31 juil.
2009

11:37

Tournai : expressions tournaisiennes (29)

A Tournai, on dit toudis "Grand lindi, p'tite semaine", cha veut dire que si t'as bin ouvré (travaillé) l'lindi, bé te n'fous pus rin l'restant de l'semaine. ... Pou Edmeond, l'dicteon i-a acore minti (menti), Fifinne, elle va finir pa l'faire morir (mourir). Mercredi, ch'éteot l'arrivée du Tour de Wallonie, Fifinne, elle adore vir (voir) ein coureu à véleo, Edmeond i-préfère l'fotbal. I-est tell'mint doué pou les courses qu'au meos d'mai, pindant l'Tour d'Italie, Fifinne elle crieot pas d'vint la télévisieon: "Pettachi, Petacchi" et li veyeant les coureus d'dos i-a répeondu : "je n'sais pos à qui ch'est l'pète (le derrière), t'as des drôles de questieons !". Ainsin avant-hier, pindant qu'Fifinne elle éteot à l'barrière à attinte l'course, Edmeond cacheot (cherchait) après tous les buvettes, feaut dire qu'i-a toudis l'gosier in pente (toujours soif)? Mais i-a pos qu'les gins (gens) que l'chuque (sucre) attire, i-a aussi les mouques à miel (abeilles) et Edmeond i-a été piqué, in plein mitan de s'main (juste au milieu de la main). "T'as qu'à rester ichi, après tout, on n's'ra pos assez d'deux pou essayer d'attraper les balleons (bonbons) de l'caravane publicitaire" qu'elle a ronchonné Fifinne. ... L'lind'main, on les ortrouveot (retrouvait) à l'rue Saint Martin, au bureau d' Mossieu Vandecauter, à l'Gestieon Centre Ville, pou acater leu plaches (acheter leurs places) pou l'Tournai Tempo Festival de sam'di et diminche. Là aussi Edmeond et Fifinne i-n'ont pos les mêmes goûts. Ma préférince à mi (ma préférence à moi) qui dit Edmeond ch'est Julien Clerc, quand i l'intint su Vivacité, i-cante à tue-tiête "Laissons, laissons intrer l'solel" et Fifine a chaque queop (à chaque coup, à chaque fois) elle li dit : " bé quand i-en a te serres les battantes (volets)", i-a même adapté eine de ses cancheonnes in tournisien, la Californie est dev'nue "l'Wallifornie", in hommache à Mossieu Demotte qui a cangé l'neom du Hainaut Occidental in Wallonie Picarde. Pou Fifine i-n'a qu'Patrick Bruel. Et diminche, elle va acore berler "Patriiiiiiick" tout au leon du concert et Edmeond i-va acore li dire ; "T'as fini nous ingosler ainsin" (tu as fini de crier si fort). ... L'année passée, i-aveot'tent été vir Jennifer et Callogero, Edmeond i-éteot in admiratieon pas d'vant l'petite canteuse française, i-beffielleot de bénaiss'té in l'acoutant canté (il bavait de bonheur en l'écoutant chanter), cha n'feseot pos plaisi à Fifine, elle est rimplie d'jalous'rie (elle est très jalouse) mais l'diminche, ch'éteot elle qu'i-éteot in foufiête ave Callogero (elle était dans tous ses états pour Callogero). ... L'Tournai Tempo Festival, ch'est l' pus bieau momint d' l'année pou ces deux tournisiens et i-l'attintent pindant douze meos (mois). Si vous voulez les vir in pus de Vincent Venet, d'Julien Clerc ou d'Patrick Bruel et d'jeones canteus (de jeunes chanteurs), bé i-acore des plaches au pied du podium, rindez-vous su l'Plaine, à l'avenue des Frères Rimbaud, d'main à dix-siept heures pou l'ouverture des portes.... "Coeur de Rocker" "Qui a le droit", j'pinse qu'on va... s'casser la voix.

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30 juil.
2009

14:05

Tournai : l'année 2000 sous la loupe (3)

Après cette longue série de "Faits Divers" tragiques, il est temps de prendre une bouffée de fraîcheur en parcourant les diverses activités culturelles proposées durant l'année 2000.

"La Piste aux Espoirs", le traditionnel festival de cirque amateur en est à sa treizième édition. Il se déroule les 3, 4 et 5 mars, sous chapiteau sur la Plaine des Manoeuvres. Dans la catégorie "Espoirs", c'est le duo "Flash" composé d'Efrem Bitkine et d'Eugeny Dashlousky, de l'Ecole de Cirque ukrainienne qui remporte la Piste d'Or en présentant un numéro d'acrobatie clownesque. La Piste d'Argent revient aux jeunes artistes canadiens issus de l'Ecole de Cirque de Montréal, Mark Picklo et Laura Smith qui réalisent un spectaculaire numéro au cadre aérien. La Piste de Bronze est décernée à une autre jeune canadienne, Geneviève Lemay, dans un numéro, tout en grâce, aux anneaux aériens. Dans la catégorie "Amateurs", le Lido de Toulouse (France) représenté par Thibaut et Benjamin, "Benji Tibo", remporte la Piste d'Or pour un numéro de jonglerie. La Piste d'Argent n'est pas attribuée par contre deux Pistes de Bronze reviennent, l'une à Pierre Marchand, de l'Ecole de Cirque parisienne d'Annie Fratellini pour un numéro de jonglerie avec diabolo et à Anne Wiessbeker de la Graine de Cirque de Strasbourg, au trapèze fixe. Hors Concours, la "Compagnie du Tarmac" de Xavier Sourdeau qui assure les intermèdes entre les numéros, remporte elle aussi un triomphe de la part du public qui a, une nouvelle fois, rempli le chapiteau au cours des trois soirées.

Si la Piste aux Espoirs reste un moment phare de l'année, le public tournaisien fut convié à de très nombreux autres rendez-vous. Le 12 janvier 2000, la Maison de la Culture de Tournai accueille le chantre de la tendresse, Yves Duteil. Une semaine plus tard, les 18 et 19 janvier, le centre culturel tournaisien propose une pièce sur un texte original de Paul Willems, interprétée par Pascale Vyvere et Benoit Dorslaer, "Les miroirs d'Ostende" ou l'histoire d'un couple baroque qui vit, muré, à Ostende suite à la guerre. Le 3 février, la chanteuse française atypique, Juliette, se produit sur cette même scène avant de la céder, deux jours plus tard, à Raymond Devos, de retour à Tournai. Le 21 février, "Mon monde à moi" est le nouveau spectacle mis en scène par Michel Boujenah. Le second mois de l'année se terminera par le retour dans sa ville natale du violoncelliste David Cohen pour un concert en compagnie de la Beethoven Academy sous la direction de Daniel Gazan.

Le 14 mars, à l'invitation de Télé Service Ecout'Accueil, l'humaniste Albert Jacquard participe à une conférence-débat sur l'avenir des relations humaines. "Regarder les hommes comme des sources et jamais comme des obstacles" une théorie qui devrait, selon lui, préparer la terre pour une humanité riche de 9 milliards d'habitants au cours du siècle qui débute. Quelques jours plus tard, le Gouverneur de la Banque Nationale de Belgique, Guy Quaden, vient délivrer son message par lequel il fait part de son optimisme quant à l'avenir économique grâce à l'Euro, considéré, par lui, comme le régulateur des relations commerciales. En ce mois de mars, Tournai, une ville qui a compté des dizaines de brasseries, a enfin son "Salon de la Bière" organisé par l'ASBL Centre-Ville. Dans le cadre de celui-ci, on redécouvre une attraction qui eut un grand succès durant les années soixante, une "course de garçons de café", vingt-quatre hommes issus de cette profession se mesurèrent dans un exercice ou l'équilibre est omni-présent. Pour terminer ce premier trimestre, la danse contemporaine sera également à l'honneur, le 14 mars, en la Maison de la Culture, avec Incandescencia dans une version nouvelle du "Sacre du printemps" d'Igor Stravinsky et le mercredi 29 mars, le toujours populaire Pierre Perret est présent pour son tour de chant, rendez-vous très attendu par le public mais qui aurait pu être annulé car le fantaisiste français avait été victime d'un accident de la route en venant dans la cité aux cinq clochers. En première partie, le public avait apprécié Jofroy accompagné au violoncelle par Katty Adam et au piano par Line Adam. ... Dans un prochain article nous verrons la suite de cette année culturelle et nous parlerons également de l'actualité sportive...

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28 juil.
2009

09:16

Tournai : l'année 2000 sous la loupe (2)

Dans notre survol de l'actualité tournaisienne des années séparant le 1er janvier 1950 du 31 décembre 1999, nous avons constaté l'apparition d'une rubrique qui n'a cessé d'enfler au fil de temps, celle des "Faits divers". La violence était-elle absente au lendemain de la seconde guerre mondiale ? Certainement pas. Si l'heure était à la reconstruction, elle était aussi à l'épuration, on assista à une chasse aux personnes ayant collaboré avec le régime nazi, à des procès retentissants suivis par une foule décidée d'assouvir sa vengeance à l'égard de ceux qui l'avaient tant fait souffrir durant cinq longues années, à des condamnations et à des exécutions. La Société savourait sa victoire sur la barbarie et tentait d'en effacer les dernières traces. Ensuite le calme revint, mais la violence allait prendre peu à peu d'autres formes, les cambriolages d'avant se transformèrent en braquages, en vols à main armée, en prises d'otages, divers moyens illicites utilisés pour obtenir le seul but convoité : l'argent d'autrui, l'argent facile.

L'augmentation de la circulation automobile allait engendrer une autre forme de violence, à l'origine de blessés graves, de personnes parfois handicapées pour le restant de leur vie ou de morts résultant toujours d'imprudences, de conduites dangereuses sous influence, d'attitudes au volant qui n'ont pas le respect de la vie d'autrui. La généralisation de l'ouverture des dancings s'étalant sur l'entièreté du week-end liée à l'émergence d'un juteux trafic, au sein de ceux-ci, de drogues dures ou de synthèse allaient précipiter la jeunesse dans les bras de la "grande faucheuse". L'oisiveté découlant de la crise économique qui succéda aux "golden sixties" sera à la base de phénomènes nouveaux comme les agressions de personnes dans le but de les voler, faits allant jusqu'au meurtres et aux assassinats.

On pourrait aussi évoquer la déferlante d'érotisme et de pornographie très probablement à l'origine de viols ou d'agressions à caractère sexuel. Bref, la presse relayait, chaque jour, une longue liste de victimes de la brutalité, de la violence ou de l'inconscience, phénomène d'une telle ampleur que les tribunaux furent bientôt débordés. On avait l'impression que la célèbre phrase qui vit le jour, sur les barricades parisiennes ou dans les couloirs de la Sorbonne au mois de mai 1968, "il est interdit d'interdire", prenait tout son sens, de façon totalement négative, au fils des années. Le passage au 21e siècle et au troisième millénaire n'effacerait pas, d'un coup de baguette magique, cette évolution qui plongeait depuis longtemps de nombreuses familles dans la souffrance et le deuil.

L'année 2000 fut marquée par toutes les formes de violence. Ainsi, alors que le Tribunal de Commerce de Tournai se penchait sur le sort de l'entreprise New-Unisac, péniblement reconstruite sur les cendres (au propre comme au figuré) de la défunte Unisac, le jeudi 27 janvier 2000, un nouvel incendie éclatait dans les locaux de l'usine de l'Avenue de Maire. Trois ouvriers furent intoxiqués en voulant secourir un collègue qui travaillait dans le local où avait pris naissance le foyer, quelques temps auparavant les enquêtes venaient de déterminer que les sinistres précédents avaient pour origine une fraude à l'assurance. Ainsi également, durant la nuit de 28 au 29 janvier, vers 1h00, un conducteur français qui se dirigeait vers la frontière quitta sa trajectoire et faucha plusieurs jeunes qui se rendaient au dancing "la Pergola" à Willemeau, tuant une personne, en blessant gravement deux et en faisant trois blessés légers. La gendarmerie arrivera juste à temps pour calmer les esprits et éviter le lynchage par la foule des noctambules de l'automobiliste responsable de ce carnage. Ainsi encore, l'attaque d'un magasin de vêtements de la rue des Chapeliers perpétrée au moyen d'une voiture-bélier, le samedi 18 mars vers 5h00 du matin. Les voleurs s'emparèrent du stock de costumes et emportèrent même un tronc de mannequin dont il n'étaient pas parvenus à enlever la veste et la chemise. Le préjudice fut extrêmement important et la voiture qui avait servi à ce cambriolage fut retrouvée, au petit matin, incendiée à Orcq. Ainsi toujours, ce fait tragique qui eut pour théâtre le Boulevard du Roi Albert où un jeune couple sortant d'un restaurant fut fauché par un chauffard, probablement en état d'ivresse, qui prit lâchement la fuite. Les enquêteurs se mirent alors à rechercher le véhicule pendant des mois et parvinrent à le retrouver, le 2 août, caché dans un hangar, à deux kilomètres à peine du lieu du drame. Même lors du carnaval, la violence fut présente. Lors de la "Nuit des intrigues", trois jeunes qui regagnaient leur domicile furent attaqués par sept malfrats circulant à bord d'un véhicule immatriculé en France, à la hauteur du complexe cinématographique de la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Si l'un d'eux parvint à s'enfuir et à prévenir les secours, les deux autres furent roués de coups et aspergés de gaz lacrymogène. Cette bande de voyoux avait déjà été repérée quelques heures auparavant en ville, violence gratuite de désoeuvrés en manque d'occupations.

On enregistrera encore, la découverte, le lundi 29 mai, du corps d'une jeune étudiante infirmière dans l'appartement qu'elle occupait à l'angle de la rue Sainte Croix et du quai des Salines et l'arrestation de son assassin, un homme résidant à l'institut de défense sociale"les Marronniers", en sortie autorisée, un fait qui relancera une nouvelle fois le débat sur cette pratique. Le suicide d'un homme, le mardi 6 juin, dans le quartier du Vert Bocage et la présence auprès du corps d'un message signalant que son véhicule stationné face à l'habitation était piégé, provoquant l'évacuation du quartier jusqu'au moment où les démineurs purent constater que le système pourtant ingénieux était loin d'être opérationnel. Un nouvel assassinat d'une jeune fille de 16 ans dans un appartement du Luchet d'Antoing, le mardi 6 juin, dont l'auteur est arrêté 24h plus tard. La mort accidentelle, le 5 octobre sur la place de Froidmont, de l'ancien coureur cycliste professionnel de l'équipe Histor Sigma, Pierre Dewailly. L'incendie qui détruit totalement le café-dancing "l'Indigo" à la rue Saint Martin en octobre. Le dramatique accident du samedi 4 novembre vers 6h20, qui coûte la vie à deux jeunes francais, un garçon et une fille d'une vingtaine d'années, descendant probablement à grande vitesse la rue de l'Hôpital Notre-Dame et n'ayant pas aperçu que le pont Notre-Dame était levé pour le passage d'une péniche, plongeant dans l'Escaut avec leur véhicule et périssant noyés.

Tous ces faits firent que le nouveau siècle commençait vraiment mal. Pouvait-on un seul instant imaginer que le fait de passer d'un millénaire à un autre assagisse d'un coup de baguette magique une humanité de plus en plus plongée dans la violence, il fallait être idéaliste ou totalement fou pour oser le penser.

09:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, violence |

24 juil.
2009

17:48

Tournai : expressions tournaisiennes (28)

Lindi (lundi), l'velle (la veille) de l'fiête nationale, Edouard et Léocadie, les visins (voisins) d'Edmeond et Fifinne, i-seont v'nus à l'soirée (sont venus passer la soirée). Edmeond i-éteot tout fier d'moutrer (fier de montrer) s'gardin à légueimes (son jardin potager) à s'n'amisse (à son ami). "Bé, in orvenant (revenant) d'la mer, j'ai eu bin des russes (j'ai eu beaucoup de mal) pou mi l'avoir prope (pour moi l'avoir propre), l'tierre (terre) éteot si sèque (sèche) que j'ai passé tout l'après-deîner (l'après-midi) à déwaroquer (briser les mottes) et à sarquéler (sarcler). J'ai ouvré (travaillé) ave m'râtieau (rateau) jusqu'à nulle heure (tard) et asteur (mainteant) i-va béteôt (bientôt) ete temps d'orsaquer (de retirer) les penn'tierres (pommes de terre). In puque (de plus), les salates i-meontent (les salades montent) ave l'caleur (chaleur) et j'deos (dois) acore praliner les porieons (tremper les poireaux dans un engrais... naturel !) avant d' les orpiquer (repiquer), j'ai toudis l'esquite (j'ai toujours peur) de vir l'vier s'mette d'dins (de voir le ver se mettre dedans), l'récolte est foutue et te peux tout ruer in véo (jeter le poubelle).

Fifinne et Léocadie seont restées dins l'cour vitrée (dans la véranda). "Mo Dieu, bé te n'sais pos, l'infant d'nos visin, i-a été malate, ein matin, s'mamère (sa mère), elle l'a ortrouvé (retrouvé) dins s'lit, i-aveot les fièfes (il avait de la fièvre), i-guerzilloneot (tremblait) et quand i-parleot i-aveot des grayeons (il était enroué). Li qui d'habitute i-est si jeuette (espiègle, qui aime s'amuser), i-n'pouveot pos mal d'ormuer (de remuer). S'mamère elle a appelé l'docteur, elle pinseot qui aveot attrapé l'grippe du pourchéau (porc). Hureus'mint (heureusement) ch'éteot fauque eine angile (c'était seulement une angine). Paufe feimme (pauvre femme), elle aveot eu les flinques (la pauvre femme avait eu peur).

Edouard qui rintreot justemint du gardin (qui revenait du jardin) i-aveot intindu l'conversatieon et i-a fallu qu'i-mette s'grain d'sel : "Je n'te l'ai pos dit, Léocadie, no facteur i-est arrêté de s'n'ouvrache (notre facteur est en arrêt de travail), i paraît qu'i-a fait eine... "conclusieon intestinale" " Léocadie bondit : "mais infin Edouard, on dit eine occlusieon intestinale, comme toudis t'as acore intindu eine vaque braire (vache pleure) mais te n'as rin ortenu (retenu). Ch'est l'greos boyeau bouché". "Ahais, mais l'malhureux (le malheureux) i-est à l'hôpital sins minger, d'jà qu'ch'est ein p'tit maiguerleot (maigre, chétif), toudis paleôt (toujours pâle). I fait autant d'effet qu'eine équette sur ein plat d'beos (il ne fait pas beaucoup d'effet, équette = petit morceau de bois). Et Edouard continue : "L'vieux Batisse (Jean Baptiste) li i-est rintré pou ete opéré, i paraÎt qu'i-a l'grosse datte" et Léocadie l'orprint (le reprend) à nouvieau : "L'prostate, ...i-a du mau à évacuer les liquidités, ch'est pos d'sanche (ce n'est pas de chance), i-travailleot l'caisse d'épargne et on dit qu'asteur les banques i-n'ont pus d'liquidités". "Mo, bé m'comarate (camarade) Pascal i-a du intinte parler d'li,". Si on parleot d'eaute cosse (si on changeait de sujet) que des malates (malades) ! Tout à n'ein queop (tout d'un coup, soudain), Fifinne elle orwette (regarde) Edmeond : "Te n'vas pos rintrer dins l'maseon ave tes sorlets (souliers) qu't'as été dins l'berdoule (boue). Ch'est bibi qui fait l'nettiache (nettoyage), va querre eine wassinque (va chercher une serpilière) ". Et ch'est ainsin que l'soirée elle se passe in buvant du café, in mingeant des gauffes à la castonate d'chez Marquette (gaufres à la cassonade, à la vergeoise pour nos amis français) et in racontant les p'tites misères du voisinache.

(S.T. juillet 2009)

17:48 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

23 juil.
2009

14:05

Tournai : l'année 2000 sous la loupe !

C'est le 20 janvier 2000 que débutent les travaux de la cathédrale Notre-Dame. Un chantier qui va occuper près de deux décennies. D'une folle légèreté, le choeur gothique présente, tout comme la tour Brunin, des signes évidents d'instabilité.  A la fin de l'année précédente, la Députation Permanente du Hainaut s'était prononcée en faveur de la stabilisation de cette partie de l'immense édifice religieux. La remise de prix avait eu lieu le 20 décembre 1999 et l'adjudicataire, l'association momentanée Lixon-Monument Hainaut, avait été désignée pour la réalisation des travaux. Le système de tirants-buttons sera utilisé pour retenir les colonnes. Sept kilomètres de tubes et l'installation d'un monte-charge seront nécessaires pour atteindre les voûtes et les surveiller de plus près. L'accès au choeur sera interdit au public durant plusieurs mois. Son ouverture au début des vacances ne durera que quelques jours, des nouvelles fissures apparaîtront en juillet nécessitant la fermeture définitive de la cathédrale mais aussi la création d'un large périmètre de sécurité autour de l'édifice. Les rues Soil de Moriamé et des Chapeliers seront désormais interdites à la circulation, situation qui inquiète particulièrement les commerçants car pour eux la déviation des voitures est automatiquement synonyme de perte de clientèle.

Les autorités communales prennent au sérieux les risques d'un effondrement éventuel d'une partie du bâtiment et un plan de sécurité est rapidement mis au point, celui-ci prévoyant l'évacuation rapide des habitants des maisons situées au pied des cinq clochers. Pour clore ce premier chapitre consacré à l'actualité de l'année 2000 à Tournai, voici une information qui en a fait sourire plus d'un. Partout dans le monde, les spécialistes avaient craint le "bug" (bogue) qui aurait pu toucher l'informatique lors du passage au nouveau siècle, l'impossibilité pour les ordinateurs de passer au nouveau millénaire en ne reconnaissant pas la date 00, vaine inquiétude puisque tout s'était bien passé ou... presque tout car, rôdant sournoisement à l'ombre des cinq clochers, le sinistre "bogue" a soudainement frappé, paralysant les ordinateurs gérant les horodateurs et décrétant ainsi, pendant les quelques jours nécessaires à la réparation, la gratuité totale du stationnement au centre-ville, une aubaine pour les automobilistes, un sérieux manque à gagner pour le receveur communal. Dans un prochain chapitre, nous verrons que la rubrique des "faits divers" n'appartenait pas au passé et que l'année 2000 ressemblera, hélas, aux précédentes....

14:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, cathedrale notre-dame |

22 juil.
2009

10:05

Tournai au XXIe siècle

Nous avons terminé dernièrement notre longue rétrospective consacrée à l'actualité tournaisienne entre 1950 et 1999. Cette petite ville de province, alors habitée par environ 33.000 habitants, ravagée par la seconde guerre mondiale, a courageusement entrepris sa reconstruction et celle-ci dura jusqu'à la fin des années cinquante. Il y eut ensuite, durant les "golden sixties", une phase de stabilisation qui dura une quinzaine d'années, on assista alors, de la part de nos mandataires politiques, à une gestion en "bon père de famille" de la cité scaldéenne sans grandes réalisations, sans grands bouleversements, sans grand relief finalement. Ce manque de dynamisme politique fit craindre à certains que la ville ne se rendorme à jamais et reste la petite cité qu'on visite au hasard d'une halte dans son itinéraire de vacances. 

Au milieu des années septante, suite à la fusion des communes, l'entité tournaisienne est devenue la ville la plus étendue en superficie du royaume, comptant désormais près de 69.000 habitants. Une nouvelle majorité fit alors preuve de dynamisme pour développer les nombreux atouts touristiques que possèdent non seulement la cité aux cinq clochers mais aussi les petits villages aux paysages buccoliques qui la composent. Constructions nouvelles, sauvegarde et rénovation du patrimoine grâce à l'action de la Fondation Pasquier Grenier et de l'Administration Communale, amélioration des voiries tant au centre ville que dans les villages, création d'un centre du tourisme, initiatives qui lui permirent d'afficher un visage moderne, digne du XXIe siècle tout en lui conservant un caractère de cité ancienne qu'aiment visiter de nombreux touristes venant désormais du monde entier.

A la fin des années nonante, de nouveaux défis étaient lancés. La cathédrale Notre-Dame, devenue instable et enlaidie par les outrages du temps, nécessitait une stabilisation et un lifting qui lui permettrait de retrouver une nouvelle jeunesse, le beffroi également avait bien besoin d'une cure de jouvence tout comme la Halle-aux-Draps. Le Fort Rouge, en ruine depuis des décennies, n'attendait qu'à revivre, certains quartiers avaient besoins d'être revitalisés tout en conservant leur âme. Ces grands travaux marqueront le siècle et le millénaire qui vont naître. 

 Ces préoccupations n'étaient cependant pas celles des milliers de tournaisiens et de touristes qui avaient rejoint le centre-ville dans la soirée du 31 décembre 1999. Des illuminations particulières avaient embellies les rues, des horloges indiquant les heures des grandes villes situées sur des fuseaux horaires différents et une pendule électronique décomptant jours, heures, minutes nous séparant de l'an 2000 avaient été installées sur la façade de la Halle-aux-Draps. Depuis des semaines , les restaurants affichaient "complet". A minuit, un spectacle pyrotechnique qui avait été confié par l'Administration Communale à "la Compagnie des dernières lunes" embrasa le ciel tournaisien. N'ayant pu trouver une place sur un forum tournaisien, envahi par des milliers de fêtards, des centaines de personnes s'étaient massées également sur la place Reine Astrid ou la place de Lille pour admirer le spectacle exceptionnel. A Tounai-Expo, un réveillon spécial pour le passage à l'an 2000 avait rassemblé plus de 1.800 convives et dans un petit village proche de Tournai, à Taintignies, un couple avait même décidé de s'unir en la maison communale, à 0h15, voulant être ainsi les premiers mariés du nouveau siècle, cérémonie célébrée par l'échevin de l'Etat Civil, Bernard Deligne, pour lequel l'évènement restera probablement un souvenir impérissable de sa mandature. ... Un nouveau siècle débutait, on venait de basculer dans le troisième millénaire, que nous réserverait celui-ci, soyons assurés que bien peu de personnes y pensaient réllement en cette folle nuit de liesse populaire...

10:05 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, an 2000, reveillon |

18 juil.
2009

13:34

Tournai : expressions tournaisiennes (27)

Asteur (maintenant) qui seont orvenus (revenus) d'vacances, Edmeond et Fifinne i-veont à toutes les fiêtes du meos juillet et d'août din leu beonne ville d'Tournai. "Pourquoi queurir si leon (courir si loin), on peut s'pourméner (promener) et bin s'amuser dins no vielle (vieille) ville".

L'dernier diminche, ch'est au Meont de l'Ternité (Mont Saint Aubert aussi appelé à Tournai le Mont de la Trinitié) qu'on les a orconnus (reconnus), à "l'Fiête du pain" d'Monique Willocq ave l'messe in patois tournisien. Comme mossieu l'curé Xavier Nys i-a bin difficile ave l'parlache (langage) de par ichi, i-aveot d'mindé d'traduire s'n'oraiseon pa Jean Marc Foucart, ein gai lureon du Cabaret Walleon et à l'orque (orgue) ch'éteot Philippe Desmet, l'incien Prési de l' Royale Compagnie. I-aveot aussi les boutiques in plein air où on trouèfe (trouve) du pain, des confitures, du chucolat (chocolat) et eautes chucries (sucreries). In ordéquindant l'meont (en redescendant le mont), l' paufe (pauvre) Edmeond i-éteot chargé comme ein baudet. "A m'mote (à mon idée, selon moi....) que t'm'as acore (encore) eu" dit l' malhureux in rintrant à s'maseon. "Bé tout i-éteot fin beon (très bon), je n'saveos pos queusir (je ne savais pas choisir) et puis quand tu ming'ras du pain solel (soleil) ave l'confiture d' preones (prunes) te s'ras si bénaisse (content) que te n'busieras (pensera) pus qu't'as dû l'porter jusqu'à l'maseon". "J'espère qu'on pourra faire du pain crotté (pain perdu), on va ichi s'in foute in vintrée (on va alors manger copieusement)" busie Edmeond, ein fameux galfard (gourmand), et tout cha arrosé d'eine jatte d'chéribeon" (et tout cela arrosé d'une tasse de très bon café). 

L'iminche 19 de juillet, i veont aller à Hollain, à l'foire aux artisans, vir l'carioteu (rempailleur de chaises), l'batteu d' fier (le ferronnier, le maréchal ferrant), l'chav'tier (le savetier), l'chabeotier (le sabotier), l'paveu (le paveur), l'vitérrier Duvivier (le vitrier), i-veont même rincontrer Mossieu Serdu qui fait d'si bieaux dessins dins les gazettes (Serdu est un caracicaturiste de la région bien connu dans les journaux belges). Edmeond i-n'partira pos sans avoir avalé s'pinte chez l'brasseu (brasseur) de Brunehault. " On chifflerat (boira) eine "Mont Saint Aubert", pétête (peut-être) même deux, cha t'f'ras oblier qu' t'as eu du mau à l'déquinte l'feos d'avant" li dit Fifinne (cela te feras oublier que tu as eu du mal à le descendre la fois d'avant).

Et bin seûr, l'jour de l'fiête nationale, le 21 d' juillet, i-s'reont su l'Grand'Plache et i-n'veont pos in perte eine goutte : les side-cars, l'concours pou les canteux amateurs, l'vintriloque (Fifinne elle dit qu ch'est ein heomme qui parle ave s'panche) mais aussi l'concert des Poulycrocs et de Come Back 80 (cha Edmeond i-n'a pos compris, ch'est d' l'inglais (anglais), cha veut dire "l'ortour dins les ainnées quatre-vingt") et après l' feu d'artifice. "Feaudra d'minder l'taxi pour ortourner (retourner) à l'rue Montifaut, ch'est pos l'porte à côté" qui dit Edmeond. V'là commint (voilà comment) tous les s'maines, Fifinne et Edmeond i-veont s'distraire sans que ça coûte trop tchier (cher).

(S.T. juillet 2009)

13:34 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, patois, picard |

15 juil.
2009

13:49

Tournai : la bibliothèque Communale (2)

La Bibliothèque communale est donc installée à la fin de seconde guerre mondiale à la Place des Acacias (appelation donnée alors à la place Paul Emile Janson en raison de la présence d'arbres de cette essence). A cette époque, les lecteurs ne peuvent accéder librement aux ouvrages, il font leur choix à partir de fichiers classés par ordre alphabétique d'auteurs ou par genres littéraires. Ce sont les employés de la bibliothèque qui se chargent d'aller chercher les volumes souhaités. Par la suite le libre accès sera instauré et la discothèque (1965) et la section jeunesse seront créées. .

En 1986, la bibliothèque déménage vers des locaux plus fonctionnels à la Masion de la Culture sur la Plaine des Manoeuvres, un an plus tard, elle sera reconnue comme "bibliothèque principale" par la Communauté Française et devra désormais apporter un soutien logistique aux autre bibliothèques situées dans l'arrondissement administratif. En 1992, une convention signée entre le Ville de Tournai, l'Association des Bibliothèques Chrétiennes et la Bibliothèque provinciale du Cerist permet de la reconnaître également comme "Bibliothèque locale" par la Communauté Française, cela débouche sur la création d'un réseau de lecture publique sur le territoire communal de Tournai. En 1997, on informatise la Bibliothèque.

Aujourd'hui, la Bibliothèque communale de Tournai se compose d'une section "adultes" située au premier étage des bâtiments de l'Avenue des Frères Rimbaut et d'une section "jeunesse" qui se trouve au rez-de-chaussée. La section adultes met à disposition le prêt de livres, une salle de lecture, un espace de lecture. ... 137.000 ouvrages sont disponibles en prêt : ouvrages de fiction, bandes dessinées, ouvrages documentaires classés par matières et un fond local et régional de plus de 500 ouvrages sur Tournai, le Tournaisis et le Hainaut Occidental. 4.500 ouvrages de référence peuvent être consultés à la salle de lecture : encyclopédies, dictionnaires thématiques, 1.500 titres de revues et journaux, les collections de presse des 19e et 20e siècle, la collection complète du Moniteur belge, la réserve précieuse, les dossiers sur les artistes régionaux, le Fonds Roger de le Pasture, les revues générales et spécialisées. Les lecteurs peuvent obtenir un accès gratuit à Internet pour leurs recherches et peuvent également visualiser des manuscrits numérisés dont l'original se trouve à la bibliothèque.

La discothèque propose 16.150 CD, 4.600 DVD, 250 cours de langues sur CD ou DVD et des oeuvres littéraires lues sur support CD. Notons enfin qu'un club de lecture pour adultes est organisé un mercredi par mois, il s'agit d'une rencontre entre passionnés de livres, d'un espace d'échanges et de découvertes autour de la littérature, de la présentation de coups de coeur de la part de participants. Au niveau de la section "jeunesse" il existe également trois clubs de lecture (juniors, médium, adolescents). Les vieux fichiers de la place Paul Emile Janson ont été remplacés par du matériel informatique facilitant la recheche des sujets par les candidats lecteurs.

(Sources : catalogue 2009 édité par la Ville de Tournai)

13:49 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, bibliotheque |

14 juil.
2009

13:01

Tournai : la bibliothèque communale

L'Optimiste est un abonné de la salle de lecture de la bibliothèque communale, en effet chaque article qui paraît sur ce blog y trouve sa source ou sa vérification. La Bibliothèque de la Ville de Tournai trouve son émanation dans la Bibliothèque du Chapitre de la Cathédrale. En voici son histoire.

Depuis des siècles, les prélats du diocèse de Tournai avaient rassemblé de nombreux écrits, les premiers volumes de cette importante collection étaient des manuscrits richement enluminés. Ces écrits provenaient de dons de familles mais aussi d'abbayes ou de paroisses. Au 17eme siècle, la Bibliothèque du Chapitre de la Cathédrale devint un dépôt scientifique qui était accessible au public. Entre 1755 et 1760, on érigea sur la place de l'Evêché, face au palais épiscopal, un bâtiment de style classique du XVIIIe siècle connu à Tournai sous le nom de "Maison des Ancien Prêtres", c'est là, en effet, que les responsables de paroisses âgés étaient accueillis et pouvaient y résider durant leurs dernières années de vie en toute sécurité et avec même un certain confort pour l'époque. A l'étage de ce bâtiment se trouvait l'immense salle, bien éclairée par de nombreuses fenêtres, de la bibliothèque qui restera publique jusqu'à la fin de l'Ancien régime. Tournai était à l'époque ville française et on nomme ainsi le régime politique et social de la France qui débuta lors du règne de François 1er (1515-1547) jusqu'à la Révolution de 1789. La société était alors divisée en trois ordres juridiquement inégaux, le clergé, la noblesse et le tiers-état. Lors de la Révolution Française, l'ensemble des ouvrages de la Bibliothèque Capitulaire, de celle de la puissante Abbaye Saint-Martin et d'autres maisons d'ordres réligieux établis dans la cité des cinq clochers fut mis sous scellé. Une vingtaine d'années passèrent et le Chanoine Waché fut nommé bibliothécaire. Sous sa direction, la Bibliothèque de Tournai va accroître ses collections dans des proportions importantes. Elle sera probablement une des plus riches du Royaume.  Hélas, le 17 mai 1940, lors des bombardements de l'armée allemande sur la ville, quelques bombes incendiaires vont atteindre le bâtiment et une partie de la cathédrale. Grâce au courage de deux hommes, Lucien Jardez et Mr. Coinne, une très petite partie des documents les plus précieux, les plus importants, 25 manuscrits seront sauvés, mais des milliers de volumes disparaîtront dans les flammes. La guerre terminée, la bibliothèque s'installe dans un bâtiment, jouxtant l'arrière de l'Hôtel des Ancien Prêtres, sur la Place Paul Emile Janson. Seul le toit de ce bâtiment avait souffert du bombardements. (A suivre).

(Sources : plaquette éditée par la Bibliothèque Communale de Tournai - édition 2009)

13:01 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bibliotheque, tournai |

11 juil.
2009

14:33

Tournai : expressions tournaisiennes (26)

"On est fin contint d'partir mais on est tout aussi hureux d'orvenir" i-a dit Edmeond in ouvrant l'huche de s'maseon (la porte de sa maison) de l'rue Montifaut. Eine semaine à la mer, ch'est vite passé. Avant i-alleot à La Panne mais comme on n'i-veot que des tournisiens, asteur i-préfère aller à Coxydes pasque qu'on y parle pos trop flamint ! Dès qui les a vus su l'pas de l'porte de leu maseon, Edouard, leu visin, qu'on appelle dins l'ruache (dans le coin, dans la rue) P'tit canard à causse de s'façeon d'marcher, i-est v'nu pou apporter les clés. Tous les jours, i-v'neot ouvrir et serrer les battantes (volets), deonner à boire aux fleurs et printe l'courrier dins l'boîte aux lettes.

"Eh alors, vo voyache i-s'a bin passé, aujord'hui, on orprint ses habitudes !" "Bin passé, ch'est ein grand meot, ahais (oui) eine caleur d'biêtes (chaleur de bêtes), dins les dunes ch'éteot comme si on éteot au plein mitan (au mileu) du Sahara, l'sable i-bruleot mes ortieaux (orteils) et j'ai attrapé ein queop d'solel (coup de soleil) qui m'a impêché d'dormir durant deux nuits" lui répeond Edmeond. Edouard i-est tout saisi : "ch'est pas beon, te peux attraper ein métronome". "Ein mélanome, annochint (simple d'esprit, idiot)" li dit Fifinne in riant plein s'panche (en riant aux éclats). Edouard i-ortient à l'feos des espressieons intindues d'ein eaute mais comme i-n'comprint pos l'sens, cha deonne toudis d'l'à peu-près. Pou li, on n'est pos sorti de l'cuisse de Jupiter mais de l'caisse de Jupiler et quand i-veut qu'mincher s'n'ouvrache (commencer son travail), i-print toudis l'cheval po les cornes au lieu du taur (taureau).

Fifinne dit : "J'li aveos dit à s'n'imblavé (orgueilleux) d'mette de l'crème d'protectieon mais i-feaut toudis qui fasse l'contraire de ce que l'on li dit, Mossieu qui sait tout". "Mais, Fifinne, ave l'solel qu'on a eu, j'areos pu mette l'indice chinquante (cinquante) que j'areos été arringé !. "Et quoisque t'feseot tout l'leon d'eine sainte journée ?" Bé l'matin après les pistolets (petits pains belges), on alleot dins les dunes et après-deîner, on alleot faire soupette (tremper les pieds) à marée basse dins les flaques d'ieau. Ein jour ou deux cha va, mais siept (sept), ch'est treop" dit Edmeond. "Te n'diseot pos cha quant t'éteos à l'terrasse du Chalet des Bains ave l'pinte à t'main, in puque t'éteos là pou orluquer (lorgner du coin de l'oeil) les jeones files in maillot"."Te sais, Edouard, on a orwettié les prix des maillots d'asteur, pus i-seont p'tits, pus i-coûtent tcher (cher), eine fichelle (ficelle) pou mette à..." I-est beon, Edouard i-a compris," "Neon, eine fichelle pou quoi faire ? "Ti on peut dire que t'as l'cerveau lent mais ch' n'est même po pou cha". Fifinne ave s'maillot de 1925 tout l'meonde l'orwettieot quand elle éteot su l' plage, un vieux l' preneot pou eine ma chère soeur d'avant l'Concile et les infants pinseot'tent vir (voir) eine Marie-galousse (sorcière échevelée).

Quand Edouard i-est rintré à s' maseon, i-a dit à s'feimme : "Mi j'préfère ouvrer dins m'gardin (travailler dans mon jardin) bin à l'aisse (à mon aise) que d'partir si leon (loin) pou dépinser mes liards (mon argent)". I feaut dire qui vindreot l'ieau qu'i-a cuit ses oués (oeufs) et qu'i n'osse (n'ose) pos cracher d'peur d'avoir seo (soif)".

(S.T. juillet 2009)

14:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |