24 janv.
2012

Tournai : l'année 1903 sous la loupe (2)

Comme nous l'avons annoncé, en cette année 1903, le 18 octobre, a lieu le scrutin communal. Parmi les élus, on note 9 candidats du parti Catholique : Mrs Stiénon du Pré, Carton, Bertouille, Lefebvre, Glorieux, Bréda, Delrue et 7 libéraux : Mrs. Victor Carbonnelle, bourgmestre en titre, de Formanoir, Asou, Jacobs, Gilmet, Wattiez, Huet. 

Emile Huet, élu sur la liste libérale, est né à Ghlin le 2 mars 1849. Il a suivi des études de docteur en droit notarial à l'Université libre de Bruxelles et d'instrumentiste au Conservatoire royal (flûtiste). Marié à Tournai, il succède à son beau-père en qualité de notaire. En 1891, à l'âge de 42 ans, il entame une carrière politique et entre au Conseil provincial du Hainaut. Membre de l'Association libérale, il y croise régulièrement Jules Bara et Victor Carbonnelle. Le 20 septembre 1896, il est élu sénateur représentant de l'arrondissement de Tournai. Lors des élections du 18 octobre 1903, il devient conseiller communal de sa ville d'adoption et le restera jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1914. il demeurait dans un hôtel particulier à la rue Perdue. Si les Tournaisiens le connaissaient sous le nom d'Emile Huet, son état-civil le renseignait pourtant dans la noblesse sous le nom d'Emile Huet de Grosage.

Autre élu, en cette année 1903, Oscar de Formanoir de la Cazerie, lui aussi candidat sur la liste libérale, est un avocat, né à Celles en 1837. Docteur en droit de l'Université catholique de Louvain, il exercera sa carrière comme avocat-avoué et juge suppléant près le tribunal de première instance de Tournai. Il sera élu conseiller communal de 1875 à 1902 et, ensuite, échevin de l'Etat-Civil jusqu'au 27 janvier 1908, date de son décès. Il était également officier du corps des Sapeurs-Pompiers.  

Le samedi 10 janvier 1903, le bourgmestre Victor Carbonnelle, l'échevin des Finances, Albert Asou et l'architecte Sonneville, auteur du projet, rencontrent le ministre de la Justice au sujet des travaux de dégagement de la cathédrale. De cette entrevue, il ressort que le gouvernement interviendra financièrement pour un tiers du coût, la ville de Tournai pour un second tiers, le troisième serait couvert par le legs Semet-Francotte et la province de Hainaut. L'Administration communale avait tout d'abord exigé, dans le cadre de la réalisation de ces travaux, la démolition de l'église paroissiale Notre-Dame adossée à la cathédrale, cette résolution est finalement abndonnée. Trente-sept ans plus tard, lors des bombardements de la ville par l'aviation allemande, l'église serait en partie détruite par un incendie et ne sera pas reconstruite. Le projet défendu par l'architecte prévoit la démolition d'une douzaine de maisons situées au milieu de la rue des Chapeliers, à droite, en montant, et de leurs dépendances. Une placette serait ainsi aménagée permettant d'admirer le choeur de Notre-Dame. Ces immeubles dataient du XVIIe siècle. La commission des Monuments et des Sites viendra à Tournai le 24 mars et ses membres se déclareront favorables à l'exécution de ce chantier. Une enquête est ouverte à l'Hôtel de Ville dans le courant du mois de mai. Bizarrement, ce sont les dernières informations reprises dans la presse à ce sujet. 

Constant Sonneville est né à Bailleul, dans le Nord de la France, le 15 mai 1849. Il sera tout d'abord apprenti menuisier et fréquentera les cours du soir de la Petite académie de dessin de sa ville natale. A dix-sept ans, on le retrouve dans un atelier de sculpture de Lille et il étudie à l'Académie nationale. En 1874, après avoir participé à la guerre de 1870 en qualité de sous-officier, il obtient le premier grand prix d'architecture. Venu s'établir en Belgique, il collabore avec l'architecte Eugène Carpentier de Beloeil jusqu'à la mort de celui-ci en 1886, époque à laquelle il vient s'établir à Tournai. En 1894, il dirige la restauration de la cathédrale et établit les plans du dégagement. Naturalisé belge, il fera partie de la commission royale des Monuments et des Sites, il est mort le 30 mars 1929. (à suivre)

(sources : Le Courrier de l'Escaut, année 1903 - "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre, ouvrage paru en 1990, édité l'asbl Archéologie industrielle de Tournai)

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