30 juil.
2010

09:34

Tournai : expressions tournaisiennes (81)

Comme vous l'veyez (voyez), l'artique (l'article) passe asteur (maintenant) l'verdi (vendredi) au matin puteôt (plutôt) que l'saim'di (samedi), l'Optimisse i-a décidé d'faire l'sémaine inglèse (anglaise). Si on a l'habitude d' dire que l'diminche (dimanche) i-est fait pour s'orposer (se reposer), j'ouèfe (travaille) tell'mint (tellement) qui féaut au moinse (au moins) deux jours pour m'ormett'e (me remettre) des fatigues de l'sémaine. Ahais, l'ortraite (retraite) ch'est alfeos (parfois) ein calvaire, i-a toudis (toujours) à faire !

 

J'ai rincontré, tout à fait par hasard, nos amisses (amis) Irma et Edgard et j'ai été saisi pus qu'à quinze plaches (profondément stupéfait) d'apprinte (apprendre) qui aveot'tent des plaches (avaient des places) pour "l'Tournai Tempo Festival" qui qu'minche au soir. Irma est une "fan" de Florent Pagny, "ein heomme qui a un bel organe" qu'elle dit toudis (toujours), quand i-cante "Caruso" elle est prête à caire (tomber) dins les peommes (pommes). Edgard i-est toudis occupé de s'deminder quoisqu'elle a voulu (ce qu'elle a voulu) dire quand elle li a sorti : "I-paraît qu' ch'est ein patagon". L' lind'main (le lendemain), i-veont ête bénaisses (contents) pasque (parce que) ch'est au tour d' Marc Lavoine et d'Alain Souchon d'vénir canter (chanter). Cha fait près d'huit jours qu'Edgard, i-est toudis in train d' fredonner ses cancheonnes (chansons), "Allo, maman bobo", ch'est petête bieau (beau) mais comme no tournisien (tournaisien) i-cante féauque comme Gadroulle (expression souvent entendue à Tournai signifiant que la personne chante faux), s'feimme (femme) Irma l' fait taire vite fait (rapidement). Mais te n'sareos pos l'arrêter, c'diale (diable), chinq (cinq) minutes après , i-orcomminche (recommence) in cantant "Sous les jupes des files (filles)". Là Irma, elle se fout in rache (en colère) et li (lui) dit "t'as pus ein âche (âge) pou canter des histoires parelles (pareilles) !". I-l'orwette, tout biète, comme ein innochint (la regarde bêtement, comme un innocent) et i-li dit "J'sus (suis) bidon".

 

Diminche (dimanche) au soir, l'festival i-va s'terminer avec Pascal Obispo. "J'vas toudis printe m'drapéeau" qui dit Edgard pou l'Capitaine Flower. "Te n'pourras pos, te vas devoir l'laicher (laisser) au vestiaire, ch'est interdit, pos d'parapuies (parapluies), pos d'caméra, même pos d'feux d'artifice. Ichi (ichi) toutes les précautieons i-ont été prisses (prises) pou qu'les gins i-soichent bin a leu n'aisse (soient à l'aise) et que l'fiête elle soiche complète". Quand te veos ce qui s'a acore passé in Allemane, i-veaut mieux prév'nir que guérir". On va aussi pouvoir intinte et vir (entendre et voir) Simon Delannoy, ein jeune canteu (chanteur) tournisien qui débute, ch'est s'prumière (première) grande scène et i-va avoir du meonde (monde). On parle d'inviron (environ) quate mille perseonnes pa soirée. Pourvu qu'i n'est pos l'esquite (peur, le trac) ! Bin seûr (bien sûr), au programme, i-ara acore bin d'eautes nouvieaux artisses (artistes)

 

Lindi (lundi), l'plaine des Manouèfes (plaine des Manoeuvres), elle va ortrouver (retrouver) s'calme, pourvu qu'on n'veot (voit) pos ichi (ici), comme à Dour, arriver deux chints (cents) caravanes. Je n'sais pos si vous avez ormarquer (remarquer) mais on direot qu'à c'momint chi (moment), tous les baraqueus (personens vivant dans une roulotte) d'Europe i-seont v'nus in Belgique pasqu'in France, Sarko i-a dit qui n'in vouleot pus. Mi j'n'ai rin conte (rien contre) ces gins-là, tout l'meonde i fait s'lit comme i-veut s'coucher, mais j'n'aime pos quand i-vienne'tent seonner à les portes, dire l'beonne avinture, et quand i-partent in laichant (laissant) ein tas d'ordures ! Tous les Bohémiens n'seont pos des mauvaisses gins, ch'est comme dins tout l'société, i d'a des beons et des mauvais, ch'a s'ra toudis ainsin ! (S.T. juillet 2010)

 

 

09:34 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, tempo festival tournai, obispo, lavoine, souchon, pagny |

29 juil.
2010

10:24

Tournai : Balade imaginaire en 2015 (2)

Nous avons entamé une balade imaginaire dans la ville de Tournai en 2015.

 

Le bac nous a donc fait traverser l'Escaut, il est désormais le seul lien entre les rives gauches et droites du fleuve. Dire que tous les ponts ont été démolis est exagéré. Grâce à l'intervention et aux pétitions de nombreuses et courageuses associations, le vieux Pont des Trous a été sauvé, il se dresse fièrement sur un bras mort, car la navigation fluviale a été déviée pour conserver cette dernière porte d'eau du moyen-âge. Au pied de celui-ci, on entend parler toutes les langues depuis qu'un port de plaisance y a été installé, les plaisanciers s'y apostrophent en anglais, en néerlandais, en allemand et le soir vont nourrir les volatiles du Jardin de la Reine qui, avec pareil régime, prolifèrent au grand dam des habitants des résidences Europe et Roi Soleil, réveillés, aux aurores, par les chants des coqs. Pour calmer leur grogne, les édiles les ont autorisé à récolter les oeufs et depuis lors, des effluves d'omelettes parfois un peu brûlées planent chaque soir sur le quartier. Un restaurant situé dans la rue de la Madeleine a d'ailleurs inscrit à sa carte : "l'omelette tournaisienne" mais le chef ne nous dit pas si on y trouve des morceaux de lapin, des prunes et des raisins !

 

Les bâtiments de l'ancienne clinique Saint-Georges ont été rasés au début de l'année 2011, Ideta y a fait construire son siège qui accueille désormais une centaines de personnes. L'architecte avait modifié son plan en dernière minute donnant à ce bâtiment de pierre et de verre, l'aspect d'un grand voilier qui aurait accosté un soir de tempête. Des appartements ont également été  érigés et les résidences portent les noms poétiques de "Croisette", "Au gré des flots" ou encore "Appel du large" car désormais le fleuve coule à moins de cinq mètres des façades séparé d'elles par une voirie pavée à sens unique. Une crèche accueille quelques dizaines d'enfants et porte le nom de "Port des petits mousses". L'Escaut entame sa déviation au quai Dumon, les lieux de stationnement anciennement situés sur celui-ci ou au quai Sakharov n'existent plus. De leur salle à manger, sans bouger de leur fauteuil, les riverains font signe aux bateliers qui longent leurs habitations, venant de Paris, Terneuzen, Amsterdam, Rotterdam, ils traversent l'Europe grâce à la liaison Seine-Nord, un projet qui datait du siècle dernier. Chaque année, au mois d'août, "Tournai la plage" accueille les Tournaisiens qui ne partent pas en vacances, l'organisation a pris ses quartiers d'été au Luchet d'Antoing sur un vaste terrain qui était destiné à accueillir le nouveau palais de justice de la ville, projet abandonné par manque de moyens financiers. Par l'apport de centaines de tonnes de sable, on y a même créé des dunes.

 

La rive gauche de l'Escaut était considérée jusqu'à la fin des années nonante comme le "Wall Street" tournaisien. Le monde de la finance s'y était donné rendez-vous : Fortis, Ing, la Banque Nationale, Jules Joire, la Caisse d'Epargne, Fimen..., toutes des institutions qui avaient pignon sur rue au sein de la cité des cinq clochers et que les nouvelles directions issues des fusions et regroupements avaient fait fermer, Tournai ne représentant qu'un petit point sur une carte pour elles, logées à Paris, Amsterdam ou ailleurs. Le commissariat de police se dresse toujours à la rue du Becquerelle. Suite à la réforme des polices votée en 2013 avec beaucoup de difficultés, il compte désormais 60 agents supplémentaires tous équipés de voiturette ou de vélos électriques (de marque "Cancellara") pour patrouiller dans la ville. Compte-tenu qu'il n'y a plus de circulation automobile, il n'y a plus de constat et les policiers ont du temps libre pour traquer l'éventuel taggeur qui s'aventurerait encore à souiller les façades des particuliers. Durant cinq années, la Ville a fait un effort extraordinaire pour rénover toutes façades de l'intra-muros, il n'est donc plus question que quelques malades de la bombe de peinture ou du marqueur viennent encore dénaturer les biens publics et privés d'une expression pauvre et imbécile.

 

En cette année 2015, la SNCB a mis "sur rail" son nouveau plan de transport  appelé "Just in time, Stip op tijd, Juste à temps". En raison du nombre croissant de touristes qui visitent la capitale de la Wallonie Picarde, il y a désormais un train toutes les trente minutes pour Bruxelles et celui-ci arrive à l'heure. Confortables, les voitures sont dotées de climatisation, de tables spéciales pour les joueurs de cartes, de prises internet et de casques diffusant de la musique anti-stress. Pierre, un ami de longue date, a été contraint d'abandonner le carnet dans lequel, chaque jour, il notait les retards depuis plus de deux décennies. Malgré son insistance, il n' a pourtant pas obtenu de la direction des Chemins de Fer que soient diffusés dans les casques, les CD de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien. Et celà lui fait frôle, chaque fois qu'il entre en gare, d'entendre en premier : "Welkom te Doornik", il aurait préféré : "Binv'nue à Tournai".

 

Notre balade imaginaire s'achève, il nous reste à gravir les marches du beffroi, du sommet, on pourra découvrir les éoliennes de Saint Maur, Esplechin, Blandain et celles qui sont en construction au Pic au Vent. En rejoignant nos véhicules stationnés derrière la plaine des Manoeuvres, on fera un dernier constat, le Tournaisien est beaucoup plus affiné qu'au vingtième siècle, l'utilisation du vélo ou la marche à pied lui ont fait fondre la mauvaise graisse accumulée aux comptoirs des bistrots et tous ont désormais un physique digne d'être montré dans les films hollywoodiens. Le long  des boulevards, on rencontre, à chaque instant, de nombreuses ambulances qui, sirène hurlante, se rendent au tout nouvel hôpital du CHWAPi, y amenant tous les vieux supporters de football qui avaient fait le serment de mourir... sur le terrain de l'Union. (S.T. juillet 2010)

10:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai |

28 juil.
2010

09:30

Tournai : Balade imaginaire en 2015 !

Nous voici au coeur des vacances, période propice à la réalisation de nombreux rêves, moments où on se sent un peu plus libre, instants de langueur estivale qui permettent de donner libre cours à l'imagination. Si vous avez décidé de ne pas quitter l'ombre bénéfique de la cathédrale Notre-Dame pour les plages caniculaires du sud de la France, l'Optimiste se charge de vous emmener, sans bourse déliée, en balade dans les rues et les ruelles de Tournai, en l'an de grâce... 2015. Tiens, je remarque en passant que vous avez survécu à la date fatidique du 21 décembre 2012, les pôles ne se sont pas inversés, les océans n'ont pas recouverts les continents et votre vie quotidienne n'a finalement pas été trop bouleversée.

 

Nous nous retrouvons donc, en ce 28 juillet 2015, sur l'ancien parking de l'Esplanade de l'Europe devenu le lieu de rendez-vous festif des Tournaisiens : kermesses, Tempo Festival, karaokés géants, soirées sous chapiteau, feux d'artifice, élections de miss... la vieille plaine des Manoeuvres est un brillant luna-park que nous envient de nombreuses villes européennes, grâce au savoir-faire du maître de cérémonie qu'est Jean Michel Vandecauter assisté de Vincent Leclercq, deux tournaisiens qui ont, un jour, décidé d'être les "bastions" contre la morosité et la sinistrose. Il y a bien eu quelques récriminations des riverains du boulevard Bara et de l'avenue Montgomery, mais les deux rusés compères, sont parvenus à convaincre la firme "Quies" d'être le fournisseur général du silence dans le quartier. Désormais, les habitants ne sont plus dérangés et dialoguent à tue-tête !

 

Grâce au quatrième plan de stationnement concocté par les autorités communales, on ne stationne plus dans l'intra-muros, le bourgmestre "faisant fonction" a simplement autorisé la circulation de quelques voitures de petites cylindrées, des "Polos" pour ne pas les nommer ! De grandes zones de stationnement ont été créées aux entrées de la ville. L'une est située sur les anciens terrains du Tir à la Cible, à proximité du domaine agricole de Monsieur Rudy D., Ministre-Président de la toute nouvelle Belgique bilingue issue d'âpres négociations qui ont débuté en juin 2010 pour se terminer en avril 2014. Un panneau y a nouvellement été placé, il proclame : "Bienvenue à Tournai, Welkom te Doornik, ville sans voitures, stad zonder wagen !". Une autre aire de stationnement, assez vaste elle aussi, a été imaginée en septembre 2014, à l'emplacement de l'ancien stade de football à Kain. La saison précédente, le club tournaisien a été absorbé par ceux de Mons et de Mouscron et évolue désormais en première division, dans le chef-lieu du Hainaut, sous la dénomination de "MonTouMou Football Club". Un dernier parking a été élaboré à la demande d'Ipalle, à Templeuve, sur une dalle qui était "normalement" destinée au compostage. Des navettes de bus électriques subventionnés par le groupe Suez amènent les visiteurs aux portes de la cité à chaque instant.

 

Il est temps maintenant de débuter notre visite de Tournai, Ville Nouvelle.

 

 Sur la place de Lille, la vieille église Sainte-Marguerite a fini par s'effondrer et un promoteur a construit à la place une galerie commerçante qu'il a dénommé : "Complexe commercial des Balotils" afin de bien se faire voir par les habitants d'un quartier attachés à la tradition. La rue Perdue a été débaptisée, on l'appelle désormais "promenade bucolique du Fort Rouge", c'est une large pelouse, plantée d'espèces rares, qui recouvre un parking souterrain n'ayant jamais abrité de véhicules. La Grand'Place n'a jamais si bien porté son nom depuis qu'on l'a débarrassée de ses inélégants potelets, les terrasses se rejoignent au pied de Christine de Lallaing et sont toujours combles. Il n'est pas rare, les week-ends, de voir des personnes faire la file dès 9 h le matin afin d'obtenir le droit de s'asseoir sur le forum tournaisien. Plus loin, sur la place Reine Astrid, on peut, pour quelques euros, jouer à se faire peur dans les catacombes, c'est ainsi qu'on surnomme les vestiges d'un projet de parking qui n'a jamais abouti.

 

Le chantier de la cathédrale Notre-Dame attire toujours de nombreux touristes, ils viennent surtout voir le "choeur brisé", la partie gothique de la cathédrale qui n'a pas résisté à l'usure du temps et à l'enfoncement progressif du terrain et dont la toiture se situe désormais à hauteur du trottoir de la rue des Chapeliers. Une boutique vend des cartes postales repésentant la cathédrale d'antan. Sur la place Paul Emile Janson, on fait également la file au tout nouveau "Centre de Tourisme" inauguré le 1er janvier 2015, les travaux de rénovation entrepris à la fin de l'année 2009 ayant pris un (très) "léger" retard. Des calèches, des chaises à porteur, des voiturettes électriques déversent un flot ininterrompu de touristes ayant réservé à l'hôtel "Mégalomania" érigé entre l'ancien magasin Lambert et... la rue des Choraux. Cette construction ultra-moderne englobe non seulement la maison des "Ancien Prêtres", les commerces de la rue du Curé Notre-Dame mais aussi l'ancien collège Notre-Dame qui a été obligé de fermer ses portes en raison de l'impossibilité pour les élèves d'y être déposés à l'entrée par des parents motorisés. Il est de notoriété publique que les 550 chambres 4**** affichent "complet" plusieurs mois à l'avance, le gestionnaire n'a même pas besoin de publicité dans le guide... Michelin.

 

Durant les chaudes soirées d'été, anglais, japonais, chinois, américains... goûtent à la fraîcheur vespérale en se promenant le long des quais rénovés. On nous dit même qu'il est de bon ton pour les dames d'y montrer la nouvelle toilette qui fera fureur... l'année suivante à Cannes ou à Copacabana. A la rue de l'Hôpital Notre-Dame, le terrain vague qui a succédé au cinéma Multiscope Palace est toujours envahi par les herbes folles et les plantes sauvages, il est loué chaque année par des réalisateurs américains qui y trouvent là le décor rêvé pour des films catastrophes ou consacrés à la fin du monde. Il s'agit d'une source de revenus non négligeable pour l'Administration Communale et qui remplace la redevance des horodateurs devenus obsolètes. Certains Tournaisiens regrettent le temps où des hommes tout de noir vêtus arpentaient les rues de la cité en traquant impitoyablement l'automobiliste distrait ou contestataire qui n'avait pas acquitté son droit de stationnement. Voilà encore des chômeurs de plus, soupirent-ils ! Disparus de nos rues, ils sont devenus sympathiques !

 

Demain, nous poursuivrons cette balade inédite et fictive dans le Tournai de l'année 2015 ! Nous tenterons de franchir l'Escaut qui est désormais large de plus de quarante-cinq mètres afin de laisser passer les lourds paquebots aux flancs abritant des milliers de tonnes de granulat ou de pierres, produit d'extraction des carrières d'Antoing, Vaulx, Chercq, Calonne, Saint Maur, Bruyelles... Nous serons obligés d'attendre le bac pour la traversée car pour faciliter la navigation, le monde patronal du Tournaisis a exigé des pouvoirs publics la démolition de tous les ponts ! Le chantage à l'emploi a fonctionné à merveille ! (S.T. juillet 2010)

 

09:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai |

26 juil.
2010

09:15

Tournai : Descendants des Capétiens !

Il existe au sein de la ville de Tournai, au moins une famille dont les origines remontent aux Capétiens, cette dynastie fondée par Hugues Capet qui régna sur la France de 987 à 1328 et succéda aux Carolingiens.

 

Nous débuterons l'étude généalogique de celle-ci durant l'année 1865. C'est en effet le 21 septembre de cette année-là qu'est né à Vaulx-les-Tournai, Louis Joseph Duquesne de la Vinelle. A la fin des études, sorti Docteur en droit, il plaidera durant quelques années devant les tribunaux de Tournai. En 1895, il est nommé commissaire de l'arrondissement de Tournai. Il a épousé Mademoiselle Francesca Jooris, née à Bruges le 5 novembre 1873. Le 21 mai 1898, il obtient du roi Léopold II une concession de noblesse et le 8 septembre 1908, un arrêté royal l'autorise à faire suivre son nom de celui de sa mère, il devient donc Louis Duquesne Watelet de la Vinelle. Au début de l'année 1914, le gouvernement belge le charge de régler un incident de frontière survenu entre la France et la Belgique. La première guerre mondiale venant d'éclater, malgré la présence de l'ennemi, il prend tous les risques en levant la classe 1914 de sa circonscription, il sera ensuite réduit à l'inactivité en tant que fonctionnaire. Il se rend alors en Angleterre et se met à la disposition du gouvernement, il préside huit commissions dont celle du recrutement de l'armée belge. Il y fonde également diverses oeuvres destinées à aider les évadés de Belgique. Ces commissions et oeuvres instruisirent 25.000 dossiers et incorporèrent pas moins de 15.000 hommes. Avant que l'armistice ne soit effectif, dès le mois d'août 1918, il reprend ses fonctions de commissaire d'arrondissement. Il décèdera à Tournai, le 28 décembre 1938 à l'âge de 73 ans. Son épouse le rejoindra le 8 avril 1945.

 

De cette union, deux fils étaient nés : Lucien Duquesne né en 1893 et décédé en 1904 et Gabriel Duquesne Watelet de la Vinelle, né à Tournai, le 22 mars 1895. Il suivra les traces de son père, ses humanités au Collège Notre-Dame terminées, il décroche en 1921, le diplôme de Docteur en droit à l'Université catholique de Louvain. Entretemps, fervent patriote, il avait servi la patrie durant la guerre 1914-1918. Le 6 février 1922, il épouse à Bruxelles, Mademoiselle Angèle Dupont, née en 1900. Il s'inscrit en 1922 au barreau de Tournai et sera stagiaire chez Maître Edmond Goblet. En compagnie du baron Houtart, de Marc Lefebvre, Pierre Duquesne, Charles Demeyer et Edmond Goblet, il avait fondé, un an plus tôt , en 1921, la "Banque du Tournaisis" qui sera reprise dix ans plus tard par la "Banque de Bruxelles". Va débuter pour Gabriel Duquesne Watelet de la Vinelle, une carrière au service de la finance. En 1931, il devient secrétaire général de la Banque de Bruxelles et en 1935, Directeur général. Durant le second conflit mondial (1940-1945), il démissionne de ses fonctions à la banque et entre dans la résistance, au sein de l'Armée Secrète,il devient l'adjoint du colonel Dropsy, chef du refuge A.30. Le 3 septembre 1944, il exerce la fonction d'officier de liaison entre la résistance et les armées alliées. Le conflit terminé, fin 1944, il revient à la tête de la Banque de Bruxelles, il sera nommé Président du Comité d'enquête de la banque d'émission, Président de l'Office des séquestres, Gouverneur suppléant du Fonds monétaire international. En juin 1949, il est choisi pour exercer la fonction d'Administrateur-délégué de la Banque de Bruxelles. Il est alors désigné comme délégué du gouvernement belge auprès de l'Agence interalliée des réparations et obtient que les biens acquis par les Allemands pendant l'occupation retournent au profit exclusif du Trésor belge. Il sera également chargé de plaider la restitution de l'or de la banque d'émission devant la commission tripartite de l'or. En septembre 1961, il sera nommé Premier Vice-Président, Administrateur délégué et Président du Comité de direction générale. A son départ en retraite, le 31 mars 1963, il demeure administrateur et est nommé Président honoraire de la banque. Il décèdera dans sa propriété d'Havinnes, village proche de Tournai, quelques mois plus tard, le 8 août 1963, seulement âgé de 68 ans. Le village d'Havinnes, lui doit l'érection de la Croix Grise, un calvaire haut de 9 mètres, situé à une altitude de 80 mètres, béni le 29 octobre 1961 par Mgr Descamps.

 

De son union avec avec Mme Angèle Dupont sont nés deux fils : Louis et Xavier Duquesne Watelet de la Vinelle.

 

Louis Duquesne Watelet de la Vinelle, né en 1922, sera conseiller auprès de la Communauté économique européenne, maître de conférences à l'Université catholique de Louvain, auteur de nombreux ouvrages scientifiques dont " la Genèse au risque de la science" paru en 1994. En 1967, atteint par la limite d'âge, le chanoine Venant Daubin, 4e directeur de la Faculté universitaire catholique de Mons, quitta son poste après 38 années de rectorat. Louis Duquesne Watelet de la Vinelle lui succéda en qualité de nouveau recteur de ce qu'on appelle la FUCaM. Il démissionnera en 1976, un an avant l'expiration de son second mandat. Il est adhérent au manifeste "Choisir l'Avenir". Il a épousé Mademoiselle Geneviève Lemaigre du Breuil, le 8 septembre 1948 à Solignac dans le Limousin (France).

 

Xavier Duquesne Watelet de la Vinelle, né en 1928, fera lui aussi ses études au Collège Notre-Dame de Tournai qu'il quitte en 1947 pour l'université. Le 30 avril 1955, il épouse, à Anvers, Mademoiselle Chantal Cardon de Lichtbuer, fille de Christian Cardon de Lichtbuer et de Gabrielle Carton de Wiart. De leur union naîtront quatre enfants : un garçon et trois filles. Jusqu'en 1991, Xavier Duquesne sera délégué à l'Administration de la Banque de Bruxelles tout d'abord et ensuite de la Banque Bruxelles-Lambert et d'ING et dirigera le siège de Tournai et après fusion avec celui de Mons, celui de Centre-Hainaut. Quelques années plus tard, l terminera sa carrière à la tête de la Région Wallonne de la Banque. Fort impliqué dans sa région, il sera jusqu'en 1986, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Tournaisis, il deviendra membre du Conseil d'Adminsitration du Tournai Yacht Club en 2004, il est encore Administrateur de l'ASBL "Evêché de Tournai" où avec les autres membres, il s'occupe plus particulièrement de la gestion juridique, administrative et financière, il est membre de l'équipe d'Aumônerie pour le Service aux Malades de la région Pastorale de Tournai.

(sources : "Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefebvre, ouvrage paru en 1990 et édité par l'ASBL "Archéologie industrielle de Tournai et recherches généalogiques personnelles).

 

 

23 juil.
2010

09:05

Tournai : Expressions tournaisiennes (80)

Au momint d' vous écrire m'babillarte (lettre), je n'sais pos pourquoi mais j'ai l'moral dins les cauchettes (chaussettes).

 

Adeon (donc), j'vas ichi vous raqueonter (raconter) l'histoire du grand Julien, ein brafe garcheon (un brave, bon garçon) qui vit tout seu dins s'baraque (masure) in plin mitan des camps (au milieu des champs), ein heomme (homme) qui n'a pas beauqueop d'sanche (beaucoup de chance). Quand arrife l'misère pour seûr qui sert d' paratonnerre !

 

Tins (tiens), pos pu tard que l'sémaine passée, l'orache (orage) i-a cai (tombé) jusse (juste) à côté de s'maseon, su s'n'arpe à preones (prunier). I n'in reste pus rin (rien), ein peu d'compote su l'hierpe de s'gardin (sur l'herbe de son jardin). L'pluèfe (pluie), elle a amené de l'berdoule (boue) dins les canalisatieons de l'distributieon d'ieau (eau) et l'société li a copé (coupé) s'n'approvisionn'mint. Pas leon d'là (pas loin de là), eine greosse branque (grosse branche) a cai su l'capelle de l'vierche Marie (chapelle de la Vierge Marie) et l'élestrique (électricité) a aussi été copée. L'cat (chat) i-a eu si peur qui s'a infui (s'est enfui) et n'est pas acore (encore) orvenu (revenu). Ov'là (voilà) no Julien sans ieau (eau), sans élestrique (électricté) sans cat et... sans preones !

 

D'puis, tous les matins, i-deot déquinte (doit descendre) au villache (village) pou aller caire (chercher) des boutelles d'ieau (bouteilles d'eau) et acater du gambeon (jambon), du pâté, du mutieau (paté grossier présenté en assiette et apprécié dans la région de Tournai) pou li minger (manger), des affaires qui n'feaut pos récauffer (réchauffer). Hier, in ormontant (remontant) des commissieons, i-a intindu (entendu) tout à n'ein queop (tout à coup), un dreôle de bruit, comme ein profeond soupir, ch'éteot le pneu de s'roue arrière qui veneot de s'dégonfler, i-a poussé s'bécane jusqu'à s'maseon et i-éteot tout in nache (tout en nage, en sueur) ave l'caleur qui f'seot (la chaleur qu'il faisait). 

 

I-n'a pos à dire, si cha nous arriveot on areot l'tiête qui cait à nos pieds (ne plus savoir à quel saint se vouer), on braireot ses yeux déhors de s'corps (on desespérerait de tout) ! Mais i-a eu tell'mint (tellement) d'problèmes dins s'vie qu'ein d'puque ou d'moinse (un de plus ou de moins), pou li cha n'cange (change) pos, l'bonheomme i-est asteur (maintenant) habitué.

 

S'mamère (mère) est morte in couche et s'mopère i-n'li a pos lommint (longtemps) survécu. Julien i-a été élevé pa l'Assistance Publique et i-a appris l'métier d'macheon (maçon). S'maseon i-l'a construite à li tout seu (seul). I-a été obligé d'arrêter d'ouvrer (travailler), l'jour où i-a bourlé in bas d'un toit. D'puis i-vit ave l'argint qu'i-orchoit (reçoit) de l'Mutuelle et des légueimes (légumes) de s'gardin qui va vinte (vendre) à l'ville ave s'visin (voisin) Emile.

 

On a jamais vu Julien s'plainte (plaindre), i-est toudis d'beonne (toujours de bonne humeur), i-est seûr'mint (sûrement) né in f'sant risette (sourire d'enfant) qui dise'tent les gins (gens). Quand on li d'mande si cha va, i-répeond toudis (toujours) : "Tant qu'on a la santé, feaut pos s'plainte".

 

Nous eautes quand on a, alfeos, (parfois) ein pétite séquoi (un petit rien), on pinse qui n'a rin qui va. A l'différince (à la différence) de Julien, on l'a, pétête, (peut-être) trop belle et on ne l'sait pos !.

 

Tins, rin qu'à vous écrire cha, l'moral i-est ormonté (remonté) et j'souhaite, mes gins, que l'vot'e i-est au beau fixe. (S.T. juillet 2010)

 

09:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) |

19 juil.
2010

08:30

Tournai : Hôpital militaire, le chantier progresse !

Le dimanche 20 juin dernier, des descendants du Major-Médecin De Bongnie sont venus en visite à Tournai et ont été reçus par les responsables de la rénovation de l'hôpital militaire qui porte le nom de leur ancêtre.

 

Sous la conduite de Mrs Eddy Moulin et André Leroisse, en compagnie des nouveaux propriétaires des lieux et des représentants du bureau d'architecture, ils purent découvrir tout d'abord la rénovation du bâtiment principal situé dans la rue de la Citadelle et se rendre compte de l'excellent travail de réhabilitation de ce bâtiment né à la fin du XIXè siècle (il fut inauguré peu de temps avant le premier conflit mondial). Les promoteurs ont voulu lui conserver l'âme et les travaux de création de bureaux ne l'ont nullement dénaturé. Presque la totalité des portes et la plus grande partie des parquets ont été sauvegardés ainsi que le monumental escalier qui mène aux étages. Sous la plaque posée dans le hall principal rappelant le souvenir de celui qui a donné son nom à l'hôpital militaire, ils posèrent pour la presse.

 

Bientôt, une première tranche sera achevée et mise en location pour des PME ou des artisans qui y trouveront un siège social confortable, excellente image de leur société, comprenant un service d'accueil et de secrétariat pour leur clientèle. Les caves sont déjà occupées par les services communaux qui ont décidé d'y entreposer les archives de la Ville.

 

Sur les terrains situés à l'arrière de ce premier bâtiments, face au quartier Jean de Mesgrigny, la construction de l'immeuble du CPAS (Centre Public d'Aide Sociale), haut de trois étages, a débuté en novembre 2009 et le gros oeuvre est terminé depuis la fin mai. Après les congés de la construction, débutera la phase de pose de la toiture, des parements et des châssis. Le bâtiment, une fois mis hors eau, il ne restera plus qu'à procéder aux travaux dits des "techniques spéciales" (électricité, eau, chauffage) pour pouvoir le livrer avec le mobilier, probablement pour les congés de la construction 2011.

 

Depuis longtemps déjà, la crèche communale est installée dans ce qu'on appelait la maison du Commandant, elle vient d'être rénovée.

 

La chapelle a été achetée par un privé qui propose de la rénover, la destination future n'est pas encore déterminée, le long déambulatoire quant à lui sera rénové par les services communaux.

 

Prochainement, on donnera également les premiers coups de pelle pour la construction, du côté de la rue Allard l'Olivier, des trois immeubles qui composeront la résidence "les Oliviers", soit 80 nouveaux logements. La livraison de ceux-ci est prévue entre la fin de l'année 2011 et la moitié de l'année suivante.

 

Pour ceux qui ont connu l'hôpital militaire et qui ont assisté à son endormissement et à sa lente dégradation, une fois qu'il fut inoccupé, il y a près de trente ans, ce chantier est comme la renaissance d'un quartier qui voit aussi s'élever les bâtiments du nouvel Hôpital Civil repris au sein du CHWAPI (centre Hospitalier de Wallonie Picarde).

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, de bongnie, rénovation |

16 juil.
2010

08:28

Tournai : expressions tournaisiennes (79)

 "Ch'est fini et ch'est pos dammache" (dommage), Marie, béteot quater-vingt chinq ans (bientôt quatre vingt cinq ans), eine vielle feimme (vieille femme) qui habite pos leon de m'maseon (pas loin de chez moi), a acore (encore) tout s'tiête (tête) mais bin des difficultés pou marcher. Ses journées, elle les passe pas d'vant (devant) s'télévisieon.

 

D'puis ein meos, elle qui n'aime pos le sport, on peut dire qu'elle est servie. Wimbledon, l'Coupe du Meonde, les courses d'auteos et asteur (maintenant) à véleo (vélo), elle n'a vu qu'cha tous les jours.

 

Marie préfère les jeux, elle les orwette tertous (regarde tous) : "Questiéons pou ein champieon" ave Julien Lepers qu'elle a toudis (toujours) cru que ch'éteot l'garcheon (garçon) d' Léon, ein incien (ancien) correspondant du Courrier de l'Escaut, "L' meot l' pus leon" qui est d'taleur (tantôt) aussi vieux que l'téléviseon, "Tout l'meonte (monde) i-veut printe s'plache (place)" ave Naguy et surtout Christophe de Namur qui a gagné chint chinquante treos feos (cent cinquante trois fois), "Slam" ou acore (encore) "Septante et un" sur RTL-TVI.

 

A l'feos (parfois), s'visin (voisin) Jules, i-vint (vient) boire s'jatte d'jus tout fraîque (café) et, bin seûr (bien sûr), i-parle'tent des programmes.

 

Ceulle sémaine (cette semaine), Jules i-est ormonté (remonté). I-a orwettié (regardé) l'finale du fotbal (football). "Milliards, les Hollandais, ch'est eine binte d'casseus d'gampes (une bande de casseurs de jambes), on areot (aurait) dit que ch'éteot eusses (eux) qui z'éteot'tent à l'corrida et que les Espagnols ch'éteot l'taur à abate (le taureau à abattre). I-d'a même ein, i- d'veot s'appeler De Jongh, i-a foutu ses crampeons dins l'vinte (ventre) d'un adversaire. Ave ein neom parel (avec pareil nom), i-d'vreot aller au cirque... De Jongh ! Van Bommel, li i-faucheot (fauchait) les blés. Tins (tiens), pos pus tard qu'hier, à l'arrivée du Tour de France, i-a ein coureur australien qui a deonné des coups d'tiête (tête) pou impêcher (empêcher) eine eaute d'passer. On sait qu'les kangourous i-aime'tent boxer, mais i-a des limites".

 

"Ahais (oui), j'lai vu, i-deot s'appeler Reine Chauve" qu'elle a dit Marie qui parle inglès (anglais) comme eine vaque (vache) espagnole.

 

"Dis hardimint, les liards (l'argent), ch'est cha qui a pourri le sport. Mes gins, i-gagne'tent des millions et nous eautes (nous autres) on deot s'continter d'eine pétite pinsieon (petite retraite) alors qu'on a ouvré (travaillé) dur tout l'leonque (toute) de s'vie !".

 

Marie, elles 'a tapé l'tiête et a dit " Mo bé, te m'fais pinsé, ch'est asteur l'heure de "Qui veut gagner des millions ?", j'ai rindez-vous ave Jean Pierre, j'aime bin vir s'pétite mèche qui vole au vint. J'aime bin mieux m'instruire que d'vir (voir) ces sportifs imblavés (orgueilleux), ces mauvais garcheons (garçons) prêts à tout pou gagner leu liards (leur argent)".

 

Jules i-est ortourné (retourné) à s'maseon (maison) pasque li (parce que lui- i-préfère les films d's'jeone temps (de son jeune temps) ave john Wayne ou Grace Kelly et on peut dire que pindant l'été, li aussi i-est servi.  Mi j'ai queusi (choisi), j'n'use pos d'l'élestrique (électricité) pou tous ces biesseries (bêtises). (S.T. juillet 2010).

 

 

08:28 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

14 juil.
2010

11:49

Tournai : le stationnement, sujet sensible !

Au sein de ce blog, si l'histoire de la cité des cinq clochers est évoquée, l'actualité y est aussi traitée, notamment celle qui concerne les différents chantiers en cours de réalisation et les grands évènements culturels. Le sujet de ce jour aborde une problématique inhérente à toutes les grandes villes : le stationnement. On peut dire que celui-ci fait débat actuellement dans la cité scaldéenne.

 

Depuis quelques décennies, la circulation automobile s'est développée à un point tel qu'on utilise sa voiture même pour effectuer de très petites distances. La marche à pied qui a été le moyen de déplacement de l'homme depuis qu'il est sur terre est désormais considérée par une majorité de personnes comme étant désuète. Des milliers de véhicules entrent, circulent et sortent de la ville quotidiennement et ceux-ci doivent immanquablement trouver un lieu de stationnement.

 

Les responsables de la Ville ont planché sur un plan de stationnement susceptible de contenter un maximum d'automobilistes et d'éviter le stationnement sauvage. Entré en vigueur en 2005, il vient d'être adapté au cours du premier trimestre de 2010 et, le moins qu'on puisse dire, est que le sujet a déclenché une véritable polémique, opposants et défenseurs du projet envoyant leurs billets d'humeur à la presse locale et vilipendant le pauvre échevin de la mobilité, paratonnerre de l'autorité communale.

 

Quel est le problème ?

 

Le centre de Tournai, c'est-à-dire la partie située à l'intérieur de la ceinture des boulevards compte environ 30.200 habitants et ce nombre est en augmentation constante. Chaque ménage possède une, voire deux, voitures et ils existent trop peu de garages au sein du tissu urbain.

On estime à environ 26.500, le nombre de personnes qui viennent à Tournai, chaque jour pour y travailler.

Les différents établissements scolaires (maternels, primaires, secondaires, hautes écoles, enseignement technique) attirent environ 24.000 étudiants parmi lesquels un très grand nombre venant de la France voisine, en voiture.

On dénombre 780 commerces.

Des parkings ont été créés à proximité des boulevards, notamment sur l'Esplanade de l'Europe, à la Maison de la Culture, au Hall des Sports ou près de la prison, mais ceux-ci sont sous-utilisés car la traversée du boulevard semble se dresser comme une barrière tant physique que psychologique.

Si on tient compte des arrêts de bus et des garages de riverains, il existe environ 6.000 places de parking disponibles dans le centre-ville.

Dans l'hyper-centre, là où sont situées les rues commerçantes, 1.579 emplacements ont été rendus payants. Dans les zones jouxtant directement ces rues, un zone bleue de 2.585 emplacements avec stationnement gratuit de 2 heures a été délimitée et dans les autres zones plus éloignées du centre mais toujours comprises dans ce qu'on appelle l'intra-muros, on trouve une zone bleue de 1.834 emplacements limitée à 4 heures, quelques rues sont restées avec un stationnement libre. 

Tous ces emplacements sont réglementés entre 9h et 17h et totalement gratuits, sans limitation de temps, les dimanches et jours fériés.

De plus, la réalisation d'un parking souterrain de 122 places vient de débuter à la rue Perdue, à deux pas de la Grand'Place et un autre projet, plus important (360 emplacements), sous le parc communal est à l'étude et devrait voir le jour avant la fin de l'année 2014.

 

La parole aux opposants ?

 

Comme le fait de rouler grève déjà fortement le portefeuille, payer pour stationner est un "hold-up" à leurs yeux, une taxation déguisée. Ceux-ci réclament moins de sévérité de la part des contrôleurs de la firme privée chargés de placer la redevance de 15 euros pour non-paiment de parking ou dépassement du temps accordé. Ils souhaitent également obtenir un "réel" quart d'heure gratuit pour permettre l'achat rapide chez le boulanger, l'épicier ou le boucher ou pour décharger du matériel. Dans les faits, cette souplesse a été souhaitée par les promoteurs du projet, mais en réalité, on voit bien souvent le contrôleur s'approchait du véhicule, en faire la photographie et placer dans la foulée la redevance sur le pare-brise, une firme privée doit soignée sa rentabilité. Les entrepreneurs qui viennnent effectuer des petits travaux chez des privés ne sont pas exemptés du paiement, doivent-ils répercuter ce prix dans leur facture finale ? Ne serait-ce pas une discrimination par rapport aux habitants de la partie extérieure de la ville. Les médecins, le personnel infirmier en visite à domicile et les riverains doivent acquitter un droit annuel (modique) de stationnement.

 

La parole aux partisans ?

 

Depuis la mise en application du nouveau plan, on a vu disparaître les voitures "ventouses" qui stationnaient parfois de 7h30 le matin à 17 ou 18h le soir ou même durant toute une semaine, au même endroit, dans le cas d'étudiants ayant un "kot" en ville (belgiscisme désignant une chambre pour étudiant). Ceux qui acceptent de payer un ou deux euros pour parquer trouvent plus facilement de la place à proximité du commerce dans lequel ils veulent se rendre. La plupart des commerçants sont favorables au roulement qui s'est établi. Cela coûte nettement moins cher de trouver rapidement sa place que de tourner dans la ville à la recherche de celle-ci.

 

Le (très) mauvais tour de la SNCB !

 

Pure coïncidence ou effet "boule de neige", la Société des Chemins de Fer Belges a décidé, au même moment, de ne plus accorder la gratuité sur ses parkings privés aux "navetteurs" ("pendulaires" comme on les appelle en Suisse), ces très nombreux travailleurs qui empruntent le train pour se rendre à leur travail. La possibilité de trouver un parking gratuit à proximité de la gare est réduite et impose un parcours à pied plus ou moins important entre le véhicule et les quais. Ces personnes ont nettement l'impression d'être prises en otage soit par la ville qui a supprimé les parkings "à la journée" proche de la gare, soit par les autorités du chemin de fer qui se défendent d'être de mèche avec les autorités communales.

Comme on le voit, une solution idéale à un problème réel existe rarement et quelle que soit la solution proposée, il y aura toujours des mécontents.

11:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |

09 juil.
2010

20:00

Tournai : expressions tournaisiennes (78)

"Bin vite (bien vite) l'hiver", vous dire cha in plin mitant (au beau milieu) du meos (mois) d'juillet, cha va pétête (peut-être), mes gins, vous éteonnez mais vous advenez seûr'mint (devinez sûrement) que les caleurs (chaleurs) et l'Optimisse (optimiste), i-n'eont jamais vraimint (vraiment) été amisses (amis). Dire qu'i-in a qui adorent mette leu panche (ventre) au solel (soleil) pindant des heures et des heures, mi ch'n'est pos parel, à l'maseon (maison), ch'est stores abaissés et battantes serrées (volets fermés), on vit dins l'noir ou ave l'leumière alleumée (lumière allumée), on va de l'cayère au fauteul (de la chaise au fauteuil) et du fauteul à l'baignoire même quand ch'n'est pos l'soir. ...

 

Pou les commissieons, on part à nué (neuf) heures au matin et on essaye toudis (toujours) de n'pos attraper ein queaud et freod (chaud et froid) in intrant dans l'grand magasin. Su l'rue, on est obligé d'clogner des is (cligner des yeux) de l'rache (tant) que le solel i-luit. Quand on passe aux surgelés, on met s'n'anorak et on l'ortire (retire) au momint d'payer. ... Feaut pos rire, au Carrefour d'Froyennes, l'marchande de picheon (poisson), elle a eine écharpe à s'cou, l'roupie à s'nez (la goutte au nez) et bin des frisseons. ...

 

A l'après-deîner, pas d'vant m'n'ordinateur, j'sus fin réhusse (bien embarrassé) pindant des heures, on direot que l'température, elle m'impêche (empêche) d'faire de l'littérature. J'ai l'cibouleot tout ramolli et les idées, ave l'vapeur, elles semblent parties, j'sus tell'mint inragé (enragé), tins (tiens) j'inverreos tout dinguer (enverrais tout paître). ...

 

L'docteur i-m'a toudis (toujours) dit que l'caleur ch'éteot ein ennemi, Toutes ces vapeurs, ch'est pas beon pou l'coeur, cha vous viellit (viellit), cha vous raquerpit (ratatine), cha deonne des mélaneomes et cha esquinte (éreinte, abîme) les bonheommes. L'moindre effort que t'fais, t'ov'là in train d'dégouliner et si l'orache (orage) ein jour, i-s'ramène eh be, bin vite, t' perds t'n'haleine. In puque (de plus), cha deonne seo (donne soif) et te n'peux boire que d'l'ieau (eau), si te beos eine crasse pinte (un bon verre de bière) ou bin ein verre d'Bordeaux, bé l'sueur elle sort, à goguéo (à profusion), pa tous les pores de t'pieau (peau). ...

 

Au gardin (jardin), tout est orséqué (désseché), l'hierpe (herbe) et les salates i-n'pousse'tent pus et les fleurs i-n'd'a pus. ... Pou mi l'été ch'est l'misère, j'n'aime pos quand i-n'a pos d'air ! ...

 

Mais l'hiver, quand l'freod (froid) i-fait s'n'apparitieon, ahais (oui) ! cha, on peut l'dire, ch'est eine belle saiseon, dès l'deux du meos d'novimpe (novembre), l'jour des morts, mi j'orvis(moi je revis), j'sus hureux (heureux) et j'sus toudis déhors. Pourméner dins les camps (promener dans les champs), bin couvert et respirer à plin poumeons l'beon air, queurir dins l'neiche (courir dans la neige), orwettier (regarder) l'nature ingélée (transie) et rintrer à s'maseon à l'fin de l'journée, l'rouche aux bajotes (les joues rouges), l'goutte au nez, printe eine pétite goutte pou s'récauffer (réchauffer).

 

Pouvoir minger sans suer, des penn'tières à l'buse (pommes de terre cuites dans l'âtre) et ein sauret (hareng saur), avaler ave délice ein plat d'hariceots et eine grosse saucisse ou bin acore s'régaler ave ein lapin qui a guernoté dins les preones et les rogins (qui a mijoté dans les prunes et les raisins), cha m'fait plaisi.

 

L'hiver quand l'vint d'bisse (la bise) i- souffle dins l'quémeinée (cheminée), mi j'dors bénaisse (content) comme ein bébé. Au matin, je m'sins si bin orposé(reposé) que ch'est ave plaisi (avec plaisir) que mes artiques (articles), j'vins les incoder. ... J'vas arrêter d'berteonner (râler), j'veos les gouttes caire (tomber) su m'clavier, taleur (tantôt, tout à l'heure) j'vas ichi ête élestrocuté (je vais être ici électrocuté), j'vous répète ch'est dangereux... l'été. (S.T. juillet 2010)

20:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) |

07 juil.
2010

11:59

Tournai : une ville où le cyclisme est roi (3)

Après avoir évoqué la carrière cyliste d'André Lurquin, nous allons nous tourner vers une famille qui a vécu pour le cyclisme.

 

Gilbert Vermote est né le 26 juillet 1929 à Vezon, non loin de la cité des cinq clochers. ... Au cours des années 1948 et 1949, il évolue dans la catégorie des "Amateurs" où il décroche deux fois consécutivement le titre de "champion du Hainaut", remporte le Tour de Belgique, se classe 3e du Tour du Luxembourg et 5e du Tour du Limbourg. ... En 1950 et 51, dans la catégorie des "Indépendants", il est à nouveau sacré champion du Hainaut (1950), 2e de Bruxelles-Liège, 3e du Circuit des Régions flamandes, 4e à Harelbeke, 6e du championnat de Belgique et 7e du Tour des Flandres. ... En 1952 et 1953, on le verra sous les couleurs du groupe sportif "Groene Leeuw", la première année, on le retrouvera 8e de Gand-Wevelgem, 25e du Dauphiné, 31e de Paris-Bruxelles, 32e du Tour de Belgique, 87e de Paris-Roubaix, la seconde année, il sera 13e d'A travers la belgique, 22e de Gand-Wevelgem, 22e de Bruxelles-Couvin, 25e de la Flèche Wallonne et 31e du Dauphiné. ... En 1954 sous les couleurs de "Gitane", il se classera 5e du Circuit des Monts du Sud de la Flandre, 8e du Tour de Suisse, 11e du Tour du Nord, 15e de Gand-Wevelgem, 31e de la Flèche Wallonne et 43e de Paris-Nice. ... Il s'est éteint à Tournai, le 2 mai 1998.

 

Michel Vermote, son fils, est né à Tournai le 31 mars 1963. Dans la catégorie des "Amateurs" de 1982 à 1984, il franchira 46 fois la ligne d'arrivée en vainqueur et se classera de nombreuses fois parmi les trois premiers. Il remporta la semi-classique Seraing-Aix-Rotheux. .... En 1985, il passe professionnel au sein de l'équipe française "La Redoute", il décroche sa première victoire au Grand Prix de l'Ile de Wight, termine 13e du Tour de Belgique, 17e du Grand Prix de Fourmies, 41e de l'Etoile des Espoirs et 49e de Paris-Nice. ... L'année suivante, il passe chez RMO, une équipe à laquelle il restera fidèle jusqu'en 1992. Sous ce maillot, il remportera la victoire à Ruddervoorde (1986), à la Ronde des Pyrénées Méditerranéennes (1988), aux Boucles des Hauts de Seine (1989), au Tour du Limousin et une étape de Paris-Bourges (1991), à La Panne, Mechelen et Pleurtruit (1992) et obtiendra de très nombreuses places sur le podium : 2e au GP de Denain (1988), 2e à l'Etoile de Bessège, 2e du Circuit de la Sarthe, 2e de Bruxelles-Ingooigem (1990), 3e de Binche-Tournai-Binche (1991). ... Pour le compte de l'équipe Festina, il remportera la victoire à Zwevegem en 1993. ... En 1995, il fera partie de l'équipe "Le Groupement" ayant repris les coureurs laissés pour compte suite à la disparition de leur équipe et en 1996, il passera chez Agrigel. Dès 1988, Michel Vermote a participé au Tour de France, où il finira lors de sa première participation, 70e (1989), 144e (1990), 113e (1993), il dut deux fois abandonner sur chute. ... Revenu dans la catégorie des Amateurs en 1997, il remporta le Tryptique des Monts et Chateaux et fut encore sacré champion du Hainaut. Actuellement, Michel porte son attention à son fils Grégoire qui vient de remporter une victoire au mois de juin 2010.

 

Pour être complet, nous devons aussi parler de Willy Dewaele qui évolue, dans les années soixante, au sein de l'équipe Pelforth-Sauvage-Lejeune et de l'actuel espoir, Quentin Bertholet, né le 18 février 1987, actuel porte-drapeau du cyclo-cross wallon, vainqueur de trois épreuves depuis son apparition parmi les seigneurs de la discipline. Ayant été classé 6e (2007-2008) et 4e (2008-2009) du Championnat d'Europe des Espoirs, 6e du Championnat du Monde des espoirs (2008-2009).

 

Le monde du cyclisme a possédé aussi à Tournai de grands dirigeants tel Léon Foucart qui fut président de la Royale Pédale Saint Martin de Tournai, tel Jean Michel Voet et Jean Pierre Copenol, membres et aussi Présidents du jury des Commissaires UCI sur les plus grandes épreuves dont le Giro et le Tour de France. ... C'est aussi le cyclo-tourisme avec les noms de Maurice Vertongen, Raymond Vallée, André Tignon, Michel et Muriel Cordier, Daniel Cauchie, Eddy Michez... qui ont, ensemble, lors de diagonales, de Paris-Brest-Paris, de grands raids à l'étranger... réalisé un kilomètrage correspondant à plusieurs fois le tour de la terre.

 

En clôturant cette modeste étude, l'Optimiste formule le voeux qu'un des responsables d'ASO-Organisation puisse la lire et découvrir que ce n'est pas sans arguments réels que la ville de Tournai en association avec la commune française d'Orchies a posé sa candidature pour accueillir une étape du Tour de France dans les années à venir..

11:59 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cyclisme, cyclos, aso, vermote, bertholet |