29 sept.
2010

20:30

Visite Virtuelle de Tournai : des changements en vue !

Tout blog qui n'évolue pas est appelé à disparaître (l'Optimiste) !

  

Voici 3 ans et demi que le blog "Visite Virtuelle de Tournai" est ouvert. Le bilan est satisfaisant : 855 articles, 394 commentaires et plus de 264.500 visites, des lecteurs en Belgique mais aussi en France, des tournaisiens émigrés vers d'autres cieux qui souhaitent conserver un lien avec leur ville natale, des personnes étrangères férues d'Histoire qui souhaitent découvrir celle de notre cité, des amis ou d'anciens collègues qui souhaitent me lire et que je remercie !

  

A partir du 1er octobre, des modifications apparaîtront donc pour satisfaire les lecteurs.

  

Les notes seront désormais publiées, le soir, à la même heure, soit vers 19h00.

 

La rubrique "Expression tournaisienne" verra une importante modification, sur une proposition de Pascal émise dans son commentaire du 27 septembre, la version en patois sera publiée intégralement, les mots ou groupes de mots qui nécessitent une traduction apparaîtront dans un second paragraphe. Cette façon de procéder ne nuira plus à la bonne compréhension du texte, car le fait de passer continuellement du patois tournaisien à sa traduction française entre parenthèses coupe le rythme de lecture et rend plus difficile la compréhension du sujet. Merci à Pascal de m'avoir fait part de cette remarque !

 

Une fois par mois, on découvrira un jeu de traduction similaire à celui paru dans la rubrique "Expression tournaisienne 89" MAIS... les réponses seront données le vendredi suivant de façon à ce que les lecteurs qui ne viennent pas quotidiennement sur le blog puissent eux aussi tenter leur chance et essayer de découvrir le sens des phrases. 

 

De nouveaux sujets sont en préparation mais on retrouvera toujours la rubrique : "Tournai, l'année xxxx sous la loupe, les chantiers en cours et programmés, les enfants célèbres... 

 

Edmond et Fifinne, élevés à la fonction de reporters des festivités régionales, vous présenteront leurs buts de sorties du week-end à Tournai et dans les villages de l'entité pour autant que les informations me parviennent à temps.

 

C'est tout cela que vous trouverez à partir du 1er octobre sur "Visite Virtuelle de Tournai", le blog qui veut répondre à votre... soif d'informations et d'Histoire sur la cité des cinq clochers.

 

20:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, visite virtuelle de tournai |

27 sept.
2010

18:24

Tournai : expressions tournaisiennes (89bis), les réponses !

Bé comme m'neom (nom) l'indique j'ai été vraimint Optimisse (vraiment Optimiste), on areot pu pinser qu'après quater-vingt huit artiques (quatre-vingt huit articles) su no patois tournisien (touranaisien), qu'i-areot des gins ave l'corache (courage) d'faire l'concours. J'sus bin débalté (découragé au plus haut point) d'vir (de voir) que pos eine pétite répeonse m'est parvenue. I-féaut dire que ch'éteot pétête (peut-être) difficile. Même Edmeond i-m'a téléphoné pou m' deminder si j'deveneos seot (sot), ch'éteot des meots (mots) qui n'aveot jamais intindus de s'vie et à quater-vingt chinq ans, i-d'a d'jà intindu des "vertes et des pas mûres" surtout quand on vit ave Fifinne !

Ov'là ce qui falleot trouver :

1) un homme qui allait toujours à grandes enjambées

2) Quand j'étais petit enfant, j'étais toujours bien soigné par ma mère.

3) Il fallait le voir aller en clopinant.

4) le moment du goûter était celui que je préférais quand j'était enfant.

5) Regarde, elle s'avance pour l'ennuyer, le faire enrager.

6) On ne peut pas lui faire confiance, il fait tout de travers.

7) Il ne faut pas croire, cette arsouille (canaille) a les moyens pécunaires.

8) Epingle cela sur ma manche, comme cela ce ne sera pas perdu.

 

Un jour ou l'eaute, j'orcommincherai (recommencerai), ch'est ainsin (ainsi) qu'on apprind !

J'vous souhaite à tertous (tous) eine beonne sémaine ! (S.T. septembre 2010)

(sources : Glossaire picard Tournaisien" de Lucien Jardez)

18:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

24 sept.
2010

18:49

Tournai : expressions tournaisiennes (89)

Un petit concours cette semaine, je vous demande de trouver le sens des phrases suivantes, vous pouvez envoyer vos réponses (également partielles) par commentaire :

 

1) Ein heomme qui alleot toudis à grands andins.

2) Quand j'éteos p'tit j'éteos toudis apouchenné pa m'mamère.

3) I-falleot l'vir aller tout aqu'daliant.

4) L'momint d'l'archéner, ch'eteot l'ceu que j' préféreos quand j'éteos acore ein infant.

5) Orwette, elle s'avanche pou li faire eine arnesse.

6) On n'peut pos li faire confiance, i-n'fait qu'des arnicroches.

7) I-n'féaut pos croire, c'n'arsoule a les artifales qu'i féaut

8) Atique cha d'su m'manche comme cha i-'n's'ra pos perdu.

 

PLUS QUE quelques heures POUR ENVOYER VOS REPONSES. QUI SE LANCE, QUI OSE !

Votre message m'encouragera à poursuivre cette rubrique consacrée à faire connaître notre patois !

 

Voilà, à vous de jouer et bonne chance. Les résultats paraîtront le lundi 27 septembre, le jour de la fête de la Communauté française de Belgique. (S.T. septembre 2010)

18:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

23 sept.
2010

18:13

Tournai : un enseignement de qualité (3)

Evoquer chaque établissement scolaire tournaisien serait le fruit d'un travail de bénédictin, long et fastidieux pour le lecteur, j'ai donc fait le choix de traiter le sujet de façon très générale. Les éléments auxquels je fais référence datent, pour certains, d'environ 30 ans mais peuvent toujours constituer une référence.

 

Vingt trois classes maternelles étaient rattachées à l'enseignement primaire communal,le Lycée Royal (devenu Athénée Campin) et l'Ecole normale dépendant de la Communauté française possédaient également un enseignement maternel (qu'on appelle communément "écoles gardiennes"), dix écoles de l'enseignement libre ont aussi adjoint des classes maternelles à leurs écoles primaires.

 

L'enseignement primaire est partagé entre le réseau officiel et libre. Si Tournai compte vingt-quatre écoles primaires, sept d'entre elles sont communales. La plus importante est celle de l'institut Notre-Dame, dirigée par les Frères des Ecoles Chrétiennes, dont l'origine remonte à 1824 et qui se situe à proximité de la cathédrale entre le rue du Four-Chapitre et des Choraux. La plus ancienne est l'école dirigée par les Soeurs de l'ordre des Ursulines de l'Union Romaine, installée à la rue des Carmes depuis 1667. Les écoles des Soeurs de la Sainte Union des Sacrés-Coeurs à la rue des Campeaux (1873), des Soeurs de Saint-André, à la rue du Château (1860), de Saint-Louis, rue des Ingers (1879), des Salésiens de Don Bosco, boulevard Léopold (1895), de Saint- Joseph, chaussée de Lille (1898) sont fréquentées par plusieurs centaines d'élèves. L'école primaire la plus récente est l'école Saint-Michel, à la rue Saint-Eleuthère qui a connu un essor considérable suite à la création d'un tout nouveau quartier résidentiel à la fin des années soixante.

 

Dans l'enseignement dit "moyen", les institutions sont partagées entre la Communauté française (Athénée Bara, Athénée Campin, Ecole Normale) et l'enseignement libre (Institut Notre-Dame mieux connu sous le nom d'Ecole des Frères, collège Notre-Dame, collège Notre-Dame de la Tombe à Kain, Ursulines, Saint-André à Ramegnies-Chin, Sainte-Union).

 

Longtemps décrié, l'enseignement technique connaît enfin une reconnaissance méritée et est fréquenté par des milliers d'étudiants dont de très nombreux issus de pays étrangers parmi lesquels les Français sont les plus nombreux : l'institut Don Bosco (boulevard Léopold) s'est spécialisé dans les métierss de la construction, la mécanique, l'informatique..., les Hautes Ecoles de la Communauté française dispensant les cours de nursing, des professions para-médicales, l'école Jeanne d'Arc forme des puéricultrices et des infirmière hospitalières. L'Académie des Beaux-Arts compte environ 350 inscrits lors de la dernière rentrée académique, l'école d'architecture Saint-Luc à Ramegnies-Chins, enseignement universitaire rattaché depuis peu à l'UCL vient d'enregistrer 267 inscriptions en première année en cette rentrée 2010.. Des étudiants français viennent chaque année tenter leur chance en participant à un tirage au sort depuis l'instauration d'un numérus clausus, ceux-ci ne proviennent pas uniquement des départements jouxtant la frontière belge mais sont aussi originaires du Sud-Ouest, de Bretagne ou de la région parisienne. L'Ecole d'Horticulture, située au Boulevard Léopold, dispense un enseignement technique pour les métiers de la terre. Le Conservatoire de Musique devient lui trop petit dans ses locaux de la place Reine Astrid. L'ITMA, Institut Technique des Métiers de l'Alimentation (chaussée de Lille) est reconnu dans son domaine et remporte souvent, grâce à ses élèves, de nombreux prix en Belgique et à l'étranger.

 

L'enseignement privé est apparu en 1831 et fut fondé par Julien Telle, un grammérien qui quittera Tournai pour la capitale française, auteur de nombreux ouvrages sur la langue française, il sera élu secrétaire de la Société libre des Sciences, Belles-Lettres, Arts et Industrie de Paris. Tournai connut également l'Ecole Madeleine Montagne, rue de l'Athénée, disparue en 1971, l'Ecole Jonet, rue Beyaert et l'Ecole de Coiffure tournaisienne fondée en 1957 à la rue de Monnel.

 

L'enseignement spécialisé et les institutions pour handicapés adultes feront l'objet d'un article prochainement.

 

Si environ 24.000 élèves ou étudiants étudient à Tournai, il nous faut remarquer que ce secteur est pourvoyeur de près de 2.500 emplois directs (instituteurs, professeurs, éducateurs,  personnel administratif, personnel d'entretien...) et de nombreux emplois indirects.

 

(sources : "Dossier Tournai-Tournaisis de 1830 à nos jours" paru en 1976, article de Mr. Théo Verheyden, édité par le Comité tournaisien de l'Association des Villes historiques et informations parues dans la presse locale).

18:13 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, enseignement |

22 sept.
2010

18:35

Tournai : un enseignement de qualité (2)

Quoi de plus naturel d'aborder ce long sujet consacré à l'enseignement tournaisien par un cours d'histoire. 

 

Celle que nous avons appris lors de nos études fait remonter l'organisation de l'école à Charlemagne, c'est également ce que proclamait, dans une chanson, France Gall dans les courant des années soixante. A Tournai, selon l'historien J. Cousin dans son ouvrage sur Tournai parue en 1620, il existait déjà, au Ve siècle, un lieu d'enseignement qu'avaient fréquenté Saint Médard et Saint Eleuthère. Plus certainement, durant le XIe siècle, l'écolâtre Odon enseigne à Tournai les sept arts libéraux à des élèves venus de Flandre, de Bourgogne et même d'Allemagne. Nous avons vu dans la série consacrée à la construction de l'Hôtel des Anciens Prêtres qu'une école capitulaire existait à proximité de la cathédrale. L'évêque Walter de Marvis avait créé, au XIIIe siècle, l'école dite des Bons Enfants.

 

En 1620, une maison du Réduit des Sions fut achetée par l'évêque Maximilien de Gand pour y installer le collège des Hibernois ou Irlandais, fréquenté à l'origine par des jeunes gens natifs d'Irlande. En 1690, on note l'existence à Tournai d'un Collège de Médecine sous l'invocation de Saint-Luc et en 1824, l'Administration Communale va créer, aux Croisiers, une Ecole de médecine qui sera supprimée en 1846. On y enseignait la physiologie, la botanique, la chimie, la pharmacie, l'histoire naturelle, la pathologie... Notons encore la création d'une école industrielle, de l'Académie de dessin sur proposition du sculpteur Antoine Gillis en 1757 et d'une école de musique ouverte en 1829. C'est en 1773 que l'impératrice Marie-Thérèse concéda les bâtiments du noviciat des Jésuites qui venaient d'y être expulsés au chapitre de la cathédrale pour y ouvrir des classes et un pensionnat. Le collège fut réorganisé en 1810 par le maire de Rasse et mis à la charge financière de la Ville, sa direction devint laïque. Ce collège qui portait le nom d'Athénée Royal passa dans le giron de l'Etat en 1850.   

 

Dès le début du XVIIIe siècle, des écoles primaires virent le jour instituées par la charité privée ou par l'administration communale. C'est ainsi qu'on vit la création d'une école au local de Montifaut instituée par Marie Catherine du Chambge, le 10 janvier 1706. Dans la rue Blandinoise, une maison occupée par un écclesiastique dispensait également le savoir à de jeunes élèves. En 1819, des écoles gratuites qu'on désignait alors sous le nom de Jésuitesses furent ouvertes à la rue Madame et à l'impasse de la rue Dewasme. En 1858, une école primaire payante fut créée par l'Administration communale à la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Le XXe siècle apporta l'enseignement obligatoire tout d'abord jusqu'à l'âge de 12 ans pour être porté par la suite à 14, voire 16 ans. Aux écoles primaires de jadis, on allait adjoindre les maternelles accessibles dès l'âge de 3 ans, le quatrième degré qui prolongeait les études primaires, l'enseignement secondaire et l'enseignement technique supérieur. A la fin des années soixante se développa l'enseignement spécialisé d'abord primaire et ensuite secondaire qui permit aux enfants présentant un retard de développement, aux handicapés physiques ou mentaux de pouvoir apprendre à leur rythme. Un des pionniers dans le domaine à Tournai a été Gérard Canivet, fondateur avec son épouse, du Saulchoir à Kain. Rapidement le pouvoir communal ouvrit, à la Porte de Lille, les Horizons Nouveaux. Le décor est planté, l'histoire a été succintement résumée, nous pourrons désormais examiner les différentes possibilités qui sont offertes par l'enseignement, à notre époque, au sein de la ville des cinq clochers...

 

(sources : A.F.J Bozère "Tournai, Ancien et Moderne" édité en 1864 chez Adolphe Delmée, éditeur tournaisien) 

18:35 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, enseignement, histoire |

21 sept.
2010

10:23

Tournai : un enseignement de qualité.

Puisque les écoliers et étudiants ont repris le chemin de l'école, puisqu'on évoque ces jours-ci un projet d'allongement des études d'instituteurs de trois à cinq ans, l'Optimiste a décidé de se pencher sur le sujet de l'enseignement à Tournai.

 

La rentrée étant désormais effective dans tous réseaux, à Tournai, comme ailleurs, la circulation automobile est redevenue, en ce mois de septembre, un peu plus difficile aux heures de pointe et d'importantes files se forment sur les grands axes de pénétration dans la cité dès 7h30. Il y a bien entendu les navetteurs qui se rendant à la gare et les personnes qui travaillent au sein des services, des PME et des 780 commerces tournaisiens, il y a surtout près de 24.000 élèves et étudiants qui suivent des cours dans les différents établissement d'enseignement (chiffre qui m'a été fourni dernièrement par l'échevin de la mobilité). Un nombre réellement important par comparaison aux 30.200 habitants que compte la ville de Tournai sans les villages qui lui sont rattachés depuis la fusion des communes en 1976. Si trains et bus déversent quotidiennement un flot de jeunes, on relève également que, depuis une vingtaine d'années, une large majorité d'étudiants de l'enseignement supérieur viennent à Tournai au moyen de leur propre véhicule et que le co-voiturage n'y est pas encore entré de façon significative dans les moeurs. On n'est donc pas surpris de constater que les aires de stationnement de délestage situées aux entrées de la ville sont saturées dès 8h le matin. Il en va ainsi des parkings de la Maison de la Culture, du Halle des Sports de la CET, du quai Donat Casterman et des boulevards de ceinture. Bien malin, le visiteur occasionnel qui, en journée, voudrait trouver une place libre en voulant éviter le stationnement réglementé du centre de la ville. Cela devient aussi impossible que de décrocher la cagnotte d'Euro-millions !

 

Si à l'instar de Mons, Louvain-la Neuve, Namur ou Liège, la cité des cinq clochers n'est pas une ville à vocation universitaire, elle possède un enseignement allant de la maternelle aux hautes écoles en passant par les réseaux primaires, secondaires, techniques et l'enseignement spécialisé dont la spécificité est reconnue bien au-delà de nos frontières. L'enseignement dispensé à Tournai possède la particularité d'attirer de très nombreux étudiants français. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les cars spéciaux en provenance du Nord de la France amener quotidiennement des centaines de jeunes résidents dans l'Hexagone. Il est tout aussi facile de constater la présence de très nombreux véhicules immatriculés dans les départements du Nord, du Pas de Calais  et même de l'Aisne ou de la Somme qui stationnent durant la semaine, partout en ville. On ne compte pas non plus le nombre d'ambulances ou de véhicules médicalisés qui transportent de jeunes handicapés français vers les établissements dispensant l'enseignement spécialisé, certains viennent même de très loin, de régions situées aux portes de Paris.

 

Dans les articles qui vont suivre, nous allons parler de l'enseignement tournaisien, de son histoire et de son actualité. Nous voyageronsau sein des deux réseaux qui se côtoient, le libre et l'officiel, nous parelrons des écoles privées, un enseignement un peu plus confidentiel.  

10:23 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, école, enseignement |

18 sept.
2010

09:24

Tournai : expressions tournaisiennes (88)

J'vouleos faire court aujord'hui pasque j'n'aveos pos beauqueop d'temps et j'n'aveos pos appris des nouvelles fort intéressantes. Et puis, tout à n'ein queop (tout d'un coup), l'téléscripteur de l'Optimisse i-s'a inflammé (il s'est enflammé). On a ainsin (ainsi) appris, hier au soir, que l'piétonnier i-alleot ête interdit aux piétéons. Eine demi-heure pus tard, Fifinne elle m'a téléphoné pou m'l'anneoncher (annoncer). Ov'là (voilà) c'qu'elle m'a dit, elle qui n'a pos s'lanque (langue) à s'poche :

 

"Ch'est pas à en croire ses orelles (oreilles) mais ch'est pourtant bin vrai, pindant trois (trois) s'maines, de l'journée, on n'pourra pus aller acater (acheter) s'pain et ses chucartes (sucreries) chez Herbaut, s'laine chez Phildar, s'toubaque (tabac) au magasin du coin et les garcheons et les files (garçons et les filles) qui veont à l'école i-n'veont pus savoir aller minger leus frites tous les midis. Tout cha pasqu'on va mette des tuauts (tuyaux) d'gaz, d'ieau (eau) et d'l'élestrique (électricité) avant d'mette d'nouvelles dalles. Et dire que l'marchand d'sorlets (souliers) i-a serré (fermé) s'boutique, i feaut croire qui saveot que cha n'alleot pos...marcher ! 

 

Bin seûr (bien sûr), on saveot d'puis lommint (longtemps) que cha alleot qu'mincher (commencer) après l'braderie, mais l'dire ainsin à les commerçants l'avant-velle (l'avant-veille), cha n'fait pos sérieux, à croire que m'n'heomme (homme) qui deveot mette cha in route, i-aveot tell'mint l'esquite (tellement peur) qui l'a toudis orporté (toujours reporté) jusqu'au momint où i n'a pus pu ou alors i-a fait karmesse (kermesse) pindant quinze jours. J'plains l'gestionnaire du centre d 'ville qui a du aller, comme ein p'tit soldat, tout seu (tout seul) au combat. L'brave gars i-a seûrmint (sûrement) eu ses orelles qui ont chifflé (sifflé) et pourtant ch'est ein dévoué qui n'mérite pos cha.

 

Ainsin pus questieon d'passer pa l'rue Gallait (si tout va bin et ch'est pos seûr), jusqu'à l'mitant du meos d'octobre (la moitié du mois d'octobre), après cha s'ra au tour de l'rue de l'Cordonnerie et les deux eautes (deux autres) bé cha s'ra in plein (en plein) avant l'fiête de Noë (la fête de Noël). Si i-d'a (si il y en a) qui feont l'marché d'Noë dins l'neiche (neige), ichi cha s'ra "treos et berdoule" (trous et boue), les bottes elles veont servir. Dins l'feond (Au fond), on areot (aurait) monté des chalets su l'plache (place) Saint Pierre, les vindeus (vendeurs) i-aureot'tent pus débagager (déménager) pindant que les ouverriers i-ouvreot'tent dins leu rue (pendant que les ouvriers travaillaient dans leur rue). M'comarate (camarade) Eddy i-ara pus aller faire des molles gaufes comme i-fait l'brad'rie quand i-est pos parti".

 

J'ai bin (bien) essayé d'dire à Fifinne que ch'éteot ein problème d'sécurité et qu'on n'pouveot pos laicher (laisser) passer les gins (gens) inter (entre) les greos camions et les ingins (engins), i-pourreot avoir des morts ou des blessés. J'li ai dit qu'on n'fesot pos d'omelette sans casser les oués (oeufs) et qui falleot savoir souffrir pou après ête l'pus bieau (le plus beau) quartier de no (notre) ville, elle m'a répondu tout net : "ch'est ti qui va payer les journées que ces gins i-n'ont pos ouvré (travaillé), vas t'in écrire t'n'artique (article) mais fais bin attintieon (attention) à ce que te mets d'dins (dedans), j't'ai à l'ouel (je t'ai à l'oeil) et in'feaut pos déformer mes meots (mots)".

 

Bé ch'est fait, asteur, j'vas aller vir (maintenant, je vais aller voir) si l'compteur de Skynet i-est débloqué, pasque je n'veos pus si vous v'nez acore (encore) su m'blog ou si j'écris pou les mouques (mouches). Et dire que... j'n'aveos rin (rien) à dire. (S.T. septembre 2010)

09:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

16 sept.
2010

18:40

Tournai : gastronomie tournaisienne (2)

Le premier article consacré à ce sujet semble avoir mis, au moins, un visiteur en appétit si j'en juge les commentaires reçus !

 

J'ai eu l'occasion lors de mes recherches de découvrir quelques menus de repas donnés, à des occasions bien particulières, dans la cité des cinq clochers. Beaucoup d'entre nous ont entendu parler de ces repas gargantuesques qui avaient pour cadre la cour des rois de France à Versailles. On y mangeait, durant des heures, des plats apportés par des dizaines de serveurs. On y buvait les meilleurs vins. A Tournai, lors du 50e anniversaire de fonction de l'architecte de la ville, Bruno Renard, le 22 février 1858, le menu concocté par l'Hôtel du Singe d'or n'avait rien à envier à ceux que faisait servir Louis XIV. Qu'on en juge :

 

Huitres royales  -  Potage : consommé de volaille  -  Bouchées à la reine  -  Cromesquis à la Colbert  -  Turbot sauce hollandaise  -  Filet de boeuf à la Périgueux  -  Tête de veau en tortue -  Poulardes du Mans à la régence  -  Gigue de chevreuil, sauce poivrade  -  Ris de veau à la Toulouse  -  Oeufs brouillés aux truffes  -  Macaroni à l'italienne  -  Faisans de Bohême rôtis  -  Bécasses flanquées de bécassines  -  Pâté de foie gras  -  Mayonnaise de homards  -  Aspic de Volaille à la Condé  -  Jambon d'Anvers à la gelée  -  Salade à l'indienne  -  Plum-pudding au rhum  -  Charlotte russe à la vanille  -  Pièces montées, glaces, café, liqueurs...

 

Huit années plus tard, le 16 septembre, l'école d'Agriculture et d'Horticulture de Tournai offre un banquet lors de sa 93e exposition, le Roi Léopold et la reine son présents à cette occasion :

 

Potage à la Julienne  -  saumon sauce hollandaise  -  Filets de boeuf à la Jardinière  -  Volailles truffées  -  Turban de filet de lièvre  -  Aspic de foie gras en belle-vue  -  Légumes  -  Perdreaux  -  Buisson de Homard  -  Pâté froid  -  Pudding  -  Glaces et fruits.

Même le réalisateur du film "La grande bouffe" n'aurait osé imaginer une telle débauche gastronomique. A côté de cela, le menu servi le 13 mai 1970, à l'occasion de l'inauguration par le roi Baudoin et la reine Fabiola de l'hôtel de ville reconstruit ressemble à lunch. il proposait en effet :

Filets de sole Grandville, selle d'agneau à la nicoise, dijonnaise glacée et moka.

Un peu peu ne trouvez-vous pas.

Quant aux banquets de société de notre région, depuis toujours ils proposaient : la langue sauce madère, le roti accompagné d'une jardinière de légumes et de croquettes, le gâteau et le café.

Avant de clôre ce chapitre, n'oublions pas de citer les couques de suisse, des boules de pâte à pain cuites dans l'eau bouillante et dégustée avec du beurre qu'on a fait fondre et de la cassonade (vergeoise), les coucoubaques qui désignent les crêpes mangées au soir de la Chandeleur avec du sucre blanc, de la cassonade ou de la confiture-maison, les molles gaufres qu'on cuisait dans un fer à gaufre placé sur le foyer et graissé avec un morceau de gras de cochon, gaufres mangées le soir de la Toussaint.

 

(sources : "Dossiers Tournai-Tournaisis de 1830 à nos jours" édité en 1976 par le Comité tournaisien de l'Association des Villes historiques)

18:40 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, gastronomie, repas de sociétés |

15 sept.
2010

19:30

Tournai : gastronomie tournaisienne

Bientôt on rentrera les barbecues, on rangera le mobilier de jardin et on oubliera les trop rares occasions de passer la journée à l'extérieur. Durant la première quinzaine de juillet, il y faisait trop chaud tandis que pluie et fraîcheur marquèrent tout le mois d'août. Finis donc les petits plats préparés rapidement, les saucisses grillées, les steaks sur le grill et les salades. L'automne et l'hiver nous ramènent le temps des plats mijotés, des menus plus élaborés, des repas de famille. C'est le moment que j'ai choisi pour vous parler de ces préparations typiquement tournaisiennes.

 

Dans la littérature culinaire de la cité des cinq clochers, on découvre de petites merveilles bien de chez nous. En ce qui concerne plats froids et entrées, citons tout d'abord : l'mutieau qui est un paté grossier, une bouillie de viande composée de bas morceaux, épicée et présentée le plus souvent dans une assiette profonde. Il n'est pas rare d'entendre les tournaisiens bon teint demander à leur boucher, une platée d'mutieau. Ce plat se mange en entrée ou avec une tartine.

 

L'tiête de vieau (tête de veau) se mange accompagnée de deux sauces : une sauce blanche et une vinaigrette.

 

Le vendredi soir, la ménagère composait bien souvent son dîner (repas du midi en Belgique) ou son souper (repas du soir) d'un sauret (hareng saur) avec des pennetières craquées (pommes de terre en robe des champs cuites dans le four des feux au charbon ou à bois). Certains les nommaient aussi pennetières à l'buse !

 

Qui n'a jamais goûté la soupe au lait battu. A la maison, elle était préparée avec du lait battu (résidu liquide de la préparation du beurre) chauffé dans un poëlon auquel on ajoutait de la crème vanille, du sucre et des pâtes représentant les lettres de l'alphabet. Il y avait d'autres variantes !

 

N'oublions pas les spécialités du Lundi Perdu ou Lundi Parjuré dont j'ai déjà expliqué l'origine au sein de ce blog. On y trouvait l'lapin à z'orelles de beos (lapin à oreilles de bois). Il s'agissait d'une grosse saucisse dont les extrémités étaient tenues fermées par des bâtonnets, ce plat était parfois nommé, dans certaines familles, "étrennes du boucher" car c'est ainsi que le commerçant récompensait sa fidèle clientèle durant les premiers jours de janvier. La salade tournaisienne se mange en hiver, elle est donc composée des légumes qu'on trouvait à cette époque dans le jardin de notre région, c'est un plat riche préparait par les pauvres ! On y trouve, de l'huile, du vinaigre, du sel, du poivre, des chicons (endives) coupés en fines lamelles, de la mâche ou salade de blé, de la barbe de capucin ou du pissenlit, des cerneaux de noix, des pommes découpées en tranche, des oignons cuits au four, des betteraves rouges cuites et macérées dans du vinaigre, des haricots blancs. Le prince du repas reste l'lapin à la tournaisienne. Après avoir fait fondre du beurre dans une grande casserole, y faire roussir des oignons, passer les différents morceaux du lapin y compris la tête dans de la farine, faire dorer les morceaux, ajouter ensuite de l'eau (certains y mettent de la bière mais il ne faut pas oublier qu'à l'origine, c'était la simplicité qui prévalait). On ajoute ensuite les "preones et les rogins" (prunes et raisins secs), saler et poivrer et laisser guernotter (mijoter) à feu doux. On dit que le lapin est à point quand la viande commence à se détacher des os. On le sert alors avec des pommes de terre cuites à l'eau. C'est un véritable coup de pied à la coutume que d'y adjoindre des croquettes ou des frites comme le font des restaurateurs à notre époque !

 

En ce qui concerne les desserts, citons l'tarte au risse (tarte au riz), l'tarte à preones (aux prunes) spécialité de l'ancienne maison Mamour à Froyennes.

 

Une spécialité de pain qu'on trouve également dans le Nord de la France est la faluche (ou tendue) appelée ainsi parce qu'on étirait la pâte avant de l'enfourner. Tartinée de beurre et de cassonade (vergeoise) et passée quelques secondes au four, voilà un délice pour le "quatre heures" de l'enfant rentrant de l'école. 

 

Durant la journée on suçait les "ballons d'Tournai", ballons noirs et les "bêtises de Tournai", bonbons à la menthe, spécialités de la maison Faignard aujourd'hui disparue.

 

Il y a une vingtaine d'années, l'association des boulangers et patissiers de la Ville ont lancé, le gâteau Clovis. Une pâte nappée de frangipane et truffé d'amandes.

 

Peut-être vous ai-je donner des idées, je vous souhaite "bon appétit"

 

 

 

 

 

19:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : tournai, gastronomie, spécialités tournaisiennes |

14 sept.
2010

19:49

Tournai : les grandes heures du théâtre lyrique.

Il y a deux ou trois décennies, au lendemain de la braderie, on avait coutume de proclamer au sein des familles tournaisiennes que "désormais l'automne allait arriver". Procession et braderie semblaient sonner la mort de l'été. Il n'était d'ailleurs pas rare, avant qu'on ne parle de réchauffement climatique, de voir, à cette époque de l'année, beaucoup de familles rallumer le chauffage pour effacer la petite fraîcheur matinale.

 

Il y a deux siècles, à la mi-septembre, c'en était presque fini des longues soirées passées sur la pas de la porte, entre voisins, à parler de tout et de rien. Les jours se faisant plus courts, on allait recommencer la coutume du "noir quart d'heure", ce moment entre chien et loup, où on attendait, par souci d'économie, pour allumer les chandelles en s'éclairant à la flamme vacillante du feu au bois ou au charbon.

 

A une époque où la télévision, le cinématographe, la TSF, le phonographe n'avaient pas encore été inventés, l'été terminé, les distractions se faisaient rares. On jouait aux cartes, aux dominos, aux échecs ou aux dames, le plus souvent les femmes tricotaient en prévisision des froidures de la morte saison, les hommes parfois bricolaient ou se reposaient d'une dure journée de labeur en regardant monter les volutes de fumée d'une pipe embaumant la pièce de séjour.

 

La seule distraction extérieure qui réunissait toutes les générations et toutes les classes sociales était le théâtre, temple de la musique et du spectacle, car l'estaminet, comme on appelait alors le débit de boissons, était uniquement réservé aux hommes, jamais une dame n'y aurait mis les pieds sous peine d'être qualifiée de "femme de mauvaise vie".

 

Le théâtre de Tournai était situé à la rue Perdue, il avait été construit en 1745, l'année où se déroula la bataille de Fontenoy. Au milieu du XIXe siècle, au moment de l'indépendance de la Belgique, A. Delangre nous dit dans son livre "Le théâtre et l'art dramatique à Tournai", paru aux éditions Vasseur-Delmée que le théâtre est devenu une nécessité sociale. Il ajoute que les séances y étaient extrêmement longues et voyaient souvent se dérouler, en un seul après-midi, un drame et un opéra ou un opéra-comique, un vaudeville et une opérette avec en intermèdes des acrobates, danseurs de cordes, prestidigitateurs, athlètes... des numéros de music-hall comme on les appellerait maintenant.

 

On y va tout spécialement écouter deux artistes tournaisiens de brillante renommée : Charles Wicard (1826-1882), brillant ténor engagé à l'Opéra de Paris et à la Monnaie à Bruxelles et Jean Noté (1858-1922), incomparable baryton doté d'une voix puissante qui devint, à 35 ans, l'enfant chéri du public parisien en étant lui aussi engagé à l'Opéra.

 

A partir de cette époque et plus encore au début du XXe siècle, le Théâtre lyrique de Tournai devint une des meilleures scènes du pays. Tout le répertoire des opéras, opéras-comiques, opérettes y est interprété par des troupes belges ou françaises auxquelles se joignent, dans les premiers rôles, des vedettes de tout premier plan. Carmen, les Mousquetaires au couvent, Phi-Phi, la Fille de Madame Angot, La Veuve joyeuse et bien d'autres créations du répertoire seront représentées régulièrement dans le théâtre de la rue Perdue avant que celui-ci ne soit détruit par les bombardements laissant un terrain vague qui subsistera jusqu'au début du XXIe siècle avant que n'y soit construite l'actuelle "Résidence... du Théâtre"

 

Après la seconde guerre mondiale, c'est la Halle-aux-Draps qui servit, pendant près de 25 années, de salle de théâtre. Dans un confort relatif, les amateurs tournaisiens purent y applaudir Luis Mariano, Rudy Hirogoyen, Tony Poncet... dans Andalousie, la Belle de Cadix, la Route fleurie ou encore le Chanteur de Mexico.

 

Peu à peu, on constata une désaffection du public pour ce genre musical décrié depuis bien longtemps par les mélomanes et considéré par eux comme mineur. L'année 1968 marqua un tournant et la création des maisons de la culture sonnèrent le glas de l'opérette ou de l'opéra notamment à Tournai. On préférait désormais les pièces d'avant-garde, les pièces dites de boulevard, les oeuvres théâtrales modernes et parfois encore classiques. Peut-être qu'un certain snobisme s'empara des spectateurs, la génération du baby-boom, née après la seconde guerre mondiale, était devenue adulte et ses représentants brulèrent rapidement ce que leurs parents et grands-parents avaient adoré. Paradoxalement plus le message d'une pièce était hermétique, plus il était de bon ton d'encenser son auteur. La saison lyrique mise sur pied par le service culturel de l'Administration Communale vit son programme raboté un peu plus  chaque année, et, finalement, la décision fut prise, il y a environ une quinzaine d'années, de ne plus organiser de spectacles de ce genre dans la cité des cinq clochers. Les amateurs du genre, souvent des personnes plus âgées, sont désormais conduits par cars, le dimanche après-midi, au théâtre de Lille, la métrople française n'étant distante de la cité des cinq clochers que de 25 kilomètres.

 

Procession et braderie sont terminées, ce soir on regardera le programme de la télé, on nous bombardera d'informations peu réjouissantes, on nous abreuvera d'images de violence, de sexe, de guerre. On évoquera, en long et en large, avec une sorte de plaisir malsain, les pires turpitudes que notre société engendre, on verra et reverra les mêmes navets et on aura l'impression de s'être distrait. C'est à ce moment-là qu'on regrette le Pays du Sourire !

 

19:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, théâtre, opéretet, opéra |