31 oct.
2009

09:15

Tournai : expressions tournaisiennes (42)

Léocadie, eine connissance (connaissance) à Fifine, ch'est eine vielle jeone file (vieille jeune fille). Elle n'a jamais voulu d'mari, "ein heomme dins eine maseon, ch'est ein diape (diable) dins ein bénitier" qu'elle dit souvint et in matière d'bénitier, elle s'i-conneot puiqu'elle in est eine guernoule (grenouille) - en patois tournaisien, l'expression gernoule de bénitier désigne une bigote - et in puque (en plus), elle n'a pos inventé l'fil à couper l'bure (beurre).  Diminche passé (dimancher dernier), elle a tout bonn'mint oblié (oublié) d'canger (changer) l'heure à s'pindule (horloge). Ahais, i-falleot l'orculer (reculer) mais elle ne l'saveot pos, elle n'orwette (regarde) pos l'télévisieon. "Cha aussi, ch'est ein outieu (outil) du diape, on y veot toudis des files sans quémisse (chemise) et cha rind les heommes loleos (fous)" qu'elle dit aux gins qui trouèfent (trouvent) drôle qu'elle n'a pos d'poste. Adeon (donc), sans savoir qu'i-éteot siept heures, elle s'a levée à huit heures à s'pindule et elle est partie, comme d'habitude, pou l'prumière (première) messe. Quand elle est arrivée pas d'vant l'églisse (église), l'porte, elle éteot acore serrée (fermée). Tout i-éteot calme.

No brafe Léocadie éteot tout in foufielle (était dans tous ses états), sans même ormarquer (remarquer) qu'elle éteot tout seu (seule) su l'parvis d' l'églisse, elle démépriseot (dénigrait) d'jà l'paufe orprésintant (représentant) d'Dieu su no tierre (terre). "Ch'est pos vrai qu'i-a oblié de s'lever, les curés asteur ch'n'est pus comme avant, d'abord te n'les orconneos pus, i-n'eont pus d'soutane, pus d'col romain, i-pourmène'tent (promènent) in jean et baskets, in moteo ou in auteo, i-veont même au Cabaret Walleon et pétète vir aussi les Ficelles Picardes (acore eine qui n'a jamais bin lu, ch'est les "Filles, celles Picardes" qui féaut dire). Elle d'a même vu ein qui saveot bin les chiffler (boire un verre d'un seul trait). I-a pos à dire, l'heomme d'églisse, i-orcheveot moral'mint s'catéchisse (recevait moralement son cathéchisme) et si, là in héaut, on intindeot ce qu'elle pinse, bé ch'est seûr (sûr) que l'paufe bougre i- alleot aller tout dreot (droit) in infer !

Ov'là (voilà) qu'arrife Cathy Dubocache (du Bocache in deux meots qu'elle dit toudis, voulant ainsin s'faire passer pou eine grande Madame), Léocadie li dit "J'vous veos ichi arriver tout à vos n'aisse (à l'aise)". "Ahais, j'éteos à l'avance, alors j'trondielle (musarde), j'aime acore bin lusoter (flâner) quand i-a perseonne dins les rues, au matin. Hureus'mint (heureusement) qu'i-fait clair pus teôt (tôt), quand on cange les heures, on n'a pus b'soin d' leumière (lumière) quand on s'liève". Léocadie n'in creot pos ses orelles (oreilles), ainsin elle s'a donc trompée d'heure. Au même momint, l'brafe curé arrife. "Mo Dieu, Mossieu l'Curé, i-va falloir que j'vas à confesse (se confesser), j'deos vous avouer eine séquoi (quelque chose), ici, pas d'vant l'églisse, j'ai eu des mauvaisses (mauvaises) pinsées". " Comment, vous Léocadie, notre plus fidèle paroissienne, un exemple pour tous les autres, vous avez pensé à mal". Sourde, elle li répeond " Ah neon, Mossieu l'Curé, j'sus bin leon (loin) d'pinser aux marles (mâles), j'ai toudis été eine vrai jeone file, savez, pos du tout intéressée pa l'cosse (chose)". Vous l'advenez (devinez) mes gins, l'cang'mint (changement) d'heure, ch'n'est beon pou perseonne, même l'Optimisse i-a bin du mal, asteur à dix heures au soir, i-est tout flate (mou), féaut dire que pou s'pindule interne i-est d'jà onze heures et l'heure d'aller s'coucher.

(S.T. octobre 2009)

09:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

29 oct.
2009

06:15

Tournai : l'année 2005 sous la loupe (5)

Nous poursuivons notre ballade culturelle afin de découvrir les évènements qui ont marqué cette année 2005. Les 1er et 2 mars, à la Maison de la Culture, deux salles combles font un triomphe à Jacqueline Bir, seule en scène, pour interpréter la pièce d'Eric Emmanuel Schmitt, "Oscar et la Dame Rose".  Deux jours plus tard, le 4 mars, giboulées, températures polaires et vent se sont invités à la "Nuit des Intrigues", les éléments ne rafraîchissent cependant pas l'ardeur des "carnavaleux" qui se donnent à nouveau rendez-vous, le lendemain, dans les rues de la ville pour fêter ce week-end de Laetare. Plus de 4.000 spectateurs assistent à l'édition 2005 de la "Piste aux Espoirs". Ils ne savent pas encore que c'est la dernière fois qu'ils assistent à un concours. Le Prix de la Presse est attribué à Mikis Minier Matoakis et à Anne De Buck pour un numéro de porté acrobatique, deux jeunes artistes français. Le Coup de Coeur est décerné à Lucie Boulay, équilibriste sur fil, du Lido de Toulouse (F). Le Prix des Enfants va à la "Famille Rodriguez" de l'Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles. Enfin, le Prix du Public récompense Elina Anderson et Linnia Backgard et leur trois musiciens, artistes venus de Stochkölm. Le vendredi 18 mars, Oscar Beck et Gérald Genty sont en concert dans la salle Lucas de la MCT. Une pièce de Dario Fo est pour le public une garantie de succès, "Mort accidentelle d'un anarchiste" jouée le 23 mars ne dément pas cette affirmation. Le jeudi 21 avril c'est Sanseverino qui est en concert au centre culturel tournaisien. 

Dans le cadre du 160e anniversaire de la bataille de Fontenoy, un campement de tentes de lin est érigé dans le Parc Communal, il abrite, durant un week-end, plusieurs dizaines de soldats portant costumes et tricornes d'une autre époque. Trois campements distincts ont investi les pelouses, celui des Prussiens, des Irlandais au costume rouge et celui des Français à l'unifome tricolore. De juin à septembre se tient la 5e édition de la Triennale de la Tapisserie et des Arts du Tissu de Tournai. En cette année 2005, elle est consacrée à la découverte des artistes japonais. A cette occasion, un jardin japonais "zen" a été reconstitué sur la Grand'Place tandis qu'une exposition de bonzaïs est visible au Musée d'Histoire Naturelle. Le 22e festival International de Folklore se déroule du 27 septembre au 2 octobre et accueille les représentants de sept pays. Le ballet Municipal de Temuco vient du Chli, le groupe '"Nosa Terra" de Galice, le Ballet d'Etat de l'Institut des Beaux Arts de Smolensk de Russie, l'ensemble Ciprian Parumbescu est composé de danseurs et musiciens professionnels de Roumanie, la Serbie est présente avec "Abrasevic" et l'Egypte avec l'ensemble "Wilad Elbaher Ismailia". Les Infants du Catiau représente notre folklore. Au début du mois de septembre débute à Tournai, le tournage d'un film d'une durée de 15 minutes pour le compte de la société Ipalle. Il sert à mieux faire connaître la destination des immondices, leur tri et leur recyclage. Il a été fait appel à Fred et Jamy de l'émission "C'est pas sorcier" de France 3 pour animer cer excellent documentaire. Durant la première quinzaine d'octobre, le Musée de Folklore présente une exposition consacrée à "l'éclairage au fil du temps", quinquets, lampes à huile, crachets, falots..., c'est toute l'évolution de l'éclairage que peuvent admirer les visiteurs.  En octobre également, le quart de la production mondiale du nouvel album d'Astérix (soit environ deux millions d'exemplaires) sort de presse à Tournai, la BD a été imprimée par le tandem Lesaffre-Gobert (Eurolivre), la firme décroche un nouveau contrat pour l'impression de deux millions de livres scolaires cartonnés pour le Niger. La réputation de l'imprimerie tournaisienne n'est plus à faire ! Les 29 et 30 octobre, Pierrot de Lille, le cuisinier nordiste est la vedette du "Salon des Saveurs" qui se tient à Tournai Expo. Le succès du Festival international de la Marionnette va croissant. Créé en 2001, il propose sa 5e édition du 2 au 6 novembre et a invité des groupes venus de Belgique, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Pologne et Russie. Le 6 novembre Howard Buten revient à la Maison de la Culture présenter son spectacle clownesque "Tout Buffo". Les 10 et 11 novembre, Chantal Ladsous est en représentation au Cosy Comédie sur le quai Taille Pierre. On notera encore la venue de Dany Boon les 9 et 10 décembre et celle de François Pirette le 13 décembre. Il s'agit d'une sélection, il y eut bien d'autres spectacles à l'agenda culturel de 2005 ! 

Les amateurs de football sont en fête, à l'issue du championnat 2004-2005, Le Football Club Tournai est champion, un an après l'avoir quittée, les Sang et Or retrouvent la Nationale et finissent avec 9 points d'avance sur le club classé second, ils ont remporté 18 victoires, concédés 7 nuls et ont été vaincus 5 fois. Ils ont marqué 60 buts et en ont encaissé 32. Les champions avaient pour nom Dobbelaere, Desclée, Quivy, Collie, De Castro, Ladon, Lecailler, Leroy, Pardo, Zinga, Baïno, Roland, Clément, Lechantre, Oudina, Vandevelde, entre autres.

28 oct.
2009

06:00

Tournai : l'année 2005 sous la loupe (4)

En cette année 2005, le public tournaisien sera a nouveau confronté à un vaste choix au niveau culturel. Le mardi 11 janvier, le premier festival de "Danse et Compagnie" s'ouvre à des créateurs proches de l'école tournaisienne. Le public est convié à une semaine de découvertes dans les bâtiments de la place Gabrielle Petit. Cet évènement est né d'une rencontre entre Xavier Gossuin et Maxime Lampole. On peut y applaudir une création du danseur et maître de ballet tournaisien, "Variétés" mais aussi à des soirées mixtes avec "Les Voisins bien Urbains" ou encore "Le triomphe de Pinpin". Les Tournaisiens, attachés à leurs traditions et défenseurs de leur patois, avaient jusqu'à présent une seule référence de qualité, la "Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien", presque centenaire, dont les petits cabarets sont exclusivement réservés à un auditoire masculin, réminiscence des habitudes du début du XXe siècle où les femmes n'accompagnaient pas leur mari. Voici qu'en ce mois de janvier, quelques représentantes de la gente féminime souhaitent bousculer les traditions, elles créent leur propre cabaret patoisant et prennent le nom de "Filles, celles Picardes" (et non de Ficelles Picardes comme les avaient présentées certains journalistes qui, dans un probable inconscient réflexe macho, les comparaient peut-être à .. des crêpes). Leurs séances de cabaret se présenteront comme celles de leurs aînés masculins mais elles seront accessibles aux couples. Dès la première soirée le succès est au rendez-vous ! "Cabaret Wallon" et "Filles, celles Picardes", deux vues différentes de l'actualité de ville, traitées avec une sensiblité différente mais indispensables compléments pour faire vivre notre patois. 

Le 28 janvier, le rire est à nouveau omniprésent à la Maison de la Culture de Tournai avec le spectacle "La Contrebasse" de Michel Boujenah. Durant le mois de février, nous relèverons trois spectacles qui connurent le succès. Les 16 et 17 février, le programme concocté par les responsables de la Maison de la Culture propose "Plan B". Quatre acrobates en costume et cravatte de la compagnie 111 sont face à un plan incliné, une sorte de mur. Celui-ci sera l'espace de toute la scénographie et permettra aux artistes de montrer l'étendue de leurs talents acrobatiques, un spectacle visuel apprécié du nombreux public. "Les Taloches" viennent régulièrement à Tournai et, chaque fois qu'ils s'y produisent , le succès de foule est assuré. Bruno et Vincent Taloche sont à la Maison de la Culture afin de présenter leur nouveau spectacle, le samedi 19 février 2005. Le lendemain, le dimanche 20 février, le séminaire de Choiseul accueille une journée de colloques et de concerts consacrés à la "Musique interdite sous le 3e Reich". Quelques exemples d'oeuvres de milliers de compositeurs et d'interpètes, taxés de judaïsme, de bolchévisme ou de dégénérescence par les nazis. A cette occasion, les Tournaisiens peuvent applaudir le "Quatuor Kocian" de Tchéquie, fondé en 1972, lauréat du Grand Prix Charles Crox et du Diapason d'Or. Dans le prochain article, nous continuerons le survol de cette année culturelle...

27 oct.
2009

07:00

Tournai : l'année 2005 sous la loupe (3)

Dans le courant du mois de janvier 2005, une bonne nouvelle attend les défenseurs du patrimoine tournaisien, l'église Sainte-Marguerite, située sur la place de Lille, a été rachetée. La firme Monument/Hainaut en est devenue propriétaire pour l'Euro symbolique. Cette entreprise de construction tournaisienne, spécialisée dans la restauration d'édifices historiques, est renommée par ses chantiers réalisés avec tout le professionnalisme souhaité en ce domaine. Désacralisée en 1978, cette église, dont la tour (seul élément classé) a été construite entre 1349 et 1363, a tout d'abord été paroissiale avant de devenir abbatiale lors de son intégration à l'abbaye de Saint-Médard. Elle brûla en 1733 et fut reconstruite à partir de 1770. Après le déménagement de l'abbaye de Saint-Médard, à l'époque de la Révolution française, elle était redevenue l'église paroissiale du populaire quartier qui porte son nom, celui de balotils, de Jean Noté et des Porporas. Alors que le bâtiment souffrait de plus en plus des affres du temps, ce rachat réjouit ceux qui voyaient, avec tristesse, l'état de délabrement de la nef, ils espèrent qu'il fera désormais l'objet d'une rapide rénovation, lui qui est le premier élément du patrimoine religieux accueillant les visiteurs venus de la métropole du Nord. Un toit percé, de la végétation dans les corniches et des vitraux brisés, avouons que cela ne fait pas sérieux quand on se proclame "cité du patrimoine mondial de l'Unesco". La déception sera à l'image des espoirs que ce rachat avait fait naître, les colonies de pigeons qui la peuplent ne doivent pas se faire trop de mouron et pourront encore y couler des jours, des semaines et des années sans être dérangés ! 

Le 21 avril 2005, cela fait 107 jours que la journaliste française Florence Aubenas a été enlevée. Une photo géante la représentant a été accrochée sur la façade de l'Hôtel de Ville. Ce jour-là, Jacqueline Aubenas, sa maman, qui fut journaliste à Bruxelles est accueillie dans le Salon de la Reine de la maison communale tournaisienne par le bourgmestre Christian Massy, tous les élèves des 5e et 6e de l'enseignement secondaire ont été invités pour un échange de vues et pour témoigner de la solidarité de la population tournaisienne envers la jeune femme. Un mois plus tard, le 23 mai, les policiers de la zone de Tournai quittent le vieux commissariat de la rue de l'Athénée pour prendre possession du nouveau bâtiment plus vaste et fonctionnel qui vient d'être érigé à la rue du Becquerelle. Cent septante personnes vont occuper les nouveaux locaux à l'aspect futuriste. Certains tournaisiens dont on connaît "l'esprit fouteux d'gins" se posent cependant une question en découvrant cet espace moderne et lumineux : pourquoi donc a-t-on placé au-dessus d'un espace de verdure qui jouxte le bâtiment des rangées de tubes de néon bleus, le soir, cela pourrait prêter à confusion ? 

En cette année 2005, la météo fait de nouveaux caprices. Le lundi 4 juillet, un violent orage accompagné de trombes d'eau sème la pagaille sur les routes tournaisiennes, le zoning commercial de Froyennes, la chaussée de Courtrai, l'autoroute entre Tournai et Lille, les abords du rieu de Barges à Ere et à Willemeau sont envahis par les eaux, transformant ces voies de circulation en rivières et en lacs et rendant la circulation impossible. Quelques semaines plus tard, lors d'un autre orage, la foudre frappe de plein fouet le clocher de l'église Saint-Jean, le pulvérisant et projetant d'énormes pierres qui iront s'écraser sur un véhicule stationné au pied de l'édifice religieux tandis que d'autres débris importants jonchent le jardin d'un home pour personnes âgées voisin. Il n'y aura heureusement aucune victime. 

En cette année 2005, un groupe de tournaisiens va réaliser un travail de bénédictin, ces hommes et ces femmes sont réunis pour renommer pas moins de 220 rues du grand Tournai, une exigence des services postaux afin d'éviter les doubles appelations qui subsistent depuis la fusion des communes. Le choix est difficile et souvent sujet à contestation, surtout que les noms doivent être "politiquement" corrects. Si le nom de Raoul Van Spitael donné à une rue de son village de Kain est admis par la population qui reconnaît en lui le premier bourgmestre du grand Tournai, on ne comprend pas que d'autres furent oubliés ou rejetés (voir à ce sujet, l'article consacré à Li Muisis). ... Le 23 novembre 2005, le complexe cinématographique "Imagix" ouvre ses portes au Boulevard Delwart. Dix salles peuvent accueillir simultanément 2000 personnes, des brasseries et commerces devraient s'ouvrir au rez-de-chaussée afin d'y créer un lieu convivial consacré à la détente et à la distraction. Inauguration à l'américaine, show à la cannoise avec rayon laser et tapis rouge, invités de marque, musique d'ambiance, réceptions, champagne et petits plats, le tout retransmis en direct sur les antennes de No Télé. Quelques jours plus tard, les exploitants annoncent que 9.500 spectateurs ont été dénombrés lors du premier week-end, la projection du nouvel "Harry Potter" n'était certainement pas étrangère à ce succès de foule. ... Dans le prochain article nous parlerons "Culture".

07:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monument hainaut, tournai, eglise sainte-marguerite |

26 oct.
2009

06:00

Tournai : l'année 2005 sous la loupe (2)

Depuis la loi Franchimont, les chroniques judiciaires comme celles des faits divers sont réduites à leur plus simple expression. Les noms des agresseurs ou ceux de leurs victimes ne sont plus dévoilés et se réduisent, le plus souvent, à des intitales ou à des prénoms d'emprunt. L'anonymat a remplacé le pilori ! Bientôt, on pourra peut-être lire dans le journal qu'il s'est passé quelque chose, quelque part au cours duquel une personne en a blessé ou tué une ou plusieurs autres et on devra se contenter de cette relation.

Le 6 janvier 2005 s'ouvre à Strasbourg le procès d'un certain S.B., dit le "pilleur de musées". Déjà condamné en Suisse, cet alsacien de 33 ans, que la presse appelle également "l'Arsène Lupin des musées", a dérobé pas moins de 239 oeuvres d'art, tableaux des XVIe et XVIIe siècles, statuettes ou antiquités au cours d'une période s'étalant de 1995 à 2001. En quoi ce procès a-t-il un rapport avec notre bonne vieille ville des cinq clochers ? Tout simplement parce qu'il a été convaincu d'avoir volé une "nature morte" de Jean Van Kessel l'ancien, au Musée des Beaux Arts de Tournai, en mars 1997, en arrachant le panneau sur bois de son cadre. Le conservateur du musée a décidé que celui-ci se porterait partie civile. Un autre fait est révélé par la presse locale, le vendredi 11 février, une ressortissante chinoise a été arrêtée à Hendaye, à la frontière franco-espagnole. H.J.M. est soupçonnée d'avoir commis, avec son mari, le triple meurtre du bois d'Howardrie, en 1991. Les corps d'un couple chinois et d'un enfant avaient été retrouvés, au cours d'une ronde, par deux douaniers tournaisiens dans une voiture incendiée. Il s'agissait d'un réglement de compte dans le milieu chinois du Nord de la France. Un militaire, caserné à Peutie, se souviendra longtemps de la date du mardi 2 juin 2005 alors qu'il était en mission à Tournai. Le long de la chaussée de Douai, au milieu des champs, se dresse un pylone de transmission, propriété de l'armée belge, depuis quelques temps, les voisins rendaient celui-ci responsable d'interférences et ce technicien des forces armées a été envoyé sur place pour en rechercher l'origine. Alors qu'il travaille sur une plate-forme circulaire à 45 mètres du sol, il fait une lourde chute et se retrouve 9 mètres plus bas sur la seconde et dernière plate-forme. Les pompiers appelés sur place ne peuvent intervenir au moyen de la grande échelle puisque celle-ci ne peut se déployer à plus de 30 mètres, il est donc fait appel aux hommes du Grimp (Groupe Rapide d'Intervention en Milieu Périlleux). La victime, consciente, souffre d'une plaie au bras et à la tête et a perdu beaucoup de sang. Stabilisée à 36 mètres du sol, elle est redescendue au moyen d'une civière et transportée en mileu hospitalier.

Le jeudi 14 juillet, en fin de journée, un jeune ressortissant français a une idée bien à lui pour commémorer la fête nationale de son pays, il décide de commettre un casse dans un garage de l'avenue de Maire, probablement mandaté par des malfrats préparant un prochain hold-up. Il y arrive au volant d'un véhicule volé en France, s'introduit par effraction, au moyen d'une voiture parquée à l'intérieur défonce le volet mécanique et ensuite s'empare d'un puissant véhicule. La scène a eu un témoin, celui-ci est stationné pas bien loin et a filmé toute la scène, l'ayant remarqué l'individu coiffé d'une casquette de rapeur le menace par gestes et disparaît au volant de la voiture dérobée. Les zones frontalières sont, hélas, souvent le fait de pareils agissements !

La vie quotidienne des tournaisiens va connaître un bouleversement en cette année 2005 et principalement celle des automobilistes. Le lundi 10 janvier, (Lundi perdu...mais pas pour tout le monde), de nouveaux personnages en uniforme font leur apparition dans les rues de la ville, ce sont les préposés de la firme City Parking à qui l'Administration Communale a délégué la peu appréciée mission de contrôler la bonne utilisation des horodateurs, une tâche dont ces agents s'acquitteront avec un zèle parfois poussé à l'excés, l'automobiliste n'ayant pas toujours le temps de revenir à son véhicule avec le précieux ticket lui donnant le droit de stationner. Une certaine forme d'arrogance de la part de certains de ces hommes en uniforme est mal perçue par les habitants de la cité de Clovis dont on dit qu'ils ont parfois la tête près du bonnet. Beaucoup refusent de payer la somme réclamée par le virement apposé sur le pare-brise et le Président des Commerçants d'alors peste contre cette taxe déguisée qui fait fuir les clients vers les magasins de la périphérie ! Il faut payer énormément pour avoir le droit de rouler, il faut aussi désormais payer pour stationner, certains se mettent à le penser et contestent la présence d'une firme privée à qui on a donné des prérogatives normalement dévolues à la Police. La saga City Parking vient de débuter, elle va durer bien longtemps !

06:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, city parking, faits divers |

24 oct.
2009

09:07

Tournai : expressions tournaisiennes (41)

Edmeond est à nouvieau su les bancs d'l'école, l'maîte i-a qu'minché (commencé) in disant : "Quelles sont les origines de notre patois ?"  Probablement multiples ! Tournai a subi l'influence des troupes étrangères qui s'y installèrent au cours des siècles précédents, elle fut française, anglaise, espagnole, hollandaise et notre patois a parfois emprunté des mots à ces langues différentes. C'est pourquoi on peut trouver des similitudes avec des mots étrangers quand ce ne sont pas des transpositions.

Tomber, en espagnol, se dit "caer" (ca-ere), "caire" en tournaisien, la vache se dit la vaca, l'vaque chez nous. Une expression qu'on utilise moins est celle de jeuer au menhère (ou menire), empruntée au flamand ceci signifie faire le prétentieux... et on peut ainsi multiplier les exemples".

In sortant du cours, Adolphe i-a d'mindé (demandé) à Edmeond : "t'as ortenu eine séquoi ? (tu as retenu quelque chose)"... "Bé ahais (oui), mais ch'est eine riche ratatoule (ratatouille), ch'est l'touillache (la confusion) dins m'tiête (tête) ave les flamints (flamands), les inglais (anglais)... je n'sais po acore (je ne sais pas encore) commint j'vas espliquer cha à Fifinne". ... "Te n'es quand même pos obligé d'li raceonter ce qu'on dit au cours ?"  "Bé si fait, elle ne veut pos v'nir au cours mais elle veut toudis tout savoir". ... "Ehné tuné (tenez, tenez), t'areos peur de t'feimme que cha n'm'étonnereot pos, te deos li dire : quand l'queo (coq) i cante, l'poule elle deot s'taire ( la femme doit écouter le mari qui est maître du logis) ou acore I n'féaut pos que l'poule elle cante pus héaut que l'quéo". "Mo bé, si j'dis cha, l'sémaine prochaine va orvenir (revenir) tout dégriffé (marqué de griffes), si fait (bien sûr), avant elle m'areot attrapé pa l'tignasse (chevelure) pou m'faire caire à tierre (me faire tomber sur le sol), hureus'mint, j'n'ai pus asteur (maintenant) ein poil su l'cal'basse (la tête), alors, comme eine tigresse, elle sort ses graux (grigges) et j'm'ortrouève (me retrouve) tout dégraué (griffé)". 

Tout in parlant, i-seont arrivé pas d'vant l'maseon d'Adolphe, i-a ouvert l'porte et i-a dit :"Bé vingt milliards d'qu'vieaux (chevaux), mi qui pinseot (pensé) qu't'éteos l'maîte à t'maseon, mi m'feimme, j'l'ai dressée et elle me parle toudis douchett'mint (toujours avec douceur), elle ersanne ein anche (elle ressemble à un ange), elle acoute tout c'que j'dis et j'garde pour mi ce qu'elle ne deot pos savoir. Quand j'rinte à l'maseon, j'n'ai pus qu'à mette mes pieds sous l'tape (table), l'deîner i-est toudis prêt, et...". Tout à n'ein queop (tout d'un coup), on intind berlé (crié) dins l'couloir : "Eh alors, Adolphe, te vas t'ormuer (te remuer, te grouiller), i-a acore les penn'tières à peler (pommes de terre à peler), l'salate (salade) à mélinger, j'espère que te n'as pos oblié (oublié) l'tiête de vieau (tête de veau) in passant chez l'boucher". Adophe, tout géné, i-a dit : "J'arriffe m'pétit pouillette (poulette), j'parle avec Edmeond" et l'feimme d'Adolphe elle a continué in disant :"Si Edmeond i-n'fout rin à s'maseon, si Fifinne elle est l'esclafe (esclave), ichi ch'est l'heomme qui deot ouvrer (travailler), je n'suis pos t'méquenne (servante) !"

Rintré à s'maseon, Fifinne, elle li a dit : "Quoisque t'as appris aujord'hui ," et Edmeond i-a répeondu : "Qu'Adolphe i-est arringé (arrangé) tout comme mi".

(S.T. octobre 2009)

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22 oct.
2009

09:09

Tournai : l'année 2005 sous la loupe (1)

Voici la fin de ce long feuilleton entamé au début de l'année dernière, la retrospective de l'actualité tournaisienne entre 1950 et 2005. Cinquante-cinq années de l'histoire d'une petite ville de province viennent d'être évoquées au travers des rubriques des faits divers, de l'économie et du social, du sport et de la culture.

Les premières informations que nous traiterons pour cette année 2005 sont d'ordre économique. Le 8 janvier, les chiffres concernant le chômage sont communiqués. On apprend qu'au 31.12.2004, le taux de demandeurs d'emploi à Tournai est de 19,57%, bien loin de celui affiché par la commune bruxelloise de Saint Josse (36,40%) ou des communes hennuyères de Farcienne (31,63%) et de Colfontaine (31,47%) mais, néanmoins, supérieur à la moyenne de la Wallonie (18,40%) et de la Belgique (12,80%). Dans les milieux économiques tournaisiens, on se met à rêver en constatant qu'à Bullange, ce taux n'est que de 3,71%. La situation ne va pas s'améliorer dans le courant de l'année car le 24 octobre, on apprend que la société Illbuck, située à Froyennes, ferme ses portes. Spécialisée dans la production d'aérosols de mousse expansée, l'usine avait débuté ses activités tournaisiennes en 1969. On comprend difficilement la décision de fermeture car l'entreprise est bénéficiaire et présente une productivié équivalente à celle d'une usine-soeur située aux Pays-Bas mais le groupe allemand qui la dirigeait a revendu ses parts à un groupe américain et l'acheteur, par obsession d'un super-bénéfice à court terme, décide de rentabiliser l'outil au maximum et ferme ainsi la maison tournaisienne. Dix-neuf emplois passent à la trappe, nouveau dommage à mettre sur le compte de la mondialisation ! Une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, le lendemain, la presse annonce la fermeture de l'entreprise Deplast, spécialisée dans la production de plastiques d'emballage destinés à l'industrie agro-alimentaire, chimique, pharmaceutique ou médicale. Cette entreprise avait été parmi les premières à développé de l'éco-technologie, elle avait succédé en 1987 à la Lactilithe, située à la chaussée d'Audenarde. Le patron déclare avoir été obligé de mette la clé sous le paillasson en raison d'un blocage des autres administrateurs. Quatorze personnes perdent leur emploi.

Durant le dernier trimestre, on assistera également à de nombreux soubresauts au niveau social, il y aura notamment la grève dans le secteur des grandes surfaces, la direction d'un magasin situé dans le zoning commercial de Froyennes qui vient de passer sous contrôle français veut imposer des méthodes jamais vues dans les relations sociales en Belgique, mais peut-être courantes au sein de l'Hexagone, elle fait appel à un huissier et sollicite le paiement d'astreintes par jour de blocage. Certains qualifient cette position de défense du droit au travail, d'autres de déni du droit de grève. Par cette attitude jugée brutale par les partenaires sociaux, on se rend compte que le rapport de force bascule en faveur du patronnat.

Une mauvaise nouvelle touche également de plein fouet les amateurs de cirque et fidèles de "la Piste aux Espoirs". A la fin du mois de novembre, les organisateurs annoncent que le concours sera désormais supprimé et que le festival se présentera sous la forme d'une "biennale des arts circassiens". La raison évoquée est l'importance du travail réalisé par des bénévoles pour mettre sur pied une édition annuelle mais certains évoquent aussi les victoires répétitives des artistes canadiens lors des dernières éditions qui ont, finalement, apporté une certaine monotonie au concours. En 2007, la Piste aux Espoirs qui fêtera ses vingt ans reviendra sous une autre forme et quittera le chapiteau traditionnel, symbole même du cirque, pour se répandre dans des lieux comme la Grand'Place, la Halle-aux-Draps, la Maison de la Culture ou la salle la Fenêtre. Pour beaucoup, les arts du cirque se muent en arts de la rue ou en music-hall. Le vieux cirque de notre jeunesse, celui qui fleurait bon le sable de la piste, qui nous accueillait sur des gradins en bois parfois peu confortables, cette tente immense qui retentisait des flonflons de son orchestre, le cirque de Monsieur Loyal, des strass et des paillettes a été mis à mort sur l'autel du modernisme par des organisateurs peu enclins à conserver la Tradition. Tournai perd un peu de sa spécificité, la Piste aux Espoirs est morte....

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19 oct.
2009

07:01

Tournai : Robert Campin dit "le Maître de Flémalle".

Le nom de Robert Campin, peintre contemporain de Rogier de le Pasture, a lui aussi été donné à une rue de Tournai située dans le quartier du Château, face au Centre Léo Chevalier, et à un établissement d'enseignement primaire et secondaire anciennement appelé "Lycée Royal" de Tournai.

Que sait-on de ses origines ? Robert Campin, contrairement à ce qu'annoncent certains ouvrages que nous avons consultés, n'est pas originaire de Tournai. Il a probablement vu le jour dans une famille demeurant alors à Valenciennes ou dans les environs de cette ville qui faisait partie alors du Comté du Hainaut. On situe la date de sa naissance vers 1378 sans aucune précision. Dans une de ses études le professeur Pierre Bachy relève le nom d'un certain Martin Campin signalé à Valenciennes entre 1381 et 1390 qui encourt une légère condamnation à Tournai en 1400. Le nom de Robert Campin apparaît dans les archives tournaisiennes en 1406. Est-ce là l'origine de la date de naissance que lui attribue le dictionnaire Larousse (édition de 2003) qui stipule peintre, né à Tournai en 1406 ? Pierre Bachy nous dit également qu'à l'époque de son arrivée dans la cité des cinq clochers, la ville jouit d'une certaine renommée, elle est plus qu'une petite ville provinciale, car son aristocratie et ses notables bourgeois entretiennent des rapports directs avec la cour parisienne de Charles VI.

Que sait-on de son parcours ? Peintre jouissant d'un certain renom, il devient chef d'atelier à Tournai entre 1416 et 1418, il y accueillera, dès le début, Jacques Daret, fils d'un maître charpentier tournaisien et à partir de 1426, Rogier de le Pasture (Rogier van der Weyden) dont nous venons de parler. On apprend qu'il demeure d'abord en la Lormerie, rue où on trouvait alors les ouvriers cloutiers, éperonniers et selliers qui deviendra par la suite l'actuelle rue des Chapeliers, au pied de la cathédrale. Il vendra son immeuble et s'installera vers 1420 dans l'actuelle rue des Puis l'Eau. Robert Campin, nous renseigne Pierre Bachy, est payé en 1428 pour "avoir peint et doré de couleur à l'huile, l'entrée de la halle des jurés, les personnages en images de Saint Piat, Saint Eleuthère, du Roi, de la Reine et de Monseigneur le Dauphin et autres personnages". On lui doit également divers panneaux religieux conservés dans les musées de Francfort, Londres, New-York, une "Nativité" que l'on peut voir au musée de Dijon, une "Vierge à la Cheminée" que possède le Musée de l'Ermitage à Saint Petersbourg ou encore un triptyque conservé au Musée du Prado, le célèbre musée madrilène, Dans ce triptyque, on découvre la représentation de Sainte-Barbe. Il fut aussi un portraitiste de talent.

Que sait-on de l'homme ?  Il était probablement un être entier, bon-vivant, pro-français et anti-bourguignon bien qu'il fut parmi ceux qui rencontrèrent le peintre brugeois Jan Van Eyck. En 1432, il sera condamné à un bannissement temporaire pour motif de la vie dissolue qu'il mène. Marié, on lui connaît, en effet, une maîtresse, une certaine Laurence Polette. On a donné à Robert Campin, le titre de "Maître de Flémalle", nom donné à un peintre des Pays-Bas du Sud qu'on lui a assimilé. Il sera un précurseur de la peinture de la Renaissance Flamande avec la représentation de personnages réalistes et non plus symboliques. Robert Campin est mort en 1444.

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16 oct.
2009

08:00

Tournai : expressions tournaisiennes (40)

Edmeond i-est rintré forbu (fourbu) des cours du soir.  "Mo bé, te m'as l'air tout patraque (tu n'as pas l'air dans ton assiette), on direot que te n'tiens pos su tes guiles (on dirait que tu ne tiens pas sur tes jambes)" li dit Fifinne. "On apprind des cosses (choses) bin difficiles et j'ai bin du mal à les ortenir (retenir)". "Allez prinds eine cayère (chaise) et dis me ce qu't'as appris". " Te sais, I-est raplati comme eine coucoubaque (crêpe) se dit : il est anéanti par suite d'infortune ou acore l'ceu qui randoule (manie, manipule, palpe) à l'graisse i-a toudis des deogts cras (les doigts gras) cha veut dire : on retire toujours un profit d'une affaire dont on s'occupe"."Te vas apprinte (apprendre) à mette les preones dins les quertins (mettre les prunes dans les paniers signifie parler avec emphase), te vas parler comme les grandes madames".

"Pindant que t'écouteos tout ces cacoules (mensonges, carabistouilles), mi j'ai fait m'nettiache (nettoyage), t'areos vu les arnitoiles (toiles d'araignée) que j'ai ortirées (retirées). In octobre, les arannes (ariagnées), ces sales biêtes (bêtes), rintrent dins les maseons (maisons) pou l'hiver". "Falleot les laicher (laisser), dins deux semaines ch'est Halloween". N'viens pos m'foute, acore eine feos, l'barbe avec cha (ne viens pas m'ennuyer avec çà), te sais bin qu'dins no famile (famille) on n'a jamais fait ceulle fiête (cette fête), tout cha, cha vint d'Amérique, cha n'a rin à vir ave no folklore, ch'est du commerce. Passe acore qu'on met dins les gardins (dans les jardins) ein potireon ave eine candelle au mitan (milieu) pou faire eine grosse tiête (tête), mais les diapes (diables), les Marie Galousse (sorcières) et les aronnes (autre mot pour araignées) ch'est fait pou faire peur aux infants (enfants) après i-braittent (pleurent) pindant l'nuit et l'mopère et l'mamère (le père et la mère) i-s'demindent acore pourquoi. Tous les meos (mois), i-féaut trouvé eine séquoi (quelque chose) pou que les gins acatent (achètent), inter (entre) l'rintrée des classes et l'Saint Nicolas, ch'éteot tell'mint mort qu'on, a importé l'fiête des meonstres. L' Toussaint ch'est pou s'ramintuver (remémorer) les ceusses qui seont morts, ch'est fait pou aller mette eine potée d'chrysanthèmes à Mulette (cimetière du Sud à Tournai) ou à Navieau (cimetière du Nord, navieau signifiant navet)". "Ahais, ch'est bin vrai, asteur après l'lindi perdu, on fiête aussi l'nouvel-an chinois, béteôt après l'carême, on va qu'mincher (commenser) l'Ramadan. No prof i-direot : "c'est celà le brassage culturel". "Pourquoi, ch'est ein buveu (buveur) t'prof ?". Je n'tai po parlé d'brassin (le mélange pour la bière) mais d'brassage, a m'mote, Fifinne, (à mon idée, selon moi Fifinne) que t'as aussi des arnitoiles dins tes orelles (oreilles) !". "J't'ai d'jà dis que quand la hotte de l'cuisine elle va j'n'intinds pos et quand te m'parles français pou mi ch'est du chinois"!. Ov'là commint les soirées elles se passent chez nos deux amisses (amis), on parle d'tout et d'rin.

(S.T. octobre 2009)

08:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, patois, picard |

15 oct.
2009

06:00

Tournai : Rogier de le Pasture, un Tournaisien connu

A Tournai, sa ville natale, on a donné son nom à une placette située entre la rue Dorée et la rue des Maux, une pierre gravée sur laquelle on peut (difficilement) lire "Ici naquit en 1399 le peintre Rogier de la Pasture - don de la Fondation Jules Destrée" a été apposée sur un immeuble du haut de la rue Roc Saint Nicaise et un ensemble monumental, restauré voici quelques années, représentant un peintre dessinant une Vierge à l'Enfant a été érigé au pied de la cathédrale, sur le Vieux Marchés aux Poteries (on peut le découvrir à la fin de la série de photos placées à droite de ce blog). Connu par les amateurs d'arts du monde entier, Rogier van der Weyden est né à Tournai sous le nom de Rogier de le Pasture.

Si la plaque semble dater avec précision sa naissance en l'année 1399, il faut bien avouer qu'on est pas certain de l'exactitude de celle-ci. Il existerait, en effet, deux pièces d'archives, l'une datée de la fin de l'année 1435, le disant âgé de 35 ans ce qui signifierait qu'il est né en 1400, une autre pièce de 1441 lui donne l'âge de 43 ans ce qui ferait remonter sa naissance en 1398. Le dictionnalire Larousse a tranché et a fixé sa naissance en l'an 1400. On n'a très peu de renseignements en ce qui concerne sa jeunesse tout au plus sait-on qu'il se marie en 1426, année où il fait son entrée dans l'atelier du peintre Robert Campin, un Français d'origine établi à Tournai dont nous aurons l'occasion de reparler. En 1432, après 6 années d'apprentissage, il obtient sa maîtrise dans la Guilde de Tournai. Nanti de celle-ci, il quitte la ville des cinq clochers et s'installe, en 1435, à Bruxelles. Il y flamandisera son nom devenant ainsi "Roger van der Weyden". peintre officiel de la cité de Bruxelles. Il y travailla pour la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, grand mécène des artistes, dont il fera de nombreux portraits.

Si lors de ses débuts, on ressent dans ses tableaux l'influence de Robert Campin (dit le Maître de Flémalle), il va rapidement évoluer vers un style plus personnel apportant réalisme et émotion dans l'expression de ses personnages, subissant en cela la probable influence du peintre brugeois, un des fondateurs de l'école flamande, Jan Van Eyck (1390-1441). Il est parmi les premiers à exploiter un produit nouveau, la peinture à l'huile. Un de ses premiers tableaux bénéficiant de cette technique est sa "Descente de croix" datée de 1435. Le tableau représente une figure centrale, le corps du Christ entouré de Marie et d'autres personnages qui semblent assister sereinement à ce moment douloureux. Ce tableau fait partie de la collection du Musée du Prado à Madrid. Une seconde "Descente de croix" sera réalisée par l'artiste quelques années plus tard et se trouve à l'église Saint Pierre à Louvain. On lui doit aussi le "Saint Luc peignant la Vierge", détenu par le Musée de Boston, oeuvre qui inspira celui qui confectionna la statue de Tournai. Une commande de Nicolas Rolin pour les Hospices de Beaune sera à l'origine d'une oeuvre remarquable, un polyptyque de 15 panneauxde 2m50 de haut et de près de 5m50 de long, intitulé "Jugement dernier".

Ses oeuvres sont réparties dans le monde entier, on peut ainsi trouver deux "Mise au tombeau", l'une conservée au Musée des Offices de Florence, l'autre à la National Gallery de Londres, une "Vierge et saints" à découvrir au Städel de Francfort et un "Portrait de Philippe le Bon", un des tableaux que la Belgique s'enorgueillit de posséder au Musée Royal des Beaux Arts d'Anvers. Un autre portrait celui de "Charles le Téméraire" qu'on découvre portant l'Ordre de la Toison d'Or se trouve aux Musées Royaux des Beaux Arts de Bruxelles. Signalons encore "une Grande Crucifixion" à l'Escurial de Madrid et une "Annonciation" à l'ancienne pinacothèque de Münich. Vers 1450, Rogier van der Weyden fait un voyage à Florence où il se forme aux nouvelles techniques des peintres italiens. Il y sera accueilli par la famille d'Este et y réalisera le "Portrait de Francesco d'Este" (peinture de petit format de 30cm sur 20) détenu par le Metropolitan Museum of Arts de new York. Roger van der Weyden (de le Pasture), reconnu comme un des plus grands peintres flamands de la Renaissance, est mort à Bruxelles en 1464. La ville de Louvain lui rend actuellement hommage.

06:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rogier de le pasture, rogier van der weyden, tournai |