31 janv.
2012

09:10

Tournai : les festivités de février

Le mois de février est le plus court (en cette année bissextile, il comprendra cependant un jour de plus) mais ne sera pas moins riche en festivités à l'ombre des cinq clochers.

Mercredi 1er, à 20 h, Maison de la Culture, salle Jean Noté, "Thomas Dutronc".                    (Les fans qui n'auraient pas trouvé de place pour ce concert pourront se consoler car on annonce son retour, cet été, dans le cadre du "Tempo Festival" en compagnie notamment de Coeur de Pirate et de la Grande Sophie). 

Jeudi 2, à 14h30, Maison de la Culture, conférence "Pour comprendre l'art contemporain" par Pascale de Callatay, Historienne de l'Art, dans le cadre de l'Université du Temps disponible.

jeudi 2, à 17h et 20h Maison de la Culture, salle Jean Noté, conférence "L'Inde aux milliards de regards" par Lionel/Cyril Isy-Schwartz dans le cadre du cycle "Exploration de Monde"

Du vendredi 3 au dimanche 5, à Maulde, week-end Télévie, spectacles et animations diverses. 

Samedi 4, à 18h, Maison de la Culture, salle Frank Lucas, théâtre, "L'Ennui" par le Mic Mac Théâtre, spectacle pour enfants à partir de 8 ans. 

Samedi 4, à 20h, salle La Fenêtre, les Nouvelles de l'Espace, le rendez-vous de l'humour, accueille Jean Philippe Ducart de Test Achat pour passer en revue l'actualité de ce début d'année en compagnie d'Anne Simon, de Loulou Godet...

Dimanche 5, à 16h, Templeuve, salle polyvalente, "Bal-spectacle avec l'orchestre Christian Kubiak".

Dimanche 5, à 18h, Maison de la Culture, salle Jean Noté, "Sois Belge et tais-toi" par la Compagnie Victou, organisation du Lions Club les Templiers de Pecq. 

Mercredi 8, à 15h15, église de Ramegnies-Chin, "Balades dans la campagne" organisée par Mont Marche, sur 8 et 10 km, accessibles à tous.

Mercredi 8, à20h, Maison de la Culture, salle jean Noté, "Cendrillon" d'après le conte, sur un texte et une mise en scène de Joël Pommerat, spectacle créé au Théâtre national en octobre 2011.

Jeudi 9, à 14h30, Maison de la Culture, conférence " Le Changement Social, entre permanence et innovations" par Claude Javeau, Professeur émérite de l'U.L.B. dans le cadre de l'Université du Temps disponible. 

Vendredi 10, à 20h, en la Halle-aux-Draps, spectacle patoisant, "Les Filles, Celles picardes met'tent pus d'gants".

Vendredi 10, 20h, Conservatoire de Musique, concert par la pianiste russe Sofia Vasheruk, lauréate du dernier concours Dumortier et l'orchestre de la Chapelle Musicale de Tournai.

Dimanche 12, à 15h, en la Halle-aux-Draps, spectacle patoisant, "Les Filles, Celles picardes met'tent pus d'gants".

Dimanche 12, à 16h, Musée de la Tapisserie, "Concert du quatuor Kaires" (fr), dans le cadre du 10e Festival européen de Quatuors à cordes "Les Voix Intimes".

Mercredi 15, à 20h, Maison de la Culture, salle Jean Noté, "Michel Fugain".

Jeudi 16, à 14h30, Maison de la Culture, conférence, " L'Orient en musique" par Serge Hustache, député provincial, dans le cadre de l'Université du temps disponible. 

Samedi 18 à 20h et dimanche 20, à 15, en la Halle-aux-Draps, spectacle patoisant, "Les Filles, Celles picardes ne met'tent pus d'gants".

Dimanche 26, à 16h, Halle-aux-Draps "Le Cabaret wallon des familles", spectacle patoisant de la RCCWT au profit de l'asbl Handikin.

Mardi 28, à 20h30, Maison de la Culture, salle Jean Noté, le comédien Jacques Weber dans "Eclats de vie", organisé par le Rotary de Tournai. 

Au niveau des expositions : 

jusqu'au 5 février, chapelle de l'Athénée Royal, "Tournai perdu, Tournai gagné", septante années de démolitions et réhabilitations d'édifices anciens à Tournai, organisée par l'asbl Pasquier Grenier. 

Jusqu'au 12 février, Maison de la Culture et 15 Bd Léopold, Expositions consacrées à Jacques Vandewattyne, dit Watkine, le Diable des Collines, quand peintures et folklore s'unissent !

Jusqu'au 19 février, Maison de la Culture, espace bis, exposition du collectif "Juke-Box / Editions Vanille Goudron".

Jusqu'au 19 février, Mateo Andra, Christophe Luxereau, François Martinache, Célia Nkala, Patboun, Maria Runibke et Dominique Grisor exposent leurs oeuvres contemporaines à la Rasson Art Galery, à la rue De Rasse.

A partir du 12 février, Musée des Beaux Arts, "101 chef-d'oeuvre, de Manet à Dürer", une occasion de découvrir Manet, Monet, Seurat, Courbet, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Ensoir, Delacroix, Fantin-Latour, Rubens...

A partir du 16 février, Maison de la Culture, exposition "Gestes de Patrimoine".

Jusqu'au 26 février, au musée d'Archéologie "le Roi est mort" exposition historique portant sur la maquette de la tombe de Childéric.

Cet agenda est susceptible de modifications ou d'ajouts.

30 janv.
2012

08:55

Tournai : les Ecrivains Publics

Lors de la rétrospective de l'année 1903, on a constaté que l'illéttrisme était encore bien présent au sein de la population tournaisienne puisqu'un homme politique déclarait que pas moins de 21% des miliciens ne savaient ni lire, ni écrire. L'instauration, par la suite, de l'enseignement obligatoire devait palier à ces manquements et quelques décennies plus tard la situation s'était sensiblement améliorée. 

Malheureusement, à la fin du XXe siècle, l'apparition de la téléphonie mobile et la possibilité d'envoyer des SMS ont eu un effet pervers car désormais les jeunes "kiffent grave" ce nouveau moyen d'expression et un langage proche du phonétique a supplanté l'orthographe.

Un peu oubliés après la seconde guerre mondiale, bien que toujours discrètement présents, on assiste au nécessaire retour, au premier plan, des écrivains publics, traits d'union entre les individus connaissant des difficultés au niveau de la lecture et de l'écriture et les administrations ou les simples correspondants. Association née à l'aube du XXIe siècle, ils sont les descendants lointains des scribes anciens, des hommes d'église du moyen-âge, de Nicolas Flamel qui vécut à la fin du XIVe siècle, ces gens qui détenaient le savoir et le mettaient alors au service des illettrés. 

Les Ecrivains Publics de Wallonie Picarde, pour qui l'écriture est peut-être le relais de l'âme, ont pour mission d'offrir ce moyen d'expression à ceux qui en sont démunis, de les aider dans les démarches, de les encourager à l'apprendre, à le maîtriser afin de les mener à la compréhension des documents écrits qu'ils soient envoyés par un service officiel ou par une simple connaissance,  ils tentent modestement de simplifier la vie des personnes connaissant des difficultés. 

A Tournai, les Ecrivains Publics font preuve d'un dynamisme extraordinaire et depuis leur récente création, ils ont mis sur pied une foule d'activités centrées sur les mots et leur orthographe.

Depuis septembre 2008, ils animent un atelier "slam" au sein de la prison de Tournai. Le succès de celui-ci ne s'est pas fait attendre, au point qu'un des participants a été sélectionné avec neuf autres candidats pour la finale du concours organisé par TV5 Monde intitulé "Grand Corps Malade". Il s'agissait d'écrire un texte contenant obligatoirement dix mots précis. "Surréalslamisme" a favorablement impressionné le jury.

Le 23 septembre 2009, les Ecrivains Publics ont également participé au Salon de l'Emploi de l'Eurométropole en aidant des demandeurs d'emploi à rédiger un CV et, chaque année, ils sont présents au salon "Tournai la Page" organisé par les Amis de Tournai en la Halle-aux-Draps. 

Le 13 juin 2010, il ont participé, sur un char dédié à l'Ecriture, à la journée des Quatre Cortèges de Tournai.

Du 21 au 25 juin 2011, ils ont fêté l'Ecriture au Centre Commercial "Les Bastions" et du 25 au 30 juillet 2011, à l'Académie des Beaux-Arts, dans le cadre de l'Académie internationale d'Eté de Wallonie, deux écrivaines, Chantal Gremmens et Caroline Jesson, passionnées d'art et de littérature, ont ouvert des ateliers prétextes à la découverte des lieux connus ou insolites de la ville.

Dans le cadre de "Tournai les Bains", en août, l'atelier "Ecrire au bord de l'eau" est destiné tant aux adultes qu'aux enfants. 

Chaque année, dès le mois de septembre, deux ateliers d'écriture sont organisés. L'un destiné aux enfants, à partir de huit ans, intitulé "l'Ecrilibre" a lieu un lundi sur deux en l'école du Château, lieu qu'ils ont investi après avoir débuté à Marquain. L'autre fréquenté par les adultes a lieu les 1er et 3e mercredi du mois, au Conservatoire de Tournai sur la place Reine Astrid. Notons également qu'un atelier "slam" se tient également au Conservatoire, le 2e mercredi du mois.

Le mercredi 25 janvier 2011, les Ecrivains Publics nous convièrent à un spectacle de lecture intitulé "Plumes de femmes". Sept femmes, participantes habituelles de l'atelier d'écriture, ont lu leurs créations et pour les spectateurs que nous étions, très rapidement, la salle du Conservatoire se transforma en un boudoir indiscret à partir duquel on pouvait entendre une conversation de voisines semblant ignorer notre présence. Leurs espoirs, leurs inquiétudes, leurs joies, leurs peines, l'amour, la famille, les souvenirs, le quotidien, la maladie, sujets tant de fois abordés lors de bavardages entre amies nous amenèrent à penser qu'il suffit souvent d'une feuille de papier et d'un stylo pour refaire sa vie, revivre ses rêves, extérioriser ses angoisses ou réinventer tout un monde ! 

Deux réalisation collègiales ont trouvé place à leur calendrier. En 2008-2009, les Ecrivains Publics de Tournai ont réalisé un atelier en compagnie d'habitants du quartier Saint-Piat. Le fruit de ce travail collectif a été présenté au public en mai 2009, lors d'une exposition organisée au Cercle Artistique, le livre "Mémoires du quartier Saint-Piat" fait revivre ce vieux coin de Tournai, berceau de la cité. En 2011, fêtant son quarantième anniversaire, la Maison des jeunes, "Porte Ouverte" de l'avenue Minjean réalise une exposition de photographies anciennes du faubourg, les responsable les convient à réaliser un travail sur le "Faubourg de Lille". Depuis octobre, deux fois par mois, des habitants du Val d'Orcq, comme on appelait jadis le quartier, se réunissent dans les locaux de la maison des jeunes et font revivre son passé sous la conduite d'Annick, Caroline, Eliane.... nul doute que, bientôt, un second ouvrage consacré à Tournai verra le jour. 

S.T. janvier 2011

28 janv.
2012

09:15

Tournai : expressions tournaisiennes (158)

Quand l'colère, elle meonte.

(NB : cha na rin à vir ave l'cancheonne de Raoul de Godwaersvelde qui li a écrit "Quand la Mer Monte").

Vous savez bin, mes gins, que j'n'ai pos l'habitude de m'plainte, mais comme direot Bart D.W. "Qui bene amat, bene castigat", ahais, ch'est du latin, cha veut dire "qui aime bin, châtie bin" ou acore "l'châtimint i-est là pou corriger les ceusses qu'on aime" ! J'ai donc pris m'pleume pou écrire mes étâts d'âme.

Mossieu, l'Bourguémette, j'vous écris eine lette, que vous lirez pétète, avant vo prochain départ (j'sais bin Boris Vian i-a écrit cha dins s'cancheonne, "l'déserteur", j'sus ein paufe imitateur).  

Féaut dire que dins no ville, i-n'fait pus fort tranquille, pourmener ch'est vraimint difficile, des travéeaux, on in a marre (ch'est po bieau d'dire cha mais cha soulache ein fameux queop).

L'sémaine dernière, j'ai acaté eine paire d'nouvieaux sorlets mais à forche d'piduler, l'lind'main i-n'éteot'ent d'jà pus noirs (au prix que j'les ai payé, cha fait mal, surtout que l'cirache n'éteot pos vindu avec). 

Meonter l'rue des Cap'liers, traverser l'piétonnier ou bin acore aller au Bas-Quartier, pou mi cha va dev'nir rare. (bin souvint te deos marcher au mitan de l'rue et cha n'fait pos ralintir les automobilisses).

J'pinse à tous ces marchands, à les dizaines d'commerçants, qui ravisent si a des passants et seont au désespoir (l'bédoule et les parcmètres, i-a pos à dire, on fait tout pou t'attirer in ville).

I-a des treos partout, pou l'gaz, l'ieau, les égoûts, on direot vraimint qu'on s'fout d'tout, on ouvère les trottoirs, ainsin, sans crier gare (si acore on termineot ein ouvrache avant d'commincher ein eaute).

On d'minde jusse ein peu d'compréhensieon, ein beon service d'informatieons et surtout eine meilleure organisatieon. (cha ch'est d'minder la lune, i-a jamais eu d'coordinatieon inter Ores, Belgacom, l'Walleonne des ieaux, i-vienne'tent quand cha les arringe même si on a d'jà ormis les pavés).

Tertous semble ainsin dépassés, les ouverriers feont à leu n'idée, i-a perseonne pou les surveiller (là j'préfère m'taire que mal parler).

No ville est comme sinistrée, on a tout comminché mais on n'a rin terminé, feaut l'voir pou l'croire. (De l'Naïade au bieffreo, de l'rue d'Paris à la plache Saint Pierre, dins l'Bas quartier et l'rue Dame Odile ch'est malhureux qu'i-n'a pos là l'maseon d'ein de nos édiles).

Vous savez bin, Mossieurs les Ediles, comme j'aime bin no vielle ville, d'pus que j'sus pétit rambille et in vous écrivant j'ai acore ein peu d'espoir (on peut toudis rêver !).

Les Tournaisiens sont des brafes gins mais feaut quand même pos les printe pou d'z annochints.

Comme vous l'veyez, j'ai cité Bart au début de m'babillarte, pou eine feos, i- vivreot eine affaire parelle, i-n'parl'reot pus latin pou dire "Trop is te veel" !

N.B : pou les gins qui ne l'sareot'ent pos 'cor, no ville de Tournai est in train de s'faire belle, de s'mette in valeur, et tout l'meonte i-a l'dreot d'in ête fier, on dit toudis que pou ête bieau i-feaut souffère, mais ichi ch'est pus eine simpe opératieon, ch'est eine véritape exanguino-transfusieon !).

(lexique : m'pleume : ma plume / eine cancheonne : une chanson / paufe : pauvre / sorlets : souliers / piduler : marcher dans la boue / les Cap'liers : les chapeliers / raviser : regarder / l'bédoule : la boue / des treos : des trous / ormis : remis / tertous : tous / comminché : commencé / ein rambille : un gamin espiègle / brafes gins : braves gens / printe : prendre / annochints : innocents / l'babillarte : la lettre / veyez : voyez /parelle : pareille / souffère : souffrir / véritape : véritable)

S.T. janvier 2012.

09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

26 janv.
2012

09:05

Tournai : Saint-Georges terrassé !

L'énorme mâchoire d'acier se refermant dans un bruit assourdissant, l'imposante grue des établissement Dufour, juchée sur un mont de gravats, s'avançait lentement. A l'image d'un dragon satisfait, elle venait de terminer sa besogne, elle avait terrassé Saint-Georges. L'information, si elle s'avère exacte, doit poser bien des interrogations dans les chaumières montoises, là où une foule immense se rassemble, chaque dimanche de la Trinité, pour voir "l'biête" traditionnellement vaincue par le Saint protecteur. 

Quittons là cette évocation ressemblant à un conte à dormir debout pour revenir à la réalité. Depuis la semaine dernière, à l'ombre des cinq clochers, il ne reste plus rien de l'imposante clinique Saint-Georges située sur le quai Saint-Brice et la place du Becquerelle, elle a été rasée, anéantie tout comme la maison de l'ophtalmologue située à l'angle des deux rues. Un siècle d'existence vient d'être effacé, en quelques jours, de la mémoire des Tournaisiens ! Combien de générations ont été soignées en ces murs, combien de visiteurs ont franchi la porte de cet établissement, partie intégrante de la vie des Tournaisiens ?

Tout a débuté au début du XXe siècle. Entre 1902 et 1905, Emile Combes, né en 1835 à Roquecombe, violemment anti-clérical, Président du Conseil de la République française s'attaque aux congrégations religieuses et propose une loi qui aboutira à la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Chassées de l'Hexagone, de nombreux religieux et religieuses viennent s'installer en Belgique. La plupart des congrégations s'impliqueront dans l'enseignement. Celle des Filles de Jésus s'étaient installées dans l'hôtel particulier de la place du Becquerelle où vécut le comte Georges, Alexandre, François de Nédonchel, décédé le 8 décembre 1901 (voir à son sujet l'article consacré dans la série : "le nom des rues, témoins de l'Histoire"). Le don de cet immeuble avait été fait par sa fille, Caroline de Nédonchelle, alors prieure du Carmel. Vouées à soulager la souffrance de leur prochain, les religieuses ouvrent tout d'abord un dispensaire et plus tard une clinique qui prendra le nom de Saint-Georges en souvenir de celui dont elles avaient hérité leur lieu d'asile. 

Après la seconde guerre mondiale, la clinique s'agrandit et se modernise, l'aile qui se dressait, il y a encore quelques semaines à peine, le long de l'Escaut a été érigée en 1948, tandis que celle qui dominait la place du Becquerelle le fut en 1951. Le bâtiment était l'oeuvre de l'architecte tournaisien Brébart. Intégré à la façade de la chapelle, entouré de petits vitraux, un immense Christ en croix d'une hauteur de 3m90 et d'une largeur de 3m, pesant 4,8 tonnes, était une oeuvre réalisée par l'artiste tournaisienne Stella Laurent, décédée en 2004 à qui on doit également les bas-reliefs apposés sur les murs sur le quai et, par la suite, au début des années quatre-vingt, la sculpture des têtes de nos géants de quartiers. Imbriquée dans l'immense bâtiment, sur le coin, se dressait la maison de l'occuliste Leman qui avait succédé à Mr. Coppée. 

En 1980, la clinique Saint-Georges avait fusionné avec la maternité Notre-Dame, construite à l'avenue Delmée dans les années soixante. Après l'achèvement du complexe hospitalier annexé à la maternité, les services de Saint-Georges seront progressivement transférés dans les nouveaux locaux. En 1991, la clinique cessera ses activités le long de l'Escaut et le bâtiment, cédé à l'ASBL Saint-Georges, accueillera désormais une maison de repos et de soins. Toutefois, soucieuse de regrouper toute ses activités dans des locaux modernes et fonctionnels, mieux accessibles aux personnes âgées ou à mobilité réduite, le nouveau gestionnaire débute la construction d'un nouveau lieu d'accueil, à la chaussée de Renaix, au lieu-dit la "Verte-Feuille". Au fur et à mesure de l'avancée du chantier, les résidents déménageront vers ce nouveau lieu de vie et le 16 mai 2001, les derniers auront quitté le centre-ville. Le bâtiment est voué à l'abandon, à l'oeuvre destructrice des vandales qui brisent des fenêtres ou transforment les espaces verts en dépotoirs, un automobiliste, perdant le contrôle de son véhicule, défonce même une des portes du bâtiment du Becquerelle.

L'Intercommunale de Developpement Economique de Tournai-Ath, IDETA, à l'étroit dans ses locaux de Saint-Jacques est à la recherche d'une solution pour regrouper ses services disséminés entre Tournai et Orcq. Les responsables saisissent l'opportunité (ils quitteront Saint-Jacques pour Saint-Georges !) et décident d'y installer non seulement leur siège social mais aussi d'y faire construire une trentaine d'appartements de standing et trois crèches. Après les formalités administratives d'usage (permis de bâtir,...), le chantier, confié à la fime Dherte, a débuté en novembre 2011. Il est prévu pour durer une trentaine de mois et être terminé au mois de juin 2014. Détail intéressant, l'énorme tas de gravats résultant de la démolition ne sera pas emmené par une noria de camions comme c'est souvent le cas, concassées sur place, les briques serviront pour les travaux de terrassement alors que des pieux implantés à 14 mètres de profondeur assureront la stabilité des nouveaux bâtiments situé aux abords immédiats de l'Escaut. 

Dans l'attente de la construction qui bouleversera inévitablement le paysage urbain, de différents endroits du quartier, les Tournaisiens bénéficient provisoirement de vues inédites sur la cité et une de celles-ci est particulièrement remarquable à partir du Pont de Fer. C'est probablement l'endroit le plus photographié de la ville à l'heure actuelle !

(sources : le Courrier de l'Escaut, éditions des 12 et 14 janvier 2011)


25 janv.
2012

09:05

Tournai : l'année 1903 sous la loupe (3)

Abordons maintenant un panel d'informations diverses qui firent aussi l'actualité de l'année 1903 à Tournai.

Dans le domaine judiciaire, le jeudi 15 janvier, sur base d'un rapport médical signé par les deux praticiens qui l'ont examiné, la chambre du conseil du tribunal de Tournai rend une ordonnance de non-lieu en ce qui concerne Yvon Derycke, l'assassin du fils de la ferme Legrand à Templeuve, un fait divers dramatique qui s'était déroulé lors du dernier trimestre de l'année 1902 (voir à ce sujet, la rétrospective de cette année). Reconnu comme ne jouissant pas de toutes ses facultés mentales, il quitte la prison pour l'Asile des Aliénés, dénomination donnée alors à l'hôpital psychiatrique.

Dans le domaine musical, le 15 mars, la Société de Musique présente "Guillaume Tell" avec dans le rôle principal, le premier baryton de l'Opéra de Paris, le Tournaisien Jean Noté. Parmi l'assistance, outre les autorités communales de la cité des cinq clochers, on reconnaissait le Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique, De Trooz, le général Jeannered, commandant le 1er corps d'Armée de Lille, le sénateur De Mot, bourgmestre de Bruxelles, de nombreux officiers de l'état-major casernés à Lille, le directeur et des professeurs du Conservatoire de la ville...Pour attirer la grande foule, il y avait notamment 260 places à 2 francs dont cent, debout au fond de la salle. Devant retourné dans la capitale française dès après la représentation et n'ayant plus de train en partance pour Lille, c'est un fervent admirateur du célèbre chanteur qui mit une voiture à sa disposition pour le conduire dans la grande cité du Nord de la France. 

Le dimanche 20 septembre, on procède à l'inauguration, sur la place Crombez, du monument érigé en hommage à Jules Bara, avocat, député, ancien Ministre de la Justice, libéral et anti-clérical tournaisien, mort le 26 juin 1900 à Bruxelles. Répercutant l'information, le Courrier de l'Escaut décoche quelques flèches en demandant de faire attention lors de la représentation de Dame Justice de ne pas faire pencher le fléau de la balance trop à gauche ou encore en évoquant un bronze bien résonnant comme des tonneaux vides à l'image de la voix de ce tribun toujours prêt à vilipender le monde chrétien !

Dans le domaine des réclames, certaines ont retenu notre attention, elles concernent plus particulièrement le domaine de la mort et des funérailles. "La Maison Oscar Nef, tapissier-garnisseur, à la rue Gallait loue des tentures funèbres". A l'époque, on garnissait en effet l'entrée de la maison d'un défunt avec de grandes tentures noires et argentées, un crêpe était attaché à la porte et les passants se découvraient lorsqu'ils longeaient la mortuaire. Bizarre est cette annonce qui proclame que : "les familles touchées par un deuil se rendent à l'Estaminet du Sud, chez Mr et Mme J.B. Ladavid-Constant, 146 chaussée de Willemeau, pour y découvrir un grand choix de croix en bois ou en fonte, des couronnes en métal et perlées, des bouquets et des gerbes, des médaillons en marbre... et même des croix d'occasion !". De même, "la Maison Leroy-Navez, à la terrasse Saint-Brice, était spécialisée dans la location de corbillards, de toutes classes, de voitures spéciales pour enterrements d'enfants".

Plus humoristique (mais était-ce volontaire ?), cette annonce qui signale que "les personnes qui ont une vue faible, les myopes, louches ou qui sont malades de la vue apprendront avec plaisir, le retour en notre ville de Mr. Brouillard (!), opticien-spécialiste de Paris. Mr Brouillard est actuellement visible (sic) à l'Hôtel des Neuf Provinces, place de la Gare, jusqu'au 15 avril" . Nous n'avons inventé aucun mot de cette annonce mais nous sommes certains que de nombreux clients avaient vue ce retour d'un bon oeil !

Le 17 avril 1903, la ville de Tournai voit la fondation de son premier club de football : l'Union. Issu de la fusion du Student Club et de l'Athlétic Club, le club de football reçoit de l'Union belge le matricule 26 et troque le maillot Rouge et Blanc aux couleurs de la cité pour la célèbre vareuse Rouge et Vert. Les statuts proclament que le club a pour but la pratique des sports, des exercices athlétiques et des arts d'agrément. Si pour beaucoup le nom de l'Union restera lié au football, il ne faut pas oublier qu'il y eut aussi un club d'athlétisme, de basket-ball et un cercle de natation qui se distingua dans les traversées de Tournai à la nage. En province de Hainaut, seul le Sporting de Charleroi avait déjà, à cette époque, pignon sur rue.

(sources : Le Courrier de l'Escaut -éditions de l'année 1903 - "Des Infants aux quater-vingt-cheonq candelles" de Serge Tranchant et Bernard Libert, ouvrage paru en 1988 à l'occasion du 85e anniversaire du club Rouge et Vert)


24 janv.
2012

09:05

Tournai : l'année 1903 sous la loupe (2)

Comme nous l'avons annoncé, en cette année 1903, le 18 octobre, a lieu le scrutin communal. Parmi les élus, on note 9 candidats du parti Catholique : Mrs Stiénon du Pré, Carton, Bertouille, Lefebvre, Glorieux, Bréda, Delrue et 7 libéraux : Mrs. Victor Carbonnelle, bourgmestre en titre, de Formanoir, Asou, Jacobs, Gilmet, Wattiez, Huet. 

Emile Huet, élu sur la liste libérale, est né à Ghlin le 2 mars 1849. Il a suivi des études de docteur en droit notarial à l'Université libre de Bruxelles et d'instrumentiste au Conservatoire royal (flûtiste). Marié à Tournai, il succède à son beau-père en qualité de notaire. En 1891, à l'âge de 42 ans, il entame une carrière politique et entre au Conseil provincial du Hainaut. Membre de l'Association libérale, il y croise régulièrement Jules Bara et Victor Carbonnelle. Le 20 septembre 1896, il est élu sénateur représentant de l'arrondissement de Tournai. Lors des élections du 18 octobre 1903, il devient conseiller communal de sa ville d'adoption et le restera jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1914. il demeurait dans un hôtel particulier à la rue Perdue. Si les Tournaisiens le connaissaient sous le nom d'Emile Huet, son état-civil le renseignait pourtant dans la noblesse sous le nom d'Emile Huet de Grosage.

Autre élu, en cette année 1903, Oscar de Formanoir de la Cazerie, lui aussi candidat sur la liste libérale, est un avocat, né à Celles en 1837. Docteur en droit de l'Université catholique de Louvain, il exercera sa carrière comme avocat-avoué et juge suppléant près le tribunal de première instance de Tournai. Il sera élu conseiller communal de 1875 à 1902 et, ensuite, échevin de l'Etat-Civil jusqu'au 27 janvier 1908, date de son décès. Il était également officier du corps des Sapeurs-Pompiers.  

Le samedi 10 janvier 1903, le bourgmestre Victor Carbonnelle, l'échevin des Finances, Albert Asou et l'architecte Sonneville, auteur du projet, rencontrent le ministre de la Justice au sujet des travaux de dégagement de la cathédrale. De cette entrevue, il ressort que le gouvernement interviendra financièrement pour un tiers du coût, la ville de Tournai pour un second tiers, le troisième serait couvert par le legs Semet-Francotte et la province de Hainaut. L'Administration communale avait tout d'abord exigé, dans le cadre de la réalisation de ces travaux, la démolition de l'église paroissiale Notre-Dame adossée à la cathédrale, cette résolution est finalement abndonnée. Trente-sept ans plus tard, lors des bombardements de la ville par l'aviation allemande, l'église serait en partie détruite par un incendie et ne sera pas reconstruite. Le projet défendu par l'architecte prévoit la démolition d'une douzaine de maisons situées au milieu de la rue des Chapeliers, à droite, en montant, et de leurs dépendances. Une placette serait ainsi aménagée permettant d'admirer le choeur de Notre-Dame. Ces immeubles dataient du XVIIe siècle. La commission des Monuments et des Sites viendra à Tournai le 24 mars et ses membres se déclareront favorables à l'exécution de ce chantier. Une enquête est ouverte à l'Hôtel de Ville dans le courant du mois de mai. Bizarrement, ce sont les dernières informations reprises dans la presse à ce sujet. 

Constant Sonneville est né à Bailleul, dans le Nord de la France, le 15 mai 1849. Il sera tout d'abord apprenti menuisier et fréquentera les cours du soir de la Petite académie de dessin de sa ville natale. A dix-sept ans, on le retrouve dans un atelier de sculpture de Lille et il étudie à l'Académie nationale. En 1874, après avoir participé à la guerre de 1870 en qualité de sous-officier, il obtient le premier grand prix d'architecture. Venu s'établir en Belgique, il collabore avec l'architecte Eugène Carpentier de Beloeil jusqu'à la mort de celui-ci en 1886, époque à laquelle il vient s'établir à Tournai. En 1894, il dirige la restauration de la cathédrale et établit les plans du dégagement. Naturalisé belge, il fera partie de la commission royale des Monuments et des Sites, il est mort le 30 mars 1929. (à suivre)

(sources : Le Courrier de l'Escaut, année 1903 - "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre, ouvrage paru en 1990, édité l'asbl Archéologie industrielle de Tournai)

23 janv.
2012

09:10

Tournai : l'année 1903 sous la loupe (1)

Ouvrons cette nouvelle rétrospective, celle consacrée aux évènement de l'année 1903, par des informations composant l'actualité internationale. La plupart des évènements qui se déroulent en Europe orientale passent peut-être inaperçus à l'ombre des cinq clochers mais détermineront par la suite l'avenir de ces régions : le 11 juin, assassinat en Serbie du roi Alexandre 1er Obrénovitch, de son épouse et de ses principaux ministres par des officiers nationalistes, le 23 août, victoire des partisans de Lénine au 2e congrès du parti ouvrier social-démocrate russe à Londres, le 9 septembre, opposition de Trotski à Lénine, le 2 octobre, accord entre l'empereur François Joseph d'Autriche-Hongrie et le tsar de Russie, Nicolas II, à propos d'un plan de réformes en Macédoine. Le 20 juillet, le pape Léon XIII s'éteint à Rome, jusqu'à la désignation de son successeur, toutes les éditions du Courrier de l'Escaut paraîtront bordées de noir. Le 4 août, le très conservateur cardinal italien, Giuseppe Melchior Sarto est désigné comme son successeur, sous la pression de l'Autriche-Hongrie, il prendra le nom de Pie X. Le 19 juillet se termine à Paris, le premier Tour de France cycliste, remporté par Maurice Garin qui a bouclé les 2.428 kilomètres à une moyenne horaire légèrement supérieure à 25km/h.

Une des principales informations de cette année 1903 dans l'actualité nationale nous informe que trop d'enfants ne fréquentent pas l'école ou s'y rendent irrégulièrement. Cette constatation est notamment faite par le député Adolf Allard qui défend un projet d'enseignement obligatoire auquel s'opposent vivement les élus catholiques, défenseurs de l'enseignement libre et privé accessibles aux familles de la bourgeoisie. Le principal opposant est le catholique Arthur Verhaegen, défenseur de la liberté du père de famille. Tous les catholiques ne sont pourtant pas conservateurs, l'année 1903 révèle au public, surtout flamand, l'abbé Adolf Daens, un chrétien démocrate qui s'oppose, avec hargne, au parti Catholique en place. Interdit de toute fonction écclésiastique en raison de ses idées jugées extrémistes, il avait posé sa candidature aux élections et avait été élu député en 1902. Au parlement, le 11 mars, il attaque les députés catholiques en les accusant de vouloir maintenir volontairement le petit peuple, le monde ouvrier dans la plus grande misère et dans l'ignorance totale. L'Eglise réagit et menace d'anathème les chrétiens qui voteraient pour d'autres partis que le parti catholique. La vie romancée de ce prêtre ayant pris fait et cause pour les ouvriers des filatures de Flandres a été portée à l'écran par Stijn Coninx en 1991. Pour la petite histoire, notons que dans le village d'Ecaussinnes est organisé, le lundi de la Pentecôte, le premier goûter matrimonial. 

Dans l'actualité locale, l'instruction s'invite également au Conseil communal de la cité des cinq clochers. Voici ce que relate, à ce sujet, le Courrier de l'Escaut, alors journal d'obédience catholique : "Constatant que le bureau de bienfaisance distribue aux indigents une moyenne annuelle de 14 francs (pour relativiser cette somme rappelons que l'abonnement annuel au journal coûte 10 francs de l'époque), Mr Allard trouve que l'assistance de l'indigent est insuffisante et que d'autre part, le salaire de l'ouvrier tournaisien est, en général, trop modique parce qu'il ne possède pas une instruction professionnelle suffisante pour pouvoir exiger un plus fort. Il demande donc qu'on augmente cette instruction professionnelle des pauvres et, en général, tout enseignement puisque l'instruction est la base des classes laborieuses. A Tournai, dit-il, il existe 21% de miliciens illétrés alors qu'ils ne seraient que 0,15 % en Allemagne. L'enseignement professionnel communal n'a pas assez d'élèves et l'enseignement ménager est nul". Les partisans de l'enseignement libre s'opposent à ces propositions. 

En ce début d'année 1903, le journal officiel, le Moniteur Belge, publie la loi portant sur la nouvelle classification des communes. Conséquence de celle-ci, à Tournai, le nombre de conseillers est porté de 21 à 23 (non compris les quatre conseillers supplémentaires patrons et ouvriers). Cette année 1903 est une année électorale sur le plan communal, les états majors des partis fourbissent leurs armes et durant les conseils communaux tout est prétexte pour railler l'adversaire politique et le ridiculiser aux yeux de l'opinion publique, le combat entre les élus du parti catholique et les anti-cléricaux a encore de beaux jours devant lui. (à suivre).

09:10 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, instruction, enseignement, trotski, lénine |

21 janv.
2012

09:15

Tournai : expressions tournaisiennes (157)

I-paraît, mes gins, qu'in parlant de l'fin du meonte, l'sémaine dernière, j'ai flanqué l'esquite à beauqueop d'inter vous. I-a même ein amisse qui m'a mis in commentaire qu'i-n'aveot pos osé éteinte l' leumière, j'ai ainsin compris qu'in mettant cha su Internet, j'ai seûrmint foutu à tertous l'pépète. Edmeond que j'ai vu au mitan de l'sémaine alors qu'i-f'seot l'équilibrisse dins l'rue Saint-Brice pou éviter les treos qu'i-a là d'pus ein meos, Edmeond i-m'a déclaré que j'n'aveos rin dit d'mal que cha pindez à nos cou comme eine médalle. Ov'là c'qui pinse : 

"Te comprinds bin qu'on n'peut pus vife comme on l'fait asteur, on gaspile, on vit au d'zeur de ses moyens, i-nous féaut tout à l'feos et on minge comme des cras pourchéaux, on pollue l'tierre intière et la mer ch'est eine poubelle ave des milliards d'boutelles. On fait morir l'pisseon et su les camps on met du poiseon. Si i-d'a ein qui berle "attintieon" héaut et fort, on li répeond "touchez pos à no confort". Alors, l'tierre, elle va s'orvinger, elle va s'ortourner et tout invéyer bouler, les brichaudeux, les invieux, les pollueux, les impoisonneux, les magouilleux... bé, cha veut dire tertous qui vife'tent su no planète à commincher pa les ceusses qui seont à no tiête".

Je n'saveos pus commint faire pou l'arrêter, Fifinne nous aveot orjoints pou l'acouter.

"Respecter no tierre nourricière, warder ses bieaux paysaches, arrêter d'faire la guerre, éviter l'briscadache, partager ave no visins, aider les ceusses qui n'ont pos d'sanche, n'laicher perseonne morir d'faim, équilibrer de l'justice les bras de l'balanche...".

"Rastrins, va, bougre d'animal, on va ichi croire que t'es in campane électorale".

J'ai bin tinté d'li dire :

"Si tous les mauvaisses gins seont invéyés dins l'espace, su no tierre i-n'va pus in rester des masses".

C'que les Mayas i-ont dit, ch'est pos des mintiries, mais te n'as pos bin compris, cha n'est pos la fin du meonte, mais la fin d'ein meonte qu'i-ont prédit. Les gins i-veont devoir canger : les faiseux d'imbarras, les arsoules, les imblavés, tout cha deot ête saqué, l'vingt et ein du meos d'décimpe, on solde, on liquide...

Fifinne est acore orvenue ave s'lanque de vipère :

"Dins tout l'liste que t'as fait, i-in a que t'as obliés... si les buveux seont aussi concernés, bé, alors ti aussi te vas ête satellisé, te vas aller dins l'stratosphère sans tes casiers d'Jupiler ! In attindant, ch'est pou l'meos d'décimpe l'fin du meonte, ichi i-est temps d'raviser t'montre, pasque te veos, Nostradamus, on risque acore d'rater l'bus".

(lexique : flanquer l'esquite : faire peur, mettre la panique / seûrmint : sûrement / l'pépète : la peur / au mitan : au milieu / les treos : les trous / vife : vivre / asteur : maintenant / des cras pourchéaux : des cochons bien gras / morir : mourir / l'pisseon : le poisson / les camps : les champs / berler : hurler, crier fort / s'orvinger : prendre sa revanche / s'ortourner : se retourner / invéyer bouler : envoyer promener, envoyer au diable / les brichaudeux : les gaspilleurs / orjoindre : rejoindre / warder : garder / l'briscadache : le gaspillache / l'visin : le voisin / l'sanche : la chance / laicher : laisser / l'balanche : la balance / rastrinte : restreindre, écourter / les mintiries : les mensonges / canger : changer / les faiseux d'imbarras : les prétentieux, ceux qui aiment paraître / les arsoules : les canailles, les arsouilles / les imblavés : les orgueilleux / saqué : abattu / l'lanque : la langue / raviser : regarder).

S.T. janvier 2012

09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

19 janv.
2012

09:15

Tournai : l'année 1902 sous la loupe (3)

Nous allons clôturer cette revue des informations de l'année 1902, en débutant par deux articles qui interpellent. Le premier concerne la consommation de pain frais. Voici à ce sujet ce qu'a écrit une journal belge de l'époque (le Courrier de l'Escaut a reproduit celui-ci dans une de ses éditions) :

"Les personnes qui, trop nombreuses, mangent du pain frais ne savent pas à quels accidents elles s'exposent. Nous ne disons pas qu'il faille manger du vieux pain mais du pain rassis. Le pain frais forme dans l'estomac des morceaux qui s'endurcissent et sur lesquels les sucs digestifs ne peuvent travailler. La digestion est difficile, des crampes sont occasionnées, l'estomac surexcité produit des troubles de la circulation du sang, des maux de tête, des transports au cerveau, des gastrites et dyspepsies. Le pain noir est encore pire car plus lourd à digérer. Le pain frais avec des aliments gras est un véritable poison !".

L'intervention d'un lecteur qui se qualifie de vieux cycliste (on dit alors véloceman) donne quant à lui des conseils lors de rencontres avec des chiens : 

"Certains chiens n'aiment pas les cyclistes et les attaquent. Si le chien arrive de l'arrière, il faut lâcher la pédale et tendre la jambe menacée par le mâtin, le chien continuant sur sa lancée reçoit un coup de pédale imprévu sur le museau (ce qui était probablement sensé calmer ses ardeurs vélléïtaires). La même technique sera employée si le chien vient de face, il viendra alors se fracasser sur la jambe tendue !" (un tel commentaire paraissant à notre époque provoquerait une vague de protestations de la part des associations protectrices des animaux !).

Cette petite distraction ne nous fait pas perdre de vue d'autres articles plus intéressants.

A Tournai, des voix s'élèvent contre la destruction des vieilles maisons, témoignages du passé de la ville. C'est le cas à la fin du mois de mai lorsqu'on entame la démolition, à la rue de Paris, de la Maison du Chapelet, un immeuble qui datait du XVIe siècle, un curieux type de construction en style tournaisien de briques et de bois, à fenêtres multiples occupant presque toute la largeur de cette façade étroite, haute de trois étages. Le Courrier de l'Escaut rappelle à cette occasion la suggestion déjà formulée lors de la rénovation du Café des Brasseurs, l'année précédente à la rue des Maux, celle de la création d'une prime que l'Administration Communale accorderait aux propriétaires soucieux de réhabiliter un immeuble ancien.

On évoque également le projet d'installer la distribution d'eau à Tournai, celui-ci comporte l'installation de pompes sur le forage existant déjà au boulevard Léopold. L'eau serait ensuite acheminée par des machines et des pompes appropriées vers un réservoir à construire au lieu-dit "Pic au Vent" sur le territoire d'Orcq (sic). Les adjudications pour ces travaux ont lieu en octobre 1902.

On évoque également l'agrandissement de la nouvelle gare de Tournai par le prolongement de quelques voies et le transfert de l'atelier de réparations dans les "Prés Boucher". La gare des marchandises serait quant à elle transférée au-delà du Viaduc, dans des terrains avoisinant la margarinerie (origine du nom de "gare margarine" donné par les Tournaisiens à la gare des marchandises au XXe siècle, mot désormais oublié des jeunes générations).

En cette année 1902, à nouveau, un citoyen Tournaisien est mis à l'honneur, après W. Bulot, inventeur en 1901, c'est Mr. Achille Nel, directeur de la chorale "l'Avenir de Monaco" qui remporte un brillant succès au concours de Genève, ses chanteurs obtiennent le 1er prix en excellence de lecture à vue, le 1er prix d'Honneur et le 2e prix d'exécution.

Pour être complet et faire plaisir aux passionnés de météorologie, notons que le mardi 19 août des pluies torrentielles s'abattent sur Tournai, les eaux dégringolant le boulevard Léopold transforment la rue de la Madeleine en un lac d'une profondeur de... trente centimètres environ, l'eau envahit également l'église Sainte Marie-Madeleine.

(sources : le Courrier de l'Escaut)


18 janv.
2012

09:15

Tournai : l'année 1902 sous la loupe (2)

En cette année 1902, la rubrique des "faits divers" est, quotidiennement, bien remplie. Le Courrier de l'Escaut relate régulièrement les bagarres qui émaillent la vie nocturne. Notre but n'est pas de faire écho à ces violentes disputes, conséquences bien souvent de soirées trop arrosées, de scènes de jalousie au sein de couples, de sorties de militaires qui s'en prennent parfois aux civils qu'ils rencontrent. Nous avons cependant retenu, pour sa relation emprunte d'un certain "lyrisme", cet évènement qui eut pour cadre la Grand'Place, le samedi 11 janvier. 

"Samedi, dans la nuit, les habitants de la Grand'Place et des rues avoisinantes étaient réveillés en sursaut par des clameurs sauvages et des hurlements propres aux pensionnaires d'une ménagerie en délire (sic). Effarés, les bons bourgeois mirent le nez à la fenêtre et un spectacle fantastique s'offrit à leur vue : une bande d'individus avait étalé, au beau milieu de la voie publique, un énorme mannequin bourré de paille et de bois et y avait mis le feu. Les flammes dépassaient le premier étage des habitations, les noctambules, tel un sabbat de sorcières, tournaient en une ronde infernale, en se tenant par la main et en poussant des cris qui n'avaient rien d'humain (re sic). Le spectacle a duré au moins une demi-heure, après quoi, les braillards allèrent "s'achever" dans un établissement voisin et le "boucan" dura jusqu'à trois heures du matin. Il paraît qu'il s'agissait d'une fête intime et qu'aucun procès-verbal n'a été dressé à l'égard des gens qui troublent l'ordre publique". Qu'écrirait ce journaliste de nos jours ? Il est certain qu'il manquerait de superlatifs et d'éléments de comparaison pour enfoncer les auteurs et défendre les "bons bourgeois" !

Bien plus dramatique sera cet enlèvement qui va mettre en émoi le village de Templeuve et la ville de Tournai. Le 5 octobre de cette année 1902, un domestique de la ferme Legrand, le dénommé Yvon Derycke, disparaît en emmenant avec lui l'enfant de la famille. Des recherches sont immédiatement entamées par la gendarmerie mais resteront vaines, l'auteur des faits et l'enfant seront introuvables. Le 30 octobre, au faubourg Saint-Martin à Tournai, Derycke est aperçu par une dame qui le croise pas bien loin du café dont elle est la tenancière. Elle le reconnaît non seulement grâce à la description précise parue dans les journaux mais aussi parce que ce "journalier" a travaillé dans une ferme voisine durant quelques temps. Elle prévient ses deux fils, Alphonse et Edouard Delbecque qui, en compagnie d'E. Dubrunfaut et de Jean Delcourt, se lancent à sa poursuite, ils le repèrent et lui mettent la main au collet sur la chaussée de Douai, à la porte d'une boucherie. Emmené au commissariat de police, le valet de ferme reconnaît avoir tué l'enfant et l'avoir "rué dins l'ieau" (jeté dans l'eau), dans un étang du bois situé près du passage du tram reliant Tournai à Templeuve. Sur ses indications, les policiers se rendent au lieu-dit "le Bois du Marais" à Templeuve et découvrent, dans le petit plan d'eau, le cadavre du garçonnet. La presse raconte que plusieurs dizaines de personnes averties par des passants avaient rejoint l'endroit de la découverte du corps pour invectiver l'assassin. On apprend également que ce dernier avait été victime, quelques temps auparavant, d'un accident et, suite à la blessure encourue à la tête, il n'était plus le même, pouvant parfois être bizarre. La nuit qui suivit la découverte, la mère du jeune garçon, terrassée par la douleur, décédait à son tour. 

Quelques jours après ces évènements, le 19 novembre, le froid faisait une brutale apparition, la température chutait au-delà des moins 6° et la neige se mettait à tomber couvrant de son manteau immaculé les lieux de cette horrible découverte. (à suivre)


09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, enlèvement, tapage nocturne |