29 avril
2011

18:30

Tournai : expressions tournaisiennes (120)

On conneot Edgard, Irma, Edmeond et Fifinne, j'vas ichi vous parler d'Léon et Léontine. Eusses deux, ch'est l'jour et la nuit, i-n'seont pos parels, Léon est taiseu, Léontine ch'est eine babelle. Léon, on peut dire qu'i-est fin comme eine alleumette, mais Léontine, elle, ch'est eine grande sèque à leunettes. Cha fait chinquante ans qu'Léon n'a qu'eine seule passieon, tous les diminches d'été, bé, i-jeue à couleons. Ch'est pos vraimint l'tasse de thé de s'feimme Léontine, elle est puteôt du genre, nettiache et cuisine.

A chinq heure du matin, elle se liève aux aurores pindant qu'Léon, au bord du lit, i-dort acore. Et quand i-ouvère l'ouel et comminche à s'éveiller, i-a bin lommint que l'maseon est nettiée. Après Léontine, dins s'cuisine, prépare l'deîner et Léon ave s'tchien va pourméner. L'plat, à peine su l'tape, Léontine dit à s'n'heomme que pou minger, i-a toudis été eine leongue preone. Ch'est vrai, pou li, minger, ch'est d'abord savourer, mais pou s'feimme, minger, ch'est avant tout avaler. Bé orwette acore ichi, si ch'n'est pos dammache, ov'là 'cor que j'attinds aprés ti pou l'orlavache. "Quoisque te dis... j'ai bin compris, te n'as pus faim", et aussi vite, elle li ortire l'assiette des mains. "Ichi, on n'gaspille rin, s'n'assiette, on l'finit", elle a à peine dit cha qu'elle a tout inglouti !

Après-deîner, quand l'solel luit et qu'i-fait bieau, Léontine part faire ein tour ave s'véleo. I-féaut dire que ch'est le momint que no Léon préfère, cha li deonne l'impressieon d'ête tout seu su l'tierre. I-va au mitan de l'cour et ravise au léon, là, hureux, i-chiflotte pou app'ler ses couleons. Et quand l'vieux marle tourne la-héaut et cait su l'trappe, Léon, tout douch'mint, ave tindresse, i-l'attappe. On peut alors l'vir mareonner à s'n'orelle, "i-va falloir, mon vieux, aller orvir t'femelle". Mais ch'est toudis ainsin, bin vite, l'rêve i-passe, ov'là d'jà Léontine qu'i-orvient de l'paroisse.

"Quoisque te veux minger, aujord'hui, pou l'souper ? L'temps i-passe et i-est béteôt l'heure d'y penser !". "Bé, dit Léon, j'ai invie d'frites et du gambeon" "Neon, t'aras de sardines, elles sont in promotieon". Léon n'dit pus rin, ch'est ainsin à tous les queops, au début, i-s'fouteot in rache et disputeot, mais ch'éteot Léontine qu'i-aveot toudis l'dernier meot.

Cha va leu faire à l'auteomne chinquante ans d'mariache, ein d'mi sièque fait d'amour et à l'feos d'oraches, mais dins l'quartier, on dit d'eusses que ch'est des brafes gins, que dins toutes les circonstances, i-ont l'coeur su la main. Quand, à l'téléviseon, i-voitent l'misère, pou v'nir in aide, i-ortourneroet'ent ciel et terre. Acore hureux qu'i-a des gins comme Léon et Léontine, dins ein meonde qui va, à l'feos, à l'ruine.

(lexique : sèque à leunettes : grande femme maigre portant des lunettes / couleons : pigeons / nettiache : nettoyage / l'ouel : l'oeil / lommint : longtemps / ein tchien : un chien / pourméner : promener / l'tape : la table / eine leongue preone : un lambin / orwette : regarde / dammache : dommage / l'orlavache : la vaisselle / après-deîner : après-midi / au mitan : au milieu / raviser au léon : regarder au loin / ein marle : un mâle / mareonner : murmurer / orvir : revoir / gambeon : jambon / les queops : les coups / ein sièque : un siècle / à l'feos : parfois)

(S.T. avril 2011)

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28 avril
2011

10:34

Tournai : agenda des spectacles de mai.

Voici un résumé des spectacles, conférences, concerts et expositions proposés à partir de ce week-end jusqu'à la fin du mois de mai. Cette liste peut être complétée !

Vendredi 29 avril, à 20h, concert de la "Musikaine" sous la direction de Raphaël Lahaise.

Samedi 30 avril, dès 19h30, sous le chapiteau de l'Esplanade du Conseil de l'Europe, "Childerock" organisé par le Lion's Club Tournai Chidéric avec "Coldplay by Coverplay", "The Cure by Curiosity" et "Rolling Stones et Tina Turner by Bouldou et les Sticky Fingers".

Samedi 30 avril, site de l'Orient, Coupe d'Europe de triathlon juniors.

Dimanche 1er mai, site de l'Orient, championnat de Belgique de duatlon et de triathlon par équipes.

Mardi 3 mai, à 20h, dans la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, "Coulisses" spectacle de jonglerie, portés acrobatiques, humour, spectacle de cirque par la compagnie Sacékripa formée au Lido de Toulouse.

Mercredi 4 mai, à 16 h, conférence de Mr. Olivier Bogaert, Commissaire à la Computer Crime Unit de la Police Fédérale de Bruxelles et animateur de l'émission "Surfons tranquilles" sur Classic 21, sur le sujet "Les dangers des réseaux sociaux"

Mercredi 4 mai, à 20h, en la Halle-aux-Draps, par les solistes et l'orchestre de la Chapelle musicale de Tournai sous la direction de Philippe Gérard, concert "D'Antonio Vivaldi à Luciano Berio, cinq saisons italiennes".

Le jeudi 5 mai, à 14h30, à la Maison de la Culture, "Breughel, Erasme : même combat", conférence de Raoul Jacobs dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Les jeudi 5 et vendredi 6 mai, à 20h30, dans la salle Lucas de la Maison de la Culture, "Cercles/Fictions" de Joël Pommerat mis en scène par la Tournaisienne Yola Her.

Les vendredi 6 et samedi 7 mai, au Collège notre-Dame, 22 groupes de rock participent à l'annuel "RockauCo".

Le samedi 7 mai, dès 7h30, départ de l'épreuve cyclotouriste "La Grinta/Challenge La Tournay" organisée par le club Union des Audax Tournai, Hall Tournai Expo à Kain.

Le samedi 7 mai, à 16h, Grand'Place, concert par l'Orchestre à Cordes du Conservatoire de Tournai.

Le samedi 7 mai, à 20h, en la Halle-aux-Draps," Concert de gala" de la Royale Harmonie Communale du Corps des Sapeurs Pompiers de Tournai, avec, en première partie, la participation de la Royale Fanfare de Thieulain.

Samedi 7 mai, à 22h, dans le cadre de l'inauguration du quai des Salines rénové, "Tournai, fille de l'Escaut" spectacle mise en scène par Zo et les Facteurs d'Amour

Dimanche 8 mai, durant l'avant-midi, "Grand marché aux puces annuel" au Centre Saint-Paul, cité du Vert Bocage.

Dimanche 8 mai, à 11h, Salle des Concerts du Conservatoire, "Passionnément Tango".

Dimanche 8 mai, "Morel, Sacré-Coeur, 24 Août, Verte-Feuille", promenade-découverte organisée par les Guides de Tournai.

Jeudi 12 mai, Maison de la Culture, "Curieuses histoires de la Science, quand les chercheurs se trompent" par Jean Baudet dans le cade de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 13 mai, à 20h, dans la salle Jean Noté de la Maison de la Culture, "Salvatore Adamo".

Vendredi 13 mai, place Saint-Pierre, dans le cadre de l'Envol des Cités, "concert de Manau".

Samedi 14 mai, à 15h, Grand'Place, concert par l'ensemble vocal La Pastourelle.

Samedi 14 mai, à 20h, salle la Fenêtre, "les Nouvelles de l'Espace".

Samedi 14 mai, à 18h, Centre culturo-sportif d'Ere, "Histoire des Fortifications Tournaisiennes et regard sur la vallée du Rieu de Barges" organisée par les Amis de la Citadelle.

Samedi 14 mai, à 20h, dans le Salon de la Reine de l'Hôtel de Ville, "Concert en hommage à Félicien Doyen", avec la participation du Cercle choral Tornacum, de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et du Conservatoire de Tournai.

Dimanche 15 mai, à 16h, Grand'Place, concert par la Royale Cecilia d'Ere et à 17h par la Royale Fanfare "les Gais Amis" d'Esplechin.

Dimanche 15 mai, à 18h, sous son chapitau dressé sur l'Esplanade du Conseil de l'Europe, "Le Géant de Kaillass", spectacle de la compagnie Arsenic. Deux représentations seront également proposées les mercredi 18 et jeudi 19 à 20h.

Jeudi 19 mai, "Gabrielle Petit, de la réalité au mythe et du mythe à la réalité", conférence par Pierre Ronvaux dans le cadre de l'Université du Temps Disponible.

Vendredi 20 mai, 20h, en la Halle-aux-Draps, "Le Quizz" animé par Julien Lepers.

Vendredi 20 mai, dès 19h, Athénée Bara, "Bara Rock" avec Magic Suncan, Junkie Queen, Accagirl, Chaco Bourneville

Dimanche 22 mai, de 10h à 11h45, "Quartier Saint-Piat, circuit bis", promenade découverte animée par Jacky Legge

Dimanche 22 mai, à 17h, Grand'Place, concert par la Royale Fanfare Sainte-Cécile de Béclers.

A partir du 27 mai, Esplanade du Conseil de l'Europe, "Foire aux attractions", les plus beaux métiers forains.

Samedi 28 mai, à 16h, Grand'Place, concert par l'ensemble de cuivres du Conservatoire de Tournai.

Les samedi 28 et dimanche 29 mai, à Tournai-Expo, élection de Miss Tournai 2011.

Dimanche 29, "La caravane vanne" promenade à bicyclette de Tournai à la frontière française et rencontre avec la caravane venue de Lille.

Dimanche 29 mai, à 16h, Grand'Place, concert par la Royale Harmonie Fanfare de Froidmont et 17h par la Royale Harmonie communale du Corps des Sapeurs-Pompiers de Tournai.

Des expositions sont organisées durant le mois de mai :

du 30 avril au 29 mai, à la Maison de la Culture, "Denis Meyers-typographie",

du 2 au 27 mai, à l'Espace Wallonie, rue de la Wallonie, "Un jardin pour papillons",

du 3 au 28 mai à la Bibliothèque Communale, avenue des Frères Rimbaut, exposition du Mondanéum, "Du papyrus à l'E-book"

Durant tout le mois, au Centre de la Marionnette, rue Saint-Martin, "L'énigme des Marionnettes et sur les traces de Bob Morane".

26 avril
2011

09:30

Tournai : les liens historiques avec la France.

Située à moins de dix kilomètres de la frontière de l'Hexagone, Tournai est probablement la plus française des villes belges.

Tout au long de seize siècles d'histoire transparaissent les liens entre la cité scaldéenne et le pays voisin. Il suffit de jeter un coup d'oeil dans le rétro pour s'en convaincre.

Au Ve siècle, Clovis, né à Tournai en 466, est hissé sur le pavois, en 481, à la mort de Childéric et devient le roi des Francs. Suite à son mariage avec Clotilde et à son baptême à Reims, il s'installe à Lutèce qui devient la nouvelle capitale du royaume Franc avant de s'appeler Paris.

Dans le domaine religieux, notons que diocèse de Tournai est uni à celui de Noyon, cité située au Nord de Paris, jusqu'en 1146.

En 867, Charles le Chauve, roi de France concède au comte de Flandre, Baudouin Bras de Fer, la ville de Tournai et le Tournaisis. Voici peut-être l'origine d'un malentendu pour quelques personnes qui interprètent l'Histoire et veulent faire de Tournai, une ville volée à la Flandre. Pendant la guerre de Cent-Ans, Tournai restera fidèle à la couronne de France.

En 1187, la cité des cinq clochers appartient de nouveau à la couronne de France. le Roi Philippe-Auguste vient reprendre la ville des mains de l'Evêque. C'est lui qui accordera, par charte, le "droit de Commune" aux Tournaisiens.

En 1285, possession française entre Flandre et comté de Hainaut, la ville reçoit le privilège d'être chargée du monnayage royal français. Les frappes royales de Tournai font d'ailleurs partie de la numismatique française. Ses frappes continuèrent sous Philippe le Bon, au XVe siècle, et ce n'est qu'en 1507 que Louis XII les fit définitivement cesser. Entretemps, en 1349, le roi d'Angleterre, Edouard III, aidé par des troupes flamandes, va faire le siège de Tournai mais la ville résiste vaillamment et pour ce fait héroïque recevra même le privilège de former une garde personnelle du souverain français. De 1429, (nous l'avons déjà publiée dans un article précédent), date la lettre de Jeanne d'Arc aux Tournaisiens par laquelle elle les invite au sacre de Charles VII à Reims en les nommant "gentils et loyaux françois de Tournai".

Tournai passera brièvement sous possession anglaise, de 1513 à 1518, période dont la cité scaldéenne a conservé un témoignage, la tour Henri VIII. Tournai revient ensuite à la France et à François Ier jusqu'en 1521, date où elle rattachée à Charles-Quint. Après avoir été cédée par celui-ci à son fils Philippe et aux Pays-Bas, elle redeviendra espagnole de 1581 à 1667.

En 1667, la guerre de dévolution lui fait réintégrer le royaume de France. Sous Louis XIV, Tournai sera modernisée : canalisation de l'Escaut dans la traversée de la ville, construction des maisons en brique et pierre (style tournaisien), édification de la citadelle... Les Tournaisiens vouent une véritable dévotion pour ce Roi qui transforma la ville, il n'est donc pas étonnant de voir défilé son géant, chaque année lors de la Journée des Quatre-Cortèges. Ce rattachement va cesser en 1709 mais de 1794 à 1814, la ville redeviendra française au moment de la Revolution. Hélas, les révolutionnaires se comporteront en véritables barbares, saccageant la ville, condamnant ses bourgeois et religieux à mort ou à la l'emprisonnement, détruisant ses couvents, fermant ses églises, emportant ses oeuvres d'art... Cette dernière appartenance à la France laissera un souvenir amer aux Tournaisiens (voir les articles précédents publiés à ce sujet).

Pour les liens qui unissent Tournai à la France à partir du XXe siècle, je vous invite à relire les articles parus en septembre 2009 sur le présent blog et basés sur une étude du professeur Robert Sevrin.

Le 28 janvier 2008, un évènement n'est pas passé inaperçu au sein de l'Europe. Les villes de Lille, de Tournai et de Kortrijk (Courtrai) ont créé l'Euro-Métropole, un espace transfrontalier de 3.535 km2, composé de 4 arrondissements flamands, de trois arrondissements wallons et d'une communauté urbaine française. Cette euro-région, comprenant 145 communes, englobe outre Lille-métropole, le Sud de la Flandre occidentale et la Wallonie picarde. Le 25 mars 2011, Rudy Demotte, Ministre-Président de la Communauté française de Belgique (et tournaisien d'adoption) a succédé à Martine Aubry, Présidente de Lille-Métropole et maire de la grande cité nordiste.

Gallo-romaine, franque, flamande, espagnole, anglaise, hollandaise et surtout française,Tournai a vécu, au cours de son histoire, de multiples influences mais son blason définit comme suit : "de gueules à la Tour d'argent et au chef cousu de France (d'azur aux trois fleurs de Lys d'or)", montre son indéfectible attachement à la France, sa toute proche voisine.

(sources: "les frappes monétaires à Tournai du XIIIe au XVIIIe siècle", étude de Louis Donat Casterman parue dans le numéro 81 de la revue publiée par l'asbl Pasquier Grenier et recherches personnelles).

09:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, france, euro-métropole |

24 avril
2011

18:35

Tournai : le point sur les chantiers en cours.

Débutons la visite des chantiers par la place de Lille où des travaux ont été entamés au début des vacances de Pâques, le lundi 11 avril.

Cette place a fait l'objet d'une rénovation importante au début des années nonante et a été alors transformée en un vaste espace piétonnier. Le revêtement de celui-ci a été constitué de pavés sciés, la partie lisse étant, bien entendu, placée au-dessus. A l'inauguration, tout le monde avait applaudi cette réalisation du plus bel aspect. On a cependant vite constaté que si c'était esthétique, c'était, malheureusement, peu pratique surtout qu'entre la rue des Bouchers Saint-Jacques et la rue des Carmes, une partie avait été réservée à la circulation et au stationnement des véhicules. C'est une évidence, des pavés sciés en deux ne pénètrent pas aussi profondément dans le sol et le trafic aidant, ils ont commencé à bouger, à se déchausser et même à "jouer les castagnettes" au passage des voitures. Des trous se sont formés, lors de pluies, l'eau s'y est accumulée formant de jolies mares. Depuis quelques temps, pour y remédier, on avait choisi la solution de pose de tarmac à froid qui apportait une touche supplémentaire de misère.

On a donc décidé de refaire la voirie, l'ancien pavage vient d'être enlevé, des pavés traditionnels sont actuellement posés. Une seconde phase est prévue, la jonction de la partie en cours de rénovation avec la rue des Carmes et la rue Blandinoise. Le chantier devrait se terminer dans quelques semaines.

Après avoir quitté la place de Lille, par la rue Dorez, nous rejoignons la rue Perdue. Le travail de construction du parking souterrain de deux étages avance rapidement. Un tiers de la voirie est déjà recouvert.

Dans le quartier cathédral, les travaux se poursuivent mais bien malin l'observateur régulier qui peut y voir une suite logique. On ouvre, on pose des canalisations, on rebouche, on interdit la circulation dans la rue des Fossés  pour y placer des câbles et tuyaux et on la referme provisoirement, on ouvre la rue Dame Odile et la placette du Bas-Quartier pour y répéter les mêmes opérations. On ouvre et on referme tout aussi régulièrement les rues Gallait et de la Cordonnerie et le bas de la rue des Chapeliers laissant aux passants des lieux poussiéreux, en raison de la sécheresse, comme ils furent boueux durant l'hiver. Les responsables du chantier ne peuvent cependant être blâmés car le jour où on pourra obtenir une entente entre tous les services chargés des impétrants (eau, gaz, électricité, égouttage...), on évitera la répétition ce genre de situations ubuesques. Mais la "coordination" est certainement un mot inconnu des chargés de planification de ces services, chacun travaille à son rythme, dans son coin. On a commencé à rénover des façades de la rue de la Cordonnerie et puis on a abandonné. Les premières qui ont été réalisées vont probablement être salies lors des travaux d'enlèvement des dalles de la rue et de la pose de nouvelles. La rue des Puits l'Eau a été totalement dépavée, on creuse pour modifier l'égouttage, on nous dit qu'elle sera terminée pour la fin du mois de mai, au rythme actuel, on est encore plus optimiste... que l'Optimiste !

Le bâtiment du Centre de Tourisme est en travaux depuis seize mois, c'était à peu près le délai de la durée de rénovation qui avait été estimée lors de la présentation du projet. Pour justifier le retard, on nous explique que le chantier a réservé de nombreuses surprises, qu'il a fallu abattre des murs porteurs. De l'ancien Hôtel de la Cathédrale (ou de l'immeuble Dexia comme s'évertuent à l'appeler les responsables !), il ne reste plus que la façade, les vrais Tournaisiens pourront toujours la regarder et imaginer cet immeuble qui avait traversé les décennies, accueilli des touristes, réalisé de grands banquets, servi de Kommandantür durant la dernière guerre et vu le Bourgmestre Louis Casterman en compagnie des soldats alliés saluer la foule lors de la libération de septembre 1944. Pourquoi occulter ainsi l'Histoire de Tournai ?

Le chantier du quai des Salines est terminé, malgré quelques imperfections au niveau des trottoirs et de l'éclairage (trop moderniste et peu en rapport avec ceux des quais déjà rénovés), il s'agit d'une réalisation qui apporte un aspect positif à ce quartier de la ville. L'inauguration est prévue le samedi 7 mai. Le soir, un spectacle concocté par Mr Zo devrait attirer la grande foule.

Deux chantiers qui se déroulent plus ou moins normalement sont ceux de la cathédrale Notre-Dame et de l'église Saint-Jacques.

 

18:35 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chantiers, travaux |

23 avril
2011

09:30

Tournai : expressions tournaisiennes (119)

Vous avez seûrmint ormarqué que le solel i-luit tout là-haut et que pou ein meos d'avril i-fait d'jà bin quéaud. Mercredi, Edmeond i-a profité du bieau temps pou aller vir si ses légueimes i-commincheot'ent à moutrer l'bout de leu tiête. I-a surtout vu que l'tierre éteot sèque et qui falleot arroser.

I-a été querre s'vielle mareonne, i-a mis ses sorlets troués, i-a pris l'arroseo gaune et... i-n'saveot seûrmint pos ce qu'i-f'seot, i-est allé, dins l'cuisine, l'loleo, l'rimplir à ras bord, tout in traversant l'véranda et l'couloir pou aller déhors. Vous adveinez bin qu'in orvenant i-aveot des espitures, des gouttes d'ieau dins tout l'maseon du robinet d'l'évier jusqu'au gazeon.

Comme i-n'a jamais eu beauqueop d'sanche, i-a fallu qu'au même momint Fifinne elle déquindeot d'avoir été printe s'bain. A l'velle de Pâques, ch'éteot vraimint pos dammache, elle aveot, infin, fini s'grand nettiache. A Tournai, on a toudis fait acroire aux infants émerveillés, que les cloques elles parteot'ent à Rome pour querre les oués. Ichi pourtant, l'paufe Edmeond, tout ébeubi, i-s'a fait seonner les cloques comme jamais de s'vie.

"Orwettiez ichi l'eaute asteur, espèce de fouan, pourchéau d'mur, t'as attindu que j'ai jusse fini m'nettiache pou ichi faire ein riche dégueulache. Te vas ichi arrêter d'arroser t'gardin et printe l'loque à t'main, je n'sus pos t'méquenne et acore moinse eine esclaffe, ichi in vlà eine !".

Ch'n'éteot pos les cloquettes qu'on intindeot avant seonner pindant l'messe, ch'éteot Marie Pontoisse et l'gros bourdeon qui vibreot'ent insanne dins les orelles d'Edmeond ! I-n'saveot pus quoi répeonte, l'grand colas, feaut dire qu'i-n'a jamais été vif pou dire eine séquoi. Tout paf, i-a déposé s'n'arroseo, biêtement, su l'meupe du saleon. Les esclamaches ont orpris d'pus belle :

" Bé, espèce d'innochint, continues ainsin, à m'mote que t'as juré de m'faire bisquer. Mais te vas t'in rappeler, Verdi saint pou l'marché aux fleurs, j'irai trinqu'baller tout seu et faire eine pourménate jusqu'à nulle heure, j'acaterai mes géraniums et mes peos d'senteur, des cloquettes avant l'heure, mais... pou ti l'amisse, pos d'pinte au Central ou à l'rue Royale, te resteras tout seu ichi, a-t-on d'jà vu faire eine parelle pourchellerie ?"

Edmeond i-n'a rin dit, i-a baissé s'tiête et i-est parti, comme à s'n'habitude dins l'garache, ch'est là qu'i-attind que passe l'orache.

Eine heure après, Fifinne elle l'a appelé :

"Feaut aller comminder pou diminche l'bedeo, on l'ming'ra ave d'z'hariqueots"

Alors on a vu arriver Edmeond, filant doux comme ein p'tit mouteon. Et dire que lindi, i-deot aller, comme chaque ainnée, faire l'marche au Meont de l'Ternité. Eh bé m' paufe Edmeond, t'as d'jà orchu les queops d'bâteon !

Joyeusses Pâques à tertous, profitez bin du solel mes gins, on dit qu'i-n'f'ra pus aussi bieau l'semaine qui vient !

(lexique : seûrmint : sûrement / solel : soleil / quéaud : chaud / légueimes : légumes / moutrer : montrer / sèque : sèche / eine vielle mareonne : un vieux pantalon / les sorlets : les souliers / l'aroseo : l'arrosoir / gaune : jaune / loleo : simple d'esprit / vous adveinez : vous devinez / des espitures : des éclaboussures / voir de l'sanche : avoir de la chance / dammache : dommage / acroire : croire / les cloques : les cloches / querre les oués : chercher les oeufs / ébeubi : ébahi, étonné / orwettiez : regardez / fouan : taupe, ici personne sale / ein pourchéau d'mur : un cloporte / eine méquenne : une servante / insanne : ensemble / colas : niais / eine séquoi : quelque chose / tout paf : interdit, stupéfait, saisi, surpris / l'meupe : le meuble / les esclamaches : les exclamations / orpris : repris / à m'mote : à mon avis ou je pense que / bisquer : rager / verdi saint : vendredi saint / trinqu'baller : errer sans but, aller au hasard / pourménate : promenade / cloquettes : clochettes, petites cloches, ce mot désigne également le muguet / l'amisse : l'ami / orache : orage / bedeo : jeune mouton, agneau (souvent au menu du repas pascal) / hariqueots : haricots/ lindi : lundi / Meont de l'Ternité : autre nom du Mont Saint Aubert où une "marche à bâton" est organisée chaque année le lundi de Pâques) / queops : coups / tertous : tous).

(S.T. avril 2011)

09:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

21 avril
2011

17:25

Tournai : l'année 1929 sous la loupe (2)

Dans la cité des cinq clochers, l'année 1929 a été marquée par bien d'autres évènements dont ceux qui suivent ont été extraits.

Le 19 mai, on inaugure, enfin, le monument érigé en hommage à Jean Noté, mort en 1922, il s'agit du buste sculpté par l'artiste local Fortuné Deroubaix. Par un temps splendide, une foule imposante participe à un cortège qui démarre à 11h de la place Crombez emmené par l'harmonie des Volontaires-Pompiers et des pompiers en uniforme, il emmène vers la porte de Lille, les membres de la famille, les personnalités politiques, les membres du comité du Monument, des professeurs et élèves du conservatoire de Musique, la chorale Nadaud de Roubaix et de nombreux tournaisiens mélomanes ou simples curieux. Discours, cantate et banquet marqueront cette journée à la gloire du célèbre baryton de l'Opéra de Paris et grand philanthrope.

Les 25 et 26 mai, Tournai accueille le "State Circus" avec le Capitaine Buffalo Bill. Venant de Chicago où il est basé, ce spectacle itinérant de réputation mondiale va proposer deux représentations racontant la vie du far-west, reconstituant avec plus de 200 figurants, cavaliers indiens et cow-boys, une attaque de diligence sous un chapiteau de 10.000 places doté de quatre mâts et de trois pistes, des artistes des cinq continents offrent 50 numéros ou tableaux. 

Après le succès remporté en 1928, le cirque français Palisse revient à Tournai pour la durée de la foire de septembre.

Comme nous l'avons vu dans l'introduction consacrée à l'actualité nationale, le dimanche 26 mai se déroulent les élections législatives. A Tournai, la liste catholique remporte 5.903 suffrages, les socialistes en dénombrent 5.004, les libéraux comptent 3.639 voix et les communistes 347.

Le dimanche 7 avril, Tournai rend un vibrant hommage au maréchal Foch, décédé quelques jours plus tôt. On avait prévu un office en l'église Saint-Quentin mais on s'est vite rendu compte que celle-ci ne pourrait accueillir la foule attendue. C'est donc dans une cathédrale Notre-Dame comble que se déroule l'office en présence de nombreuses personnalités politiques et militaires française et belges.

En novembre, on fête le centenaire de la création de l'arrondissment de Tournai-Ath et le journal "Le Courrier de l'Escaut" fête aussi cent années d'existence.

En cette année 1929, les responsables de la Ville interpellent une nouvelle fois le Ministre des Sciences et des Arts afin de récupérer deux tableaux qui lui appartiennent. En 1794, après l'annexion de Tournai décrétée par la Convention, les révolutionnaires français avaient emporté à Paris, les tableaux de Rubens et de Jordaens. Ceux-ci avaient été restitués, parmi d'autres, à la Belgique par les autorités françaises en 1815. Le gouvernement hollandais de l'époque avait décidé de les rendre aux lieux où ils avaient été saisis. Comme les églises de Saint-Martin et des Capucins auquelles elles appartenaient avaient été rasées entre temps, ces oeuvres restèrent à Bruxelles. La Ville réclama à de nombreuses reprises leur restitution notamment en 1815, 1816, 1822 et 1843. En 1924, l'Echevin des Beaux Arts, de la Bienfaisance et des réquisition, Octave Leduc avait, à nouveau, établi le droit de la Ville sur ces oeuvres. En 1928, le Conseil provincial avait appuyé la demande des autorités tournaisiennes. L'excuse de la disparition des lieux où ils avaient été enlevés présentée par le Ministre Vauthier ne tenait pas puisque Malines et Anvers avaient récupéré leurs oeuvres "volées" par les troupes d'occupation françaises alors que leurs couvents n'existaient plus !

Suite à l'intervention auprès de la Commission des Sciences et des Arts de la Chambre en janvier 1929, Mr Carton, député de Tournai, reçut le renfort de Camille Huysmans et du député Cocq, originaire de la cité des cinq clochers. On ne sait pour quelles raisons si ce n'est qu'elles était probablement téléguidées par Vauthier, on vit le journal "L'Etoile belge" plaider à la fin du mois de janvier pour la non-restitution des tableaux à Tournai arguant que "c'est à Anvers et à Bruxelles qu'on pouvait étudier et comparer les grands maîtres de la peinture que sont Rubens et Jordaens et que la ville de Tournai pouvait déjà s'estimer heureuse de posséder un musée des Beaux-Arts (inauguré en 1928) abritant des Manet ou de beaux Fantin Latour". Un autre organe de presse, "La Nation Belge" surenchérit en déclarant "qu'une propriété se prescrit après trente années et que les Tournaisiens avaient attendu quatre fois trente ans pour faire valoir leurs droits". Ce qui est faux comme nous l'avons déjà vu !

Au mois de mai de cette année 1929, la Chambre, presque à l'unanimité, donne raison à la Ville de Tournai mais Mr Vauthier reste fermement opposé à la restitution ("il ne faut pas que la Province dévalise l'Olympe" dira-t-il sur un ton méprisant) soutenu par le Comte Carton de Wiart, Président de la Commission de l'Art Ancien des Musées Royaux qui souhaitait, lui aussi, conserver "ses" oeuvres. Par son attitude intransigeante, le Ministre Vauthier, libéral, va devenir la "bête noire" de la presse régionale catholique. Ses prises de position parfois maladroites seront systématiquement rapportées et il sera qualifié d'homme sectaire, on le déclare même anti-clérical notoire. Après Octave Leduc et Albert Asou, c'est Paul Emile Janson qui va s'occuper du dossier à partir du mois de septembre 1929. Mr Vauthier semble en avoir fait une "affaire personnelle", contre l'avis de tous, il veut conserver ses tableaux. Il va jusqu'à déclarer que les nombreuses prises de position qui lui ont été rapportées demandent une enquête approfondie qui prendra du temps ! L'année se termine et Tournai attend toujours de revoir les deux tableaux accrochés aux cimaises du Musée des Beaux-Arts ou, dit-on également, dans la cathédrale Notre-Dame. L'année 1930 nous apportera-t-elle la solution  ? Au cours de celle-ci, on fêtera le centenaire de la Belgique.

20 avril
2011

10:30

Tournai : L'année 1929 sous la loupe

Durant cette année 1929, l'actualité internationale sera dominée par le plan Young. Celui-ci a été signé le 7 juin et prévoir le rééchelonnement et un abaissement du montant global des réparations allemandes. Un mois plus tard, le chef du parti-national allemand Hugenberg s'allie à Adolf Hitler pour exiger un référendum contre ce plan. Au mois de septembre, conformément au plan Young, on assiste au début du retrait des troupes françaises qui occupent la Rhéanie depuis 1918. le 29 octobre restera à jamais pour le monde de la finance, le "jeudi noir" de Wall Street, c'est le krach boursier.

A-t-on encore conscience de ce qui s'est passé dans notre pays le 16 mars 1929 ? Ce jour-là, à deux mois des élections législatives, les députés Jules Destrée (wallon de Charleroi) et Camille Huysmans(flamand d'Anvers) signent, au nom du Parti Ouvrier Belge, "le Compromis des Belges". Celui-ci dénonce la propagande tendant à la constitution de deux Etats séparés, reconnaît l'unicité linguistique de la Flandre et de la Wallonie. Il signifie que le bilinguisme généralisé ne doit pas être imposé et prévoit également "une situation spéciale pour Bruxelles " sans en dire malheureusement plus. Aux élections législatives de mai 1929, on assiste à un succès relatif des "frontistes", parti nationaliste qui porte les revendications flamandes, celui-ci enlève 11 sièges, pour 28 aux libéraux, 70 aux socialistes et 76 aux catholiques. Le 10 décembre, le gouvernement Jaspar dépose un projet qui devrait résoudre le problème de la flamandisation de l'université de Gand où des cours en français seraient néanmoins maintenus. Se rappelle-t-on que le 10 janvier de l'année 1929 débute une aventure qui durera des décennies et qui aura, par la suite, un rapport avec le ville de Tournai ? Dans le Petit Vingtième, supplément du quotidien catholique, le Vingtième Siècle, paraît pour la première fois le récit d'un voyage au pays des Soviets d'un petit reporter, il s'appelle Tintin, son père Hergé, (Georges Rémy) deviendra le premier maître de la bande dessinée belge.

L'actualité locale de l'année 1929 sera riche à l'ombre des tours de Notre-Dame.

Le journal du 1er janvier publie les mouvements de la population tournaisienne enregistrés au cours de l'année écoulée. Au 31.12.1928, il y avait 35.972 habitants dans la cité des cinq clochers : 16.691 de sexe masculin et 19.281 de sexe féminin. Durant les douze mois de 1928, 1.634 personnes ont été inscrites sur les registres de la population, 220 viennent d'un pays étranger et 1.655 habitants ont quitté la ville pour un autre lieu de résidence, dont 139 vers l'étranger. Il y a eu 551 naissances et 685 décès. 277 couples sont passés devant l'échevin de l'Etat Civil pour leur mariage et 20 couples se sont officiellement séparés.

Vue par le petit bout de la lorgnette, une étude faite par un journaliste, en janvier, pourrait prêter à sourire. Il a étudié la cause des accidents de la circulation de plus en plus nombreux. Par semaine, on dénombre environ 5 à 6 accidents qualifiés de graves car ils provoquent des blessés et parfois même la mort d'une personne. Devant une telle hécatombe (!), il est temps de réagir. On apprend sans surprise que la vitesse en est responsable. Le journaliste nous dit que "les conducteurs foncent au volant de leur voiture et se contentent de "corner" pour avertir les autres usagers à l'approche d'un virage ou d'un carrefour. Si les piétons perçoivent aisément l'avertissement et peuvent se ranger, les autres automobilistes, à cause du bruit provenant du moteur de leur propre véhicule, n'entendent pas le signal sonore" . Il stipule également que les piétons ont souvent une attitude téméraire en traversant, à la toute dernière seconde, à l'approche d'un véhicule.

L'accident grave survenu le dimanche 17 septembre, à la chaussé de Douai, au lieu-dit la Brasserie semble être là pour le prouver. Une course cycliste est organisée, la foule est massée par endroits pour voir passer les coureurs. Soudain, un enfant échappe à la vigilance de ses parents et traverse la chaussée au moment où survient un véhicule piloté par un Tournaisien. Pour éviter de le renverser, le chauffeur donne un violent coup de volant et, perdant le contrôle, monte sur le trottoir et renverse une quinzaine de spectateurs. A l'arrivée des secours, parmi les nombreuses victimes gisants sur le sol, huit personnes seront transportées à l'Hôpital Civil pour des fractures des jambes, de la colonne vertébrale, des plaies à la tête ou aux autres contusions plus ou moins graves. Sept ou huit personnes seront soignées sur place, beaucoup de témoins seront traumatisés. Concernant encore les automobilistes, ceux-ci sont avertis, en décembre, qu'à partir du 1er janvier 1930, de nouvelles plaques d'immatriculation seront mises en circulation, les chiffres seront désormais "rouges sur fond blanc" et non plus "blancs sur fond bleu". La plaque coûte 15 francs à payer, au préalable, au receveur des contributions. L'Automobile Club se charge d'aller les chercher à Mons moyennant la preuve de paiement et une somme de 4,50 francs.

L'année débute dans le froid, celui-ci s'intensifie à la mi-février et à partir du 15, on peut patiner sur l'étang du jardin de la Reine moyennant une participation de 2 francs au profit de l'Oeuvre des Invalides de la guerre. La température nocturne frôle les moins 15 degrés et la neige se met à tomber en abondance. Un mois plus tard, la tendance s'inverse, la température diurne affiche 15° et une longue période de sécheresse s'installe. Au fil des mois, de nombreux appels seront lancés à la population en vue d'économiser l'eau. L'alimentation de la rive droite de l'Escaut sera même interrompue entre 21 h et 5 h du matin durant le mois de juillet et les habitants sont encouragés à détecter toutes les pertes d'eau dans leur installation et de faire procéder aux réparations. Il faudra attendre les derniers mois de l'année et l'ouverture d'un puits supplémentaire au bas du boulevard Léopold pour que la situation se normalise peu à peu. Les responsables communaux sont accusés de manque de prévoyance par l'opposition qui voit là une occasion de se faire entendre. Les derniers jours de 1929 seront marqués par de violentes tempêtes provoquant leurs dégâts habituels aux arbres, vitres, toitures et cheminées. 

(sources : le Courrier de l'Escaut, éditions de l'année 1929)


10:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, accidents, circulation |

19 avril
2011

07:21

Tournai : Au revoir, René !

Dans le grand jardin de la Vie, tu avais su, René, cultiver deux fleurs rares, deux espèces qui pourraient un jour être en voie de disparition si nous ne prenons garde : les fleurs d'Amour et d'Amitié.

La fleur d'Amour, aux tons si tendres, aux pétales si délicats, tu l'avais spécialement réservée pour les tiens, tes parents, ton épouse Josiane, tes enfants et petits-enfants. Elle garnissait la table des réunions de famille, égayait les anniversaires et éclairait les jours parfois plus sombres de l'existence.

La fleur d'Amitié, tu l'avais semée à profusion pour tes amis de la Fondation Follereau, de la léproserie de Fontilles, du Cabaret Wallon, des Chevaliers de la Tour et bien d'autres encore qui nous resteront à jamais inconnus. Cette fleur, symbole de ta sensibilité, tu nous l'offrais à chacune des réunions auquelles tu participais.

Tu cultivais aussi, tout spécialement pour la Royale Compagnie dont tu étais un membre fidèle, la fleur bleue, celle qu'aimait aussi Louis Urbain, ton prédécesseur. Bien souvent, sur le ponton de la Halle-aux-Draps, en ces soirées uniquement réservées à la gente masculine, sur des airs de Trenet, l'artiste que tu appréciais, on a vu perler furtivement, au sein de ton auditoire, une larme rapidement essuyée lors de tes interprétations empruntes de poésie, de sincérité et de pudeur.

Amoureux de la vie, tu nous avais gratifiés d'un essai, d'un petit roman, une sorte de testament qui reprenait l'essentiel de ta philosophie. Tel Cyrano, pour lequel tu avais une grande admiration, tu y avais mené un combat contre l'hypocrisie, l'égoïsme, les lèpres de l'existence, tu l'avais tout simplement intitulé : "La Joie d'Aimer".

Ce lundi 18 avril 2011, au début de soirée, le jardinier a rangé définitivement ses outils, laissant aux autres le soin de continuer la récolte, de semer encore et encore des fleurs d'Amour et d'Amité, René Godet, Ami de Tournai, a rejoint, tout là-bas, le grand jardin dont il a souvent rêvé.

(voir également les rubriques "expressions tournaisiennes" n°104 du 8.01.2011 et n°60 du 6.03.2010)

07:21 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rené godet |

18 avril
2011

19:45

Tournai : la manufacture royale de tapis.

D'abord orientée vers les tapisseries murales, une spécialité qui aurait débuté à Tournai à la fin du XIIIè siècle et qui connaîtra ses heures de gloire à partir du XVe siècle lorsqu'en 1449, Philippe le Bon commande à Robert Dary et Jean de l'Ortie des Reumeaulx, des tapisseries de l'histoire de Gédéon afin d'orner la salle des chapitres de l'Ordre de la toison d'Or, la manufacture va se transformer à la fin du XVIIIe siècle avec la fabrication de tapis de pied.

Piat, François, Joseph Lefebvre né à Tournai en 1722, s'initie tout d'abord à l'orfèvrerie, activité familiale. Il s'orientera vers le tissage suite à son mariage, en 1755, avec Marie Delescolle dont le père, Nicolas, est à la tête d'une fabrique à la rue de la Tête d'Or. En 1756, Nicolas, son gendre Piat et le banquier Jean Caters s'associent pour développer le tissage en y ajoutant une teinturerie et un moulin à retordre les fils. A la mort de son beau-père qui survint en 1779, Piat Lefebvre décide de rénover une ancienne industrie locale de tapisseries et débute la fabrication des tapis de pied. A la fin du XVIIIe siècle, 800 personnes travaillent dans ses ateliers sur 54 métiers à tisser. Lucien Jardez nous dit que la "Manufacture Impériale et Royale de Tapis" de Tournai, située entre la rue des Clairisses et le rue de la Tête d'Or (une maquette la représentant est visible au Musée de Folklore) compta jusqu'à 5.000 ouvriers. Piat Lefebvre avait, en effet, racheté l'ancien couvent des Clairisses lors de la suppression des ordres religieux par Joseph II en 1786 et l'avait fait rénover par l'architecte Bruno Renard.  

Parmi sa clientèle La Manufacture compta Napoléon qui acheta de nombreux tapis pour les palais impériaux. Le "tapis de la Légion d'Honneur ou des seize cohortes" était destiné au cabinet de travail de l'Empereur à Fontainebleau, il lui fut livré en 1812, trois ans avant la défaite de Waterloo. Il y a une vingtaine d'années ce tapis garnissait toujours un salon de l'Hôtel de la Légion d'Honneur à Paris, sans doute y-est-il toujours ! En 1811, la Manufacture Royale de Tapis de Tournai avait déjà fourni le tapis de 50 m2 destiné à la chambre du Roi de Rome, aux Tuileries. Des tapis furent également achetés par le gouvernement hollandais pour le Palais de Bruxelles, au début du XIXe siècle.

Piat Lefebvre devint également propriétaire du monastère des Chartreux de Mont Saint-André à Chercq et en fit sa résidence de campagne. Il décéda à Tournai en 1801, âgé 79 ans.

En 1828, la Manufacture de la société Piat Lefebvre et fils fut cédée à Schumaker, Overman et Cie qui continua la production à Tournai avant de la transmettre en 1867, à la Société Générale. Elle fut fermée, par celle-ci, en 1887. Elle avait porté bien loin le renom du savoir-faire tournaisien puisque sa production se retrouva jusqu'aux Etats-Unis.

(sources : "Visite de la Maison tournaisienne", étude du musée de Folklore de Lucien Jardez parue en 1984 et "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre, ouvrage paru en 1990).

 

19:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, manufacture, tapis, tapisseries, piat lefebvre, napoléon |

17 avril
2011

18:30

Tournai : les noms des rues, témoins de l'Histoire (5)

Penchons nous, aujourd'hui, sur les noms de rues qui rappellent le souvenir d'hommes politiques tournaisiens.

A proximité de la gare, la place Crombez est le point de départ de grandes avenues que sont les rues Royale, Childéric et de l'Athénée. Des artères percées à la fin du XIXe siècle, dans le style parisien d'Haussman, lors de la construction de la nouvelle gare de Tournai. Plusieurs personnalités connues dans la cité des cinq clochers répondent à ce patronyme.

Henry, né en 1893 à Lombarsijde, est issu d'une famille de la bourgeoisie tournaisienne. Aviateur, il participa au Tour de Belgique aérien en 1911 et se classa troisième de la coupe Gordon-Bennet en 1913. Il décéda à Bruxelles le 28 janvier 1960.

Benjamin, né en 1832, fut un disciple du ministre libéral de l'époque, Jules Bara et l'un des protecteurs des écoles laïques et professionnelles. Mécène, il destina une partie de ses revenus à des oeuvres de charité, aux colonies de vacances et à la diffusion de la Libre pensée. Il intervint financièrement pour l'agrandissement de la scène du Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles. On retiendra aussi de lui qu'il fut à l'origine de la station balnéaire de Nieuport-Bains, citée qui devint le lieu de rendez-vous des musiciens, chanteurs, chorégraphes... Gounod y fit même sa résidence préférée.

Toutefois, le nom de place Crombez donné à l'espace devant la gare où se tient le samedi matin les marchés aux légumes, fruits et volailles commémore le souvenir de ce député libéral de Tournai, né en 1818, Vice-Président de la Chambre de 1865 à 1870, Bourgmestre de la cité de 1872 à 1883. A cette époque, il mena à bien le travail de démantèlement de la Citadelle et la fin de chantier de la construction de la nouvelle gare, érigée sur des plans de d'Henri Beyaert, architecte courtraisien. Il fit don de l'hôtel familial situé à la rue de l'Hôpital Notre-Dame pour y établir le corps des volontaires-pompiers. Il est mort dans sa résidence de Vendeuvres en Bresne (F) le 7 mars 1895.

Sur la place Crombez s'élève la statue de l'homme politique libéral Jules Bara. Le boulevard Bara se trouve à l'opposé de la gare, entre la rue saint-Martin et la place de Lille, face à la plaine des Manoeuvres aujourd'hui appelée Esplanade du Conseil de l'Europe. Jules Bara est né à Tournai, le 23 août 1838. Fils de médecin et petit-fils d'un chirurgien par le côté maternel, après des études secondaires à l'Athénée Royal de Tournai, il sera docteur en droit, docteur en sciences politiques et administratives de l'Université libre de Bruxelles. Ministre de la Justice de 1865 à 1870 et de 1878 à 1884, il sera fait Ministre d'Etat pour les services rendus. Il décèdera en 1900 à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles). Près de la gare du Midi (Bruxelles-Sud), dans la commune d'Anderlecht, on trouve une autre rue Bara rappelant son souvenir.

Pas très loin de la place Crombez se situe la place Victor Carbonnelle, auparavant dénommée place de l'Entrepôt. Ce tournaisien, né en 1840, se lancera dans la politique. Bien qu'issu d'une famille catholique à la tête d'une brasserie-distillerie située le long de l'Escaut à Kain, c'est sur la liste libérale qu'il sera élu conseiller communal en 1868, à l'âge de 28 ans. Echevin de l'Instruction Publique de 1870 à 1875 et de l'Etat Civil à partir de 1878, il deviendra Bourgmestre de la ville en 1883 et assumera le mandat jusqu'en 1907. Succédant à Louis Crombez, il terminera les travaux de la gare et la création du nouveau quartier qui lui fait face. On lui doit également, entre-autres, les deux bassins avec jets d'eau, construits à ses frais, pour une somme de 12.500 francs-or, dans le parc communal face à la place Reine Astrid. A la place Victor Carbonnelle, plus précisément au numéro 5, on découvre une maison de style "Art-Nouveau", construite au début d'un XXe siècle par un bijoutier allemand du nom de Valentin Hoër et rénovée totalement, il y a une quinzaine d'années. Cette réalisation a été primée par l'asbl Pasquier Grenier en 2001.

Enfin dans le même quartier, on découvre  la rue Henri Paris qui relie la place Crombez au square sur lequel s'élève la Tour Henri VIII (ou "grosse tour" comme on la définit à Tournai). Ce Tournaisien est né le 1er avril 1793 et mort en 1885. Elève des écoles militaires de la Flèche et de Saint Germain, il obtint son brevet de sous-lieutenant au 7e Hussards mais abandonna la vie militaire au lendemain de la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815. Revenu dans sa ville natale, il y devint lieutenant-adjudant de la garde bourgeoise. On le retrouve à la tête des volontaires tournaisiens qui apportèrent leur concours à l'indépendance de la Belgique en septembre 1830. Sa mère étant établie au château du Biez, en 1831, il devint bourgmestre de Pecq, important village situé à 10 kilomètres à peine de la cité des cinq clochers, il le restera jusqu'en 1866. A Tournai, on lui doit la création de l'école d'arboriculture. En plus d'une rue à son nom, l'administration communale a donné son nom à une école primaire de l'enseignement communal située à la rue du Sondart.

(sources : "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefevre, ouvrage paru en 1990).

 

18:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, crombez, carbonnelle, bara, paris |