06 janv.
2012

Tournai : l'année 1900 sous la loupe (3)

Terminons cette rétrospective de l'actualité tournaisienne qui a marqué l'année 1900 à l'ombre des cinq clochers. La météo est souvent un sujet de conversation, elle est aussi parfois mise à profit par des gens sans scrupules, comme le 15 février de cette année-là. Une violente tempête souffle sur la région. Toits, cheminées et arbres sont les principales victime du déchaînement d'Eole. Profitant de ces conditions un ou plusieurs individus lancent un pavé dans la vitrine d'une boucherie de la rue Dorée et s'emparent d'un jambon et de quelques charcuteries ! Le mois de juillet sera marqué par une importante vague de chaleur qui durera un peu plus de deux semaines, pendant plusieurs jours, les températures maximales se maintiennent légèrement eu-dessus des 36°. Les records enregistrés en 1874 (38,4°), en 1873 (37,2°) ou encore en 1881 (37,1°) ne sont cependant pas atteints. Précisons que ces valeurs sont à prendre avec réserve, elles étaient mesurées au moyen d'un simple thermomètre, tous les jours, à trois heures de l'après-midi, moment considéré comme étant le plus chaud de la journée. A la fin de cette canicule, un violent orage accompagné de trombes d'eau est à l'origine de nombreuses inondations. 

En ce mois d'août 1900 se termine l'importante rénovation de la façade du Café des Brasseurs, situé à la rue des Maux. La presse signale que ces travaux ont été exécutés avec un sérieux et une méthode parfaite sous la direction de l'architecte Constant Sonneville (1849-1929) qui a rendu à ce bâtiment son aspect primitif en le débarrassant d'ajoutes malheureuses. Le propriétaire, Mr Bourgois, n'a pas lésiné sur la dépense pour rendre ce bijou à la ville, une des plus riches façades réalisée au XVIIe siècle. Le journaliste plaide pour la généralisation de ce type d'action si la Ville pouvait accorder un subside aux propriétaires. En réponse l'Administration Communale propose d'offrir à Mr. Bourgois, une grande médaille d'or commémorant cette restauration, elle reproduirait la nouvelle façade et porterait une dédicace.

Dans une rubrique consacrée aux travaux réalisés dans la cité des cinq clochers, la presse se fait l'écho de l'abattage des arbres de la place des Acacias (actuelle place Paul Emile Janson), prélude, espère-t-elle, au dégagement de la cathédrale, un souhait émis par de nombreux tournaisiens mais qui ne se réalisera que quelques décénnies plus tard. On procède également à l'enlèvement des arbres ceinturant la place Verte mais on y replante immédiatement d'autres essences. Au quai des Salines, on crée un square autour de la statue de Barthélémy Du Mortier, celle-ci se situe alors face à la rue du Château. Ces travaux donnent des idées aux lecteurs du journal et certains de ceux-ci souhaitent la création d'un square autour de l'église Saint-Jacques, à la place des terrains boueux qui l'entourent, la plantation d'arbres à la rue Childéric et la mise en valeur des Tours Marvis (cette demande reste d'actualité cent douze ans plus tard !). 

La page des "réclames" éveillera des souvenir parmi les Tournaisiens les plus âgés, on y trouve des publicités pour la fonderie de cloches Michiels située au boulevard du Nord (actuel boulevard Eisenhower), pour les charbons d'Ed. De Bongnie au 25 et 26 quai des Poissonsceaux, pour les meubles O. Crépin au 32 de la rue du Cygne (ancien Hôtel de la Petite Nef), les couleurs et vernis de la Ruche d'Or à la rue Royale ou pour l'usine à vapeur Auguste Leman qui fournit des cafés torréfiés garantis sains et sans enrobage (sic) mais... les familles tournaisiennes confient déjà les funérailles de leurs proches à la maison Fr. Ladavid, située au 6 de la chaussée de Douai (aujourd'hui avenue Montgomery) près de la porte Saint-Martin.

Ainsi s'achève cette rétrospective, sans grands évènements, la vie tranquille d'une petite ville de province, une atmosphère surranée que nous redécouvrirons au travers de l'actualité de l'année 1901.

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