06 avril
2012

Tournai : l'année 1912 sous la loupe (3)

S'approprier le bien d'autrui par le vol est une constante dans l'Histoire, l'année 1912 n'échappe pas à cette constatation. Parmi les nombreux cambriolages effectués tout au long de ces douze mois, un fait a retenu l'attention car il démontre la solidarité qui existait à l'époque et qui ne serait peut-être plus de mise à notre époque. 

Dans le courant du mois de janvier, de nombreux vols ont eu lieu notamment au Luchet d'Antoing, à la chocolaterie Manderlier, au boulevard du Hainaut ou encore au boulevard du Nord. Durant la soirée du samedi 27 janvier, un habitant du chemin du Crampon aperçoit des lueurs en provenance du chalet de son voisin. Il sait que celui-ci est momentanément absent. Discrètement, il alerte d'autres habitants de la rue et six d'entre-eux munis de bâtons, d'un fusil et d'un révolver cernent le bâtiment sous la direction d'un lieutenant du 3e Chasseur à pied. En approchant du chalet, ils constatent la présence, à l'extérieur, de sacs contenant des argenteries, des bijoux et autres objets de valeur, ils remarquent également qu'une fenêtre située à l'arrière du bâtiment est fracturée. C'est par là que les voleurs sont entrés. Ayant entendu du bruit, les cambrioleurs tentent de sortir par le même chemin, des coups de feu éclatent et des projectiles viennent se ficher dans les façades des habitations voisines. Ces détonations ont attiré l'attention du garde-champêtre qui arrive sur les lieux, il lui reste à passer les menottes à un des malfrats ceinturé et tenu en respect par les voisins. Le second sera capturé par la police alors qu'il retourne à son domicile à la rue Dame Odile. Les deux hommes transférés au commissariat de police nient l'évidence. Des perquisitions effectuées dans leurs habitations de la rue Dame Odile et du quai Taille-Pierre permettent de découvrir des objets dérobés lors du cambriolage de la chocolaterie Manderlier, un trousseau de clés emporté au Luchet d'Antoing et des objets volés au boulevard du Hainaut. Les deux voleurs, un Tournaisien et un habitant de Roubaix sont mis sous les verrous et la vague de vols cessera. 

Au cours de la rétrospective de l'année 1911, nous avions relaté le dossier judiciaire ouvert pour des fraudes constatées lors de la construction de l'hôpital militaire, à la rue de la Citadelle. L'affaire avait été plaidée durant le mois de mai et le verdict devait être rendu en juin. Le ministère de la Défense Nationale s'étant porté partie civile, une délibération avait été nécessaire et celui-ci avait été débouté. Après une très longue interruption, le procès se poursuit à partir du 19 mars 1912. On y entend le réquisitoire et les réponses de la défense des accusés (militaires chargés de la surveillance du bon déroulement des travaux et entreprises qui les avaient réalisés). Le jugement est prononcé le 20 avril et les six prévenus sont acquittés. Le procureur du Roi décide de se pourvoir en appel de cette décision. 

Un numéro spécial du Courrier de l'Escaut est publié le dimanche 28 avril à 4h de l'après-midi. Une simple feuille de format A4, imprimée sur un seul côté. Elle comporte également un seul titre :" les bandits de Paris : Bonnot cerné se donne la mort à Choisy-le-Roi". Suit un bref compte-rendu du siège d'une ferme isolée mené par la police. 

Le mercredi 17 avril, les tournaisiens assistent à un évènement rare sous nos latitudes, une éclipse totale du soleil. Voici la relation qu'en fait un journaliste : " C'est vers 10h50, dans un ciel sans nuage, que la lune a commencé a rogner l'astre du jour, vers 11h45, le ciel prend une teinte bleu-indigo. Bizarrement les oiseaux se taisent, au moyen d'un verre fumé, les Tournaisiens regardent le soleil peu à peu disparaître, c'est exactement à midi et treize minutes que l'éclipse atteint son maximum, 98 % du disque solaire sont cachés par la lune. Une heure trente plus tard, le soleil brille, à nouveau de mille feux. La prochaine éclipse se produira en 1999 et ... chacun souhaite à son voisin de pouvoir encore y assister (sic) !". On était optimiste quant à la durée de vie à cette époque et on ignorait encore la catastrophe qui allait s'abattre sur l'Europe deux ans plus tard. 

Comme le brave curé du Nord de la France l'avait fait un an plus tôt, Mme Renard d'Allain publie la "réclame" suivante : "Monsieur, en guise de reconnaissance, je vous permets de publier ma guérison, elle est due à l'emploi régulier des pilules Gery qui sont pour l'estomac et la constipation, l'unique et le seul remède. En vente en boîtes de 80 pour 1,25 francs à la pharmacie Canivet, à la place Saint-Pierre à Tournai". Ce petit encart faisait face à une page complète vantant les vertus des "Pilules rouges", autre remède miracle qui guérissait tout !

En guise de distraction, les sportifs tournaisiens assistent, le 22 septembre, sur la piste de la plaine des Manoeuvres à des courses vélocipédiques, organisées dans le cadre de la kermesse. La course reine est remportée par le coureur mouscronnois De Ruytter qui devance le champion du monde en titre et vainqueur du Tour de France 2012, le belge Odile Defraye, le champion français Octave Lapize, champion du monde 1909, termine cinquième de l'épreuve. Pendant ce temps, femmes et enfants avaient assisté à la représentation du cirque du clown Foottit, revenu sur la Grand'Place après son succès de l'année précédente.

(Sources : "Le Courrier de l'Escau"t éditions de l'année 1912)

09:11 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, odile defraye, cirque foottit, vols |

Commentaires

J'espère que tu t'es bien promené aujourd'hui au marché aux fleurs du Vendredi Saint à Tournai. Passe un bon week-end Serge et à bientôt.

Écrit par : Un petit Belge | 06/04/2012

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