19 janv.
2012

Tournai : l'année 1902 sous la loupe (3)

Nous allons clôturer cette revue des informations de l'année 1902, en débutant par deux articles qui interpellent. Le premier concerne la consommation de pain frais. Voici à ce sujet ce qu'a écrit une journal belge de l'époque (le Courrier de l'Escaut a reproduit celui-ci dans une de ses éditions) :

"Les personnes qui, trop nombreuses, mangent du pain frais ne savent pas à quels accidents elles s'exposent. Nous ne disons pas qu'il faille manger du vieux pain mais du pain rassis. Le pain frais forme dans l'estomac des morceaux qui s'endurcissent et sur lesquels les sucs digestifs ne peuvent travailler. La digestion est difficile, des crampes sont occasionnées, l'estomac surexcité produit des troubles de la circulation du sang, des maux de tête, des transports au cerveau, des gastrites et dyspepsies. Le pain noir est encore pire car plus lourd à digérer. Le pain frais avec des aliments gras est un véritable poison !".

L'intervention d'un lecteur qui se qualifie de vieux cycliste (on dit alors véloceman) donne quant à lui des conseils lors de rencontres avec des chiens : 

"Certains chiens n'aiment pas les cyclistes et les attaquent. Si le chien arrive de l'arrière, il faut lâcher la pédale et tendre la jambe menacée par le mâtin, le chien continuant sur sa lancée reçoit un coup de pédale imprévu sur le museau (ce qui était probablement sensé calmer ses ardeurs vélléïtaires). La même technique sera employée si le chien vient de face, il viendra alors se fracasser sur la jambe tendue !" (un tel commentaire paraissant à notre époque provoquerait une vague de protestations de la part des associations protectrices des animaux !).

Cette petite distraction ne nous fait pas perdre de vue d'autres articles plus intéressants.

A Tournai, des voix s'élèvent contre la destruction des vieilles maisons, témoignages du passé de la ville. C'est le cas à la fin du mois de mai lorsqu'on entame la démolition, à la rue de Paris, de la Maison du Chapelet, un immeuble qui datait du XVIe siècle, un curieux type de construction en style tournaisien de briques et de bois, à fenêtres multiples occupant presque toute la largeur de cette façade étroite, haute de trois étages. Le Courrier de l'Escaut rappelle à cette occasion la suggestion déjà formulée lors de la rénovation du Café des Brasseurs, l'année précédente à la rue des Maux, celle de la création d'une prime que l'Administration Communale accorderait aux propriétaires soucieux de réhabiliter un immeuble ancien.

On évoque également le projet d'installer la distribution d'eau à Tournai, celui-ci comporte l'installation de pompes sur le forage existant déjà au boulevard Léopold. L'eau serait ensuite acheminée par des machines et des pompes appropriées vers un réservoir à construire au lieu-dit "Pic au Vent" sur le territoire d'Orcq (sic). Les adjudications pour ces travaux ont lieu en octobre 1902.

On évoque également l'agrandissement de la nouvelle gare de Tournai par le prolongement de quelques voies et le transfert de l'atelier de réparations dans les "Prés Boucher". La gare des marchandises serait quant à elle transférée au-delà du Viaduc, dans des terrains avoisinant la margarinerie (origine du nom de "gare margarine" donné par les Tournaisiens à la gare des marchandises au XXe siècle, mot désormais oublié des jeunes générations).

En cette année 1902, à nouveau, un citoyen Tournaisien est mis à l'honneur, après W. Bulot, inventeur en 1901, c'est Mr. Achille Nel, directeur de la chorale "l'Avenir de Monaco" qui remporte un brillant succès au concours de Genève, ses chanteurs obtiennent le 1er prix en excellence de lecture à vue, le 1er prix d'Honneur et le 2e prix d'exécution.

Pour être complet et faire plaisir aux passionnés de météorologie, notons que le mardi 19 août des pluies torrentielles s'abattent sur Tournai, les eaux dégringolant le boulevard Léopold transforment la rue de la Madeleine en un lac d'une profondeur de... trente centimètres environ, l'eau envahit également l'église Sainte Marie-Madeleine.

(sources : le Courrier de l'Escaut)


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