30 avril
2010

08:15

Tournai : Les "Messiaen" une dynastie de photographes (2)

Jules Messiaen avait eu un fils, Edmond, né à Tournai, le 22 juillet 1896. La succession était bien assurée et on peut dire de lui qu'il a "mis ses pas dans ceux de son père".

Comme son père, il fut lui aussi élève à l'Académie de dessin de Tournai où il connut comme professeur Louis Pion (1851-1934), le beau-fils de Léonce Legendre et successeur, à la mort de celui-ci survenue le 9 septembre 1893, à la fonction de directeur de l'institution tournaisienne. 

Comme son père, Edmond Messiaen va se spécialiser dans le dessin réalisé à la plume. On gardera de ses oeuvres les coins les plus typiques de Tournai, on lui doit notamment une magnifique évocation picturale du "Pichou Saint-Piat", ce monument élevé à la gloire de la Chanson Wallonne situé à l'angle de la rue des Jésuites et de la rue Saint Piat.

Comme son père, il vouera une véritable passion pour la photographie. Dans son magasin, il proposera à la clientèle une collection complète de cartes postales illustrées de la cité des cinq clochers, à l'époque, où on les appelait encore des "cartes-vues".

Comme son père, il fera, en 1928, son entrée à la Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et en deviendra le 48e membre. Il pousuivra la réalisation des portraits-charges de ses amis chansonniers.

En 1940, les bombardements ruinèrent son entreprise et firent disparaître les "charges" du Cabaret dans l'incendie du café "L'Impératrice", local des chansonniers tournaisiens. Courageusement, il se remit au travail et en réalisa de nouvelles, reconstituant ainsi la collection. En 1951, il abandonne son magasin pour reprendre, sur la Grand'Place, le café "Le Central", tenu jusqu'alors par Marie, sa mère. Celui-ci devint pour une période de près de cinquante années le nouveau local de la Royale Compagnie et c'est à l'étage de cet immeuble que se déroulèrent, avant de déménager à la Halle-aux-Draps, les petits Cabarets annuels. Le destin fut, hélas, cruel. Le 22 juillet 1955, le jour de son 59e anniversaire, durant les vacances, il fut victime d'un accident de la circulation à La Ferté Macé, pas loin d'Alençon. Il ne devait pas survivre à celui-ci.

Le troisième membre de la dynastie Messiaen, le fils d'Edmond, né le 1er février 1922 avait reçu à son baptême le nom de son aïeul. Jules, Benoit, Edmond Messiaen calqua lui aussi sa vie sur celle de ses père et grand'père. Photographe, spécialiste de la photo artistique, il tint le magasin au n° 39 de la rue Royale bien connu des Tournaisiens. Il entra au Cabaret Wallon en 1943 et en sera élu Vice-Président en 1973. On lui doit les dernières charges réalisées par les Messiaen. Chansonnier à l'humour froid, il participa également à la rédaction de la gazette, "Les Infants d'Tournai" publiée par la Royale Compagnie où il signait ses articles du nom de "Jules Codiau". Sa fin de vie fut marquée par de nombreux ennuis de santé qui ne lui permirent plus une présence assidue aux prestations du groupe des chansonniers. Celui qui fut le 56e membre de la compagnie s'éteignit en 1990. A eux trois, les "Messiaen" ont légué un nombre impressionnant de dessins, de peintures et documents photographiques qui illustrent presqu'un siècle de la vie tournaisienne.

(sources : "Florilège du Cabaret" publié par la RCCWT en 1982, "Chint ans d'cabaret" de Pol Wacheul, membre et Secrétaire de la RCCWT, publié en 2008, "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefebvre, ouvrage publié par la Société d'Archéologie industrielle en 1990).

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29 avril
2010

08:00

Tournai : les "Messiaen", une dynastie de photographes

Les trois pionniers tournaisiens de la photographie se sont-ils rencontrés ? C'est possible puisque sur la ligne du temps leurs existences se confondent.

L'aîné Edouard Wicart (1864-1935), le second René Desclée (1868-1953) étaient à peine plus âgés que Jules Messiaen né le 29 juillet 1869 et décédé en 1956. René Desclée et Jules Messiaen ont souvent travaillé ensemble, nous en avons la certitude puisque, dans la collection du premier nommé, on découvre une photographie prise le 24 mars 1932, au sommet du beffroi, nous montrant Jules Messiaen, muni d'un appareil sans objectif sur pied, prenant une vue des travaux du dégagement de la cathédrale alors en cours. Devant un habitant de Tournai d'un certain âge, évoquer le nom des "Messiaen" l'amène immédiatement à réveiller le souvenir d'une dynastie de dessinateurs, peintres, membres de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisiens et ... photographes. 

Le premier d'entre eux, Jules, Charles Messiaen est né le 29 juillet 1869. Fréquentant l'Académie de dessin, il fut l'élève de Léonce Legendre (Bruges 1831-Tournai 1893), directeur de cette école durant 27 ans. Il poursuivit ses études aux Beaux Arts à Bruxelles. Il entama sa carrière professionnelle comme peintre-dessinateurs en 1891 et la plus ancienne de ses oeuvres est un pastel intitulé "Portrait de jeune fille" représentant Marie, modèle qui deviendra son épouse quatre ans plus tard. Parmi sa production, on découvrira également "La dentellière dans un intérieur flamand" personnage qui n'est autre que la représentation de sa belle-mère, "Séverin Colas (son grand'père) et Antoinette Van de Voorde", "Arthur Hespel" un portrait du célèbre auteur patoisant tournaisien ou encore un "Coin d'atelier". Très vite, en 1892, il se tourne vers la photographie, il demeure alors à la rue du Viaduc. On peut dire qu'à partir de cette époque, il va presque quotidiennement fixer sur la pellicule tout ce qui attire son attention au sein de la cité des cinq clochers. Sa première photo "professionnelle" sera prise en 1888, elle représente un groupe d'ouvriers travaillant à des réparations sur le pont des Roulages, pont métallique destiné au chemin de fer qui surplombe l'Escaut entre Tournai et Kain.

En 1909, Jules Messiaen devient le 28e membre de la Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien et il en assurera la vice-présidence de 1940 à sa mort. C'est à lui qu'on doit les premiers "portraits-charges" des membres du Cabaret. Pour les non-initiés, nous définirons ceux-ci en disant qu'il ne s'agit pas de caricatures, ils sont articulés autour de la photographie bien souvent de la tête de l'intéressé, entourée d'un dessin aux crayon ou fusain reprenant le plus d'éléments possibles pour le définir (sa vie professionnelle, ses chansons, ses hobbies, ses passions...). En 1927, Jules Messiaen devient photographe judiciaire (un "Expert" de l'époque) et c'est de sa rencontre avec le juge d'instruction Walter Ravez que le Musée de Folklore, "la Maison Tournaisienne" verra le jour quelques années plus tard. Il en assumera la fonction de conservateur-adjoint jusquà la date de son décès le 4 août 1956.

Dans le prochain article, nous parlerons de son fils et de son petit fils.

(sources : "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècle" de Gaston Lefebvre, ouvrage publié en 1990 par la Société d'Archéologie industrielle de Tournai, "Les charges de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien" de Jean Luc Dubart et Freddy Gaspardo parus dans le journal Nord-Eclair en 1978, "Florilège du Cabaret 1907-1982", publié par la RCCWT, "Chint ans d'Cabaret" de Paul Wacheul, membre et Secrétaire de la RCCWT, paru en 2009 et "René Desclée, Photographe Tournaisien, 1868-1953" -page 196- publié en 1988 par la Société d'Archéologie industreille de Tournai).).

27 avril
2010

08:00

Tournai : René Desclée, avocat, archéologue, photographe (2)

Après avoir dressé la biographie de René Desclée, nous nous tournons à présent vers la très riche collection photographique qu'il nous a léguée. Lors de son premier voyage à Lourdes, il rapporte sa toute première photo, celle de la basilique. Il est alors âgé de 13 ans et la réalise au moyen de son premier appareil acheté au Paradis des enfants à la rue de Rivoli à Paris pour la somme de 60 francs. Grand adepte de bicyclette (il se promènera durant des années dans la campagne tournaisienne sans jamais se séparer de son appareil photographique), il retourne à Lourdes en 1895. Parti le 29 avril, il a parcouru la distance qui sépare la cité des cinq clochers de la cité mariale en 24 étapes soit 1631,5 km au rythme de 62,5 km environ par jour. Il ramènera de ce périple de très nombreuses photos prises tout au long du parcours. René Desclée apprécie la ville française de Boulogne sur Mer, il s'y rendra régulièrement entre 1888 et 1933 et enrichira sa collection de 197 photographies, photos de bateaux à vapeur, de remorqueurs, d'ambiance portuaire.

Le 27 juillet 1901, c'est encore Boulogne qui est le lieu de départ de son voyage de noces qui le mènera à Vérone en passant par Lausanne, Genève, Berne, Lucerne, Milan et Venise. Quelques 155 clichés vont être pris durant les 50 jours que dure le voyage. De ses autres voyages en Allemagne, Angleterre, France, Suisse, Italie, Luxembourg et Hollande, il ramènera 1.550 photos. 

Il a été répertorié que durant sa vie, il utilisa pas moins de vingt appareils photographiques dont quatre furent fabriqués par lui-même. Le premier en 1892 était un appareil miniature incorporé à un gant dont les photos étaient de dimension 2,5/2,5cm. Une vingtaine d'années plus tard, il fabriqua un boîtier léger en triplex avec des plaques de dimensions 8/8cm. On pense que c'est probablement au moyen de celui-ci qu'il réalisa ses premières photos aériennes. Le 13 avril 1910, lâchant un cerf-volant "double quatre" depuis la Plaine des Manoeuvres, il réalisa son premier cliché pris à 150 m d'altitude. Le résultat fut décevant, la photo étant floue. Améliorant la technique, il récidiva le 18 avril et obtint deux photos très nettes du quartier Saint Piat et du palais de Justice. Bien plus tard, le 31 mai 1929, une vue aérienne de Kain montrant les bâtiments du couvent du Saulchoir fut d'une telle qualité qu'elle fut publiée sous forme de carte postale par les éditions Nels. il s'agissait de la première et unique carte postale publiée en Belgique avant 1940,au moyen d'une aérophotographie par cerf-volant. 

Photos de familles et d'intérieurs d'habitations, de locomotives et de cheminots, des rues de la cité des cinq clochers et de villes flamandes, chantiers comme ceux de la cathédrale en septembre 1895, de la Poste en 1933 ou du réhaussement du Pont des Trous en 1947, René Desclée va fixer sur la péliculle mille et un faits qui se déroulèrent ainsi à la fin du XIXe et durant la première moitié du XXe siècle. Agê de 85 ans, il s'éteindra en son domicile, le 5 décembre 1953. Pour lui rendre hommage et mieux faire connaître sa collection, la Société d'Archéologie industrielle de Tournai publia l'ouvrage "René Desclée, Photographe Tournaisien, 1868-1953" en 1988. Il a servi de base à la réalisation de cet hommage personnel ainsi que le livre "Biographies Tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaston Lefebvre, lui aussi publié par la même association en 1990. ... Bientôt nous parlerons du troisième mousquetaire de la photographie tournaisienne, Mr. Jules Messiaen.

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26 avril
2010

08:15

Tournai : René Desclée, avocat, archéologue, photographe

Dans la série que nous consacrons actuellement aux pionniers tournaisiens de la photographie, nous ne manquerons pas d'évoquer René Desclée dont la passion a permis de léguer près de 7.300 documents photographiques couvrant la période de 1881 à 1953. Leur consultation permet de reconstituer l'évolution du paysage géographique de la ville des cinq clochers et de sa campagne environnante et donne un aperçu de ce qu'était la vie quotidienne de l'époque. 

Etablir la biographie de René Desclée n'a pas été chose facile pour ceux qui s'y attelèrent car sa vie fut extrêmement bien remplie, résumer cet important travail n'est pas été simple non plus.

Né le 13 août 1868, il est le fils d'Edmond Desclée (1835-1880) et de Marie Becasseau (1843-1927). Avec Paul, né en 1866 et Marthe, qui vit le jour en 1870, il est le second d'une famille de trois enfants. De son enfance, on sait qu'il vécut dans la propriété de ses grand'parents à la Verte-Feuille et au numéro 41 de la rue Saint Jacques. René Desclée aurait pu devenir un industriel comme son père, directeur des premières sociétés distributrices de gaz à Tourcoing et ensuite à Roubaix, dans le Nord de la France. Il fit ses études au Collège Notre-Dame de Tournai et les poursuivit à l'Université Catholique de Louvain d'où il sortit avec le diplôme de docteur en droit.

Le 4 juillet 1892, il entre dans la vie professionnelle en s'incrivant au barreau de Tournai et exerce comme avocat. il sera même désigné comme bâtonnier de l'Ordre en 1914. Le 15 octobre 1899, il se présente aux élections communales et est élu comme conseiller, il y siègera jusqu'en 1921. Le 23 juillet 1901, il épouse Melle Gabrielle Maertens de Noordhout, originaire de Gand. Le couple s'installe dans une maison de la rue de la Madeleine, plus précisément au n° 14, l'immeuble deviendra sa propriété en 1914. De cette union naîtront cinq enfants, Lucie (1902-1978), Albert (1903-1961), Hélène (1905-1964), Ghislaine (1909-1911) et Fernand (1911-1954). Le 2 mai 1902, il est anobli avec son frère Paul, il portera le titre d'écuyer. Le 24 juin 1903, il est nommé comme membre effectif de la section de Gand de l'Association belge de la Photographie.

Passionné d'archéologie, il appartient à partir de 1894 à la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai dont il deviendra le Président en 1939. Il en sera d'ailleurs membre effectif durant 59 ans. En 1913, il est nommé comme membre de la Commission royale des Monuments et des Sites, représentant le Hainaut. Le 24 novembre 1928, il sera nommé chevalier de l'Ordre de la Couronne, dix ans plus tard, chevalier de l'Ordre de Léopold et en 1947, officier de l'Ordre de Léopold II. En 1935, lors de la fondation du Photo-Club du Tournaisis, il sera désigné Vice-Président.

On le décrit comme un homme possédant un caractère extrêmement personnel mais aussi profondément attaché aux valeurs familiales. Il sera membre de nombreuses associations : Président de la Commission administrative de la prison de Tournai, du Comité de patronnage des condamnés et Président du Conseil de Fabrique de l'église Sainte Marie-Madeleine. Enfin, pour dresser le portrait le plus complet possible, notons qu'il était aussi un patineur chevronné qui s'adonnait à cette distraction, durant les hivers sur les étangs gelés du Jardin de la Reine ou des près de Maire. Une photo prise par son fils Fernand, en 1936, nous le fait découvrir, patinant encore à l'âge de 68 ans. on le connaît également comme un amateur de longues balades en vélo !  Dans le prochain article, nous parlerons de sa toute grande passion, la photographie...

(sources : "René Desclée, photographe tournaisien, 1868-1953", ouvrage paru en 1988, édité par l'Archéologie industrielle de Tournai et "Biographies tournaisiennes des XIXe et XXe siècles" de Gaton Lefebvre, publié par la même société en 1990).

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24 avril
2010

08:30

Tournai : expressions tournaisiennes (67)

L'sémaine passée, j'ai comminché (commencé) à vous parler des saints qu'on beot (boit) mais i-féaut bin l'dire aussi, avant tout, les ceusses (ceux) qu'on prie.

Saint Ignace est l'patreon (patron) des f'seus (faiseurs) d'peignes, ch'est fort important car je n'conniseos (connaissais) pos Saint Ignace qui a ein tout p'tit neom (nom) charmant et acore (encore) moins les "f'seus d'peignes". ... Saint Jean Baptiste, ch'est l'patreon des oz'leus (oiseleurs), des gins qui aime'tent tell'mint bin les osieaux (oiseaux) qui les attrap'tent pou les mette in cache (cage), Edgard i-dit que li i-préfère intinte (entendre) les rotleots (roitelets), les pincheons (pinsons) et les rouche-gorches (rouge-gorge) canter (chanter) dins les arpes de s'gardin (jardin) que d'les vir infermés (enfermés) et malhureux (malheureux). Saint Jean Porte-Latine, ch'est l'patreon des ouverriers du life (ouvriers du livre, imprimeurs). Saint Joseph i-éteot jusqu'in 1999 servi à l'cathédrale Noter-Dame (Notre-Dame), i-éteot l'prumier (premier) qu'on veyeot in intrant (entrant) pa (par) l'porte Mantille. Asteur ave l'tréau (trou) qu'on a fait pou les fouilles, je n'sais pos dusqu'on l'a mis. A Tournai, on dit que ch'est l'patreon des maris fort compréhensifs pou n'pos dire aute cosse (autre chose). Saint Lazare, ch'est bin normal, i-a s'n'églisse (église) pa leon (loin) de l'incienne maladrerie (ancienne léproserie) au forbou (faubourg) d'Lille. On l'prie pou les maladies de l'pieau (peau). Saint Leongin (i-paraît qu'i-a existé), ch'est l'patreon des leongues préones ( textuellement des longues prunes, des nonchalants). "A m'mote que m'n'heomme (homme) i-est né l'jour de Saint Leongin" signifie qu'il n'a pas inventé la poudre.

 

Saint Louis qui a s'capelle (chapelle) à l'cathédrale est l'patreon des coiffeus et des balotils (tisserands à domicile), des ouverriers (ouvriers) du quartier Sainte-Magrite (Sainte Marguerite). Saint Luc, ch'est l'patreon des blanquisseus à l'lanche (lance), à l'brouche (brosse) ou au pincéau (pinceau), des peintres tout simplement.  Dire d'ein heomme (homme) que ch'est ein Saint Thomas veut bin seûr (bien sûr) dire qu'i-n'creot (croit) que c'qui veot (voit). Saint Marcou i-éteot prié à l'églisse Saint-Brice pa les ceusses (par ceux) qui aveot'tent des gogoles (des écrouelles, c'est-à-dire des lésions cutanées le plus souvent situées dans le cou dues aux adénites tuberculeuses chroniques, après ceulle-là vous n'direz pos que je n'vous apprinds rien).  Saint Michel a deonné ceulle belle espressieon : "elle a logé au couvint Saint Miché, deux tiêtes (têtes) su ein oreiller", ch'est tout simpe (simple), cha veut dire que l'file (fille) elle est mariée. ... Sainte Renelde éteot priée à l'églisse Saint-Jean contre les humeurs et quand on a mau à ses is (yeux, les is ch'est l'pluriel de l'ouel). I-n'féaut pos oblié (oublié), l'ceulle qu'on prie tertous (tous) bin souvint, Saint Rita, l'patreonne des cosses (causes) désespérées et asteur (maintenant) i'd'a bramint (beaucoup).

 

J'vas vous laicher là (laisser là) mes gins, j'm'in va vir (je m'en vais voir) m'sainte feimme (femme) qui prépare l'deîner pindant que j'écris mes cacoules (carabistouilles) et, pétête (peut-être), que su l'tape (table) i-ara ein beon Saint Emilion ou ein tout aussi beon Saint Estèphe. A vot santé mes gins et à à l'semaine qui vient. (S.T. avril 2010)

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23 avril
2010

08:00

Tournai : Edouard Wicard, un Tournaisien oublié (2)

Edouard Wicard connut de nombreux succès dans sa profession de constructeur-électricien, Lors des expositions d'électricité, il fut médaillé à celles d'Anvers de 1885 et de Tournai en 1888.  En 1906, lors de "l'Exposition industrielle et artistique du travail des métaux" qui se tint en la Halle aux Draps durant le mois de septembre, il sera membre du comité d'organisation et assurera lui-même l'éclairage électrique de ce salon. Sa passion pour la photo ne se démentira jamais.De ses voyages à Paris pour l'Exposition universelle de 1889, à Chicago où il se dit qu'il y aurait rencontré l'inventeur Thomas Edison (1847-1931) ou en Allemagne, il rapportera de nombreuses épreuves photographiques. De ses balades en vélo dans la campagne des environs de Tournai, il rapportera de nombreux clichés montrant paysages bucoliques et paysans au travail.Sa collection de photos nous laisse de nombreux autres témoignages sur la vie quotidienne au début du XXe siècle.On peut ainsi y voir l'installation par des téléphonistes d'un pylône au-dessus de la Maison Tréhoux, le père des géants de Tournai, commerce à l'enseigne " Au siècle de Louis XIV". On peut découvrir l'inauguration, le 13 septembre 1903, du monument érigé, en mémoire au ministre tournaisien Jules Bara (1835-1900), sur la place Crombez. Une photo représente le jardin situé à l'arrière de l'église des pères Redemptoristes dans l'impasse de la rue du Cygne, une autre montre l'église Sainte Marie-Madeleine photographiée du sommet d'une des tours du Pont des Trous. Deux documents font apparaître la façade de son magasin ainsi que la rue des Puits l'Eau, rue beaucoup plus étroite qu'actuellement, pavée et bordée de nombreuses maisons de commerce.

 

Ses reportages photographiques nous amènent au quai Vifquin pour y découvrir une calèche participant à une ses cavalcades d'été qui eurent lieu en 1910 et 1911 ou au quai de l'Arsenal (actuel quai Sakharov) sur laquelle on peut découvrir, au loin, les moulins Lefebvre démolis dans les années soixante. Grâce à ces documents, on découvre également le pont du Viaduc dans son état d'origine, construit en 1874 ou encore le chargement d'une péniche sur l'Escaut par des débardeurs, une profession aujourd'hui disparue. ... Immeubles démolis lors des deux conflits qui marquèrent le vingtième siècle, paysage remodelés, hommes en chapeaux haut de forme et dames en robe longue portant ombrelle, charrette à bras abandonnée le long d'un trottoir et circulation hippomobile, rambardes en fer forgé de belle facture le long des quais de l'Escaut, photo de famille probablement du lithographe et imprimeur Joseph-Adolphe Vasseur, tous ces documents ont figé pour toujours les évènements d'une époque que les guerres ont balayés. ... Ces photos ont un lien commun, elles respirent le calme, la sérénité, les personnages qui y figurent semblent prendre le temps de vivre et si on examine chaque document d'un peu plus près, à la loupe, on peut aussi constater que tout y est beaucoup plus propre, canettes et autre emballages en PVC ou PTB n'avaient pas encore fait leur apparition.

 

Resté célibataire, Edouard Wicard est décédé, en sa maison de la rue des Puits l'Eau, le 24 août 1935, son frère Henri va mourir le 29 avril 1940.A peine deux semaines plus tard, les bombardements allemands vont raser tout le côté droit de la rue des Puits l'Eau, amenant l'oubli sur la maison "Au Lion d'Afrique" et sur ses propriétaires. Florence Renson par son étude d'une part et l'Association des guides de la ville de Tournai lors d'une conférence organisée le dimanche 15 novembre 2009 d'autre part vont remmémorer le souvenir de ce Tournaisien qui avait également souhaité, en juin 1885, doter la ville de Tournai et ses faubourgs d'une réseau téléphonique.

(sources: bulletin 98 de septembre 2009 publié par l'ASBL Pasquier Grenier).

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22 avril
2010

08:15

Tournai : Edouard Wicard, un tournaisien oublié.

C'est au sein du numéro 98 de l'excellente revue publiée par l'ASBL Pasquier Grenier en septembre 2009 que nous avons découvert Edouard Wicard, un tournaisien dont le nom ne dira probablement pas grand'chose aux habitants actuels de la cité des cinq clochers. Nous résumons aujourd'hui cette étude réalisée par Florence Renson à propos d'une homme qui a laissé de très nombreux témoignages photographiques d'une époque largement révolue.

Tout commence à la naissance d'un autre Edouard Wicard, son grand'père paternel, né à Tournai, le 15 avril 1797 et décédé à Mons, le 13 octobre 1842. Il exerçait la profession de naturaliste (personne qui se livre à l'étude des plantes, des minéraux et des animaux et/ou pratique la taxidermie) et de pelletier (personne qui travaille les peaux et les fourrures et/ou en fait commerce). En compagnie de Barthélémy Du Mortier (1797-1878), homme politique tournaisien et également naturaliste, il contribuera à la fondation du musée d'Histoire Naturelle de Tournai situé dans la cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville. Par la suite Edouard Wicard émigrera à Mons où il deviendra le premier conservateur du musée d'Histoire Naturelle du chef-lieu du Hainaut. 

Son fils, Henri, est né à Tournai le 6 juin 1828, comme son père, il exerce lui aussi le métier de naturaliste-pelletier et tient un commerce à l'enseigne "Au Lion d'Afrique", au numéro 20 de la rue des Puits l'Eau. De son union, le 19 février 1851, avec Victorine Désirée Cotant, née à Tournai en 1825, naîtront trois fils : Charles-Marie né en 1854 et décédé à l'âge de 22 ans en 1876, Henri (1862) qui décèdera en 1940, quelques jours avant que n'éclate la seconde guerre mondiale et Edouard, Eugène, Justin, né le 22 avril 1864. Tout comme ses frères, le cadet de la famille apprend tout naturellement le métier de naturaliste et pelletier en compagnie de son père mais il obtiendra également un titre de "constructeur-électricien". Suite à la faillite de leur père, Edouard et Henri rachètent le commerce familial en 1883.

Edouard s'est spécialisé dans la fabrication et la vente de matériel électrique et photographique, d'instruments de mesure et de téléphonie, il développe également une passion pour la photographie. En 1904, Edouard Wicard achète, en vente publique, le bâtiment voisin au numéro 22 de la rue des puis l'Eau. La maison "Au Lion d'Afrique" possèdera désormais deux vitrines, l'une consacrée à la taxidermie, activité toujours exercée par Henri, l'autre au matériel électrique et photographique géré par Edouard. Dans le prochain article, nous parlerons des nombreux témoignages que nous a légué ce passionné de photographie, au même titre que deux autres enfants de la cité des cinq clochers, René Desclée (1868-1953) qui développa la technique de la photographie aérienne par cerf-volant et Jules Messiaen (1869-1956) dont le commerce bien connu des tournaisiens était situé à la rue Royale.

(sources : bulletin trimestriel n°98 de l'ASBL Pasquier Grenier - septembre 2009).

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21 avril
2010

08:15

Tournai : l'année 1948 sous la loupe (3)

L'année 1948 fut aussi marquée par quelques faits divers dont le plus important se déroula durant les premiers jours de janvier. Un commerçant tournaisien avait installé son magasin au lieu-dit le "Pont Royal". Une nuit, des malfrats se sont introduits dans le bâtiment et ont emporté manteaux de dames, canadiennes, pantalons, paires de gants en peau, choisissant même au passage les articles les plus luxueux et délaissant les autres. Le butin de cette razzia s'éleve à environ 40.000 francs de l'époque. Comme le signale la presse, lorsque le propriétaire du magasin découvrit le vol, au petit jour, il y avait probablement bien longtemps que la marchandise avait été écoulée sur les marchés du Nord de la France. Après la parenthèse de la guerre, la criminalité transfrontalière reprenait peu à peu ses droits !

Si l'offre culturelle s'était étoffée par rapport aux deux années précédentes, les "sportifs" tournaisiens furent à la fête en cette année 1948. Le samedi 1er mai, une réunion cycliste qui se déroule sur la Plaine des Manoeuvres attire les plus grands champions de l'époque : Jef Scherens, dit le "Poeske", le roi du sprint qui sera reçu en l'Hôtel de Ville, Van Vliet, Van Loovere, Albert Sercu, Raymond Pauwels, Gosselin et Jean Adriaenssens entre autres se disputent sprint, poursuite et américaine tandis que le dimanche 5 septembre, le Grand Prix de la Ville de Tournai, disputé lui aussi sur la plaine, voit la participation, parmi les coureurs cyclistes les plus connus, de Jean Robic, vainqueur du Tour de France 1947, de Théo Middelkamp, le champion du monde 1947 et ancien vainqueur à Tournai, Brick Schotte, Rik Van Steenbergen, le hollandais Gerrit Schulte, Stan Ockers, Raymond Impanis, Désiré Keteleer, le coureur français Edouard Kablinsky, membre de l'équipe des Aiglons au Tour de France et l'italien Primo Volpi. Le jeudi 17 juin, le boxeur tournaisien, Joseph Preyse, s'impose aux points lors d'un combat disputé à Liverpool face à l'espoir britannique, Hughes Kid Germain.

Mais l'évènement qui nous retiendrons sera le titre de champion décroché par le club de l'Union de Tournai en Promotion et la montée en Division I où le club Rouge et Vert va retrouver son rival de toujours qu'est le Racing Club Tournaisien. Les "Unionistes" terminent à la première place du classement avec 15 victoires, 11 nuls et 3 défaites, ils ont scoré à 49 reprises et encaissé 24 buts. Avec un actif de 42 points en 30 matches, ils devancent le SC Menin (37 pts), l'AS Ostende (35 pts), le Stade de Courtrai (34 pts) et le FC Izegem (34 pts). Le Stade de Mouscron qui talonnait le club tournaisien à la mi-championnat termine à la 6e place avec 33 unités. Durant le championnat, le club de la rue des Sports avait aligné Edgard Robin (qui garda le but durant les trente rencontres), De Ridder, Genné, Van Calenberg, Victor Appelmans, André Messines, Lyssen, Deruytter, Herings, Renaud, Turpin, Carbonnelle, Fontaine, Fauck, Bataille, Guelton, Dewasme, Lamblin, Ratte et Wauquez. En Division 1, le Racing de Tournai termine à la 13e place avec 11 victoires, 3 nuls et 16 défaites. Avec un actif de 25 points, il devance le Vigor Hamme (23), Tubantia Borgherout (17) et l'AS Renais (12 pts).

Ainsi lorsque débute, en septembre, le championnat 1948-1949, les deux clubs tournaisiens se retrouvent-ils dans la même Division, celle de l'antichambre de l'élite. Le premier derby se déroule au stade Gaston Horlait, le dimanche 28 novembre, les Rouge et Vert et les Jaune et Noir ne peuvent se départager et se quittent sur le score de 0-0. Hélas, après une dizaine de journée, les deux clubs tournaisiens naviguent en bas de classement, le Racing occupant même la dernière place. Dans le cadre des festivités de la kermesse de septembre, outre le concours hippique au trot attelé disputé sur la Plaine des Manoeuvres, une rencontre internationale de football est organisée, le mardi 14 septembre, au stade Gaston Horlait, elle met en présence le RC Lens (F) et le Lyra (Lierre). C'est sur cette longue évocation sportive que se termine la revue des évènements qui marquèrent l'année 1948 à Tournai.

(sources : Le Courrier de l'Escaut).

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, union de tournai, racing de tournai, joseph preyse |

20 avril
2010

08:30

Tournai : l'année 1948 sous la loupe (2)

Nous continuons la rétrospective des évènements qui marquèrent l'année 1948 à Tournai.

Le dimanche 11 janvier, un office religieux est organisé en la Cathédrale Notre-Dame de Tournai à la mémoire du Maréchal Leclercq, héros de la libération. Cet office a été demandé par les associations des "Dames françaises du Tournaisis" et des "Poilus de France". De son vrai nom Philippe de Hautecloque, le Maréchal Leclercq était passé par Tournai au début de l'année 1947, il avait péri dans un accident d'aviation quelques semaines auparavant dans les environs de Colomb-Béchar. Le jeudi 6 mai 1948, Tournai accueille le Général De Lattre De Tassigny accompagné du Colonel de Coulange. Ils sont reçus par le Consul de France, Mr Joly et participent à un office religieux en l'église Saint-Piat en l'honneur de Jeanne d'Arc, lui aussi organisé par les "Dames françaises du Tournaisis". Il se rend ensuite en compagnie des représentants de l'Administration Communale au "mur des fusillés" à la caserne Ruquoy avant de participer à l'inauguration de la Foire Commerciale de Tournai qui se tient à l'Avenue de Maire. Quelques jours plus tard, le lundi 10 mai, lors d'un violent orage, la foudre touche les câbles d'alimentation de la ligne de tram qui relie Toufflers à Tournai et se propage jusque dans le hall des expositions provoquant un début d'incendie vite circonscrit par les exposants présents. 

En mars, les Tournaisiens font entendre leur voix. A cette époque, faute de puissants relais politiques comme disposent d'autres régions, la région du Tournaisis était le plus souvent ignorée du pouvoir central (il faudra attendre les années septante pour que cela évolue) et en cette année 1948, la Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux annonce son plan de rénovation des réseaux du Borinage, du Centre, du Pays de Charleroi, de la région de Namur et du Pays de Liège. La population se demande si c'est volontairement que les seules régions oubliées soient le Luxembourg belge et le Tournaisis. A cela, les instances nationales du Chemin de Fer répondent que notre région compte moins de voyageurs que les autres. Force est de constater que même 62 ans plus tard, la liaison entre Tournai et Bruxelles, la trop célèbre ligne 94, reste le parent pauvre du rail belge, celle ou les retards sont endémiques et le confort parfois minimal !

L'année 1948 au niveau culturel est des plus classiques. Le dimanche 8 février, les mélomanes sont conviés au récital de piano du virtuose tournaisien André Dumortier. Celui-ci se déroule en la Salle des Concerts et les oeuvres de Chopin sont au programme. Le 21 février, les "Dames française du Tournaisis" et les "Poilus de France", deux associations décidément très actives comme on peut le constater, ont invité l'Académicien Maurice Genevoix pour évoquer le Canada francophone. Le dimanche 11 avril, les Petits Chanteurs à la Croix de Bois donnent une nouvelle fois rendez-vous aux Tournaisiens pour un concert en l'église Saint-Jacques. Le Vendredi 16 avril, la salle du Palace accueille le Concert du Conservatoire de Tournai. L'orchestre placé sous la direction d'André Colin, Prix de Rome et Directeur de l'académie de musique tournaisienne, avec en soliste Carlo Van Neste, professeur au Conservatoire de Bruxelles, interprète "la Symphonie du Nouveau Monde " de Dvorak, "le Concerto de Violon en Sol mineur" de Mozart, "la Fantaisie rapsodique pour Orchestre" de De Taye et "Poème pour violon" de Chausson. Le 30 octobre, les Petits Chanteurs de Vienne seront dans la cité des cinq clochers pour un concert donné dans la salle de la rue Blandinoise.

Le 30 juillet, le monde religieux tournaisien est en deuil, il a appris la mort de Mgr Carton de Wiart, Evêque du diocèse de Tournai depuis 3 ans à peine. Ses funérailles sont célèbrées le mardi 4 août. Le 31 décembre, Charles Marie Himmer sera appelé à lui succéder. Il était alors le supérieur du Petit Séminaire de Floreffe. Dans le prochain article, nous terminerons ce survol de l'année 1948 par la rubrique sportive et l'évènement-phare qui la marqua.

(sources : Le Courrier de l'Escaut).

19 avril
2010

09:00

Tournai : l'année 1948 sous la loupe

Cette année 1948, sur le plan international, va être très riche en évènements. Dès le 1er janvier entre en vigueur l'union douanière entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, la zone Béné lux est née. A la fin de ce premier mois de l'année, le monde apprend l'assassinat de Gandhi, tué par un extrémiste hindou. Le 14 mai, David Ben Gourion proclame l'état d'Israël, le jour même où le mandat britannique vient à expiration, aussitôt le nouvel état est envahi par les armées des peuples voisins (Irak, liban, Syrie, Egypte et Jordanie), un état de guerre commence, il dure depuis près de 65 ans. le cinéma est en deuil, à Bandol, dans le Midi de la France, s'éteint Louis Lumière qui avec son frère Auguste inventa le cinématographe.

Sur le plan national, un importante grève est déclenchée, au début du mois de février, par le Parti communiste qui souhaite s'opposer à la mise  en vigueur du Plan Marshall. syndicat socialiste, la FGTB réagit et exclut les communistes de ses instances. Le 26 juillet, le Parlement promulgue la loi sur le vote des femmes. Un nouveau brûlot va semer la discorde dans le gouvernement belge, le problème scolaire revoit le jour, d'un côte on publie une circulaire mettant les cours de morale et de religion sur le même pied, de l'autre on souhaite subventionner l'enseignement technique libre.

Au cours de cette nouvelle année, le ravitaillement est toujours en vigueur et au niveau national le Conseil de Guerre prononce encore certaines condamnations. On reparle même d'un jugement prononcé, par défaut, le 18 décembre 1944. Quelques mois plus tard, la personne concernée avait été retrouvée et arrêtée. Elle avait fait opposition au jugement, le 6 juillet 1945, mais tous les recours introduits avaient été rejetés. Le commandant P. de la 9e Compagnie du 3e Chasseurs à pied s'était mis volontairement au service des Allemands, avait été nommé commandeur de la Légion Wallonne et avait même donné des cours à Heidelberg. Il est fusillé le lundi 21 juin 1948, à 4h45, au Tir National. Les Associations d'Anciens Combattants restent attentives au traitement infligé aux inciviques, à la sortie d'un office religieux célébré en l'église Saint Marie Madeleine organisé à la mémoire d'A. Coinne, dans le calme et la dignité, les participants traversent la ville en cortège, derrières les différents drapeaux, et se rendent dans la Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville pour réclamer aucun laxisme de la part des autorités à l'égard de ceux qui trahirent leur patrie, ils craignent qu'avec le temps qui passe certaines responsabilités ne se diluent.

Mais les Tournaisiens sont aussi soucieux de tourner la page. Ils espèrent que les problèmes des dommages de guerre seront vite résolus et que la reconstruction de la ville bombardée va enfin démarrer, celle-ci n'est pas aussi rapide que certains l'auraient souhaitée. Les travaux de réhaussement du Pont des Trous se poursuivent, les rues de Courtrai et de l'Hôpital Notre-Dame sont repavées et rendues à une circulation automobile qui prend de l'importance au fur et à mesure que le temps passe, le Pont à Pont (mieux connu par les anciens sous le nom de Pont aux Pommes) est reconstruit, il sera inaugué le 20 décembre en présence du Ministre des Travaux Publics, Mr. Behogne. Des projets sont à l'étude mais ne verront jamais le jour telle cette proposition de construction d'une galerie commerciale entre la rue Saint-Martin et la place Reine Astrid. Des propriétaires attendent l'autorisation de reconstruction de leur immeuble, un plan d'urbanisme freine les demandes.

Le Conseil Communal est toujours le lieu d'affrontement entre majorité et opposition. De petits faits prennent d'importantes proportions, ainsi au début du mois de septembre 1948, on constate que si toutes les villes voisines ont organisé des festivités pour célébrer le 3eme anniversaire de la libération, Tournai, la cité la plus importante, n'a rien prévu. La question est donc posée : "Est-ce la présence des Communistes au sein du cartel qui dirige la Ville qui est à l'origine de cette étonnante abstention ? Fêter les Américains et les Anglais n'étant peut-être pas du goût des amis de Moscou ?". Ces remarques sont un exemple de ce qui se dit lors des réunions des mandataires communaux. 

Au 31 décembre 1947, la population de Tournai et des faubourgs comptait 31.335 habitants (14.805 hommes et 16.530 femmes), la ville a perdu 155 habitants par rapport au recensement précédent de 1946.

(sources : Le Courrier de l'Escaut)

09:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : reconstruction, tournai |