31 mai
2011

13:34

Tournai : le procès du Pont des Trous (1)

De très nombreux Tournaisiens l'ignorent probablement mais ils ont la possibilité, jusqu'au 15 juin, de formuler des remarques, de donner leur avis auprès de l'Administration Communale en ce qui concerne l'enquête publique relative à la mise à grand gabarit de l'Escaut dans la traversée de la cité.

S'écoulant tranquillement entre les quais de la cité de Clovis, le fleuve subit un étranglement entre le Pont à Pont et le Pont des Trous, soit sur environ un kilomètre. Sa largeur est d'une vingtaine de mètres et même de 19m30 sous le Pont à Pont. Cette étroitesse a toujours posé un problème à la navigation dans le centre-ville car elle ne permet pas le croisement aisé de deux péniches.

Cette constatation a été formulée, dès après la seconde guerre mondiale, au moment de l'essor du transport des marchandises par la voie fluviale mais il a fallu attendre, la fusion des communes et la nomination de Raoul Van Spitael au poste de Bourgmestre de Tournai, en 1977, pour qu'une solution soit enfin trouvée, celle de l'alternat. Désormais, les péniches sont bloquées en amont ou en aval de la ville et peuvent descendre ou remonter le fleuve pendant une période déterminée. Dès lors, plus de danger de collision entre les quais de Tournai même si cela engendre une perte de temps en attente du feu vert qui autorise le passage. Tout allait pour le mieux, Tournai ne serait pas balafrée par de gigantesques travaux durant des années, la ville pouvait se tourner vers d'autres défis comme celui de sa rénovation et du tourisme.

Mais voici que la France vient de décider de développer le vieux projet de liaison appelé "Seine-Nord", des voies fluviales à grand gabarit, des autoroutes vers la mer, permettant le transport de marchandises par des péniches de 2 à 3.000 tonnes et plus peut-être, des convois de 180 m de long sur 11m40 de large remplaçant des camions qui ont peu à peu saturés les autoroutes. Les industriels impliqués dans ce mode de transport qui le réclamaient depuis des décennies peuvent faire sauter les bouchons de Champagne mais pour nous, il faudra surtout faire sauter le bouchon de... Tournai.

Onze mètres quarante, cette largeur dépasse la capacité de l'arche centrale de notre vieux Pont des Trous, un des monuments les plus photographiés par les touristes après la cathédrale Notre-Dame. Onze mètres quarante qui forcent les autorités à entamer une enquête publique. Les arches du pont des Trous, cette porte d'eau faisant partie de l'enceinte de Tournai, dernier exemplaire en Europe de ce genre de construction de défense des cités risque d'être sacrifié sur l'autel de l'économie. Un ouvrage construit au XIIIe siècle pour protéger la ville et ses habitants des invasions étrangères, deux tours (celle du Bourdiel et celle de la Thieulerie) reliées entre elles par un rempart percé de trois arches d'égale largeur et alors munies de grilles.

Déjà sous Louis XIV, le plus vieux pont tournaisien, allait survivre à la canalisation du fleuve dans la traversée de la ville lors de la création des quais. Ayant subi des dégâts importants au moment de la retraite des troupes allemandes en 1918, il sera restauré par une autorité communale alors soucieuse de lui rendre son aspect initial. Bombardé lors du second conflit mondial, il a fait l'objet d'une seconde restauration entre les années 1946 et 1950. Déjà, dans le but d'améliorer la navigation, on le réhaussa de 2m40 et on porta la largeur de l'arche centrale à 11m30 en réduisant celle des arches latérales. Depuis, beaucoup d'eau a coulé entre ses vieilles pierres et des dizaines de milliers de péniches d'un tonnage de 1.350 tonnes maximun l'ont franchi, sans accident, chaque jours. La ville de Tournai qui avait vu progressivement disparaître les fleurons de son industrie dans les secteurs de l'imprimerie (Casterman, Desclée de Brouwer, Gédit...) ou des constructions métalliques (Meura...) a décidé de jouer une nouvelle carte, elle a abattu un atout de premier choix appelait "tourisme". La cathédrale Notre-Dame aux cinq clochers et le beffroi, inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, la Halle-aux-Draps, l'église Saint-Jacques, l'église des Pères rédemptoristes, les quais, les tours de l'enceinte communale (la Loucherie, la tour Saint-Georges, le Fort Rouge, la Tour du Cygne), la Tour Henri VIII, le séminaire de Choiseul, le forum tournaisien, la place Saint-Pierre, le quartier cathédral, bientôt le Conservatoire, ont fait, font ou feront l'objet d'une rénovation pour les mettre en valeur. Avec un tel intérêt pour notre riche patrimoine, hérité depuis le moyen-age, on pouvait raisonnablement imaginer que le sept fois centenaire Pont des Trous aurait bénéficié également d'une rénovation le mettant à l'abri d'une dégradation pour les dizaines années à venir !

Hélas, comme nous le verrons dans le prochain article, le vénérable pont, ce vieillard que défendent de nombreuses associations chargées de protéger nos vieilles pierres, se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment et les appétits de certains se moquent pas mal de sa conservation.

13:34 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, escaut, pont des trous, navigation |

29 mai
2011

19:21

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (10)

Il nous reste à découvrir les dernières rues du quartier du Château.

Reliant le quai Sakharov au carrefour du Viaduc, l'avenue Edmond Wibaut longe le site "Notre-Dame" du Chwapi (Centre hospitalier de Wallonie picarde) et l'Athénée Robert Campin (ancien Lycée Royal). C'est là également que se trouvaient jusqu'à la fin des années septante, les abattoirs communaux avant leur transfert au faubourg de Maire. Edmond Wibaut est né à Tournai le 23 février 1867 dans un immeuble du quai Vifquin. Après des études de droit à l'Université catholique de Louvain (Leuven), il s'incrivit comme avocat au barreau de sa ville natale. En 1919, il abandonne cette profession pour devenir administrateur-délégué de la Banque Centrale Tournaisienne. Cet établissement de la rue Royale devint en 1934, la banque de la Société Générale de Belgique. Membre du parti catholique, entré en politique, il devint en 1908, Echevin des Travaux Publics. Lors de la première guerre mondiale, il sera déporté par les Allemands pour avoir refusé de livrer la liste des ouvriers chômeurs. Après son retour à Tournai, il sera désigné comme bourgmestre lors des élections de 1919. En raison de son patriotisme, il restera premier magistrat de la ville après les élections de 1922 remportées par une alliance libérale-socialiste. Il le restera jusqu'en 1933. Il décède à Tournai, le 24 mars 1956. Sa fille Gisèle qui exerça tout d'abord la profession d'assistante sociale marchera sur les traces de son père, elle sera élue sénateur en 1958 et le restera jusqu'en 1969. En 1970, elle sera désignée Echevin de l'Etat-Civil, poste qu'elle occupera jusqu'en 1976. Elle était connue pour son engagement dans la défense du patrimoine urbain et le sauvetage des façades anciennes. Elle est décédée en 1978.

Peu avant le carrefour dit du Viaduc, l'avenue Wibaut est traversée par l'avenue Delmée. Adolphe Delmée, né en 1820, était journaliste mais était avant connu dans la cité des cinq clochers comme chansonnier. Collaborateur de la revue "Les Etrennes Tournaisiennes", il y publia de nombreuses chansons telles "Les Potiaux d'Cabaret" (les piliers de comptoir), "M'prumière communion" mais l'oeuvre qui restera dans toutes les mémoires est, bien entendu, l'hymne local "Les Tournaisiens sont là". La ville lui a élevé en 1899 une statue qu'on peut voir dans le parc communal. La rue a été baptisée de son nom lors du conseil communal du 28 janvier 1887. Elle longe l'emplacement de l'ancienne "petite rivière" qui y coulait jadis avant d'être comblée en 1909.

Partant du rond-point du Viaduc vers la place Crombez, l'avenue Leray longe l'école communale du Château et le parc au milieu duquel s'élève la Tour Henri VIII. Adolphe Leray, ortographié aussi Le Ray, était un teinturier, poète et chansonnier, né en 1810 à Hollain, petit village au Sud de Tournai, sur la route de Valenciennes. En 1826, il est venu s'installer avec sa famille dans la cité de Clovis. Son père était d'origine française. En 1830, il compose de nombreux texte tels "nos amants du premier ban" et "Jesus passant par Tournai". L'oeuvre qu'il composa en 1838 est encore interprétée de nos jours et fait partie de ses chansons "éternelles" à la gloire de la cité : "Nos cheonq clotiers" (nos cinq clochers) content l'attachement du Tournaisien à Notre-Dame et à ses cinq clochers. De lui, on retiendra également des chansons du folklore tournaisien : "Sainte-Cath'rine" et "Mad'moiselle Brindamante" qu'Eloi Baudimont jr. vient de remettre au goût du jour.Il est décédé à Tournai, le 13 décembre 1885.

Parlons maintenant des boulevards qui forment l'arc de cercle sur la rive droite. En partant de l'amont du fleuve, on rencontre tout d'abord le boulevard Walter de Marvis reliant l'Escaut au carrefour de la chaussée de Bruxelles. Walter de Marvis est cet évêque de Tournai qui fonda de nombreuses institutions de bienfaisance parmi lesquelles le Béguinage de la Madeleine et la Maison des Anciens Prêtres. Il vécut au XIIIe siècle et mourut en 1254.

Le boulevard des Combattants et le suivant celui des Déportés nous amènent à la gare, leurs noms commémorent tous ceux qui luttèrent au moment les plus sombres de notre histoire et ceux qui furent emmenés en captivité et dont un grand nombre d'entre-eux ne revint jamais.

Le boulevard des Nerviens rappelle qu'au temps de la Gaule, notre région était habitée par ce peuple.

Le nom de boulevard Delwart (du Viaduc à l'Escaut en aval de Tournai) a été donné le 11 septembre 1892 par le Conseil communal de Tournai à l'occasion del'achèvement des boulevards de ceinture qui épousent le tracé de la dernière enceinte communale. Les remparts venaient d'être démantelés. Cet énorme travail avait été entamé en 1863 par l'echevin libéral des Travaux Publics, Louis Delwart (1812-1902). Il participa aussi à la restauration de la Halle-aux-Draps et proposa la création du Jardin de la Reine en 1872.

(sources : "biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre)) 

 

27 mai
2011

17:43

Tournai : expressions tournaisiennes (124)

Vous avez seûrmint intindu parler des Frères !

Edgard et Irma aiment l'théâte et l'cinéma. Leu vacances i-les passent à Cannes tous l'z'ans pindant ein meos, in mai. I-vienne'tent jusse d'orvenir, tout bronzés tell'mint i-ont fait l'pied d'grue su la Croisette pou vir les actrices et les starlettes. Et i-seont rintrés à Tournai fin bénaisses pasque les frères Dardenne i-ont gagné l'Prix du Jury ave leu nouvieau film "L'gamin au véleo". I-aveot'tent d'jà eu la Palme d'or pou "Rosetta" ave no petite Emilie Dequenne, eine file de l'Wallonie Picarde et "L'infant". 

"On les conneot bin, ch'est des gins tout simpes" qui m'a dit Edgard, inter nous, on les appelle "les frères". 

J'ai alors pinsé que quand mi j'parleos des frères, ch'éteot vraimint pos les mêmes. Tins, j'ai jamais eu l'occasieon d' vous parler de ces deux phénomènes !

Victor et Isidore seont bin connus dins l'quartier où i-ont acaté eine maseon i-a eine quarantaine d'ainnées. Victor ouvreot au quémin d'fier, i-éteot chiffloteu in chef (n'cachez pos, ch'est ein grade qui n'existe pus, i-a été ortiré l'jour où i-est parti à l'pinsieon), i-essayeot les chiffleots des machines à vapeur. I-diseot qu'i-éteot garant de l'sécurité des voyageurs ! Isidore, li, i-éteot boulotteu d'prumière classe aux Trois Suisses à Orcq, ch'est li qui f'seot les pelottes de laine.

D'puis qui seont ortraités, i-se l'deonnent belle, i-acatent tous les affaires nouvelles. Dès qu'i-intintent, à l'télévisieon, l'publicité pou ein nouvieau machin, à l'prumière heure, l'lind'main, i-seont à l'porte du magasin. I-n'demindent même pos pou vir, i-acatent et t' les veos partir.  

A leu maseon, tout est à l'élestrique, tout marche à l'électronique.

Les battantes elles s'ouvertent et s'orferment tou seu, l'porte du garache aussi, les leumières i-s'allume'tent quand i-comminche à faire noir et, bin seûr, i-s'éteintent quand i-fait clair (sinon, où s'reot l'écolomie), l'four élestrique pré-programmé, i-cuit ce qu'on li met, l'cauffage i-s'met in route à siept heures et s'orpose à vingt-deux heures... Chez ces deux comiques, tout i-est automatique, même, l'nourriture des pisseons, elle se déverse in appuyant su ein bouteon. I-ont acaté ein nouvieau aspirateur qui tourne dins l'pièche pindant des heures, je n'sais pos si i-ramasse l'poussière mais i-feaut vir comme cha les amusse, les deux frères. Comme i-ont maux à leu reins, i-ont acaté eine tondeuse automatique pour teonte leu gardin. Cha s'appelle eine "guernoulle", minqueot pus qu'cha pou ces deux andoules. "Quoisqu'on n'fait pos tout asteur" qui dit Victor, su eine journée on va récupérer des heures pour orwettier no téléviseon, l'dernière nouvieauté... in treos diminsieons. 

Ch'est bieau tout cha, mais feaut quand même faire attintieon... de n'pos s'tromper d'bouteon.

Su l'tape du saleon, i-a eine douzaine de télécommandes, des noirtes, des blanques, des p'tites et des grandes et ch'est là tout l'difficulté, j'vas ichi vous l'espliquer.

I-pousse'tent su l'bouteon, quand l'transistor i-s' met à berler, ch'est l'porte du garache qui comminche à s'lever. Quand i-veulent canger d'chaîne à l'télé, ch'est les stores qui seont ormontés, comme i-seont, comme on dit, à leu n'aisse, l'passant i-risque toudis d'vir leu fesses ! I-aveot'tent oblié l'guernoulle dins l'gardin et au soir, elle éteot in train d'teonte l'trottoir. I-ont mis l'four à chint quatre-vingt, ahais, mais i-ont oblié d'mette l'poulet d'dins.

Victor i-dit que ch'est à causse de s'frère qui d'vint à mitan loleo, Isidore i-répeond que Victor i-n'comprind rin et li fout tout su le deos.

L'pire ch'est quand i-ont mis ein système d'alarme, i-ont oblié de deminder commint on éteigneot l'sirène. Eine nuit quand i-seont rintrés, elle a été pindant deux heures d'affilée, les visins i-pinseot'tent qui aveot'tent été assassinés, et les tchiens i-f'seot'tent l' leu dins tous l'quartier.

Ch'est bieau l'progrès mais quand i-a eine panne, i-restent dins leu lit pindant tout l'durée.

Ch'est deux-là, ch'est pos les frères Dardenne, mais si nos deux cinéastes les prindreot'tent comme acteurs, i-gagnereot'tent ein nouvieau trophée à Cannes, pour seûr !

(lexique : jusse : juste / bénaisses : contents / eine file : une fille / simpes : simples / Tins : tiens / quémin d'fier : chemin de fer / chiffloteu : siffloteur / pinsieon : pension, retraite / boulotteu : une eprsonne qui fait des boules / les battantes : les volets / les leumières : les lumières / commincher : commencer / écolomie : économie / les pisseons : les poissons / teonte : tondre / guernoulle : grenouille / orwettier : regarder / des noirtes : des noires / des blanques : des blanches / ichi : ici / ormonter : remonter / à leu n'aisse : à l'aise / toudis : toujours / à causse : à cause / à mitan : à moitié /oblié : oublié / les tchiens : les chiens / l'leu : le loup)

S.T. mai 2011

17:43 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

26 mai
2011

16:03

Tournai : nouvelle découverte archéologique !

Il est pratiquement impossible de creuser le sol de la cité de Clovis sans faire de découvertes archéologiques.

Dans les années soixante des travaux réalisés sur le long de l'Escaut, au quai Taille-Pierres ont permis de découvrir un embarcadère datant des premiers temps de la cité.

On se rappelle également ce sarcophage en plomb, datant du IVe siècle, parfaitement conservé, découvert lors de travaux de construction d'un immeuble à la rue Perdue au début des années septante. Il est visible au musée d'Histoire et d'Archéologie de la rue des Carmes.

Les travaux de réfection de la place Clovis ont permis de mettre à jour des chevaux enterrés durant la période mérovingienne. C'est à proximité de ce lieu que fut découvert, par un maçon du nom d'Adrien Quinquin, en 1653, le tombeau et le trésor de Childéric, roi des Francs. Dans le jardin d'un particulier dont la maison est située au même endroit, de nombreux objets ont été retrouvés et remis par le propriétaire des lieux au musée de la rue des Carmes. 

Quelques années plus tard, en 1978, les travaux de creusement des fondations de la résidence "les Porporas", au n°36 du boulevard Bara, ont mis à jour le prolongement du mur de la dernière enceinte de la ville.

La rénovation de la Grand'Place a permis de retrouver les vestiges d'un oratoire qui se trouvait (presque) en face de l'actuelle Halle-aux-Draps. Cette découverte est concrétisée par une projection réalisée en pavés parmi les dalles de revêtement de sol, à proximité des jets d'eau. De nombreuses tombes de l'époque gallo-romaine y furent également découvertes.

Lors du chantier de la place Saint-Pierre, ce sont les fondations de l'église de Saint-Pierre, construite au XIIe siècle et démoli au début du XIXe siècle, qui furent découvertes et qui, elles aussi, ont été reportées en pavés dans le revêtement actuel.

Les travaux de creusement du parking souterrain de la rue Perdue, réalisés en 2010, ont mis à jour de nombreuses tombes et un tombeau d'une riche patricienne de l'époque gallo-romaine.

Il y a quelques semaines, sur la plaine des Manoeuvres, à l'endroit où la firme Besix va construire un ensemble d'immeubles, les archéologues, sous la direction de Mr. Fabien Pêcheur, ont mis à jour un "ouvrage à cornes" qui, sous Louis XIV, avait été érigé pour protéger la porte Saint-Martin, des fondations de bâtiments militaires de cette même époque en pierre et briques et une voirie formée de galets bornée de pierre bleue ont été découverts à proximité immédiate de cet ouvrage. Avant que les fouilles ne se clôturent, les archéologues ont également mis à jour une briqueterie qui a pu être active dans le courant du XVIe siècle ou début du XVIIe, donc antérieurement aux fortifications de la ville décidées par Louis XIV. il s'agit, en fait, de deux fours confectionnés à partir de fosses (d'environ trente mètres carré) dotées d'un foyer extérieur. Les briques étaient placées au-dessus de canalisations aménagées dans les fosses et qui transportaient l'air chaud nécessaire à la cuisson. La plaine des Manoeuvres est, nous semble-t-il, loin d'avoir livré tous ses secrets, d'autres chantiers permettront peur-être un jour de compléter notre savoir sur cette époque.

Les fouilles récentes qui avaient pour théâtre la Maison des Anciens Prêtres, à la place de l'Evêché, ont permis de découvrir ce que les archéologues pensent être une fonderie de cloches.

Voici qu'aujourd'hui, comme le révèle la télévision régionale No Télé dans son journal télévisé, le sol du quai Saint-Brice vient de livrer de nouveaux secrets et laisser apparaître, tout d'abord, un mur qui devait border le fossé rempli d'eau de protection de la première enceinte et, ensuite, une tour comparable à celles qui existent sur la rive gauche (Tour Saint-Georges, Fort Rouge et Tour du Cygne) qui est celle reprise sur un plan du XVIe siècle, la Tour Montagu ou de Montagu. Selon la responsable des fouilles, cette tour de protection faisant partie de la première enceinte de la cité n'a eu une fonction militaire que durant peu de temps, elle était construite au bord du fleuve qui n'était pas canalisé à l'époque et avait les pieds dans l'eau. Après la construction de la seconde enceinte, elle fut transformée en un lieu d'habitation jusqu'au XVIIe siècle. Elle avait disparu par la suite.

Que nous réserve l'ouverture prochaine des rues des Orfèvres et du Four Chapitre, situées dans un périmètre entre cathédrale Notre-Dame et nécropole gallo-romaine située sous la Grand'Place et la rue Perdue ?

25 mai
2011

08:50

Tournai : circulez, il n'y a rien à voir !

L'expression "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs" est connue de tous. A Tournai, actuellement, on pourrait ajouter à celle-ci "pour nos rues on ne fait pas de rénovation sans sérieusement entraver la circulation". Les automobilistes tournaisiens sont servis et ils ne savent peut-être encore pas ce qui les attend.

Suite à la construction du parking souterrain de la rue Perdue, cela fait près de 19 mois que cette voie directe qui mène de la rue de la Tête d'Argent à la rue des Maux et à Grand'Place est interdite à toute circulation. Il faut emprunter la très étroite rue Piquet, le goulot de la rue Hespel et la rue des Bouchers Saint-Jacques pour rejoindre la rue Dorez et ensuite le forum tournaisien via la rue des Maux. Il est à remarquer que pour permettre le croisement des véhicules au bas de la rue des Bouchers Saint-Jacques, une section d'une vingtaine de mètres a été interdite au stationnement, mesure peu efficace car non respectée.

La rue des Puits l'Eau, dans sa section qui rejoint l'Escaut, est actuellement en chantier. Sa rénovation interdit un passage par le quai du Marché aux Poissons qui forme un cul de sac depuis  six semaines à sept semaines. Les automobilistes qui souhaitent se rendre sur la place Saint-Pierre doivent impérativement sortir de celle-ci par la rue de la Lanterne. La semaine dernière, des touristes suisses m'ont interpellé dans la rue de la Tête d'Or, ils devaient se rendre à l'Hôtel situé sur cette place. Ils ont donc été obligés de passer par la rue de la Wallonie, de traverser le carrefour du beffroi, souvent fort encombré, la Grand'Place, emprunter la rue des Orfèvres, la rue du Four Chapitre, la rue de Courtrai, virer vers la rue de l'Hôpital Notre-Dame, prendre le quai du Marché aux Poissons et remonter la rue de la Lanterne. Avant d'arriver à l'Hôtel, ils avaient déjà bien visité Tournai ! 

Un des trottoirs du Pont-à-Pont, dans sa partie qui surplombe la rue des Puis-l'Eau basse, est interdit à la circulation des piétons, en cause, la création d'un belvédère, à côté de la naïade de Georges Grare, une réalisation similaire à celle qui vient d'être créée au Pont de Fer, juste à côté de la statue de Barthélémy Dumortier.

La rue de Monnel subit les assauts de lourds engins de chantier, on y effectue le remplacement des tuyauteries de gaz en acier par de nouvelles en polyéthylène. Cette modification s'étendra par la suite aux rues voisines, une déviation est mise en place pour les automobilistes se rendant de la place Clovis vers la rue Royale. Dans les semaines à venir, ces travaux s'étendront aux rues voisines !

La première phase des travaux de la place de Lille est terminée mais il reste à aménager la section entre la rue des Carmes et la rue Blandinoise, ce qui nécessitera également la fermeture provisoire de ce carrefour emprunté quotidiennement par les centaines d'étudiants des Ursulines et du Collège Notre-Dame.

Les rues du piétonnier de la Croix du Centre subissent la dernière phase de leur lifting, l'ancien revêtement est enlevé et les courants d'air fréquents à cet endroit y soulèvent des tourbillons de poussière. Les travaux du nouveau Centre de Tourisme nécessitent un empiètement du chantier sur la place Paul Emile Janson, le passage pour les voitures est réduit à un étroit couloir et certains véhicules doivent monter sur le trottoir. Cela a nécessité un passage protégé pour les piétons, le long du chantier, mais la plupart ne l'utilisent pas.

Comme si tout cela n'était pas encore suffisant, voici que se profile le chantier de remplacement des impétrants (égoûts, eau, gaz, électricité, téléphone, télé-distribution) dans la rue des Orfèvres. Ceux-ci devraient débuter dans les prochains jours. A quelques jours près, nos amis suisses auraient vu leur déviation s'allonger car la rue de l'Yser deviendra ainsi la seule issue pour quitter la Grand'Place et ils auraient été obligés d'aller jusqu'au 4 coins Saint-Jacques pour reprendre la totalité de la rue de Courtrai ! En raison de ce chantier, la place de l'Evêché sera interdite au stationnement car l'entreprise chargée des travaux va y installer ses sanitaires, son bureau de chantier et y stocker le matériel.

Dans la foulée, le chantier gagnera la rue du Four Chapitre où se situe l'école des Frères, rendant alors impossible la circulation par la rue des Choraux.

Les rues des Fossés, Dame Odile, des Ecoles et la placette du Bas Quartier sont actuellement en travaux pour la pose des impétrants avant le remplacement de leur revêtement.

Au carrefour du Dôme débuteront, dès après la période des congés, les travaux de création de la plate-forme de dépose pour les bus et autocars.

A la rue de la Madeleine se terminent les travaux d'aménagement des arrêts de bus, à proximité de l'église, ils provoquent souvent un ralentissement de la circulation, car ils empêchent parfois le croisement de deux véhicules. 

Après ces deux ou trois années de chantier qui perturbent fortement la circulation au centre-ville soit les conducteurs tournaisiens seront devenus des champions du slalom automobile ou, mieux encore, ils auront pris l'habitude de faire leurs dépacements urbains à pied, ce qui n'est pas plus mal pour la santé !

08:50 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chanteirs, travaux, rénovations |

23 mai
2011

18:15

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (9)

Notre recherche de l'origine des noms des rues nous amène désormais dans le quartier du Château. Anciennement dénommé le "Bruille" (marais), son nom actuel rappelle que c'est en cet endroit, entre Escaut et remparts, que fut érigé le château, durant la courte présence anglaise, dans notre ville, au temps d'Henri VIII. La tour qui s'y dresse encore est le seul vestige de cette forteresse. Les rues dont nous allons parler se situent dans le triangle formé par l'Escaut, la ceinture des boulevards et la rue Royale (information à l'intention des lecteurs qui me disent visualiser les lieux par l'intermédiaire de Google Maps).

La rue du Becquerelle relie le quai Dumon à la rue Royale. A proximité de l'Escaut, elle forme une placette portant la même appelation. Elle tient son nom du lieu dit le "Becquerel" ou "Biecqueriel" qui désignait un petit cour d'eau qui devait jadis y couler et former, avec le fleuve, "l'ilôt Saint-Pancrace" disparu lors de la construction des quais sous Louis XIV. En ce mois de mai 2011, des fouilles ont été entreprises sur un terrain jouxtant les bâtiments de l'ancienne clinique Saint Georges voués à la démolition. Pratiquement à l'angle du Becquerelle et du Quai Dumon, on vient de mettre à jour un mur des fossés qui s'y trouvait jadis. Dans la rue du Becquerelle se situe le commissariat de police de Tournai, il a été construit à la fin des années nonante à l'emplacement ou s'élevait le lycée de jeunes filles démoli lors des bombardements de mai 1940. En face de celui-ci, dans un bâtiment occupant une grande partie de l'ilôt formé par les rues du Becquerelle, des Jardins et Royale se trouvait, jusque dans les années nonante, le siège tournaisien de la Banque Nationale de Belgique, disparu lors du grand mouvement de fusions connu par le monde bancaire.

Partant de la rue du Becquerelle vers la place Verte, la rue de l'Epinette tient probablement son nom de l'enseigne d'un estaminet qui s'y trouvait au XVIIIe siècle.

La place Verte porte ce nom depuis la plantation de peupliers d'Italie en 1799. Dans sa configuration actuelle, elle se divise en un parking fort utilisé les jours ouvrables et par un ballodrome où sont organisées les luttes de jeu de balle si prisées par les amateurs de ce sport dans notre région. Cette place était auparavant dénommée "Floc au Sondart", nom qu'on retrouve dans des écrits du XIVe siècle, époque où était organisée annuellement une foire aux chevaux. Cet évènement a disparu au début du XIXe siècle, une foire au bétail lui a succédé à partir de 1827. Sur la place, jusqu'au début des années deux mille, existait une auberge à l'enseigne de la "Fontaine d'Or". Elle était non seulement le lieu de rassemblement des participants aux foires, des spectateurs des luttes de jeu de balle mais ses dépendances servaient également de salle de vente pour les huissiers du Tournaisis. Rénové le bâtiment accueille désormais un rez-de-chaussée commercial qui ne fait plus partie du secteur Horéca (tel-Restaurant-Cafés) et des appartements de standing.

Reliant le quai Dumon à la place Verte, la rue Joseph Hoyois commémore le souvenir de Joseph, Eleuthère Hoyois, écrivain, avocat et homme politique, né à Tournai, le 14 juin 1861 et décédé, en déportation, à Holzminden, le 15 mai 1918. Cette dénomination lui a été donnée après le premier conflit mondial. Auparavant, on l'appelait "rue aux Merles", déformation de "rue aux Meules", nom qui était le sien depuis la démolition du château. On sait qu'à cette époque, l'Escaut était parsemé de nombreux moulins. Y taillait-on des meules ? Bozière nous dit qu'elle fut également appelée "rue du Parlement". Sur la façade d'un immeuble situé à l'angle de la rue Saint-Bruno (qui lui est parallèle) et du quai Dumon, une plaque rappelle qu'en ce lieu se dressait jadis le "Parlement de Tournai" instauré par Louis XIV. Conseil souverain chargé de rendre la justice au nom du roi, il avait été érigé sur un terrain vague, en cet endroit, en 1672 et fut transféré en 1709 tout d'abord à Cambrai et ensuite à Douai.

La rue Saint-Bruno fut jadis le lieu de résidence de familles tournaisiennes aisées qui y firent construire leurs hôtels particuliers, elle doit son nom au refuge que les Chartreux de Chercq y établirent. A l'angle formé par celle-ci et la rue du Curé du Château, dans une de ces nombreuses maisons bourgeoises, se situe le restaurant "Le Château de Cartes".

La rue du Curé du Château qui relie la rue du Château à la place Verte tient son nom du presbytère qui a été construit. Elle s'appelait jadis la "rue de la Fontaine", probablement en référence à la Fontaine d'Or, auberge que nous avons évoquée lors de la présentation de la place Verte. Cette rue possède également de nombreux hôtels particuliers.

Autre rue perpendiculaire au quai Andréï Sakharov et menant à la rue Campin, la rue du Désert nous rappelle que, jadis, celle-ci était située à l'écart de la ville et peu habitée. On la retrouve dans des écrits anciens sous le nom de "royelle (ruelle) des Esponsarts".

La rue de la Planche traverse actuellement la rue du Désert en reliant la rue de l'Arsenal à la rue du Château. Avant la construction des abattoirs communaux en 1835, elle ressemblait à une petite voie située voie entre deux blanchisseries et bordée de haies. Menant aux remparts et à l'extérieur de la ville, son extrémité, le soir, était fermée par une planche pour éviter le passage des fraudeurs qui évitaient l'octroi.

La rue du Limousin, dans le prolongement de la précédente, entre la rue du Château et la rue Saint-Bruno porte ce nom depuis le XVIIIe siècle. Elle le doit à une enseigne qui qui s'y trouvait probablement (estaminet ?).

la rue de l'Arsenal rappelle que l'arsenal se trouvait à prowimité, au bout de l'actuel quai Andréï Sakharov (près du Pont des Trous), au lieu dit le "bout du Zart, quai auparavant dénommé à juste titre, de l'Arsenal. Son nom apparaît dans des écrits du XVIIIe siècle. Elle prenait aussi jadis le nom de "rue des l'Hôpital des Pauvres" en raison de la présence de l'hospice général institué sous le règne de Louis XIV à l'angle de celle-ci et de la rue de la Planche.

 

(sources : "Tournai, Ancien et Moderne", de H.F.J Bozière)

18:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : tournai, rues, louis xiv, henri viii |

22 mai
2011

18:49

Tournai : Quand Julien Lepers teste le savoir des Tournaisiens !

Il y a quelques temps, Julien Lepers, l'animateur-vedette de "Question pour un Champion", l'émission de jeu diffusée chaque jour sur le troisième chaîne française est venu à Tournai. Après une rencontre avec le bourgmestre Christian Massy et le responsable de la gestion Centre-Ville, Jean Michel van de Cauter, le cadre prestigieux de la Halle-aux-Draps a été choisi pour servir de décor au "Grand Quizz" qu'il était venu proposer.

Combien étaient-ils ce vendredi soir à faire la file, dès avant 19h, afin de pouvoir tester leurs connaissances. On savait que 350 personnes s'étaient inscrites au préalable et on vit que d'autres avaient attendu la toute dernière minute pour le faire. On peut donc estimer, sans trop se tromper, que pas loin de 500 personnes avaient rallié le forum tournaisien. Parmi celles-ci, une majorité d'habitants de la cité des cinq clochers mais également de Wallonie picarde, de Belgique et même du Nord de la France. On pouvait y reconnaître Bruno, un Lillois, finaliste du "Grand Quizz de France" diffusé par la chaine française et ancien participant de l'émission "Questions pour un Champion", un couple de Mouscron, vainqueurs du jeu "71" de Jean Michel Zecca, diffusé par RTL-TVI, des mandataires communaux et des candidates à la prochaine élection de Miss Tournai.

Le jeu débuta par une série de 50 questions portant sur la culture générale, la Belgique et la ville de Tournai.

Qui était Rose Marie Albach ? (Romy Schneider) Où est né Marco Polo ? (Venise) Quel chanteur est surnommé l'iguane (Iggy Pop) ? Quelle est le nom de la chanteuse, fille de Ravi Shankar ? Quel est le plus long fleuve d'Europe (la Volga) ? Quel est le plus haut volcan d'Europe ? (l'Etna) Quelle vedette de la chanson a été interprétée par Evelyne Bouix dans un film ? (Edith Piaf) Qui est le compositeur du "Beau Danube bleu" ? (Johann Strauss) Quelle est la capitale du Texas ? (Austin)  Quelle ville d'Europe a été bombardée par les bombes volantes ?(Londres) Qui a composé la Symphonie du Nouveau Monde ? (Dvorak) Quel est le prénom de l'écrivain Colette ? (Sidonie) Quel est le plus grand lac d'Europe occidentale ? (le Léman) Quelle est la capitale du Canada ? (Ottawa) Quel était le prénom de la fille de Victor Hugo ? (Adèle) Quelle est la particularité des chats de l'ile de Man ? (absence de queue) Quel monument a été inauguré à Paris en 1836 pour les cendres de Napoléon  (j'ai vu le tombeau de Napoléon aux Invalides mais... la réponse acceptée fut "l'Arc de Triomphe", il va falloir que je retourne à Paris car même le Larousse semble penser comme moi) ? Quel titre fut délivré par Albert II à Annie Cordy ? (baronne) Dans une chanson de Jacques Brel sur les remparts de quelle ville Madame se promène-t-elle ? (Varsovie) Quelle est la longueur exacte de l'Escaut ? (435 km) Combien de fleuves y-a-t-il en Belgique ? (trois) Où se trouve la maison de Rubens ? (Anvers) Dans quelle ville se rejoignent la Lys et l'Escaut ? (Gand) Quel est le plus grand port fluvial de Belgique ? (Liège) Quel est le peintre belge né à Ostende ? (Ensor) Quel est le créateur de la BD Boule et Bill ? (Roba) Combien y-a-t-il de provinces en Belgique ? (dix) Combien de fois Eddy Merckx a-t-il remporté le Tour de France ? (cinq) En quelle année Julie Taton a-t-elle été couronnée Miss Belgique ? (2003) En quelle année la Belgique a-t-elle remportée le grand Prix Eurovision de la chanson ? (1986) Quel est le vrai nom d'Hergé ? (Georges Rémy) Quelle est la capitale de la Wallonie ? (Namur) Quel est nom de la rivière qui traverse Bruxelles ? (la Senne) Quelle princesse belge est devenue impératrice du Mexique ? (Charlotte) Comment nomme-t-on les brioches jetées du beffroi lors du carnaval de Tournai ? (pichous) Quel est le style du cloître de l'Hôtel de Ville de Tournai ? (gothique) Retrouvez le 4e nom manquant parmi ceux des hurlus du beffroi ? (le cannonier) Quel est le bâtiment en style renaissance érigé sur la Grand'Place de Tournai ? (Halle-aux-Draps) Quel héros a été créé par le tournaisien Henri Vernes ? (Bob Morane) De quel personnage est la statue représentant une petite fille et son chien à Tournai ? (Martine) Quel hameau de Tournai est surnommé "la petite Provence" ? (Allain) Quel roi Franc a fondé la dynastie mérovingienne ? (cette question a été annulée suite à une contestation car pour certains il s'agissait de Mérovée, pour les responsables du questionnaire de Clovis). Une autre question était aussi sujette à contestation : Quel peuple a envahi Tournai au IXe siècle ? Beaucoup ont répondu les Normands (cela est écrit dans les manuels d'histoire et était d'ailleurs déclaré comme tel dans le "Son et Lumières" des années soixante qui se déroulait à la cathédrale), la réponse : "Viking" fut la seule acceptée ! etc...... Bref, ce n'était pas aussi facile que cela n'en avait avait l'air !

Sur les 49 réponses admises, il fallait avoir entre 46 et 35 points pour être parmi les seize finalistes.

La deuxième partie vit émerger Pierre Vanderzippe, habitant Tournai depuis une dizaine d'années, professeur, orginaire de Mouscron qui parvint à devancer, Bruno de Lille, Oriano de Charleroi et Ghislaine Bonaventure, chroniqueuse judiciaire sur la RTBF, venant de la région de Mons.

En résumé, une soirée agréable, un animateur virevoltant et sympathique, une excellente organisation de la part des responsables de la gestion Centre-Ville, un vainqueur tournaisien (sans chauvinisme), une occasion de tester ses connaissances si même... "la culture est ce qui reste quand on a tout oublié" !

20 mai
2011

17:59

Tournai : expressions tournaisiennes (123)

Ov'là qu'on orparle de Léontine !

On est allé passer l'soirée chez Léontine,

Elle nous a parlé de c'qui s'passe asteur in Chine.

"Là-vas, dins les camps, bé, toutes les pastèques, elles pètent

j'l'ai lu dins ein artique qu'i-aveot dins l'gazette.

I pinseot'tent avoir trouévé ein ingrais miraque

mais cha a rindu les paufes pastèques tout patraques.

L'heomme i-creot toudis ête l'maîte de l'nature

On n'fait pos c'qu'on veut, féaut ête ein as de l'comperdure.

M'n'heomme, Léon, d'puis pus d'chinquante ans, i-fait s'gardin 

Pou avoir d' bieaux légueimes, i-n'a que l'purin

I-féaut v'nir ichi, l'jour qu'i-orpique ses porgneons

Bin praliner, ch'est pou li l'seule des façeons

Comme i-laiche toudis toute grante ouverte l'purière

l'voisinache, i-respire alors les beonnes airs

Cha nous print au nez et cha débloque les sinus

J'appele cha parfeumer l' visin à l'fleur d'anus

Je t'l'dis, l'jour qui m'dit ainsin qui va purler

J'prinds véleo et dins l'quartier j'vas pourméner".

Bin seûr on est pas resté su ces chinois'ries,

On a parlé d'cosses et d'eautes et on a bin ri.

Tenez, à propeos de c'dernier anniversaire,

qu'i-aveot eu lieu au mitan de l's'émaine dernière

Léon i-a raqueonté l'blaque qu'i-éteot arrivée :

Insanne, les infants i-s'éteot'tent cotisés

pou offrir à l'mamère l'pus bieau des cadéeaux,

A la mer, ein week-end intier in thalasso.

Léontine, elle deveot perte eine paire de kileos

pou ortrouver l'talle d'avant les rotleots.

Bé, elle ne pinseot jamais à eine cosse parelle

Tout au puque, ein beon parfum ou eine beonne boutelle.

Verdi au soir, i-z'ont pris l'train pou le Touquet

Ave l'rêve secret d'orvenir tout orquinqués.

Léon qui, inter nous, fait l'effet d'eine équette

I-éteot puteôt aller pou minger moules et crevettes,

Léontine, elle, elle veyeot d'jà s'n'allure divine,

elle préféreot bin mieux l'massache à l'cuisine.

Comme elle a dit ch'éteot d'abord les bains boulants

(pou mi cha veut simplemint dire bains bouillonnants),

dins l'pus simpe apparel, jusse, à peine orséquée,

su l'tape de massache, elle s'a bin vite ortrouvée.

Eine toute pétite feimme a qu'minché à l'mambourner,

On peut dire que cha li a fait ein dreôle d'effet,

L'cocheon aux z'hariqueots qu'elle aveot mingé

dins l'pétit restaurant, à côté, pou deîner

au beon souv'nir d' Léontine i-s'a rappelé.

"mo Dieu, Mam'zelle, où seont les commodités ,

J'ai attrapé des coliques, cha n'va pos tarder

Vous sintir ainsin toudis arlocher m'panche

I-m'féaut aller avant que su vo tape j'm'épanche

L'mam'zelle, elle d'aveot d'jà vu des pos banales,

ceulle feos chi, cha alleot rester dins les annales

(vous allez dire que ch'est ein mauvais jeu d'meots

j'sais bin, on fait c'qu'on peut, pos toudis c'qu'on voudreot)

Bé, inter l'tape de massache et l'cabinet,

ch'est eine véritape pétarade qu'i-a éclatée.

Léontine est ortournée tout dreot au vestiaire,

si elle l'areot pu, elle areot mis s'tiête sous tierre.

Léon qui l'attindeot su ein banc à l'sortie,

I-l'a vue arriver l'visache cramoisi.

"Vingt milliards, bé cha t'as foutu d'riches caleurs"

"bé neon, neon, ch'est les z'hariqueots de t'taleur,

te sais l'lieu où j'sus aller m'faire masser

Et bé, asteur, tins, i-sint comme quand t'as purlé !".

(lexique : camps : champs / l'comperdure : la faculté de compréhension / légueimes : légumes / les porgneons : les poireaux / pourméner : promener / d'cosses : de choses / au mitan : au milieu / insanne : ensemble / rotleots : ce terme désigne amicalement les petits enfants / verdi : vendredi / eine équette : une personne maigre, un petit bâton de bois / orséquée : séchée / mambourner : manipuler brutalement, secouer, malmener) / arlocher : secouer / caleurs : chaleurs / t'taleur : tout à l'heure, tantôt).

(S.T mai 2011) 

17:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

19 mai
2011

15:23

Tournai : Culture et Arsenic font bon ménage !

A Tournai, depuis longtemps déjà les relations sont au beau fixe entre la Maison de la Culture et la Compagnie Arsenic. Arsenic est probablement une des plus importantes compagnies théâtrales itinérantes de Belgique, elle renoue avec la tradition ancestrale des acteurs qui se produisaient jadis au centre des villes comme sur les places des plus petits villages, ces baladins, ces artistes forains qui apportaient un peu de joie à des populations bien souvent privées de distraction et qui attendaient leur passage avec impatience. 

Tournai avait déjà accueilli d'autres spectacles de cette compagnie qui attire lors de chaque venue un très nombreux public notamment "Le Dragon" et "Eclats d'Harms", à l'époque sous leur camion-chapiteau érigé sur la place Verte.

Dans son nouveau chapiteau de quatre mâts à la forme volontairement asymétrique, planté sur la plaine des Manoeuvres cette fois, Arsenic a présenté cette semaine, sa nouvelle création : "Le Géant de Kaillass" de Peter Turrini.

Résumer ce spectacle n'est pas facile tant le visuel rivalise avec le livret musical, tant les effets spéciaux sont omniprésents sans prendre le pas sur l'intrigue. Des décors somptueux et des jeux de lumière confondent le réel et l'imaginaire. Le Géant de Kaillass est une fable sur l'apparence et la valeur, une aventure qui ne se regarde pas mais qui se vit.

Ce brave géant a quitté son village de Kaillass et le seul être qui l'aime, sa mère, pour courir le monde à la recherche d'un horizon à sa mesure. Garçon différent par sa haute taille, il a été rejeté par sa communauté parce, pense-t-on, "ces gens-là apportent le malheur et sont à l'origine des maux qui s'abattent sur le village".

Dans son périple effectué sous le vent, les orages, il va visiter Berlin où l'empereur Guillaume le recevra avec l'arrière pensée de créer une race de géants lui permettant de partir à la conquête du monde, il va se retrouver à la cour d'Angleterre où il rencontrera une reine obsédée, elle aussi, de grandeur qui ne rêve que de le mettre dans son lit ou terminer à Paris dans un Cabaret entre orchestre et filles de revues. Déçu de l'accueil qui lui a été réservé, sur la route du retour, il rencontrera la petite troupe foraine composée de monstres de foire et passera une nuit d'amour avec la femme la plus petite du monde, son opposé, elle aussi à la recherche d'un affection qui lui est refusée. Effrayé par cette relation contre nature, il rentrera chez lui, retrouvera sa mère, mais pas le bonheur. Après sa mort, comme c'est souvent le cas, il deviendra le héros du village, l'élément qui attire le tourisme et fait connaître Kaillass.

Durant les trois soirées, le chapiteau a affiché "complet" (il reste quelques places pour la représentation de ce jeudi à 20h), la Compagnie Arsenic n'a pas failli à sa réputation et il est certain qu'un de ses prochains spectacles sera accueilli, avec enthousiasme, par les responsables des programmes de la Maison de la Culture de Tournai. Ce spectacle, à ne pas manquer, sera à Namur du 30 août au 10 septembre prochain.

15:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, maison de la culture, compagnie arsenic |

18 mai
2011

10:45

Tournai : par le texte et la photo !

Le présent blog vous parle de Tournai par le texte, Philippe, lui, vous présente la cité des cinq clochers par la photo. Voici donc deux blogs qui traitent d'un même sujet et se complètent parfaitement.

Actuellement, Philippe évoque les bombardements de Tournai de 1940, les photos (avant, pendant et après) illustrent les articles publiés en février 2010 sur "Visite Virtuelle de Tournai".

L'Optimiste vous invite donc à parcourir ce florilège d'images sur :

http://tournaienrond.skynetblogs.be/

10:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, tournai en rond |