31 août
2010

18:32

Tournai : la saison culturelle 2010-2011 (2)

Durant les mois de novembre et décembre, le programme offria un panel de créations artistiques touchant le théâtre, la danse, la musique, le chant, l'humour...

 

Les mardi 9 et mercredi 10 novembre, à 20h, dans la salle Frank Lucas, Hamadi nous revient avec une nouvelle pièce intitulée "Sans ailes et sans racines". Accompagné de son fils Soufian, il aborde les visions différentes d'un père né au-delà de la Maditerranée et arrivé en Belgique très jeune et d'un fils né ici. Un dialogue qui ouvre un débat bien actuel.

 

Le vendredi 12 novembre, la salle Jean Noté accueillera un enfant de Tournai, un artiste qui a fait mentir l'expression "nul n'est prophète en son pays", Bruno Coppens présentera, en avant-première, son nouveau spectacle intitulé "Mes singeries vocales". Ce jongleur des mots ne sera pas seul sur scène, un autre Tournaisien, Eloi Baudimont l'accompagnera au piano.

 

Autre temps fort de ce début de saison, "Le Garçon du dernier rang" de l'écrivain espagnol Juan Mayorga, mis en scène par l'argentin Jorge Lavelli sera représenté le lundi 15 novembre à 20h, en la salle Jean Noté. Un spectacle vif, cocasse, interprété avec hargne et humour. L'histoire d'un élève assis au fond de la classe et de son maître, un jeu subtil où se mêlent, jusqu'à se confondre, réalité et fiction.

 

Le mercredi 17 novembre, en la salle Frank Lucas, "Albatros" est une pièce écrite pour la jeunesse mais qui devrait également satisfaire les adultes.

 

Le même soir, dans la salle Jean Noté, chants et musique avec Aka Moon, le trio de jazz belge, le percussionniste malien Baba Sissoko (créateur de Mali-Mali) et l'orchestre Black Machine. Une soirée à la rencontre des influences et des cultures.

 

Le samedi 20 novembre, à 20h, l'église Saint Jacques servira de cadre au concert du "Quatuor Takacs" dans des oeuvres de Schubert, Haydn et Daniel Kellogg. Ce quatuor a été de très nombreuses fois primé depuis sa fondation en 1975, notamment à Evian, Portsmouth, Bordeaux ou Budapest. Il a déjà enregistré une quinzaine de disques encensés par la critique internationale.

 

Dans le cadre du "Next Festival", les samedi 27 et mardi 30 novembre, création de la pièce "Chronique d'une ville épuisée" de Fabrice Murgia dont on avait vu lors de la précédente saison "Le chagrin des orgres".  Une pièce sans paroles interprétée par Olivia Carrère.

 

le vendredi 3 décembre, en la salle Jean Noté, tour de chant de Gaëtan Roussel, ancien membre du groupe Louise Attaque et de Tarmac.

 

Le dimanche 5 décembre, toujours dans la salle Jean Noté, le maître du djembé "Mamady Keïta et son all stars band Sewan Kan" dans un concert haut en couleur.

 

Le mercredi 8 à 20h et le samedi 11 décembre à 16h, Les Royales Marionnettes interprètent " La Légende Merveilleuse de Godefroy de Bouillon", un spectacle hilarant et iconoclaste présenté par Mélanie Delva et Didier Balsaux.

 

On refusera certainement du monde, le samedi 11 décembre, à 20h, à la salle Jean Noté pour le concert acoustique d'Axelle Red.

 

Le mercredi 15 décembre à 16h et à 20h "(Premiers pas) sur la dune", pièce présentée pour un public jeune en matinée et pour les adultes en soirée, un théâtre d'images en plusieurs tableaux servi avec humour et tendresse qui aborde, en filigrane, la question de la paternité.

 

Un genre assez rare à Tournai, les jeudi 16 et vendredi 17 décembre en la salle Jean Noté : la comédie musicale. Jean Pierre Bodin présente "Chemise propre et souliers vernis", un mélange d'histoires, d'anecdotes, de farces, de chansons à écouter et de muisque à danser.

 

Autre spectacle musical, le dimanche 19 décembre à 18h (une heure inhabituelle), "La fanfare détournée" sous la direction d'Eloi Baudimont dans son concert ""Mademoiselle Brindamante", un album enrgistré en juillet 2010. En première partie : "Le grand orchestre national lunaire" composé de pas moins de 80 musiciens.

 

L'année se terminera par un Noêl au théatre avec "Madame Sonnette" proposé par le Théâtre des 4 mains (Equipe du Canard Noir). On pourrait le resumer comme suit : il était une fois dans la gare de Petit-Sart-les-Pois... !

30 août
2010

18:15

Tournai : la saison culturelle 2010-2011 (1)

Attendu chaque année avec impatience, le programme de la Maison de la Culture de Tournai pour la saison 2010-2011 vient de paraître.

 

Nous analyserons aujourd'hui l'offre des mois de septembre et octobre.

 

Celle-ci démarre le samedi 18 septembre, à 20h, en la salle Jean Noté. La Fondation FaMaWiWi et la Maison de la Culture présente "Marion et Albert Jacquard, dialogue". Tout le monde connaît ce philosophe français, polytechnicien, généticien des populations, visionnaire d'une société nouvelle. Il est accompagné de sa petite-fille, pianiste, pour nous offrir une dialogue en pensée et en musique sur le thème des passeurs de mémoire.

 

Une semaine plus tard, le samedi 25 septembre, dans le cadre du Festival Wallonie Hainaut, les mélomanes seront conviés à écouter, en la cathédrale Notre-Dame, la "Missa Tournai" par l'ensemble De Caelis. Oeuvre médiévale à cappella créée au sein de notre prestigieux édifice en 1349 et dont le manuscrit est parvenu jusqu'à nous.

 

Le mardi 28 septembre, dans la salle Jean Noté, As Palavras-Cie Claudio Bernardo présentera "L'assaut des cieux", un spectacle combinant danse et acrobaties, exécuté par six danseurs-virtuoses, accompagnés d'une chanteuse.

 

Destiné aux enfants mais aussi à leur parents, "Fenêtres" présenté le samedi 2 octobre, à 16h, dans la salle Frank Lucas émerveillera petits et grands. Un voyage sonore et visuel interprété par Florence Laloy et Bénédicte Moreau, composé de poèmes, ritournelles, chants, histoires et comptinnes dans une scénographie ludique.

 

le même jour, à 20h, à la chapelle du Séminaire épiscopal, l'ensemble Deba de Mayotte présentera "Polyphonies de l'ïle de Mayotte". Quinze femmes de 16 à 62 ans s'unissent pour chanter l'amour terrestre et divin. En première partie, les participants pourront retrouver le duo "Elle et moi" formé par les Tournaisiennes Myriam Mélotte et Anne Quintin qui interprètent des polyphonies traditionnelles ou d'aujourd'hui.

 

Le vendredi 8 octobre, à 20h, en la salle Jean Noté, le cirque sera une première fois à l'honneur grâce aux artistes issus des promotions 2008, 2009 et 2010 de l'Ecole Supérieure des Arts du Cirque (Esac) de Bruxelles dans des numéros à la bascule, aux roues, muticordes, rolas-bolas... Ce spectacle, intitulé tout simplement "Sorties, 8,9,10" a été présenté en juillet 2010 à La Vilette à Paris et aussi aux Halles de Schaerbeek.

 

Ce n'est pas être chauvin que de dire que les Tournaisiens auront probablement à coeur de découvrir, le mercredi 13 octobre, à 20h, en la salle Frank Lucas, "Le hibou" une pièce écrite et mise en scène par la Tournaisienne Céline Delbecq, sortie en 2008 du Conservatoire de Mons. Elle est interprétée par le Zététique Théâtre. Histoire de quatre êtres solitaires liés par l'absence, l'amour et la peur et qui se rencontrent.

 

Les jeudi 14 et vendredi 15 octobre dans le bar de Vins par-ci, vins par-là dans le quartier Saint-Brice, on découvrira, "La chute", adapté de l'oeuvre d'Albert Camus par Benoit Verhaert. L'histoire d'un homme qui cherche à tromper sa solitude dans un bar de nuit d'Amsterdam, une confession de sa lente descente aux enfers.

 

Le vendredi 15 octobre, la salle Frank Lucas accueillera le groupe liégeois "Eté 67" récemment récompensé aux Octaves de la Musique dans les catégories Chanson française et Concert-spectacle de l'année. Un concert pop joyeux teinté d'humour et de constrastes, sur fond d'Ouest américain, aux ambiances cow-boy et western !

 

Un des évènements de la saison se déroulera les mercredi 20 et samedi 23 octobre à 20h, en la salle Jean Noté. Joël Pommerat a revisité l'oeuvre de Collodi "Pinocchio", écrite en 1881, nous embarquant dans une véritable histoire vraie de ce petit pantin de bois, une version moderne et universelle qu icaptive tant les adultes que les enfants.

 

Est-il encore utile de présenter ce chanteur français qui se fit connaître, en 1991, en interprétant en duo avec Mylène Farmer, "Regrets" ? Jean Louis Murat sera en concert, le mardi 26 octobre à 20h, dans la salle Jean Noté.

 

Le mois d'octobre se terminera, le mardi 27 octobre, à 20h, à la salle Lucas par une pièce de Dominique Bréda interprétée par Julie Duroisin, seule en scène, "Emma" dont le point de départ est l'oeuvre de Gustave Flaubert, Madame Bovary.

 

La Maison de la Culture de Tournai s'associe également à des spectacles français, il sera ainsi donné l'occasion de voir "Les Naufragés du Fol Espoir" par le théâtre du Soleil à Paris, le dimanche 26.09 à 13h (durée 3h45 et entracte), la "Soirée Cirque/Circus Soirée", le mercredi 29 septembre au Prato de Lille, "Chiens de Navarre", le mardi 19 octobre à la Rose des Vents à Villeneuve d'Ascq.

 

Dans le prochain article, nous parlerons du programme des mois de novembre et décembre.

 

18:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, maison de la culture, céline delbecq, théâtre |

28 août
2010

18:05

Tournai : expressions tournaisiennes (85)

"Eh bé, mes amisses (amis), cha ch'est temps, l'plouèfe (pluie), elle va caire (tomber) jusqu'à quand ?".

 

Fifinne, elle se délaminte (se lamente, se plaint). Cha fait béteôt (bientôt) treos (trois) jours, qu'elle n'a pas quitté s'maseon (maison). tous jusse (juste), elle a été faire des courses (commissions) inter (entre) les gouttes.

 

"J'vas dev'nir tout quitte (devenir idiot) mi (moi) à n'pus vir (voir) perseonne, ein été parel (pareil) ch'est à t'rinte seot (rendre sot), ch'est l'récauff'mint climatique (réchauffement climatique)".

 

Débaltée pa l'temps (exaspérée par le temps), elle n'a pos perdu s'lanque (langue) pour autant.

 

"J'sus bin hureusse (je suis bien heureuse) de t'vir, l'Optimisse, j'ai dit à Edmeond que j'te l'areos (aurait) dit, j'ai ormaqué (remarqué) eine séquoi (quelque chose) dins t'blog, asteur (mainteant) tes artiques (articles) i-paraîsse'tent au soir. Avant d'canger (changer) faudreot commincher (commencer) à pinser (penser) aux vielles gins (aux personnes âgées) comme nous eautes (autres), on préfère les lire au matin que d'devoir attinte (attendre) jusqu'à nulle heure au soir (bien tard) pou vir ce qu't'as écrit".

 

Profitant qu'elle orpreneot (reprenait) s'n'haleine j'li ai dit :

 

"Bé ch'est l'même cosse !"

 

"Ah neon, ch'est pos l'même, te n'creos quand même pos qu'on va rester éveillé jusqu'à dix heures pou aller su l'ordinateur"

 

"Ba te vas faire des écolomies (économies), t'as l'bi-horaire et l'courant est moins tchier (cher)"

 

Cha n'l'a pos fait rire, quand elle est mourdreusse (grognon), i-feaut pos essayer d'la convaincre.

 

"Bé te l'lis l' lind'main (lendemain) au matin après l'gazette".

 

"Ah neon, les nouvelles elles ne seont pus fraîques (fraîches)".

 

"Pasque te pinses que quand j'parle d'Nicolas Lecreux qui viveot (vivait) au dix-huitième siègle (siècle) ou bin de l'constructieon de l'maseon des Anciens prêtes (prêtres) que les nouvelles elles seont acore (encore) fraîques. Cha n'va rin canger (changer) à l'histoire".

 

"Chacun ses opinieons, mi j'te dis que ch'est du cafouillache (embrouillage, confusion). quand on comminche à écrire eine séquoi l'matin, on continue".

 

On a cangé d'sujet.

 

"Diminche, si i-n'pleut pos, on va aller vir (voir) les Confréries gastronomiques. pus d'siept chint  perseonnes (sept cents personnes) in bieaux (beaux) habits du temps jadis qui veont défiler dans les rues de l'cité et nous inviter à ein grand marché su' l'Grand'Plache".

 

"Et à boire eine beonne pinte" , qu'i-a dit Edmeond

 

"On va t'vir l'Optimisse ?".

 

"Neon, mi, diminche, j'vas au Pays des Mille et Une Nuits"

 

"Ch'est leon d'ichi (c'est loin d'ici), te vas seûr'mint (sûiement) avoir du bieau temps".

 

"Ch'est seûr et certain ou alors j'l'espère bin". Cool

 

Pa l'ferniête, j'veos l'pluèfe (autre écriture pour pluie) qui cait à greos bouilleon (bouillon) et j'comminche aussi à m'délaminter. (S.T. août 2010)

 

 

18:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

27 août
2010

19:10

Tournai : chantiers et projets (3)

Les travaux qui attirent le plus de public sont, bien entendu, ceux de la rénovation de la cathédrale Notre-Dame. C'est, pour ainsi dire, le "chantier du siècle" puisqu'initié après la tornade du 13 août 1999, il durera probablement encore une décennie. Le succès de l'opération "chantier vivant", une visite par les guides qui emmènent les participants voir de près les toitures de la cathédrale, la rosace mais aussi les fouilles, a largement démontré l'importance qu'attachent les Tournaisiens et touristes à cette restauration.

 

Les travaux progressent. Après la pose de la toiture de la nef romane et des tuiles vernissées sur la chapelle Saint Louis, une autre phase concerne actuellement les murs extérieurs de la nef qui sont nettoyés et réparés et l'escalier de la porte mantille qui est en cours de reconstruction. Les fouilles réalisées dans la partie qui relie celles du déambulatoire nord à celles situées à la jonction avec le transept viennent de se terminer. Dès la semaine prochaine, une dalle de béton va recouvrir les nombreuses découvertes des archéologues. Ce lieu va être provisoirement englouti sous le sable dans l'attente d'être aménagé pour des visites souterraines. Les vitraux de la nef ont été recouverts de panneaux translucides qui donnent à l'intérieur de l'édifice une impression irréelle. La nef jadis inondée de lumière aux jours de grand soleil baigne désormais dans une atmosphère crépusculaire. Dehors, pour protéger les ouvriers des morsures du vent et des averses de pluie, de grandes toiles blanches ont été posées sur les échafaudages, elles présentent la particularité de reproduire, de façon épurée, les lignes de l'édifice permettant ainsi aux passants de pouvoir mieux visualiser la façade qu'elles cachent désormais. 

 

Durant l'été, un soir d'orage, un des clochers a été frappé par la foudre, les dégâts furent minimes mais l'inspection réalisée par les services techniques nécessita néanmoins la fermeture temporaire de la rue des Chapeliers. Quelques ardoises et morceaux de zinc tombèrent sur la voie publique sans faire de victime.

 

Les travaux s'accélèrent dans le quartier cathédral, l'ancien "hôtel Dexia" (je préfère hôtel de la Cathédrale mieux connu par les Tournaisiens âgés et immeuble chargé d'histoire) est totalement désossé. Il ne reste que le périmètre extérieur et quelques murs intérieurs. Dans le piétonnier de la Croix du Centre, les rénovations de façades sont en cours, celles d'une demi-douzaine d'immeubles sont presque terminées. La pose des impétrants se poursuit dans les rues du quartier (des Puits l'Eau, de la Tête d'Or, de Paris, des Carliers). Commencés en juin, ils avaient été interrompus durant les vacances. Le quai du Marché aux Poissons a été interdit à la circulation durant deux bonnes semaines au grand dam des commerçants riverains, il fallait adoucir les pentes du plateau casse-vitesse, les pierres de celles-ci n'ayant pas résisté au passage des voitures. On a appris, pendant les vacances, que des subsides étaient accordés pour la construction, par un privé, d'immeubles à appartements sur les emplacements de l'ancien cinéma Multiscope Palace et du Courrier de l'Escaut. On espère que le "trou" d'où surgissent herbes folles et arbustes ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Pour les visiteurs qui viennent de la gare et se rendent à la Grand'Place, il s'agit d'un véritable coup de poing qui leur est asséné depuis près de deux ans.

 

A la rue de l'Athénée se poursuivent les travaux de réhabilitation de l'ancien commissariat de police où vont être aménagés seize logements d'insertion.

 

 Au lendemain de la braderie débuteront les travaux de transformation des rues du quartier. Les problèmes de circulation vont se poser mais il faudra bien prendre son mal en patience.

19:10 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, rénovations |

26 août
2010

19:05

Tournai : chantiers et projets (2)

Les chantiers ouverts au centre de Tournai, c'est-à-dire à l'intérieur de la ceinture des boulevards sont nombreux et vont prochainement se multiplier.

Outre la cathédrale dont nous aurons l'occasion de reparler, le plus spectaculaire d'entre-eux est celui de la création du parking souterrain à la rue Perdue. Après avoir réalisé un mur sur tout le périmètre de la future construction, la phase de creusement a débuté, il y a quelques semaines, à partir de la placette aux Oignons. Travail minutieux car des chercheurs fouillent systématiquement les lieux découverts. Ceux-ci pensaient bien y faire des découvertes puisque cet endroit est réputé être celui de la grande nécropole gallo-romaine s'étendant de la Grand'Place à la rue Perdue, c'est donc tout normalement que depuis le début des fouilles, ils ont mis à jour divers petits objets et constaté la présence de murs de l'ancienne enceinte de Tournai. Ce mercredi 25 août, en début d'après-midi, quelle ne fut pas leur surprise de tomber sur tombeau important situé à environ 3m50 de profondeur, d'une dimension de 1m90 de long et de 70 cm de large. Il contenait la dépouille d'une dame dont on estime qu'elle a vécu au IVe siècle de notre ère. Une défunte probablement riche puisque, à côté d'elle, se trouvaient sept vases de verre précieux, deux disques de bronze, des pièces de monnaies, des bijoux et poteries... un véritable trésor en somme ! Il n'est pas impossible que d'autres découvertes viennent récompenser le travail de fourmi qui est réalisé, on se souvient que lors de travaux de fondations de l'ancien hôtel des pompiers, au début des années septante, un sarcophage en plomb, datant lui aussi du IVe siècle, aujourd'hui exposé au musée d'Histoire et d'Archéologie de la ville, y avait déjà été mis à jour.

 

La rénovation du quai des Salines progresse, sans mauvaise surprise du côté de la météo, les délais devraient être respectés et le chantier terminé pour les fêtes de fin d'année. Le chemin du "Ravel" est en voie de finition à proximité du jardin de la Reine, les trottoirs sont pavés, la voie de circulation pour les véhicules dessinée, la statue de Barthélémy Dumortier subit une cure de jouvence. Des travaux de creusement viennent de débuter sur le parking de la grande surface riveraine, on sait qu'à cet endroit se trouvaient enfouies les cuves d'une station d'essence aujourd'hui disparue, on se rappelle également qu'une polution aux hydrocarbure avait été détectée sur le chantier à cette hauteur.

 

Depuis notre dernier article consacré aux chantiers, rien n'a transpiré de la part des autorités de tutelle en ce qui concerne l'avenir du Pont des Trous, pourtant le temps presse si on souhaite mettre l'Escaut au gabarit permettant d'accueillir des péniches de 2.500 à 3.000 tonnes. Tournai ne peut se permettre de rater ce grand enjeu économique que représente la liaison Seine-Nord.

 

Dans la rue de la Madeleine, les façades des immeubles formant l'entrée de l'ancien béguinage sont toujours en cours de rénovation. Plus loin, les travaux de restauration du choeur de l'église Saint Jacques se poursuivent.

 

Dans le quartier du Château, la seconde phase de construction d'immeubles à appartements à la rue Robert Campin évolue rapidement, le gros-oeuvre est presque terminé, tandis que les travaux entrepris dans un vaste immeuble situé à l'angle de la même rue et de la rue du Château sont stoppés depuis plusieurs mois, les châssis ayant été enlevés, le bâtiment est ouvert à tous vents. Si les locaux du Ministère des Finances sont occupés depuis quelques mois dans l'immeuble de l'ancienne coopérative l'Avenir à la rue du Rempart, ils se poursuivent dans la partie qui est située à la rue du Château.

 

Lors de la mise en application du nouveau plan de stationnement déterminant une zone bleue dans le quartier, les responsables de la clinique Notre-Dame ont entrepris la pose de barrières aux entrées et sorties des différents parkings de l'institution hospitalière, ceci afin d'éviter que les emplacements disponibles pour les patients et visiteurs ne soient continuellement squattés par des automobilistes à la recherche d'une place libre de toute contrainte. Si avant la pose de ces barrières, on ne trouvait plus, dès huit heures, la moindre place pour garer un véhicule, désormais, on n'en voit presque plus sur les parkings qui restent, par moments, désespérément vides, à croire que les automobilistes n'ont qu'une confiance relative aux automates qui délivrent le sésame.

 

Dans le prochain article, nous évoquerons le chantier de la cathédrale et du quartier qui l'entoure.

 

(sources : "découverte de la rue Perdue" éléments d'un article paru sur le site du journal Nord'Eclair, Pour le reste : recherches personnelles).

19:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, rénovation |

25 août
2010

19:00

Tournai : chantiers et projets.

Les différents chantiers de Tournai ont été à l'arrêt en raison des congés dans le secteur de la construction, depuis quelques jours, le travail ayant repris, l'activité est fébrile sur la plupart d'entre eux.

 

Nous commencerons la visite de ceux situés dans l'extra-muros, c'est à dire dans les quartiers en dehors de la ceinture des boulevards.

 

Depuis nos derniers articles consacrés à ce sujet, la zone commerciale de Froyennes s'est enrichie d'un Mac'Do et sur les emplacements occupés, il y a quelques mois encore, par le garage Ecrepont et le magasin consacré au yachting s'érigera prochainement le nouveau magasin Lidl, dont les travaux de gros oeuvre se terminent. 

 

Sur la rive gauche de l'Escaut toujours, le quartier des "hôpitaux" se transforme rapidement. Le nouveau bâtiment du CHWApi construit sur l'ancien terrain de la Royale Union Sportive Tournaisienne est désormais raccordé à celui qui existe depuis une trentaine d'années. La première phase de rénovation de l'immeuble de l'Hôpital militaire "Quartier Major De Bongnie" situé en front de rue de la Citadelle sont terminés et les bureaux nouvellement créés destinés à accueillir des PME sont mis en location comme l'annonce une banderolle placée depuis le mois d'août sur la façade (depuis quelques mois déjà, les immenses caves rénovées permettent de centraliser les archives de l'Administration Communale jusqu'alors disséminées dans différents bâtiments). Sur la partie située à proximité du logis militaire, la phase de construction du gros oeuvre du nouvel immeuble du CPAS se termine tandis que de l'autre côté, derrière le mur d'enceinte de la rue Allard l'Olivier, les fondations des immeubles à appartements viennent de débuter. Un peu plus loin, entre les "Marroniers" et la rue Général Piron, l'extension décidée par cet hôpital psychiatrique est déjà bien avancée. A l'entrée de la rue des Fougères, menant de la chaussée de Saint Amand à la même rue du Général Piron, le creusement des fondations d'un immeuble à appartements a débuté dernièrement. Au loin, on aperçoit désormais les sept éoliennes érigées entre Saint Maur et Bruyelles, celles-ci, qui devraient être opérationnelles avant la fin de cette année, attirent déjà pas mal de visiteurs. On ne doute pas que lorsqu'elles seront en fonction, les riverains des zones concernées par l'installation prochaines d'autres de ces "moulins à vent" ne manqueront pas d'aller se rendre compte des éventuels désagréments sonores ou visuels qu'ils redoutent tant pour leur environnement actuellement paisible.

 

Au niveau des projets, notons la prochaine construction, à l'avenue de Maire, d'un garage sur ce qui reste du terrain du Royal Racing Club de Tournai, le concessionnaire d'une importante marque automobile allemande ayant opté pour une meilleure visibilité, lui qui est actuellement situé à proximité, dans un quartier industriel entre l'Escaut et l'avenue. Un hangar libéré à l'arrière de la caserne des pompiers permettra une extension du service d'incendie voisin.

 

A la gare, la SNCB a aménagé les espaces situés de part et d'autre des voies de chemin de fer pour en faire des parkings (payants) à l'usage des navetteurs.

 

Un important projet immobilier a été annoncé, il y a quelques mois déjà, mais ne se concrétise pas encore, c'est l'extension de la zone commerciale des Bastions et la création d'un nouveau quartier résidentiel sur des terrains vagues situés au hameau d'Allain, le long de la rue des Bastions.

 

Des travaux routiers sont également en cours dans un faubourg de la ville, ils concernent la chaussé de Lille, où le TEC Hainaut a souhaité prolonger la bande spéciale de circulation réservée à ses bus le long de la Plaine des Manoeuvres jusqu'à hauteur de l'école de la Sainte Union. Il faut dire qu'aux heures de pointe, le trafic en provenance de la zone d'activité économique d'Orcq est dense et quotidiennement à l'origine de files de voitures entre le carrefour de la Porte de Lille et la chapelle du Val d'Orcq. Une voirie qui est bordée par pas moins de sept établissements scolaires qui génèrent eux aussi un flux importants de véhicules et de piétons.

 

Dans le prochain article, nous aborderons la multitude chantiers ouverts dans la partie intra-muros et évoquerons aussi ceux qui vont, très prochainement, débuter.

19:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, rénovation, chantiers |

24 août
2010

19:20

Tournai : Septembre, la ville en fête ! (2)

Au lendemain de la Grande procession, le second lundi du mois, le 13, se déroulera la "Grande Braderie des commerçants de la Ville".

 

Elle n'a pas la démesure de celle de Lille qui se déroule quelques jours auparavant. A Tournai, pas de camelots montant la garde trois ou quatre jours à l'avance pour ne pas se faire chiper l'emplacement souhaité, ni monts d'écailles de moules jetées au milieu de la rue pour montrer que la pêche aux gastronomes a été bonne.

 

De la Grand'Place à la place Crombez, dès 6 h du matin, les "bradeux" prendront possession de la voie publique. Camelots bonimenteurs, ambulants habitués des marchés, marchands de carabouya ou de lavande, vignerons venus de leurs régions de production ou particuliers désireux de vendre leur fond de grenier s'installeront dans les différentes rues du centre d'une ville réservée jusqu'au soir à l'unique circulation des piétons.

 

Au gré de la balade, on découvrira le produit miracle qui rendra le lustre à la voiture, l'éponge qui enlèvera en un tour de main la graisse des casseroles, la peau de chamois qui rendra nettes les vitres. On écoutera le camelot vous offrant non pas cinq, ni six mais bien dix couteaux en inox pour un prix tout à fait exceptionnel en raison de la braderie. Comme chaque année, on achètera l'objet inutile qu'on oubliera dans un placard pourtant convaincu de son indispensable nécessité par le bagout de son vendeur.

 

Les associations caritatives vous proposeront des dégustations, vous vendront des gadgets, de la bière ou des confitures.

 

La braderie est le jour où le Tournaisien "mange en ville", l'appétit aiguisé dès la fin de matinée par les odeurs de hot-dogs cuisant parmi les oignons, de frites bien grasses couronnées de mayonnaise ou de sauces à vous mettre le feu à la gorge accompagnées d'un boudin, d'une saucisse, d'une fricadelle ou bien du traditionnel cervelas. On se laissera peut-être tenté par les pitas raclées d'un bloc de viande hachée tournant inlassablement et luisant aux rayons d'un soleil encore généreux. En guise de dessert, on trouvera toujours au détour d'une rue un marchand de gaufres chaudes, de rochers cuits devant vous, de crèpes ou de crèmes glacées.

 

Aux cafés traditionnels viendront s'ajouter des buvettes parfois tenues par de (faux) moines vous vantant une bière d'abbaye à déguster avec modération.

 

Aux cris des marchands se mêleront parfois les flonflons d'une fanfare déambulant dans les rues en jouant des vieux airs de jazz, les soupirs d'un vieil accordéon ou les airs anciens joués par un orgue de barbarie.

 

Quand prendra fin la braderie, le Tournaisien saura alors que l'été est, cette fois, fini. On rangera les tee-shirts, shorts et baskets pour enfiler à nouveau pulls et anoraks, à moins... à moins que l'été indien, une saison qu'on ne connaît qu'au nord du continent américain, vienne jouer les prolongations et faire oublier un mois d'août bien trop frais et trop arrosé.

 

 

19:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, braderie, fêtes de septembre |

23 août
2010

19:58

Tournai : Septembre, la ville en fête !

On les appelle "grandes vacances" parce qu'elles correspondent aux deux mois de congé dans le milieu scolaire et aux fermetures annuelles de nombreuses entreprises. Une période attendue avec impatience mais qui, hélas, touche déjà à sa fin. Dans une semaine, beaucoup d'entre nous reprendrons le chemin de l'école ou du travail. Aux heures de pointe, la circulation automobile en fera à nouveau pester plus d'un.

 

Voulant probablement nous éviter les regrets, la météo a endossé, depuis quelques jours, sa livrée d'automne, son manteau de nuages, son écharpe de brumes et verse quotidiennement des larmes de pluie sur un été qui ne valut finalement que par son mois de juillet.

 

A Tournai, cependant, quand sonne la fin des vacances, la tristesse n'est pas de mise car le mois de septembre est un des plus riches de l'année en jours de fêtes, en occasions de s'amuser et de se distraire. Dernières occasions de se retrouver à la terrasse d'un café, entre amis, avant d'aborder les longues soirées d'hiver. 

 

Septembre, c'est le mois de la kermesse de Tournai. C'est Auguste Mestdag (Lille 16 février 1845 - Tournai 18 octobre 1909), membre fondateur de la Royale Compagnie du Cabaret Tournaisien qui en a dréssé le plus fidèle des tableaux dans sa chanson tout simplement intitulée : "L'Karmesse de Tournai" et dont le refrain est encore fredonné de nos jours lors des fêtes de sociétés, de banquets ou de mariages :

 

"Cachez bin d'dins vo tiête, et dit's si ch'est pas vrai qui n'est pas d'pus bell' fiête que l'Karmess' de Tournai". (Cherchez bien dans votre tête et dites si ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas plus belle fête que la kermessse de Tournai)

 

Le répertoire des chansons populaires tournaisiennes conserve également "Karmesse" d'Eloi Baudimont (17 mars 1917 - 1er février 1995) qui se termine par :

 "Là pourquoi, j'sus-t-ein roi quand l'karmesse elle est là" (voilà pourquoi je suis un roi quand la kermesse est là).

N'oublions pas d'évoquer la célèbre chanson des "Boules à l'graisse" qui nous restitue avec force l'atmosphère de la baraque de croustillons dont on sent les arômes de ces petites boules de pâte dorant dans la graisse et qui fait monter en nous une irresistible envie de les manger.

 

La kermesse, plus précisément la foire aux manèges, n'occupent plus le forum tournaisien, depuis une dizaine d'années, elle a émigré sur l'Esplanade de l'Europe que les anciens désignent toujours par Plaine des Manoeuvres. Pendant trois semaines, la septantaine de métiers forains va attirer une foule avide de sensations fortes, de loteries ou simplement de rencontres et proposera différentes activités annexes comme les marchés nocturnes ou le feu d'artifice de clôture.

 

Le deuxème dimanche de septembre, le 12, durant l'après-midi, la "Grande procession historique" en l'honneur de Notre-Dame parcourera les rues de la cité comme elle fait depuis l'an 1090 et attirera de nombreux touristes en une démarche de foi ou de simple curiosité.

 

Septembre verra la Maison de la Culture ouvrir ses portes pour une nouvelle saison culturelle marquée par la venue d'artistes, la représentation de pièces classiques ou d'avant-garde découvertes aux quatre coins de l'Europe par une équipe de programmation qui écume les festivals pour amener à Tournai un panel de ce qui se fait de mieux.

 

Les vacances sont finies mais la rentrée est attendue avec impatience par les Tournaisiens !

 

 

 

19:58 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, fêtes de septembre |

20 août
2010

09:09

Tournai : Expressions tournaisiennes (84)

Comme tous les après-deîners (après le dîner, après-midi), Popol lit l'gazette (journal) dins s' fauteul (fauteuil) et Marie, s'feimme (femme), orwette l'commissaire Maigret à l'télé.

 

" Tins (tiens) Marie, t'taleur (tantôt), on f'reot bin (on ferait bien) d'aller caire les vielles fouffes au gernier (aller chercher les vieux chiffons au grenier) !".

 

"Pourquoi, l'marchand d'loques (le chiffonnier) i-va passer ?".

 

"Neon, ch'est pou les Chiffonnades de diminche !".

 

"Ah mais, gaillard, les Chiffonnades, ch'n'est pos là où on va ruer les vieus'ries (jeter les vieilleries), ch'est eine sorte d'braderie su les quais du Marché aux Picheons (poissons) et Noter-Dame (Notre-Dame) où on vint (vend) les vêtements d'occasieon et l'date elle a été queusie (choisie) pasque (parce que) c'est jusse (juste) avant l'rintrée des classes, ch'est l'momint (moment) où les mamères (mères) cache'tent (cherchent) à rhabiller les p'tits rambiles (gamins) pou pas tcher (cher), l'budget i-a pris ein sapré queop (sacré coup) pindant les vacances".

 

"Bé ch'est tout jusse, on ira pasqu'i-féaut que j'truèfe (trouve) ein nouvieau costume pou l'karmesse (kermesse)".

 

"Comptes-là d'zeur (comptes la-dessus) et beos d'l'ieau, t'aras des clairs boyéaux, te peux toudis (toujurs) siffler poupoule, i-paraît qu'les heommes i-use'tent les jupeons (vestons) et les mareonnes (pantaloen) jusqu'au bout".

 

"T'as pétête (peut-être) raiséon (raison), mi les habits que j'metteos (mettais) pou aller ouvrer (travailler), j'les mets acore (encore) pou bricoler ou faire m'gardin (jardin) sauf l'cravatte, bin intindu, j'areos l'air biête (bête) d'purler (étendre le purin) sapé comme ein mylord".

 

"In attindant (en attendant) ch'est aussi l'fiête du quartier Saint-Antoine et mi j'ai bin invie (j'ai bien envie) d'aller les treos (trois) jours. Verdi (vendredi) au soir, ch'est l'théâte in patois (théâtre patoisant) pa l'troupe du quartier, i-orprennent des morcieaux (morceaux) de l'Orvue du Cabaret Walleon. Saim'di, ch'est l'hommache (hommage) à Abba et diminche ch'est Claude Arena qu'on veot (voit) dins les Années Bonheur d'Patrick Sébastien qui va canter Myke Brant" qu'elle a dit Marie.

 

"Ahais, Myke Brant, i-canteot quand on s'a marié : C'est comme ça que je t'aime, combin d'feos (fois) je te l'ai canté au début d'ménache (ménage)"

 

"Ahais, ch'est vrai, mais j'ai jamais osu (osé) te l'dire mais te canteos faux".

 

"Bé l'programme du week-end i'est d'jà fait ainsin (ainsi), de l'journée, on ira aux Chiffonnades et l'soir à Saint Antoine. J'ai laiché (laissé) dire que ch'éteot Mossieu Noël Coeck et ses amisses (amis) qui prépareot (préparait) ceulle bielle fiête (cette belle fête) et que les bénéfices i-alleot'tent aux gins du quartiers in difficultés, pour eusses, Mossieu Coeck ch'est l'Père Noë (Père Noël) et..."

 

"Et ch'est pour cha qu'ils l'aiment".

 

Ov'là acore (Voilà encore) Myke Brant qui deot s'ortourner la-héaut (se retourner là-haut) à l'intinte (l'entendre) canter aussi faux ! (S.T. août 2010)

09:09 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

18 août
2010

09:25

Tournai : Nicolas Lecreux, un artiste du XVIIIe siècle (3)

Evoquer les oeuvres de l'artiste tournaisien d'adoption, c'est aussi parler de l'Assomption de la Vierge Marie, une oeuvre réalisée pour l'église Sainte-Marguerite où elle prit tout d'abord place dans le choeur avant de se retrouver sur un des murs de la nef. L'église fut fermée en 1968 et vendue en décembre 2004 à un promoteur sensé la sauvegarder en lui donnant une nouvelle destination.

 

Cet ensemble monumental de 6 mètres de haut et 4,5 mètres de large représente la Vierge posée sur un nuage, dans la partie inférieure, on peut voir deux anges qui s'y accrochent, au-dessus d'elle s'envole la colombe du Saint-Esprit. Une gloire ornée de petits nuages et de têtes d'angelots ailés entourent l'ensemble. L'Assomption de la Vierge Marie fait partie de la famille de ces gloires de la Vierge ou de saints dont fut friande l'époque baroque. 

 

Gian Rouhy, restaurateur de sculptures polychromes sollicité par une commission formée de membres de la Fabrique d'Eglise, de l'asbl Pasquier Grenier et de particuliers afin de démonter l'ensemble en vue de sa restauration a été touché par la légèreté et la grâce émanant de l'oeuvre. La Vierge, a-t-il dit, semble flotter dans l'espace, elle est assise sur les nuages avec ce foisonnement, cet éclatement des rayons tout autour d'elle. La statue est principalement composée de bois stuqué mais aussi de plâtre.

 

Tout comme dans son Saint Michel foudroyant les démons, Nicolas Lecreux, "grâce à son sens profond de la nuance et à sa volonté de rendre la vie, traite subtilement les draperies et les chairs pour rendre le mouvement physique et moral" déclare Michèle Detry, en 1987, dans le cadre de son mémoire de licence en Archéologie et Histoire de l'Art consacré à l'artiste.

 

La restauration qui a été financée pour 2/3 par l'asbl Pasquier Grenier et pour un tiers par de généreux donateurs a pris presque deux années dans l'atelier de saint Gilles et en 2007, elle a été placée dans la chapelle du séminaire à la rue des Jésuites.

 

Parmi les autres oeuvres parvenues jusqu'à nous, citons également :

 

- le tympan "La Vierge à l'Enfant" d'inspiration italienne, destiné à l'ancien hôpital Notre-Dame, devenu par la suite l'Académie des Beaux Arts de Tournai que les Tournaisiens espèrent secrètement voir rénover dans le cadre du projet cathédral,

 

- le tympan "L'Eucharistie" à l'église Saint-Piat, en pierre blanche, d'une largeur de 2,5 mètres décorant le porche occidental,

 

- La chaire de Vérité de cette même église de style Renaissance conservée à la cathédrale,

 

- une statuette d'une Vierge à l'Enfant conservée au musée des Arts décoratifs, 

 

- le groupe de l'autel de l'église du Séminaire représentant : l'hérésie vaincue par la Foi.

 

Nicolas Lecreux a aussi réalisé deux-bas reliefs pour l'église "Onze Lieve Vrouw" à Kortrijk et des statues pour des églises de Lille.

 

Le 20 août 1799, Nicolas Lecreux rendait son âme à Dieu. Cet homme qui fut un des plus grands artistes de son temps, est mort dans la misère et laissa sa famille dans la plus infinie des indigences. De son vivant, lui le génie de la sculpture, fut obligé de travailler pour nourrir les siens à la fabrique de bronze de Lefebvre-Caters à Tournai.

 

(sources : "Une oeuvre retrouvée" plaquette éditée en 1991 par Présence et Action Culturelle du Hainaut Occidental" - Discours de Mr Michel-Amand Jacques prononcé lors de l'inauguration de l'oeuvre rénovée en l'église du Séminaire publié dans le n° 85 de la revue de l'asbl Pasquier Grenier - Relation du démontage de l'oeuvre en l'église Sainte-Marguerite par Jean Luc Dubart parue dans la revue n°82 de l'asbl Pasquier Grenier) 

 

 

09:25 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, nicolas lecreux |