29 mai
2010

08:30

Tournai : expressions tournaisiennes (72)

Je m'in escuse (je m'en excuse) à l'avanche, mes gins, mais inter (entre) mes occupatieons, l'Tour d'Italie et l'gardin (jardin), j'ai pos eu beauqueop (beaucoup) l'temps d'préparer m'n'artique (mon article) du saim'di (samedi).

 

Au gardin, i-éteot temps d'coper (couper) les héyures (haies) car ave (avec) l'bieau temps orvenu (revenu) cha fileot (filait) d'ein sapré queop, i-a aussi fallu tondre l'hierbe (l'herbe) car l'pluèfe et l'solel (la pluie et le soleil), cha l'fait pousser. Cha, ch'est l'ouvrache (le travail, l'ouvrage) de m'feimme pasque mi, ave l'allergie, j'éternue comme ein sauvache (sauvage) et j'ai des riches candelles (chandelles) à m'nez quand j'ai fini. Cha ch'éteot fait dins l'matinée, à l'fraîque (fraîcheur) et dans l'après-deîner (après-midi), dins m'fauteul (dans mon fauteuil), j'orwettieos (regardais) l'Giro, pos pou les coureus à véleo mais pou les bieaux paysaches qu'on veot (voit) de l'hélicoptère. 

 

 Adeon (alors donc), ceulle (cette) semaine, j'ai bin caché (cherché) après ein sujet, j'ai busié (pensé) tant et puque (tant et plus) pou trouver eine séquoi (quelque chose) pou vous faire plaisi (plaisir), mais les nouvelles que j'ai orchues (reçues) n'aveot'tent pos (n'avaient pas) d'intérêt. J'ai bin rincontré Edmeond et Fifinne, su l'plache (place) de Lille, mais comme leu bus arriveot, Edmeond i-a jusse (juste) eu l'temps de m'dire que diminche (dimanche) i-alleot vir l'électieon d'Miss Tournai. Quand ch'est pou vir (voir) les files (filels), i-n'est jamais l'dernier !  Edgard et Irma, i-seont in Bretagne jusqu'à l'fin du meos, "c'est un voyage culturel" qu'i-m'a dit avant d'partir. Ahais (oui), i-veont s'infourner (s'enfourner) eine vintrée (grande quantité) d'crêpes, d'huitres et des bolées d'cidre et après i-direont que ch'est cha la culture ! 

 

 J'areos pu vous parler d'no z'électieons, mais comme gouverner la Belgique cha d'vient un rude touillache (une rude confusion), j'préfère n'pos m'avinturer su l'terrain des politiciens. Comme diseot m'gramère (ma grand'mère) : "les politiciens et les arracheus d'dints (les dentistes) ch'est tertous des minteus (ce sont tous des menteurs), i-promettent toudis (toujours) pu d'burre (plus de beurre) que d'pain". Ch'éteot en mille nuef chint chinquante (mille neuf cent cinquante), quoisqu'elle direot asteur (maintenant) ceulle beonne vielle feimme (cette bonne vielle femme) in intindant (en entendant) leus cacoules (mensonges, carabistouilles) l'diminche à l'télé. ...

N'impêche que m'feimme et mi on a bin ri pindant l'semaine su l'plache (place) Reine Astrid. I-aveot là eine camionnette d'locatiéon qui v'neot du Brabant Walleon ave l'portrait d'eine candidate tournisienne à l'Campe (Chambre), i-a pos à dire, elle éteot bin faite, elle nous moutreot (montrait) s'pus bieau sourire, mais jusse pas d'zous (juste en dessous), i-éteot acore (encore) marqué in grand "Louez-moi". Bé j'ai pinsé : "Que soiche't louée ceulle candidate et proficiat" (que grand bien ce le lui fasse). Cha m'a fait pinsé à ein mécréant qui aveot eine feos dit à ein brafe curé d'villache pou l'imbêté (l'ennuyer) : "Mon père, et si Dieu était à vendre", l'brafe (brave) heomme d'églisse i-a souri et i-li a dit : "Mais Dieu ne sera jamais à vendre, mon ami, Dieu soit loué !". Inter nous (entre nous), tout comme Edmeond, j'areos préféré vir les portraits des Miss Tournai, même in rope (robe) d'soirée, après tout elles cachent (cherchent) aussi après nos votes. ... Comme vous l'veyez (voyez), ceulle semaine, j'ai rin (rien) à vous mette sous la dint, cha s'ra pou l'sémaine qui vient. Ein beon Diminche mes gins, ch'est l'fiête de l'Ternité et ch'est l'ducasse à Mons (S.T. mai 2010)

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

28 mai
2010

08:30

Tournai : rénovations, restaurations, transformations (3)

Je vous invite aujourd'hui à m'accompagner sur la rive droite de l'Escaut. Les chantiers y sont moins nombreux, car, hormis les rues de Pont et Royale, cette partie de la ville est dévolue à l'habitation, aux écoles et à de nombreux immeubles de bureaux. ... On y trouve, en effet, un Secrétariat Social, une Mutualité sur le quai Sakharov, un organisme financier sur le quai Dumon, le Service d'Aide à la Jeunesse (SAJ) à la place du Becquerelle, le commissariat de Police à la rue du Becquerelle, les écoles communales Paris à la rue du Sondart, du Château à l'avenue Leray, l'Athénée Royal Robert Campin dans la rue Campin, l'école Saint Nicolas à la rue du Rempart, l'Institut Technique de la Communauté Française à la rue des Moulins, l'Athénée Royal Bara à la rue Duquesnoy, l'école de la Sainte Union à la rue des Campeaux, la clinique Notre-Dame à l'avenue Delmée, le Ministère des Finances à la rue du Rempart, la caserne Saint-Jean, rue Galterie Saint Jean, d'autres mutualités dans les rues Saint Brice et Barre Saint-Brice etc .... Des immeubles bien souvent vidés de leurs occupants en fin de journée et durant le week-end, donnant un aspect un peu désert à leur environnement et n'incitant pas les gens à la promenade ! Les commerces de la rue Royale et de la rue de Pont sont d'ailleurs presque tous fermés le dimanche à l'exception de l'un ou l'autre café ou restaurant et des boulangeries... Six importants chantiers y sont cependant ouverts : celui du SPF (Service Public Finances) dont l'aile de la rue du Rempart est totalement terminée et opérationnelle tandis que celle de la rue du Château est en cours d'aménagement. ... L'importante restauration d'un immeuble situé à l'angle de la rue du Château et de la rue Campin semble, depuis quelques temps, abandonnée. ... Une seconde phase de travaux a débuté voici quelques semaines pour une série d'habitations privées qui sont érigées à l'angle de la rue de l'Arsenal et de la rue Robert Campin. ... La transformation de l'ancien "Hôtel de la Fontaine d'Or" sur la place Verte se termine et six appartements ont été créés en plus d'un rez-de-chaussée commercial. ... Enfin, les travaux de rénovation de la tour Henri VIII semblent eux aussi être mis en veilleuse. Un dôme plastifié avait été érigé au-dessus de l'imposante construction pour permettre les fouilles et le séchage des murs mais celui-ci n'a pas resisté aux tempêtes de l'hivers dernier et seul le squelette métallique recouvre encore le monument le plus visité par les toursites anglais de passage à Tournai ! ... Enfin, le bâtiment de l'ancien commissariat de police à la rue de l'Athénée fait l'objet, depuis quelques semaines, d'une rénovation complète, il permettra de loger des personnes en difficultés temporaires. ... De la restauration de la cathédrale et de son quartier, de celle de l'église saint Jacques nous parlerons prochainement...

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovations, restaurations |

27 mai
2010

10:06

Tournai : rénovations, restaurations, transformations (2)

Notre balade à la découverte des chantiers qui parsèment la cité des cinq clochers se poursuit. Quittant le quartier Sainte-Marguerite, nous arrivons aux abords de la Grand 'Place. Face à nous, la rue Perdue est en chantier depuis une décennie. Il y a eu tout d'abord la rénovation du Fort Rouge, la construction d'immeubles à appartements à la place de bâtiments délabrés et la création du square Delannay qui permet de rejoindre la Grand'Place, il y eut ensuite la construction de la résidence-services, "le Théâtre", construite sur un terrain vague datant de la seconde guerre mondiale suite à la démolition du théâtre communal, il y eut la transformation de la caserne des pompiers en appartements. Depuis la fin de l'année dernière, c'est la voirie qui est chantier. Après avoir percé des tranchées pour réunir les divers impétrants (eau, gaz, électricité, téléphone) et pour placer le nouvel égouttage, le 1er juin, les entreprises vont s'attaquer à la création du parking souterrain réclamé depuis des lustres par les commerçants du centre-ville. Travaux qu'on nous promet spectaculaires puisqu'il est prévu d'ouvrir, au moyen d'engins spéciaux, deux tranchées de part et d'autre de la rue, d'une profondeur d'environ sept mètres, dans lesquelles sera coulé, au fur et à mesure, le béton formant les murs extérieurs et de pouvoir ensuite, travailler sans danger pour la stabilité des immeubles riverains. Pendant près de deux ans, la rue Perdue sera ainsi interdite à toute circulation.

 

Sur la Grand'Place, des travaux ont été entrepris à la toiture de l'église Saint-Quentin tandis que l'ancien café du Baillage qui fut, jusqu'il y a quelques années, le siège d'une organisme financier vient d'être transformé en un magasin de prêt à porter à l'enseigne d'une grande marque espagnole. Entre le forum tournaisien et l'Escaut, le chantier du "quartier cathédral" s'active peu à peu, il ne reste que les murs et une partie du toit de l'ancien "Grand Hôtel de la Cathédrale", (que les responsables de la ville s'évertuent à nommer Hôtel Dexia, du nom de l'organisme qui en était le dernier propriétaire), immeuble destiné à abriter, dans le futur, le "Centre de tourisme". Dans le pietonnier de la Croix du Centre, les travaux de rénovation des façades ont débuté. Par contre, le chancre formé par le terrain vague où se situait l'ancien "Multiscope Palace", démoli il y a deux ans, est toujours bien présent, rien ne bouge à cet endroit et des toiles vertes, malheureusement transparentes, ont été placées dernièrement dans le but de cacher (!) ce spectacle désolant offert aux passants de cette artère fort fréquentée.

Les travaux de transformation du quai des Salines qui ont débuté à la fin de l'année 2009 vont bon train, l'espace le long de l'Escaut qui sera destiné au Ravel est dallé, une plate-forme panoramique est en cours de construction à côté du monument de Barthélémy Dumortier, les bordures délimitant la future voirie sont en cours de pose. Au quai Notre-Dame, la restauration d'une série de maisons Louis XIV situées à proximité de l'ancienne église des Pères rédemptoristes est presque terminée, charpente, toiture, boiseries et murs ont été remplacés ou réparés, un badigeon du plus bel effet vient d'être posé.

 

Cette balade nous a amené sur les bords de l'Escaut, un fleuve qui fait beaucoup parler de lui en ce moment puisqu'il fait partie du projet de "liaison Seine-Nord" destiné à mettre en relation le bassin parisien et les grands ports du Nord de l'Europe (Anvers, Amsterdam, Rotterdam...). Les conservateurs voudraient qu'il reste le long fleuve tranquille que nous connaissons, où il fait bon flâner aux soirs d'été mais les économistes, les industriels du bassin carrier n'ont pas cette vision bucolique, ils souhaitent le voir élargi afin de permettre le passage de barges de 2.500 tonnes et plus. Industries et tourisme font rarement bon ménage et nécessitent souvent des arbitrages. La décision doit être prise rapidement, elle concernera au minimum les ponts qui enjambent le fleuve au coeur de la cité et surtout le vénérable et historique Pont des Trous dont la structure actuelle est menacée par l'élargissement... Je pense que nous aurons l'occasion de reparler de ce problème qui préoccupe la population tournaisienne tout comme le projet d'élargissement du fleuve, en site propre, dans les années soixante avait ému pas mal d'amoureux des quais de Tournai à cette époque. Demain, notre balade nous fera franchir le fleuve à la découverte des chantiers de la rive droite...

10:06 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, renovation, restauration |

26 mai
2010

10:28

Tournai : rénovations, restaurations, transformations

Le beau temps revenu est propice à la promenade et on peut ainsi visiter la ville en faisant du lèche-vitrine, je laisse ces occupations à la gente féminine soucieuse de découvrir les nouveaux magasins et préfère de loin visiter les différents chantiers en cours non par curiosité mais afin de m'informer sur les rénovations, restaurations et transformations entreprises. Je vous propose donc, à partir d'aujourd'hui, une "balade virtuelle" au sein des différents quartiers de Tournai. Je sais que celle-ci va particulièrement plaire aux Tournaisiens exilés qui aiment découvrir, au travers de ce blog, l'évolution d'une ville qu'ils ont quittée depuis parfois de nombreuses années.  Nous évoquerons donc trois thèmes : les travaux entrepris sur la rive gauche de l'Escaut, ceux de la rive droite et les gros chantiers qui se dérouleront sur plusieurs années. 

 

Le point de départ de notre balade est situé au faubourg Saint-Martin, plus précisément dans la rue des Sports où on découvre l'énorme chantier du CHWAPI (Centre Hospitalier de Wallonie Picarde) qui regroupe désormais l'Hôpital Civil, les cliniques La Dorcas, Notre-Dame et l'IMC de la chaussée de Saint Amand. Un peu plus loin, beaucoup moins visible de la rue car toujours protégé par le mur qui ceinture totalement la propriété, l'ancien Hôpital militaire Quartier Major-Médecin De Bongnies fait peau neuve, on devine néanmoins la construction de l'immeuble destiné au CPAS (Centre Public d'Aide Sociale) du côté de la rue de Barges. Derrière, au niveau de la rue Général Piron, c'est l'institut de Défense Sociale, "Les Marroniers" qui fait construire de nouveaux pavillons de soins.

 

Revenant en ville par la chaussée de Willemeau, on découvre les travaux de nivellement de la plaine des Manoeuvres réalisés grâce à l'apport des terres enlevées sur le site de l'Hôpital, plus précisément sur l'ancien terrain de la Royale Union Sportive Tournaisienne. Les responsables de ce travail ont une notion bien particulière du nivellement, car si, jusqu'il y a peu, existaient sur cet ancien terrain militaire, des "fosses et des bosses" comme disent les Tournaisiens, elles ont été remplacées désormais par... des collines ! On a appris récemment par la presse que le terrain situé à front de la chaussée de Douai (entre les immeubles actuels et la résidence pour personnes âgées) verra s'ériger des appartements de standing, des bâtiments disposés en carré autour d'un plan d'eau central, les travaux devraient débuter prochainement.

Continuons notre promenade et après avoir traversé le boulevard Bara, pénétrons en ville par le quartier Sainte-Marguerite. A l'origine, il s'agit d'un quartier ouvrier, habité par les balotils, tisserands ou ouvriers bonnetiers à domicile surtout spécialisés dans la confection de bas. C'est donc un quartier principalement composé de petites maisons ouvrières des XVII et XVIIIe siècle. Pour celui qui connaît bien ce coin tranquille de notre ville, il est indéniable que celui-ci se transforme progressivement. Dans les rues As-Pois, Jean Noté, Roc Saint Nicaise, du Ballon, de nombreuses rénovations réalisées avec soin ont permis de retrouver, peu à peu, cet habitat tournaisien d'autrefois. Une restaurations récente d'un immeuble situé à l'angle de la rue Jean Noté et de la rue Roc Saint Nicaise en est un des meilleurs exemples tout comme le site, tout proche, de l'ancienne "Maison des Ouvriers" qui abrite désomais des appartements de standing ceinturant un espace vert. Dans ce quartier, il est néanmoins paradoxal de constater que si les petites rues ont trouvé une nouvelle jeunesse et attirent maintenant ceux qui souhaitent découvrir l'habitat d'autrefois, le boulevard Bara, jadis composé d'immeubles bourgeois, connaît une paupiérisation de la part de propriétaires sans scrupules. Dans sa partie située entre la rue Jean Noté et la place de Lille, les maisons cossues des familles bourgeoises du début du XXe siècle ont fait place à bâtiments sur lesquels on a collé cinq ou six boîtes aux lettres et dont l'entretien laisse à désirer, boiseries sans peinture, corniches percées, fenêtres garnies de toiles ou de couvertures. Même les trottoirs, jadis régulièrement entretenus par des femmes de ménage et parcourus par de belles en dames en toilettes et portant ombrelle, se garnissent d'herbe ou de pissenlits à la belle saison. C'est un hiatus dans un quartier qui revit, un coup de poing pour le promeneur !

 

Nous en avons déjà souvent parlé, aussi n'évoquons plus le phare du quartier que constitue, Sainte-Marguerite, son église paroissiale laissée à l'abandon depuis les années septante et dont on attend probablement l'écroulement en laissant sa nef ouverte à tous vents. Je vous invite à poursuivre cette balade virtuelle dans le prochain article...

10:28 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovation, restauration |

22 mai
2010

07:45

Tournai : expressions tournaisiennes (71)

Qu'i-soiche (qu'il soit) cancheonnier (chansonnier), rintier (rentier) ou ouverrier (ouvrier), l'titi tournisien (l'enfant de Tournai) i-aime bin râler et j'vas acore aujourd'hui vous l'prouver. 

 

 Profitant du bieau solel (beau soleil) du meos (mois) de mai, j'éteos aller m'pourméner (promener) à l'plache (place) Crombez. I-aveot là des gins tout débaltés (exaspérés, déchaînés) qui m'eont tout à n'ein queop (tout à coup) app'lé. "Viens ichi acouter (écouter) l'Optimiste, ce qu'on va t'dire ch'est pos triste". Toudis (toujours) à l'affût d'eine beonne (bonne) informatieon, j'ai orjoint (rejoint) l'groupe in réunieon et j'vas (je vais) vous écrire tout ce que ces gins éteot'tent in train d'dire.

 

"L'vingt du meos d'juin dins leu quartier, eine course de karting est à nouvieau (nouveau), organisée. Si ch'éteot six heures l'année passée, ichi ch'est douze heures qui seont programmées. Si on les laiche (laisse) faire, dins ein an, cha s'ra les vingt-quate heures comme à Francorchamps ! Dis hardimint qu'on est att'lé ave les ceusses qu'on a élu pou nous diriger et nous protéger. Pire que de beons vieux curés, i-dise'tent "amen" à tout ce qu'on va leu demindé (demandé). A perseonne i- n'veul'tent déplaire et i-eont même l'bénédictieon du commissaire. L'organisateur, ch'est l'roi des galfards (roi des gourmand) et on print toudis (toujours) soin d'nous prév'nir bin tard. Ave (avec) ses monumints (monuments), s'cathédrale, s'bieffreo (beffroi), ses musées, ses traditieons, Tournai pourreot êt'e l'capitale du bieau et du culturel mais certains i-préfère'tent in faire eine poubelle car pou l' tranquilité de leu populatieon, Renaix et Frasnes, i-n'in ont pus voulu d'ceulle organisatieon, ichi, nos édiles, i-ont sauté à bras d'ssus, ichi on print tout c'qu'ein eaute i-rue (ruer = jeter)). A l'heure où on devreot faire des écolomies comme dise'tent les écoleos, ichi, on va brûler d'l'essince à tire l'arrigot. L'pire ch'est pou les riverains, on s'fout pos mal des imbêt'mints. Si i-veul'tent sortir, l'diminche, i-féaut qui s'arrinche, aller mette l'veille au soir, leu voiture stationner su l'boul'vard. Arrogant, l'organisateur i-a même osé dire qu'ave les ferniêtes (fenêtres) fermées, on intind presque rin, bé si i-fait des caleurs (chaleurs) ch'est l'ein ou l'eaute qui vont devoir supporter les gins, i n'aront pas l'choix, i devreot queusir (choisir) inter (entre) l'peste et l'choléra ! I n'féaut pos exagéré, à Tournai, on a d'jà l'carnival, les kermesses et l'Tempo Festival, l'grande procéssieon, les quate cortèches (quatre cortèges) et l'fiête d'l'accordéon, l'fiête de l'musique, l'marché d'Noël, la piste aux Espoirs, la cabaret Walleon, l'festival des imtateurs et bin d'eautes pétites organisatieons, des rindez-vous que les tournisiens apprécient et veule'tent garder mais pourquoi mette dins l'centre de l'ville des affaires bruyantes et polluantes comme l'tuning, le rock et l'karting qui ireot'tent bin (bien) mieux au plein mitan (au mileu) d'un zoning. On va finir par nous faire accroire (croire) que pus cha fait du bruit pus nos édiles i-seont ravis. Ch'est toudis les greos qui s'partachent l'magot, pasqu'on est eine pétite cité et qu'on aveot pos eine grosse pointure comme à Mons pou nous appuyer, on n'a pas eu l'sanche (chance) d'êt'e désignée pou l'Wallonie, l'capitale culturelle mais ch'est pas pour cha qu'on deot (doit) dev'nir eine ville poubelle !" 

Après avoir intindu leu'z' argumints j'ai total'mint donné raiseon à ces gins. A m'mote (selon, moi) qu'à Tournai on peut tout faire, cha s'appelle "l'anarchie". Ainsin in orvenant à m'maseon, j'ai vu des gins stationner leu véhicule au pied de l'cathédrale pou n' pos payer leu parcmètre, j'in ai vu ein eaute mette s'n'auto su un passache pou piétons ou acore (encore) s'mette dins ein virache (tournant), j'ai vu des gins bloquer l'grand'plache in stationnant presque jusqu'au carrefour du bieffreo, i-d'aveot même, à l'rue Perdue, contre les barrières du chantier quitte à impécher d'passer aux pompiers. Su l'plache Reine Astrid, l'diminche, on s'met sur les trottoirs et les pelouses du palais de Justice ou du parc communal sont rimplies d'voiture tous les jours. On a b'soin de liards, ov'la des sources jusses (justes) pou in trouver sins l'printe dins l'poche des gins qui n'ont rin fait. Que fait la police quand elle pourmène (promène) dins les rues de l'ville ? ... Mes propeos sont pétête outranciers mais ch'est pou faire comprinte à nos édile qui n'feaut pos défigurer no si belle pétite ville ! (S.T. mai 2010)

07:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

20 mai
2010

08:30

Tournai : les enceintes successives (8)

Le démantèlement terminé vers 1870, la ville de Tournai, jusqu'alors enfermée dans ses murailles, est devenue une "ville ouverte" et les transformations vont être rapides. La population va passer de 29.981 unités en 1866 à 35.004 unités en 1900, elle atteindra même son maximum historique en 1910 avec 36.982 habitants. Suite aux deux conflits mondiaux, elle sera ramenée à environ 33.000 habitants. Il s'agit bien entendu des chiffres recensés avant la fusion des communes de 1976, ils ne concernent que Tournai et ses faubourgs.

 

Au nord, le tissus urbain va progresser à un point tel que, finalement, on passe de Tournai à Kain, à Rumillies ou à Warchin sans s'en rendre compte à cause de constructions continues. Sur les boulevards, on va principalement construire un habitat bourgeois et la nouvelle gare va être à l'origine de la création d'un nouveau quartier aux larges rues d'inspiration hausmannienne. Le comblement de la Petite Rivière, en 1911, va donner naissance à des espaces verts allant de la porte Marvis au carrefour du Viaduc.

 

A la place de la citadelle s'élèvera la caserne baron Rucquoy et auprès d'elle, durant les années septante, apparaîtra un nouveau quartier d'habitations destinées aux militaires et à leur famille. Lors de la construction de celui-ci, des souterrains de l'ancienne citadelle de Vauban seront mis à jour et feront l'objet d'un entretien particulier et d'une vaste entreprise de rénovation par une ASBL, "Les Amis de la Citadelle", qui sera fondée le 12 octobre 2006.

 

A la lecture de cette longue évocation de près de 2.000 années de l'Histoire de Tournai, le lecteur se demandera si des élements témoignent encore de l'existence de ces fortifications. La réponse est bien entendu positive. Ils sont nombreux et se découvrent lors d'une visite complète de la ville. La Tour des Rédemptoristes, la tour du Cygne, le Fort Rouge récemment rénové, la tour Saint-Georges et une partie de courtine, la tour de la Loucherie vous permettront d'imaginer le tracé de la première enceinte communale. ... Le Pont des Trous, les tours Marvis et Saint Jean et le chemin de ronde situé à l'arrière de celles-ci, un vestige de mur des fortifications à l'angle de la rue Bozière et de la rue de Marvis seront pour vous les repères de la seconde enceinte communale. ... La tour Henri VIII située au milieu d'un espace vert entre l'avenue Leray et la rue du rempart vous témoignera de l'occupation anglaise et les vestiges de la citadelle dont une porte est encore visible au boulevard du Roi Albert vous emmèneront sur les traces de Vauban et de Louis XIV. De régulières visites guidées des souterrains vous plongeront dans les entrailles de la ville et vous permettront de revivre les périodes troubles de l'histoire.

 

En 1994, réalisant une vidéo sur les coins insolites de Tournai, il m'a été permis de découvrir des vestiges de la seconde enceinte, parfaitement conservés, mais dissimulés au regard des visiteurs parce qu'intégrés à des propriétés privées, c'est le cas notamment au boulevard Bara, où un mur, bien entretenu, sépare les jardins de maisons du boulevard des cours de la rue As-Poids, c'est le cas également d'un vestige intégré aux fondations de l'immeuble du CPAS qu'on pouvait alors visiter en descendant dans un puit au moyen d'une corde. Il y a même sous des maisons de la rue As-Poids, à proximité de la rue Jean Noté, des portions, hélas, très courtes parce que coupées par des constructions, d'un ancien souterrain partant probablement de la cathédrale pour rejoindre l'extérieur de l'enceinte.

 

(sources : pour réaliser ce long résumé des enceintes de Tournai, j'ai pu m'appuyer sur les ouvrages suivants : "Tournai, Ancien et Moderne" de A.F. J Bozière, livre paru chez l'éditeur Adolphe Delmé en 1864 et réédité par les éditions Culture et Loisirs en 1974 - Les études réalisées par Raymond Brulet, chercheur qualifié au F.N.R.S et Chargé de cours à l'Université de Paris 1, Pierre Mary Vêche, licencié en Histoire de l'Université catholique de Louvain, Christian Dury, licencié en Histoire de l'Université catholique de Louvain parues dans les "Publications extraordinaires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai" - tome II de 1985, - les textes de Jacques Nazet et de Christian Dury publiés dans l'ouvrage "Les enceintes urbaines en Hainaut" édité par le Crédit Communal en 1983, - le livre de Philippe Pierquin, "Le patrimoine militaire tournaisien" édité par l'ASBL les Amis de la Citadelle, - "Le Hainaut Occidental dans le miroir d'un journal régional, 1829-1979" édité par le Courrier de l'Escaut à l'occasion de ses cinquante ans et des recherches personnelles réalisées en parcourant les rues de la cité).

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, enceinte communale, fortifications |

19 mai
2010

08:15

Tournai : les enceintes successives (7)

Le démantèlement de l'enceinte communale va durer environ 6 ans. En 1866, la disparition du rempart à l'emplacement de l'actuel boulevard Bara va permettre le prolongement vers l'extérieur des rues du Ballon et Prévost (ancien nom de la rue Jean Noté), il en sera de même à hauteur du boulevard Léopold par le prolongement des rues Claquedent et des Augustins.

 

Pratiquement sur l'emplacement des anciennes fortifications et des fossés vont être construits les boulevards de ceinture. En mai 1867, la Chambre est saisie d'un projet ayant pour but de créer, sur l'emplacement du champ de manoeuvre, situé près de la porte Saint-Martin, une plaine d'une étendue de 20 hectares devant servir aux exercices de la garde-civique et pouvant accueillir les courses de chevaux et les fêtes hippiques.

 

Le 5 août 1869, les ouvriers occupés au déblaiement des terres adossées à des maisons comprises entre l'Esplanade et la porte Saint-Martin, mettent à jour un tronçon d'une ancienne chaussée romaine, en parfait état de conservation. ... Le 17 novembre 1869, un article de l'Econome affirme que "les remparts ne sont pas démolis en tout (entièrement), bien que le terre-plein et la nivellement de la station soient (presque) terminés, il est donc fort à craindre que le boulevard de la Station ne se trouve pour longtemps encaissé entre deux remparts, les anciens restés debout, et le nouveau formé par le remblai énorme de la ligne de Péruwelz".

 

Après les remparts, on va, hélas, s'attaquer à la citadelle. ... Ouvrons à ce propos une parenthèse. Si les années septante du XXe siècle ont été marquées par l'utilisation à outrance du béton pour construire des buildings cubiques sans âme et sans cachet particulier, il faut reconnaître que les années soixante du XIXè siècle ont, elles, été marquées par une rage destructrice. On pouvait très bien étendre la ville sans toucher à ce témoignage du génie militaire de Vauban. ... Dès le 1er avril 1865, le Courrier de l'Escaut annonce que la citadelle de Tournai subira "sou peu", le sort des forteresses de Huy et de Dinant, la vendre à charge de démolition. Le 25 avril 1867, le Ministre de la Guerre décide la démolition. Dans les jours qui suivent, on évacue le matériel qui s'y trouve encore. Une phrase est à mon sens le symbole de l'esprit de l'époque : "Nos concitoyens ne seront pas fâchés sans doute de perdre leur forteresse, car il n'est pas agréable pour une ville d'être place de guerre lorsque la paix est troublée". Cela prouve une étroitesse d'esprit, une courte-vue des responsables politiques de l'époque qui se comportent en véritables vandales à l'égard de notre patrimoine. J'aime répeter cette phrase qui fait partie de ma philosophie : "nous ne sommes pas les propriétaires de notre ville, de notre environnement, nous en sommes les usufruitiers et nous devons de conserver ses trésors que sont les témoignages du passé et les transmettre aux générations futures", même si les mentalités vont évoluer, tous les décideurs ne partagent pas encore, hélas, cette vision des choses, actuellement les églises Sainte-Marguerite et Sainte Marie-Madeleine en sont des exemples flagrants, les promoteurs, avides de réalisations modernes, ne se sentent pas concernés par la sauvegarde de monuments anciens ! ... Les troupes du Génie vont être autorisées, le 14 mai 1867, à se livrer à des expériences de la plus haute importance, on va tester la "dynamite", substance explosive inventée par Alfred Nobel, un an auparavant, composée de nitroglycérine et d'une substance absorbante chargée de rendre l'explosif stable. ... Le détachement du Génie arrivera le 19 janvier 1869, le 20 février les premières explosions retentiront, le 24 mars, une foule de curieux tenue à l'écart viendra assister à l'écroulement sous l'action du minage des bastions de la citadelle, le 31 mars, on procèdera aux dernières démolitions.

 

Paradoxe, les villes de Dinant et de Huy citées comme exemple dans la presse locale ont conservé leur citadelle... Que reste-t-il, en ce début du XXIe siècle, de ces différentes enceintes qui protégèrent Tournai du durant plus de 1.500 ans ? Nous l'évoquerons dans le prochain article.

18 mai
2010

08:01

Tournai : les enceintes successives (6)

Construite à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, la seconde enceinte communale va protéger la ville et ses habitants durant plus de cinq siècles mais va subir au moins trois importantes modifications.

 

Quelques temps après son édification, huit portes seront bouchées sur ordonnance des Consaux et, lorsqu'en 1513, le roi d'Angleterre Henri VIII soumettra Tournai, il y fera construire un château sur la rive droite de l'Escaut dans le quartier du "Bruille" (mot qui signifie "marais") ou quartier Saint Nicolas. Les ingénieurs du souverain anglais profitent du rempart existant entre le Pont des Trous et le "Floc du Sondart" (à proximité de l'actuelle place Verte) pour asseoir une importante tour, un donjon, seul élément qui subsiste encore de cette forteresse. La Tour Henri VIII, familièrement surnommée "grosse tour" par les Tournaisiens, fait actuellement l'objet d'une réfection.

 

Plus tard, lorsque le roi de France, Louis XIV, s'empare de la cité des cinq clochers en 1667, il fera ériger une citadelle sur la "montagne" située près de la porte de Valenciennes, sur la rive gauche de l'Escaut, cette fois. Elle fut construite entre 1667 et 1674 et nécessita la démolition de la paroisse Sainte-Catherine. Une partie du rempart, près de trois cents maisons, l'église paroissiale, des couvents, un hôpital furent ainsi rasés. A la place, on trouva désormais la citadelle et une large esplanade où se situe l'actuel Palais de Justice. Une rue du quartier porte d'ailleurs le nom de rue de l'Esplanade en rappel de l'existence de celle-ci.

 

En survolant l'Histoire de la cité, nous voici parvenu dans le courant du XIXe siècle. ... En 1859, le jeune gouvernement belge (la Belgique est née officiellement en 1831) décide la désaffection des forteresses belges et choisit la ville d'Anvers comme pivot de la défense du pays. Les jours des fortifications tournaisiennes sont désormais comptés. Le glas retentira pour elles le 26 février 1863, lorsque, à une interpellation du député tournaisien Barthélémy Dumortier, le Ministre de la Guerre répond que les fortifications de la ville de Tournai sont condamnées et que leur démolition sera entamée dans le courant de l'année. Les choses ne vont pas traîner puisque, déjà, le 3 mars 1863, le "Courrier de l'Escaut" annonce que le Ministre a donné des ordres pour le début de la démolition des fortifications en commençant par les portes de Valenciennes et de Saint-Martin. De plus, il abandonne au Ministre des Travaux Publics tous les terrains situées entre les deux rivières propres à l'agrandissement de la station de chemin de fer ! (on entend par "les deux rivières", l'Escaut au sud et la Petite Rivière au nord, une sorte d'égout à ciel ouvert qui sera finalement comblé en 1911).

 

On apprend que les premiers travaux de terrassement débutent le 12 mars 1863 au bastion de la porte Saint-Martin et que le 17 juillet de la même année a lieu une adjudication pour la démolition des fortifications, celles situées entre les "Moulins à eau" proches des Arcs des Chauffours et la porte Saint-Martin. Les travaux sont menés avec célérité, à la fin du mois d'août, le mur d'enceinte et le corps de garde de la porte de Valenciennes ont été rasés. Le Courrier de l'Escaut nous dit que les habitants des dernières maisons de l'Esplanade sont désormais en pleine campagne. Le bastion de la porte Saint-Martin disparaîtra, lui aussi, avant la fin de l'année 1863. ... Dans le prochain article, nous poursuivrons l'analyse de cette entreprise de démolition !

08:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, enceinte communale, fortifications, demantelement |

17 mai
2010

08:15

Tournai : les enceintes successives (5)

La première enceinte communale va devoir rapidement supporter deux sièges, l'un en 1197 et l'autre en 1213. Lors de ce dernier mené par le Comte de Flandres, les assaillant vont s'emparer de la cité, pas pour longtemps car ils seront très vite délogés par l'arrivée des troupes françaises. 

 

Cette première enceinte communale fut de courte durée, elle exista tout à peine un siècle. Sous la pression démographique et l'essor économique de la cité, on décida de mettre en chantier une seconde enceintequi englobera les nouveaux quartiers de Saint-Jacques, de Sainte-Marie Madeleine, de Sainte-Marguerite, de Saint-Nicaise. En quatre siècles, la ville a vu sa superficie s'étendre des 10 hectares du Xè siècle à 40 hectares au début du XIIIe et à environ 180-200 hectares au tout début du XIVe siècle. Par la suite, cette étendue restera stable jusqu'au XIXe siècle. 

 

 La construction de la seconde enceinte communale se déroula en trois phases : de l'Escaut (porte du Bourdiel) à la porte Saint-Martin, entre 1277 et 1282, l'entièreté de la rive droite du quartier du Bruille à celui des Chauffours, entre 1289 et 1302, la troisième étape prit un peu plus de temps car des négociations durent être entreprises avec la puissante abbaye de Saint-Martin pour joindre la porte Saint-Martin à l'Escaut. C'est de cette époque que date l'édification des deux "portes d'eau", les "Arcs des Chauffours" en amont et le "Pont des Trous" en aval.La date de construction de ce dernier se situe très probablement entre 1281 (érection de la porte du Bourdiel sur la rive gauche) et 1288 (érection de la porte de la Thieulerie sur la rive droite). Le pont des Trous prit d'abord les noms "d'arcs de la porte Bourdiel" ou "d'arcs de la Thieulerie". Selon Bozière, une ordonnance de 1302 constate leur existence.

 

L'enceinte communale bouclée présente un périmètre total de 5.150 mètres : 2.700 m sur la rive gauche et 2.450 m sur la rive droite, elle protège une aire de 185 hectares. A sa création, dix-huit portes existaient mais, déjà durant la moitié du XIVe siècle, huit d'entre elles furent bouchées. Sur la rive gauche, au départ du Pont des Trous, on trouvait successivement la "portedu Bourdiel" percée au travers de la tour du même nom, quelques centaines de mètres plus loin, la "porte de la Sainte-Fontaine" tenait son nom d'une source, par corruption du langage, elle devint la porte des Sept Fontaines (une rue donnant sur l'actuel boulevard Léopold porte aujourd'hui ce nom), la "porte Froyennoise" ouvrait sur le chemin du village de Froyennes et était située à hauteur de l'actuelle rue Frinoise, la "porte Blandinoise", condamnée en 1340, ouvrait sur le chemin du village de Blandain et était flanquée d'une tour remarquable par sa solidité et son diamètre, la "porte de Lille" (dont le nom désigne toujours l'important carrefour formé par l'entrée de ville, les boulevard et la chaussée de Lille) s'appelait également "Kokeriel" ou "Coquerelle", elle était entourée de deux tours, la "porte Saint-Martin" était percée au travers d'une tour (tout comme sa voisine la porte de Lille, son nom désigne toujours l'important carrefour formé par l'entrée en ville, les boulevards et la chaussée de Douai), la "nouvelle porte Del Vingne" s'élevait à hauteur de l'actuelle rue des Jésuites, la "porte des Woisiers" se trouvait dans la paroisse Sainte-Catherine, elle eut une existence très brève puisque une ordonnance des Consaux de 1302 la fit boucher, la "porte de Valenciennes" a connu plusieurs noms, on l'appelait également, "Valenchénoise", "Valentinoise", "porte Saint-March" car elle ouvrait sur le chemin qui menait à l'abbaye de Saint Marc, la "porte des Frères Mineurs" aussi dénommée "portelette" apparaît dans certains écrits. L'arc des Chauffours avec trois voutes en ogive surplombe le fleuve.

Sur la rive gauche, on trouvait "l'huisset d'Antoing", (un diminutif de huis, mot roman signifiant porte) était aussi appelé "Wicquet" ou "Noef porte des Caufours", la "porte de Marvis", aussi appelée "porte du Faubourg", la "porte Morel", la "porte de la Poterie" (murée en 1340), la "porte du Château" ou "porte du Bruille" ou de "Saint Nicolay" puisqu'elle se trouvait dans la paroisse Saint-Nicolas et enfin le "Wiquais de la Thieulerie" (probable déformation du mot tuilerie, activité qui existait à proximité). 

Cette enceinte va subsister jusque durant la seconde partie du XIXe siècle.Pour réaliser les grands travaux du XIXe siècle et notamment la création de la nouvelle gare de Tournai, on procèdera au démentèlement de l'enceinte communale, celui-ci sera évoqué dans le prochain article.

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, enceinte communale, fortifications |

15 mai
2010

08:30

Tournai : expressions tournaisiennes (70)

J'ai toudis été pou les écolomies (j'ai toujours été pour les économies), les vraies, pos les ceusses (pas celles) d'bouts d'candelles. Je n'sus pos là à orwettier (je ne suis pas regardant) mais j'n'aime pos non pus d'garchenner (gaspiller). Au gaz et à l'élestrique (l'électricité) à m'maseon, pour seûr, que mi j'fais attintieon (attention). Pourquoi laicher (laisser) eine leumière alleumée (une lumière allumée) quand l'pièce elle est inoccupée, pourquoi laicher l'télé tout l'temps aller alors qui n'a qu'des mouques pas d'vant (des mouches devant).

 

A tous les vindeus d'énergie, j'leu dit, j'préfère orwettier (regarder) à m'tasse (ma poche) qu'à leus bonis. Et attindez l'année qui vint, cha va aurmenter (augmenter) d'vingt pour chint. Et i-ont eu l'autorisatieon d'faire eine parelle aurmentation (augmentation) ! Dis hardimint qu'on est arringé ! 

 

Edgard qui sait toudis tout, i m'a espliqué (expliqué) que ch'éteot à causse (à cause) du pétrole que tout i-va aurmenter (augmenter). Quand ein présidint i-est inrhumé (enrhumé), l'prix i-va monter, quand i-va mieux, i r'déquind (redescend) ein p'tit peu. "Ch'est l'effet papilleon" comme i-dit Bénébard mais l'canteu n'est pos connu d'Edgard. Passeons. Mi, i-a bin lommint (longtemps) que j'ai compris et aujord'hui (aujourd'hui) j'vous l'dit que les hommes politiques seont des heommes d'pale (apille) total'mint au service du grand capital. Tout cha (Tout cela), cha n'a qu'un seul neom, cha s'appelle de l'manipulatieon !

 

Tins in parlant d'écolomies, j'ai été bin saisi quand l'sémaine dernière j'ai appris qu'i-aveot 83 % des gins qui éteot'tent pou l'éolien. Tertous i-seont pour construire ces grands moulins mais pos dins leu gardin (jardin) et comme no pays ch'n'est pos la Sibérie, des habitants à proximité i-d'ara toudis. Dis hardimint qu'on est arringé !

 

Les Ecoleos, eusses (eux), i-seont pou sortir du nucléaire, ch'est vrai qu'Tchernobil cha a été eine sale affaire ! I-d'a même qu'i-ont voulu nous faire acroire (croire) dur comme fier (fer) que l'neuache (nuage) i-s'aveot arrêté à no frontière. Comme si ein douanier li aveot dit : "Vous n'avez rin à déclarer, l'ami", "si fait, j'sème ein tas d'saloperies". Dis hardimint qu'on est arringé ! 

 

Edgard, toudis bin (toujours bien) informé, pinse (pense) qu'ave s'feumée (avec sa fumée) eine centrale nucléaire, elle n'risqueot pos d'récauffer l'tierre (réchauffer la terre) et que les centrales au gaz ou au carbeon (charbon), elles, elles polluot'tent pou de beon. Si te supprimes leu productieon, i-ara pus assez d'élestrique pou l'populatieon. Si te veux l'confort, faudra mette eine éolienne dins tous les gardins (jardins) et des pannéeaux solaires su l'toit pou cauffer l'ieau du bain (chauffer l'eau du bain). J'ai pris ein air grafe (grave), l'orwettiant (le regardant) dins les is (yeux), j'li ai dit : "Quand noir l'ciel i-d'vindra et quand Eole de souffler s'arrêtera, dins t'maseon t'f'ras aglagla". "On direot du Nostradamus" qui m'a dit Mossieu (monsieur) qui sait tout. "Neon, ch'est du Serche d'Noter-Dame", et i-n'a rin compris du tout. Adeon (donc) si on arrête l'nucléaire, on va ortourner (retourner) chint ans (cent ans) in arrière ! Ahais l'avenir i-n'est pos bieau, on va s'éclairer à l'candelle et s'cauffer au feu d'beos. Et pourtant, pou éviter toutes ces discussieons, i-a eine solutieon, i-suffit d'bin isoler nos maseons. Edgard i-a sourit et i-m'a dit : "cha l'ami, si t' prônes l'facilité, les gins n'veont seûrmint (sûrement) pos t'écouter".

 

(S.T. mai 2010)

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |