30 janv.
2010

08:00

Tournai : expressions tournaisiennes (55)

Infin (enfin), j'ai eine beonne nouvelle à vous anneoncher (annoncer) : on a ortrouvé (retrouvé) Edmeond et Fifinne. On n'les aveot pus vu tout simplement pasqu'i-éteot'ent malates (parce qu'ils étaient malades). Ave l'freod (froid) qu'i-a fait au début du meos d'janvier, l'paufe (pauvre) Edmeond i-a attrapé eine angile (une angine), i-pinseot n'pos devoir appelé l'docteur in chuchant (suçant) des carabouyas (sorte de ballons noirs) qu'i-acate (achète) tous l' z'ans a ein grand noir su l'brad'rie d'Tournai au meos d'septimpe (septembre). Quand l'médecin i-est v'nu, i-a bin ri des ormètes (remèdes) de beonnes feimmes (bonnes femmes) que Fifinne elle li f'seot printe (lui faisait prendre). In puque (en plus) des balleons noirs qui chucheot (suçait) pindant tout l'jour, elle feseot boulir (bouillir) des fuelles (feuilles) d'Eucalyptus dins eine vielle (vieille) marmite au point qu'cha pueot dins tout l' maseon (maison), de l'cave au guernier (grenier), elle le frictionneot ave d'l'alcool camphré contre les orfroidissemints (refroidissements) et comme i-s'éteot mis à tousser, elle li metteot des cataplasmes d'fareine de moutarte (farine de moutarde) et des vintousses (ventouses) su s'deos (dos) pou orsaquer (retirer) l'mauvais comme elle diseot !

In much-mac d'Edmeond (en cachette d'Edmond), elle aveot été à l'pharmaç'rie (pharmacie) cacher après du chireop d'limace (chercher du sirop de limace). L' préposée li a répeondu qu'elle éteot là d'puis vingt cheonq (vingt-cinq) ans et qu'elle n'aveot jamais intindu parler d'cha ! In orvenant (revenant) des commissieons, Fifinne s'aveot tell'mint (tellement) dépêché, qu'elle éteot toute crute (mouillée) et ave l'vint de bisse (la bise) qui souffleot, bé, elle aussi, elle a attrapé s'n'affaire, eine bronchile (bronchite). Quand Edmeond i-a compris que s'feimme elle éteot aussi malate, i-s'a mis à berler (crier) qu'elle ne f'seot pos attintieon (attention) et quoisqu'i-alleot'ent devenir (qu'allaient-ils devenir) tous les deux patraques. Pou seule répeonse Fifinne li a dit d'garder s'veox (voix) pou l'docteur pasqu'i- n'd'aveot pus beauqueop (beaucoup).

Edmeond ch'est ein malin, i-trouèfe toudis des ormètes. Pou li s'récauffer (réchauffer), i-a pris des p'tits verres d'rhum qui mélingeot (mélangeait) dins ein jus d'oranche (orange) ave ein peu d'chuque (sucre), "Ormète efficace et null'mint désagréape" (désagréable) comme i-dit. Quand Fifinne elle l'a surpris, ch'est là qu'a qu'minché (commencé) l'algarate (vive discussion) que l'visin (voisin) i-a intindu (entendu) et qui m'a dit au magasin à Froyennes. On sait bin d'puis l'temps que j'vous in parle qu' Fifinne n'est pos toudis (toujours) d'beonne humeur, ch'est même puteôt rare mais alors quand elle a les fièfes (elle a de la fièvre), elle est toudis in ronne (en colère). S'n'heomme i-aveot mau à s'gorche (mal à la gorge) mais pos à ses orelles (oreilles) et ses deux fuelles de chou (feuilles de chou), elle ont bin chifflé (sifflé). Vous veyez mes gins comme diseot m'vielle grammère : "l'hiver ch'est toudis la misère". In attindant, j'sus fin bénaisse (bien content) d'avoir ortrouvé mes deux albrans pasque ainsin j'ai au moinse eine séquoi (quelque chose) à vous dire.

(S.T. janvier 2010)

08:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

28 janv.
2010

10:46

Tournai : le Pont des Trous, bientôt la polémique (3)

Faire sauter le bouchon que représente le Pont des Trous pour la navigation fluviale a déjà fait couler beaucoup d'encre. Plusieurs projets ont été étudiés. Passons rapidement sur le premier, une idée totalement farfelue, le déménagement du pont, démonté pierre par pierre et reconstruit (un peu comme on l'avait fait pour les temples d'Abou Simbel lors de l'érection du barrage d'Assouan) sur un autre site. Certains allèrent jusqu'à évoquer le site de l'étang du Jardin de la Reine tout proche ou la Plaine des Manoeuvres, cette information est certainement parue dans la presse un 1er avril. Tournons-nous vers les projets plus sérieux.

Il y a tout d'abord la résurgence d'un vieux projet qui dormait depuis les années "soixante" dans les cartons empoussièrés d'un ministère : "le grand contournement de l'Escaut par le Nord de la ville". Il débuterait entre Chercq et Allain, à cet endroit, l'Escaut serait canalisé pour passer par les territoires de Warchin et de Kain. Un ami ayant construit, voici une quarantaine d'années, sa maison à Kain avait été averti à l'époque que son terrain était susceptible d'être un jour exproprié pour la réalisation du contournement de la ville par l'Escaut. Cette idée risque cependant de ne jamais voir le jour, nous ne sommes plus à l'époque des "golden sixties", ces années durant lesquelles tout semblait possible, qui étaient caractérisées par le plein emploi et par la production d'une richesse qui nous fait tant défaut actuellement. Même la mise sur pied d'une exposition universelle comme celle de 1958 n'est plus envisageable de nos jours et il suffit de constater les difficultés que rencontre la fédération belge de football dans sa recherche des moyens nécessaires à accueillir la Coupe du Monde de 2018 (en partage avec les Pays-Bas) pour être convaincu que ce projet pharaonique est probablement mort-né.

La deuxième solution, un moment défendue par le bourgmestre actuel de la cité des cinq clochers, est un mini-contournement du Pont des Trous, l'Escaut passerait tout simplement à côté de celui-ci. On envisageait de le dévier vers la droite à hauteur du quai Dumon, relativement large, de le faire passer par le quai Andréï Sakharov et de lui faire retrouver son lit entre le Pont des Roulages et l'écluse de Kain. Cette solution permettrait, selon les autorités communales qui ont plaidé cette cause auprès de la région Wallonne, d'établir un petit port de plaisance à hauteur du Jardin de la Reine et du Pont des Trous désormais situé sur un bras mort du fleuve. Voici une situation qu'avait combattu avec force Raoul Van Spitael lors de son accession au mayorat en 1976 qui refait surface, à croire que la constance n'est pas une vertu cultivée par nos politiciens pourtant du même parti que leur illustre prédécesseur. La ville et ses habitants seraient, une nouvelle fois, confrontés à un chantier de plusieurs années qui la défigurerait en plus du chantier du quartier cathédral, de la rue Perdue et du futur parking souterrain projeté proximité de l'Hôtel de Ville. De plus, les promoteurs du projet font peu de cas des riverains des quais concernés et des centaines de places de parking qui seraient perdues suite à sa réalisation, places pourtant utiles pour les visiteurs et malades ambulants de la clinique Notre-Dame toute proche. Que dire encore du coût engendré par pareil chantier ? 

La troisième solution, la plus sage, est la transformation du pont pour lui permettre le passage des péniches de gros tonnage. Certains s'élèvent contre celle-ci en soutenant qu'il s'agit d'un monument classé et qu'il doît être conservé dans son état d'origine. Allégation peut-être mensongère puisque, déjà deux fois dans le passé, des transformations ont fait perdre le toit (1842), réhausser la galerie et modifier les arcs (1948). Un léger élargissement de l'arche central et un tout aussi léger réhaussement ne nuiraient en rien à l'aspect général du Pont des Trous et ne seraient pas en opposition avec le classement puisque, seules les tours sont encore classées. En cette période de crise économique où chaque jour apporte son lot de licenciements, il est totalement irresponsable et même indécent de vouloir faire dépenser à la Région plusieurs dizaines de millions d'euros supplémentaires pour conserver le pont dans l'état actuel. C'est un luxe, une forme de mégalomanie que la ville ne peut exiger ! Le pont rénové pourrait avoir un nouvel attrait touristique. Il y a quelques années, il était le lieu d'un embarcadère d'une vedette fluviale qui permettait des balades sur l'Escaut, offre touristique aujourd'hui disparue comme est également disparu le restaurant établi dans la tour de la Thieulerie et qui offrait aux visiteurs et gastronomes un décor médiéval du plus bel effet. Laissons au Ministre sa décision et quelle qu'elle soit attendons-nous à une polémique orchestrée par les partisans de l'un ou l'autre projet...

10:46 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, pont des trous, polémique |

26 janv.
2010

08:30

Tournai : le Pont des Trous, bientôt la polémique (2)

La vaillante porte d'eau résiste depuis plus de 725 ans. Elle a contenue les invasions, souffert sans s'écrouler sous les bombes, fait face à l'usure du temps, elle a connu deux "liftings" qui ont modifié sa structure et est, avec la cathédrale et le beffroi, un des monuments les plus photographiés de Tournai. L'Escaut n'est pas un long fleuve tranquille, c'est une voie d'eau intégrée dans les communications fluviales européennes qui voit transiter quotidiennement des dizaines de péniches venus de Hollande, de Belgique ou de France chargées de pierres, de ciment, de sable, de ferrailles, de produits pétroliers et autres.

En ce début d'année 2010, voici, à nouveau, le Pont des Trous sous les feux de l'actualité depuis que la France a entamé son programme de liaison fluviale Seine/Nord. Le XXIe siècle est marqué par le combat contre le gaz à effet de serre, la promotion des économies d'énergie, la réflexion concernant le transport des marchandises sur lequel notre économie est totalement basée. Pour permettre le passage de péniches toujours plus longues, toujours plus larges, de bateaux au gabarit impressionnant, le Pont des Trous ne peut plus être un obstacle à la navigation fluviale. On nous répète que les convois de plus de 2.500 tonnes, même si ils sont plus lents, remplacent des dizaines de camions plus polluants qui encombrent nos routes, les dégradent et sont souvent à l'origine d'accidents graves. Les matières pondéreuses doivent être transportées par la voie d'eau, une importante diminution de rejet de CO2 en est la cause ! Si Tournai ne veut pas devenir un simple lieu de transit de petits yachts de vacanciers remontant ou descendant le fleuve aux mois d'été ou un lieu de desserte ponctuelle de matériaux, elle se doit de s'inscrire dans ce projet de liaison et faire sauter ce bouchon que représente l'ouvrage médiéval, c'est une nécessité pour ses industries notamment celles du bassin carrier ! Seulement voilà, oser toucher à un témoignage du passé amène inéluctablement une levée de boucliers des défenseurs du patrimoine. Sur le fond, on ne peut leur donner tort, je rappelle, une fois encore, que trop de décideurs politiques, trop d'économistes recherchant uniquement la rentabilité immédiate, trop d'architectes ou d'auteurs de projets iconoclastes pour qui le passé n'a aucune importance se font souvent entendre dans de telles circonstances. L'Histoire nous a légué de magnifiques monuments, symbole du génie de nos ancêtres et témoins d'une époque, nous nous devons de les entretenir, de les sauvegarder pour les léguer, à notre tour, aux générations futures. Un homme sans passé, sans Histoire, sans souvenirs se ravale tout simplement au rang de l'animal ! 

Depuis trois ans déjà, des projets ont vu le jour, chaque fois, ils ont soulevé des protestations, le Conseil Communal et la Région Wallonne ont étudié diverses solutions, les conclusions viennent d'être déposées sur le bureau du Ministre en charge du dossier des transports et celui-ci devra prochainement trancher, on n'a plus le temps d'attendre. Quels sont ces projets ? Que soulèvent-ils comme objections ? Quelles conséquences auront-ils sur la vie des habitants ? Nous le verrons dans le prochain article...

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, pont des trous, liaison seine nord |

25 janv.
2010

08:15

Tournai : le Pont des Trous, bientôt la polémique !

Comme cela a déjà été évoqué au sein de ce blog, l'année 2010 sera marquée par de grands chantiers qui vont modifier le paysage de la ville des cinq clochers et, surtout, être à l'origine d'un casse-tête permanent pour les automobilistes. L'aménagement du nouveau Centre de Tourisme à la place Paul Emile Janson a nécessité la fermeture de la rue de la Lanterne, une petite rue qui permet de désenclaver la place Saint Pierre, la construction d'un immeuble à appartements à la Placette aux Oignons et d'un vaste parking public souterrain sous voirie a fermé à la circulation la rue Perdue, des travaux de pose de canalisations interdisent le passage dans la rue Roc Saint Nicaise dans la section comprise entre la rue Jean Noté et la place Rogier de le Pasture, enfin la rénovation du quai des Salines ne permet plus aux véhicules de rejoindre directement le zoning de Froyennes par les quais sauf en empruntant la rue de la Madeleine ! "Il faut souffrir pour être beau" dit-on, espérons que le résultat sera à la hauteur de la souffrance des habitants de la ville, confrontés aux bulls, aux bruits, à la poussière et à la boue.

Un autre chantier pointe à l'horizon, l'urgente mise au gabarit de l'Escaut pour le passage de péniches de plus de 2.500 tonnes. Actuellement, le trafic fluvial est composé de péniches de 1.350 tonnes. La ville de Tournai ne peut rester indifférente au projet de liaison français Seine/Nord permettant à la France d'être réliée aux ports du Nord de l'Europe (Anvers, Rotterdam...), celui-ci est important, voire vital, nous dit-on, pour les carrières du Tournaisis. Pour réaliser cette jonction, il est nécessaire de faire sauter le bouchon que constitue le vieux Pont des Trous. Ce témoin du passé, élément de la grande enceinte de Tournai, date du Moyen-Age et a probablement été construit entre 1280 et 1300.

On date, en effet, la construction de la Porte du Bourdiel vers 1282 et la présence des arcs boutants est mentionnée dans une ordonnance de 1302. Il ne s'agisait pas d'un ouvrage permettant le passage d'une rive à l'autre mais d'une construction militaire qui défendait l'accès à la ville par le fleuve. Situé en aval, il porta le nom "d'Arcs de la porte Bourdiel" et aussi "d'Arcs de la Thieulerie" avant de s'appeler "Arcs des Salines", appelation qui apparaît pour la première fois dans les Comptes Communaux de 1420. Il se présente alors sous la forme d'une galerie percée de baies étroites reposant sur trois voutes ogivales flanquée de part et d'autre de deux tours construites antérieurement, semi-circulaires du côté campagnard mais présentant une surface plane du côté de la ville. Les tours ne sont ni semblables, ni symétriquement placées sur chaque rive. Sa galerie a été longtemps surmontée d'un toit qu'on enlèvera lors des réparations effectuées au milieu du XIXe siècle. Durant la seconde guerre mondiale, le Pont des Trous subit le même sort que les autres ponts, il fut bombardé et ses arcs furent détruits. Lors de la reconstruction de 1948, il sera dénaturé pour la seconde fois, on réhaussera la galerie et on élargira l'arc central pour permettre le passage des péniches modernes.

Durant les années soixante, le projet d'élargissement de l'Escaut sera une nouvelle fois à l'ordre du jour et empoisonnera durant plus d'une décennie le commerce local, sur les quais et dans les rues adjacentes, plus personne n'osant entreprendre des transformations de maisons ou de commerces en raison de cette épée de Damocles qui était suspendue au-dessus des quais de la ville. En 1976, le nouveau bourgmestre Raoul Van Spitael s'attaqua au problème et proposa la solution de "l'alternat" qui empêcherait les bateaux de se croiser dans la traversée de la cité. Soulagés, les habitants et les commerçants se remirent au travail et les quais retrouvèrent l'attrait d'antan. Mieux même, le collège actuel apporta son aide en restaurant les quais de la rive droite, opération toujours en cours.

Que va devenir le Pont des Trous ? Une polémique voit le jour en ce qui concerne sa destination future, nous en parlerons dans le prochain article...

(source historique : "Tournai, Ancien et Moderne d'A-F-J Bozière" édition de 1864 reproduite en 1974 chez les Editions Culture et Civilisation à Bruxelles)

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, pont des trous, raoul van spitael |

23 janv.
2010

09:02

Tournai : expressions tournaisiennes (54)

Ov'là d'jà eine sémaine qui est oute (voilà déjà une semaine de passé) et j'n'ai même po eu l'temps de printe des nouvelles de nos deux amisses (amis). Ein visin (voisin) qu' j'aveos rincontré au grand magasin à Froyennes m'a dit qu'i-aveot acore eine fameusse algarate (vive discussion) inter Edmeond et Fifinne et que l'cat i-aveot été dins l'horloche (le chat avait été dans l'horloge) pindant eine paire d'jours. Ch'est ainsin d'puis l'prumier (premier) jour d'leu mariache mais i-n'd'a beauqueop (beaucoup) qui s'aime'tent comme eusses deux. Quand Fifinne elle a p'tit bobéo (bobo), on veot Edmeond queurir seot (on le voit courir tout perdu) et quand li i-orvient (revient) pus tard à s' maseon, Fifinne elle est au quate chints queops et f'reot bin l'tour des hôpitaux (elle ferait bien le tour des hôpitaux) ! Du queop (du coup), j'vas comme l'sémaine passée vous parler des expressieons d'no beon vieux patois.

"Souglouter" signifie hoqueter, d'une personne qui a le hoquet on dira : "elle a l'souglou". Pou li faire passer, i-a des solutieons (pour lui faire passer, il y a des solutions) : arrêter d'respirer pindant dix minutes (ch'est pétête ein peu beauqueop), faire peur à l'perseonne, à moinse (sauf) qu'elle est cardiaque, Edmeond, li i-chiffle ein verre (boit un verre d'un seul coup sans reprendre haleine); attintieon Edmeond, ch'est d' l'ieau (eau) seul'mint qui faut boire po du Stella ou du Jupiler, i'n'd'a pus ! ... "Vervessou" ou "viervessou" est un adjectif qui désigne un enfant souffreteux, malingre, "j'aveos pitié de ceulle jeone feimme qui tindeot s'main au pied du bieffreo pou norrir s'viervessou (j'avais pitié de cette jeune femme qui tendait la main au pied du beffroi pour nourrir son enfant malingre), qui pluèfe ou qui cait de l'neiche (qu'il pleuve ou qu'il tombe de la neige), elle est là du matin au soir, eine malhureusse que s'n'heomme i-a laiché caire pou queurir l'cotreon (une malheureuse abandonnée par son mari volage, un homme qui a de nombreuses aventures galantes)".

Pou écrire des affaires ainsin ch'est que l'moral i-n'est po fort héaut (haut), alors j'préfère vous souhaiter ein beon diminche et orvenir l'semaine prochaine !

(S.T. Janvier 2010)

09:02 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

17 janv.
2010

09:01

Tournai : expressions tournaisiennes (53)

Je n'ai malheureusement pas eu de nouvelles d'Edmond et Fifinne cette semaine, ils n'ont pas répondu à mes divers appels teléphoniques et passant chez eux j'ai eu porte close, je forme les voeux pour qu'ils ne soient pas malades. A cet âge-là, un jour, on est bien et le lendemain, un peu moins. Je vais donc vous parler, cette fois, d'expressions qui sont propres à notre patois, si des lecteurs du Nord de la France, des Picards, lisent ce blog, ce serait sympathique qu'ils m'adressent un petit commentaire pour comparer le vocabulaire et l'orthographe. 

J'ai déjà, par le passé, évoqué le terme : "s'ébouler" qui signifie s'effondrer, s'écrouler, s'affaisser. On l'utilise dans de nombreuses situations : "L'tranchée faite pa les ouverriers s'a éboulée pindant l'nuit de l'rache qui pleuveot" (la tranchée faite par les ouvriers s'est effondrée durant la nuit tellement il pleuvait fort), une femme qui tricote peut également dire : " J'ai dû orcommincher m' tricot pasque l'laine elle s'a eboulée" (j'ai été obligée de recommencer mon tricot parce que la laine s'est déroulée en se mêlant), un cuisinier va déplorer que "Les penn'tières, ch'est pus comme avant, asteur elles s'éboule'tent" (les pommes de terre, ce n'est plus comme avant, elle ont tendance maintenant à se démêler à la cuisson). Bien entendu, le verbe s'ébouler à donner naissance à un substantif masculin : "l'éboulache", ainsi on dira : "Au Cabaret Walleon, ch'est toudis des éboulaches d'rire" (au Cabaret Wallon, les spectateurs se tordent de rire). Un adjectif est aussi lié à ce verbe et à ce substantif : "éboularte" comme dans l'expression : "Acore des penn'tières éboulartes, dit l'mamère, au momint d'vider l'ieau de l'casserole" (encore des pommes de terre qui se démêlent dit la mère au moment de vider l'eau de la casserole). 

Un autre terme est celui "d'épincher", un verbe qui signifie élaguer, émonder, supprimer, entre deux sèves, les bourgeons qui ont poussé sur un tronc, "Pou épincher, te deos toudis faire confiance à ein gardénier, après tout ch'est s'n'ouvrache" (pour élaguer, tu dois toujours faire confiance à un jardinier, après tout c'est son travail) ou "On veot bin que les épincheux seont v'nus, i-a des épinchures dins tous les coins" (on voit bien que les élagueurs sont venus, partout il y a des branches coupées). Terminons par le terme "foufter", qui signifie travailler vite et mal, bâcler, celui-ci a donné naissance au substantif "foufteu" comme dans l'expression : "Cha ch'est d'l'ouvrache de foufteu, on peut tout orcommincher, cha va coûter tcher", (c'est un travail bâclé, on va devoir le recommencer, cela va coûter cher), on dit aussi "tchier" et cela se prononce (tchière).

Passez eine beonne semaine, mes gins, j'espère que l'feos qui vient, on ara des nouvelles d'nos deux amisses, Edmeond et Fifinne !

(S.T. Janvier 2010)

09:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

16 janv.
2010

07:30

Tournai : la ville au XVIIIe siècle vue par un anglais (2)

Nous poursuivons la relation du voyage d'un artiste anglais aux Pays-Bas en 1711. John Tornhill et ses compagnons sont arrivés à Tournai, le 19 juin 1711, en provenance de Gand via Audenarde et le village d'Helchin. Nous apprenons par ses écrits que le pays devait être peu sûr puisque la berline que les six compagnons occupaient, possédait une escorte militaire composée de soudards n'hésitant pas à chaparder poules, poulets et nourritures dans les fermes qu'ils rencontraient le long de leur route ! Dès son arrivée dans la cité des cinq clochers, John Tornhill est frappé par son aspect général, il la décrit comme une grande ville aux rues larges et bien pavées, protégée par de solides fortifications édifiées après la prise de la ville par Louis XIV en 1667, quarante quatre années plus tôt. Ce qui frappe également notre voyageur anglais, ce sont les églises et leurs riches décorations intérieures qu'il décrit comme très fines et où sont associés marbre, laiton, cuivre.

Il relate également sa promenade le long de l'Escaut, un fleuve dont les quais s'étendent sur un demi mille et dont le lit à 22 pieds de large. Ces quais sont en pierre et couronnés d'un garde-fou de fer coulé très solide. Probablement impressionné par celui-ci, il en dresse un croquis dans son carnet de voyage. John Tornhill ne manque pas de rappeler l'existence à Tournai d'un Parlement disparu depuis peu et dont l'artiste admire le siège, un bâtiment inachevé. A l'angle de la rue Saint Bruno et du quai, une plaque situe encore de nos jours l'emplacement de celui-ci. L'artiste anglais marque aussi un grand intérêt pour la Citadelle, imposante réalisation du génie français. On lui raconte même que le roi de France était le premier à recevoir pour sa table, les fruits cueillis dans la Citadelle de Tournai, des plantations ayant été réalisées dans l'enceinte de celle-ci. Ayant été autorisé à la visiter, il décrit les puits immenses, les casemates et les ouvrages souterrains creusés dans le sous-sol tournaisien. Ces souterrains font l'objet actuellement d'une rénovation entreprise par l'association des "Amis de la Citadelle" et chaque année, les visiteurs peuvent y trouver un parcours toujours plus important.

Bien entendu, il aurait été anormal que le voyageur anglais n'évoque pas la Cathédrale Notre-Dame. Il la décrit comme étant caractérisée par quatre tours impressionnantes et par une cinquième qui domine de toute sa hauteur le choeur (sic), elle est cependant située à la jonction de la nef romane et du choeur gothique, juste au-dessus du transept. On se rend compte que son attention n'est pas spécialement attirée par les vitraux d'Arnold de Nimègue qui étaient alors sertis dans les grandes fenêtres du chevet du choeur, ni par les riches tapisseries de Van Orley, peintre spécialisé dans l'art décoratif baroque, Tornhill n'a, en effet, d'yeux que pour les laitons. Il s'extasie devant les deux grands autels au piliers de laiton massif, devant la grande couronne aux 36 chandelles qui pend alors dans la travée et devant la couronne à 23 chandelles qui surmonte l'autel du Saint-Sacrement. Il nous apprend également que la Cathédrale de Tournai possède alors trois toiles de Rubens dont "la délivrance des âmes du Purgatoire grâce à la célébration du sacrifice eucharistique", toile qu'on peut encore admirer de nos jours dans la chapelle dédiée à Saint-Louis, située à droite de la nef romane. John Tornhill nous donne encore bien des détais concernant le jubé, les déambulatoires, les deux statues qui existent toujours et qui représentent Saint-Eleuthère et Saint-Piat, patron principal et secondaire du diocèse. 

Le dernier sujet qu'il traite dans son récit de voyage à Tournai concerne l'abbatiale de Saint-Martin, abbaye bénédictine qui sera désaffectée en 1796, située sur l'actuel emplacement de l'Hôtel de Ville, son église retient tout particulièrement son attention. John Tornhill et ses compagnons poursuivront ensuite leur voyage, lorsqu'ils quitteront Tournai, ils se rendront à Bruxelles.

(sources : bref résumé d'un article d'Irène Pion-Leblanc, ancienne conservateur adjoint du Musée des Beaux-Arts de Tournai, paru en 1980 dans les "Mémoires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai").

07:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, cathedrale notre-dame, citadelle de tournai |

15 janv.
2010

08:00

Tournai : la ville au XVIIIe siècle vue par un anglais (1)

Le nom de John Thornhill est sans doute peu connu de la majorité des lecteurs, il me l'était également jusqu'au jour où j'ai pu prendre connaissance d'une étude parue dans les "Mémoires de la Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai", en 1980, sous la signature de Mme Irène Pion-Leblanc, alors conservateur adjoint du Musée des Beaux Arts. Celle-ci avait parcouru l'ouvrage en deux volumes intitulé "Thornhill's Journal 1711", transcription en anglais moderne d'un carnet de voyage, et avait porté principalement son attention sur la description qui était faite du séjour du voyageur à Tournai. L'artiste londonien John Tornhill a, en effet, effectué un voyage aux Pays-Bas en 1711 et celui-ci l'a amené à visiter la ville de Tournai. C'est une vision exceptionnelle mais subjective de la cité des cinq clochers au XVIIIe siècle.

Que savons-nous de cet artiste ? Il est né en 1675 ou 1676 dans le Dorset au sein d'une famille de parlementaires. Attiré par l'art, il sera apprenti chez un de ses parents, Thomas Highmore, dans les années 1790 et a probablement travaillé, par la suite, avec Antonio Verro et peut-être même avec Louis Laguerre car il devint un maître du style décoratif baroque italianisant modifié par l'influence française. Ses premières oeuvres ont été réalisées à Cathsworth pour le compte du duc de Devonshire. En 1707, il est choisi pour peindre le plafond de l'hôpital royal de Greenwich et y poursuit la décoration de 1707 à 1712 et de 1718 à 1727. En 1708, il est le seul artiste anglais figurant parmi les cinq peintres soumettant des projets pour la décoration de la coupole de la cathédrale Saint-Paul, ce travail lui échut en 1715, après avoir été confié au peintre Louis Lavergne. Il sera chargé ensuite de la décoration de la lanterne et de la célèbre Whispering Gallery. Nommé en 1716 gouverneur de l'Académie fondée par Kneller, il recevra, en 1718, le titre de peintre ordinaire du roi George I et entrera au Parlement en 1722. Il décèdera en 1734, un peu oublié, dans la propriété familiale du Dorset, il n'avait pas 60 ans !

En mai 1711, il quitte Londres, au sein d'un groupe de six voyageurs, pour un périple qui doit l'amener à visiter les Pays-Bas. Durant ce voyage, le peintre anglais va tenir un carnet dans lequel il va noter ses impressions personnelles (il s'agit donc d'une vision subjective des lieux visités) et va illustrer ses propos de textes et de croquis. On peut reconstituer son itinéraire qui l'a fait passer par Delft, Rijswijck, La Haye, Rotterdam, Dordrecht et enfin la Zélande, où il décrit son passage à Goes. De là, les voyageurs vont traverser l'Escaut et gagner la Flandre en se rendant à Gand, dernière étape avant sa venue à Tournai. Les impressions concernant la découverte de Tournai sont situées à partir de la page 53 de ce carnet, un simple in-quarto en velin, acheté pour un quart de peny et sur lequel il a simplement écrit : "Carnet de John Tornhill - 16 mai 1711 - mercredi". Nous allons le feuilleter dans le prochain article...

08:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, john tornhill |

14 janv.
2010

08:30

Tournai : l'année 1937 sous la loupe (3)

Nous terminons la rétrospective des évènements de l'année 1937 à Tournai. Comme nous vous l'avons signalé à la fin de l'article précédent, le tram était le moyen de transport en commun le plus utilisé pour se rendre des villages vers la ville ou inversément. Un de ceux-ci assurait la liaison entre la gare de Tournai et le village de Wez, il longeait une partie des actuels boulevards de ceinture notamment les boulevards Léopold et Bara. Des arrêts étaient programmés à la Porte de Lille, au bas du Bd Bara, et au Bavaro Saint Martin, en haut de celui-ci. Pourtant les riverains de ce boulevard souhaitent un arrêt supplémentaire à hauteur de la rue Jean Noté et signent pour cela une pétition. Cela peut paraître étrange car cette voirie est longue d'à peine 450 mètres. Cela fait donc déjà longtemps que le fait de marcher une bonne centaine de mètres est devenu impossible pour les habitants. Ne nous étonnons pas que certains utilisent désormais la voiture pour se rendre à cent mètres de chez eux ! 

Le lundi 18 janvier, c'est un journaliste du Courrier de l'Escaut qui tire la sonnette d'alarme, durant l'après-midi la statue du "canonnier", un des quatre hurlus placés à la hauteur du premier étage du beffroi a perdu une jambe et un morceau de sa tunique et les débris se sont écrasés une quarantaine de mètres plus bas, heureusement sans atteindre de passants. Les statues menacent ruine, la presse souhaite qu'elles soient enlevées avant qu'un accident grave ne se produise. les autorités communales font le choix d'une réparation et d'une inspection des trois autres gardiens de la cité.

Au mois de février 1937, des critiques s'élèvent à l'encontre du monument dit de "Saint-Luc peignant la Vierge", érigé au Marché aux Poteries en hommage au peintre tournaisien Rogier de le Pasture (Van der Weyden). Cette oeuvre placée à cet endroit quelques mois auparavant viendrait, selon certains, rompre le cachet artistique de ce vieux coin de Tournai. Le chanoine Bondroit publie même un article dans le Bulletin des Anciens de Saint-Luc dans lequel il déclare : "ce monument ne donne et ne peut donner à personne le plaisir de l'Art". Pourtant, il est actuellement un des plus photographiés de Tournai par les touristes qui visitent la cathédrale, les modes passent, les goûts évoluent, vérité un jour, erreur le lendemain ! L'année 1937 voit la disparition d'une institution fortement appréciée des Tournaisiens, il s'agit de l'Oeuvre des Crèches Tournaisiennes, fondée en 1868 sur une proposition de trois membres de la société des Artilleurs, des Pompiers et de nombreuses associations de la cité des cinq clochers comme les Orphéonistes, les Archers de la Royale Nervienne, ceux du café du Parc, les cercles de balle pelote. A sa création, elle s'était d'abord établie au n° 17 de la rue Haigne et avait fait face, dès les premiers mois de son existence à la médisance des gardiennes d'enfants (les "gardeuses" comme écrit le journal ou "soigneuses" comme on disait alors) qui voyaient là une concurrence. L'Oeuvre devait, par la suite, déménager au Vieux Marché aux Poteries et grâce à l'organisations de concerts, de représentations théâtrales, de soupers et de souscriptions, elle put remplir sa tâche en accueillant de plus en plus de bambins dont les mères travaillaient bien souvent en usine. En dernier lieu, elle était installée à la rue Dame Odile. Le 27 janvier, constatant le désinterêt de l'Oeuvre National de l'Enfance à l'égard des crèches tournaisiennes, les administrateurs décidèrent sa liquidation.

La presse locale annonce également le début de la construction d'un nouveau bâtiment destiné à abriter la Bibliothèque communale à la place Paul Emile Janson (immeuble actuellement au centre d'une polémique dans le cadre de la construction d'un hôtel de standing qui fait cruellement défaut dans la cité des cinq clochers). Nous avons cherché vainement une rubrique concernant la Culture, les distractions sont rares à cette époque, le Concert annuel du Conservatoire, celui de la Société de Musique qui invite les Petits Chanteurs de Vienne, le Cabaret Wallon (réservé aux hommes) et le Théâtre Wallon sont les spectacles les plus courus tout comme les ducasses de quartiers (les sacres), les banquets de sociétés, les luttes de jeu de balle et le football. Ainsi s'achève la retrospective de l'année 1937, l'année suivante nous rapprochera plus encore d'un conflit qui s'annonce...

08:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, oeuvre des creches tournaisiennes |

12 janv.
2010

08:15

Tournai : l'année 1937 sous la loupe (2)

L'actualité de l'année 1937 à Tournai peut apporter, dans la relation de certains "faits divers", matière pour des séries policières à rebondissements. Ainsi l'aventure vécue par deux chauffeurs de taxis tournaisiens est-elle des plus rocambolesques. Le mercredi 30 décembre, un individu téléphone de Willemeau aux Etablissements Unitax à Tournai afin de louer un taxi. Pris en charge, il se fait conduire successivement à Esplechin, Froidmont et Blandain (trois villages proches de la frontière francaise ce qui est loin de représenter un détail !). Après chaque arrêt, il revient avec des ballots de tabac. Il demande ensuite au chauffeur de taxi pour le conduire à Menin mais à un prix réduit. Le chauffeur doit pour cela obtenir l'autorisation de son patron et revient donc à Tournai. Le patron refuse de baisser le prix. L'homme se fait alors conduire au café "Au Ballon" et demande au chauffeur de l'attendre. L'attente est longue, le chauffeur entre dans le café et constate l'absence de son client. Le cafetier lui raconte que celui-ci a téléphoné à la firme concurrente Monotax et qu'une voiture de celle-ci est venue le chercher, il était tout simplement sorti par une autre porte. Le lendemain matin, l'épouse du chauffeur de taxi de chez Monotax se rend à la police pour déclarer que son mari n'est pas rentré de son travail, la veille. Selon son patron, la dernière course concernait le transport d'un homme à Menin. Alors que les recherches sont entreprises, le taximan réapparaît et raconte que son client lui a demandé de le conduire de Menin à La Panne. Arrivé là-bas en soirée, le chauffeur, s'étant rendu compte que l'état des routes ne lui permettait plus de rentrer en sécurité à Tournai (on est fin décembre), avait décidé de dormir dans la cité balnéaire. Son client était réapparu le lendemain matin et s'était fait conduire à Herseaux, où il avait disparu usant probablement du même subterfuge que la veille. L'homme fut identifié comme étant un Brugeois de 31 ans, connu pour des faits de contrebande, il ajoutera, si on le retrouve, la grivèlerie à son palmares de malfrat. Esplechin, Froidmont, Blandain, Menin, La Panne, Herseaux, itinéraire frontalier d'un contrebandier de tabac ! 

Une autre affaire qui, cette fois, peut prêter à sourire est celle qui débute le lundi 22 mars 1937. La Police communale a eu vent que des individus se livrent à un trafic de cocaïne, à Tournai, plus précisément à la "Taverne d'Ellezelles", située au Boulevard des Nerviens. Police et gendarmerie entament une surveillance discrète des allées et venues des personnes qui fréquentent le café. Durant l'après-midi, on procède à l'arrestation du cafetier, de son épouse, d'un logeur et d'un client. On trouve bien vite sur la trace du fournisseur de drogue, un cafetier de Chièvres, petit village de la région athoise. Celui-ci est également arrêté dans les heures qui suivent. La poudre saisie est analysée et se révèle être ... du vulgaire bicarbonate de soude ! Le patron du café chièvrois avait imaginé ce stratagème afin de trouver l'argent nécessaire au remboursement de dettes. Les Tournaisiens dupés furent relâchés car on n'avait pas trouvé chez eux de substances illicites tandis que le Chièvrois fut arrêté sous le chef d'escroquerie ! 

Notons enfin, toujours dans la rubrique des "faits divers", ce grave accident de la circulation survenu sur l'Avenue de Maire. Une voiture de forte cylindrée avec à son bord trois industriels du Nord de la France s'apprêtait à croiser un camion tandis qu'à la hauteur du véhicule français circulait le vieux "tram à vapeur". Aveuglé par un important dégagement de fumée se rabattant sur lui, le conducteur perdit le contrôle et l'automobile finit sa course sous le camion. Souffrant de diverses fractures et de traumatismes, les infortunés patrons lillois furent transportés en clinique. Commentant cet accident, le journaliste se demande pourquoi la ville de Tournai a-t-elle encore droit à la criculation de trams d'un autre âge ! Demain nous verrons, notamment, que le tram est parfois sujet de réclamations "abusives".

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai |