11 janv.
2012

Tournai : l'année 1901 sous la loupe (2)

Poursuivons la rétrospective des évènements qui marquèrent l'actualité en cette année 1901 à Tournai. Un Tournaisien se distingue : Mr. W. Bulot reçoit un brevet d'invention pour une nouvelle lampe à arc, à point lumineux, pour courant continu.

La météorologie se distingue également, l'année débute par une vague de froid qui se manifeste durant le mois de janvier et une partie de février. Les températures stagnent aux environs de zéro degré et descendent même largement en dessous. Par ce froid glacial, deux garçonnets âgés de dix ans, ont pris comme terrain de jeu les Près de Maire, près des Emprises. Ce vendredi 18 janvier, ils s'amusent à glisser lorsque la plaque de glace cède et précipite le petit François Lecomte, né en 1890, dans les eaux glacées. Son compagnon de jeu, Léon Delvigne a le réflexe de le saisir par les poignets et de le hisser hors de l'eau. Réchauffé et réconforté dans une maison voisine, la victime doit le vie sauve grâce à la présence d'esprit de son ami. 

D'autres aussi se distinguent aussi mais... de la pire des façons. Voici ce qu'écrit le journal à leur sujet : "le lundi 18 janvier, une bande de braillards, a, vers 11h00 du soir, fait un tapage infernal, tordant les cordons de sonnettes, frappant sur les volets et brisant la vitrine d'un magasin. Les habitants réclament de la part des autorités, un peu de surveillance à ce sujet". Décidément le vandalisme en bande existe depuis toujours. Est-ce la même bande qui, deux mois plus tard, la nuit du 20 au 21 mars, provoque de nombreux dégâts à des habitations du faubourg Morelle ? Cette fois la police procède à des arrestations.

Un député se distingue lui aussi. Mr Surmont dépose un projet de loi relatif aux accidents du travail. Il est intéressant, avec le recul, de lire la définition qui était donnée pour ce type d'accident; "Les accidents du travail sont, en quelque sorte, la tare, la rançon naturelle et fatale du travail industriel considéré comme l'exercice ordinaire de l'activité de l'homme moderne". Cette définition contenue dans l'avant-propos de la loi traduit parfaitement la mentalité de l'époque qui considérait un accident du travail comme inévitable (une fatalité) et résultant de l'activité même. Il n'existait aucune notion de prévention, tout au plus le projet de loi, évoquait-il des réparations financières pour l'épouse et les enfants du travailleur qui se voyaient du jour au lendemain privés de ressources en raison de sa disparition. La loi sur la protection du travail viendra bien plus tard. En cette année 1901, la carrière Delwart enregistre à nouveau de nombreux accidents du travail dans lesquels des ouvriers perdent la vie ou sont "estropiés" pour le reste de leur vie (terme utilisé alors pour qualifier un handicap permanent).

Le 14 avril, la presse présente un projet de rénovation du Pont des Trous. Celui-ci prévoit de rendre aux deux tours leurs toits pointus. Ces toitures, devant rappeler celles qui se trouvaient à l'origine, seraient construites en chêne et recouvertes d'ardoises. La partie du pont enjambant le fleuve recevrait, elle aussi, une toiture dans les même matériaux et on rétablirait les anciennes fenêtres. Dans la foulée, on restaurerait également une partie du mur d'enceinte jouxtant l'ouvrage.

Il est remarquable de constater que cette époque (où l'économie n'avait pas encore pris l'ascendant sur toutes les autres considérations) se distingue par le souci de redonner à ce témoignage historique, son aspect d'origine alors que cent ans plus tard, la vieille porte d'eau, toujours aussi prisée des touristes, dérange les projets de ceux qui veulent faire transporter des marchandises par des bateaux de 2.500 tonnes et plus sur l'Escaut. Au cours de ce dernier siècle, les progrès ont été tels qu'une forme de mégalomanie induite, un besoin de toujours vouloir plus, des ambitions sans aucune limite, se sont emparé de ceux qu'on appelle les décideurs, toujours prêts à agiter le spectre d'une faillite si leurs projets n'étaient pas admis ou ne devaient pas aboutir (à suivre).


Commentaires

J'ai parlé du Lundi Perdu hier sur mon blog. Bonne soirée et à bientôt.

Écrit par : Un petit Belge | 11/01/2012

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les évènements sont différents qui ont marqué ces années à Paris mais l'époque était bien la même à en croire les cartes et documents retrouvés chez ma grand mère!

Écrit par : marie-madeleine | 12/01/2012

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