31 août
2011

09:15

Tournai : festivités de septembre

Dès demain, une nouvelle saison recommence. Désormais, vous trouverez le dernier jour du mois, le programme des festivités du mois à venir.

Septembre est un mois de fêtes à Tournai, celui de la "Kermesse".

Le vendredi 2 à 19h, en la chapelle du Séminaire épiscopal, rue des Jésuites, dans le cadre de l'introduction au festival les "Inattendues" qui aura lieu en 2012, "Les sept dernières paroles du Christ en croix" de Joseph Haydn, oeuvre interprétée par le quatuor à cordes franco-autrichien "Mosaïque", dont les membres jouent des instruments d'époque. Spectacle mis en scène par Mr. Zo, avec l'intervention du philosphe Michel Serres.

Les vendredi 2, samedi 3 et lundi 5, traditionnel "Jeu de boules à la platine" sur différentes bourloires situées en ville, durant la journée.

Le samedi 3, à 20h, en la cathédrale Notre-Dame, l'ensemble Scherzi Musicali dirigé par Nicolas Acthen, interprétation d'oeuvre de Gianni Battista Pergolesi, Stabat Mater, Salve Regina... concert organisé dans le cadre de "Musique à la cathédrale".

Le dimanche 4, à 15h30, concert de carillon par Pascaline Flamme.

Le vendredi 9 et le samedi 10, au bar de la Maison de la Culture, One Man Show de Vincent Brackelaere : "J'aime me faire des amis".

Le samedi 10, à 14h30, concert de carillon par Kristiaan Van Ingelgem et en soirée, concert d'ouverture de la kermesse par la royale Harmonie communale des Volontaires Pompiers tournaisiens.

Le vendredi 9, en la salle Saint-Lazare, chaussée de lille, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien présente une séance de cabaret au profit de "l'asbl Porte Ouverte".

Les samedi 10 et dimanche 11, sous chapiteau, au coeur des attractions foraines, esplanade du Conseil de l'Europe, "37e tournoi de jeu de boule carreaulée".

Le samedi 10 et dimanche 11, visites guidées et animations pour enfants dans le cadre des "Journées du Patrimoine".

Du samedi 10 au 25 octobre, exposition des oeuvres de Véronique Poppe à la Rasson Art Gallery, rue De Rasse (du jeudi au dimanche, l'après-midi).

Du 10 au 25 septembre, sur l'esplanade du Conseil de l'Europe, "foire aux attractions".

Le dimanche 11, à 14h30, concert de carillon par Dominique Wybraeck.

Le dimanche 11, 15h, 918e sortie de la "Grande Procession de Tournai".

Les dimanches 11 et 25 septembre, à 15h, rue de la Citadelle, visite des souterrains de la ville.

Le lundi 12, de 9 à 18h, "Grande Braderie annuelle" des commerçants de Tournai.

Le samedi 17, à 16h, sur la Grand'Place, concert par la fanfare Union Musicale de Maulde et à 17h, par la fanfare la Trinité de Mont Saint-Aubert.

Le samedi 17, à 20h, en la cathédrale Notre-Dame, l'ensemble "Il Fondamento" dirigé par Paul Dombrecht interprète des oeuvres sur le thème de "Bach et l'Italie" (Bach, Vivaldi, Marcello).

Le samedi 17 et le dimanche 18, sous chapiteau, à la place Reine Astrid, " Le week-end à 2 bals". Au programme du samedi : "Quand la danse de salon rencontre la danse traditionnelle" avec la participation de l'orchestre Mélodian's et de l'ensemble E Saquant Beyau. Le dimanche "Bal guinguette" avec les orchestres "Doris et Momo" et "Si on soufflet un peu".

Le dimanche 18, à 10h, "Fête de la chanson tournaisienne et du Cabaret Wallon", remise des prix du concours Prayez.

Le dimanche 18, à 14h30, concert de carillon par Thierry Bouillet, à 16h, sur la Grand'Place, concert par la Royale Fanfare Sainte-Cécile de Gaurain-Ramecroix et à 17h par l'Ensemble Musical du Plat d'Or de Vezon.

Le vendredi 23, à 20h, en la salle Lucas de la Maison de la Culture, dans le cadre du Festival Wallonie-Hainaut"Les citations Béthovéniennes dans le répertoire d'aujourd'hui" avec la participation du Quatuor Danel, soirée animée par les musicologues Harry Halbreich et Bernard Fournier.

Le samedi 24 , de 10 à 23h, sur les lieux d'exposition de la Triennale de la Tapisserie, "les quatuors de Beethoven, journée jeunes quatuors dans le cadre du Festival de Wallonie-Hainaut.

Le samedi 24 et dimanche 25, de 9 à 21h, en la Halle-aux-Draps, annuel tournoi de Jeu de Fer par paires et, à l'étage, exposition des réalisations de l'Amicale Photo.

Le dimanche 25, à 10h30, "visite du quartier cathédral" par les Guides de Tournai.

Le dimanche 25, à 14h30, concert de carillon par Christian Boon.

Le dimanche 25, à 16h, concert par la choral "Un café, deux, trois chants".

Le dimanche 25, à 18h, en la salle Frank Lucas de la Maison de la Culture : le Quatuor Psophos et la pianiste Sofja Guelbadamova dans des oeuvres de Brahms, Beethoven et Nicolas Bacri, dans le cadre du festival Wallonie-Hainaut.

Le mardi 27, (fête de la communauté française de Belgique), à 15h30, concert de carillon par Jean Claude Molle.

Du 27 septembre jusqu'au 2 octobre, "Festival des Marionnettes", organisé par le Créa-Théatre.

jusqu'au 25 septembre, à la cathédrale Notre-Dame, au beffroi, à la Maison de la Culture, dans la crypte de l'Hôtel de Ville, au Fort Rouge, dans l'église du Séminaire épiscopal, au Musée de la Tapisserie, au Musée des Beaux-Arts et à la Halle-aux-Draps "7e triennale internationale des Arts textiles contemporains" sur le thème des 5 continents-Woven World. 

29 août
2011

10:15

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (22)

Depuis l'axe composé par la rue des Clairisses et la rue Saint-Piat ont rejoint le "quartier du parc" par la rue des Jésuites. En pavé, elle présente une certaine pente et se trouve en partie, sur ce qu'on appelait, il y a très longtemps, la vallée del Vingne, lieu où on cultivait la vigne, situé en dehors de l'ancienne enceinte. Jehan de la Vigne y possédait un manoir. Elle porta ensuite le nom de rue de Babylone ou Babillone (rue de Babylone qui vient de la vièze porte de la Vingne à Saint-Piat - écrit de 1384), elle prit le nom de rue de Babilone dite des Jésuites (écrit de 1701) et de rue des Allemands dite des Jésuites (écrit de 1706) ou encore rue des Grands Jésuites (1740). Pour trouver une explication à ces appellations, il faut savoir que des marchands allemands s'y installèrent lors de l'occupation espagnole et qu'ils y firent commerce de hautelisse et qu'en 1552, la Compagnie de Jésus, fondée douze ans plus tôt par Ignace de Loyola s'y installa. Alors qu'elle s'appelait encore rue de Babilonne, on y trouvait entre 1539 et 1798, le second "refuge" de l'abbaye de Saint-Martin de Château-lez-Mortagne, plus communément appelé Château l'Abbaye. C'était une propriété importante composée d'une grande maison avec cour, jardin, puits, étable, grange... qui faisait le coin de la rue de Babilone (des Jésuites actuelle) et de la rue Cathegarbe (actuellement du Château l'Abbaye). Un "refuge" était un immeuble avec un oratoire ou une chapelle à clocheton que les abbayes et monastères possédaient dans les villes fortifiées voisines de leur implantation pour que moines, moniales, religieux et religieuses puissent s'y mettre à l'abri lors des période de troubles ou de guerre ou pour s'exiler en cas de calamités prolongées. C'est également dans la rue des Jésuites que se trouve, depuis 1807, le Séminaire diocésain, dans des bâtiments construits par les Jésuites. L'église du Séminaire, dont la façade est à front de rue, offre un mur, soutenu par des contre-forts, percés de fenêtres à meneaux et terminé par trois pignons aigu. Les amateurs d'architecture seront comblés car la rue des Jésuites présente un grand nombre de maisons remarquables, certaines datant du XVIIe siècle, parfaitement restaurées.

En la montant, sur la partie de gauche, on ne rencontre que la rue de Bève, par contre sur la droite, trois rues s'ouvrent pour rejoindre le Vieux Marché au Beurre. La rue des Procureurs tiendrait son nom d'un Grand procureur qui y avait sa demeure. Jusqu'au XVIIe siècle, on l'appelait Cauwe, du nom d'une famille dont un membre, un dénommé Jacquemes Cauwe, fut chapelain à Saint-Piat au XIVe siècle. Le nom se transforma en Cauque ("Antoine Pottier achète une maison rue Cauque, paroisse de Saint-Piat" - acte de 1677), ensuite Chaux ("Jean Baptiste Glorieux achète une maison, rue Chaux, paroisse de Saint-Piat" - acte de 1761) et même Chauve "François Houzé, charpentier, achète une maison, rue Chauve vers le Viet Marché au Beurre" - acte de 1760). En 1788, On peut découvrir  "une maison achetée par François Dehults, couvreur, sise rue de la Cau dite des Procureurs".

La rue suivante porte le nom de rue du Château l'Abbaye qui provient de l'existence pendant plus de 250 ans du refuge de ce couvent de prémontrés. Auparavant, elle était désignée par Cattegarme (1377), Quategarme (dans les comptes communaux de 141), Categarde (comptes de l'Hôpital Notre-Dame de 1631), Quatre Jarbes (ce qui signifie Quatre gerbes) en 1651. Bozière émet l'idée qu'il s'agissait d'une enseigne qui s'y trouvait.

La troisième rue a pour nom rue de la Ture. Cette appellation existait déjà au XIIIe siècle. Selon certaines sources, "Turia" en latin désignait un lieu de sacrifice. Plus probable semble l'autre version qui signale que le mot "Tur" signifiait en langage ancien, une tour. Ce nom fait-il référence aux remparts qui y passaient à proximité et à l'existence d'une tour (la tour de la Loucherie est située pas bien loin) ?

Le Vieux Marché au Beurre est une placette de forme plus ou moins triangulaire sur laquelle débouchent les trois rues précitées. Cet endroit fut aussi appelé, jadis, placette de la rue Cauwe et Marché à la Layne. Au XVIe siècle s'y tenait un marché des produits fermiers (beurre, oeufs et fromages).

La rue Garnier présente des constructions récentes, datant toutes de la reconstruction intervenue suite aux bombardements de la seconde guerre mondiale. Elle était, jadis, un passage étroit reliant la rue de Paris aux Halles ou Halettes, échoppes en bois, démolies lors de la construction de la Salle des Concerts. C'est là que se trouvait la prison de la Tannerie (nom qui proviendrait, selon l'historien Hoverlant, du fait que les coupables, y détenus, étaient frappés d'un nerf de boeuf, par ordre du magistrat). La rue présentait un passage voûté sous cette prison comparable à la "fausse porte" de la cathédrale. Dans la rue Garnier se dresse la "Tour de la Loucherie", vestige de la première enceinte de la ville.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière - étude de Michel Amand Jacques sur les refuges d'abbayes érigés à Tournai parue dans le bulletin 86 de l'asbl Pasquier Grenier...)

27 août
2011

09:33

Tournai : expressions tournaisiennes (137)

Ceulle sémaine, j'n'ai pos treop l'invie d'écrire et acore moinse d'rire et j'pinse que ch'est à cosse du temps que m'moral i-n'est pos brillant. On a d'jà connu des étés pourris mais ch'est l'pompeon, ceulle feos 'chi.

I-a fait bieau au meos d'avril, i-a fait quieaud au meos d'mai et l'météo prédiseot eine canicule, on aveot d'jà sorti l'meublier d'gardin, l'barbecue, on aveot rimpli les piscines, acaté les crèmes solaires "indice chinquante" et même puque, on aveot essayé les shorts pou vir si on rintreot acore d'dins, bref, on éteot prêt pou affronter l'caleur, elle pouveot v'nir, on n'aveot pos peur. On aveot été averti, on n'deveot pos ête surpris.

Bé si fait qu'on a été saisi, au meos d'juin, l'mercure i-a comminché à déquinte dins les thermomètes, l'pressieon elle a baissé dins les baromètes, les nuaches i-eont vite fait d'nous faire oblier l'solel, l'pluèfe elle a noyé les gardins, l'meublier, rimpli l'barbecue et l'crème solaire elle est restée dins l'armoire in attindant les bieaux jours. Ch'est à peine si on n'a pas du ralleumer l'cauffache et même si i-n'feseot pos queiaud, on a eu bramint d'oraches.

Acor ce verdi,  à chinq heure au matin, on a été réveillé pa l'grondemint du tonnerre et les lueurs des éclairs. On a bieau répéter que ch'est biête, qu'i-n'féaut pos avoir l'pépète mais quand te veos, à Bruyelle, ce qui, mardi, est acore arrivé, t'as bieau dire, te n'te sins pos fort rasseuré. Deux greos éclairs sont caits su ein home pou handicapés et in eine demi-heure tout i-a brûlé. Acore hureux que les jeones éteot'ent partis car on areot pu avoir ein fameux souci. Tout l'maseon a été détruite, tout s'a effondré, elle aveot été inaugurée in mars de ceulle ainnée. Comme ch'est souvint l'cas, l'solidarité elle a jeué, grâce au personnel, à des parints d'infants et aux pompiers on a pu sortir eine partie du meublier.

Mi j'pinse à tous ces gins qui trannent quand i-z-intindent les préviseons, eusses qui doive'tent faire face, à chaque feos, à des inondatieons. Vir ainsin l'bédoule qui des camps déboule ou les ieaux du voisinache qui orcouvrent l'carrelache à chaque orache, féaut bin du corache pou toudis orcommincher l'nettiache.

Au momint où j'écris ceulle babillarte, dins l'poste d'radio, i-a Mossieur Météo qui dit d'jà que ch'n'est pos fini, qu'i-ara acore du vint, de l'pluèfe et des grêleons vers midi. Vous connissez tertous l'espressieon : "Où sont les neiges d'antan", on va béteôt pouvoir dire : "Où seont les été qu'on aveot dins l'temps" !

(lexique : l'meublier : le mobilier / le cauffache : le chauffage / bramint : beaucoup / verdi : vendredi / avoir l' pépète : avoir peur / caits : tombés / trannent : tremblent / l'bédoule ou l'berdoule : la boue / les camps : les champs / l'nettiache : le nettoyage / babillarte : un lettre, un mot / l'pluèfe : la pluie).

N.B. Vous qui avez peut-être apprécié l'article précédent (expressions tournaisiennes 136) sur l'origine fantaisiste des noms de rues, je vous conseille d'aller sur les "commentaires" de celui-ci pour voir celle de la rue du Petit Recollet telle que nous la raconte Jacques, il suffit pour cela de "cliquer" sur commentaires !)

S.T. août 2011

09:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

25 août
2011

09:58

Tournai : On ne nous dit pas tout !

L'Optimiste vous a déjà parlé, à de nombreuses reprises, de ce projet de mise au gabarit européen de l'Escaut et des problèmes que celui-ci engendrera dans la traversée de Tournai. Jusqu'à présent, nous nous sommes focalisés sur le Pont des Trous, un des derniers témoignages du passé qui risque d'être dénaturé.

Mais la vieille porte d'eau n'est pas la seule à poser problème pour le passage des bateaux de 2.500 et (peut-être même plus tard) de 3.000 tonnes.

"Les Etudes Envrironnementales Stratégiques de la Liaison fluviale à Grand Gabarit Seine-Escaut et ses raccordements sur le territoire wallon" publiées par le Service Public Wallonie nous en apprennent beaucoup plus à ce sujet. Le préambule de ce rapport nous informe que ce projet souhaite réaliser la jonction entre le bassin de la Seine et celui de l'Escaut actuellement reliés par le Canal du Nord et par le Canal de Saint-Quentin, deux voies navigables vétustes et à faibles capacités (max 1.300 tonnes pour le Canal de Saint-Quentin).

Les objectifs sont (entre autres) :

de supprimer les goulots d'étranglement majeurs dans le réseau navigable de haute capacité de l'Europe, de permettre une croissance durable pour le transport fluvial en Europe, d'améliorer la logistique industrielle grâce aux avantages du transport fluvial, de créer un nouvel élan pour le développement des ports maritimes du Nord.

En Belgique, sur le Haut-Escaut (secteur géographique qui nous concerne), il y a lieu de moderniser les barrages de Kain et d'Hérinnes et de supprimer le goulot d'étranglement que représente la traversée de Tournai.

Si le préambule focalise tous les regards sur la vieille porte d'eau et crée une polémique entre les défenseurs du patrimoine local et les décideurs politiques poussés dans le dos par des industriels soucieux de promouvoir leur activité économique, il n'évoque aucun autre sujet. Il faut, en effet, se rendre aux pages 22 à 29 de cette étude pour remarquer qu'il n'y a pas que le vieux monument (le plus photographié par les touristes après la cathédrale Notre-Dame) à être directement concerné par des modifications structurelles.

L'étude constate également que la navigation est très difficile dans la traversée de Tournai en raison de l'étroitesse du chenal de navigation ce qui implique, actuellement, une navigation en alternat. Le Pont des Trous n'est dès lors pas le seul obstacle, le Pont-à-Pont en représente un également. Ce dernier est situé dans une courbe serrée (rayon de 425m), la passe navigable est réduite sur 190m de part et d'autre du pont. Sous celui-ci, la largeur de la passe navigable n'est que 19m30. Ces valeurs géométriques concernant le rayon de courbure et la largeur du chenal sont de loin inférieures aux recommandations des normes de bonne conception des voies hydrauliques. Autre problème, le Pont-à-Pont présente une hauteur libre de 6m70 !

Le plan prévoit donc pour la mise au gabarit du fleuve de rectifier légèrement la courbe à cet endroit par l'alignement à 26m50 (au lieu des 19m30 actuellement), de supprimer la pile du pont située sur la rive droite ce qui provoquera inévitablement la reconstruction du tablier de l'ouvrage. Les travaux entrepris permettraient de relever la hauteur libre à 7 mètres au lieu des 6m70 actuels. Les rampes des voiries devraient être adaptées et leur pente passerait de 3,3% à 4% sur une longueur de 80 à 90 mètres sur chaque rive. Il y aura lieu également de construire un nouveau mur de quai sur la rive droite et de revoir les impétrants de celle-ci. Selon les auteurs, il ne devrait pas être envisagé d'expropriations.

Voilà ce qui est dit dans ce rapport que vous pouvez consulter sur : http://voies-hydrauliques.wallonie.be/opencms/export/site....

Les riverains des quais Saint-Brice, des Poissonsceaux, de la rue de Pont et de la rue des Puits l'Eau seront concernés par cet immense chantier au même titre que ceux du quai Andréï Sakharov et peut-être même du quai Dumon.

22 août
2011

09:16

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (21)

Avant de quitter les rives de l'Escaut évoquons les deux quais qui se trouvent dans le quartier Saint-Piat.

Le quai des Poissonsceaux portait, jadis, le nom de Piscenerie, un mot désignant le lieu où on vendait des poissons d'eau douce. Ce nom évolua ensuite en Pissonceaux et en Pissonchiaux. Bozière nous dit que dans les archives de 1278 : "Sire Henri Pourrès vend une maison sour Leschaut (l'Escaut) viere le rivage as pissons de douce aiwe contre la maison de Simon le pissonier de douce auwe". C'est sur ce quai qu'on trouvait, au 19e siècle, la maison de la famille de Bongnie.

Le quai Taille-Pierre débute à la hauteur de la rue Cherequefosse et se termine au pont Armand Delvallée à proximité de la clinique La Dorcas. Le chemin de halage qui remonte ensuite le fleuve prend le nom de rivage du pontonnier. Ce mot désigne le militaire du génie spécialisé dans la construction de ponts provisoires. Le nom de quai a été donné durant la seconde moitié du XVIIe siècle, auparavant ce lieu était appelé la Taille-Pierre, endroit où on déchargeait les pierres amenées par baquets et où on les façonnait. "Maistre Henri le tailleur de piere et d'imaiges achète lXX sous d'artisiens de rente par an sour la maison Maistre Henri devant dit, ki siet sour Escault, là ou on taille la piere" peut-on lire dans un écrit de 1250 rapporté par Bozière. Le quai Taille-Pierre fut élargi deux fois : la première en 1834 lorsqu'on démolit la muraille du clos des Récollets et, la seconde, en 1849, lors de la démolition de la brasserie Sainte-Catherine.

Nous partons maintenant rejoindre l'axe qui traverse entièrement le quartier Saint-Piat qui est composé de la rue des Clairisses, Saint-Piat, Sainte-Catherine et l'avenue des Etats-Unis (l'origine de son appellation a été donnée dans un des premiers articles de cette rubrique). Nous l'avions quitté pour découvrir les rues qui rejoignent l'Escaut. Nous allons découvrir maintenant les différentes rues qui relient cet axe à un des boulevards de ceinture, en l'occurence le boulevard du Roi Albert.

La rue Fontenoy rappelle le souvenir de la bataille qui eut lieu le 11 mai 1745 dans le cadre de la succession d'Autriche qui vit les troupes françaises, commandées par le Général de Saxe, vaincre la coalition des troupes anglaises et hollandaises. Le village de Fontenoy est situé à moins de 10 kilomètres de la cité des cinq clochers. Cette bataille fut le prélude à la conquète des Pays-Bas par les Français.

La rue Albert Asou qui lui est parallèle porte le nom d'un avocat et homme politique, né à Tournai, le 24 juin 1857, et décédé le 6 mars 1940. En août 1940, le Conseil Communal donnera son nom à une section de la rue Rogier comprise entre la rue Sainte-Catherine et la rue Vauban.

La rue Rogier porte le nom de cet homme politique, né à Saint-Quentin (Aisne-France) en 1800. En 1830, lorsque vont éclater les "journées de septembre", prélude à l'indépendance de la Belgique, il prendra part à la révolution. Après l'indépendance, en 1831, il sera nommé Ministre et en 1863, député de Tournai. Il est mort en 1885.

La rue de la Justice a pris ce nom lors de l'édification sur l'esplanade face à la citadelle, du Palais de Justice. Elle longe, en partie, le square Marie-Louise dans lequel a été érigé, à la fin des années nonante, le "Mémorial aux Enfants disparus", faisant face au temple de Thémis pour rappeler les douloureux évènements qui marquèrent l'année 1996 en Belgique ! 

Nous avons déjà évoqué, au commencement de cette rubrique, l'origine du nom des rues Octave Leduc, avocat, homme politique (1863-1934) et Hippolyte Boulanger, peintre (1837-1874).

La rue des Ingers relie la rue Saint-Piat à la rue Octave Leduc. Jadis, elle allait rejoindre la rue des Filles-Dieu. C'est à cet endroit qu'on trouvait le bâtiment dans lequel étaient remisés les différents engins de guerre. Lorsque le roi de France, Charles V, vint à Tournai, un écrit dit "qu'on le mena as Engins et regardèrent bien les coullars, bombardes et canons, ribeaudekins et plusieurs autres abillements pour défendre la ville si besoin estoit". La "grange aux engins" était située à l'angle de la rue des Ingers et de la rue des Filles-Dieu. Un écrit de 1388 nous informe que cette rue était également désignée sous le nom de "Frès-Fontaine" ou de "Froide-Fontaine dite des Ingers". Froide-Fontaine parce que s'y trouvait probablement une fontaine donnant une eau très fraîche et des Ingers qui signifiait "engins" en roman tournaisien.

La rue de Bève relie la rue Saint-Piat à la rue des Jésuites en décrivant un angle droit, sa largeur est normale dans sa première partie mais à l'approche de la rue Saint-Piat, elle devient de plus en plus étroite, au point de déboucher dans cette rue par un porche. Les quelques habitants qui désirent rejoindre leur domicile en voiture ne peuvent entrer et sortir que par la rue des Jésuites. Elle épouse le tracé des anciens remparts de la ville. Elle fut appelée, au cours des siècles passés, rue de Beure, de Bevers ou Bèvres ( "Maison séant à l'entrée de la rue de Bevers au les devers la vieze porte Sainte-Catherine" écrit de1384). Le mot "bever" ou "bève" signifie "boue", petite rue longeant les remparts, c'était alors un lieu sordide. Cette rue longe le haut et long mur du séminaire épiscopal. Elle donne l'aspect d'une rue ancienne, totalement hors du temps, pouvant facilement servir de cadre à des reconstitutions historiques, à la prise de vues pour des films ou télé-films.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne" de Bozière)  

09:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, rues, origine |

20 août
2011

09:21

Tournai : expressions tournaisiennes (136)

I-a d'jà bin lommint, mes gins, que j'ai parlé d'Edouard, l'visin d'Edmeond et Fifinne, ein beon fieu, à qui on f'reot avaler toutes les bleusses possipes, à qui on pourreot faire acroire les pires mintiries.

Ainsin, ceulle sémaine, Edouard, i-a raqueonté à Jacques, eine vielle connissance, qu'i-liseot tous les artiques d'l'Optimisse et qu'i-aimeot bin les ceusses su les neoms des rues d'Tournai.

"Mo bé, d'puis que j'sus à l'ortraite, i-a d'jà trinte ans, ch'est aussi m'passieon, j'cache dins tous les coins de l'ville des gins pour ortrouver l'origine de certains neoms" li a répeondu Jacques.

"Et dins tous les villaches... te caches aussi après les inciens avieons ?"

"Neon, cha ch'est pos mi, ch'est ein eaute, te confeonds"

"Ah beon, et t'in trouèfes beauqueop des origines de neoms".

"Ahais, ainsin tous les meos, j'in ai deux ou treos, tins l'dernier qu'j'ai vu in août, i-habite près du Palais d'Justice et i-m'a parlé de l'rue Albert Asou. L'Optimisse i-l'a dit, l'neom de l'rue ch'est bin souvint l'déformatieon d'un meot incien. Au 19e sièque, dins ceulle rue, viveot ein heomme qui s'appeleot Albert, ch'éteot l'roi des rapiats, i-éteot fort près d'ses liards, ein p'tit sou in quate, i-l'areos copé et te n'areos pos eu l'ieau qui cuiseot ses oués. Ein bieau jour, i-aveot fait l'connissance d'eine toutoule d'ein villache qu'i-espéreot bin, quand i-s'reot mort, mette l'grappin su l'héritache. Mais Albert, ch'éteot eine fine mouque, ein heomme dégoté, quand elle a comminché, in li f'sant ses mamours, à parler d'argint, i-a bin vite compris que ch'éteot pos pou ses bieaux is qu'elle le fréquinteot, in puque i-éteot berlou ! I-a mis fin à leu rinqueonte et l'feimme, dépitée, elle a alors dit dins tout l'ruache qu'Albert ch'éteot ein heomme à sous, qu'i falleot s'déméfier de s'bieau parlache. Ch'est ainsin que tous les rambiles du quartier Saint-Piat quand i-'l'veyeot'ent, berleot'ent "Albert à sous" et ave l'temps qu'i-a passé, ch'est de'vnu l'rue d'Albert Asou"

"Mo bé, quand j'vais dire cha à Edmeond et Fifinne, i-veont ête surpris";

Veyant que cha marcheot, Jacques, i-a poussé l'boucheon ein peu pus leon.

"Te conneos, ti Edouard, l'rue des Six-Files au quartier Saint-Jean. L'origine de s'neom i-date de l'fin du moyen-âche. Ch'éteot eine rulette fréquintée po les soldats in garniseon à Tournai, ch'éteot l'rindez-vous des files de mauvaisse vie..."

"Ahais, des toutoules" qui dit Edouard qu'i v'neot jusse d'apprinte ein nouvelle expressieon.

"Ch'est cha, i-aveot aussi eine terripe maladie, eine maladie honteusse qu'on appeleot l'syphilis".

"Ahais, l'chou-fleur" qui dit Edouard.

"T'as appris cha ?"

"Ahais, quand j'sus rintré à l'armée jusse avint d'ête réformé"

"T'as été réformé, t'aveos les plats pieds ?"

"Neon, i-paraît que m'Q.I i-n'éteot pos assez él'vé, mais, l' Q.I., je n'sais même pos c'que ch'est !"

"Bref, j'continue m'n'histoire. L'temps i-a passé et tous les caberdouches i-ont serré, les gins qui seont v'nus d'demeurer dins l'rue, i-eont cangé l'neom, ch'est dev'nu, l'rue des Six Files, eine altératieon comme direot l'Optimisse, cha aveot quand même pus fière allure"

"Mo bé ch'est biête, à l'occasieon, te devreos cacher après l'origine de no rue, l'rue Montifaut".

"Ah bé je l'sais, ... dins l'temps, l'Esquéaut i-arriveot bin pus leon qu'asteur et à l'hiver, i-aveot tous l'z'ans des inondatieons, ainsin quand l'feond des gardins de ceulle rue i-éteot'ent recouverts, les gins alleot'ent habiter à l'étache, à l'feos, pindant plusieurs meos. I-aveot toudis des tiêtes de beos qui vouleot'ent rester jusqu'à l'dernière et alors t'intindeos dins les maseons : "Allez va, meonte i-féaut !".

"Ah bé, cha j'vas l'dire à Edmeond et Fifinne. Dire que quand i-seont arrivés ichi, i-a t'taleur, jusse chinquante ans, après leu mariache, t'intindeos toudis dins tout l'ruache, Fifinne qui tous les soirs berleot : "Alors, fieu, Edmeond, meonte... i-féaut".

"Ahais, mais cha, on n'parle pos de l'même cosse".

(lexique : lommint : longtemps / ein beon fieu : un bon fils, un bon garçon / des bleusses : des mensonges, des inventions / possipes : possibles / des mintiries : des mensonges / raqueonté : raconté / eine vielle connissance : une vieille connaissance / les artiques : les articles / les ceusses : celles / l'ortraite : la retraite, en Belgique on dit également la pension / cacher : chercher / sièque : siècle / les liards : l'argent, être près de ses sous / les ouès : les oeufs /  eine toutoule : une femme aux moeurs légères, femme de mauvaise vie / dégoté : rusé / faire des mamours : faire des cajoleries / les bieaux is : les beaux yeux / être berlou : loucher, être atteint de strabisme / l'rinqueonte : la rencontre / l'ruache : ici traduit populairement le quartier / s'déméfier : se méfier (utilisé par certaines personnes) / rambiles : garçons du quartiers, les enfants / berler : crier / leon : loin / six-files : rue des six filles / eine rulette : une ruelle / terripe : terrible / les caberdouches : les cabarets louches / serré : fermé / cangé : changé / les gardins : les jardins / l'cosse : la chose).

(S.T. août 2011).

09:21 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tournai, patois, picard |

18 août
2011

10:49

Tournai : les chantiers en gestation

Nous avons évoqué dans l'article précédent les chantiers actuellement ouverts dans la cité des cinq clochers. D'autres vont débuter à plus ou moins court terme.

Sur la plaine des Manoeuvres débuteront, prochainement, la construction des immeubles de la "résidence de la Corne Maint-Martin" et la création, à proximité du hall des sports et du terrain synthétique pour la pratique du hockey, de deux terrains supplémentaires pour le rugby et le football américain. Lorsque tous ces projets seront réalisés, il ne restera pratiquement plus de possibilité pour créer le grand espace vert arboré projeté avec petit étang et venelles permettant de traverser la plaine sans devoir emprunter le boulevard des frères Rimbaud. L'auteur de ce projet, datant de 2010, dont la presse nous avait informés, n'a d'ailleurs pas été engagé par l'Administration Communale et son idée de transformer le banal et "laid" chapiteau, dressé à demeure, sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe en un hall ultra-moderne aux allures futuristes est elle aussi remisée dans un placard à projets, qu'au sein de notre hôtel de ville, on ne va bientôt plus savoir fermer !

Pas loin de là, des panneaux publicitaires annoncent la création prochaine de la "résidence Jean Cousin".

A l'angle du quai Saint-Brice et de la place du Becquerelle devrait débuter, en octobre, la démolition de l'ancienne clinique Saint-Georges afin d'y construire un ensemble comprenant le siège d'Ideta, des crèches et des appartements de standing.

Dans le cadre du projet de revitalisation du quartier cathédral, il reste à réaliser le revêtement des rues des Fossés, Dame Odile, de l'Arbalète et par la suite de la rue de l'Hôpital Notre-Dame, du Curé Notre-Dame, de Courtrai, des Choraux, du Four-Chapitre, des Orfèvres, de la place de l'Evêché et ensuite de la place Paul Emile Janson, de la rue de la Lanterne, de la rue de Paris et de la de la Tête d'Or. On poursuivra également la rénovation des façades du pietonnier et de la rue de la Triperie. Quand tout cela sera terminé, les travaux de la restauration extérieure de la nef de la cathédrale Notre-Dame toucheront probablement à leur fin.

Ensuite, on parlera de la mise au gabarit de 2.500 tonnes de l'Escaut et on entamera les travaux pour faire sauter le bouchon que représente le Pont des Trous. On s'achemine doucement vers la modification des arches, ce qui est loin de ravir les défenseurs de cette dernière porte d'eau existant encore dans le Nord de l'Europe.

Au niveau de l'enseignement, la construction prochaine d'un immeuble est annoncée à l'avenue du Saule sur les terrains de l'école d'Horticulure et l'aménagement des nouveau locaux de l'école du Petit Colysée (à l'angle de l'avenue de Maire et de la rue Edouard Valcke) se fait attendre.

La construction d'un show-room par le concessionnaire d'une marque allemande de voitures vient de débuter sur le terrain voisin des bâtiments du service incendie à l'avenue de Maire. Un parc d'attractions vient de s'ouvrir sur cette même avenue de Maire dans les anciens bâtiments de céraminée et un centre de remise en forme est aussi créé.

L'Optimiste suivra l'évolution de ces différents chantiers et ne manquera pas de vous informer de leur évolution.

(S.T. août 2011)

10:49 Écrit par l'Optimiste dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, projets immobiliers, travaux, chantiers |

16 août
2011

10:46

Tournai : le point sur les chantiers en cours

Il fallait s'y attendre, la période des congés est terminée et les nombreux chantiers en cours, à Tournai, sont sortis de leur léthargie de juillet. L'Optimiste, entre deux averses, est parti en promenade pour faire le point.

Débutons par une bonne nouvelle, les travaux de voirie à la place de Lille ne sont plus qu'un mauvais souvenir, la liaison entre la rue des Bouchers Saint-Jacques et la rue Blandinoise a été totalement refaite en pavés tandis que celle entre les boulevards et la rue des Maux a reçu un enduisage, ce qui avait provoqué sa fermeture aux heures ouvrables durant deux semaines.

Les travaux du parking de la rue Perdue seront terminés à la mi-septembre, il restera à aménager la voirie sur la dalle qui vient d'être créée, ces travaux devraient encore durer une petite année et, on peut espérer, que l'ensemble (parking et voirie) sera terminé aux prochains congés du secteur de la construction, en juillet 2012.

On a profité des vacances pour placer les impétrants dans les rues du Four-Chapitre, des Orfèvres et des Choraux. Les travaux devraient être terminés pour la prochaine rentrée des classes à l'école des Frères.

Ces travaux d'enduisage se sont poursuivis à la rue des Chapeliers, elle aussi a été inaccessible durant quelques jours entre 7 et 17h. A partir de ce mardi 16 août, ils ont été entrepris sur le quai Notre-Dame : on procède au nettoyage des joints des pavés, on pose un enduit collant et un très léger recouvrement pour protèger les voies de circulation.

A-t-on été trop optimiste en ce qui concerne la durée de chantier du "quartier cathédral" ou des éléments nouveaux sont-ils apparus qui expliquent le retard pris dans la réalisation du projet ? Les travaux progressent toujours très lentement au nouveau Centre de Tourisme tournaisien, sur la place Paul Emile Janson. Suivant le planning donné en 2009, dans le cadre de la restauration du quartier cathédral, celui-ci devait normalement être inauguré pour la saison touristique actuelle, le sera-t-il pour la prochaine ? Le bâtiment n'est pas encore "hors-eau" ce qui laisse supposer qu'il reste encore, au moins, un an de travaux. Pour y passer presque tous les jours, on ne peut pas dire qu'il règne, sur ce chantier, une activité fébrile ! Oserait-on encore consulter le site du projet cathédral ? On y voit que rien n'avance selon le timing établi : à la place du Multiscope Palace, démoli en 2008, il y a toujours un trou béant envahi par les mauvaises herbes et exhalant parfois des senteurs nauséabondes obligeant les passants à changer de trottoir, les anciens locaux du journal "Le Courrier de l'Escaut" à l'angle de la rue de l'Hôpital Notre-Dame et de la rue du Curé Notre-Dame ne sont toujours pas démolis. On évoque même un nouveau projet pour le bâtiment des Anciens Prêtres à la place de l'Evêché et des Archives de l'Etat à la place Paul Emile Janson (un hôtel 3* tant attendu à Tournai à la place du 4* qui,lui, risque de ne pas être rentable), ce qui expliquerait peut-être le blocage du reste du projet, les promoteurs désirant avoir leurs apaisements quant au respect de l'environnement déterminé à la confection des plans et maquettes.

Les paveurs sont à l'oeuvre dans le piétonnier de la Croix du Centre. La rue de la Cordonnerie devrait être terminée pour la braderie du 13 septembre, le dallage de la rue du Puit-Wagnon et la rue Gallait sera terminé quelques semaines plus tard.

La rue du Bas Quartier, la placette du même nom (ancienne placette Notre-Dame) et la rue de l'Ecole ont été dépavées, les arcades qui formaient la terrasse de l'ancien café de l'Ermitage (devenu l'All Sports Café) ont été démolies, on entamera prochainement la pose du dallage.

Le chantier de la rue des Puits l'Eau (section basse) n'évolue guère, il semble que la firme soit confrontée à des aléas en raison de nombreux raccordements qui ne sont pas renseignés. C'est lorsqu'on se trouve face à cette situation qu'on regrette l'absence de cartographie du sous-sol. Il suffit d'aller voir l'enchevêtrement de câbles et de canalisations diverses (les unes récentes, les autres désaffectées) qu'on trouve à la jonction de la rue Gallait avec le carrefour du Dôme pour être conscient des difficultés rencontrées par les ouvriers.

Des travaux sont en cours au pied de l'église Saint-Brice, pratiquement dans le rond-point formé à l'intersection des rue de Pont, Saint-Brice et de la place Clovis. Le T.E.C poursuit la création de quais d'embarquement pour les bus après avoir réalisés ceux de l'avenue de Maire et de la rue de la Madeleine. A cette occasion, on rectifie la courbe formée par le trottoir en élargissant celui-ci.

Les travaux de remplacement de canalisations entrepris depuis le mois de juin dans le quartier Saint-Brice se poursuivent, après la rue de Monnel, ils concernent actuellement, la rue Duquesnoy.

Les travaux de rénovation de la passerelle du pont de l'Arche vont débuter prochainement, le passage est déjà interdit, on va y refaire les peintures et restaurer les petits dégâts dans le revêtement. Ces travaux devraient être terminés pour le début du mois de septembre et la rentrée des classes, il est vrai que de nombreux élèves l'empruntent quodiennement pour ne pas devoir faire un détour par le Pont-à-Pont;

Pendant le mois de septembre, c'est le pont levant Notre-Dame qui va subir des travaux d'entretien, il sera interdit à la circulation, les automobilistes auront le choix : soit emprunter le Pont de Fer, soit franchir l'Escaut sur le Pont-à-Pont.  

(S.T. août 2011)

 

10:46 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chantiers, rénovation |

15 août
2011

16:00

Tournai : les noms de rues, témoins de l'Histoire (20)

Nous allons découvrir les autres rues situées entre l'axe reliant le carrefour du Dôme à celui des Résistants.

Nous voici arrivés à la rue Cherquefosse. Cette appellation est relativement récente et fait référence au nom d'une famille tournaisienne. Louis Cherquefosse, né en 1803, fut le directeur de l'établissement d'éclairage par le gaz de la ville de Tournai. Il fut également commandant d'une compagnie dans la garde communale et confirmé à ce poste, en 1830, lors de l'organisation de la garde civique. Enfin, il fut élu conseiller communal de 1848 jusqu'à la date de son décès, survenu le 4 février 1855. Lorsque Bozière écrivit son ouvrage "Tournai, Ancien et Moderne", en 1864, la rue portait encore le nom de Merdenchon. L'origine qu'en donne l'historien Adrien Hoverlant est sujette à caution. Il y voit une référence au Maire Dauchon, un magistrat qui aurait, selon lui, probablement habité à cet endroit. Toutefois, il paraît beaucoup plus plausible que ce soit, comme nous l'avons déjà vu, une altération d'une ancienne appellation puisque, déjà en 1277, on apprend, par un écrit, que : "Jean Meurain, tanneur, possède une maison séant en la rue Merdencon" et en 1441, dans les comptes communaux, elle est déjà reprise sous le nom de Merdenchon. Ce mot prête à sourire quand on apprend que, jadis, adossée au mur de l'enceinte, peu fréquentée, si ce n'est peut-être par les rats, elle se caractérisait par un immonde cloaque, des eaux de pluie mêlées aux détritus et aux déjections d'animaux rejoignaient le fleuve. Des historiens ont déterminé qu'au mois d'août 1349, la peste noire qui sévissait alors en Europe trouva son origine tournaisienne dans une petite masure de cette rue.

A l'extrémité de la rue Saint-Piat, au moment où débute la rue Sainte-Catherine, une autre rue rejoint l'Escaut, il s'agit de la rue Duwez. Cette fois, pas de référence à un nom de famille pourtant encore largement répandu en ville car, en langue romane, le wez désigne un abreuvoir. Il s'agit de celui creusé, au moyen-âge, à la Taille-Pierre à l'endroit où débouche cette petite rue. Il était nommé "abreuvoir du Pont de l'Arche" dans un acte de 1728 et ne disparut qu'au début du XIXe siècle. La rue Duwez aurait donc très bien pu s'appeler, la rue de l'Abreuvoir !

La rue Sainte-Catherine relie la rue Saint-Piat à la Porte de Valenciennes. Elle rappelle l'église et sa paroisse qui s'y trouvaient jadis. L'ensemble fut rasé après la publication d'un acte capitulaire du 11 mars 1671 pour créer l'esplanade de la nouvelle citadelle. L'église, trois cents maisons et des couvents disparurent, les paroissiens furent rattachés, les uns à Saint-Piat, les autres à Saint-Maur. Dans la rue Sainte-Catherine, on trouvait jadis l'Hospice des Vieillards fondé par les époux Delplanque et réaménagé en 1838 par l'architecte Bruno Renard. Depuis le départ des résidents pour la rue des Brasseurs, au lieu-dit "Moulin à Cailloux", les bâtiment sont été transformé en école, celle-ci prit le nom d'école de la Jeune Fille. Durant les années quatre-vingt, c'était aussi le lieu d'enseignement des cours communaux de coupe et couture. A la même époque, quittant les bâtiments de l'Hôpital militaire "Quartier Major Médecin De Bongines", à la rue de la Citadelle, les volontaires tournaisiens de la Protection Civile occupèrent les caves du bâtiments (côté du Mont des Récollets) pour leurs cours et entraînements dispensés le lundi soir.

Partant de la rue Sainte-Catherine pour y revenir 250 m plus loin, formant une sorte de fer à cheval écrasé, la rue des Récollets porta différents noms au cours de l'histoire. Au XIVe siècle, elle s'appelait la rue des Frères Mineurs. On la trouve ensuite, dans un acte de 1547, désignée sous le nom de rue Quennesson, dite des Frères Mineurs. L'ordre qui a prit ce nom désigne les Cordeliers ou Franciscains, ils étaient caractérisés par le port d'une corde noueuse qui leur serrait la taille. Ils se considéraient comme étant des humbles, les plus petits de tous les religieux. En 1240, ils furent installés par l'évêque Walter de Marvis à l'endroit qu'on appelait Taille-Pierre (les quais n'existant que depuis l'époque de Louis XIV). Le couvent était situé entre le fleuve, les remparts et l'actuelle rue du Petit Récollet. On dit que l'autel de leur chapelle contenait une relique : "une épine de la couronne du Christ". L'église fut en partie détruite par l'explosion d'un magasin de poudre en 1623 et ensuite par les Gueux. L'ordre des Récollets leur succéda sous le règne de Philippe II, il s'agissait de religieux réformés appartenant aux ordres de Saint-Augustin et Saint-François. Ils y restèrent jusqu'au moment d'être chassés par les Révolutionnaires. C'est dans cette rue que se trouve actuellement la Mosquée de Tournai.

La rue du petit Récollet s'appelait auparavant rue des Brasseries bourgeoises de Sainte-Catherine, un café portant l'enseigne du Petit récolelt lui donna par la suite son nom. Dans un écrit de 1748, on peut effectivement lire que : "François Joseph Cousin achète une maison et un jardin situés rue des Brasseries bourgeoises de Sainte-Catherine ayant pour enseigne le Petit récollet".

On appelle "Mont des Récollets" (rarement Montagne des Récollets) la partie dela rue des récollets qui débouche à l'angle de la rue Sainte-Catherine et de l'avenue des Etats-Unis, en raison de sa très forte pente heureusement relativement courte (environ 15%).

Une dernière rue descend vers l'Escaut, elle aussi très pentue, elle longe les anciens remparts de la ville. Cette voirie a été baptisée récemment rue de la Tour Canteraine qui est le nom de la tour d'enceinte située, sur la rive gauche de l'Escaut, à proximité de l'ancien Arc des chauffours, une porte d'eau. Elle longeait un jardin dit Cante Reine (littéralement "jardin où chantent les grenouilles"). C'est là, qu'en septembre 1944, les armées alliées jetèrent un pont du génie pour faire franchir l'Escaut aux troupes et au matériel, les témoins nous parlent de convois pratiquement ininterrompus durant plusieurs jours et nuits. Auparavant on l'appelait rue du Moulin à l'Eau.

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne", de Bozière, "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefebvre et notes personnelles).

 

 

16:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rues |

13 août
2011

09:18

Tournai : expressions tournaisiennes (135)

Trannant d'freod, au rayon des légueimes du Carrefour de Froyennes, j'ai rincontré Fifine, tout in nache et à bout de s'n'haleine. " Mo Dieu, Fifinne, fais bin attintieon, te vas ichi attraper t'n'affaire, ave l'freod qui fait ichi, on s'croireot in plein hiver... tins, Edmeond i n'est po là ?". Et ch'est là que j'ai eu dreot à ein discours comme on n'in intinds à l'tribune de l'ONU. 

"Edmeond, i-areot mieux fait de n'pos ouvrir l'gazette d'aujord'hui. A chaque pache, i-a failli s'étroner. I-a comminché pa les sports, i-est supporter du Fotbal club de Tournai d'puis toujours et asteur, in lisant les résultats, i-brait tous les jours. I-a vu ainsin que l'club de Manchester United, i-aveot trinsféré quate joueus pou ein total de chint treos millieons d'euros, bé, cha fait pus d'quate millards d'francs, neom de zeo ! Tout cha pou des bonheommes qui veont taper dins ein balleon, ch'est jamais possipe autant d' millieons. Te sareos dire d'où qui veont querre tout l'argint, te vas pas ichi dire que ch'est du fric sain, i-a seûrmint été gagné su l'deos des malhureux ou bin ch'est l'bénéfice de trafics honteux ou acore l'argint des pétro-dollars saoudiens comme i-veont caire à Paris Saint-Germain. Si l'pétrole i-rapporte autant, j'areos préféré qu'on baisse l'prix à l'peompe. Quand j'pinse que les gins i-paient tcher pou aller les vir les matches, je m'deminde si on n'est pos tertous dev'nus loleos. Edmeond i-s'a rappelé que, jusse après la guerre, s'comarate Willy Chapitre, d' l'Unieon, i-jeueot pou du bure car ein greos cinsier donneot eine life d'bure quand les Infants (ch'est l'neom des jeueus d'l'Unieon) i-aveot'ent gagné ! Cha ch'éteot du sport, du vrai, pos du théâte comme asteur ave des chochottes qui s'demindent si elles-veont rester dins leu club ou si elles-veont partir pou gagner bramint d'argint. On alleot vir des infants de l'ville queurir, beondir et marquer des goals, on n'aveot pos d'mercenaires, on passeot l'après-deîner au beon air, i-n'aveot pos des excités comme asteur et on rintreot à s' maseon fin bénaisse su l'queop d'chinq heure.

Edmeond i-s'a rappelé aussi qu'Edgard li-aveot dit : ch'est normal qu'on leu deonne beauqueop d'argint, l'carrière elle est pus courte que l'ceulle d'ein ouverrier ou d'ein imployé. Quand Edmeond i-a intindu cha, i-a core faille s'étraner. Même ave les contributieons, i-eont gagné su treos ans, ce qu'on n'pourreot pos incaissé su tout no vie et après, i-devienne'tent intraîneus, managers et patreons ou acore journalisse à l'téléviseon !

Quant i-a été vir l'pache d'avant, Edemond i-a eu des larmes plein les is, in veyant les p'tits infants du Kenia ou d'Somalie in train d'morir d'faim dins les bras d'leu mamère. Ces brafes petits gars n'eont pos eu d'sanche, i-seont nés dins l'pus mauvais coin de l'planète. T'os'reos aller leu dire qu'ave l'argint d'ein joueu du Réal ou d'Paris Saint-Germain, l'pétit rotleot et ses amisses i-pourret'ent vife lommint et minger à leu faim.

Et Edmeond i-a tourné l'pache ! Pindant qu'on offère ein peont d'or à certains, i-d'a d'eautes qui n' foutent rin pasqu'i-n'eont pos d'ouvrache, qu'on est tout saisi qui s'mettent in rache. Bin seûr, Edmeond n'peut pos admette qu'on brûle les maseons des gins et qu'on vole dins les magasins mais si les sociétés du meonte intier, il vouleot'ent faire ein peu moinse d'bénéfices pou les actionnaires et consacrer d'l'argint pou les crève-misères, on n'areot pos des scènes de pugilat et dins les rues des millieons d'dégâts.

L'meonte i-n'a pus eine jusse mesure. Vous trouvez normal, mes gins, qui les ceusses qui apprennent à l'école à vos infants, que les ceusses qui vous soignent à l'hôpital, qui s'occupent des gins handicapés ou des vielles perseones obliées, i-orchoivent à peine mille euros d'salaire tandis que des gins orchoivent des millieons pou taper dins ein balleon. Vous trouvez normal, mes gins, d'dépinser des liards pou des bernettes, alors qu'on sait bin qu'i-a des infants qui crèvent de faim su no planète.

Edgard i-a fait ein deon, chinquante euros à eine associatieon, ein tout p'tit peu d'fric pou l'corne de l'Afrique, i-va in orchevoir l'mitan rimboursés pa les impeôts, i-a s'conscience fin tranquille jusqu'à l'fin de l'ainnée...

(lexique : trannant : tremblant / tout in nache : tout en transpiration, tout en sueur / eine pache : une page / s'étroner : s'étrangler / i-brait : il pleure / neon de zeo : exclamation, "nom de Zeus" (peut-être) / caire : tomber : du bure : du beurre / bénaisse : content / s'étraner : autre mot pour s'étrangler / l'sanche : la chance / vife lommint : vivre longtemps / in rache : en rage, en colère / l'meonte : le monde / orchevoir : recevoir / l'mitan : la moitié).

S.T. août 2011

 

09:18 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |