08 déc.
2011

Tournai : la cathédrale Notre-Dame vue par les touristes

Au cours de cette visite virtuelle de la cathédrale que nous venons d'entreprendre, nous avons décrit des éléments momentanément cachés aux yeux de ceux qui viennent la visiter. Les Tournaisiens sont habitués à leurs cinq clochers, ils font partie de leur quotidien et il a fallu, pour bon nombre d'entre eux, la tornade du 13 août 1999, ses vents violents qui l'ont ébranlée et les travaux de rénovation débutés en 2000 pour qu'ils la rédécouvrent dans ses détails.

Probablement un peu moins nombreux, ces dernières années, en raison du chantier qui les prive d'une vue d'ensemble et de nombreux détails architecturaux, les touristes viennent du monde entier et rien qu'au cours de cette dernière décennie, il n'était pas rare de croiser des personnes venues des Etats-Unis, du Japon et même d'Australie. 

A leur attention, les Guides ont programmé des visites du chantier en les emmenant se promener à hauteur des corniches pour leur faire découvrir les travaux entrepris.

Parmi mes (trop) nombreuses activités, j'ai eu le privilège, grâce à l'association des "Anges gardiens de la cathédrale", chère à Francis Vandeputte, d'accueillir ces amateurs d'art et d'écouter leurs remarques.

Je ne me montrerai pas chauvin en déclarant que la presque totalité des commentaires traduisaient l'enchantement des visiteurs, mais que, parfois, il y avait des jugements plus pointus soulevés par des esprits critiques. Lorsqu'on évoque sa ville et ses richesses, il y a d'être impartial et de prendre en compte ces propos parfois outranciers mais contenant toujours un fond de vérité.

Je me souviens de la visite effectuée par un professeur français d'architecture accompagné de quelques élèves qui était enthousiasmé par la rencontre du roman et du gothique. Pour lui, la cathédrale était un condensé de cette évolution du roman vers le gothique et permettait aux étudiants de visionner la différence entre les deux grands styles architecturaux du moyen-âge.

Je revois encore ce jeune parisien arrivé en moto, casqué, habillé de cuir, dont les pas résonnaient dans la nef romane en cette fin de cette sombre journée d'octobre. Il me déclara qu'il passait ses loisirs à visiter les cathédrales du nord de l'Europe, après Saint-Denis, Gand, Amiens et Lille, il venait pour la première fois dans la cité de Clovis. Il trouvait remarquable cette vision des cinq clochers et du beffroi qu'on avait à l'approche de la ville, pour lui, celle-ci était remarquable parce qu'elle n'était pas polluée, comme dans d'autres villes, par de hautes tours de verre et de béton, des barres d'immeubles monotones aux fenêtres alignées qui réduisaient les témoignages du passé à une vision de près, en les découvrant parfois fortuitement, au détour d'une rue, en arrivant presqu'au pied de ceux-ci. 

Son raisonnement se rapprocher de celui deux touristes flamandes arrivées de la région courtraisienne, en vélo, par le Ravel qui longe l'Escaut. Elles avaient particulièrement apprécié cette vue du Pont des Trous surmontée à l'arrière-plan de six clochers (la cathédrale et le beffroi), gardiens des valeurs religieuses et laïques de la cité. 

Avec ses 133 mètres de long, des spécialistes d'édifices religieux la comparaient à Notre-Dame de Paris tandis que des habitants de ces villes nouvelles poussées, un peu partout en Europe, dans les années soixante étaient heureux de découvrir un lieu de vie qui avait une histoire, une âme. 

Venons-en maintenant aux critiques, même si celles-ci sont minoritaires. 

Certains déploraient la présence de ces "potelets" censés empêcher les automobilistes de stationner face à l'entrée principale de la place de l'Evêché. Il est vrai que ceux-ci gâchent l'aspect intemporel de cette place en y introduisant un élément incontournable des villes du 21e siècle. D'autres mettaient en évidence le manque de civisme de quelques uns qui abandonnent canettes et papiers sous la "fausse porte" formée par la chapelle Saint-Vincent qui relie le lieu de culte au palais  de l'Evéque.

Quelques personnes, plus âgées, ont mis en évidence le manque de luminosité de la nef, principalement lors de la période hivernale, les candélabres, placés fort bas, ne mettent pas assez en valeur l'architecture romane et laissent cet endroit dans une sorte de pénombre qui fut accentuée lors de la dépose des vitraux et la pose de parois translucides. 

Une critique que je partage totalement est l'introduction du nouveau mobilier pour les offices, les chaises en bois ont fait place à des modèles plastifiés plus confortables et probablement moins onéreux mais totalement anachroniques dans l'ensemble romano-gothique moyenâgeux. De même, lors de la période d'hiver, la cathédrale étant un endroit très froid, pour apporter une certaine chaleur, on a opté pour un chauffage par bonbonnes réparties au milieu des fidèles. Ceux-ci se plaignent d'une trop grosse chaleur au niveau de la tête alors que les pieds sont glacés.

Espérons que lors de la rénovation, ces élements seront également pris en considération pour redonner tout son lustre à Notre-Dame. Prochainement, nous reparlerons du jubé de Corneille Floris De Vriendt et nous verrons qu'il a lui aussi ses détracteurs parfois même au sein du clergé. 

(sources : recherches personnelles)

11:32 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cathédrale notre-dame |

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