31 oct.
2011

15:09

Tournai : les festivités de novembre

Voici les festivités, représentations théâtrales, les expositions et les conférences organisées durant le mois de novembre. 

Vendredi 4, Maison de la Culture, 20h30, "l'Orchestre international du Vetex"

Les Vendredi 4, Samedi 5 à 20h et dimanche 6 à 16h, salle Jean Noté de la Maison de la Culture : " 22, nous ov'là", revue annuelle de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Le dimanche 6 novembre, hall Tournai-Expo, " "Salon Pussy Cat", le salon du chat.

Les mardi 8 et mercredi 9, salle Frank Lucas de la Maison de la Culture, à 20h "Couturière" avec Jean Marie Pétiniot, Didier Laloy et Pascal Chardome dans une mise en scène de Fabrice Murgia.

Du mercredi 9 au dimanche 13, sous chapiteau, sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe : "2eme Grande Fête du Cirque de Tournai". Une sélection des plus grands numéros qui se produisent actuellement sous les chapiteaux les plus connus du monde entier. Du cirque traditionnel, un spectacle qui fait rêver petits et grands (vendredi, samedi et dimanche, représentations en matinée et en soirée).

Le jeudi 10, en la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, à 20h, "Ballaké Sissoko et Vincent Ségal", un duo complice et harmonieux entre un joueur africain de kora et un violoncelliste.

Vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13, hall Tournai-expo, "Grande Foire de la Moto". 

Les samedi 12 et dimanche 13, en la Halle-aux-Draps, les Amis de Tournai organisent le salon "Tournai la Page", le traditionnel salon littéraire à la rencontre des auteurs et des éditeurs. 

Le mardi 15, en la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, à 20h, "Le Malade imaginaire" de Molière, dans une mise en scène de Daniel Hanssens, une pièce classique mais pas démodée.

Les vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20, en la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, à 20h, "Kiss and Cry" sur une idée originale de Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael dans le cadre du Next Festival.

Samedi 19, Salon de la reine de l'Hôtel de Ville : "Concert hommage à Glenn Miller" avec le Nato Shape Alliance.

Samedi 19 également, Conservatoire, salle des concerts : "Quatuor Parker" (USA) dans le cadre des "Voix intimes 2011-2012", 10e Festival Européen du Quatuor à Cordes de Tournai.

Samedi 19 et dimanche 20, en la Halle-aux-Draps, "Tournai Toys", le salon du jouet et des collectionneurs de jouets organisé par les Amis de Tournai.

Jeudi 24 et vendredi 25, à 20h, en la salle Jean Noté, "Habit(u)ation", deuxième volet de la trilogie d'Anne Cécile Vandalem, dans le cadre du Next Festival.

Mercredi 30, à 20h00, salle Jean Noté de la Maison de la Culture "Yael Naim" en concert

Du 11 au 20 novembre, Maison de la Culture, exposition "Rencontre, Connivences autour du Design".

Les 12 et 13 novembre, en la Halle-aux-Draps, dans le cadre du salon "Tournai, la Page", exposition "Le Livre au féminin".

Du 18 novembre au 18 décembre dans l'Espace bis de la Maison de la Culture, "You Art présente" avec Burt, Chap's, Mélody Lambert, Raphaël Kirkhove et Lucie Vanroy, toute la vitalité de la scène graphique liégeoise. 

Ce programme est susceptible d'évoluer au fur et à mesure que des informations me parviennent. 

29 oct.
2011

09:15

Tournai : expressions tournaisiennes (146)

Ein garcheon plein d'av'nir

Aujor'dhui, mes gins, je n'vas pas acore vous parler d'Edouard, l'ceu qui invente des meots, ein nouvieau vocabulaire. Neon, mais j'vas vous parler de Firmin, s'garcheon qui, li, est eine leumière. L'paufe i-est au chômache d'puis béteôt chinq ans. Plein d'beonne volonté, i-l'est toudis mais, à chaque feos qui s'présinte chez ein patreon, i-n'est jamais pris. Edouard a été vir tous les heommes politiques de l'ville de Tournai et des invireons, tertous aveot'ent deonner pou l'Forem eine recommandatieon.

"Là, i-vont seûrmint li trouver eine plache" qui li ont dit, Edouard i-areot mieux fait de s'taire que d'répeonte : "Ahais, l'sémaine des quate jeudis".

Mais l'grand jour i-est, infin, arrivé, Firmin à la police i-a été convoqué. I-va participer à ein intretien d'imbauche, pou ête seûr, i-a mis eine patte d'lapin dins s'poche. I-seont treos à avoir réussi l'dictée, ch'est les ceusses qui ont fait l'moinse de féautes, à pos d'minder les eautes. Firmin i-d'a fait quate ou chinq des féautes et ein peu puque pou les deux eautes. 

L'commissaire in chef leu fait passer ein test d'aptitude.

"Ov'là eine photeo d'profil d'ein heomme que vous allez orchevoir pou li faire passer ein interrogatoire. Quoisque vous ormarquez ?"

L'prumier, l'déogt in l'air, li répeond tout fier : 

"Bé, i-n'a qu'ein seul ouel, i-n'est pos difficile à orconnaîte".

L'commissaire i-est saisi jusqu'à s'fusil : "Ch'est ein profil que j'vous ai dit"

L'eaute i-dit : "ch'est pos l'histoire d'l'ouel, l'heomme i-n'a qu'eine seule orelle"

L'commisssaire i-blanquit, pou l'peu i-ming'reot s'képi.

Firmin ravise l'portrait lommint, réfléchit bin, touche l'patte de lapin, et dit tout d'eine traque : "j'creos que l'heomme i-porte des verres de contact"

"Bé ahais", qui dit l'commissaire tout ébeubi, "l'plache elle est pou vous, vous comminchez lindi"

Hureux, Firmin rinte à s'maseon sans ortard et raqueonte l'histoire à s'mopère, Edouard.

"Et commint qu't'as vu qui porteot des verres de contact ?" li dit Edouard.

"Bé ch'est simpe, i-feaut orwettier pus leon que l'bout de s'nez, i-éteot marqué "myope" pas d'zous l'portrait et comme i-n'éveot qu' eine seule orelle, j'm'ai dit tout d'eine traite, qu'i-n'éteot pos possipe pou l'diale là d'porter des leunettes !".

(lexique : béteôt : bientôt / vir : voir / tertous : tous / répeonte : répondre / treos : trois / ein peu puque : un peu plus / orchevoir : recevoir / ormarquer : remarquer / l'déogt : le doigt / ein ouel : un oeil / eine orelle : une oreille / blanquir : blanchir / raviser : regarder / lommint : longtemps / tout d'eine traque ; d'eine seul coup / ébeubi : surpris / ortard : retard / orwettier : regarder / pas d'zous : en-dessous / l'diale : le diable / leunettes : lunettes ).

S.T. Octobre 2011

09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

27 oct.
2011

17:13

Tournai : l'hôpital capitulaire Notre-Dame (2)

L'hôpital capitulaire Notre-Dame était desservi par des religieuses qui prirent le noms de Soeurs hospitalières de l'Hôtellerie, leur mission étant de soigner les malades et d'accueillir les pauvres voyageurs. Portant une longue robe blanche, un voile et un scapulaire noir, elles étaient placées sous la direction d'un chanoine hôtelier vêtu d'une robe bleue, d'un surplis blanc avec aumure en fourrure de petit gris sur la tête. Les jeunes filles étaient accueillies dans la congrégation à partir de l'âge de 18 ans, à condition d'avoir vécu jusqu'alors une vie honnête. La règle qu'elles devaient observer leur avait été donnée en 1238, elle prescrivait la discipline, des jeûnes nombreux et des prières pour les bienfaiteurs de l'hôpital. Des peines étaient prononcées contre les Soeurs qui ne traitaient pas convenablement les malades, révélaient des secrets du Chapitre ou détournaient des vivres. 

Les rapports entre l'Hôpital Notre-Dame et les Consaux ne furent pas toujours exempts de tensions. Ainsi en 1574, le Magistrat voulut faire admettre les pestiférés en la maison hospitalière, au nom des droits en matière de bienfaisance publique, mais le Chapitre refusa catégoriquement cette admission prônant que les statuts de l'Hôpital Notre-Dame s'opposaient à recevoir des malades non curables. Après des négociations, un accord sanctionné par l'Arrêté du 15 juillet 1574 fut signé et stipulait que la communauté devait aussi recevoir, outre les pauvres pélerins et les malades, les pestiférés dès qu'il y avait au moins quarante ménages pauvres atteints par ce mal au sein de la ville. Ce sujet restera, durant longtemps, une pomme de discorde entre la ville et le Chapitre.

L'hôpital capitulaire demeura, au-delà de 1340, l'un des plus riches hôpitaux de la cité des cinq clochers, engendrant ses propres revenus, il fut avec l'Hôpital Marvis, un des rares établissements de bienfaisance à échapper à la laïcisation communale. Toutefois, en 1340, fut créée la charge de receveur. Cet officier, homme intègre élu chaque année par l'assemblée capitulaire, était chargé par le chapitre de publier les comptes au terme de chaque semaine et de présenter un bilan chaque année. L'hôtelier était tenu de lui demander son avis et son conseil pour toute transaction économique. En 1409, l'Hôpital dut faire face aux terribles inondations qui recouvrirent une grande partie des quartiers situés à proximité de l'Escaut. De nouveaux statuts furent publiés par le chapitre cathédral en 1564 et 1674. L'Hôpital Notre-Dame conserva son individualité jusqu'en 1797, moment où il fut laïcisé par les Révolutionnaires et remis aux Hospices Civils. En 1798, les religieuses furent remplacées par des infirmières laïques. A partir de cette époque, les soins furent donnés par des infirmiers de deux sexes mais laissèrent rapidement à désirer, ce qui obligea les administrateurs amis des pauvres de faire appel en 1833 aux Soeurs Noires ou Soeurs hospitalières à qui ils confièrent les soins aux malades. 

En 1892, on décida de détruire cet hôpital qui formait un ensemble de trois grands bâtiments autour d'une cour centrale en forme de parallélogramme. Un des ceux-ci donnant sur le quai du Marché au Poisson, séparé du fleuve par une rangée d'échoppes sans étage louées à des particuliers, fut démoli en même temps que ces petits commerces, les deux autres bâtiments furent dévolus à l'Académie de Dessin et à celle de Musique. L'hôpital fut transféré au boulevard Lalaing où les Soeurs hospitalières restèrent jusque dans le courant de la seconde partie du XXe siècle au service des personnes âgées.

Comme nous l'avons abordé dans la rubrique "les noms de rues, témoins de l'Histoire", la rue de l'Hôpital Notre-Dame rappelle l'existence de cette institution qui s'y trouva durant plusieurs siècles. 

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière et étude de Mr. Daniel Dupriez, historien, parue en 1980 dans le tome 1 des Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie. Tous les sujets que nous abordons dans le présent blog sont des résumés succints de ces études ou parutions et renvoient à ces auteurs pour plus de détails).

26 oct.
2011

16:46

Tournai : l'hôpital capitulaire Notre-Dame

Il y a quelques temps, les Tournaisiens ont assisté au rapprochement et ensuite à la fusion des diverses institutions hospitalières de la cité des cinq clochers. Initié en 2004 et effectif depuis 2008, ce projet de centre régional a pris le nom de Centre Hospitalier de Wallonie picarde, en abrégé le CHWapi, né de la fusion de la clinique Notre-Dame (émanation des Mutualités Chrétiennes), de l'Institut Médico-Pédagogique (I.M.C. dépendant des Mutualités Socialistes), de l'Hôpital Civil (géré par le C.P.A.S) et de la clinique La Dorcas (ASBL). Cette méga-fusion a donné naissance au plus grand centre hospitalier régional et permet, au moment où le secteur des soins de santé est loin d'être bénéficiaire, de réaliser des économies d'échelle dans l'achat d'un matériel de diagnostic et de soins de plus en plus onéreux et de créer une complémentarité par une spécialisation momentanée de chaque site. A terme, c'est-à-dire dès la fin des travaux de construction du nouveau complexe érigé sur l'ancien terrain de la Royale Union Sportive Tournaisienne, la ville disposera d'un établissement de 875 lits. 

Notre intérêt se porte, aujourd'hui, sur le prédécesseur de l'Hôpital Civil, l'Hôpital capitulaire Notre-Dame aussi appelé Hôtellerie Notre-Dame et Charité du Gué.

On ignore la date précise de sa création. Selon Bozière, on sait que celle-ci est l'oeuvre du chapitre de la cathédrale, dont les membres suivaient la règle de Saint Chrodegang adoptée par le concile d'Aix la Chapelle en 816 qui leur demandait de créer des écoles et des lieux où on soignerait les malades et où on hébergerait les pauvres voyageurs. L'auteur de la chronique sur Tournai y voit donc la période durant laquelle on a fondé l'hôpital. Daniel Dupriez, licencié en histoire de l'Université libre de Bruxelles, dans une étude publiée en 1980, découvre une première trace matérielle dans un acte du XIIe siècle par lequel un chanoine nommé Gedulphe fait une donation de maisons, de terres et de biens lui appartenant pour le soin des pauvres et indigents. Certains émettent l'hypothèse que cet argent était destiné à restaurer l'hôpital existant mais se basant sur des recherches du professeur Jacques Pycke, notre historien contemporain émet l'hypothèse qu'il s'agit de l'acte de fondation s'inscrivant dans la réforme dite grégorienne lancée par le pape Grégoire VII. La création de l'Hôpital Notre-Dame serait donc intervenue vers 1112, à l'époque où allait débuter la construction de la cathédrale de Tournai.  

Si on ignore à quand remonte sa fondation, on connaît parfaitement sa localisation au sein de la cité, cette hôtellerie qu'on appelait aussi Maison-Dieu ou Hôtel-Dieu était située dans un quadrilatère compris entre l'actuel quai du Marché au Poisson, la rue de la Lanterne (longtemps dénommée rue du Nouveau Wez), la rue de l'Hôpital Notre-Dame et la rue de la Contrerie, une ruelle étroite qui séparait les bâtiments de l'Hôtel des Volontaires Pompiers, une petite voirie supprimée en 1784. 

Dans le prochain article, nous aborderons l'existence propremement dite de cet hôpital.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière paru en 1864 - Etude de Mr. Daniel Dupriez, parue dans une publication des Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie, tome 1, année 1980)

24 oct.
2011

13:22

Tournai : la joyeuse entrée de Louis XI

Le 25 juillet 1461, au lendemain de la mort de Charles VII, Le dauphin, Louis XI lui succède. Deux ans plus tard, les Consaux de la ville de Tournai sont informés que le roi fera sa joyeuse entrée dans la cité des cinq clochers, le 10 janvier 1464. 

Lors de la réunion du 4 octobre 1463, voici comment ils organisent cet évènement. 

Les quatre Consaux seront vêtus de longues robes blanches sur lesquelles il y aura deux grandes fleurs de lys, l'une devant, l'autre derrière. Les bourgeois notables seront invités à en faire de semblables pour aller au devant du roi, tous à cheval, à une lieue ou une demi-lieue hors de la ville (la lieue de terre est une mesure variable correspondant à environ 4,445 km). Les sergents à verges et bâtonniers et tous les conseillers et officiers seront vêtus de parures de la ville et montés le plus honorablement qu'ils le pourront (!). Dehors la ville et en un lieu convenable seront grand nombre de petits enfants vêtus de toile blanche, avec capeaux (chapeaux) verts et portant de petites verges blanches, lesquels, quand le roi passera, crieront tout d'une voix : Noël et Vive le roi.

Les gens de la loi et les autres citoyens vêtus de blanc, quand ils seront près du roi, lui feront la révérence et l'accompagneront rangés en double haie. la ville fera un chiel (un dais, ouvrage suspendu qu'on porte habituellement dans les processions religieuses) de velours d'azur fait à comble et chargé de fleurs de lys d'or et doublé de satin blanc; ce chiel sera porté au-dessus de la tête du roi par quatre chefs et deux autres de la loi. 

Qu'à la porte par où il entrera et aux carrefours seront rangés les collèges et serments d'arbalétriers, archers et canonniers. Que dans les rues se trouvent de riches histoires, au nombre de 18, parlant de Charlemagne, Clovis, Saint Louis et autres... Que toutes les maisons devant lesquelles le cortège passera soient parées de tapisseries, linges et autres ornements riches et notables et que les rues soient couvertes d'herbes et de verdure.

La ville fera présent de huit queues de vin de divers pays et d'un joyel d'argent doré de la valeur de mille francs ou environ. 

Si le roi arrive de nuit, chaque homme vêtu de blanc portera un flambeau à la main.

On constate que les Consaux ont mis les petits plats dans les grands pour dignement accueillir le souverain

Le roi avisé des préparatifs se dit satisfait et déclare :

"que ce sera un grand honneur pour les habitants de la ville de voir leur souverain car les rois de France n'avoient gaires accoustumés de venir en icelle ville et avoir quatre vingt et un an et paravant IIIc ans (trois siècles) que les rois n'y avoient venus". Et surtout, il remercie les Consaux de lui faire don des 20.000 écus prêtés pour le rachat des villes de la Somme (!)

On peut dire que le roi ne perdait pas le Nord et qu'il avait la capacité de faire passer un message sans avoir l'air de l'imposer. 

Cette dernière demande totalement inattendue fera débat mais sera finalement acceptée.

(sources : Extraits des Registres des Consaux de la ville de Tournai (1455-1472), étude de G. Preud'homme parue dans le tome 1 des mémoires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai en 1980). 


13:22 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, charles vii, louis xi, consaux, joyeuse entrée |

22 oct.
2011

11:54

Tournai : expressions tournaisiennes (145)

Tristesse.

 

J'tourne et j'ratourne l'papier inter mes mains,

Vielle photeo toute gaunie, prise i-a d'jà bin lommint.

On y veot ein professeur et vingt-six garcheons

Immortalisés à l'fin des compositieons.

On v'neot jusse de terminer no période scolaire,

Hureux et fin prêts à commincher eine carrière.

Futurs politiciens, inspecteurs judiciaires,

avocats, inseignants ou bin acore militaires,

chacun simbleot rêver à c'qu'i-alleot faire.

Après six ainnées, nos quémins deveot'ent s'séparer.

L'sablier coule, chinquante ans, ch'est vite passé.

D'l'ein ou d'leaute, on n'a pus eu bramint d'nouvelles

No destin fuit ainsin, douch'mint, in parallèles.

Et puis, ein bieau matin, in lisant eine gazette

Te veos ein avis et te t'arrêtes tout biête

Ein neom, des meots dins ein cadre intouré de noir

les revoir ein jour, c'est la fin de tes espoirs,

Malhureux évènemints ou bin morts naturelles

Pou prumière feos, d'eusses, t'orchois eine mauvaisse nouvelle.

I-éteot bin jeone, l' prumier parti au chim'tière,

l'deuxième, ch'éteot à l'velle du troisième millénaire

Eine eaute acor nous a quittés à chinquante chinq ans

L'vieux maîte i-est parti au dernier printemps

Et v'là n'amisse que t'as été victime d'ein accident

Ta vie inl'vée par ein chauffard inconscient !

Près de t'maseon, eine auteo in pleine vitesse,

Nous a privé de ton éternelle gentillesse.

 

Tant qu'i-ara su les routes des fous du volant 

I-ara toudis des veuves et des paufes infants !

 (lexique : gaunie : jaunie / lommint : longtemps / commincher : commencer / les quémins : les chemins / bramint : beaucoup / ainsin : ainsi / douch'mint : doucement / l'prumier : le premier /  eusses : eux / orchevoir : recevoir / l' chim'tière : le cimetière / l'velle : la veille / l'maîte : le maître / m'n'amisse : mon ami / toudis : toujours / paufe : pauvre / infant : enfant))

(S.T. octobre 2011)

11:54 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

20 oct.
2011

11:51

Tournai : il faut être spécialiste du...slalom !

Question : quel est le panneau qu'on rencontre le plus, actuellement, dans les rues de Tournai ? Rectangulaire, il fait apparaître en noir sur fond orange un conseil :"Piétons traversez". En effet se promener actuellement en ville, c'est slalomer entre les trous, les tranchées, les bobcats, camions et autres engins de chantier.

Déjà pour parvenir dans la cité des cinq clochers au départ de Bruxelles, il faut s'armer de patience au moment d'aborder le chantier autoroutier qui vient de débuter entre la sortie Kain et celle de Froyennes. Il n'est pas rare d'enregistrer, aux heures de pointe, des files sur 7 ou 8 kilomètres tant sur l'A8 que l'E42 et comme ces autoroutes sont empruntées quotidiennement par des files de camions, l'automobiliste coincé entre deux de ces "bahuts" risque de souffrir de claustrophobie.

Dès l'arrivée sur la place Crombez, face à la gare, on constate que pour rénover les passages pour piétons en fort mauvais état, la circulation est interdite dans la rue Royale dans le troçon entre la dite place et la rue Beyaert.

Quelques centaines de mètres plus loin, le pont Notre-Dame est interdit à la circulation pour quelques semaines, on y remplace les câbles qui permettent de le lever. Mais, averti et prudent, vous avez fait le choix de passer par Saint-Brice ! Mauvaise idée, le TEC y fait aménager de nouveaux arrêts plus confortables pour les passagers, mais, désormais, à l'heure de pointe quand un bus est à l'arrêt, il vous faut patienter pour franchir le rond-point. La raison est simple : le doublement de la largeur des trottoirs permet à peine de dépasser le bus à l'arrêt et les files s'allongent d'autant plus que face au café du Roy Childéric, on est occupé à réaliser le même travail.

L'obstacle franchi, vous voici arrivé au Pont-à-Pont, les trottoirs sont éventrés, le chantier empiète sur la voirie, on crée une plate-forme panoramique sous la naïade. Comme le stationnement n'est pas interdit face au chantier, si vous voulez éviter l'accochage, il vous faut redoubler de prudence lorsque vous croisez un camion ou un bus. La rue des Puits-l'Eau, partie basse, est toujours interdite à la circulation, on débute la pose du revêtement, on a dépavé la partie droite de la rue de la Tête d'Or et la rue de Paris est totalement éventrée et il y est, là aussi, impossible de circuler.

Malin, vous avez fait le choix de franchir le pont de Fer et de passer par la rue de Courtrai, vous voilà dans le chantier de la rue de l'Hôpital Notre-Dame où se croiser est souvent difficile, sachez également que la rue des Orfèvres, venant de la Grand'Place, est en travaux. Le Bas-Quartier est en terre battue, le piétonnier de la Croix du Centre semble se terminer mais on continue le lifting des façades abandonné au début des travaux de voirie. Si on commence à en voir la fin, le chantier du nouveau Centre de Tourisme, place Paul Emile Janson, forme toujours un goulot pour la circulation.

Les gens des faubourgs ne sont pas épargnés, l'avenue d'Audenaerde et la rue Saint-Eleuthère connaissent elles aussi les aléas des chantiers. Dans la première, on crée un voie cyclable et de nouveau emplacement de parking, dans l'autre ce sont des travaux de nouveaux raccordements réalisé par la SWDE. Au boulevard Delwart, la création de la nouvelle piste cyclable progresse bien et les travaux ne sont plus une entrave à la circulation.

Dès l'ouverture des sports d'hiver, les Tournaisiens seront des spécialistes du... slalom. (S.T)

11:51 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chantiers, travaux |

17 oct.
2011

09:20

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (28)

Débutée dans le courant de l'article précédent, notre promenade se poursuit dans le quartier Sainte-Marguerite (Sainte-Magrite pour les Tournaisiens). Débouchant de la rue As-Poids, nous arrivons sur la place de Lille. Celle-ci a une forme rappelant un triangle et elle tient son nom actuel de la porte Coquerel ou porte de Lille de la dernière enceinte de la ville. Elle fut longtemps appelée Market as Vaques ou as Vakes comme le témoigne un écrit rapporté par Bozière, trouvé dans les Comptes de l'Hôpital de Saint-Jacques de 1355 : "Maison de Heaume, séant as Market à Vaques". On devine l'origine de ce nom, à cet endroit, en effet, se tenait un marché au bétail. Dans un autre acte de 1548, on découvre que "Demoiselle Catherine de Cordes vend une maison séant au Marché aux Vaches". En 1587, une ordonnance des Consaux déclare que "le marché aux bêtes soit tenu en la rue Perdue, lieu pour ce propre, et non pas au lieu où il se tient à présent lez la porte Coquerel". A partir de ce moment, la place prit le nom de Vieux Marché aux Bêtes. 

L'historien Hoverlant lui a fait porter, jadis, le nom de place Saint-Mard en raison de la présence toute proche de l'abbaye dont dépendait, depuis le don par Louis XIV, l'église Sainte-Marguerite, le presbytère et des dépendances. Toutefois, aucun écrit n'a jamais été découvert pour venir étayer cette affirmation. Un jour de 1485, on vit sur le Marché aux Vaches, le duc et le duchesse de Bourgogne accompagnés de leur fille et de la duchesse de Nevers, venus traiter la paix avec les députés de Gand. C'est également par la porte de Lille et le Marché aux Vaches que Louis XIV entra à Tournai, le 24 juillet 1667 vers 19h, après avoir fait un bref siège de la ville. L'historien raconte qu'il fut accueilli en ces termes : "Sire, cette ville dont vous prenez possession est la fille ainée des rois de France, elle bénit l'heureux jour où elle se voit rentrer dans le sein paternel après la douleur d'une séparation de cent quarante six ans". On dit que le dénommé Bargibant, conseiller pensionnés, qui tint ce discours fut désigné second Président du Conseil souverain deTournai. Tout flatteur vit...

Relevons quelques particularités de cette place, on y trouve des cafés-friteries, des restaurants, une discothèque, une laverie automatique, une librairie, une boulangerie, une maison où on fabrique le chocolat, un ancien hôtel particulier d'un noble français, le prince de la Tour d'Auvergne, une autre demeure bourgeoise située à l'angle de la rue des Carmes et surtout une église datant de la fin du XIIIe siècle, qui fut utilisée comme abbatiale par les moines de l'abbaye de Saint-Médard jusqu'à son incendie dans la nuit du 23 décembre 1733. Edifice religieux aujourd'hui désacralisé qui se meurt lentement faute d'une volonté de la sauver, asile d'une colonie de pigeons. A l'angle de la rue As-poids et de la place de Lille, une ancienne maison possède des "cartouches" représentant des scènes de la fabrication du pain, une bande dessinée, enseigne de jadis. Au milieu de la place s'lève un monument érigé sous la forme d'une colonne de marbre surmontée d'une déesse tenant une palme à la main, le regard dirigé vers la France. Connue sous le nom de "colonne française", elle a été construite au milieu du XIXe siècle en hommage aux soldats français partis protéger la naissante Belgique aux portes d'Anvers. Les Tournaisiens avaient vu les soldats défiler fièrement à l'aller et revenir avec des charrettes transportant les blessés et les mourants. Leur sacrifice avait eu raison des vélléités revanchardes d'une empereur hollandais qui n'acceptait pas la récente indépendance de la nation belge.

Dans le prolongement de la place de Lille, la rue Dorée porte probablement le nom d'une famille qui y demeurait jadis. Ce nom était déjà le sien en 1599 car un acte de cette époque annonce : "Vente d'une maison gissant à la rue Dorée, où pend une enseigne le Saulmon (saumon)". Il s'agissait d'une hôtellerie dont on trouve encore la trace dans le registre des Comptes de l'Hôpital Notre-Dame en 1631. L'hôtellerie était située à l'entrée de la rue, en face de la rue Perdue.

La rue Dorée débouche sur une autre placette, la place Rogier de le Pasture dont le nom a été donné en hommage à ce peintre tournaisien né vers 1400 et décédé à Bruxelles en 1484 après avoir changé son nom en Roger Van der Weyden. On peut encore y voir un porche surmonté d'une statue, on constate qu'une des portes de l'abbaye de Saint-Médard ouvrait en ce lieu qu'on appelait alors Vieux Marché à la Paille. Ce porche, oeuvre de Guillaume Hersecap, est daté de 1693. Dans les Comptes communaux de 1582, on peut découvrir que cette placette s'appelait alors, le Vieux Marché à l'Estrain

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière et recherches personnelles).  

09:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rues, abbaye de saint-martin, noms |

15 oct.
2011

09:15

Tournai : expressions tournaisiennes (144)

Mossieu Sécurité !                                                                                                                                                                                                    

"Bé garcheon, j'in ai acore l'pépète, du héaut de l'rue de l'Tiête d'Or jusqu'au pied d'l'églisse Saint-Brice, J'ai bin cru, treos ou quate feos, que j'alleos voler su m'deos. I-n'a pus beauqueop d'plache ichi pou passer, ave les travaux, de l'Naïade à l'rue d'Paris, on inlève tous les pavés inciens cha m'a rappelé Mai 68 dins l'quartier Latin"

Ch'est Edouard qui m'a raqueonté cha jusse in face de l'porte du cinéma Astra.

"Ch'éteot pire acore diminche passé quand i-a ein seot qui a rué les barrières de chantier. A part tes esploits à véléo, quoisque te raqueontes, i-n'a rin d'nouvieau"

"Néon, toudis des vielles nouvelles...ah, si fait, j'd'ai intindu eine belle, ch'est eine feimme qu'i-habite au Bas Quartier et que j'veos l'mardi aux pinsieonnés qu'i-m'l'a raqueontée".

S'bieau garcheon et s'fille éteot'ent partis in voyache, ou... bin alors in pélérinache, te sais l'mémoire elle n'est pus aussi fameusse à m'n'âche. Toujours est-il qu'elle aveot, comme à chaque feos, porté les clefs de s'maseon, chez s'mamère, l'feimme Ducoron. Ainsin, elle va ortirer l'courrier, arroser les plantes, vir si tout est bin serré et ouvrir les battantes. Mardi au soir, in arrivant dins l'couloir, elle a sintu eine odeur bizarre, elle a app'lé s'n'heomme Renaud qu'i-éteot resté dins l'auteo pou acouter l'radio.      

"J'sais que t'as eine meilleure naque que mi et i-feaudreot qu'te viennes sintir ichi".

Quand Renaud est arrivé tout bell'mint dins l'maseon, i-a bin été obligé d'admette que cha n'sinteot pos beon.  

"Ch'est eine fuite de gaz" qu'-i a aussitôt dit et... l'corageux bin vite i-s'a infui.

"Feaut téléphoner au propriétaire et prévenir l'eaute locataire, l'vielle Dubocache qu'i-habite au prumier étache, et surtout te deos téléphoner su l'trottoir si te n'veux pos faire sauter tout l'bazar". L'saisi, eine feos à l'abri, i-aveot ortrouvé tous ses esprits.

L' propriétaire, ch'est eine heomme bardé d'diplomes et quand Elise li donna l'informatieon, i-li posa ceulle questieon :

"Ch'est dins l'cave, vous êtes seûr, vous avez été vir"

"Neon, neon, l'porte, savez, j'me garde bin d' l'ouvrir"

"Feaut craquer eine alleumette pou trouver l'fuite, vous allez ainsin l'voir tout d'suite"

"Craquer eine alleumettes, pou cha n'queomptez su mi"

"Eh bé, Madame, vous êtes eine saprée dégourdie"    

I-est arrivé dix minutes après in même temps que l'plombier, i-a fallu à peine chinq minutes pou tout réparer. 

 "Vous n'pouvez pos espliquer commint vous avez fait à ces deux greos nuls"

"Bé... ave de l'ieau et du saveon noir, j'ai caché où cha f'seot des bulles"

 "Vous avez toudis tout cha dins vo malette, mi, j'pinse que ch'est quand même pus simpe ave eine alleumette".

I-paraît que l'albran aveot toudis voulu ête pompier, mais que les examens, be, on s'deminde acore pourquoi i-les aveot tertous ratés.  

(lexique : l'pépète : la peur / jusse : juste / seot : sot / rué : jeté / serré : fermé / l'naque : l'odorat désigne aussi le parfum / tout bell'mint : à son aise, avec prudence / seûr : sûr / eine alleumette : une allumette / saprée : sacrée / albran : mauvais ouvrier, garnement / tertous : tous)

S.T. octobre 2011                                                     

09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, patois, picard |

13 oct.
2011

09:27

Tournai: Anne Carpriau, une grande dame du théâtre

Pour inaugurer cette toute nouvelle présentation du blog "Visite Virtuelle de Tournai" due au talent des graphistes de Skynet, l'Optimiste souhaite rendre un hommage à cette grande dame du théâtre que fut Madame Anne Carpriau. Si celle-ci est décédée le 9 juin 2011 à Etterbeek après avoir vécu la plus grande partie de sa vie à Bruxelles, c'est dans le petit village carrier de Vaulx, aux portes de la cité des cinq clochers, qu'elle a vu le jour, le 12 décembre 1923 (certaines biographies que nous avons consultées renseignent 1922).

Diplomée du Conservatoire Royal de Bruxelles, Premier Prix en Art Dramatique et déclamation, possédant un diplome supérieur de déclamation, c'est à l'âge de vingt ans que sa carrière de comédienne débuta, à la fin de la seconde guerre mondiale. De 1947 à 1949, elle interpréta des rôles dans des pièces telles que "Coeurs enchantés", "la charrette de pommes ", "l'habit vert"...

On la retrouve ensuite au Rideau de Bruxelles dans "Mon père avait raison", "Amphytrion 34", "La farce de Maître Patelin"..., au Théâtre du Parc dans "Le distrait", "L'Aiglon", "Les femmes savantes", "Le Maître de Forges"... mais aussi à la Compagnie des Galeries, au Vaudeville, au Théâtre du Nord-Pas-de-Calais, au Théâtre de la Communauté française de Belgique, au Théâtre du Méridien, au Théâtre de Poche ou avec la Compagnie 9/Théâtre de la Balsamine.

Durant une longue carrière, elle joua dans pas moins de 183 pièces mais le rôle qui la fit connaître et apprécier du grand public fut celui de Madame Bossemans dans la pièce "Bossemans et Coppenolle" de Joris d'Hanswyck et Paul Van Stalle, un rôle qu'elle tint durant près de vingt ans. 

Elle fut aussi appelée sur les plateaux de cinéma et les cinéphiles se rappeleront l'avoir vue dans "Rue Haute" en 1976, un film dans lequel les rôles principaux étaient tenus par Annie Cordy et Mort Shuman, en 1978 dans "Démon de Midi" avec Pierre Mondy dans le rôle principal, en 1984 dans "Madame P...", en 1991 dans "Le jour du chat" avec cette autre comédienne belge, Anne Coesens, en 2001 dans "Tous à table", en 2002 dans "Petites misères", en 2005 dans "Ordinary Man" et en 2010 dans "Tableau de chasse". Peu avant son décès, elle était encore apparue dans "Potiche" de François Ozon, adaptation cinématographique d'une pièce de Barillet et Grédy avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve et Fabrice Lucchini. 

A la télévision on la vit dans quelques télé-films dont "Mini-trip" en 1981 ou "Les scrupules de Maigret" en 2004.

Cette dame de théâtre a transmis son expérience à de nombreux jeunes comédiens, elle fut chargée de cours pendant 22 ans au Conservatoire Royal de Bruxelles dans la section "art dramatique", elle fut également professeur aux Académies d'Uccle (de 1957 à 1987) d'Etterbeek et de Forest. Nous profitons de l'occasion pour rappeler que de nombreux Tournaisiens ont élu domicile dans la capitale bien souvent parce qu'il y travaillaient et que certains de ceux-ci sont regroupés dans l'association "Les Tournaisiens de Bruxelles" afin de conserver intactes leurs racines.