30 nov.
2010

19:00

Tournai : S.D.F et services sociaux

A l'ombre des cinq clochers, l'hiver s'est annoncé avec trois semaines d'avance, le froid et la neige ont fait leur apparition. Nos grand'mères qui ne connaissaient pas le confort qui est le notre désormais avaient l'habitude de dire : "l'hiver, c'est l'arrivée de la misère". Il fut un temps pas si éloigné où le gaz, l'électricité et le chauffage central n'équipaient que quelques logements habités par la bourgeoisie. Pour une grande majorité de personnes, c'était le feu au charbon ou au bois qui apportait un peu de chaleur au logis.

 

Depuis quelques années, nous avons à faire face à un nouveau phénomène, l'apparition des "sans logis" ou des "sans domicile fixe". Comme si nous avions bouclé la boucle, nous avons l'impression d'être revenus en ce soir de l'hiver 54 qui déclencha la colère de l'abbé Pierre sur les antennes de Radio Luxembourg. De nouveau, des gens errent durant les journées dans les rues et cherchent un abri pour la nuit. On les voit aux portes des organismes financiers, dans les squares ou face aux grandes surfaces sollicitant les petites pièces qui en, fin de journée, leur permettront d'acheter un petit pain ou, malheureusement, ... des canettes de bière.

 

Depuis que le gel est annoncé, les services sociaux s'organisent pour accueillir ces oubliés de la société quand ils en font la demande. 

 

A Tournai, diverses organisations publiques ou privées seront sur la brèche jusqu'au prochain printemps.

 

"La Maison des Familles" distribue durant toute l'année des colis alimentaires aux familles les plus démunies et le restaurant social "Une assiette pour tous" permet de prendre un repas chaud, le midi, moyennant une participation financière dérisoire. Ce qui est particulièrement remarquable, c'est que le service tant à la distribution des colis, rue Barre Saint-Brice qu'à la préparation et au service des repas, à la rue de Monnel, sont assurés par des personnes qui ont, elles aussi, connus les aléas de la vie et les fins de mois difficile.

 

"L'asbl Les Cabossés" dirigée par Gerda Vandekerkhove assure également une distribution de colis alimentaires, organise des fêtes pour la Saint Nicolas des enfants et un réveillon pour les personnes qui en sont privées.

 

Les "Entraides paroissiales" ont mis sur pied six points de distribution de colis alimentaires, celle de Saint-Paul organise également une vente de vêtements de seconde main à un prix minimum et permet aux bénéficiaires de passer l'après-midi de distribution dans une pièce chauffée autour d'une tasse de café et de friandises. Les Entraides se sont associées pour offrir un réveillon de Noël aux personnes seules dans la salle du Foyer Saint-Brice.

 

Depuis l'année dernière la "Fraternité des Parvis" a entamé une distribution quotidienne de soupe ou de café aux quatre coins de la ville. Au-delà du bol réconfortant, c'est un peu de chaleur humaine qui était apportée aux exclus de la société, aux victimes de la malchance et à ceux qui, un jour, basculèrent dans la misère en perdant un emploi ou une famille. Le dynamique Comité du quartier Saint-Piat a décidé de reprendre le flambeau, dès la semaine prochaine, et d'offrir la soupe quotidiennement aux plus démunis, chaque soir, au pied du "Pichou", lieu hautement symbolique du quartier.

 

Au-delà de ces actions privées, il y a bien entendu celles des pouvoirs publics et du C.P.A.S. Les C.P.A.S. sont des organismes publics créés afin que chaque individu puisse mener une existence conforme à la dignité humaine, ils ont succédé à la C.A.P (Commission d'Assistance Publique) créée après le premier conflit mondial. D'abord appelés "Centres Publics d'Aide Sociale" lorsqu'ils ont été institués par la loi du 8 juillet 1976, ils ont vu leur appellation modifiée, le 2 octobre 2000, en "Centres Publics d'Action Sociale". Parmi leurs missions, l'accueil des sans abris en période de grands froids est une des plus cruciales. Les personnes en situation de détresse, celles qui dorment dans les parcs, dans la gare ou à même les trottoirs sont logées dans des maisons d'accueil. Lors de l'hiver 2009-2010, le CPAS de Tournai a tenté une expérience, la mise à disposition de porta-cabines installés sur la parking situés derrière le séminaire de Choiseul. Louable initiative qui ne reçut pas l'accueil escompté, seulement neuf personnes ont été hébergées durant les six semaines de mise à disposition de ces préfabriqués. L'expérience ne sera pas renouvelée cette année.

 

Les situations que nous venons d'évoquer nous font immanquablement songer à celles qui prévalaient au XIXe siècle et qui furent bien souvent la trame des romans de Zola. Demain, nous parlerons de l'ancêtre du CPAS : le Bureau de Bienfaisance de Tournai.

(S.T. novembre 2010)

29 nov.
2010

18:40

Tournai : rénovation à la Scala.

Tournai n'est certes pas Milan, mais la cité des cinq clochers a en commun avec la grande ville du Nord de l'Italie de posséder également sa "Scala", au n°10 de la rue des Maux. Pour la plupart des Tournaisiens, l'immeuble reste, en effet, connu sous l'appellation du cinéma qui y ouvrit ses portes le 22 octobre 1948 et les ferma définitivement le 15 juin 1976.

 

La façade classée de l'immeuble érigé dans le courant du XVIIe siècle à l'emplacement de la Grange aux Dîmes de l'Abbaye de Saint Martin a été épargnée par les deux guerres et même par l'explosion d'un restaurant chinois, situé en face, dans le courant des années soixante. Elle porte un cartouche avec l'inscription "anno 1633". Dans une niche, créée entre les deux fenêtres du dernier étage, une statue de Saint Martin représenté à cheval partageant son manteau avec un pauvre rappelle qu'à cet endroit étaient entreposées les dîmes perçues en nature pour être redistribuées par les moines. Etant présent dans une maison voisine au moment de l'explosion, je me souviens que toutes les vitres de la rue ont volé en éclats et que la statue a vacillé sans heureusement se fracasser sur le trottoir. Les décorations en bois du restaurant s'effondrèrent d'une seule pièce sur des voitures stationnées dans la rue des Maux, les réduisant en un tas de ferraille. L'immeuble était heureusement inoccupé, il n'y eut aucune victime. Détail sordide, des "collectionneurs", pas seulement cinéphiles, profitèrent pour dérober toutes les photos du film qui était alors projeté, une projection strictement réservée aux adultes de plus de dix-huit ans, je n'en dirais pas plus !

 

La façade a été une première fois rénovée en 1900 par les propriétaires du café des Brasseurs qui y était établi. A partir de l'année 1913, le café accueillit une des premières salles destinées à des projections cinématographiques, à la représentation d’œuvres théâtrales et à l'organisation de soirées dansantes qu'on appelait alors "bals". Le cinéma avait pour nom le "Vieux-Tournai". Combien de fois ai-je entendu, dans les années cinquante, des couples dire qu'ils s'étaient connus aux bals donnés "aux Brasseurs". Le bâtiment fut la propriété de la Grande Brasserie Bourgois, située au n° 10 de la rue des Campeaux jusqu'en 1948. 

 

Il faut être un cinéphile averti pour se souvenir des œuvres (!) projetées comme "la Chèvre aux Pieds d'Or" interprétée par Joube, Maxudian et Alcover, "Catherine" avec Francisca Gaal ou encore "Gangsters de l'Océan" avec Jack Holt et Emund Lowe. Des spectacles troublants furent également présentés sur scène comme "Les Maîtres du Mystère" avec le Fakir Blanc, le Maître du feu, l'Homme coupé en morceaux, l'Enclume vivante...

 

L'ouverture du cinéma Scala eut lieu le 22 octobre 1948 avec le projection du film "Honni soit qui mal y pense". Les soirées du vendredi restaient réservées aux théâtre, au music-hall ou aux tours de chants de vedettes de la chanson (Charles Trenet y fut présent). En 1949, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon s'y produisit, le vendredi 11 février, dans sa "prumière orvue locale" (première revue locale) intitulée "Au Cabaret du Pont des Treos" (Pont des Trous) in ein aque (en un acte) et sans tableaux composé par les mimbres (membres) de la Royale Compagnie et jeuée par eusses (jouée par eux). Par la suite, en 1954, la revue émigra à la Halle-aux-Draps pour revenir à la Scala jusqu'en 1960. Je me souviens même y avoir assisté à une conférence de Claude Darget, présentateur de la télévision française. A la fin des années soixante, le cinéma se spécialisa dans un genre nouveau, le film érotique et même le cinéma X, et fut le premier a proposé le "Cinéma de Minuit" réservé aux amateurs du genre âgés de plus de dix-huit ans. Séances qui furent, paraît-il, même surveillées par des agents de la police judiciaire prêts à intervenir si un mineur était repéré parmi les clients se présentant au guichet. Sur scène, on pouvait aussi applaudir des spectacles amenant aussi bien Guy Bedos et Sophie Daumier qu'Henri Genes et les revues nues de Paris. 

 

Le cinéma ferma ses portes le 15 juin 1976. Trois ans plus tard, le "Marché Scala" ouvrit ses portes et proposa une supérette et une cafétéria. Expérience qui dura jusqu'au 9 novembre 1983. En 1986, sur l'emplacement de l'ancienne salle de cinéma et de la suprérette Dial qui lui avait succédé s'ouvrit le "Scala Bowling", projet porté par Mr. Gaston Wuylens, un passionné de ce sport et dans les caves une discothèque.

 

Actuellement des travaux sont entrepris aux étages pour moderniser les appartements qui s'y trouvent. Pour avoir eu l'occasion de les visiter, il s'agit d'importantes surfaces. Il suffit pour cela d'imaginer que les cinq grandes fenêtres du premier étage représentent une seule pièce qu'on a bien tenté de diviser par une arcade. Cette immense surface fut occupée, à la fin des années septante, par "Radio-Intérim", une radio locale fondée par Alexandre Walnier et son équipe. 

 

Voici donc l'histoire d'un immeuble qui a traversé les siècles !

 

(sources : "Tournai, les toiles oubliées" de Max Hovine, ouvrage paru en 2006, "Chint ans d'Cabaret" de Pol Wacheul, paru en 2008 à l'occasion du centenaire de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et souvenirs personnels).

S.T. novembre 2010).

26 nov.
2010

18:55

Tournai : expressions tournaisiennes (98)

Cha fait asteur des meos qu'on nous parle des affaires judiciaires, quand ch'n'est pos l'procès d'ein abuseu, ch'est l'ceul d'ein agioteu, d'ein agripeu, d'ein vindeu d'drogue, d'ein batt'lieu ou acor d'un tueu à gaches. Tout cha ch'a deonne d' l'ouvrache aux juges et aux avocats et justemint, ceulle semaine, ein d'mes amisses m'a inveyé ein e-mail qui nous deonne ein queop d'leumière su ce qui s'passe au mitan de l'maseon d'Thémis Ch'est tiré d'ein life qui s'appelle "Désordre dans les Cours de Justice", ch'est à lire !

 

J'in ai queusi des morcieaux et on va imaginer que tout cha s'passe au Palais d'Justice de Tournai.

 

Témoignaches :

L'avocat : "Commint elle éteot l'perseonne que vous avez vu ?"

L'témoin :  " pos trop greos, puteôt p'tit, ave eine grante barpe !"

L'avocat :  "Ch'éteot ein heomme ou bin eine feimme ?"

l'témoin :   "comme l'cirque Arena i-n'éteot pus là, j'vas puteôt dire que ch'éteot ein heomme !".

 

L'avocat : "Vous avez examiné l'corps à quelle heure ?"

L'médecin légiste : " L'autopsie elle a comminché à huit heures"

L'avocat : " L'victime elle éteot morte à c'n'heure là ?"

L' médecin légsite " : "In tout cas, ce que j'sais, ch'est quand j'ai eu fini, elle l'éteot"

 

L'avocat : "Commint vo prumier mariache i-s'a fini ?"

L'veuf :     "pa l'décès de m'feimme"

 

Dins tous les métiers, i-féaut toudis faire attintieon à c'qu'on dit.

 

Ainsin j'ai connu ein chef d'orchestre qui éteot aller diriger ein concert ches les Hollandais. I-paraît qu'i-seont acore pus apchar que les Ecossais. L'chef i-comminche l'répititieon et dit : "Messieurs, eine mesure pour rin". " ... I-seont tertous foutu l'camp" !

 

Ein jour dins l'gazette, on aveot écrit : "la mitan des heommes politiques seont des escrocs". Cha a fait ein tolé, l'téléphone i-n'a pos arrêté d'seonner chez l'directeur et l'gazette a rectifié in s'excusant et in disant : "I-a eine erreur hier dins l'artique, il falleot lire la mitan des heommes politiques i-n'seont pos des escrocs" !

 

Ein multimilionnaire est mort. L'jour de l'intierr'mint, i-a tout au feond du cimetière, ein feimme qui brait comme eine Madeleine. "Vous étiez fort proche" qui li dit ein heomme qui passeot par là. "Neon, Justemint, et ch'est pou cha que j'brais".

 

Lexique : meos : mois / Agripeu : chapardeur, voleur / agioteu : malhonnête en affaires / batt'lieu : querelleur, batailleur / tueu à gaches : tueur à gages / ceulle : celle / invéyé : envoyé / queop : coup / leumière : lumière / life : livre / queusi : choisi / morcieaux : morceaux / barpe : barbe / puteôt : plutôt / prumier : premier / mariache : mariage / toudis : toujours  / apchar : avare, radin grippe-sou / comminche : commence / rin : rien / tertous : tous / artique : article / intierr'mint : enterrement.

 

(S.T. novembre 2010) 

18:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

24 nov.
2010

18:55

Tournai : le point sur les chantiers

A l'intention de ceux qui s'intéressent aux transformations de la cité et tout particulièrement des Tournaisiens exilés, l'Optimiste publie régulièrement l'état d'avancement des divers chantiers qui remodèlent le paysage de la cité des cinq clochers.

 

La rue Perdue n'est plus qu'un gouffre de six à sept mètres de profondeur sur toute sa longueur, des tonnes de terre ont été évacuées depuis le début du chantier, actuellement on débute le nivellement de la base du parking souterrain qui y sera construit.

 

Le piétonnier de la Croix du Centre est éventré pour la pose des diverses canalisations et câbles. Un tel travail, réalisé dans une rue restée accessible aux piétons, ressemble à une délicate intervention chirurgicale et des incidents y ont été inévitablement relevés : coupure d'un câble à la rue Gallait privant le quartier de téléphone, rupture d'une ancienne arrivée d'eau toujours sous pression inondant la rue des Puits l'Eau et percement d'une autre canalisation à l'origine d'un geyser assez impressionnant dans la rue de la Cordonnerie. Les fêtes de fin d'année s'annoncent difficiles pour les commerçants des rues en chantier.

 

A la place Paul Emile Janson, l'ancien Hôtel de la Cathédrale dans lequel s'érigera le nouveau Centre de Tourisme de la Ville est toujours ouvert à tous les vents. il nous a été dit que l'état du bâtiment et des problèmes de stabilité ont obligé les architectes à mettre en oeuvre la technique dite du "façadisme" en démolissant tous les murs intérieurs ! Dans les premières projections du chantier, il était prévu, qu'à cette époque de l'année, le gros oeuvre serait en phase terminale, on est loin du compte. Quant au projet de construction de l'hôtel 4*** à la place Paul Emile Janson, celui-ci soulève, à nouveau, des critiques. Son gabarit, sa toiture plate, le béton employé pour la façade, son intégration dans l'ensemble des immeubles à reconstruire... ont fait l'objet de remarques d'associations de défense du patrimoine.

 

La rue de l'Hôpital Notre-Dame présente toujours un aspect sinistré, plus rien ne bouge et la végétation continue à proliférer dans les ruines de l'ancien cinéma Multiscope Palace. Le promoteur immobilier attend probablement de voir comment son projet va s'intégrer dans la rénovation du quartier cathédral qui n'a pas encore commencée à cet endroit.

 

Au quai des Salines, aux vues des conditions atmosphériques favorables dont a bénéficié le chantier depuis son ouverture, on pouvait raisonnablement espérer que celui-ci serait terminé, comme planifié, pour la Noël. On en est loin, il reste à paver un tronçon de rue et à réaliser les trottoirs entre l'entrée de la grande surface et le carrefour formé avec la rue de l'Yser, à aménager les abords du monument en hommage à Barthélémy Dumortier, à étaler des terres auprès des plantations et à nettoyer le chantier avant l'ouverture à la circulation. Tout cela paraît difficilement réalisable en trois semaines. 

 

A la rue de l'Athénée par contre, la réhabilitation de l'ancien commissariat de police par la création de quinze logements d'insertion semble suivre le planning fixé, les travaux de rénovation des façades, des toitures et corniches, le remplacement des châssis et des portes sont terminés. On procède actuellement aux aménagements intérieurs.

 

A l'angle de la rue de l'Arsenal et de la rue Campin, la deuxième phase de travaux concernant la construction d'une résidence progresse, on y pose les charpentes, par contre les travaux réalisés à l'ancien immeuble situé à l'angle de la rue Campin et de la rue du Château sont à l'arrêt depuis plusieurs mois. La toiture a été refaite, les châssis ont été enlevés mais pas encore remplacés.

 

En ce qui concerne la Tour Henri VIII aussi appelée "Grosse Tour" par les Tournaisiens, la presse de ce matin nous renseigne les raisons pour lesquelles le chantier semble abandonné. Les précisions ont été données par le Bourgmestre lors du Conseil Communal qui s'est tenu ce dernier lundi. C'est en 2007 que la Tour a été achetée par un promoteur qui se chargeait de la restaurer et ensuite de la rétrocéder à la Ville. Hélas les nombreux fonctionnaires chargés, à différents niveaux, de l'étude du dossier ont bien eu du mal à se mettre d'accord sur des détails. C'est maintenant à la "Commission des Monuments et des Sites" qu'il revient d'approuver le projet définitif de restauration, cela devrait se faire lors de la réunion du 7 décembre prochain. (L'Avenir du 24.11.2010). 

 

Le chantier de rénovation de la cathédrale Notre-Dame se poursuit. L'échafaudage interne qui a permis de retirer les vitraux de la nef romane a été démonté, les travaux sont toujours en cours pour les murs extérieurs de la nef romane, ils sont effectués à l'abri des regards des passants grâce à de grandes toiles blanches reprenant de façon stylisée l'aspect de la cathédrale.

 

Le chantier de rénovation de l'église Saint Jacques se poursuit. Depuis quelques jours une énorme grue monte les blocs de pierre qui remplaceront ceux dont l'état était plus que déplorable et ne permettait plus un lifting plus ou moins correct.

 

Le chantier de l'ancien Hôpital militaire Major Médecin De Bongnies se poursuit, les immeubles à appartements qui se dresseront à la rue Allard l'Olivier sont sortis de terre, les bureaux de l'immeuble en façade sont opérationnels, on aménage l'intérieur du nouveau bâtiment qui abritera le CPAS.

 

Le chantier du nouvel hôpital du CHWApi progresse de jour en jour, néanmoins, pour en voir la fin, il y aura encore deux autres phases qui suivront celle en cours. Nous aurons donc souvent l'occasion de parler de l'état d'avancement de ce chantier mammouth.

 

D'autres chantiers sont encore en cours, mais ils sont réalisés dans des immeubles appartenant à des propriétaires privés.

(S.T. novembre 2010)

23 nov.
2010

18:45

Tournai : Festival international des Imitateurs

Le rideau est tombé sur la 19e édition du Festival international des Imitateurs de Tournai.

 

Créé par André Michel et son équipe, le festival a vu le jour dans la commune de Frasnes-les- Anvaing, sous chapiteau, en 1992. Dès la première année le succès fut au rendez-vous tant est si bien qu'en 1994, pour une meilleure visibilité, le festival déménage vers Tournai où il aura désormais pour cadre la salle Jean Noté de la Maison de la Culture.

 

Trois prix sont distribués : Le Grand Prix du Festival, le Prix du Public et le Prix de la Presse. Tous les quatre ans, les vainqueurs des trois éditions précédentes se rencontrent, en une joute de qualité, pour l'obtention du convoité "Luron d'Or", la consécration suprême pour les participants.

 

Trois belges ont inauguré le palmarès : Jean Pierre Valère (1992) Bernard Melchior (1993) et Berlu (alias Luc Bernard) en 1994. Ce dernier remportant le premier "Luron d'Or" (1995). Reconnu en dehors de nos frontières, le Festival attira de plus en plus de candidats venus de l'étranger et c'est ainsi qu'on retrouve Dany Mauro de Nice qui partage le prix avec Maxime Thierry (alias Thierry Peeters) de Bruxelles en 1996, Patrice Robert de Châteauroux en 1997 et le gantois Olivier Laurent en 1998. Lors des deuxièmes olympiades, c'est Olivier Laurent qui se vit attribuer le "Luron d'Or". Coup de pouce à une carrière professionnelle qui l'amènera sur les antennes de la RTBf. Nouveau règne d'imitateurs issus de l'Hexagone, ensuite, Arthur Jorka de Lyon (2000), Thierry Garcia de Carcassonne (2001), Grégory Juppin de La Rochelle (2002) sont primés. C'est ce dernier qui émergea pour l'attribution du "Luron d'Or" 2003. Jean Michel Mattéi de Genève (2004), Yann Jamet de Grenoble (2005) et François Garnier de Maubeuge (2006) poursuivirent la tradition étrangère, Yann Jamet remportant le 4e "Luron d'Or" en 2007. En 2008, Benjy Dotti est venu de Marseille pour conquérir le prix, en 2009 Alain Posture de Liège a remis à l'honneur l'imitation belge et il fut... imité cette année par Fabian le Castel de Mouscron, primé dans les trois catégories. C'est le quatrième régional après Jean Jacques Decocq de Tournai (prix de la presse 1992), Caillaud (allias Bruno Pottiez) de Leuze-en-Hainaut, prix du public 1996 et Xavier Delcoigne d'Anvaing, prix du public 1997. Il n'y eut aucun chauvinisme au moment de le plébisciter car ces imitations de Renan Luce, Vincent Delerm, M, Raphaël, Pascal Obispo, Cali et même de Michel Daerden furent parfaites. Que dire alors de sa chanson créée pour rendre hommage à Arno ? Elle fut tout simplement extraordinaire et écoutée dans un silence presque religieux par une salle conquise.

 

La deuxième partie de la soirée est consacrée à une star de l'humour. Roland Magdane est revenu pour la quatrième fois se produire dans un festival qu'il apprécie après 1996, 1998 et 2002. "Attention, c'est show" est le titre de son nouveau spectacle qui déchaîna les rires au point que l'artiste fut parfois pris lui-même d'un fou-rire communicatif, une véritable partie de ping-pong avec le public, le rire en étant la balle. 

 

Elliot, Richard Rubben, Stéphane Steeman, le groupe nordiste "En voiture Simone", Popeck, les Taloche, Anne Roumanoff, Jean Marie Bigard, Dany Boon, Yves Lecocq, les Vamps, Bruno Coppens, Christophe Alévêque, Virgine Hocq, Okidok, Noëlle Perna alias Mado la Nicoise et Jérome de Warzée ont tous connu le succès lors des dix-neuf festivals qui se sont succédé.

 

A l'image de la Piste aux Espoirs, le Festival des artistes de cirque amateurs, le Festival international des Imitateurs porte au loin la renommée de Tournai et la prochaine édition, en 2011, décernera le cinquième Luron d'Or.

(S.T. novembre 2010)

18:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, imitateurs, imitation, festival, roland magdane |

22 nov.
2010

18:55

Tournai : le couvent des Soeurs Noires (2)

Chassées de leur couvent en 1798 par les révolutionnaires, les Soeurs Noires vont néanmoins pouvoir continuer leur service aux malades dans les hôpitaux de Tournai jusqu'en 1807. Cette année-là, suite à la création du bureau des Hospices Civils (ancêtre de la C.A.P et ensuite du CPAS), l'Hôpital de Marvis fusionnera avec l'hôtellerie Notre-Dame pour donner naissance à l'Hôpital Civil. Désormais le personnel soignant sera composé de laïcs.

 

Après trois années de fonctionnement, beaucoup de malades regrettent l'humanité des Sœurs et les plaintes affluent auprès de Mgr. Delplancq, évêque de Tournai. Celui-ci fait appel aux Sœurs Noires du couvent de Nazareth à Louvain. Deux religieuses arrivent à Tournai et fondent une nouvelle communauté en 1833. Celle-ci s'établit dans une maison de la rue des Carmes. L'arrivée de postulantes les oblige à déménager dans une ancienne maison du chapitre située à la rue de l'Hôpital Notre-Dame qu'elle achèteront en décembre 1837. Elles reprennent alors les activités de celles qui les avaient précédées, soignant les malades de l'hôpital situé juste en face de leur couvent, prodiguant des soins aux pauvres, visitant les malades.

 

Elle obtiendront la reconnaissance pour l'inlassable travail accompli, le 24 août 1879, quand le roi Léopold II et son épouse Marie-Henriette viendront leur rendre hommage le jour de l'inauguration de la nouvelle gare et décoreront Sœur Vincent, une des deux fondatrices arrivée en 1833 à Tournai.

 

Le 26 juillet 1891, l'Hôpital Civil prend possession de nouveaux bâtiments construits sur des plans des architectes Beyaert et Janlet au boulevard Lalaing. C'est désormais là qu'elles poursuivront leur tâche humaniste jusqu'à il y a une vingtaine d'années tout en continuant à occuper le couvent de la rue de l'Hôpital Notre-Dame. La dernière sœur quittera celui-ci en 1986.

 

Elles laissent un bâtiment remarquable situé entre la rue de l'Hôpital Notre-Dame, la rue de l'Arbalète et le Bas-Quartier. Un site qu'on a l'occasion de visiter, chaque année, lors des portes ouvertes de l'Académie des Beaux-Arts qui l'occupe actuellement.

 

(sources : article de Mme Béatrice Pennant parue dans la revue mensuelle n°85 de l'asbl Pasquier Grenier - S.T. novembre 2010)

 

19 nov.
2010

18:55

Tournai : expressions tournaisiennes (97)

Nous ov'là d'jà au jour de m'babillarte in patois. Je n'sais pos si ch'est dû au récauff'mint climatique, mais les jours i-veont d'pus in pus vite.

 

I-n'a pos à dire mais les évèn'mints i-s'succèdent dins no beonne vielle ville de Tournai. L'week-end passé, les ceusses qui aime'tent lire éteot'tent invités à la Halle-aux-Draps pa les Amis d'Tournai pou l'saléon "Tournai, la Page". i-aveot là bramint d'écrivains qui aveot'tent donné rindez-vous aux Tournisiens et pou les gins ch'éteot l'occasieon d'faire eine provisieon d'lifes pou les leongues soirées d'hiver. Mi j'cacheos après l'life su l'Meont d'Piété mais i-n'éteot pos acore sorti d'l'imprimerie. Mossieu Benard Valle et s'n'équipe, i-n'a pos à dire, i-save'tent orchevoir et ceulle ainnée, on a eu dreot l'présince d'Jean Claude Drouot, l'Thierry la Fronde de no jeone temps.

 

Su l'plaine, pindant c'temps-là, ch'éteot l'prumière Grande fiête du Cirque. Parler d'cirque à ein Tournisien, ch'est invité ein buveu à boire eine crasse pinte, ch'est convié ein galfard à ein deîner, ch'est comme si on n'annonceot l'ouverture d'ein restaurant pou ein fumeu. L'vint i-a eu bieau souffler et l'pluèfe elle a eu bieau caire à séeaux, on a queuru vir les clowns, les éléphants et les trapézistes.

 

Ch'n'est pos fini, diminche, ch'est "Tournai Toys", l'saleon du jouet. A treos s'maines de l'Sint Nicolas, on pourra vir les bieaux et vrais jouets d'no jeonesse, les ceusses qui dureot'tent pus d'eine ainnée et qu'on a pétête acore au feond de no gernier. Mossieu Marc Duffrane et mi, on s'éteot connu à l'clinique quand on aveot cassée no gampe, mi ch'éteot arrivé in plein camps, mais li ch'éteot pus grave, ch'éteot in plein désert au Maroc et i-aveot été rapatrié su ein baudet (pos jusqu'à Tournai, feaut pos exagérer). Adeon, Mossieu Duffrane i-a eine collectieon d'pus d'quate mille modèles réduits. S'maseon, elle est toute rimplie, elle deot orsimbler à l'incien magasin d'jouets Monnier. Mi ave mes trinte Dinky toys et m'chintaine de Majorette (les p'tites autieos, pos les jeones files) j'ai l'air d'ein misérape a côté d'li.

 

Si vous voulez ortrouer vo 'n'âme d'infant, allez donc faire ein tour à la Halle-aux-Draps saim'di et diminche, vous allez rajeonir.

 

P.S. J'n'ai pos d'nouvelles d'Edmeond et Fifinne, dusqu'i-seont acore mes deux gins ? J'peux vous rasseûrer leu maseon n'a pas été sous ieau. A l' rue de l'Cordonnerie, jeudi après-deîner, pindant les travéaux, i-a eu ein geyser d'trinte mètes de héaut, acore hureux qui n'a pos gélé on areot eu no patinoire gratis ein meos à l'avanche.

 

Lexique : babillarte : lettre / récauff'mint : réchauffement / les ceusses : ceux / bramint : beaucoup / lifes : livres / orchevoire : recevoir / ainnée : année / dreot : droit / jeone : jeune / prumière : première / galfard : gourmand / pluèfe : pluie / caire à séeaux : tomber à seaux / queuru : couru / pétête : peut-être / acore : encore /Mossieu : Monsieur / Adeon : donc / orsimbler : ressembler / trinte : trente / chintaine : centaine / misérape : misérable / ortrouver : retrouver / rajeonir : rajeunir / rasseûre : rassûrer / avanche : avance.

 

(S.T. novembre 2010)

18:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard, tournai la page, tournai toys |

18 nov.
2010

18:55

Tournai : le couvent des Soeurs Noires (1)

Au beau milieu de la rue de l'Hôpital Notre-Dame, à l'angle de la rue de l'Arbalète se dresse l'ancien couvent des Soeurs Noires, bâtiments aujourd'hui occupé par l'Académie des Beaux Arts, située juste en face, pour ses cours du soir de promotion sociale.

 

La façade à rue en pierre avec son pignon gothique datant de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle, le clocheton octogonal, le jardin situé derrière la double porte témoignent de l'existence de l'ancien couvent occupé jusqu'en 1986 par cet ordre religieux. L'origine de celui-ci, dans la cité des cinq clochers, repose sur deux thèses.

 

Selon certaines sources, c'est dès 1240, sous l'action de l'évêque Walter de Marvis et d'un bourgeois de la cité nommé Jacques Letondeur que s'établissent à Tournai les Soeurs Noires d'Arte Vie signifiant "vie étroite", "vie bien remplie". D'autres sources situent la fondation de la communauté en 1361 lorsqu'un bourgeois de la paroisse Sainte-Catherine, Jean de Haulte Vie, fait don de sa demeure à des filles dévotes vivant en communauté comme des béguines. Les béguines qu'on trouve principalement en Belgique et aux Pays-Bas sont des femmes qui vivent en communauté religieuse chrétienne sans prononcer de voeux perpétuels. Celles-ci adopteront par la suite la règle de Saint-Augustin et le 17 août 1501, trente-trois d'entre-elles prononceront solennellement leurs trois voeux de religion, reconnaissant l'autorité spirituelle et temporelle du chapitre. En 1782, elles passèrent sous l'autorité exclusive de l'Evêque. Si, vêtues d'une robe noire, d'un scapulaire de même teinte (capuchon composé de deux pans d'étoffe rectangulaires couvrant les épaules et retombant sur le dos et la poitrine jusqu'au pieds) et d'un voile blanc, elles prirent tout naturellement le nom de Soeurs Noires, on les connaissait également sous le vocable de "Soeurs de Haute Vie". Menant une vie de pénitence, les Soeurs Noires, dites collectines, parcouraient les rues de la ville pour collecter de porte à porte et prodiguaient des soins aux pauvres et aux malades, même ceux atteints de la peste.

 

Lorsque Tournai fut envahi par les troupes de Louis XIV, le roi fit réaliser de nombreux travaux parmi lesquels l'édification de la citadelle. Afin de créer l'esplanade et le glacis de celle-ci, tout un quartier, celui de la paroisse Sainte-Catherine, fut rasé. En 1672, obligées de quitter leur couvent, elles occupèrent alors le refuge de l'abbaye de Cysoing situé au bas de la rue Claquedent qui avait été acquis par le roi et donné aux religieuses en dédommagement de l'expulsion dont elles avaient été victimes. Le couvent sera agrandi par l'achat de quelques maisons voisines et, en 1676, couvent et chapelle seront consacrés par l'évêque Gilbert de Choiseul du Plessis-Praslin.

 

La Révolution va amener les troupes républicaines à Tournai (comme nous l'avons vu dans les articles consacrés à la vie quotidienne à Tournai à la fin du XVIIIe siècle) et l'ordre comme beaucoup d'autres sera aboli. Les Soeurs Noires abandonnèrent leur couvent de Saint-Jacques en 1798. Les bâtiments seront vendus en 1799 pour divers usages et acquis en 1865, par Henri Casterman pour y créer son imprimerie. De la présence des Soeurs Noires en cet endroit subsiste le nom de l'actuelle rue. (à suivre).

 

(sources : " Tournai, Ancien et Moderne", d'A.F.J. Bozière et article de Béatrice Pennant paru dans le n° 85 de la revue éditée par l'asbl Pasquier Grenier - S.T. novembre 2010). 

 

17 nov.
2010

18:55

Tournai : origine du nom des rues (2)

Dans l'article paru le 26 octobre dernier, nous évoquions l'origine de la rue Tranchant, petite rue tournaisienne peu connue mais pour laquelle, allez savoir pourquoi, j'ai un faible. Nous allons rester dans le même quartier Saint Jacques pour nous intéresser, cette fois, à la rue des Foulons.

 

Celle-ci partant du quai des Salines décrit un angle droit pour rejoindre la rue de l'Ecorcherie. Voirie à sens unique, elle est surtout empruntée par les propriétaires des garages de la résidence Roi Soleil située à la rue Peterinck.

 

Bozière nous dit qu'avant 1745, cette rue était rectiligne mais que sa direction a probablement était modifiée lors de la construction, par François Péterinck, en cet endroit, de la manufacture de porcelaine en 1750, établissement repris un siècle plus tard par les Frères Boch avant que ceux-ci n'aillent s'installer à la Louvière en 1893. Les "foulons" qui y demeuraient alors étaient des artisans spécialisés dans le tannage des peaux. Une cloche de l'église Sainte-Marie Madeleine, édifice religieux aujourd'hui désacralisé et abandonné à son triste sort, portait l'inscription suivante : "Au-dessus dit mois et année, Moi Jehanne fut réformée, Des biens des foulons plainement; Priez Dieu pour eulx humblement".

 

On découvre déjà le nom de cette rue dans les Comptes de l'hôpital de Saint Jacques qui accueillait notamment les pélerins de Saint Jacques de Compostelle. Il y est fait mention que "Everard de Lost a vendu une maison séant en la rue des Foulons, derrière l'attre de la Magdeleine". Un acte de vente datant de 1754 la nomme, on ne sait pour quelle raison, Rulette (ruelle) du Pasteur de la Madeleine.

 

Il y eut à Tournai, une autre rue des Foulons, depuis longtemps disparue, celle-là se situait dans le quartier du quai Taille-Pierre.

 

(sources : "Tournai, ancien et moderne" d'A.F.J Bozière et "Les rues de Tournai dans leur beauté et leur histoire" de Raymond Bonnet - S.T. novembre 2010)

18:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, nom des rues, foulons, sainte marie madeleine |

16 nov.
2010

18:55

Tournai : la Grande Fête du Cirque !

De nombreuses fois, l'Optimiste a eu l'occasion de vous présenter la ville de Tournai comme un haut lieu des arts circassiens. Les plus grands cirques y ont fait, un jour, escale de l'Américan Circus à Kröne, du cirque Althoff au Cirque de Moscou, de Pinder à Toni Boltini sans oublier les Bouglione, Grand Cirque de France, Jean Richard, Amar ou encore Médrano.

 

Cet engouement du public tournaisien pour le cirque avait trouvé sa concrétisation en 1987 avec l'organisation de la première Piste aux Espoirs créée par des amateurs et des professionnels de la piste parmi lesquels on retrouvait le libraire Jean Paul Lenglez, un homme qui vouait une véritable passion pour ce spectacle total et toujours présenté en direct.

 

Une nouvelle équipe a repris le flambeau, il y a quelques années. Comme certains membres étaient issus de "Môme Circus", l'école de cirque tournaisienne, l'Optimiste, comme beaucoup d'autres tournaisiens, avait espéré que ce festival annuel de cirque amateur aurait pû être ainsi pérénisé. Hélas, les nouveaux responsables ont exercé un virage à 180° : fini le chapiteau dressé sur la Plaine des Manoeuvres, fini ce monde magique avec ses lumières, ses banquettes incorfortables, son odeur de sciure, ses vendeurs de programmes, ses strass et ses paillettes... la Piste aux Espoirs est devenue bisannuelle par manque de disponibilité des dénicheurs de programme et par souci d'économies, il ne faut pas s'en cacher ! De plus, hébergés maintenant dans des salles de théâtre ou sur la place publique, les numéros présentés sont plus proches du music-hall à la Patrick Sébastien ou des Arts de la Rue que du bon vieux cirque que nous aimions. La Piste aux Espoirs se veut désormais être celle du renouveau des Arts du Cirque et l'expérience osée par les organisateurs tournaisiens a, au moins, le mérite d'être tentée. Loin de nous l'idée de la dénigrer. La critique serait trop facile et le dévouement devient chose rare !

 

Du mercredi 10 au dimanche 14 novembre, Tournai a connu sa "Première Grande Fête du Cirque", un festival qui existe depuis quelques années déjà à Namur. Sous le chapiteau géant jaune et rouge du plus grand cirque scandinave "Arena", offrant 1.500 sièges individuels, les Tournaisiens ont pu applaudir une sélection des meilleurs numéros se produisant actuellement dans les plus grands cirques d'Europe et primés au festival de Cirque de Monte-Carlo. Tigres, éléphants, otaries, chiens savants, magiciens, clowns, acrobates, voltigeurs et le numéro d'automate des Frères Taquin ravivèrent, dans le public, les souvenirs des passage des plus grands chapiteaux à Tournai. Tout au long des dix représentations, les amateurs eurent droit à du vrai cirque, à un monde du rêve haut en couleurs et en musique, à cette ambiance qu'on ne trouve que sous la toile du chapiteau.

 

Puisse cette première expérience être renouvelée et, surtout, ne plus pâtir des archi-mauvaises conditions atmosphériques connues en ce week-end du 11 novembre. Nous souhaitons à Jean Yves Lenglez, digne successeur de son père, de continuer à ravir les amateurs tournaisiens

18:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, piste aux espoirs, fête du cirque, arena |