04 janv.
2012

Tournai : l'année 1900 sous la loupe (1)

Nous avons, jusqu'à présent, évoqué l'actualité tournaisienne en passant sous la loupe les années s'étalant de 1914 à 2005, pour compléter les informations concernant le XXe siècle, nous entamons aujourd'hui, un série consacrée aux années comprises entre 1900 et 1913.

L'année 1900, un nouveau siècle se profile à l'horizon. Pour celui-ci, on se déclare optimiste, il devrait apporter enfin la paix et les progrès. Pourtant, au niveau mondial, l'actualité est déjà dominée par une guerre dont on parle jusqu'à Tournai, la seconde guerre des Boers, en Afrique du Sud. La presse relate que certains jeunes tournaisiens souhaiteraient s'enroler pour aller combattre à l'autre bout de la planète et des collectes sont organisées, au début du mois de janvier, pour venir en aide aux victimes. La France est sous les feux de l'actualité, le 14 avril s'ouvre à Paris, l'exposition universelle et à partir du 14 mai, la capitale française accueille les Jeux mondiaux athlétiques qui deviendront, par la suite, les Jeux Olympiques. L'Italie est secouée le 29 août par l'assassinat du roi Humberto 1er des oeuvres d'un anarchiste du nom de Gaetano Brisci, c'est Victor Emmanuel III qui lui succcédera sur le trône. Le 6 novembre, les Etats-Unis élisent un nouveau président en la personne du républicain William McKinley qui aura comme vice-président un certain Théodore Roosevelt. On relève une information qui passe peut-être inaperçue, le 25 août, le mot "télévision" est prononcé pour la toute première fois lors d'une conférence de Constantin Preskyi qui désigne alors un appareil fondé sur les propriétés magnétiques du sélénium. 

L'année 1900 est marquée par d'importants mouvements sociaux en Belgique. Le pays compte 5.403.010 habitants, soit 2.574.805 francophones et 2.828.205 néérlandophones. Cette répartition doit toutefois être prise sous réserve car on sait que de nombreux habitants de Flandre, appartenant à la bourgeoisie, s'exprime en français, la langue de la classe dirigeante. En février et mars, le bassin de Charleroi est touché par une longue grève des ouvriers du verre, quelques émeutes y éclatent tandis qu'en décembre, ce sont les douze mille travailleurs du port d'Anvers qui cessent le travail en raison d'une diminution de leur salaire. Aux élections législatives du 28 mai, les Catholiques obtiennent 85 élus, les Socialistes 32, les Libéraux (en très net progrès) 31, les Radicaux 3 et les Démocrates-Chrétiens, un seul. Le parti Indépendant ne reçoit aucun siège. Le suffrage avait réuni 2.052.270 votants. Notons encore que le tiers de la production industrielle belge est exporté et que le pays occupe la cinquième place des puissances du monde en terme d'exportation (4,6 milliards d'alors).

La ville de Tournai compte 36.835 habitants. Le 5 janvier, on installe le nouveau conseil communal issu des élections du 15 octobre 1899. Le poste de bourgmestre est conservé par Victor Carbonnelle. Celui-ci, distillateur bien connu, est né le 16 février 1840. De religion catholique, il est cependant élu en 1868 sur la liste libérale, il sera désigné comme bourgmestre le 6 décembre 1883 et occupera ce poste jusqu'au 22 octobre 1907 exerçant le mayorat pendant 24 années. Il est décédé le 1er avril 1927, à l'âge de 87 ans. 

Les différents évènements ou faits que nous allons vous raconter ont été puisés dans le Courrier de l'Escaut, un journal vendu 5 centimes ou sous forme d'abonnement semestriel (5,50 francs) ou annuel (10 francs). Le quotidien est composé d'une double page qui ne comporte aucune photo, la "une " est consacrée à l'actualité internationale et nationale, la seconde page traite des informations provinciales, locales et régionales, la troisième présente des avis, des réunions de sociétés, des conseils et même un feuilleton, en l'occurence, "le Prince Alex" écrit par la Baronne de Bauvard. La dernière page reprend les annonces notariales et les "réclames" pour les maisons de commerce tournaisiennes ou pour des grandes marques. 

Se plonger dans la lecture de ces journaux nécessite de faire abstraction de nos habitudes et de se retremper dans l'atmosphère de cette "Belle Epoque" où les véhicules automoteurs ne parcouraient pas encore les routes, où la sécurité au travail n'était pas une préoccupation première, où l'alcool et la misère était souvent à l'origine de drames, une époque sans électricité, sans autant de distractions qu'actuellement, un temps où on vivait entre travail et vie familiale.

Commentaires

Bonjour Serge,
Merci pour ce retour en arrière, malgré le progrès les gens sont-ils plus heureux qu'à l'époque ?
Bonne fin de journée.

Écrit par : Mousse | 04/01/2012

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Bonjour Serge,

Bel article sur ce siècle où les gens
n'avaient peu-être pas tous les soucis de notre
époque....Heureux de vivre ...
Je te souhaite une bonne et heureuse année,qu'elle t'apporte
plein de joie,bonheur,prospérité et surtout la santé ...
Bises de Mimi ...

Écrit par : Mimi du Sud | 04/01/2012

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