30 nov.
2011

09:15

Tournai : trésors (momentanément) cachés de la cathédrale Notre-Dame (3)

L'oeuvre monumentale, actuellement cachée au regard du visiteur, se trouve dans le transept, séparant la nef romane du choeur gothique, le jubé. Son nom provient de la formule liturgique latine prononcée par le lecteur au cours des offices "Jube, domine, benedicere" (Veuillez, Seigneur, me bénir). Il porte aussi les noms d'ambon (du grec ambôn : saillie) ou de doxal. Dans son ouvrage "Tournai, Ancien et Moderne", Bozière l'appelle aussi puilpitre (du latin pulpitum) ou train (en ce qui concerne cette dernière appellation nous ne l'avons retrouvée dans aucun autre écrit consulté). 

Le jubé est une clôture surmontée d'une plate-forme dont la fonction première est de séparer la nef où se rassemblent les fidèles du choeur uniquement réservé au clergé. Ce besoin de séparer le choeur de l'endroit où se tenaient les fidèles a existé jusqu'au concile Vatican 2 qui se déroula d'octobre 1962 à décembre 1963. Dans les églises, bien souvent, celle-ci était représentée par le banc de communion. 

Le jubé est donc une tribune prévue pour les lectures et pour les chants. Jusqu'à la tornade de 1999, lorsque les offices étaient encore célébrés dans le choeur, la Maîtrise et la manécanterie chantaient du haut de celui-ci. Il ne faut pas confondre le jubé avec le chancel qui est la grille qui ferme le choeur.

Avant de détailler cette oeuvre, il est peut-être utile de se reporter au XVIe siècle. Durant la première partie de ce siècle, comme d'autres villes, Tournai est gagnée par les doctrines protestantes. Les calvinistes prêchent aux portes de la cité diocésaine, à Blandain, Orcq, et même au Pont-à-Rieu, à quelques centaines de mètres de la paroisse Sainte-Catherine. Dès 1544, les réformés affrontent ouvertement le très catholique pouvoir espagnol en organisant des processions. Quelques années plus tard, une majorité de la population tournaisienne s'est ralliée aux idées nouvelles véhiculées par les réformés. Le 23 août 1566, la cathédrale Notre-Dame est saccagée par les iconoclastes (briseurs d'images) et le jubé gothique médiéval est entièrement détruit. Celui-ci était postérieur à la création du choeur gothique au milieu du XIIIe siècle. L'évêque Gilbert d'Oignies quitte sa résidence épiscopale et part se mettre en sécurité à Lille. Les archives de la cathédrale et des paroisses son détruites à la demande du pasteur Calviniste A. Wille. La répression sera terrible et elle amènera à Tournai, un an plus tard, le sanguinaire Duc d'Albe, un homme qui montra une cruauté inouïe à l'égard des ennemis de l'Espagne. Il instaurera le "Conseil des Troubles" qui sera surnommé "le Tribunal du Sang". En 1567, 112 personnes seront bannies et l'année suivante, sur quelques mois, d'avril à décembre, 84 personnes seront ainsi brûlées, pendues ou décapitées sur la Grand'Place et 385 seront bannies.

A cette époque, de 1540 à 1563, se déroule le Concile de Trente. Il s'est donné pour mission la refonte de la liturgie et des aménagements des lieux de culte. Le chanoine de la cathédrale de Tournai, Laurent de le Prée assiste au concile. Les conclusions de ces travaux ne plaident pas en faveur des jubés : "on veut désormais des édifices sobres et clairs, où rien ne détourne l'attention du maître-autel où se célèbre le sacrifice de la messe, en entrant dans l'édifice religieux, rien ne doit empêcher de voir aussitôt l'autel, rien ne doit priver les fidèles d'une participation active à la liturgie".

Détruit en 1566 par les inconoclastes, le jubé de la cathédrale Notre-Dame risque de ne pas être reconstruit si on suit les préceptes du concile de Trente. Les premiers décrets de celui-ci ont été publiés en 1563 et mettent un certain temps pour sortir leurs effets. A Tournai, si on accepte certaines modifications comme les nouveaux livres de choeur ou la réforme de la discipline du choeur, on ignore le modèle tridentin d'église ouverte et on décide de construire un nouveau jubé. Cette décision est prise selon certain chercheur en décembre 1569, l'historien Paul Rolland dans son ouvrage consacré à l'Histoire de Tournai, parue en 1947, la situe en juillet 1570. 

(à suivre)

(sources : "Le message universel de l'ambon" d'Etienne Boussemart, guide de la ville de Tournai, paru dans les colonnes du Courrier de l'Escaut, le 3 juillet 2003 - "L'oeuvre exquis du jubé", notes et documents de Anne Dupont et Florian Mariage, paru en 2006 dans la collection Tournai, Art et Histoire - "Tournai, Ancien et Moderne" de H.F.J Bozière paru en 1864 - site web de la cathédrale Notre-Dame de Tournai).

28 nov.
2011

13:27

Tournai : les festivités de décembre.

Dernier des douze mois de l'année, Décembre est le plus festif, aussi l'agenda est-il chargé !

Le jeudi 1er, à14h30, à la Maison de la Culture, conférence de Jacques-Yves Hespel, guide-conférencier, "Lille, histoire d'une capitale régionale" dans le cadre de l'Université du temps disponible.

Le vendredi 2, à 20h, salle Jean Noté de la Maison de la Culture, théâtre, "L'amour avec un Belge" de et avec Michaël Dufour.

Le samedi 3, à 20h en église Saint-Jacques, "Gospel et Spirituals" par The Brown Sisters, concert de Noël organisé par le Rotary Tournai 3 Lys.

Le samedi 3, à20h30, à la Guelière à Froyennes, spectacle "Gens d'à Terre et d'à Bord" avec Daniel Barbez et Bernard Deroissart.

Le samedi 3 décembre, à 20, au Créa-Théâtre, rue Saint-Martin, "Les Comédies Musicales", spectacle d'improvisations théâtrales avec Patrice Verleye, Marie Laurence Jacob, Christophe Bourgois, Nelle De Smed, François Ghislain, Alexis C... 

Du 3 au 30, sur la Grand'Place "Marché de Noël" et animations diverses, concerts, visite du Père Noël, patinoire.

Le dimanche 4, dès 10h, salle de la Bascule à Esplechin, "Marché de Noël" organisé par le club des Jeunes de la Pérote. 

le dimanche 4, Les Pompiers fêtent Sainte Barbe : messe réhaussée de la présence de l'Harmonie à 11h en l'église Saint Quentin, défilé en ville, séance académique dans le salon de la Reine de l'Hôtel de Ville à 12h suivi du traditionnel banquet.

Le dimanche 4, 16h, salle Jean Noté de la Maison de la Culture, "Scala en concert".

Le mercredi 7, à 20h, salle Jean Noté de la Maison de la Culture, "Savannah Bay" d'après Marguerite Duras avec Edwige Baily et Jacqueline Bir.

Le jeudi 8, à 14h30, Maison de la Culture, conférence de Pierre Galand, Président du Centre d'Action Laïque, "De la nécessité d'une vigilance démocratique" dans le cadre de l'Université du temps disponible.

le vendredi 9, à 19h00, beffroi, "concert de carillon".

Du vendredi 9 au dimanche 11, Halle-aux-Draps, "Marché de Noël" organisé par CommerCentre.

Le samedi 10, traditionnelle "Marche des illuminations" parcours entre 7 et 20 km en ville ou vers le Mont Saint-Aubert.

le samedi 10, salle Saint-Eloi à Froyennes, "Marché de Noël".

Le samedi 10, 15h30, beffroi, "concert de carillon".

Le samedi 10, 20h, église de Templeuve, "concert de Noël"

Le samedi 10, à 20h30, à la Guelière à Froyennes, "Gens d'à Terre et d'à Bord" avec Daniel Barbez et Bernard Deroissart.

le dimanche 11, 15h30, beffroi, "concert de carillon".

Le dimanche 11 à 17h00, salle Jean Noté de la Maison de la Culture, traditionnel "Concert Viennois" organisé par la Confrérie des Cinq Clochers.

Le dimanche 11, à 17h00, en l'église Saint-Piat, "Concert de l'Avent" avec Fred Webo, pianiste solo, l'Ensemble vocal du Conservatoire de Tournai dirigé par Michel Jakobiec et en première mondiale, la présentation du Grand Jeu, le plus petit grand orgue de monde.

Le mercredi 14, à 20h, salle Jean Noté de la Maison de la Culture, "Une laborieuse entreprise" d'Hanokh Levin, mise en scène de Christophe Sermet, avec Anne-Claire, Philippe Vauchel et Benoit Van Dorslaer.

le jeudi 15, à 14h30, à la Maison de la Culture, conférence d'Arnaud Zacharie, Secrétaire général du CNCD-11.11.11 "Globalisation, migrations et relations Nord-Sud", dans le cadre de l'Université du temps disponible.

Les vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18, Marquain "Marché de Noël".

Les vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18, Quartier Saint-Pierre, "Tarti Fêtes" avec marche au flambeau, concert pour enfants et adultes, théâtre par les ateliers de la Maison de la Culture.

Le vendredi 16, à 19h00, sous chapiteau, Esplanade du Conseil de l'Europe, Bernard Minet et CAD'80, "Le Père Noël a un grand coeur" dans le cadre du Winter Festival.

Samedi 17 et dimanche 18 à 15h, 16h30 et 18h, Centre de la Marionnette, rue Saint Martin, spectacle déambulatoire, "Le Super Jardin du Père Noël".

Le samedi 17, à 21 h00, sous chapiteau, esplanade du Conseil de l'Europe, "concert de STROMAE" dans le cadre du Winter Festival.

Le samedi 17, à 15h et 17h30, salle C de la Maison de la Culture, "Le Grand Saut" par le théâtre de la Guimbarde.

le samedi 17 décembre, Maison de la Culture, salle jean Noté, "Virginie Hocq" dans son nouveau spectacle

Le samedi 17, à 20h00, en l'église Saint-Quentin, "Concert Spirituel" avec Thomas Blondelle, ténor, lauréat du concours Reine Elisabeth 2011, organisé par La Chapelle Musicale de Tournai.

Le dimanche 18, à 15h00, sous chapiteau, Esplanade du Conseil de l'Europe, "Music Hall Romantique" avec le duo Stevy, Yvan Cevic, Les Chocolat's et Alain Delorme dans le cadre du Winter Festival.

Le mercredi 21, 16h, Centre de la Marionnette, rue Saint Martin, spectacle déambulatoire, "Le Super Jardin du Père Noël".

Le mercredi 21, 20h00, Masion de la Culture, salle Jean Noté, théâtre : "Le Président, sa femme et moi" avec Alexandra Vandernoot (spectacle annulé)

Le jeudi 22, à 14h30, Maison de la Culture, conférence de Sébastien Polet, historien, orientaliste  "Les jardins suspendus et les murailles de Babylone, deux merveilles du monde antique" dans le cadre de l'Université du temps disponible.

le samedi 24, 17h00, beffroi, "concert de carillon".

le samedi 24, minuit, catéhdrale Notre-Dame, "Messe de la Nativité".

le mercredi 28, à 16h00, salle Jean Noté de la Maison de la Culture, "Dérange ta chambre" de et avec Guillaume Ledent, spectacle musical pour les jeunes à partir de 6 ans. 

Jusqu'au 18.12, expositions des oeuvres du peintre Pat Andréa et du sculpteur Hughes Dubuisson à la Rasson Art Gallery, rue De Rasse.

Jusqu'au 18 décembre, poursuite de l'exposition "You Art" à la Maison de la Culture (voir prgramme des festivités de novembre).

Ce programme est susceptible d'évoluer !

13:27 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, théâtre, concerts, conférences, marché de noël, marche |

26 nov.
2011

10:00

Tournai : expressions tournaisiennes (150)

D'l'ouvrache d'ingénieur in chef !

Nous ov'là arrivés au chint chinquantième artique in patois de l'rubrique "Expressions Tournaisiennes". J'sus seûr que si vous les avez tertous lis, vous d'vez asteur comprinte l'patois et pétête même l'parler. Des nouvieaux v'nus, Marthe et Arthur seont les héros de ceulle page anniversaire.

Marthe et Arthur seont deux tournisiens partis vife au plein mitan des camps. Ave l'prime de départ à l'ortraite, puteôt que d'laicher les écolomies su ein queompte in banque qui rapporte à peine deux pour chint d'intérêts, i-eont préféré acater eine vielle cambusse et l'ortaper. "Au vint qui chuffièle", ch'est l'neom deonné à leu maseon. 

Quand i-z'eont été bin installés, i-seont partis pou acater des animaux pou les p'tits infants : eine vaque, des glaines, ein qu'veau, ein pourchéau et ein jeone d'baudet.

Arthur, qu'i-a ouvré comme ingénieur in chef dins eine administratieon, i-a tout construit d'ses mains. Eine étape pou l'vaque, ein poulailler pou les glaines, eine écurie pour quévieau, eine pourchell'rie pou l'pouchéau, mais i-n'sait pos commint qu'on appelle l'maseon du baudet !

Marthe, s'feimme, qui n'a jamais ouvert ein dictionnaire de s'vie, li a dit : "pétête que ch'est eine baudet'rie". Arthur li a répeondu : "N'viens pos ichi raqueonter des cacoules, on s'deminde si ch'est vraimint  li l'baudet !".

Ravisant dins l'feond du gardin, i-ormarque ein packusse, eine pétite cabane muchée pas les arpes et des hierpes. "Mo bé, cha va faire l'affaire, ch'est tout jusse pou l'baudet et de l'nuit i-pourra braire, on n'l'intindra pos dins no campe". I-n'saveot pos, l'innochint, qu'ein baudet, ch'est à chinq kilomètes à l'reonde qu'on l'intind !

Après avoir mis de l'palle et eine bassine pou li boire, i-a voulu faire rintrer l'baudet. Au momint d'passer l'porte, les orelles du baudet ont touché l'chambranle et, tiêtu comme eine mule (!), l'animal i-a bloqué des quatte pattes. I-n'vouleot pus avancher. Veyant cha, Arthur, i-a pris eine scie et i-a comminché à décoper l'chambranle. L'visin, qui l'orwettieot d'pus lommint in riant dins s'barpe , vint li dire : "J'vas vous moutrer, i-a bin pus simpe que cha, ave ein louchet vous creusez l'sol". I-comminche ainsin à gratter l'tierre battue.

Arthur li ortire l'pelle des mains et li dit ainsin : "J'sus pétête ein tournisien, je n'sus pos né au villache,  mais je n'sus pos ein annochint, ch'est les orelles du baudet qui seont trop leongues, pos les pattes !".

(lexique : ouvrache : travail / artique : article / vous avez li : vous avez lu / tertous : tous / asteur : maintenant / ceulle : cette / vife : vivre / au plein mitan : en plein milieu / les camps : les champs / l'ortraite : la retraite / laicher : laisser / les écolomies : les économies / ein queompte : un compte / acater : acheter / eine cambusse : une masure, une maison bien souvent à l'abandon / l'ortaper : la retaper, dans le sens de la rénover / chuffièle : siffle / eine vaque : une vache / des glaines : des poules / ein qu'veau : un cheval, on dit aussi quévieau / ein jeone de baudet : un ânon / eine étape : une étable / eine porchell'rie : une porcherie / des cacoules : des mensonges, des inventions / ravisant : regardant / ormarquer : remarquer / ein packusse : une remise (à rapprocher du néerlandais pack huis : entrepôt) / muchée : cachée / les arpes : les arbres / les hierpes : les herbes / l'campe : la chambre / l'palle : la paille / avancher : avancer / Veyant : voyant / comminché : commencé / décoper : découper / lommint : longtemps / s'barpe : sa barbe / moutrer : montrer / simpe : simple / ein louchet : une bêche / ortirer : retirer / annochint et innochint : innocent)

S.T. novembre 2011 

10:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

24 nov.
2011

10:37

Tournai : trésors (actuellement) cachés de la cathédrale Notre-Dame (2)

L'important chantier de rénovation de la cathédrale Notre-Dame progresse. Au début de l'été, juste avant que ne démarre la pleine saison touristique, on a décroché les oeuvres monumentales de Rubens et de Jordaens, on recouvert les orgues, emballé la chaire de vérité, enfermé dans un sarcophage de bois le jubé, c'est donc un lieu vidé de ses différents "trésors" qui a été donné à voir aux visiteurs. Tout en comprenant la nécessité de réaliser les travaux, certaines personnes, venues parfois de très loin, ont déploré de visiter un lieu vidé de sa substance.

L'Optimiste vous propose donc une "visite virtuelle de la cathédrale" à la découverte de ces éléments absents, de véritables trésors artistiques.

L'orgue monumental est situé au-dessus du narthex (le portique d'entrée et le vestibule qui donne accès à la nef), en chêne, de style néo-gothique, il est l'oeuvre des facteurs d'orgues Merklin et Schutz. Il date de 1864. Il accompagne les offices des dimanches et jours de fête chantés par la Maîtrise. L'orgue se trouvait, à l'origine, dans la galerie de la nef.

La chaire de vérité est à nouveau visible depuis quelques semaines. Oeuvre datant du XVIIIe siècle, elle a été donnée à la cathédrale par le chanoine Delarue (décédé en 1754) et placée en 1758. Elle a été créée sur un plan de l'orfèvre tournaisien G. Lefebvre, la cuve, le dossier et l'abat-voix ont été réalisés par les frères Caulier (ou Colier) et les statues par François Gilles. L'ensemble représente les symboles de la religion chrétienne : au pied de celle-ci trois statues évoquent les vertus théologales (la Foi, l'Espérance et la Charité), la charité abrite sous son manteau des enfants, un palmier supporte la cuve qui a la forme d'un calice, l'abat-voix qui semble pour certains touristes, être le "couvercle" du calice est composé de draperies, le dossier est relevé par des angelots sonnant de la trompette. La chaire est située entre les piliers séparant la nef de la galerie sud.

Dans la chapelle dédiée à Saint Louis, accessible à partir de la galerie sud, se trouvait l'oeuvre de Pierre Paul Rubens intitulée,"la Délivrance des âmes du Purgatoires" ou plus simplement "les Ames du Purgatoire". Ce tableau, conservé à l'abri pour le protéger des aléas d'un chantier, représente un petit oratoire à la porte duquel se tient un prêtre, il vient probablement de célébrer un office pour le repos des âmes. Celles-ci sont attirées par des anges vers la Vierge, le Christ et Dieu comme on délivre un condamné qui a purgé sa peine. Parmi les personnages, une femme lève la main, elle pourrait être la réprésentation de Hélène Fourmant, la seconde épouse du peintre. Ce tableau avait été commandé à l'artiste par l'évêque Maximilien de Gand vers l'an 1634, cette toile a un format de 3m28 sur 2m37. On pouvait également découvrir une oeuvre intitulée "la Crucifixion", attribué au peintre anversois Jacob Jordaens ou à son école (1593-1678). Ce tableau restauré il  y a une trentaine d'années avait subi des dégâts provoqués par un incendie et son format a été alors légèrement réduit. Le Christ est représenté non pas avec les bras cloués sur une planche horizontale mais en position verticale. Au pied de la croix se trouve Marie-Madeleine et des apôtres se tenant juste à côté d'un cavalier ayant participé à la crucifixion. C'est une oeuvre assez sombre qui demande a être placée dans un endroit lumineux.

Près de l'autel de la chapelle Saint-Louis, on pouvait aussi admirer un lutrin en forme d'aigle provenant de l'église Saint-Quentin, oeuvre du 17e siècle attribuée à l'artiste Ignace Lefebvre et un second lutrin, contemporain, réalisé par le tournaisien Desnouck Pol.

A l'extrémité de la nef romane, presqu'en face de la porte du Capitole, un autel est dédié à "Notre-Dame la Brune". Il est quotidiennement fleuri par un membre du groupe des anges gardiens de la cathédrale chargés de renseigner les touristes et d'assurer une surveillance discrète des lieux en chantier. Cette statue a une histoire. Elle aurait été offerte, en avril 1567 (d'autres sources citent 1568), par un officier espagnol en garnison dans la cité des cinq clochers, en remplacement de celle, beaucoup plus ancienne, détruite par les iconoclastes en août 1566. Elle est en pierre blanche polychrome et mesure 88 centimètres. La vierge couronnée, toujours vêtue d'un manteau et portant dans les bras l'enfant Jésus a été priée par des générations de tournaisiens sous le vocable de" Notre-Dame la Brune" (parfois de Notre-Dame Flamande) et a fait l'objet d'une rénovation au début du XXIe siècle à l'IRPA (Institut Royal du patrimoine artistique). Quelle ne fut pas la surprise des spécialistes chargés de ce travail de constater qu'il ne s'agissait pas, comme on l'a toujours pensé, d'une vierge noire (à l'image de la Vierge des Sainte-Marie de la Mer) mais d'une pierre qui avait été noirci par le suif des bougies d'offrandes et/ou par des fumées d'incendies. Fallait-il lui laisser sa teinte noirâtre ou, au contraire, lui rendre l'aspect que son auteur inconnu lui avait donné ? On opta pour la seconde solution. A son retour, nombreux furent les Tournaisiens déçus de ne pas retrouver "leur" Notre-Dame la Brune. Attachés à cette Vierge à qui ils étaient venus demander tant de grâces ou de consolations ils disaient qu'on avait dénaturé la statue. Le temps a passé, la dévotion est toujours grande et Notre-Dame la Brune reçoit toujours de nombreux visiteurs !

Nous allons quitter la nef pour nous rendre dans le transept. Retiré il y a quelques années, l'oeuvre monumentale du tournaisien Nicolas Lecreux "Saint-Michel terrassant le dragon". Cette  statue en bois peint d'une hauteur de 4 mètres date de 1763 et a été restaurée dans les années nonante.

Il nous reste à parler de cette ouvre monumentale qu'est le jubé (à suivre).

(sources : "répertoire du mobilier des sanctuaires de Belgique", édition concernant la province du Hainaut, Canton de Tournai II, édité en 1982 par le Ministère de la Communauté Française et l'institut Royal du Patrimoine artistique - "Tournai, Ancien et Moderne" de A-F-J Bozière, paru en 1864).

23 nov.
2011

13:59

Tournai : trésors (actuellement) cachés de la cathédrale Notre-Dame

Un blog consacré à l'Histoire tournaisienne se doit d'aborder des domaines aussi différents que les festivités, les transformations du visage de la cité, les portraits de ceux qui en ont fait sa renommée ou de ceux qui sont restés dans la mémoire collective. Il doit aussi évoquer les heurts et malheurs qui ont marqué la vie quotidienne, le folklore, le "parler" du lieu, les traditions, la gastronomie locale et bien d'autres sujets encore.

Depuis sa création en avril 2007, nous avons, dans les 1.080 articles publiés à ce jour, cheminé entre histoire et actualité, nous nous sommes promenés en ville à la découverte des quartiers, des rues, des monuments, nous avons rencontrés ces personnages tournaisiens, nous avons suivi les chantiers. 

A la fin de l'hiver, nous partirons, cette fois, à la découverte des villages dits du "Grand Tournai", nous laisserons la parole à leurs habitants et nous nous intéresserons à ces mille et un faits qui ont rythmé leur histoire toute aussi riche que celle de la cité à laquelle le Ministre Michel les a, au premier jour de l'an 1976, rattachés.

Si les jours qui arrivent ne sont plus propices aux longues balades, ils permettent cependant de se réfugier à l'intérieur des édifices pour étudier une foule d'éléments qui passent le plus souvent inaperçus, pour se rappeler des informations reçus un jour et vite oubliées

L'Optimiste vient de parcourir la cathédrale Notre-Dame et malgré la pénombre qui y règne, les courants d'air qui s'y font ressentir, il a accumulé mille et un détails souvent inconnus de ceux qui fréquentent habituellement les lieux et plus encore de ceux qui n'y ont jamais pénétré.

Les orgues, la chaire de vérité, le jubé, les peintures, les chapelles semblent être là depuis toujours et, à cause de cela, nous n'y prêtons plus d'attention. Il y a quelques années, j'avais pour mission de renseigner les touristes sans cependant me substituer aux guides de la ville et celle-ci m'apporta énormément d'informations, mille et une réflexions qui m'ont permis de voir ce prestigieux édifice sous un jour différent. 

Dans la série des "trésors (actuellement) cachés de la cathédrale Notre-Dame", je voudrais partager avec vous ce regard neuf que posent ceux qui viennent à Tournai pour la première fois, cette impression qui se dégage de notre ville chez les touristes, changer notre vision tournaisienne, bousculer nos certitudes, apporter une (modeste) contribution à ces décideurs qui veulent mettre notre patrimoine en valeur. Il n'y aura pas de langue de bois, les remarques positives et négatives entendues seront rapportées.

J'espère que, face à votre écran, bien au chaud, chez vous, à l'abri du brouillard qui gomme le paysage, de la pluie qui vous glace les os, de la neige qui efface les chancres, du froid qui vous transperce, vous preniez du plaisir à m'accompagner dans cette nouvelle visite virtuelle de Tournai. (S.T)

 

13:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai |

21 nov.
2011

10:00

Tournai : le nom des rues disparues

Dans le prolongement des articles consacrés aux "noms des rues tournaisiennes, témoins de l'Histoire", il nous a semblé intéressant d'évoquer certaines rues disparues dont nous avons trouvé mention dans l'ouvrage de Bozière. Il s'agit non pas de rues dont le nom a été modifié mais de voiries qui n'existent plus géographiquement.

La rue Bonte se trouvait dans le quartier de la Madeleine, à proximité de l'actuelle rue des Corriers dont elle représentait peut-être même un tronçon. Son nom apparaît dans un acte de 1653 : "Nicolas Grau achète une maison gisant rue des Corriers faisant coing de la rue Bonte".

La rue Briffe reliait la rue des Poteries (dont nous parlerons) à la rue du Quesnoy entre la chapelle de l'Athénée Royal et la rue des Cachets, laquelle lui était parallèle. "Jacquemart Lesfort, potier de terre, vend sa maison située entre deux portes Moriel (Morel) sur le touquet (le coin) de la rue Briffe (Chirographe de 1371).

La rue des Cachets a aussi porté le nom de rue des Eskachiers ou des Escachiés. On retrouve sa présence dans le Chirographe de 1365 : "Jacques Noël, éxecuteur du testament de Thumas de Gand a vendu une maison rue des Eskachiers".

La rue des Poteries débutait à la rue de l'Epinette et aboutissait au rempart, à proximité de la rue des Cachets. La présence de nombreux "potiers de terre" comme ils étaient alors appelés a donné le nom à cette voirie.

La rue des Capletz, au sein de la paroisse Saint-Jacques, se retrouve dans un acte de 1602 : "Quart de maison vendu à Antoinette Liévin, veuve Hamart, gisant rue des Capletz, du côté du chimentièrs (cimetière) Saint-Jacques". En 1789, son nom évolue en rue des Chapeletz et en 1792 en rue des Chapelets. Dans un acte de 1792, on évoque "une maison située rue du Palais Saint-Jacques, dite des Soeurs Noires, faisant le coin de la dite rue et de celle des Chapelets". Ce nom proviendrait d'une enseigne sous forme de pierre gravée portée par la façade d'une maison y située. 

La rue du Canon était située dans le prolongement de la rue des Récollets et menait au rempart, c'était un passage qui séparait le clos des Frères Mineurs de celui de l'abbaye de Saint-Marc. Elle permettait d'amener le canon au rempart.

La rue du Diable de bois tenait son nom de l'enseigne d'une taverne située dans un passage étroit et obscur qui reliait la rue du Sondart à la rue de l'Epinette, probablement à l'emplacement de l'actuelle école Paris et du commissariat de police.

La rue Kiekin constituait très vraisemblablement un tronçon de la rue du Glatigny et tenait son nom d'une famille qui y habitait car on trouve la présence d'un dénommé Jakene Kiekin qui y demeurait en 1280.

La rue des Flageolets ne peut être localisée avec précision, on la situe dans la paroisse Sainte-Catherine, pas bien loin, de la rue du Wez (rue Duwez). Elle a probablement disparu lors de la destruction du quartier nécessaire à l'édification de la citadelle. 

La rue Hoche était un étroit passage entre les rues des Paniers et des Filles-Dieu. Elle a été supprimée au début du XIXe siècle.

La rue Ricaut, du nom d'un certain Ricaut le fruitier dont le jardin était situé derrière la porte de la Vingne peut donc être localisée à proximité de l'actuelle rue des Jésuites. Vers l'an 1300, on trouve un écrit qui stipule : "Maison vendue en la rue de la Vingne entre la maison Julienne le Bleu et la rue Ricaut". 

La rue du Fort l'Anglais joignait la rue des Jardins à la rue des Campeaux, son nom provenait de la présence du château fort érigé par Henri VIII lors de l'occupation de Tournai par les Anglais. Elle aurait été une corruption de la rue du Fond de l'Anglais selon Bozière. 

Dans les parages de la rue de l'Epinette, on enregistre l'existence d'une rue Codiau qui porta aussi les noms de Caudiel, Cauldeauwe et Chaudeau. Certains croient en l'organisation de feux de joie y allumés à la Saint-Jean qui étaient désignés dans la langue latine par Gaudium mais Bozière y voit la provenance dans l'existence, à cet endroit, de bains ou étuves, en effet, si on se réfère au patois tournaisien, chaude eau se traduit "Caude ieau".

La rue Dame Rissant était une ruelle qui débouchait dans la rue Blandinoise. "Maison ki fu Seigneur Odon de le Cambe ki est en la rue Dame Rissant" peut-on lire dans un écrit de 1259. L'orthographe ressemble à s'y méprendre à celui utilisé, à notre époque, pour l'envoi des SMS !

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière).


10:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, rues, rues disparues |

19 nov.
2011

16:09

Tournai : expressions tournaisiennes (149)

I-n'a rin qui passe et qu'i-n'rapasse !

J'vas acore toudis parler de l'remivrance de m' jeone temps,

l'ceu de l'pétite école, quand j'n'aveos pas 'core douze ans.

Adeon, j'pourméneos, ainsin, ave m'feimme pa les rulettes de l'ville

Quand, tout à n'ein queop, j'm'sus fait arrêté pa ein agint d'ville.

Mi, d'l'ordre public, j'ai toudis été respectueux,

Mais si ein agozil chiffièle, bé, te t'demindes quoisqu'i-veut !

Comme on n'éteot pos su les quais, acore moinse su l'plache Saint Pierre.

Je m'sus d'mindé si l'beonheomme i-n'aveot pos eaute cosse à faire.

"Vo neom et préneom" qu'i-m'a dit ave eine veox d'baryteon,

J'vouleos li donner m'carte mais i-m'a fait signe que neon.

"N'vas pos dire que te n'm'as pos orconnu, espèce de loleo,

Ch'est mi, Emile, qu'à l'école primaire tertous appeleot'ent Crucheot"

Ave s'casquette et s'barpe, on areot dit ein véritape sapeur,

j'l'areos vu, tout seu, du soir, pour seûr, j'areos eu vraimint peur.

Je m'demindeos quelle éteot l'origine de s' mauvaisse humeur, 

Je m'diseos qu'in marchant, j'aveos dépassé l'trinte à l'heure.

"D'pus m'jeone âche, Emile, j'ai toudis eu des goûts d'esthète

et l'docteur qui m'soigne, i-dit que j'deos conserver m'corps d'athlète !"

"Ein corp d'athlète, n'vins pos ichi m'raqueonter des sornettes

In veyant t'panche, j'pinse que m'n'heomme i-a b'soin d'eine paire de neunettes"

"Te n'sareos jamais adveiner qui, hier, j'ai rincontré,

J'éteos d'service à l'circulatieon au bout de l'chaussée d'Bruxelles

J'd'ai vu eine, pas d'vant mi, passer au feu rouche et j'lai eu belle.

J'lai arrêtée et j'li ai fait déquinte l'glache de s'portière,

J'sus cait, nez à nez, ave eine vielle qui n'aveot pos l'air fier

Su s'carte d'identité, i-éteot marqué qu'elle s'appelot Belcuisse

L'même neom que l'pétite Alice qu'i-éteot not'e institutrice, 

Cha m'dit eine séquoi, vous avez été à l'école de la Justice ?"

"Bé ahais, ch'est là qu'j'ai comminché m'carrière in chinquante six,

Mais ti j't'orconneos aussi, te n's'reos pos, pa hasard, Emile

l'ceu qui m'in a fait vir et qui jeueot les imbéciles,

Cha m'fait plaisi d'vir que t'es quand même dev'nu agint d'ville !"

J'ai alors, tout douch'mint, tout in l'orwettiant sorti m'calepin,

Ave ein grand sourire, j'ai comminché à écrire d'dins.

te n'vas pos ichi, à t'n'institutrice, faire ein procès verbal ?

Si fait, vous n'avez pos respecté l'code et ch'est alors normal,

Vous allez m'copier deux chint chinquante feos su eine belle fouèle

Quand j'sus au volant et que j'arriffe à eine feu, j'deos ovrir l'ouèl !

J'veos su vos papiers qu'vous avez ein mari à l'maseon,

avant de m'l'apporter, vous li f'rait signer l'punitieon !

(lexique : l'reminvrance : le souvenir / les rulettes : les petites rues, les ruelles / ein agozil : un policier / chiffièle : siffle / eaute cosse : autre chose / l'veox : la voix / tertous : tous / l'barpe : la barbe / pour seûr : sûrement / l'âche : l'âge / l'panche : le ventre / des neunettes : des lunettes / l'glache : la glace / cha m'dit eine séquoi : cela me dit quelque chose / orwettiant : regardant / comminché : commencé / eine fouèle : une feuille / l'ouèl : l'oeil ).

S.T. novembre 2011 

16:09 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

18 nov.
2011

09:23

Tournai : les chantiers en cours.

Avec le froid qui a fait son apparition, on aurait pu espérer une accalmie au niveau des chantiers, il n'en est rien, les ouvriers mettent les bouchées doubles.

Le quartier Saint-Brice est toujours concerné par les travaux de pose d'impétrants. Régulièrement, en journée, la rue du Quesnoy est fermée à la circulation. D'utres rues sont également concernées et on creuse des trous par çi, par là.

Les travaux concernant l'arrêt du TEC, à la rue de Pont, sont dans leur phase terminale, le trottoir face au "Roy Childéric", a été presque triplé.

La terrasse en construction au pied de la naïade sur le Pont à Pont prend forme, on a coulé le béton cette semaine. Dans la rue des Puits l'Eau, on poursuit la pose du revêtement et de nombreux tournaisiens ont été surpris de constater qu'on y avait planté une rangée d'arbres. Voilà, enfin, un élément décoratif qui va rompre l'extrême et monotone minéralité voulue par le bureau d'architectes Michelin. 

De l'autre côté de la rue des Puits l'Eau, dans la rampe du pont, on réalise, là aussi, un nouvel arrêt pour les lignes de bus en doublant la surface du trottoir et en réduisant d'autant la voirie.

Au niveau du piétonnier, deux zones restent à paver, elles sont situées au carrefour formés par les quatre rues et à proximité de l'ancienne poste. On a repris la rénovation des façades, quatre immeubles sont actuellement concernés dans la rue de la Cordonnerie. 

La rue des Chapeliers a été fermée une journée à la circulation afin de réaliser un scellement des pavés.

La rue de la Tête d'Or est en chantier le long de l'ancien immeuble de la RTT ainsi que la rue de Paris, interdite depuis quelques semaines à la circulation tout en étant difficile d'accès pour les piétons.

Durant la journée, la rue de l'Hôpital Notre-Dame est fermée à la circulation, on y prépare son lifting en creusant des tranchées pour la pose des impétrants, il en est de même pour la rue Dame Odile. La placette Bas-Quartier et les petites rues qui y mènent vont recevoir prochainement leur pavage. 

A la place Paul Emile Janson, le gros oeuvre du nouveau centre de Tourisme dont le chantier a débuté à la fin de l'année 2009 est terminé, on a entamé les aménagements intérieurs.

Des travaux de remplacement de canalisations sont également en cours à la rue Général Piron, à la rue de la Prévoyance, à la rue Saint Eleuthère et à la chaussée d'Audenarde, où on réalise un espace pour les cyclistes en réduisant les trottoirs. 

Deux réalisations sont désormais visibles : à la cathédrale Notre-Dame, on a retiré les protections plastifiées qui cachaient les travaux de restauration de la façade de la nef romane, ceux-ci sont pratiquement terminés et on peut désormais admirer, la toiture en tables de plomb, les nouvelles corniches soulignées en rouge, les pierres nettoyées, rejointoyées ou remplacées et les vitraux rénovés. L'escalier de la porte Mantille a été reconstruit. La prochaine phase des travaux risque d'être spectaculaire car elle concernera la rénovation des cinq clochers. Peu à peu, on enlève également les toiles qui protégeaient le chantier de l'église Saint Jacques, la toiture du choeur a été rénovée, les pierres malades ont été remplacées, les corniches et descentes d'eau ont été renouvelées et on annonce le retour des vitraux pour la fin de l'année, ce qui permet d'espérer une fin de chantier au printemps. Rappelons que celui-ci a débuté en septembre 2009.

On creuse les fondations des immeubles de la résidence de la Corne Saint-Martin sur la plaine des Manoeuvres, le long de l'avenue Montgomery.

Pendant ce temps, sur la Grand'Place, on érige les chalets du marché de Noël, ce qui nous rappelle que l'hiver est à notre porte et que les chantiers vont bientôt entrer en léthargie.

12 nov.
2011

09:15

Tournai : expressions tournaisiennes (148)

Vous n'allez pétête pos m'croire, mes gins, mais ch'n'est pus ein plaisir asteur pou ein jeone d'apprinte l'métier d'instituteur. Avant, dins les classes, i-a toudis eu l'eine ou l'eaute petite rosse qui mucheot les craies ou ruer des maclottes, après les avoir lommint mastiquées dins ses bajotes. I-a toudis eu des prumiers et des baudets, i-in aveot pou faire l'sinche quand l'maîte écriveot au tableau noir et printe ein air biête quand i-s'ortourneot pou n'pos s'faire avoir. I-suffiseot que l'instituteur fronce les sourcils pou que tout le meonte s'tienne tranquille. 

Les maîtes d'asteur, on les appelle éducateurs pasque dins bramint d'maseons, les parints ont oblié l'meot "éducatieon" ! Ch'est à l'école de bin les élever eusses i-d'ont d'jà assez d'aller ouvrer. L'soir, i-n'féaut pos d'devoirs et pos d'préparatieons pasqu'alors, on n'sait pus raviser l'télévisieon. Cha, grâce à ceulle belle inventieon, pou résoudre ein crime on est devenu des esperts, on apprind l'inglais ave Lady Gaga, l'corps de l'feimme i-n'a pus d'mystère et on conneot moins s'visin que Barak Obama. On a tout appris sur Sarkozy, mais on n'sait pos situé Moscou sur eine carte d'géographie, par contre, si on sait où s'trouèfe Ténériffe pasque on y va in voyache, on a oblié l'neom des rues de s' prope villache. A m'mote que l'méthode télévisuelle, elle crée d'fameux intellectuels.

Pas pus tard que l'sémaine dernière, ov'là c'qui s'a passé dins eine école primaire. 

L'instituteur i-n'éteot pos v'nu, l'velle, pa des parints i-aveot été rattindu, ces arsoules éteot'ent armés d'eine boutelle et li ont inveyé su l'gamelle. Les infants éteot'ent restés dins l'local et i-a pos fallu lommint pou que ça tourne à l'bacchanale. Quand l'directeur i-a intindu tout l'chahut, bin vite pou les calmer i-a queuru.

I-aveot là treos meneurs, comme par hasard, ch'éteot des doubleurs.

"Quoisque t'as fait, ichi, Robert ?"  

 "J'ai rué mes lifes dins l'water !"   -

"Bé pou t'punitieon, te resteras deux jours à t'maseon"

"J't'ai vu aussi, ti l'Emile, t'as foutu eine marnioufe à eine file, pou orgretter t'tenue, te resteras in retenue".

"Et ti, dins l'feond de l'classe, Raymond"  

"bé, Mossieu, pa l'ferniête, j'ai seul'mint rué ein carteon"

"Cha n'mérite pos eine forte punitieon, te s'ras tout d'même privé d'récréatieon"

Au même momint, on frappe discrèt'mint et l'huche s'ouvère tout douch'mint, apeuté l'directeur veot rintrer ein infant, rimpli d'bleus et plein d'sang !

"Mo Dieu, quoisque t'as fait, quel est ton neom ?"

"Bé, Mossieu, j'm'appelle... Carteon".

(lexique : pétête : peut-être / ein jeone : jeune / mucheot : cachait / eine maclotte : une boulette de papier mâché / l'bajote : la joue / l'sinche : le singe / bramint : beaucoup / eusses : eux / ouvrer : travailler, à rapprocher d'oeuvrer / s'trouèfe : se trouve / prope : propre / à m'mote : à mon idée, selon moi / l'velle : la veille / l'gamelle : utilisé populairement pour désigner la tête - i-est cait su s'gamelle : il est tombé sur la tête / queurir : courir / les lifes : les livres / eine marnioufe : une gifle / rué : jeté /  l'huche : la porte, mot aussi utilisé dans l'expression "foute à luche " : mettre à la porte / apeuté : effrayé, apeuré / veot : voit).

S.T. novembre 2011 

09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

10 nov.
2011

08:02

Tournai : la Grande Fête du Cirque 2011

De cinq ans la cadette de celle organisée à Namur, la Grande Fête du Cirque de Tournai en est à sa deuxième édition. Elle se déroule depuis ce mercredi jusqu'à dimanche sous le chapiteau du cirque danois Arena dressé sur l'esplanade du Conseil de l'Europe.

L'immense "arène" dont la toile culmine à 15 mètres de hauteur et qui offre près de 1.700 places était remplie pour la soirée inaugurale prouvant, une fois de plus, que les Tournaisiens aiment les arts du Cirque.

Nous n'aurions voulu rater sous aucun prétexte cette occasion de retrouver cette atmosphère si particulière, mélange de lumières, de strass, de musique, le tout parfumé de l'odeur de sciure de la piste.

Le spectacle, présenté par un Monsieur Loyal, plus vrai que nature, en la personne du Tournaisien Jean Michel Van de Cauter ne connaît aucun temps mort, les numéros se succèdent à un rythme endiablé ponctués par l'orchestre situé, selon la tradition, au-dessus de l'entrée des artistes.

Car ce sont bien des artistes, maîtres de leur discipline qui ont emmené les spectateurs dans une féérie de près de trois heures. "Sensations" est le titre qui s'étale sur les affiches et le spectacle fut tout simplement...sensationnel. Parmi tous les numéros programmés, Yves Nicolls présenta un numéro de jonglerie comme il nous est rarement donné l'occasion de voir, le magyar Karah Kavhak tint les spectateurs en haleine avec son boa mais aussi ses cinq alligators dont l'un pèse près de 200 kilos kilos pour trois mètres de longueur, le duo Stoicev défia les lois de la pesanteur dans la roue de la mort à douze mètres du sol, la dynastie Folco présenta trois numéros de dressage de cinq poneys et d'un cheval tout d'abord, de chameaux ensuite et d'éléphants enfin. Jimmy Folco, le clown, récolta un tonnerre d'applaudissements à chacune de ses interventions, la troupe russe Pouzanov, clown d'or au festival de cirque de Monte-Carlo, enchaîna les plus grandes voltiges à la bascule, quatre jeunes filles venues de Mongolie offrirent un numéro de contorsions d'une touchante grâce... Les numéros étaient issus des plus grands cirques du monde et c'est à un véritable "best-of" qu'il nous a été donné d'assister.

La Grande Fête du Cirque de Tournai se poursuit ce jeudi à 20h, vendredi 11 novembre à  14h et 17h30, samedi à 15 et 20h et dimanche à 14h et 17h30.

Tournai, une ville qui a accueilli les plus grands spectacles (Médrano, Pinder, le Grand Cirque de France, Toni Boltini, Althoff, Kröne, l'Américan Circus, le Cirque de Moscou, Bouglione, Jean Richard, Amar, De Jongh...) et qui a vu la création de "la Piste aux Espoirs" méritait bien de rendre un hommage particulier à cet univers qui fait rêver petits et grands.