30 nov.
2009

07:00

Tournai : la ville en chantier (6)

Après avoir évoqué les grands travaux entamés aux quatre coins de la ville par le "secteur public", il est temps de faire le point sur d'autres chantiers beaucoup moins spectaculaires mais qui vont à l'avenir modifier le paysage urbain tournaisien. Les travaux entamés au printemps dernier au carrefour du Viaduc pour la création du rond-point dénommé, à tort, Imagix, en raison de la proximité du complexe cinématographique, se terminent. Pas moins de six voies de circulation aboutissent à celui-ci : la chaussée d'Audenarde, passage obligé pour les nombreux automobilistes venant quotidiennement de Kain, le boulevard des Nerviens, emprunté par les navetteurs qui se rendent chaque jour à la gare, l'avenue Leray dans laquelle se trouve l'école du Château, l'avenue Edmond Wibaut, desservant le site "Notre-Dame" du Centre Hospitalier Régional (CHWAPI), le boulevard Delwart et l'accès au parking du complexe cinématographique. Entièrement ouvert à la circulation durant le mois d'octobre, il restait cependant à réaliser des éléments importants pour la sécurité routière, les trottoirs et les passages pour piétons, ces aménagements seront très prochainement terminés. Il restera alors à éclairer cet important noeud routier, véritable trou noir sur le circuit des boulevards tournaisiens. 

Des immeubles faisant l'objet d'une construction ou d'une rénovation voient leurs chantiers se terminer ou être en passe de l'être. A la rue As-Pois, une partie de la résidence "la Factory" est occupée depuis quelques mois, il s'agit de celle aménagée dans des locaux existants qui ont été totalement rénovés, les parties construites, à front de rue ou autour de l'espace vert qui sera créé à l'intérieur font l'objet de travaux de finitions et ils seront probablement occupés lors du prochain été. Il en est de même pour la "Résidence des Dominicains", située à deux pas de la Grand'Place. Dans la rue Perdue, la "Résidence-services du Théâtre" est déjà en partie occupée, en face, des appartements de standing ont été réalisés dans les locaux de l'ancien arsenal des Pompiers, à l'arrière de ceux-ci, séparée par un espace de verdure, la "Résidence Sainte-Barbe", appartements moyens construits par le Logis Tournaisien vient d'être inaugurée. Plus bas, à la placette aux Oignons, un chantier de constructions de sept appartements vient de débuter. Le long du quai Notre-Dame, trois maisons anciennes, situées à l'angle de la ruelle des Noirets font l'objet d'une restauration complète (toitures, façades, intérieur) afin de leur rendre leur aspect initial.

Dans les rues adjacentes du Château et du Rempart, le Ministère des Finances est le maître d'oeuvre de la réhabilitation des anciens locaux de la Coopérative l'Avenir, bien connue des vieux tournaisiens, si l'aile située façe au Lycée Campin est encore en travaux, celle située rue du Rempart est terminée et le déménagement a eu lieu ces dernières semaines. A la rue Campin, les travaux de contruction d'une nouvelle résidence comptant plus d'une vingtaine d'appartements se poursuivent, quelques mois seront encore nécessaires pour que les premiers habitants puissent y loger. Une rénovation semble pour le moment au point mort, celle de la "Tour Henri VIII", le dôme sensé abrité le sommet des intempéries et permettre aux murs de sécher s'est déchiré et les toiles plastifiées pendent lamentablement sur l'échafaudage qui ceinture la vénérable construction !

Les années qui suivirent la seconde guerre mondiale ont vu l'apparition d'un phénomène qui est allé en s'amplifiant, la désertification du centre des villes par l'abandon des immeubles d'habitation au profit de villas construites à la campagne ou en périphérie, cinquante années plus tard, on assiste à un revirement total, de nombreuses personnes souhaitent désormais habiter "intra-muros" afin d'être à proximité immédiate des commerces, services, écoles, lieu de travail parfois. Pour beaucoup l'âge de la retraite a sonné et les déplacements (toujours plus onéreux) en voiture amènent cette nouvelle vision. "Une cité qui se repeuple est une ville qui revit". Bientôt, on parviendra à oublier ces quartiers entiers voués aux maisons de commerce et aux bureaux, bâtiments sans vie lors des soirées, quartiers déserts durant le week-end. Revitaliser le centre-ville, une opération que la ville de Tournai est en passe de réussir !

07:00 Écrit par l'Optimiste dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, renovation, revitalisation |

28 nov.
2009

08:00

Tournai : expressions tournaisiennes (46)

D' l'infant à l'berche (au berceau) au viel (vieil) heomme aux incurapes (Hospice des Incurables qui se trouvait dans la rue des Soeurs de la Charité), ch'est tout eine vie qu'on veot défiler. Pou bin fiêter s'venue au meonde, l'mopère et l'mamère i-eont deonné des peos d'chuque (dragées de baptême) à l'famile, aux amisses et connissances (à la famille, amis et connaissances). Pus tard (plus tard), au momint (moment) de l' communieon solennelle, ch'est pindant treos (trois) jours qui eont fait bombance et i-n'eont pos oblié (oublié) d'aller porter des moques (petits gâteaux ronds, anisés, genre pain d'épice) aux infants d' l'école. A vingt ans, l'garcheon i-est rintré à l'ouvrache (a trouvé du travail) et a qu'minché (commencé) à queurir l'cotreon (à avoir de nombreuses aventures galantes) jusqu'au jour, où i-a été in foufielle (en émoi) pas d'vant eine jolie mam'zelle (mademoiselle) qui a fait batte (battre) s'coeur bin pus fort que toutes les eautes amourettes. Ch'a été l'temps du fréquintache (fiançailles), des baisses à bouquette (des baisers sur la bouche), des promesses et des "je t'aime " répétés. Vint alors l'jour du mariache (mariage), le momint d'passer pas d'vant l'curé et l'bourguémette (bourgmestre, maire), l'famile est à nouvieau in fiête et ch'est l'bonheur qu'on leu souhaite. Deux ou treos (trois) p'tits rotleots (terme spécifique et amical pour désigner un enfant) veont v'nir égayer l'ménache (ménage) et, fiéremint, l'mopère et l'mamère poumène'tent (promènent) in t'nant les infants pas l'quenote (petite main d'enfant).

Les années passent vite, les infants à leu tour ont quitté l'nid familial pou faire leu vie et, insuite, pou l'mopère, l'temps de l'ortraite (retraite) est bin vite advenu. I-s'a ortrouvé (retrouvé), in tiête à tiête, ave s'feimme, hureux (heureux) d'avoir bin fait s'n'ouvrache. Ein matin, sans jamais avoir été malate (malade), l'heomme i-est parti pou Mulette (nom du cimetière du Sud à Tournai) et l'feimme elle a fini ses jours dins s'maseon devenue bin trop grande pour elle, se raminvrant (se souvenant) les beons momints. Et ch'est ainsin qu'elle a attindu que l'Beon Dieu pinse à elle et li fait ein p'tit signe. L'jour où elle a serré (fermé) ses yeux, elle aveot ein bieau sourire qui illumineot s'visache orposé (reposé), preuve pêtete (peut-être) que s'n'heomme i-éteot v'nu l'accueillir et li aveot ouvert tout grand les bras. 

Vie hureusse (heureuse) ou vie d'tchien d'carette (vie difficile) pour tertous (tous) l'fin elle est parelle (pareille) ! L'vie est si courte que je n'comprins (comprend) pos pourquoi on deot toudis cacher (chercher) noise et batt'lier (se battre). Toudis bin s'intente insanne (toujours bien s'entendre ensemble) ch'est là qu'est l'secret du bonheur que j'warde au feond d' m'coeur (que je garde au fond du coeur) ! Quand viendra l'jour du grand voyache (voyage), pourvu qu'au moinse (au moins) eine perseonne pourra dire : "ch'éteot ein brafe type". Ch'est là tout l'mal que j' vous souhaite, mes gins.

(S.T. novembre 2009).

08:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

27 nov.
2009

05:15

Tournai : la statue de Notre-Dame d'Alsemberg

Chaque année, le deuxième dimanche de septembre, la grande procession de Tournai met à l'honneur une des nombreuses statues de la Vierge que possède le riche patrimoine religieux local. Cette année, c'est Notre-Dame d'Alsemberg qui était mise en valeur et faisait ainsi la couverture du programme édité à cette occasion, comme le firent, les années précédentes, Marie, Mère du Christ et Mère des Hommes (2008), Notre-Dame d'Heureux Trépas (2007), Notre-Dame Flamande (2005), Notre-Dame de la Treille (2004) ou encore Notre-Dame de Fatima (2003) ou Notre-Dame aux Neiges (2002).

Le culte de Notre-Dame d'Alsemberg est associé, par la tradition, à Sainte Elisabeth de Hongrie, épouse de Louis de Thuringe, qui, vers 1299, visita la cour d'Henri II, duc de Brabant. Lors de cette visite, elle allait convaincre, Marie, la première épouse du duc, d'ériger un sanctuaire dédié à la Vierge sur une colline située au Sud de Bruxelles. Toujours selon la tradition, Elisabeth aurait reçu, d'un ange, l'instruction de construire l'église dans un champ de lin sur pied, non encore mûr. Il fut élevé sur la Montagne de l'Absinthe (Alsemberg). La tradition nous dit encore que la statue de la Vierge miraculeuses qui prit place en cette chapelle, avait été offerte par Sophie, fille aînée d'Elisabeth et seconde épouse d'Henri II de Brabant.

Vers l'an 1400, on constate l'existence, à Tournai, plus précisément en l'église Saint Piat, d'une importante confrérie dédiée à Notre-Dame d'Alsemberg. Les membres de celle-ci, officiellement renouvelée en 1641, se rendaient, chaque année, en procession à Alsemberg (plus de septante kilomètre étaient à parcourir), le jour de la dédicace (dimanche proche de la fête de l'Assomption). Ils offraient, à cette occasion, une robe de couleur différente à la statue de la Vierge miraculeuse (blanche, rouge, verte ou violette selon l'assemblée de la Confrérie qui menait la procession au départ de Tournai). La Vierge authentique d'Alsemberg est ce qu'on appelle une "Sedes Sapientiae", une vierge assise portant l'enfant devant elle. La statue de Notre-Dame d'Alsemberg que possède le diocèse de Tournai n'est pas une copie conforme de l'originale. Elle a été réalisée en 1759 par l'orfèvre tournaisien Ghislain Sailly, elle présente une hauteur totale de 144 cm (133 cm hors couronne), elle est en argent travaillé au repoussé et ciselé, le socle-trépied est constitué d'un assemblage de plusieurs feuilles, chacune des trois faces est encadrée par des éléments involutés du piètement et sommée d'une coquille. Le plateau sur lequel est posée la statue est constitué d'une feuille repliée, dont les rebords sont ornés de motifs. La statue est constituée de plusieurs feuilles repoussées, soudées pour la plupart. Elle a été totalement restaurée avant 1986 par une réargenture complète et une réfection des couronnes. 

Compte-tenu de son inestimable valeur, la statue de Notre-Dame d'Alsemberg est désormais conservée en sécurité. On sait que les trésors sacrés sont enviés par des collectionneurs sans scrupules ou des hommes avides d'argent qui, pour se les approprier, n'hésitent pas à commettre vols ou hold-up sacrilèges. Tous les Tournaisiens ont encore en mémoire la violence des auteurs du vol de la Croix Byzantine qui, au mépris de l'intégrité physique des personnes présentes et du caractère sacré du lieu, s'emparèrent de ce chef-d'oeuvre d'orfèvrerie. Lors de la procession, la statue de Notre-Dame d'Alsemberg est portée par des dames ou jeunes filles appartenant d'ordinaire à la paroisse Saint Piat. Les costumes sont l'oeuvre de la Conservatrice du Musée de Folklore, Me Nicole Desmaret qui a renouvelé, en 2005, ceux qui étaient portés depuis la fin de la seconde guerre mondiale. De temps à autres, l'Optimiste vous fera découvrir ces trésors parfois ignorés des habitants de la ville ou des visiteurs.

(Sources : informations reçues de Mr Francis Vandeputte, membre des Guides de Tournai, attribuées à Mr. R. Dumont, article du Courrier de l'Escaut paru le 10.9.2009 et commentaires personnels).

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25 nov.
2009

07:00

Tournai : la ville en chantier (5)

Un nouveau chantier démarre. Dans le courant de la semaine écoulée, on a procédé à l'élégage des arbres du quai des Salines. En effet, dans le cadre de l'embellissement des quais de la rive gauche, une seconde phase de travaux va être entreprise par la fime Galère, la même qui avait déjà réalisé la précédente, la rénovation des quais entre le Pont à Pont et le Pont de Fer. Cette fois, on prolongera du Pont de Fer jusqu'au Pont des Trous, soit une distance d'environ 450 mètres.

Le souhait des concepteurs du projet est de faire cohabiter harmonieusement les automobilistes, les cyclistes et les piétons dans un espace convivial incitant à la flânerie sur les bords de l'Escaut. Celle-ci se déclinera sur deux niveaux : une partie haute aménagée en pierre bleue dans la continuïté de ce qui existe déjà au quai Notre-Dame et une connexion directe avec le Ravel, une plate-forme en bois accessible aux personnes à mobilité réduite. Au pied du Pont de Fer, une placette et un belvédère créeront une zone de repos pour le promeneur. De l'autre côté, les trottoirs actuels seront élargis et l'éclairage qui balise les quais déjà rénovés sera prolongé afin de donner une impression d'ensemble tout en mettant en évidence certaines façades remarquables que possède le quai des Salines.

Le quai des Salines a la propriété de compter deux ruelles très étroites et non habitées qui le relient au quartier de la Madeleine (ruelle Neve et Fretel). Une fois les travaux terminés, on conservera 187 places de stationnement dont 46 pour les cyclistes. Le chantier concernera tout d'abord la partie située entre le Pont des Trous et la rue Sainte Croix, soit environ 2/3 de la distance à rénover, le centre de réadaptation (anciennes usines Allard), l'école d'infirmières Jeanne d'Arc et les bureaux du journal Nord-Eclair seront donc confrontés, dans les prochaines semaines, à un problème d'accessibilité et surtout de stationnement, la moindre place qui se libèrera risque d'être fort convoitée. La phase suivante qui est prévue pour le printemps sera plus délicate puiqu'elle concernera la courte section entre la rue Sainte Croix et la rue du Cygne, importante pour les clients se rendant au magasin Colruyt. L'accès au parking de celui-ci devra absolument se faire par l'arrière, c'est-à-dire par la rue des Corriers. Si on tient compte de la fermeture de la rue Perdue (située à quelques centaines de mètres de ce chantier), de la rue de la Lanterne, du rétrécissement de la Place Paul Emile Janson en raison du chantier de l'Hôtel Dexia, on peut dire que circuler à Tournai ne sera pas chose très facile durant l'année 2010 et une partie de l'année 2011. Il faudra prendre son mal en patience car tout cela, in fine, donnera du boulot à pas mal de monde et c'est peut-être le plus important en période de crise !

07:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, renovation, quai des salines |

24 nov.
2009

07:15

Tournai : Adrien Joveneau, globe-trotter tournaisien

Joveneau est un patronyme bien connu à Tournai puisqu'il représente une véritable dynastie de chocolatiers. C'est, en effet, en 1849 que Pierre Joveneau (né en 1811), mieux connu sous le prénom d'Alexandre, fonda une chocolaterie au n° 11 de la rue de Cologne (actuelle rue de l'Yser) et s'installera ensuite, en 1875, au n° 17 de la rue des Jésuite (immeuble qui existe toujours mais qu'un promoteur voulait transformer en lofts dernièrement). A l'origine, la raison sociale de la chocolaterie était "A. Joveneau", c'est sans doute pour ne jamais modifier celle-ci que tous les prénoms des membres de la famille débuteront par la première lettre de l'alphabet. Il y eut Alexandre, Arthur, Adrien et ensuite Alexis, Armand, Albert, André, Alain et Adrien. Seul le septième fils d'Adrien échappera à la règle, car la coutume veut que le roi soit le parrain du septième enfant naissant au sein d'une famille, il s'appelera donc Léopold Joveneau.

Le 3e Adrien qu'on trouve dans la famille Joveneau est né, le jour de l'Epiphanie, en 1960. Son père, militaire de carrière, accèdera au grade de colonel et emmènera sa petite famille au hasard de ses mutations, passant de la base de Chièvres, aux garnisons d'Allemagne pour terminer à la base de l'Otan de La Canée en Crête. C'est sans doute les multiples déménagements effectués au cours de sa jeunesse qui donnera au jeune Adrien le goût du voyage. Sa maman, née Doutrelugne, fait partie d'une familles d'entrepreneurs bien connus dans la cité de Clovis et sa tante du côté maternel, Claudine Doutrelugne, est l'accessoiriste et la costumière des actuelles revues du Cabaret Wallon Tournaisien. On la connaît également comme bénévole au sein de l'Opération Cap48 de la RTBF en faveur des personnes handicapées. 

En 1977, Adrien Joveneau revient habiter sa ville natale lorsqu'il s'inscrit à l'IHECS (Institut des Hautes Etudes en Communication Sociale) à Ramegnies-Chin. Durant cette période d'études, il logera, grâce à sa grand'mère, dans la tour située au bout de l'Impasse de la rue du Cygne. Comme les nombreux étudiants de l'époque, il sera un habitué du Café-Théâtre "La Mauvaise Herbe" situé dans le quartier Saint-Brice juste à côté du cinéma Astra (ces deux lieux de rendez-vous de la vie noctune tournaisienne d'alors sont aujourd'hui disparus). A la fin des années septante, un phénomène nouveau est apparu, celui des Radios Locales. On connu ainsi, entre autres, Radio Martin et surtout Radio Intérim dont les studios se trouvaient au-dessus du cinéma Scala, à la rue des Maux. Cette dernière avait été créée par Alexandre Walnier (bien connu par la suite dans les milieux de la boxe française) et par Jean Marc Colienne qui partira par la suite à RTL et qui est désormais présentateur d'Antenne Réunion. Ses études terminées, Adrien Joveneau émigre dans la région d'Ath et on le retrouve à Radio Pays Vert dont les studios se trouvent à la Tour Burbant, c'est là qu'il croise pour la première fois deux autres natives du Hainaut occidental, Marie Pierre Mouligneaux et sa soeur Véronique, toutes deux parties ensuite à la RTBF. A cette époque, un athois, Willy Pettiaux, tient une rubrique quotidienne sur les antennes de Radio-Hainaut, l'homme a pour mission de rendre populaire le sport en général, chacun se rappelle probablement ces interventions de "Mr Adeps" qui terminait ses billets par "D'ici là sportez-vous bien !". Adrien Joveneau sera appelé à le remplacer. 

Au début des années 80, il collabore avec Jean Paul Procureur (aujourd'hui tourné vers la politique) à la création de Canal Picardie, hélas, le projet d'installation d'un studio de la RTBF au pied du beffroi fera long feu et sera sacrifié sur l'autel des restrictions budgétaires. Adrien Joveneau est appelé à la radio par Jacques Bourlet qui lui confie des animations matinales depuis le studio de Mons et nocturnes depuis celui de Liège (où étrangement il présente des programmes de musique classique !). Enfin, à la Noël 1985, il reçoit en cadeau une tranche horaire dominicale, de 6h à 9h, diffusée depuis le studio de Namur. Il va alors se faire connaître du grand public grâce à son émission "les Belges du Bout du Monde", par la suite, il mettra sur pied le "Beau Vélo de Ravel" et le "Ravel du Bout du Monde". Il va accompagner des milliers de cyclistes sur les routes de Wallonie, de Flandre (La Panne) et des Ardennes françaises mais aussi en Afrique, en Amérique du Sud, visitant avec les vainqueurs d'un concours les cinq continents. Notre reporter globe-trotter serait-il devenu le Tintin des temps modernes, bien des gens le pensent. Grâce à lui des milliers de familles ont retrouvé les joies de la balade du samedi après-midi, en vélo. Le record de participants est toujours détenu par la ville de... Tournai où plus de 5.000 pédaleurs ont ainsi rendu hommage à cette voie tournaisienne de la RTBF mais aussi à l'auteur du livre "Les Belges du Bout du Monde" écrit en collaboration avec Frédérique Thiébaut de No Télé et paru en 2008.

(sources : "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre, le Courrier de l'Escaut, article du 24.12.2008 signé par Marc Fion et recherches personnelles)

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22 nov.
2009

08:00

Tournai : expressions tournaisiennes (45)

Lindi (lundi), au Carrefour d'Froyennes, Fifinne a rincontré (rencontré) Léocadie, l'feimme (femme) qui aveot oblié d'canger s'n'horloche à l'fin du meos d'octobre (qui avait oublié de changer son horloge à la fin du mois d'octobre). "On n'sait vraimint (vraiment) pus comment s'habiller. Souvint (souvent) à l' Toussaint, j'ortire (je retire) mes habits d'été pou mette à l'plache (à la place) ceusses (ceux) d'hiver. J'ai toudis (toujours) mes cottes (jupes) et cotreons (jupons) d'été et ch'n'est pos acore asteur (encore maintenant) qu'on va porter l'coteon (coton) et l'pilou (velours)... "Tins... et Edmeond, i-n'est pos là aujord'hui ?" dit Léocadie. "Sifait (si,si), on est v'nu li acater (acheter) eine mareonne (pantalon) et ein quéaud (chaud) jupeon (ce mot s'utilise aussi pour désigner une veste d'homme), i-éteot tell'mint tout in nache (dégoulinant de sueur) qui a été obligé d'aller les essayer au rayon des surgelés, là i-fait pus fraîque (frais). I va beteôt orvenir (il va bientôt revenir)" li répeond Fifinne. "On a vraimint pus d'saiseons, i-paraît que ch'est à causse (c'est à cause) du récauff'mint climatique (réchauffement climatique), ch'est tout l'gaz qu'on invoie dins l'atmosphère qui aurminte les effets du solel (qui augmente les effets du soleil)" dit Léocadie qui a bin tout ortenu (retenu) ce qu'elle aveot intindu (entendu). J'orwette l'televisieon sur Arte, ch'est eine chaîne pou les gins intelligents et cultivés comme mi, j'sus (suis) eine scientifique" !".  "Mi, toutes ces cacoules (mensonges) ch'a m'indort (m'endort) et in puque (de plus) Edmeond i-n'aime que les séries policières. Ainsin (ainsi) quand ch'n'est pos les Experts Miami, Manhattan ou Las Vegas, ch'est Julie Lescaut, Aux marches du Palais ou bin Barnaby ou acore tous ces machins ave des lettes (lettres) comme NCIS, NYPD, RIS... A vir (à voir) tout cha tous les soirs, on in arriffe à s'deminder pourquoi nos brafes (braves) policiers i-mettent si lommint (longtemps) pour ortrouver les truands ?" soupire Fifinne. "Ahais, mais ichi, ch'est pos parel (ce n'est pas pareil), i n'eont pus d'liards (ils n'ont plus d'argent) pour payer les heommes (hommes) et acore moinse (et encore moins) pou acater (acheter) du matériel, ch'est l'même pou les pompiers qui veont béteôt perte (perdre) leu (leur) grande échelle in partant in intervintieon, nos ministres et nos édiles, eusses (eux), i-n'risquent pos l'échauff'mint (échauffement), i-n'cachent (cherchent) qu'après les tasques (taxes). On va ête des sous-développés !". 

"Quoisque tu dis là, Léocadie, te n'vas pas comparer no Belgique à des pays dusque (où) les gins i-n'eont pos à minger". "Mo, bé te fais bin d'in parler, diminche au matin, j'deos aller aux petits déjeuners d'Oxfam jusse (juste) avant d'aller à messe". "Et après à l'apéreo" dit, tout à n'ein queop, (tout à coup) Edmeond arrivé pindant l'conversatieon. Léocadie est outrée, elle qui n'beot (bois) que de l'ieau (eau), elle ne va jamais à l'apéreo. "Ch'n'est pos l'goût qui m'déringe (dérange), savez, ch'est les effets... secondaires comme on dit".

Edmeond i-est débalté (déchaîné) : "Ahais, après treos ou quate verres, l'corps i-risque d'exulter comme diseot Jacques Brel dins les Vieux Amants". ... Ch'est treop (trop) pou Léocadie, elle s'in va in disant à r'voir à Fifinne mais sans orwettier (regarder) s'fouteu d'gins (moqueurs) d'mari. "Te perds toudis (toujours) eine occasieon de t'taire, ch'est eine ensulte (insulte, anomalie de notre patois) que te li a fais là". 'Bé, elle n'intind pos l'riache (elle ne comprend pas la plaisanterie), et elle ara eine séquoi à dire à l'sortie de l'messe, l'scientifique gernoulle d'bénitier (bigotte)". Edmeond, à l'feos (parfois), i-na pos s'lanque (langue) à s'poche !

(S.T. novembre 2011)

08:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patois, tournai, picard |

21 nov.
2009

08:00

Tournai : la ville en chantier (4)

Nous venons de voir que, pendant que se poursuivent les travaux de restauration de la cathédrale Notre-Dame, de nombreux autres chantiers importants s'ouvrent à Tournai. Que se passe-t-il au niveau du chantier des cinq clochers ? Le travail de rénovation de la couverture de la nef romane, la première phase de l'important chantier, vient de se terminer. Le maître-ardoisier français choisi pour exécuter ce travail vient, en compagnie de ses ouvriers, de poser 140 tonnes de plomb représentant une couverture de 1.500 m2, le plomb coulé sur sable, en Angleterre, est conçu pour durer plus de deux siècles. La gazette du chantier, parue en ce mois de novembre, nous informe que les tables de plomb ainsi posées ne sont pas soudées entre-elles mais séparées par une bande de cuivre étamée qui garantit un maximum de jeu tout en étant fixé sur des lattes de bois. Bientôt l'immense dôme fait d'une armature de toiles plastifiées et de montants métalliques qui protégeait les ouvriers des conditions climatiques sera démonté, la nouvelle toiture apparaîtra alors dans toute sa splendeur, on nous promet que ce démontage sera réalisé avant les fêtes de fin d'année. Dans la foulée, profitant de la présence des échafaudages, les façades de la nef romane seront nettoyées. La méthode utilisée sera, pour le nettoyage des parements droits, le "micro-gommage", un système à air comprimé qui permet de dépoussiérer et de laver les pierres en projetant sur la surface traitée un mélange fluide d'une poudre abrasive. Pour les portails, porte Mantille et du Capitole, les ouvriers auront recours à une technique plus sophistiquée faisant appel au laser ou encore à la pulpe qui permet de retirer la salissure en l'humidifiant.

Ce travail terminé, on s'attaquera alors à la chapelle Saint-Louis, datant du XIIIe siècle, située sur le versant sud de l'édifice, qui retrouvera sa toiture d'origine par le remplacement des vieilles ardoises par des tuiles vernissées et colorées formant un dessin en losange, tuiles en trois couleurs déclinées en cinq nuances. Cette polychromie a été décidée par la découverte sur les voûtes de l'édifice, lors de l'étude qui a précédé la mise en chantier, de débris de tuiles de couleurs différentes tirant sur le brun, le rouge, le vert et le jaune à l'image des toitures des hospices de Beaune en Bourgogne. Lentement mais sûrement les travaux de la cathédrale Notre-Dame progressent, c'est un chantier vivant que les touristes ont pu découvrir cet été, lors d'une balade effectuée en compagnie des guides de Tournai, à quelques trente mètres d'altitude. Nul doute que ceux qui liront nos articles auront, un jour, à coeur de venir découvrir ces travaux comparables finalement à ceux réalisés à l'époque de la construction des cathédrales...

08:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovation, nef romane, chapelle saint-louis |

20 nov.
2009

11:49

Tournai : la ville en chantier (3)

Poursuivons la découverte des chantiers qui parsèment déjà la cité ou vont tout prochainement débuter. Après celui de la rue Perdue, c'est la Place Paul Emile Janson qui en est le théâtre, la rénovation de l'ancien Hôtel Dexia (du nom de la banque qui y avait son siège jusqu'il y a peu de temps), mais que les Tournaisiens connaissent aussi sous celui de Grand Hôtel de la Cathédrale, vient de débuter. Le bâtiment va être totalement transformé pour accueillir dès le début de l'année 2012, l'Office du Tourisme actuellement situé à la rue des Chapeliers, au pied du beffroi. C'est l'architecte Nicolas Michelin qui a pensé et conçu le projet, 1.200 m2 seront ainsi disponibles pour l'accueil des touristes qui viendront, à l'avenir, visiter la cité des cinq clochers. L'Office du Tourisme sera non seulement sa vitrine mais aussi celle de la Wallonie Picarde, de l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai et de la province du Hainaut. Salon d'accueil, boutique, espace de détente et auditorium de 84 places permettant d'assister à la projection du film "le Couloir du Temps" résumant 2.000 ans d'Histoire de Tournai seront à la disposition des visiteurs. Les travaux de démolition viennent de débuter, ils seront suivis par ceux de stabilisation du bâtiment, de restauration de la toiture, de l'électricité, de la menuiserie, de la pose de cloisons et de la réalisation, en sous-sol, de l'espace scénographique.  Deux ans de travaux seront nécessaires pour mener à bien pareille transformation et doter Tournai d'un outil performant en matière d'accueil des touristes.

Ce chantier a nécessité la fermeture complète de la rue de la Lanterne qui fait la jonction entre la Place Saint-Pierre et la Place Paul Emile Janson afin d'y installer la grue et différents containers. Cette interdiction pose également un problème de circulation, les clients des magasins ou de l'horéca situés sur la place Saint-Pierre devront, s'ils veulent gagner en voiture les rue du Curé Notre-Dame ou de Courtrai toutes proches, faire un long détour en rejoignant le quai et en empruntant la rue des Puits l'Eau, de la Tête d'Or, de la Wallonie, le carrefour du beffroi, la Grand'Place et la rue des Orfèvres. L'Optimiste a été témoin cette semaine de voitures empuntant déjà le pietonnier de la Croix du Centre afin de se rendre au plus vite à la Place Paul Emile Janson. Autre problème qui risque de se poser à court terme, les automobilistes ne pouvant plus emprunter la rue Perdue sont eux aussi dirigés vers le pied du beffroi, le carrefour formé par les rues des Chapeliers, de la Wallonie, Saint Martin et la Grand'Place devrait connaître aux heures de pointe de sérieuses difficultés !

Les travaux de ravalement des façades de la rue Gallait (piétonne) vont bientôt débuter, les premiers échafaudages ont été posés par la firme qui est chargée de ceux-ci. Rue Perdue, Place Paul Emile Janson, le pietonnier de la Croix du Centre et tout prochainement le quai des Salines, c'est un sérieux lifting que les autorités communales ont entrepris pour embellir la cité, espérons que les délais seront respectés et que dans trois ans, tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir pour les habitants de la cité des cinq clochers.

11:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovation, office du tourisme |

18 nov.
2009

12:09

Tournai : la ville en chantier (2)

Depuis quelques semaines a débuté l'important chantier de la rue Perdue, artère principale de circulation reliant la rue de la Tête d'Argent à la rue Dorez, empruntée quotidiennement par plus d'un millier de véhicules dans la traversée Nord-Sud de la ville. Les Tournaisiens oublient très souvent que la rue Perdue se situe dans le prolongement de la Placette aux Oignons qui, paradoxalement, constitue la partie la plus étroite de l'axe de circulation. Ce n'est, en effet, qu'à hauteur du Fort Rouge que la rue s'élargit ! Cela faisait bien longtemps que la rue Perdue était cause de désespoir chez les automobilistes qui la parcouraient, car, comme on dit à Tournai, c'était une succession de "bosses et de fosses" consécutives aux nombreux travaux de voiries réalisés dans le passé. Actuellement des ouvriers déplacent les "impétrants", terme souvent utilisé lors de travaux mais qui est loin de la définition que lui donne le dictionnaire Larousse (impétrant : personne qui obtient de l'autorité compétente une chose sollicitée). Ce qui est désigné par impétrant, dans le cas présent, ce sont les canalisations de gaz, les égoûts, les câbles électriques ou de téléphonie dont les gestionnaires de réseaux ont demandé l'autorisation de pose à l'Administration Communale ! On peut aussi imaginer que ce chantier mettra à jour de nombreuses tombes puisqu'on se trouve aux abords immédiats de la nécropole de la Grand'Place. 

A partir de janvier, on procèdera à l'ouverture de la voirie et on creusera afin de réaliser le parking souterrain d'environ 125 places, sensé offrir une solution (payante) de stationnement dans le centre-ville. Ces importants travaux vont durer environ deux ans, sans aléas. La fermeture de la voirie à la circulation permet également à l'entreprise chargée de la construction d'un immeuble à appartements jouxtant l'armurerie Hauvarlet de pouvoir disposer de l'espace nécessaire pour la grue qui doit y être implantée. Les automobilistes tournaisiens devront donc prendre leur mal en patience et ils n'ont pas d'autre solution pour rejoindre le forum que de virer à gauche dans le carrefour dit "des quatre coins Saint-Jacques" pour rejoindre le beffroi par les rues de Courtrai, du Curé Notre-Dame, la Place Paul Emile Janson et la rue des Chapeliers. Dire qu'il fut un temps pas si lointain (à peine quatre ou cinq ans) qu'on avait interdit la circulation dans cette même rue des Chapeliers afin d'éviter que le passage de voitures, de bus et de camions n'ébranle la cathédrale, en délicatesse avec certaines de ses fondations. Le choeur gothique qui se situe le long de cette rue n'est toujours pas stabilisé et aucune étude n'a d'ailleurs encore été entreprise pour déterminer l'importance du mal. Le principe de précaution admis au début du XXIe siècle n'est soudainement plus d'actualité suite aux contraintes apparues avec la fermeture de la rue Perdue (la vérité dun jour n'est pas celle de toujours). Les automobilistes ont bien une autre solution pour rejoindre la rue Dorée et la Place de Lille, c'est de virer à droite au bas de la rue Perdue vers la rue Piquet et emprunter ensuite la rue des Bouchers Saint-Jacques. Solution à ne pas adopter aux heures de pointes afin d'éviter l'embouteillage qui s'y produit quotidiennement au moment où entrent ou sortent les centaines d'étudiant fréquentant l'école des Ursulines, surtout que cette voirie est très étroite et ne permet pas toujours le croisement de véhicules (à moins de la mettre en sens unique pendant la durée des travaux). On nous promet cependant une rue Perdue totalement rénovée et arborée à la fin de l'année 2011, "il faut savoir souffrir pour être beau" ou "on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs", ces deux maximes, le Tournaisien pourra souvent les méditer durant les mois à venir.

Dans un prochain article, l'Optimiste vous parlera des autres chantiers qui vont provoquer bien des embarras de circulation dans les mois et années à venir, celui de l'Hôtel Dexia (ancien Grand Hôtel de la Cathédrale), situé sur la Place Paul Emile Janson, appelé à accueilir au début de l'année 2012, l'Office du Tourisme et celui du quai des Salines qui va subir d'importants aménagements dans le cadre de l'embellissement de la rive gauche de l'Escaut. ...

12:09 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovation, rues |

13 nov.
2009

07:00

Tournai : expressions tournaisiennes (44)

"Mo, bé v'là ichi l'Optimisse !" Ceulle (cette) interpellatieon, elle a été dite pa (par) Fifinne in plein mitan (au milieu) du hall de l'Maseon de l'Culture diminche (dimanche) au soir. M'feimme et mi (ma femme et moi), on sorteot justemint (justement) de l'salle Jean Noté où on aveot été vir l'Orvue (voir la revue) du Cabaret Walleon :"A l'auberche (auberge) du Père Michelin". Edmeond, bin seûr (bien sûr), i-n'in perd jamais eine et i-a sauté su l'occasieon : "Pou eine feos qu'on s'veot (pour une fois qu'on se rencontre, qu'on se voit), on va aller in boire eine à l'buvette". "Espèce de colas (espèce d'innocent), buvette, ch'est populaire, on dit eine cafétaria". "Ah, Madame, elle a mis s'langue du diminche, Madame fait des preones (littéralement des prunes, parler en utilisant de bons mots) pou moutrer (montrer) qu'elle sait bin parler, bé mi aussi, j'conneos l'français, on dit cafétéria, na". "Vous n'allez pas acore qu'mincher (commencer) à vous disputer" que je leu ai dit. ... "A neon, pasqu'on s'ra acore dins t'gazette" répondit Fifinne. 

Les bières seont arrivées et vous l'advenez (devinez) aisémint, bé, on les a chifflées (avalées d'une traite)". "Milliard, Edmeond, t'aveos t'langue qui f'seot drapéeaux, m'paufe fieu (mon pauvre garçon)" dit Fifinne. ... "Et quoisque vous avez pinsez d'l'orvue ?" d'minda Edmeond. "Je n'ai pos vu l'temps passer, j'ai toudis du plaisi (plaisir) à v'nir les vir, j'aime bin incourager les ceusses que j'conneos"  "Qui par eximpe (exemple)"  "I-seont tertous (tous) beons mais j'aime bin Mossieu Foucart, li, i-pourreot dire l'messe à l'cathédrale que les fidèles ils l'prindreot'ent pou Monseigneur Harpigny"  "I-est quand même pus gai !" remarque Edmeond. "Ahais, mais i-n'a pos l'même ouvrache (travail)"."J'aime bin l'pétite Annette, ch'a ch'est eine courageusse ! L'année passée, pindant l'répétitieon, elle a bourlé (elle est tombée) in prenant dins l'tapis, elle a été à l'hôpital et l'jour de l'prumière (de la première), elle éteot là, elle a jeué ave s'bras bandé et... s'poignet cassé. J'aime bin aussi m'comarate Christian, l'pétit nouvieau du Cabaret. Ch'est pourtant ein vieux d'la vielle (vieille), ch'éteot l'marié Lionel dins l'dernière orvue de 1975. I-n'a pas cangé (changé) bin qu'i-a des rites (rides) in puque et qui soiche moins mince qu'avant, cha deot ête ein abcès d'comptoir. J'aime bin aussi Mossieu Vandecauter et Mossieu Leclercq, i-m'feont pinser à Jojo et Nénesse, petête qu'ein jour on les voirra intrer dins l'Royale Compagnie, ch'est l'tout l'mal que j'souhaite. Foi d'mi (je le jure), i-d'a ein eaute qui m'a ébeubi (étonné), ch'est Mossieu Wacheul, l'trésorier, i-cante vraimint bin (chante vraiment bien), i-d'vreot faire les p'tits cabarets et, bin seûr, j'ai été pou vir ein eaute comarate, Pascal, qui ouefe (travaille) à l'CET, dire que j'ai connu s'garcheon à l'Union d'Tournai sins jamais pinser qui montreot ein jour su l'ponteon, s'mopère, qui éteot m'facteur, i-deot ête bin fier d'li".

Edmeond i-m'arrête : "Te causes, te causes et te n'beos pos, l'bière elle va récauffer (réchauffer)". Li, s'verre i-est vide d'puis lommint (longtemps) et j'creos qu'i-attinds après ein eaute comme ein cat après eine soris (comme un chat après une souris). "Oh là, la patreonne, vo bière, elle est si beonne, rimplissez nos verres sans faire d'lisière" que j'ai canté. Tant pir (tant pis) si on est su l'zinque (on dit aussi berzèque, légèrement éméché), ch'est au Cabaret qu'on trinque. allez peompez, allez versez, on va boire à l'santé d'Tournai, eine pinte, ch'est beon, ch'est beon quand cha déquind, surtout quant on l'beot avec les copains. "Te vas quand même parler d'mi, pétit" qu'elle m'a dit Fifinne in partant. "Neon, j'parlerai d'Edmeond, tout seu" (seul) et elle est partie in rache (en colère).. eine feos d'puque (une fois de plus)

(S.T. novembre 2009)

07:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |