30 sept.
2009

07:30

Tournai : l'année 2004 sous la loupe (3)

L'année 2004 sera marquée par de nombreux évènements sur le plan social. Le jeudi 12 février, les Ateliers Louis Carton (ALC) déposent le bilan, 85 ouvriers et 25 employés sont concernés par cet aveu de faillite. Les ALC vendaient leur produits dans la "zone dollars", ils ont souffert ces deux dernières années d'une monnaie européenne forte freinant les exportations. L'entreprise tournaisienne existait depuis le 23 octobre 1874 lorsque Louis Carton avait acheté un terrain à la chaussée d'Antoing et y avait installé un petit atelier de métallurgie. Elle avait occupé jusqu'à 400 ouvriers en 1913. Le vendredi 24 juin, c'est l'imprimerie Campin (ex-imprimerie Desclée), implantée à la rue Barthélémy Frison qui fait aveu de faillite. 35 personnes (28 ouvriers et 7 employés) perdent leur emploi. L'entreprise était active dans le secteur de l'édition du livre (BD, romans, livres scolaires...) mais aussi dans celui des affiches publicitaires. Ses clients se répartissaient entre la France et la Belgique. Vieille maison tournaisienne, la firme Lotigier, spécialisée tout d'abord dans les déménagements nationaux et internationaux et ensuite dans le transport est en faillite, l'annonce est faite au personnel, le jeudi 29 juillet. 15 chauffeurs et 4 employés se retrouvent au chômage. L'entreprise située rue de la Prévoyance, derrière la Plaine des Manoeuvres, existait depuis 1920 et était réputée pour son sérieux tant au niveau local que national ou international. .Autre maison d'édition à connaître des difficultés que chacun espère passagères, la Renaissance du Livre obtient le concordat judiciaire, le mardi 21 septembre, en manque de liquidités, la maison d'édition tournaisienne spécialisée dans le livre luxueux attend un repreneur et dispose désormais d'un délai de six mois pour payer ses fournisseurs. 

En cette année 2004 s'ouvre à Arlon le procès qu'on qualifie "du siècle", celui de Marc Dutroux. Pour la première fois depuis sa libération de la cache de Marcinelle, Sabine Dardenne va se retrouver devant son bourreau. Passée de l'enfance à l'âge adulte, la jeune tournaisienne supportera, sans faillir, le regard de l'odieux personnage et racontera courageusement, par le détail, à la Cour et aux jurés, le calvaire qu'elle avait subi. En cette même année, dans un besoin de se reconstruire et d'exorciser définitivement cette période noire de sa vie, elle décrira ce sordide fait divers dans un livre intitulé "J'avais 12 ans, j'ai pris mon vélo et je suis partie à l'école...".

Pour se changer les idées, oublier la morosité ambiante et l'actualité souvent bien sombre, les Tournaisiens ont toujours la culture et les nombreuses occasions de se distraire. Comme celles qui l'ont précédée, l'année 2004 aura ses points d'orgue au niveau culturel : la Piste aux Espoirs, le festival international de cirque amateur en mars, le Festival du Clown et de la Magie, en mai, les Quatre Cortèges organisés par les Amis de Tournai en juin, la Procession Historique, le deuxième dimanche de septembre, le Festival international de Folklore à la fin du mois de septembre, le Festival international des Imitateurs en novembre, le concert viennois en décembre ... Nous passerons en revue ces évènements culturels dans le prochain article.

29 sept.
2009

05:45

Tournai : l'année 2004 sous la loupe (2)

En ce milieu d'année 2004, une première phase importante des travaux de restauration de la cathédrale Notre-Dame se termine, la stabilisation de la tour Brunin et de l'abside du bras nord du transept vient d'être réalisée. Afin de mieux comprendre l'importance de ce chantier de génie civil, nous avons préféré présenter le sujet en une seule fois, à la fin des travaux, au lieu de le saucissonner sur les quatre années que nous venons d'évoquer. Au cours de l'année 2000, on avait constaté que la tour Brunin penchait de plus en plus, le mouvement semblait même s'intensifier et des mesures prises confirmèrent les craintes. Un hors-plomb de 72 cm entre la base et le sommet de la tour Brunin était même visible à l'oeil nu, surtout par les personnes remontant la rue de l'Hôpital Notre-Dame. En s'inclinant, la tour Brunin mettait également en danger l'existence de la voûte de l'abside du transept nord. Une grande fissure pouvait d'ailleurs être observée depuis le sol par tous les visiteurs du transept sur la partie gauche de l'arc. Il devenait donc urgent de stabiliser l'ensemble. Le travail n'était pas des plus faciles, l'ensemble de la charge des murs représentait environ 10.000 tonnes qui fallait, pour le bien, arrimer dans le banc de calcaire sain situé quelques mètres en dessous des fondations. Des archéologues avaient pu, en effet, démontrer que le plan de la cathédrale construite au XIIe siècle avait été de nombreuses fois remanié et que le projet de deux tours en façade qui était courant à cette époque avait été abandonné, en cours de construction, pour faire place aux quatre tours entourant la tour centrale, appelée, tour lanterne, aux extrémités du transept (pour les profanes, signalons que cette zone est située entre la nef et le choeur). Le chantier étant probablement fort avançé, les cinq tours ne reçurent certainement pas les fondations qui s'imposaient pour un tel ensemble et reposèrent en partie sur du remblais ou des fondations d'édifices qui avaient précédé la cathédrale.

En préparation des travaux à effectuer, on a d'abord relié la tour Brunin à la tour Saint-Jean, située elle aussi du côté de la Place Paul Emile Janson et à la tour de la Treille située côté de la place de l'Evêché par d'impressionnantes poutres métalliques, les tirants, formant carcans et solidarisant l'ensemble. En même temps, la vieille dame bien malade fut mise sous monitoring, chacun de ses mouvements étaient observés par informatique. Tout cela avait pour but de préparer la phase la plus importante des travaux de sécurisation, l'utilisation de la technique dite du "jet growting", c'est-à-dire la création de plusieurs dizaines de colonnes de coulis de ciment et de chaux injectées sous très haute pression et mises ensuite en précontraintes pour éviter d'ultérieurs tassements. Le permis d'urbanisme a été délivré le 8 mai 2003 et les travaux ont débuté le 19 mai. Ils ont duré 220 jours ouvrables et ont nécessité des modifications de l'environnement par le démontage du grand escalier menant à la porte Mantille. Les travaux ont été terminés pour les congés payés de 2004. On avait également pris la précaution de soutenir l'arc de la voûte nord par une construction métallique fait de grosses poutres l'empêchntt de se tasser et de s'effondrer. Cette construction resterait en place après la fin du chantier.

05:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cathedrale notre-dame, tour brunin, stabilisation |

28 sept.
2009

06:00

Tournai : l'année 2004 sous la loupe (1)

Au niveau météorologique, l'année 2004 fut beaucoup plus calme que la précédente, si on excepte une sévère offensive hivernale, durant les premiers jours de janvier, marquée par des chutes de neige, du verglas et ...de nombreux accidents de la circulation. La rubrique des faits divers, par contre, est, hélas, une matière qui donne quotidiennement du travail aux journalistes. Le 12 janvier 2004, un home-jacking est perpétré dans une habitation située à proximité du parc communal. Profitant de la nuit, des individus pénètrent dans une maison et contraignent le propriétaire des lieux à leur remettre les clés de son véhicule. Celui-ci sera impliqué le lendemain dans un hold-up à Bondues, dans le Nord de la France. On pensait avoir perdu la trace des malfrats lorsque, le lundi 5 juillet, des bandits sévissant tant en Belgique qu'en France sont repérés et arrêtés par les forces d'intervention spéciales dans un hôtel bruxellois. Parmi de nombreux autres faits, trois hommes âgés de 20 à 30 ans reconnaissent être les auteurs du home-jacking de la mi-janvier dans la cité des cinq clochers.

Le jeudi 8 juillet, un braqueur solitaire commet un hold-up dans un commerce d'Orcq. Encagoulé, armé et ... d'une extrême politesse, il se fait remettre le contenu de la caisse et sort en s'excusant presque auprès du commerçant. Déjà le jeudi 10 juin, il avait commis pareil fait dans une boulangerie de la rue Saint-Eleuthère à Tournai et le 1er juillet dans une librairie de la rue Saint-Jacques. Comme cela se passait souvent le jeudi, la presse locale titrait le "braqueur du jeudi a encore frappé". Le samedi 10 juillet, deux jours à peine après le vol commis à Orcq, c'est à une boulangerie de Blandain qu'il rend visite sous le même mode opératoire. On est alors en droit de se poser la traditionnelle question qui vient de suite à l'esprit devant une telle succession de faits : "Que fait la police?", elle fait tout simplement son travail et arrête l'individu le lundi 12 juillet. L'enquête révèlera qu'il était également l'auteur d'un hold-up commis, durant le mois de mars, dans une mutualité située sur un des quais de l'Escaut.

Le vendredi 20 août, des faits rocambolesques se déroulent à l'ombre des cinq clochers. On les penserait extraits du scénario d'une comédie et non d'un film noir. Deux individus volent une puissante voiture sur le quai Saint-Brice. Au moment de démarrer, ils ignorent deux choses : tout d'abord que le véhicule est muni d'un système anti-vol qui va le stopper quelques instants plus tard sur le boulevard des Combattants et ensuite qu'ils ont été repérés par deux policiers se déplaçant à bord d'une petite voiture banalisée servant plus à la surveillance qu'à des poursuites. Au moment où les policiers s'approchent du véhicule immobilisé, un des malfrats parvient à sauter dans la voiture de police, à démarrer et à embarquer son complice. Une fois encore, ils n'iront pas bien loin, la voiture est retrouvée à proximité du parc communal. Le soir, sur le boulevard du roi Albert, un des deux gangsters est arrêté, son indentité révèle qu'on se trouve face à un individu bien connu de la police et de la justice belge et française, il refusera de livrer le nom de son complice qui s'est évanoui dans la nature.

Un nouveau braquage a lieu le samedi 23 octobre. Cette fois, c'est une station-service de la chaussée de Bruxelles qui en est le théâtre. Constatant que le jeune homme qui se trouvait devant elle n'avait pas d'intentions pacifiques, la jeune caissière qui vient de temps à autres aider le pompiste, s'enferme à l'arrière du bâtiment et prévient la police. Dépité et bredouille, le braqueur enfourche une bicyclette sans se rendre compte qu'il est suivi, discrètement, par le gérant de la station. Celui-ci le voit entrer dans un immeuble, pas bien loin de là. Les policiers n'auront plus qu'à l'y cueillir. L'enquête d'usage révèlera qu'il était aussi l'auteur d'un fait semblable ayant eu lieu quelques jours auparavant dans le Nord de la France.

Si ces faits prêtent à sourire, sauf pour leurs victimes qui restent parfois longtemps traumatisées, ceux qui se déroulent le vendredi 24 septembre 2004, vers 12h30, à la rue Royale, sont d'une extrême gravité. Trois individus affublés de masques de carnaval font irruption dans une agence bancaire, ils maîtrisent les quatre personnes qui s'y trouvent encore, à savoir le directeur, son épouse, un employé et un ouvrier chargé de réparations dans le bâtiment. Un passant a vu la scène et avise la police. Quatre policiers se rendent sur place et sont rapidement rejoints par d'autres collègues. Les bandits puissamment armés n'hésitent pas à faire feu sur les forces de l'ordre lors de leur tentative de fuite avec les otages, un policier a la vie sauve grâce à son GSM placé dans une poche intérieure qui amortit le projectile. Suite à la riposte, les trois preneurs d'otages sont blessés et emmenés en clinique par une ambulance. On était passé à deux doigts d'un Fort Chabrol !

Les trop nombreux accidents de la route recensés en cette année 2004 seront aussi responsables de la mort de nombreuses personnes. Le plus grave a lieu dans la soirée du samedi 6 novembre. Pour une raison qui restera à jamais indéterminée, un conducteur circule à contre-sens sur l'autoroute. A hauteur de Froyennes, il percute deux véhicules occupés par de jeunes français qui se rendent en discothèque. Outre le conducteur-fantôme, deux jeunes perdront le vie et trois autres seront très grièvement blessés. Ce fait rappelle qu'en 2003, on avait dénombré 410 conducteurs fantômes sur les autoroutes belges (235 en Flandre, 171 en Wallonie et 4 à Bruxelles). Ce genre d'incident grave se déroule en général la nuit et trouve son origine dans l'abus d'alcool, la conduite sous stupéfiants, le grand âge du chauffeur souvent source de distraction ou sont tout simplement l'apanage de personnes suicidaires. Notons une dernière information, le home Saint-Anne est apparu bien souvent dans cette rubrique, il a été le théâtre de meurtres, mais cette fois, en cette année 2004, c'est un incendie "inexplicable" qui s'y produit. N'en faisons cependant pas notre "monstre du Loch Ness", ni notre "manoir hanté"...

06:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, accidents |

25 sept.
2009

08:01

Tournai : expressions tournaisiennes (37)

Ceulle semaine, Edmeond i-n'a pos été à s'cours d'patois, i-a fait queuète (il a brossé). Fifinne, elle l'a imbarqué pou aller querre (chercher, quérir) d'z'habits chez "Attitude Show" au quai des Salines car saim'di et diminche, ch'est dins no beonne vielle (vieille) cité, les Euro-Médiévales. Oyez, oyez, beonnes gins et manants, on va ortrouver no ville comme dins l'temps ! On a d'mindé pou que tout l'meonde (tout le monde) i-a ein constume du moyen-âche.

 "Te pinses, Fifinne, que tous les gins i-veont s'habiller comme nous eautes ?".  "Bé ahais (mais oui), mêmes nos édiles i-veont participer". Ainsin (Ainsi) Mossieu l'Echevin du Commerce, i va s'mette aux portes de l'ville et orclamer (réclamer) la dime aux ceusses (à ceux) qui veul'tent intrer ave leus chars à bancs, ch'est pou faciliter vo stationnement qui va leu dire et au feond de s'tiête, i-pins'ra, deonnez, deonnez, cha va rimplir no cassette. L' conseiller écoleo Jacky Legrain i-s'ra l'maîte (maître) du moulin (le meunier) pasque pou li, l'vint chez gratuit, cha n'polue pos et cha peut rapporter greos. "I-paraît qui va canter (chanter) l'Tyrolienne in plin mitan de l'Grand'Plache" dit Edmeond. "Neon, cha va puteôt s'app'ler l'Eolienne". Marie Christine (elle a d'jà presque l'préneom), pourfindeusse (pourfendeuse) des décisieons du Consel (le conseil communal), elle s'ra Christine de Lalaing, l'feimme d'Pierre de Melun. Polo i s'ra l'chevalier blanc, l'préféré des infants, i-va rinvoyer déhors de l'ville, les ceusses qui voudreot'tent v'nir s'installer pour printe s'plache (pour prendre sa place). "I-va ête armé ?" d'minde Edmeond. "Neon, neon, i-va les galter (lapider) de mottes d'tierre (terre), in berlant (criant) Sus à Rudy, pardeon, Sus à l'ennemi,... j' m'escusse (m'excuse) m'langue, elle a fourché !". "Et no bourgémette (bourgmestre, maire) dins tout cha ?". "Li, bé ch'est normal, i-s'ra l'grand Maîte des Conseaux (bourgeois qui dirigeaient la ville au moyen-âche)". "T'écris cha commint ?". "Bé in ein meot, espèce d'biec-beos (espèce de niais), ortourne à l'école du patois". "Bé, ch'est à causse de ti que je n'vais pos, berdéloire (rouspéteuse)". Edmeond l'a plaché et i-est fin bénaisse (content).

Edmeond i-busie (pense) ahais, cha li arriffe a l'feos (cela lui arrive) : "Mo, bé on n'devr'eot pos dire des cosses parelles (choses pareilles), si jamais ch'a vint à leus orelles...". "Bé j'ai pris l'ceusses (ceux) qui intintent l'riache (la plaisanterie), pasqu'i-d'a, al feos, l'ein ou l'eaute qui s'reot in rache (fâché), comme on dit, ch'est des rintiers (rentiers) au lait battu, des grands culs, bin souvint des parvenus". Beonne file (fille), quand Fifinne veot (voit) ein fier paon, elle est débaltée (exapérée)".

Arrivés à leu maseon (maison), nos deux titis tournisiens (gavroches tournaisiens) ont ouvert les paquets. ... Edmeond i-n'sait toudis pas in quoi i-s'ra déguisé, queu (quel) costume s'feimme elle a queusi (choisi). "Tins, l'ov'là (tiens, le voilà), te s'ras in Quasimodo, ov'là l'palle (paille) pou mette dins d'deos (dos) et mi in Esmeralda comme Gina Lollobrigida".  "Bé t'orprésintes pus Margaret Tatcher que l'belle italienne bin in chair, t'areos puteôt du t'déguiser ein bourréeau (bourreau)". Et l'broulle est à nouvieau dins l'ménache (et la brouille est à nouveau dans le ménage) !

(S.T. septembre 2009)

08:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, patois, picard |

24 sept.
2009

08:15

Tournai : l'année 2003 sous la loupe (4)

Poursuivons notre rétrospective de cette année 2003. Nous sommes toujours au mois de mars. Le parvis de la gare de Tournai sert de décor au tournage d'un court métrage de 26 min. réalisé par le tournaisien Claude Codogno, intitulé "Le retour". Trois jeunes actrices françaises : Valérie Daplemont, Anne Conti et Agnès Delbarre en sont les vedettes principales, le rôle masculin est tenu par le bruxellois Gérard Gradzyck. C'est l'histoire d'une jeune marginalisée qui tente de s'extraire de son milieu et qui retrouve son père par hasard. Le lundi 10 mars, Axelle Red met le feu à la salle Jean Noté de la Maison de la Culture. La flamboyante chanteuse belge attend un heureux évènement pour le mois de juin mais n'en a pas pour autant perdu le rythme. Du 29 avril au 3 mai, la Maison de la Culture présente "Eva Peron" de Copi par l'Atelier du Jeune Théâtre National. Une farce présentant une Evita aux antipodes du rôle interprété par Madonna, un spectacle décapant, caricatural. Un mois plus tard, du 29 avril au 3 mai, le Grand Cirque d'Etat des Pays de l'Est est présent dans la ville des cinq clochers.

Le samedi 19 juillet, le Beau Vélo de Ravel fait escale à Tournai. Au départ de la Grand'Place près de 4.000 cyclistes emmenés par Adrien Joveneau et le bourgmestre Christian Massy partent pour un périple à travers les villages du Grand Tournai. A leur retour, sur le podium, Mousta Largo, William Dunker, Jean Louis Daulne, Fabian Delahaut et Herbert Léonard mettent un paraphe musical à la fin d'une (très) chaude journée. Les Tournaisiens attendaient un spectacle exceptionnel en clôture de la Fête Nationale, le 21 juillet, le concept "Symphony on Tour" s'était, en effet, emparé de la Grand'Place afin de la mettre en valeur par le biais d'éclairages et d'effets pyrotechniques soigneusement étudiés. En fait, les spectateurs qui avaient rallié le forum tournaisien ne virent que... beaucoup de fumée au travers de laquelle se devinaient de fantomatiques jeux de lumière, une grande déception assurément ! 

Le dimanche 7 septembre, une semaine avant la Grande Procession, c'est le monde religieux tournaisien qui est en fête, une foule considérable a envahi la cathédrale et la place de l'Evêché. Guy Harpigny devient le 100e évêque de Tournai, il succède à Jean Huard, décédé. Le nouveau chef du diocèse est né à Luttre en 1946 et a été le doyen principal de la région de Mons-Borinage de 1997 à 2003. Le 24 octobre, le Rouge Fort est inauguré, cette tour d'enceinte datant du XIe siècle, appelée ainsi en raison des tuiles rouges qui la couvraient, a été restaurée dans le cadre de la rénovation du site des XII Césars, elle avait été détruite lors des bombardements de 1940. Du 11 au 13 novembre, la Maison de la Culture présente "Fenêtres" de Mathurin Bolze, issu de l'Ecole de Cirque de Châlon. Dans un cube, sa maison, il vole, court, grimpe aux murs, course à l'air libre, course au vertige qui enthousiasme le public. Le 8 novembre, c'est François Pirette qui présente son nouveau spectacle "Libre et ego" sur la scène du centre culturel tournaisien. Le samedi 22 novembre, "les Vamps" sont les invitées-vedettes du Festival international des Imitateurs de Tournai, le Français Grégory Jupin de Senlis remporte le Luron d'Or 2003 devant Thierry Garçin et Arthur Joeka. Le samedi 29 novembre, les Tournaisiens de la Compagnie du Tarmac emmenés par Xavier Sourdeau sont à l'affiche du "Plus Grand Cabaret du Monde" de Patrick Sébastien. Le 30 novembre, Christophe donne son récital à la Maison de la Culture. A 60 ans, Daniel Bevilacqua vient de remonter sur scène après 27 années de silence. Les Marionnettes, Aline, Señorita, les Mots Bleus ou encore Paradis Perdu rivalisant avec de nouvelles créations ravivent la nostalgie de ses fans venus, nombreux, écouter un chanteur qui a conservé la voix de ses vingt ans. Après le traditionnel "Concert Viennois" de la mi-décembre mis sur pied par la Confrérie des Cinq Clochers en faveur de l'enfance deshéritée du Tournaisis, ce sont les groupes de rock "Hooverphonic" et "Sharko" qui sont en concert dans le cadre du festival "D'Hiver Rock" 2003 organisé le 20 décembre par la Maison de la Culture.

Une information sportive éclipse toutes les autres en cette année 2003, le BC Tournai-Estaimpuis est mis en liquidation au mois de septembre, n'ayant pas obtenu sa licence en mai et retrogradé en Division 2 nationale, le club de basket tournaisien présentait une ardoise estimée à 700.000 Euros, le Président Bouche, un français jusqu'alors inconnu dans les milieux sportifs avait succédé à Jean Pierre Fröelich, celui qui avait amené le club de la provinciale au tour final de la Division I nationale en quelques saisons seulement. Le nouveau Président n'avait pas été capable de... "boucher" le trou financier ! Cette mauvaise nouvelle pour les nombreux supporters tournaisiens clôture cette rétrospective des évènements de l'année 2003 à Tournai.

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bc tournai-estaimpuis, tournai, maison de la culture |

23 sept.
2009

08:15

Tournai : l'année 2003 sous la loupe (3)

Nous portons maintenant notre attention sur les propositions culturelles de cette année 2003 à Tournai. Comme chaque année depuis que nous avons entrepris cette série, le programme est riche et varié et permet de satisfaire les goûts d'une majorité d'amateurs de spectacles. Justement, avec son nouveau spectacle intitulé "Bain Zen", l'humoriste tournaisien Bruno Coppens entame, en ce mois de janvier 2003, une tournée régionale qui le mène au théâtre de Tourcoing, à la Maison Culturelle d'Ath, au centre Marius Staquet à Mouscron et à la Maison de la Culture de Tournai. Le mercredi 22 janvier, Arno est en concert. Le 26 janvier, Roger Hanin et Cyrielle Clair interprètent, à la MCT, "une femme parfaite". ... Du 27 janvier au 1er février, la Maison de la Culture a inscrit à son programme : "A ta folie", la première création d'Etienne Van den Belen. Animateur au centre culturel tournaisien, ce comédien, juriste de formation engagé dans une ONG en Amérique du Sud et au Burkina Faso, passionné de théâtre, aide les adolescents et adultes tournaisiens à vivre le théâtre de l'intérieur suivant le description de Françoise Lison. Seul en scène, il rend un hommage émouvant, emprunt de poésie où le rire n'est pas absent, à une grand'mère décédée. La Chapelle Musicale de Tournai est en concert le samedi 2 février. Elle a invité Romain Dhainaut, un des trois jeunes musiciens tournaisiens à avoir obtenu le 1er prix au concert Dexia. Le jeune violoncelliste a débuté à l'âge de 6 ans, après des études au Conservatoire de Tournai, sur les conseils de son professeur Christiane Diricq, il a posé sa candidature et a été admis à la réputée Chapelle musicale Reine Elisabeth à Argenteuil (Waterloo).

En février, on apprend que Mélanie Cohl, la jeune chanteuse tournaisienne qui avait représenté la Belgique à l'Eurovision, a été pressentie pour interpréter avec Frédérica Sorel, la comédie musicale, "Les Demoiselles de Rochefort" produite par Gérard Louvin. A cette occasion, elle est présente, le 2 février, sur le plateau de "Vivement Dimanche", l'émission de Michel Drucker. D'abord jouée au Palais des Congrés à Paris, le spectacle part en tournée et s'arrêtera le mardi 16 septembre au Zénith de Lille. Parmi les quelques milliers de spectateurs, on ne dénombrera malheureusement que quelques tournaisiens présents dans la métropole du Nord pour l'applaudir car beaucoup avaient fait le déplacement dans la capitale française auparavant. Décidément, nul n'est prophète en son pays!  A la mi-février, Jane Birkin chante à la Maison de la Culture, elle offre au public un récital intitulé "Arabesques", un hommage à celui qu'elle appelle "l'Homme à la tête de choux", Serge Gainsbourg. En ce début d'année, la maison tournaisenne d'édition, "La Renaissance du Livre" publie un "best of" des 33 années de poésie de Colette Nys-Mazure intitulé "Feux dans la nuit".

Le mois de mars nous ramène la Piste aux Espoirs, elle attire, une fois de plus, un très nombreux public, les 8 et 9 mars. La Piste d'Or va à d'émouvants jongleurs, Nicolas Mathis et Denis Frageton du Lido de Toulouse (F). Ils sont les grands vainqueurs de cette 16e édition. La Piste d'Argent est attribuée à Linda Hartman et Anna Nilson, une hollandaise et une suédoise, pour leur prestation remarquée au cadre aérien. Elles viennent de l'Ecole supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles et donnèrent beaucoup d'émotion au public puisque l'une d'elles chuta pendant le numéro mais reprit courageusement sa place. Les Pistes de Bronze sont remises à Catherine Girard de l'Ecole nationale de Cirque de Montréal (Canada), au cerceau aérien et à Max Havekamp, jongleur allemand venu du Circus Space de Londres (GB). En catégorie "amateurs", le spectacle proposé fut assez pauvre, les Pistes d'Or et d'Argent ne furent pas attribuées, tout au plus deux Pistes de Bronze récompensèrent-elles Vladimir Gagarine, un contorsionniste russe de l'Ecole de Tula et Vincent Bonnefoi, Stéphane Fillion et Maël Tortel, trois artistes français dans un numéro d'équilibristes, formés à l'Ecole de Cirque de Lyon. Durant le spectacle, les intermèdes furent assurés par un clown bien connu et apprécié du public tournaisien, "Elastique" (de son vrai nom Stéphane Delvaux) qui avait été un des premiers lauréats de la Piste aux Espoirs. Dans les coulisses du festival, on apprend que le duo tournaisien Okidok, formé de Xavier Bouvier et de Benoit Devos, a été récompensé au Festival international du Cirque de Demain à Paris. Les deux artistes ont obtenu le trophée Annie Fratellini, le pris Eloïse et le prix World's Fair. Ceux-ci couronnent une prestation impeccable où le rire est omniprésent. Nous ne sommes arrivés qu'à la fin du premier trimestre, nous poursuivrons donc dans le prochain article cette balade culturelle à Tournai en 2003...

08:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, maison de la culture, la piste aux espoirs, okidok |

22 sept.
2009

07:30

Tournai : l'année 2003 sous la loupe (2)

Au niveau social, l'année 2003 à Tournai sera marquée par de mauvaises nouvelles. Le mercredi 26 février, le conseil d'administration des "Textiles d'Ere" décide de déposer le bilan. C'était en janvier 1975 que cette coopérative, située à la chaussée de Douai, avait vu la jour suite à la fermeture de l'entreprise Daphica (anciennes Usines Philippart). C'était le premier et le plus réussi des exemples d'autogestion et d'autoproduction. L'entreprise occupa jusqu'à 250 travailleurs et, malgré un incendie probablement d'origine criminelle jamais élucidé en mars 1988, les ouvriers avaient repris le travail et avaient fait redémarrer l'entreprise en juin 1989. La coopérative a été la victime de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui prône la libéralisation sauvage du marché. Les dégâts provoqués par l'ultra-libéralisme ne sont donc pas nouveaux. Après Casterman et les Textiles d'Ere, c'est une entreprise renommée à Tournai qui connaît des difficultés et annonce une diminution de 25 % de son personnel (soit 120 personnes sur un total de 490), les Trois Suisses à Orcq sont en pleine restructuration. Pour la firme Tourtex située dans le zoning de Tournai-Ouest à Orcq, c'est la faillite pure et simple.

A partir du lundi 13 octobre les gardiens de la prison de Tournai sont à nouveau en grève. Une fois encore, la cause de ce coup de colère est le manque chronique d'effectifs. Les ministres se succèdent, promettent d'améliorer la situation quand ils sont confrontés à un mouvement de grève et ensuite oublient leurs promesses faites dans la précipitation. En novembre, quarante emplois sont supprimés chez Dorma Hüppe dans le zoning de Tournai-Ouest, cette entreprise appelée auparavant Planacord et Hüppe Form, est spécialisée dans la fabrication de cloisons mobiles.

L'année 2003 sera également marquée par des visites de nombreuses personnalités. Le 22 mai, les souverains norvégiens, le roi Harald et la reine Sonja accompagnés par le roi Albert II et la reine Paola sont reçus à l'Hôtel de Ville de Tournai et en la Halle-aux-Draps. Le samedi 12 juillet c'est le Président du Burundi qui effectue une visite d'Etat dans la cité des cinq clochers. Domitien Ndayizeye est heureux de retrouver une ville qu'il avait quitté vingt ans plus tôt et où il avait passé une dizaine d'année. Parrain d'un enfant d'un couple mixte Burundais-Tournaisien, il rend visite à sa filleule. Le vendredi 21 novembre, la charismatique chiffonnière du Caire, Soeur Emmanuelle, est à Tournai et rencontre, en toute simplicité, assise sur une table comme le font la plupart des jeunes, des centaines d'enfants et d'adolescents. Elle confie à la presse que ce n'est pas la première fois qu'elle vient dans la cité de Clovis, puisqu'en 1988, elle avait été reçue à la Sainte-Union à Kain. Le vendredi 5 décembre, profitant d'un séjour en Belgique, Guy Gilbert, "le curé des loubards" témoigne de sa mission à Tournai Expo devant les professeurs de l'enseignement libre, il visite également les détenus de la maison d'arrêt et officie lors de la messe en l'église Saint-Jean, le dimanche 7 décembre. A cette occasion, les patrons du café situé face à l'église furent surpris de le voir débarquer et s'installer au bar comme le ferait n'importe quel client ! Il nous restera à aborder les domaines sportifs et culturels pour être complet dans ce panorama de l'actualité de cette année 2003 à Tournai...

07:30 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, soeur emmanuelle, guy gilbert |

21 sept.
2009

06:00

Tournai : l'année 2003 sous la loupe (1)

Le moins qu'on puisse dire c'est que le nouvel-an de cette année 2003 à été bien arrosé. Durant la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 janvier, de fortes pluies s'abattent sur le Tournaisis provoquant le débordement du rieu de Barges à Willemeau et à Ere. Au zoning commercial et au centre de tri postal de Froyennes, les eaux envahissent les magasins et bâtiments. Les riverains des quais et les habitants de la rue Royale, à proximité du pont Notre-Dame, ont leurs caves inondées, il faut dire qu'en quelques heures, le niveau de l'Escaut est monté de près d'un mètre et son débit atteint 200 m3/s, ce qui interdit toute navigation sur le fleuve. Hasard de l'actualité, le même jour, la presse annonce que les années 2001 et 2002 ont été marquées par une extrême douceur avec des températures moyennes de 11° et 11°4 alors que la moyenne enregistrée depuis la dernière guerre mondiale était toujours inférieure à 10°. Durant l'année 2001, au niveau des précipitations, on avait enregistré 1.019,7 litres au m2, en 2002, 973,3 litres, la moyenne étant normalement de 804 litres. L'été 2003 sera marqué par une vague de chaleur, la température, déjà relativement élevée en juillet, dépasse les 35° durant la première décade du mois d'août provoquant de très nombreux soulèvements de chaussées notamment sur l'auroute E42 qui relie Tournai à Mons, cauchemar des automobilistes.

La rubrique des faits divers continue à apporter de nombreux reportages aux journalistes de la presse locale. Le 9 février, le bâtiment de l'ancien hôme Sainte-Anne, à la rue du Château, est une nouvelle fois le théâtre d'un meurtre. Une dispute dans un couple est à l'origine de la mort d'une dame. Le mercredi 19 mars, lors d'une ronde, des policiers remarquent la présence d'un véhicule immatriculé en France stationné sur un terrain vague de la rue de l'Arsenal. S'approchant, les représentants de l'ordre constatent que l'intérieur du véhicule est en désordre. Dans le coffre, non fermé à clé, ils découvrent le corps sans vie d'un homme enveloppé dans une couverture. Il n'en faut pas plus pour que la presse s'empare de cet évènement et titre : "Le Château, quartier maudit, dix morts violentes en 10 ans". L'autopsie révèlera que le propriétaire du véhicule est décédé d'overdose et qu'il a été transporté dans cet endroit désert par ceux qui lui avaient fourni la drogue, dans un immeuble situé à quelques centaines de mètres de là. Emotion le lundi 12 mai à la rue du Cygne, vers 6h30, des cambrioleurs se sont introduits dans un magasin de vêtements, ils le mettent littéralement à sac. Un voisin s'aperçoit des faits et s'empare d'une arme de poing, il tire deux coups de feu en l'air et le trosième dans un des deux véhicules appartenant aux malfrats. Surpris, les voleurs s'enfuient avec un butin estimé à environ 1.250 Euros. Le courage du voisin protégeant le commerce lui a-t-il valu des ennuis avec la justice ? La notion de légitime défense ne pouvant s'appliquer dans ce cas. Dura lex, sed lex ! Accident spectaculaire le jeudi 29 mai, vers 17h, à la rue Marvis, une puissante voiture fait une embardée et emboutit un véhicule en stationnement, De la tête, le chauffeur du véhicule défonce le pare-brise, blessé, il s'enfuit avant l'arrivée des secours. Les policiers n'auront qu'à suivre les traces de sang pour rejoindre l'auteur des faits, une personne de nationalité ukrainienne qui venait d'acheter le véhicule quelques minutes auparavant !  Le vendredi 4 septembre, quinze ans après la sanglante attaque d'un fourgon par la bande Haemers, le bureau de poste de la rue Saint-Eleuthère est à nouveau victime d'une tentative de hold-up. Vers 8h45, trois individus encagoulés et armés de mitraillettes (réelles ou factices) pénétrent dans le bâtiment. Le personnel parvient à s'enfuir par une porte située à l'arrière de l'immeuble et à donner l'alarme. Prenant la fuite les trois individus vont provoquer un car-jacking et partir en direction de la frontière française avec le véhicule volé à une cliente fortement choquée.

Le fait divers le plus tragique de par son déroulement et par sa cause a lieu le samedi 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, vers 17h, sur la chaussée de Saint-Amand, deux jeunes au volant de voitures de petites cylindrées décident de faire la course, ils roulent à une vitesse estimée par des témoins à 140 km là ou elle est limitée à 50km/h. Lors d'un dépassement, le jeune chauffeur inconscient ne peut se rabattre et entre en collision frontale avec un autre véhicule conduit par une jeune femme retournant chez elle son travail terminé. Le conducteur responsable sera transporté en clinique dans un état grave, sa passagère décèdera à son arrivée aux service des soins intensifs, la conductrice de l'autre véhicule décèdera pendant la nuit. Quant à l'autre conducteur impliqué dans cette course à la mort, il s'éclipsera avant l'arrivée des secours préférant se fondre dans l'anonymat. Ce n'est là qu'un bref aperçu de faits qui se déroulèrent en cette année 2003. A Tournai comme partout ailleurs, il faut constater que la violence, sous toutes ses formes, n'est pas là de s'éteindre et c'est bien dommage !

(sources : le Courrier de l'Escaut)

06:00 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, fait divers |

19 sept.
2009

07:15

Tournai : expressions tournaisiennes (36)

Après le premier cours, Edmond a tout essayé pour emmener Fifinne avec lui, mais ce fut impossible : "Neon, neon et neon, l'patois, ch'est l'parlache de m'mopère et de m'mamère et je n'veux pos causer autermint, pos comme les grantes madames qui mettent les preones dins les quertins" (Non, non et non, le patois est la langue de mon père et de ma mère et je ne veux pas parler autrement, pas comme les grandes madames qui mettent les prunes dans les paniers à anses). Ces derniers mots signifient parler avec emphase, de façon empruntée, faire de jolies phrases en s'écoutant parler, épater la galerie par un vocabulaire recherché et prononcé en minaudant. Et Fifinne a continué : " Mi quand j'dis eine séquoi (quelque chose), j'me comprins bin et ch'est l'principal". Devant une telle affirmation, Edmond a répondu : "Ein seot (sot) qui parle tout seu (seul), i-n'deos pos ête compris pas l'z'eautes (les autres)" et ch'est ainsin (c'est ainsi) qu'i-a acore eu l'broulle dins l'ménache (la mésentente dans le ménage) ! 

Apprenant cela, le voisin d'Edmond sur le banc de l'école lui a dit " I n'feaut pos t'casser l'tiête, fais à t'mote, ein baudet qui fait à s'mote, ch'est la mitan de s'nourriture" (Il ne faut pas te tracasser, suis ton idée, un âne qui fait à sa mode, c'est la moitié de sa nourriture). Et le cours a débuté. "On va parler des jeones filles, asteur i-a bramint d'garcheons bach'lettes, dins l'temps ch'éteot puteôt des grantes béartes d'files, mais i-a toudis eu et i-ara toudis des berdéloires". (On va parler des jeunes filles, maintenant, il y a beaucoup de jeunes filles délurées, émancipées, avant, il y avait plutôt des grandes nigaudes, bonasses, mais il y a toujours eu et il y aura toujours des rouspéteuses, des radoteuses). Edmond a noté ce dernier mot "cha peut toudis servir pou Fifinne".

Quand une femme a du chagrin et que cela se voit on dira "elle aveot des yeux comme des bourlettes de l'rache qu'elle aveot brait" (la bourlette désigne une fricadelle, une boulette de hachis), cela veut donc dire : elle avait les yeux gonflés du fait qu'elle avait tant pleuré. Braire (pleurer) a donné naissance à de nombreuses expressions : "i-brait comme ein infant qui a l'boudaine déloyée" (il pleure comme un enfant qui a le ventre délié) ou " On braireot ses yeux déhors de s'tiête" (pleurer très fort à un point tel que les yeux gonflent), ou "Fais comme l'baudet, brais pour avoir du seon" (Plains toi pour être apitoyé) ou "i-a intindu eine vaque (vache) braire mais i-n'sait pos dins queulle étape (étable), (il parle de choses dont il ignore le sens) ou encore "i-brait tout s'seo" (il pleure à chaudes larmes).

Et le professeur es-lettres a continué par un dernier exemple. "Ov'là eine phrase qu'on risque d'intinte béteôt (voilà une phrase qu'on risque d'entendre prochainement, bientôt) : J'ai eine mauvaisse tousse et je n'sais pos m'in faire quitte. J'pinseos avoir attrapé l'grippe mais l'docteur i-a dit qu'ch'éteot faut qu'eine breongile. In attendant, j'ai toudis peur d'm'ingosler", (j'ai une mauvaise toux et je ne sais pas m'en débarrasser, je pensais avoir attrapé la grippe mais le docteur a dit que ce n'était qu'une bronchite, en attendant j'ai toujours peur de m'étrangler). Le cours était fini, Edmond est retourné chez lui et tout le long de la route, on pouvait l'entendre à voix basse mémoriser : berdéloire, berdéloire !...

(S.T. septembre 2009)

07:15 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

17 sept.
2009

05:45

Tournai : rapports entre Tournai et la France (6)

Nous terminons la détermination du caractère de ville frontière de Tournai et de son évolution depuis l'étude de 1989 réalisée par le Professeur Robert Sevrin, Docteur en géographie. Nous avons examiné les trois premières notions : l'enseignement, la culture, les communications. En voici quelques autres tout aussi importantes.

4. La population. Le nombre de Français venus habiter la région tournaisienne a sérieusement augmenté depuis 1989. Souhaitant échapper à l'impôt sur les grosses fortunes, une arrivée importante de citoyens français aisés a provoqué un effet pervers. Habituer à prix de l'immobilier plus élevé en France, les acquéreurs de terrains ou de propriétés issus de l'Hexagone ont fait monter les prix, à un point tel que le niveau atteint par ceux-ci rend désormais parfois difficile, voir impossible l'accès à la propriété pour de jeunes couples belges obligés de se rabattre sur le logement social. La tentation est grande pour un propriétaire de la région de louer ou vendre son bien à un Français plutôt qu'à Belge. Des agences immobilières françaises l'ont bien compris en venant s'installer à Tournai. Bien que la présence de résidents français ne soit pas vue d'un mauvais oeil par les habitants du Tournaisis (il y a très peu de différence de mentalité entre les gens d'une même région), des voix s'élèvent néanmoins car ces nouveaux arrivants semblent profiter de tous les services mis en place par les commune qui les accueillent sans contribuer pleinement au budget de celles-ci. Dès les premiers jours de résidence, il y a lieu, par exemple, de faire immatriculer son véhicule en Belgique mais conserver une plaque d'immatriculation française, comme le font beaucoup de ces nouveaux habitants, permet d'éviter la taxe de circulation, de conserver une couverture d'assurance meilleur marché. Cette situation peut être à la base d'une discrimination entre les habitants d'une même entité qu'elle soit rurale ou urbaine. Paradoxalement, de nombreux belges sont partis, durant ces vingt dernières années, s'établir dans le Nord de la France, là aussi pour des raisons économiques, les bas et moyens salaires étant nettement moins imposés qu'en Belgique, un des pays européens où le travail est le plus taxé.

5. Déjà relevé lors de l'étude, le nombre des mariages mixtes n'est pas en diminution.

6. En ce qui concerne l'emploi transfrontalier, la notion telle que définie dans l'étude de 1989 a évolué, le maçon et le mineur qui partaient chaque jour en France ont presque disparu, par contre le développement du zoning de Tournai-Ouest à Orcq est devenu un des symboles des échanges entre travailleurs. Cette zone d'activités industrielles créée par l'Intercommunale Ideta est parvenue à saturation. Pour pouvoir s'étendre, les responsables doivent faire face à l'opposition des habitants de villages frontaliers tels Lamain et Hertain qui ne voient pas d'un bon oeil arriver au bout de leur jardin, une zone de nuisances en terme de bruit et de charroi de camions. Pour faire accepter le projet par les instances décisionnelles, Ideta, dont c'est le rôle, met toujours en avant, un argument de poids en cette période de chômage et de crise économique, la création et la défense de l'emploi. Intention louable pour ceux qui sont sans travail. Toutefois, on en arrive à des situations au caractère ubuesque, ce sont des comités de quartiers composés parfois de Français venus s'installer pour trouver la tranquillité en Belgique qui s'opposent à l'extension d'un zoning belge où ... travaillent un très grand nombre de leurs compatriotes, il suffit pour cela d'observer les plaques des véhicules stationnant sur les aires de parking des différentes entreprises ! La notion d'Europe a encore beaucoup de chemin à parcourir.

7. Phénomène récent que la reprise de commerces tournaisiens par des Français surtout dans l'Horéca. Beaucoup de cafés et de restaurants notamment surla Grand'Place sont gérés par des gens issus de l'Hexagone.

8. Lors d'enquêtes publiques récentes réalisées en zone frontalière dans les villages d'Esplechin ou de Lamain pour l'installation d'éoliennes, les concepteurs des projets se heurtent, désormais, non seulement aux riverains mais aussi à l'opposition des villages du Nord de la France qui bordent la frontière (Wannehain, Camphin) déclarant partager un même paysage ! Ces remarques soulèvent néanmoins des objections de la part des défenseurs de cette énergie douce, la France n'a pas été aussi regardante, pour le confort et la sécurité de ses voisins belges, lors de l'installation de la centrale nucléaire à Chooz (près de Givet) dans une enclave cernée par la Belgique.

9. Sous forme de boutade, relevons enfin que de nouveaux travailleurs français sont venus, ces dernières années, chercher de l'embauche en Belgique, parfois pour relancer leur carrière ou se faire connaître, ce sont les joueurs de football. Ils composent une large partie du noyau du F.C. Tournai, club évoluant en deuxième division nationale, ils ont remplacé les "Flandriens" qui évoluaient au sein des clubs de l'Union et du Racing de Tournai avant la fusion de 2002, devenus trop chers pour les finances du club !

Tournai, la Métropole Lille-Roubaix-Tourcoing, Kortrijk et Mouscron ont porté récemment sur les fonds baptismaux, "l'Euro-région". Elle devrait définitivement fédérer une région de plus d'un million d'habitants dont l'Histoire possède un tronc commun. C'est un exemple d'unification européenne telle quelle fut souhaitée, il y a plus de 50 ans, par les Pères fondateurs de l'Europe, celle-ci devra néanmoins combattre les termes "nationalisme" et "protectionnisme" qui refont surface dans les capitales européeennes en ces temps difficiles.

(S.T. septembre 2009)

05:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, ideta |