28 févr.
2011

11:17

Tournai : L'Afrique rêvée au Musée des Beaux Arts

Depuis le 4 octobre 2010, le musée des Beaux-Arts de Tournai (photo 18 de la colonne de gauche) a mis sur pied une exposition de très grande qualité qui mérite d'être parcourue par les amateurs du genre. "L'Afrique rêvée" ou les images d'un continent à l'âge d'or de la colonisation, entre 1920 et 1940, est accessible jusqu'au 28 mars prochain.

De tout temps, le continent africain a exercé une fascination non seulement sur ceux qui ont eu l'occasion de s'y rendre mais aussi auprès de ceux qui ont visité les nombreuses expositions coloniales et internationales qui se succédèrent à partir de 1930.

Peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs n'ont pas échappé à cet engouement. Les récits des explorateurs et les films qui traitaient du sujet ont entretenu ce goût de l'exotisme pour un continent ayant conservé une grand part de mystère par ses terres vierges, ses espaces inexplorés, ses habitants qui n'avaient pas encore connu les "bienfaits" (!) de la civilisation. L'Afrique d'alors représentait le dépaysement total, c'était même pour certains le contact avec une vie telle qu'elle devait être au début de notre histoire.

Les organisateurs ont rassemblé des oeuvres telles celles de Pierre de Vaucleroy, issues de collections privées mais appartenant aussi à des musées belges ou européeens. Les "africanistes" sont repésentés par Paul Gauguin, Pablo Picasso, Constant Permeke, Félicien Rops, Frans Frank, Eugène Delacroix, Fernand Allard l'Olivier, Djilatendo artiste noir originaire du Kasaï, Alexandre Iacovleff, Fernand Lantoine, Casimir Zagourski, Henry Lacoste, Marc Allégret, Arthur Dupagne, Auguste Mambour... Les oeuvres proviennent notamment du Musée d'Orsay, du Musée des Estampes et Dessins de Liège, du Von der Heydt Museum de Wuppertal, de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, du Musée des années 30 de Boulogne Billancourt, des Archives de l'Architecture Moderne à Bruxelles, du Musée des Beaux-Arts de Gand et de celui de Tournai.

Outre les peintures, sculptures, études, dessins, tapisserie ou aquarelles, on peut également découvrir un véhicule à chenilles Citroën ayant participé à la Croisière noire de 1924-1925, des statuettes, des colliers en dents, perles blanches et bleues et même un trône Batouala. Pour prendre un temps de repos, une vidéo projetée dans une petite salle.

La visite permet de faire connaissance avec une partie des richesses du musée tournaisien, les oeuvres monumentales du peintre romantique local Louis Gallait, de "La pointe du cap Martin" de Claude Monet, du tableau "Chez le père Latuille" de Manet ou encore "La grève du bas butin à Honfleur" de Georges Seurat, des oeuvres de James Ensor : "Marais" et "Nature morte au canard", de Van Strijdonck, de Constantin Meunier...

Passionnés d'Art, un détour par Tournai doit absolument être envisagé avant le 28 mars prochain. L'exposition n'est pas accessible le mardi et le dimanche matin, il y a possibilité de visite guidée par réservation préalable au Centre du tourisme.

En marge de cette exposition, "Les Amis du Musée des Beaux-Arts" proposent une conférence consacrée à "Henry Lacoste" par Eric Hennaut, ce mardi 1er mars à 19h au Musée de la Tapisserie, place Reine Astrid.

11:17 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, art, afrique, musée des beaux-arts, exposition |

26 févr.
2011

17:00

Tournai : un florilège de spectacles en mars !

Que vous soyez amateurs de théâtre ou d'humour, fans de chanteurs ou mélomanes, passionnés de conférences ou visiteurs de salons et d'expositions, amoureux de notre patois ou encore buveurs de bière, vous aurez l'embarras du choix, sans quitter Tournai, au cours des quatre semaines à venir. Si vous êtes tout cela à la fois, alors il sera nécessaire de faire un choix !

Ces samedi 26 à 20h et dimanche 27 février à 17h, la salle La Fenêtre accueille "Par l'émoi d'amour" par la Cie "Elle et Lui", un spectacle poétique rempli d'humour, de fraîcheur, d'optimisme et de joie de vivre tandis que dans le même créneau horaire le Conservatoire présente "Angels in America", la découverte de New-York des années Reagan par des personnages aux aspirations diamétralement opposées à la recherche du rêve américain.

Du 2 au 7 mars, dans toute le ville, la "Piste aux Espoirs", le festival international de cirque amateur qui a fait l'objet d'une présentation précédente sur le blog.

Le jeudi 3 mars, l'Eglise Saint-Jacques sera le cadre du concert organisé par la Chapelle Musicale de Tournai sous la direction de Philippe Gérard, "Concert Soliste internationale" par Tamsin Waley-Cohen, violoniste, 1er prix "Bach Compétition".

Le 11 mars à 20h, la Maison de la Culture accueille Serge Lama.

Du 11 au 14 mars, au hall Tournai Expo : 7e Salon "Déco et Jardins".

Le samedi 12 mars à 20h, en la Maison de la Culture, "Un soir à Vienne avec Johann Strauss" par la Royale Philarmonie de Saint-Symphorien et la Compagnie Ballet Arte-Mixto. Les bénéfices seront versés à Cap48. 

Les 11 et 13, 19 et 20 mars, en la salle Saint-Lazare : "le Bistreot patoisant Tournaisien".

Le 13 mars à Kain, exposition de matériel et de miniatures avec la participation de Vincent Devaddere dont vous pouvez admirer les remarquables collections sur le sité www.vincent-et-ses-grues.skyrock.com.

Du 14 au 16 mars, à la Maison de la Culture : création de la pièce, "Institut Benjamenta" de Robert Walser dans une mise en scène de Nicolas Luçon.

Le 15 mars à 20h, à la Maison de la Culture, conférence de Thomas d'Ansembourg intitulée : "Qui fuis-je , Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l'intériorité citoyenne".

Le 15 mars également, à 20h, en la salle des concerts du Conservatoire de Tournai, la cantatrice italienne Anna Maria Castelli chante Ferré, "Fleurs d'amour et d'anarchie".

Le jeudi 17 mars à 20h, en la Maison de la Culture, "Mon Brillantissime Divorce" de et avec Michèle Laroque.

Les vendredi 18 et samedi 19 mars, à 20h, au Conservatoire, spectacle : "Et la bobinette cherra" par l'atelier de Marie-Christine Degraeve.

Les 19, 25 et 26 mars, "Petit Cabaret" pour la gente masculine à la salle de l'étage de la Halle-aux-Draps par la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien.

Le samedi 19 mars, de 11 à 19h30, au Hall des Sports, "Concours international de marching perscussion Band et d'ensembles de percussion" avec des groupes Américains, Anglais, Français, Hollandais, Suédois et Belges. A 20h30, en la Halle-aux-Draps, "Concert de gala" avec le Groupe de percussion de Tournai, la classe de danse du Conservatoire et l'ensemble de percussion de Denton de l'University of North-Texas sous la direction de Mark Ford. Au Centre de la Marionnette de la Communauté française, rue Saint-Martin, représentation du "Pays sans Anniversaire", un spectacle pour enfants à partir de 6 ans.

Les 19 et 20 mars, en la Halle-aux-Draps, "1er Festival brassicole de Tournai", dégustation de près de 100 bières et rencontre avec les brasseurs.

Le dimanche 20 mars, à 11h, au Conservatoire : "quatuor de musique baroque : Viva Fiamma".

Le mercredi 23 mars à 20h, en la Maison de la Culture, récital du chanteur Arno, en première partie, Daniel Hélin. Durant l'après-midi, la Halle-aux-Draps accueillera "Le Festival des Gosses" organisé par les Amis de Tournai.

Le samedi 26 mars à 14h et 16h15, les plus jeunes retrouveront, à la Maison de la Culture, "Fred et Samson Show". A 20h, au Conservatoire, "concert du 30e anniversaire de l'Orchestre à cordes" dirigés par Christiane Diricq, présentation de marie-Chrsitine Degraeve.

Le dimanche 27 mars à 18h, en la Maison de la Culture, "Mauvaise, ce qu'on ne vous a pas dit sur les sorcières d'Oz", spectacle musical par la troupe Fantasia. Sous le chapiteau de la Plaine des Manoeuvres, "concert de la Musikaine" en faveur d'Haïti.

Le mardi 29 mars à 20h, en la Maison de la Culture, création de "Hêtre", texte et mise en scène de la jeune auteur tournaisienne Céline Delbecq.

le 31 mars, à la Maison de la Culture, cycle de conférences "Exploration du Monde" : La route Inca.

Jusqu'au 28 mars, il est encore temps de rendre une visite aux Musée des Beaux-Arts où se tient l'exposition "L'Afrique rêvée", digne des plus grands musées européens. Au moment de l'âge d'or de la colonisation, le regard de grands artistes, peintres, photographes, sculpteurs, architectes occidentaux sur l'Afrique entre 1920 et la seconde guerre mondiale. Un évènement à ne pas manquer !

Devant une tel florilège d'évènements culturels et possédant un riche patrimoine historique, on comprend toujours trés mal que la ville de Tournai ne fut pas désignée, il y a quelques années, capitale culturelle de Wallonie, titre pour lequel elle avait bien des arguments à faire valoir, bien plus que d'autres cités !

(S.T. février 2011)

25 févr.
2011

10:30

Tournai : expressions tournaisiennes (111)

Une demande d'un lecteur m'a amené à relire l'ouvrage de Walter Ravez consacré au "Folklore de Tournai et du Tournaisis". Le chapitre XII fait référence aux "locutions, dictons et proverbes". J'en ai repris certaines bien typiques de notre patois en le remettant dans leur contexte.

Comme nous l'avons vu dans le texte patois précédent, la boue se dit indifférement "bédoule" ou "berdoule". Lorsque dans une conversation, une personne patauge et ne parvient plus à suivre le fil de son idée, on dira : "Cha, ch'est berdouilleux" ou encore "quoi c'qui berdoule ?".

Il arrive parfois que certains locataires n'honorent pas les termes du bail et ne paient pas le loyer. Le propriétaire va alors les menacer de "les faire déhutter" (déménager). Devant une telle mise en demeure, il arrivera qu'ils fassent "Saint Jean par nuit", c'est-à-dire qu'ils déménagent à la cloche de bois. Ces pauvres gens sont confrontés à pas mal de problème : "A l'école, l'garcheon i-fait queuette", hélas oui, leur garçon brosse les cours. Il est à l'âge ingrat et "i-préfère queurir el cotreon", avoir des aventures galantes, "queurir les files" comme on dit aussi. En rentrant à la maison, jadis, car maintenant les lois l'interdisent, "i-areot pu attraper ein cachireon de s'mopère" ou "eine marniouffe" ou encore "eine giroflée à cheonq fuèlles", terme qui n'est plus guère utilisé. Un coup laisse parfois des traces, on parle alors d'un "boursieau" ou d'une "poque" (une enflure, une bosse, une écchymose). Mais l'enfant peut avoir de nombreux défauts : "i-a l'toupet du diape", il est audacieux, "ch'est ein malin fussieau", il est rusé, "i-fournaque dins tout", c'est un curieux, on ajoutera même parfois comme "ein jeone de gatte" (un jeune de chèvre).

Notre jeune homme peut être aussi "eine fichelle", un intrigant, il peut aussi "garchéner ses liards", être gaspilleur. "I-églenne (glisse) du côté qui veut caire" signifie : c'est un homme habile qui, au moment opportun prendra le côté du plus fort. Il est peut-être têtu :"i-a l'tiête dure comme l'pierre Brunéo" (la pierre Brunehaut est un menhir situé à Hollain). Si il est étoudi, on dira : "i-va comme eine masinque" (mésange). Si il est bavard, on dit "i-a eine lanque d'agache" (pie). Si la pauvreté des autres l'indiffère, si la charité n'est pas un mot qu'il connaît, si il se montre pingre, on dira de lui que "ch'est ein tchien dins eine casaque". Egoïste, on dira de lui : "i-prind l'bouilleon et i laiche l'équeume" (écume), il se réserve la meilleure partie. Si l'homme aime éblouir le monde : "i-fait catieau belle moute" (apparence). Méchant : "i-a l'âme pus noirte que l'coeur de l'quéménée", littéralement, il a l'âme plus noire que le coeur de la cheminée. Si la personne est peu intelligente et ne comprend pas rapidement ce qu'on lui dit, on dira : "i-est dur de comperdure". On dira d'un enfant chétif, malingre : " ch'est eine écalette" (crécelle) ou bien encore : "ch'est eine équette ", (petite latte de bois)... Un adolescent grand et mince sera qualifié "d'anwille" (anguille), mais si il est un nonchalant, de "grand dépindeu d'andoules" (grand dépendeur d'andouilles, expression parfois encore utilisée dans le sud de la France nous dit Lucien Jardez).

Je connais quelqu'un qui m'aurait dit "tais't' ein queop, j'comminche à avoir eine grosse tiête ave tout ce que t'raqueontes". Alors je préfère vous dire : "A l'sémaine qui vint, mes gins et passez ein beon diminche".

(S.T. féverrier 2011)

10:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

23 févr.
2011

18:30

Tournai : l'année 1925 sous la loupe.

Au niveau international, 1925 voit la création en Allemagne, le 1er mai, par Adolf Hitler, des Schutz Staffen (SS), en France, la mort du chansonnier et poète Aristide Bruant, le 11 février et celle du compositeur Erik Saty le 1er juillet à Paris. Les Français découvrent une danseuse et chanteuse appelée Joséphine Baker qui se produit pour la première fois, le 3 octobre, dans la "Revue Nègre".  Le Tour de France est remporté, pour la seconde année consécutive, par le coureur italien Ottavio Bottechia tandis que le pilote, italien lui aussi, Antonio Ascari trouve la mort sur le circuit de Montlhéry. 

Comme nous l'avions vu en 1924, le roi Albert avait demandé à Georges Theunis de poursuivre sa tâche jusqu'aux élections de 1925. Celles-ci ont lieu le 5 avril et voient la victoire du parti socialiste, ils obtiennent 78 sièges (+10) comme le parti catholique (-2), les libéraux n'ont que 23 sièges (-10) et les communistes font leur entrée à la chambre avec 2 sièges. La crise ministérielle va durer 73 jours, c'est, disait-on alors, la plus longue crise connue par la Belgique pour former un gouvernementLe 17 juin, une coalition socialiste-catholique dirigée par Prosper Poullet et Emile Vandervelde va présider à la destinée du pays. Dans un autre domaine, on note que la circulation automobile est en constante augmentation, il y a de plus en plus de véhicules particuliers, d'autobus et de camions. Il y a lieu de légiférer pour assurer la sécurité des divers usagers et c'est ainsi que les automobiles devront désormais être équipées de phares et que les conducteurs devront détenir un certificat d'aptitude physique à la conduite.

J'ai vainement cherché au travers du journal des informations dignes de ce nom qui auraient marqué l'année 1925 à Tournai. La principale est l'inauguration du monument en hommage aux soldats territoriaux de la Vendée venus défendre Tournai durant la guerre et qui furent tous massacrés par les soldats allemands au cours de féroces combats, au corps à corps, dans le quartier du faubourg Morel. Le 21 juin, en présence du général Amade, de généraux français, de conseillers généraux de la Vendée, de nombreuses personnalités civiles et militaires, le tertre est inauguré. Les familles de ces soldats ont fait le long déplacement et ont été invitées à loger chez l'habitant, elles seront reçues au salon du roi de l'Hôtel de Ville. Le maréchal Joffre avait été dans l'obligation de décliner l'invitation en raison d'une angine. Le 24 août, une messe du souvenir en l'église du Sacré-Coeur rassembla des représentants français et belges, les Poilus de France et les Anciens Combattants belges et une grande foule de Tournaisiens. Dans le choeur, un catafalque recouvert du drapeau français et orné des armoiries des cités vendéennes, Les Sables d'Olonnes, Fontenay le Comte et La Roche sur Yon, rappelait ces soldats tombés pour la défense de la cité des cinq clochers.

Relevons la venue, le 24 février, de Théodore Botrel dans la salle du Collège Notre-Dame, il chante le folklore breton avec "la Paimpolaise", "le Biniou", "le Voeu à Saint-Yves"... Le compte-rendu de ce récital est à l'image du style des journalistes de l'époque, pompeux, dithyrambique, suranné : "dans la bouche du barde breton, la romance, la véritable romance, répare la réputation que lui avait faite toute une légion de chansonniers vulgaires. Elle élève les coeurs, elle conte simplement une chose éternellement vraie et éternellement comprise par ceux qui gardent une saine mentalité" (sic).

Que dire alors de la relation de deux orages violents qui s'abattirent sur la ville durant l'été. Le premier, le 17 mai est raconté de la façon suivante : "Déjà à 4h1/2 de l'après-midi, quelques coups de tonnerre s'étaient fait entendre, mais on espérait alors que l'orage allait "glisser" sur la ville. A 8h1/2, une copieuse averse survint et vers 11h (du soir), les éclairs zébraient le ciel pour ainsi dire sans discontinuer, suivis d'effrayants et sinistres roulements ! Cette perturbation atmosphérique se prolongea jusque minuit, semant dans maintes habitations une véritable terreur. A Froyennes, la foudre avait incendié une ferme" (sic). Le second orage du 5 juillet fut narré de la façon suivante : "une indicible terreur a été provoquée dans pas mal de demeures, cette nuit, par un orage d'une rare violence... des trombes d'eau mêlées de grêlons fouettaient sinistrement les vitres, nombre de rez-de chaussée ont été envahis par de véritables flots dévalant des cours obligeant les ménagères à racler l'eau (sic). Deux visions d'apocalypse !

Même l'annonce du décès de la mère du bourgmestre Wibaut est emprunte d'un style mélodramatique : "L'estimé bourgmestre de Tournai, Mr Wibaut, vient d'être bien douloureusement atteint dans ses affections les plus chères par la mort inopinée de sa vénérable mère...".

Le 27 octobre, la ville accueille un des plus grands cirques itinérants de l'époque, celui des frères Amar qui se déplace par train et fait halte à Tournai après un triomphe à Bruxelles. Ajouter à ces informations quelques meurtres ayant la jalousie pour cause, quelques accidents de la circulation, de nombreux accidents du travail (dont celui d'une femme de chambre d'un hôtel de la gare qui, secouant un tapis, est passée par la fenêtre, a traversé la verrière et a atterri sur les chaises et tables de la terrasse, se relevant avec une seule égratignure au nez), l'arrestation d'un escroc qui démarchait les personnes âgées au nom de la Banque Nationale et la découverte du corps d'un chasseur disparu en novembre 1924 dans un bois à la limite de Barry et vous aurez cerné l'actualité de l'année 1925 à Tournai.

Pendant ce temps-là dans les bals populaires, on danse... le Charleston.

18:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, vendée, vendéens, monument |

22 févr.
2011

18:30

Tournai : la Piste aux espoirs 2011.

Dans quelques jours, Tournai va, à nouveau, accueillir le monde merveilleux des artistes de cirque dans le cadre de la 21e Piste aux Espoirs. Un univers magique qui, de tous temps, à ravi petits et grands, qui défie les lois de l'équilibre, qui repousse toujours plus loin les exploits des jongleurs, équilibristes, funambules ou trapézistes.

Du mercredi 2 au lundi 7 mars, les arts circassiens envahiront les salles, les places et les rues de la ville. Sous son chapiteau à la Plaine des Manoeuvres, le cirque Aïtal présentera,  les 2, 4 et 6 mars, "La piste là", un spectacle qui revisite l'un des essentiels du cirque : le porté acrobatique. La Maison de la Culture présentera, les 3 et 4 mars, "Le grand C", dix-huit interprètes dans une pièce aérienne, les 4 et 5 mars, "Circle", spectacle d'étudiants de la FEDEC, des jeunes issus de l'Ecole nationale de Cirque de Montréal, de l'Université des Arts de Turku en Finlande, de la University of dance and Circus de Stockholm, du Circus Space de Londres et de l'ESAC à Bruxelles. Au programme du centre culturel tournaisien, notons également, le 5 mars, "Sibling" par la Sweatchop Cie et le 6 mars, "Ha,Ha,Ha", le spectacle du duo de clowns tournaisien OkidoK.

Evènement sur la Grand'Place, le vendredi 4 mars, avec une traversée de 230m sur un fil réalisée par Olivier Zimmerman accompagné par la Fanfunambule, un ensemble musical spécialement créé pour l'occasion par le tournaisien Eloi Baudimont. Le 5 mars, le forum tournaisien servira de décor à "Come Back", un spectacle monté par trois gymnastes et une clown acrobate dirigés par le célèbre clown Léandre Ribera et le 6 mars à "Moulin Cabot", un spectacle à cheval entre les arts du cirque et ceux de la rue. 

La salle "La Fenêtre", à la rue des Campeaux présentera, les 5 et 6 mars, la rencontre d'amateurs organisée en collaboration avec "Mômes Circus", école de cirque de Tournai.

La place Verte accueillera, les 5 et 6 mars, "Da/Fort" (qui signifie Là/Absent), de la "Cie Circ'ombelico". Un vieux camion, deux caravanes et un tout petit chapiteau, un spectacle où se mêlent ironie, performances circassiennes et génie visuel avec la poésie d'un film muet burlesque.

Au Centre de la Marionnette, à la rue Saint-Martin, les spectateurs pourront applaudir, les 5 et 6 mars, "Rhizikon" un spectacle de la trapéziste Chloé Moglia, issue du Centre National des Arts du Cirque.

Pour la première fois, la Piste aux Espoirs tournaisienne se décentralisera par un spectacle, le 4 mars, au Prato de Lille : "Mi otro Yo" (mon autre moi) de la compagnie Doble Mandoble créée en 1996 par des frères jumeaux qui ont obtenus la mention "humour" à la Piste aux Espoirs de 2005. Dans le même lieu, "Je ne suis pas un numéro" du clown et bouffon, Ludor Citrik, est présenté le 7 mars.

Du 4 mars au 4 avril, les cimaises de la Maison de la Culture accueilleront l'exposition des oeuvres photographiques de Christelle Vanwolleghem, Denis Grégoire et Gordon War.

Encore dix fois dormir avant que la magie du cirque n'emporte les Tournaisiens et les visiteurs dans un des week-ends les plus chargés en spectacles. 

21 févr.
2011

10:34

Tournai : Christian Chuffart, trompettiste de talent, defenseur de l'Art musical.

C'est au sein du quartier Sainte-Marguerite que Christian Chuffart voit le jour le 1er mars 1948. Il est le premier enfant de Léonard Chuffart (1917-1974) et de Madeleine (1922-2007). Le couple aura trois garçons. Le père est membre de la police communale, il décèdera malheureusement victime d'un accident de la circulation, durant son service.

Le jeune Christian va féquenter l'école communale de la Porte de Lille. A cette époque, il était habituel qu'un garçon plus âgé prennent en charge des plus jeunes pour les guider sur le chemin de l'école, c'est ainsi que l'Optimiste put compter sur lui chaque matin et chaque soir. Avec le recul, on peut dire qu'il dirigeait déjà un petit groupe !

Très jeune, Christian Chuffart fut attiré par la musique et c'est tout naturellement au Conservatorie de Tournai, alors situé à deux pas de chez lui, à la rue Saint-Martin, qu'il débuta sa formation musicale et instrumentale. En 1966, à l'âge de 18 ans, il est lauréat du concours national "Pro Civitate" organisé par le Crédit Communal de Belgique. Deux ans plus tard, il termine ses études au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Il va désormais enseigner la trompette au conservatoire de sa ville natale et à l'Académie de Musique de Mouscron.

Trois ans passent, en 1971, il réussit le sélectif concours d'entrée dans l'un des ensembles musicaux les plus prestigieux du royaume, le "Grand Orchestre d'Harmonie de la Musique Royale des Guides" qui est à la Belgique ce que l'ensemble de la Garde Républicaine est à la France. Au sein de cet orchestre, il est nommé en 1976, première trompette-solo.  

Membre incontesté, il va enregistrer plus de 40 disques "long playing" et CD et les tournées l'emmèneront en Allemagne, en Angleterre, au Canada, en Espagne, en France,en Hongrie, au Luxembourg, en Thaïlande,enTurquie, au Zaïre....

Parallèlement, il enseigne également la trompette aux stages musicaux de Roisin, dans la botte du Hainaut et à Saint-Cast en France.

Christian Chuffart a été membre de l'ensemble "Polyphonies" dirigé par le claveciniste Charles Koenig et du "Quintette de Saxhorns et de Cuivres Clairs de Belgique" avec lequel il collabora durant seize années.

En 1979, le Foyer Culturel de Kain, où il réside, souhaite créer un ensemble musical et lui en confie la direction. "L'Ensemble Musical Kainois" sera reconnu pour sa qualité d'interprétation et, à ce titre, régulièrement invité pour des prestations en France, en Hollande, en Allemagne et en Angleterre. En 1996, l'ensemble fusionne avec un orchestre-école pour donner naissance à la "Musikaine" sous la baguette de Christian Chuffart durant douze années. Lors du concert de Sainte-Cécile de novembre 2008, il passe le relais à Raphaël Lahaise mais reste à la sous-direction musicale. 

Le 12 février 2011, les Tournaisiens ont pu encore se rendre compte de son talent dans "Music for fun" dont il fut le soliste de l'ensemble orchestral de Hem dirigé par Patrick Salmon.  

Désormais premier soliste honoraire du Grand Orchestre d'Harmonie de la Musique Royale des Guides, professeur honoraire du Conservatoire de Tournai où il enseigna la trompette et du Conservatoire Royal de musique de Mons où il fut titulaire du cours de Lecture musicale et de transposition, il est administrateur dans plusieurs institutions culturelle reconnues où il défend la pratique de l'Art musical amateur, une passion qui ne l'a jamais quitté et qu'il a transmise à son fils Josquin, professeur de trombonne et membre du quatuor de trombonnes "Anémos".

19 févr.
2011

10:30

Tournai : expressions tournaisiennes (110)

Pou aller à l'aisse au marché du saim'di, j'sus bin obligé d'aller parquer m'n'auteo pos leon du CHWAPI (centre hospitalier), ch'est l'seul indroit in ville où te peux acore trouver eine plache et où te peux rester pindant quatre heures sans dommache. In traversant l'parc communal, in faisant bin attintieon de n'pos marcher dins l'berdoule et in m'méfiant des arsoules rétindus su les bancs, j'sus, bin  intindu, tombé su Edgard et Irma de l'rue Vauban. Elle marcheot d'ein beon pas pa d'vant et li i-suiveot, tout bell'mint, ave ses deux cabas et s'n'air de tchien battu.

"Et alors, fieu, te vas tout à l'douche, ch'est quand même pos les chinq kileos d'pennetières et les deux chint grammes de salade de blé qui t'ortardent ainsin" qu'elle li-a dit Irma. 

"Cha ch'est corvée, l'marché ! L'Grand'Plache elle est interdite à l'circulatieon, i-a des barrières au bieffreo, l'plache Reine Astrid elle est rimplie d'auteos et si ch'est pou aller mette m'carette au Palais d'Justice, j'préfère l'laicher dins m'garage. Tous les jours j'veos des gins qui essai'tent d'démucher eine plache pou statieonner" qui m'a dit Edgard qui n'a toudis pos digérer l'nouvieau plan dit d'mobilité que Mossieu l'échevin Leclercq i-nous a concocté.

"Ahais, l'mobilité pou les piéteons, j'vas user mes sorlets à toudis traverser l'mitan de l'cité"

On a cangé d'conversatieon car j'sinteos cha allait acore tourner au vinaigre.

"J'vas ichi t'in raceonter eine beonne" qui m'a dit Edgard. "Te sais que m'feimme et mi on aime bin d'aller à l' Maiseon de la Culture et i-aveot justemint eine belle pièche, i-a ein ou deux meos inviron. Nous eautes, on est toudis à l'heure, surtout quand ch'est dins l'salle Lucas. On éteot rintré, on s'aveot installé, l'noir i-s'a fait dins l'salle quand ein heomme et s'feimme i-seont arrivés. J'ai tout d'suite orconnu l'grand Valère Ducagoinsse, ein maiguerleot, ein déflinqué comme li, i-d'a pos deux à Tournai. I-aveot s'jupeon qui met tous les jours pou aller ouvrer (i-est briqu'teu pos leon d'Courtrai) et eine mareonne à taques qui d'veot seûr'mint ténir tout seu. Adèle, elle aveot mis ses pus bieaux atours : eine fourrure à faire caire morte Brigitte Bardot, eine jupe findue su l'côté et on pouveot l'suife à l'naque car elle aveot, pou seûr, mis tout l'boutelle d'odeur. Quand elle est in société, elle oblie qu'elle est née dins eine courée pos leon d'l'Esquéaut, elle met s'linque de diminche et elle fait des preones pou parler et ch'est ainsi que dans l'silence de l'salle on l'a intindu dire : "Où me mets-je ?". Valère, veyant que l'pièche elle commicheot i-li a répeondu : "Assis-te là et saques t'bouque, te n'veos pos que ch'est qu'minché". L'salle elle est partie d'ein grand éclat d'rire et l'comédien français qui vn'eot d'faire s'n'intrée in scène, i-a du s'dire que ch'éteot ein beon public à Tournai, qui l'metteot tout d'suite à l'aisse, qui n'aveot acore rin dit que les gins i-éteo'tent d'jà tout bénaisses".

lexique : plache : place / l'berdoule : la boue / arsoules : arsouilles, canailles / rétindus : étendus, allongés / tchien : chien / fieu : expression picarde signifiant fils, garçon / aller tout à l'douche : marcher doucement, sans se presser / ortarder : retarder / bieffreo : beffroi / m'carette : ma voiture / laicher : laisser / démucher : découvrir, dénicher / les sorlets: les souliers / acore : encore / eine pièche : une pièce / meos : mois / orconnu : reconnu / ein maiguerleot : un maigre, un malingre / ein déflinqué : un grand maigre / l'jupeon : le veston / ouvrer : travailler / ein briqu'teu : un ouvier de briqueterie / eine mareonne à taques : un pantalon rempli de taches / seûr'mint : sûrement / caire : tomber / l'suife à l'naque : la suivre à... l'odeur ou au parfum / oblier : oublier / l'Esquéaut : l'Escaut, le fleuve qui traverse Tournai / l'linque : la langue / faire des preones pou parler : faire des manières pour parler, parler de façon peu naturelle / veyant : voyant / commincher : commencer / Assis-te là : assieds toi là / saques t'bouque : fermes ta bouche, disons qu'on dit aussi eaute cosse (chose) mais ch'est grossier / qu'mincher : commencer / aisse : aise / bénaisse : content, heureux.

(S.T. féverrier 2011)

10:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

18 févr.
2011

09:14

Tournai : christiane Diricq, violoncelliste tournaisienne.

De temps à autres, l'Optimiste continue à brosser les portraits de ces différents talents tournaisiens. Il faut dire qu'avec des Jean Noté, Pierre Lamontagne, Félicien Doyen, le Cercle Choral Tornacum, la chorale "A travers Chants" dirigée par le baryton et directeur du Conservatoire, Michel Jakobiec, et bien d'autres encore, le chant tournaisien a acquis depuis bien longtemps ses lettres de noblesse.

La musique n'est pas en reste : Edouard Waucampt, Arthur et Germain Prévost, André Dumortier, David Cohen, Marie Hallinckx, Sophie Hallinckx, Romain Dhainaut, Simon Diricq, la chapelle Musicale dirigée par Philippe Gérard, André Waignien, Philippe Desmet, Christian Chuffart, Raphaël Lahaise, Eloi Baudimont ou encore Giovani Dumortier et une quantité d'autres portent ou ont porté bien au-delà de nos frontières la réputation musicale de la cité des cinq clochers.

Aux cimaises virtuelles du blog "Visite Virtuelle de Tournai", je souhaite accrocher ce jour le portrait d'une violoncelliste de talent, Christiane Diricq.

Elève de Félicien Doyen et E. Baert, elle a suivi les cours du conservatoire de sa ville et a obtenu les Premiers Prix de Violoncelle, d'Harmonie écrite et de Musique de Chambre avec distinction, ainsi que les diplômes supérieurs de Violoncelle et de Musique de Chambre avec grande distinction au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Elle est devenue professeur au conservatoire de sa ville où elle est titulaire des cours de violoncelle, de musique de chambre instrumentale et de l'ensemble instrumental (à cordes). Christiane Diricq a aussi travaillé sous la férule de Radu Aldulescu et de Mirel Iancovici à Maastricht, d'Arto Noras en Suisse et de Boris Pergamenschicov à Luxembourg. Depuis sa création en 1981, elle dirige l'Orchestre à Cordes du Conservatoire de Tournai composé d'une quarantaine d'élèves, un ensemble qui a donné de nombreux concerts dans la région et notamment au profit de l'ASBL Michaël, le 9 décembre 2006, en l'église Saint-Paul. L'ensemble fêtera d'ailleurs son 30e anniversaire à l'occasion d'un concert en mars prochain. 

Christiane Diricq est membre du "Live Music Now". Ce projet est la concrétisation d'un rêve du maître Yéhudi Ménuhin qui l'a créé en compagnie de Ian Stoutzker. Il a pour idéal d'apporter la joie et l'inspiration de la musique en direct à ceux qui ont un accès limité à faire de la musique classique et d'aider à développer la carrière de jeunes musiciens talentueux. Christiane Diricq a donné de nombreux concerts avec la pianiste japonaise Megumi Umene, lauréate du Concours Reine Elisabeth 1983.

Elle a occupé pendant de nombreuses années le pupitre de 1er violoncelliste dans l'orchestre de la "Chapelle Musicale de Tournai" sous la direction de Philippe Gérard et a enregistré un disque avec le "Trio Vidas" et un CD avec l'Orchestre à Cordes en collaboration avec les Jeunesses Musicales du Hainaut Occidental. Les concerts l'ont amenée dans de nombreuses ville de Wallonie, à Aulne, Londres, Ramsgate, Troyes...

En compagnie de Gérard Caucheteux et de Caroline Gosset, elle fut à la base du concert-spectacle intitulé "Tour du monde en danse et en percussions" qui connut un tel succès en décembre 2008 à la Maison de la Culture qu'une reprise fut organisée en avril 2009 faisant à nouveau salle comble.

Après sa prestation du dimanche 30 janvier avec le quatuor à clavier en la Salle des Concerts, le 8 mai prochain, dans la même salle, on pourra à nouveau l'applaudir en quintette avec Mélanie Tournay (accordéon), Wakako Kusumi (violon), Pierre Boigelot (contrebasse) et Martine Léonard (piano) dans un programme intitulé : "Passionnément Tango". Une occasion de découvrir ou de redécouvrir cette musicienne tournaisienne dont la modestie n'a d'égale que le talent !

(S.T. février 2011)

16 févr.
2011

18:10

Tournai : l'année 1924 sous la loupe.

Une fois encore, les années se suivent et se ressemblent. Tant au niveau national qu'au niveau local, l'histoire semble se répéter, douze mois qui s'écoulent, copies presque conformes de ceux qui les ont précédés.

Commençons cependant par l'actualité internationale, au niveau politique la gauche fournit quantité d'informations : le 21 janvier Lénine meurt à Gorki, le 11 mai, en France, le Cartel des gauches remporte les élections législatives, le 10 juin, Giacomo Matteotti, secrétaire général du parti socialiste italien est enlevé et assassiné, en décembre, en Russie, Staline appelle à l'Edification du socialisme dans un seul pays. La rubrique nécrologique fait apparaître les décès de Thomas Woodrow Wilson (homme politique américain), de Franz Kafka (écrivain tchèque), de Joseph Conrad (écrivain britannique d'origine polonaise), d'Anatole France (écrivain français), de Gabriel Fauré (compositeur français) et de Giacomo Puccini (compositeur italien).

Notons quand même un petit coup de tonnerre qui n'étonnera finalement pas le lecteur qui vit au XXIe siècle et qui est depuis bien longtemps habitué à ce scénario belgo-belge répétitif : le 27 février 1924, les députés flamands emmenés par Frans Van Cauwelaert sont rejoints par les socialistes qui reprochent au gouvernement de réduire les indemnités de chômage et d'annihiler les effets de la loi des huit heures, cette majorité "contre nature" refuse d'entériner une convention  commerciale conclue avec le voisin français en 1923. Georges Theunis se rend chez le roi Albert pour lui annoncer la chute du gouvernement. Albert I va demander au Premier Ministre sortant de pousuivre sa mission jusqu'à la date normale des élections, douze mois plus tard. Le 28 février intervient le vote d'une loi qui existe toujours aujourd'hui : l'impôt sur le revenu ! Le 10 décembre, le gouvernement catholique-libéral de Theunis rend obligatoire les pensions de vieillesse, un cheval de bataille des socialistes depuis la fin de la guerre. C'est la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite qui sera chargée de recueillir les cotisations versées par les travailleurs, les employeurs et l'Etat.

A Tournai, ce sont des problèmes bien plus futiles qui s'étalent quotidiennement dans le journal. On apprend ainsi que la nuit du 31 décembre 1923 au 1er janvier 1924, un verglas généralisé rend impossible la circulation dans les rues pavées de Tournai. La coutume du réveillon de la Saint-Sylvestre n'étant pas encore entrée dans les moeurs, les victimes sont des travailleurs de la nuit : un policier qui se luxe un pouce durant sa ronde, un gardien de prison qui se fracture le poignet au chemin de l'Escalette, un veilleur de nuit qui se brise l'épaule au centre-ville.

L'évolution des moeurs va faire scandale et occuper plusieurs articles dans la presse. L'exploitant de la "salle des Brasseurs" (connu par la suite sous le nom de ciné Scala) souhaite projeter un film interdit par la censure en France. "La Garçonne" y a été jugé outrageant à l'égard des femmes et des jeunes filles de l'hexagone. Ce film tiré d'un roman à scandale banalise la prostitution, la présentant comme normale, logique et courante chez le femme française. La contestation enfle, c'est tout d'abord le propriétaire du bâtiment, la brasserie Bourgois, qui se désolidarise de ce projet en raison du déshonneur qui va, inévitablement, rejaillir sur son immeuble. Le tenancier du cinéma invite quelques membres du conseil communal à assister à une séance d'essai, ceux-ci sont rapidement écoeurés et quittent la séance. Par exploit d'huissier, l'administration communale déclare ne pas couvrir la projection d'une telle abomination. Le Comité des Femmes Françaises du Tournaisis réclame l'interdiction de la projection, l'A.C.J.B. également. Face à toutes ces réactions de désapprobation, l'exploitant s'incline finalement et le film est déprogrammé. Pour clôre ce long débat qui a occupé les rubriques locales durant de très nombreux jours, le journaliste du Courrier de l'Escaut (journal alors inféodé au Parti Catholique) déclare avec un certain lyrisme : "laissons tomber un voile méprisant sur une oeuvre misérable dont il n'aurait jamais dû être fait mention dans les pages dnotre journal" (sic).

On n'a pourtant pas fini de parler de cette dégradation des moeurs puisque quelques semaines plus tard, dans le courant du mois d'avril, des individus profitent lâchement de la nuit pour coller sur les murs de la ville une affiche à caractère pornographique. Notre journaliste remonte au créneau et déclare que ce relâchement des moeurs provient surtout du laxisme de l'autorité qui ne fait rien contre cette "ignoble pourriture" dans laquelle notre société sombre peu à peu. Il n'y a pas à dire, la fin de l'hiver a été chaude cette année là.

C'est à la même période, le 24 mars plus précisément, que Mgr Rasneur prend possession du siège épiscopal de Tournai. La cérémonie a lieu devant une foule énorme qui envahit la cathédrale et ses abords. Mrg Micara, le nonce apostolique, le cardinal Mercier, de nombreux évêques belges, français et même celui du Luxembourg sont présents au sacre ainsi que tous les élus régionaux du parti catholique (députés, sénateurs, conseillers communaux...) .

Le 18 mai, un cortège composé de pas moins de 49 groupements locaux allant des anciens combattants aux invalides de guerre en passant par le Cabaret Wallon, les enfants des écoles, les cercles " Les Tournaisiens sont là" de Bruxelles et de Lille, les Amitiés Françaises, les Poilus de France, le groupe folklorique des Pêcheurs Napolitains, le cercle des coiffeurs (!)... se rend à la terrasse Saint Brice pour l'inauguration du monument en hommage à Gabrielle Petit. Une foule nombreuse assiste aussi à cet évènement. Il faut dire que les distractions de l'époque se résument à la promenade du dimanche avec papa, maman, beau-père et belle-mère, à l'assistance à des concerts donnés au Parc communal ou à la Salle des Concerts, à des pièces de théâtre, à des expositions, à des banquets de sociétés (surtout pour la gente masculine), à la kermesse de septembre et à la venue de cirques. Les cirques Caroli en avril et De Jonghe, durant la foire de septembre, feront ainsi succès lors leur passage à Tournai et le "Choeur National Ukrainien" en costume traditionnel de cette région de Russie ravira les mélomanes le samedi 12 janvier au point de devoir donner un concert supplémentaire le 27.

L'année 1924 verra les Tournaisiens s'inquiéter du prix du pain. Celui-ci passera, par augmentations successives, de 1,20 franc au début du mois de janvier à 1,65 franc le 13 octobre, en raison du prix de la farine qui ne cesse de monter sur les marchés internationaux.

(sources : le Courrier de l'Escaut - recherches S.T.)

18:10 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, gabrielle petit, salle des brasseurs |

15 févr.
2011

09:00

Tournai : on creuse, on rebouche !

Mettons provisoirement entre parenthèses l'évocation des années "vingt" à Tournai pour nous pencher sur un "brûlant" sujet d'actualité, les chantiers qui fleurissent aux quatre coins de la cité des cinq clochers et qui deviennent un véritable casse-tête pour les automobilistes qui doivent traverser la ville.

"Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous et... même des trous de première classe", en se promenant dans les rues de la ville, on pourrait aisément pasticher la chanson de Serge Gainsbourg, "Le poinçonneur des Lilas".

Il y a tout d'abord les trous qu'on ouvre dans le quartier baptisé "cathédral", plus précisément dans les rues des Fossés, des Ecoles et du Bas-quartier afin de placer de façon rationnelle les impétrants que sont l'eau, le gaz, l'électricité, le téléphone et modifier le réseau d'égouttage avant de poser le nouveau pavement dans le cadre de la rénovation complète des voiries.

Il y a les trous qu'on a réouverts dans le "piétonnier de la Croix du Centre", dans les rues de la Cordonnerie, des Puits Wagnon et Gallait et qui débordent désormais dans la rue de la Tête d'Or. Rebouchées à la hâte pour les fêtes de fin d'année, les tranchées courent à nouveau pour la pose des canalisations d'eau et des égoûts.

Il y a l'énorme trou béant, peu à peu masqué par une flore qui ferait le bonheur des herboristes, à la rue de l'Hôpital Notre-Dame, où se situait naguère le cinéma "Multiscope Palace" et qui n'est probablement pas là d'être rébouché puisque la construction est liée pour une raison d'élévation à l'érection de l'hôtel **** à la place du bâtiment des "Archives de l'Etat".

Il y a une longue tranchée ouverte, depuis le début de cette semaine, sur la Grand'Place pour le remplacement d'un câble électrique défectueux et il y a le trou spectaculaire de la rue Perdue où l'enlèvement des terres vient de se terminer et la pose du béton des fondations a débuté.

Il y a les trous qui se sont formés suite au passage des véhicules sur la Grand'Place et qu'une équipe d'ouvriers communaux s'efforcent de réparer en plaçant des nouvelles dalles face à l'église Saint-Quentin et il y les pavés des trottoirs de la rue des Maux qui se sont peu à peu désolidarisés créant des pièges pour les piétons distraits que ces mêmes paveurs cimentent un à un.

Il y a le quai des Salines où on termine le pavage autour de la statue de Barthélémy Dumortier, il y a les trous sur le quai Dumon où des travaux de raccordements d'immeubles sont en cours, n'oublions pas l'immense trou, à la rue des Sports, pour les fondations pour la construction du "Centre Hospitalier de Wallonie Picarde" où les bâtiments poussent comme des champignons.

un chantier est ouvert également à la place de Nédonchel et le passage par la ruelle de la Grand'Garde en venant de la Grand'Place n'est pas aisé pour les piétons.

Bientôt de lourds engins entreront en action sur la plaine des Manoeuvres, le long de la chaussée de Douai, pour la construction d'un ensemble d'immeubles et à la rue du Château pour la dernière phase des travaux de l'immeuble du Ministère des Finances, entre l'église Saint-Nicolas et les bâtiments récemment rénovés. 

Au printemps, la poursuite des travaux du quartier "cathédral" concerneront la rue Dame Odile, la rue de l'Arbalète, la ruelle des Noirets. A ce moment, on espère que le chantier qui a bloqué durant toute la période hivernale les rues Madame et des Carliers, dans le quartier Saint-Piat, ne seront plus qu'un mauvais souvenirs pour leurs habitants.

On nous parle de la démolition, cette année encore, des bâtiments de l'ancienne clinique Saint-Georges à l'angle du quai Saint-Brice et de la place du Becquerelle, de la création, à la fin de l'année, d'un parking pour le hall Tournai-Expo, de la construction de la nouvelle école du "Petit Colisée" à l'avenue de Maire et d'une concession automobile à côté de l'arsenal des pompiers sur la même avenue.

Sont ou seront donc concernées par des travaux dans le courant de l'année 2011 : la rue Perdue, la placette aux Oignons, la Grand'Place, les rues de la Tête d'Or, des Puits l'Eau, des Carliers, Madame, de la Cordonnerie, des Puits Wagnons, de la Lanterne (construction du nouveau centre de tourisme), des Ecoles, du Bas-quartier, de l'Arbalète, la ruelle des Noirets, le quai des Salines, la rue du Château, la rue Edouard Vaelcke (certaines de celles-ci seront interdites à la circulation durant de nombreuses semaines et... simultanément) !

On apprend également que les arrêts d'autobus des lignes du Tec feront l'objet de réaménagements importants (ceux-ci sont en cours sur l'avenue de Maire).

On va probablement recruter du personnel dans les métiers de la construction cette année à Tournai. 

09:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chantiers, rénovations, travaux |