé des rues de la ville, après avoir évoqué certains changements de noms intervenus suite à la fusion des communes, nous allons entamer une balade dans les rues des faubourgs de Tournai. 

Pour cette première visite nous débutons au Sud de la ville, principalement dans le faubourg Saint-Martin, derrière la plaine des Manoeuvres. Nous nous bornerons à évoquer les rues dont il n'a pas encore été fait mention au sein de ce blog.

La rue de la Culture a pris ce nom par décision du conseil communal de décembre 1907. Elle est formée de l'ancien sentier n°81 et d'une partie du sentier n°43, elle relie la chaussée de Douai à celle de Lille. Dans sa partie basse, jusqu'au rond'point érigé à l'intersection des rues Aimable Dutrieux et Barthélémy Frison, elle est constituée d'une longue rangée de maisons de même volume, à un seul étage, tandis que dans sa partie haute, on trouve quelques maisons de "type villa" et surtout les anciennes usines Philippart, une filature en activité de 1932 à 1979 dont les bâtiments ont été repris par l'institut Don Bosco. L'origine de son nom provient probablement des nombreux champs qu'on y trouvait à la fin du XIXe siècle

La rue de la Prévoyance est le nom donné à l'ancien sentier n°43 qui reliait la chaussée de Douai à celle de Lille, on l'appelait également "chemin ou carrière du moulin de Lille". Actuellement, elle relie la chaussée de Douai à la rue Charles Mauroy. Elle composée de deux rangées de maisons à un étage et de quelques petites villas. A l'angle qu'elle forme avec la rue Charles Mauroy, on trouve l'entrée arrière de l'Itma (l'Institut technique des Métiers de l'Alimentation). Nous n'avons pu déterminer l'origine du nom. 

Le sentier n° 116 ou sentier de la Plaine relie la rue de la Prévoyance à la plaine des Manoeuvres, lieu bucolique, il serpente entre des jardins avant de déboucher à proximité du terrain synthétique de hockey. Plusieurs personnes nous ont parlé de la présence, jusqu'il y a quelques années, de deux bornes en pierre, située au milieu d'un potager. La destination exacte de ces bornes n'a jamais pu être expliquée. 

Au bout de la rue Aimable Dutrieux, le chemin n°32 bis a pris le nom de ruelle Desprets. Ce sentier existait déjà sur des cartes du XVIIIe siècle. Il amène à la chaussée de Douai. Avant d'arriver a celle-ci, on peut découvrir les bâtiments de l'ancienne ferme du Canon, surnom de son propriétaire, François Duwelz-Fleury. Le nom de la ruelle provient très probablement d'un habitant de celle-ci. Il est à noter que dans la rue Aimable Dutrieux, en face du terrain des sports dit "terrain Philippart", bien connu des joueurs de football corporatif, le sentier n°32, parallèle à la ruelle Desprets, relie lui aussi la rue à la chaussée de Douai. 

Entre Ere et la rue Sainte-Eleuthère existe probablement un des plus long sentier de Tournai, le sentier n°13. Il portait jadis le nom de chemin Vert, puisqu'il était tracé entre champs, prairies et bosquets, et s'appelle désormais chaussée Romaine entre Ere et la chaussée de Lille pour prendre ensuite le nom de chemin (et ensuite) d'avenue des Peupliers

Pour être complet signalons l'existence entre la rue du Tir à la Cible et la limite des communes d'Esplechin et de Lamain du vieux chemin de Bouvines, commune du Nord de la France où se déroula la bataille de 1214 remportée par le roi de France, Philippe Auguste sur l'empereur germanique et ses alliés Jean sans Terre et le comte de Flandre. Dans sa section entre Orcq et le lieu dit "la Pannerie" à Froidmont, il prend d'ailleurs le nom de chemin de la Bataille de Bouvines. Changeant de nom par la suite, il se dirige vers la commune française de Camphin-en -Pévèle comme nous le fait remarquer une fidèle lectrice de ce blog. 

Au départ de la chaussée de Douai, le chemin n°77, connu jadis sous l'appellation de chemin du moulin Dorchy, en raison de la présence de ce moulin sur une butte, porte actuellement le nom de sentier du moulin Tillieu. Il aboutissait jadis à la chaussée de Willemeau. 

Sur la chaussée de Douai, dans le prolongement de la rue de la Culture, la rue Jean Cousin est l'appelation donnée par le conseil communal en février 1929, au sentier n°42 bis, connu alors sous le nom de carrière Casterman ou carrière Dubois, du nom des exploitants de la ferme qui s'y trouvait. Jean Cousin, né durant la seconde moitié du XVie siècle et décédé en 1636, était chanoine à la cathédrale. On lui doit une histoire de Tournai, publiée vers 1620. 

Parallèle à la rue Jean Cousin, la rue Crespel relie la chaussée de Douai à la chaussée de Willemeau. Son nom lui a été donné par décision du collège communal de mars 1897 pour commémorer la mémoire du colonel Louis Crespel, né à Tournai en 1838 et mort à Zanzibar en 1878, chef de la première expédition de l'Association Internationale Africaine fondée par le roi Léopold II. Ancienne portion du chemin n°12 qui portait le nom de chemin des Morts, une voirie empruntée au XIXe siècle pour se rendre au cimetière du Sud, elle longeait alors le domaine militaire.

La chaussée de Willemeau qui mène à ce village en passant par celui d'Ere porte ce nom depuis la décision du collège en octobre 1870. Jusqu'à ce changement de dénomination, il s'agissait d'un chemin bordé par quelques fermes et habitations modestes portant le nom de chemin d'Urmieau, nom du village de Willemeau à cette époque. Celui-ci devint alors une importante voie de liaison suite à l'implantation du cimetière du Sud, dit "Mulette" (1784) et la construction de l'église Notre-Dame Auxiliatrice (1890) qui furent à l'origine de la création du faubourg Saint-Martin.  

Reliant le bas de la chaussée de Willemeau au boulevard Lalaing, la rue Cottrel porte ce nom depuis la décision du collège d'octobre 1870. Elle fut tracée lors de la démolition des fortifications de la ville. Pierre Cottrel né en 1461 et décédé en 1545, chanoine de la cathédrale et vicaire général, fit partie des délégations tournaisiennes qui négocièrent les capitulations de la ville lors des sièges de 1513 et 1521. Il légua des bourses d'études en faveurs de jeunes Tournaisiens. Dans cette rue, jusque dans la seconde moitié du XXe siècle, se trouvait la clinique Cottrel dont les bâtiments ont abrité, par la suite, l'internat de l'Itma.  

(sources : étude de Ghislain Perron, membre de la société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai et de la royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien - "biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècle de Gaston Lefebvre) 



10:39 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rues, jean cousin, cottel |

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