30 mai
2009

13:28

Tournai : l'année 1998 sous la loupe (5)

De la mi-juin à la mi-septembre, en raison de la période des vacances, la saison culturelle est mise en veilleuse, elle redémarre bien souvent durant la dernière décade de septembre. En 1998, du 29 septembre au 4 octobre, les tournaisiens sont, comme chaque année, invités au Festival international de Folklore organisé par les Infants du Catiau. Les cinq pays participants représentent 3 continents : l'Europe avec l'ensemble Llinden de Macédoine, l'ensemble Mara de Lettonie et le groupe Kanez d'Arménie, l'Afrique avec la Troupe nationale Tunisienne des Arts Populaires et l'Amérique du Sud avec le goupe Anahuac du Mexique. Du 9 au 11 octobre, c'est le cirque Achille Zavatta qui occupe le parking du zoning commercial de Froyennes. Bouglione en février, Zavatta en octobre, les Tournaisiens se demandent pourquoi la Plaine des Manoeuvres, habituel lieu de convergence, est boudée par les gens du voyage ! Le 18 octobre, la Maison de la Culture accueille un artiste régional, Jean Louis Daulne qui présente son récital, il sera suivi le samedi 31 octobre par Bernard Lavilliers. Du 27 au 29 octobre, la Maison de la Culture a programmé "Le roi Cerf" une pièce de Carlo Gozzi dans une mise en scène de Bruno Besson, une coproduction de la Comédie de Genève.

Au mois de novembre, les Tournaisiens retrouvent leur désormais traditionnel "Festival des Imitateurs", Roland Magdane en est la vedette. Le 20 novembre, Howard Butten, le clown britannique Buffo, mondialement connu, présente son nouveau spectacle "Piano pour un Buffo solo". La même semaine, le cirque suisse "Fliegenpilz" dresse son chapiteau sur le parking des TEC au boulevard Delwart, si la première partie est un spectacle traditionnel avec zèbres, boeufs africains, étalons arabes, hippopotame nain ou animaux de la basse-cour, la seconde est entièrement aquatique, les numéros se déroulant au dessus ou dans une énorme piscine. Le vendredi 27 novembre, l'Orchestre de chambre de Pragues donne un concert en la Halle-aux-Draps, Bach, Dvorak, Vorisek, Zelenka sont au programme. Le mois de décembre proposera quatre spectacles fort appréciés du public tournaisien. Les 2 et 3, "le cirque désaccordé" sera sur la scène de la Maison de la Culture. Le mercredi 9, Robert Hossein emmène le public dans une pièce interactive intitulée "Surtout ne coupez pas". dans lequel, avant la dernière scène, chaque spectateur devra désigner l'assassin, l'epouse de l'Optimiste l'ayant découvert sera appelée sur scène avec les autres "fins limiers" et se verra remettre des livres de la collection "Le Masque" par l'artiste français. Le vendredi 11 décembre, Elie Semoun présentera son spectacle "Elie et Semoun", et le dimanche 13, la confrérie des Cinq Clochers organisera son annuel "Concert viennois" en faveur de l'enfance déshéritée du Tournaisis.

Pour être complet feuilletons une brève page sportive, le championnat de football ne laissera pas un souvenir impérissable aux supporters des deux clubs tournaisiens, le Racing de Tournai termine à la neuvième place en Division 3 nationale avec 41 points, l'Union occupe la 7eme place au classement final du championnat de Promotion avec un total de 44 points. La satisfaction viendra du water-polo, le samedi 30 mai, le CNT est sacré champion de Belgique, il devance l'AZC (Anvers), Mouscron et Courtrai. C'est l'époque des Olivier Mahut, Samuel Gomez, Thomas Bundschuh, Manu Traversin, Etienne et Vincent Kubat, Nicki Fulgianou, Rudy Cornil, Nicolas Perreaux, François Droulez. Signalons enfin le titre de championne de Belgique en saut en longueur conquis par Sandrine Hennart en juillet 1998. Ainsi se termine la rétrospective de l'année 1998. Prochainement nous analyserons les événements qui marquèrent la dernière année du XXe siècle à Tournai !

29 mai
2009

19:15

Tournai : l'année 1998 sous la loupe (4)

Que s'est-il passé dans le domaine culturel en cette année 1998 à Tournai ? Beaucoup de choses et pour débuter, un spectacle extraordinaire, les 7 et 8 janvier, la Cuadra de Séville est présente à la Maison de la Culture pour interpréter "Carmen", opéra andalou de cornets et tambours de Salvador Tavora selon la légende originale contée par de vieilles cigarières de Triana. Une ovation interminable salue la prestation des talentueux interprètes. Du drame à la comédie, le pas est franchi le lundi 26 janvier, en la salle du Forum, Alain Soreil, Chantal Ladsous, Pierre Aucaigne (Momo), Evelyne Thomas, Paul Fauconnier et François Pirette jouent "Le père Noël est une ordure" dans une version belge adaptée par François Pirette. Entretemps, le 13 janvier, accompagnée par d'excellents musiciens, Enzo Enzo a conquis le public tournaisien lors de son récital " c'est quelqu'un de bien".

Les deux mois qui suivront seront également riches en evènements et n'auront rien à envier au premier mois de l'année. Il y a tout d'abord, pour les très nombreux tournaisiens amateurs d'arts circassiens, la présence du 30 janvier au 18 février du cirque Bouglione qui a dressé son chapiteau sur le parking du zoning commercial de Froyennes, il y a également les lundi 16 et mardi 18 février, la représentation par le Théâtre National de la pièce de Molière, "Le mariage forcé", il y a aussi la venue de Maxime le Forestier qui chante Brassens à la Maison de la Culture, le 15 mars, celle, toujours attendue, du comédien Jean Lefebvre, le vendredi 27 mars, dans la pièce "L'entourloupe" d'Alain Reynaud Farton ou encore la venue de Louise Forestier pour un unique récital le lundi 30 mars.

C'est aussi durant le mois de mars qu'est organisée l'annuelle Piste aux Espoirs, le Festival international de cirque amateur qui a lieu le samedi 7 et le dimanche 8. La Piste d'Or est attribuée à Zeng Quian et Zhao Zhi, un duo chinois au trapèze ballant, deux Pistes d'Argent sont décernées à Marie Hélène Paré, Elisabeth Gaumat et Judith Diolé, trois artistes venues du Canada présentant un numéro de cube et à une artiste russe, Iolanta Stradanshaite pour un numéro de houla-hop aérien. Les Pistes de Bronze vont au Duo Colibris, un allemand et un grec, pour des exercices au trapèze fixe et à Florence Tabary, une jeune française aux sangles. Dans la catégorie "amateurs" remportée par un duo suisse au cadre aérien, le Prix Jean Paul Lenglez est remis aux jongleurs belges Toon Florizoone et Jonas Van Soon à qui a aussi été attribuée la Piste d'Argent.

Durant le mois d'avril, les amateurs de comédies de boulevard pourront applaudir, le 19, Marthe Mercadier et Olivier Lejeune dans "Vacances de rêves", une comédie de Francis Joffo, le 23, Dany Boon dans son "Nouveau Spectak" et le 24, le récital de Salvatore Adamo. Le 29 avril, la Maison de la Culture a inscrit à son programme un spectacle d'une durée de quatre heures, "Sainte Jeanne des Abattoirs" de Bertold Brecht. Du 18 au 24 mai, une prestigieuse exposition va attirer de très nombreux visiteurs dans les salles de l'étage de la Maison de la Culture, elle est consacrée aux "Rites funéraires en Gaule du Nord du VIe au Ier siècle avant Jésus Christ", elle explore le quotidien de nos ancêtres les Celtes. Dans un prochain article, nous terminerons la rétrospective consacrée aux évènements de l'année 1998 à Tournai, une petite ville de province qui a tout d'une grande !

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28 mai
2009

08:37

Tournai : l'année 1998 sous la loupe (3)

Durant cette année 1998, le préposé à la rubrique des "faits divers" n'est pas menacé de chômage, celle-ci occupe, chauqe jour, au moins une page des quotidiens régionaux. Après un semblant d'accalmie les années précédentes durant lesquelles le nombre de victimes avait sensiblement baissé, les accidents de la route redeviennent un véritable fléaux, parmi ceux-ci relevons ceux du dernier week-end du mois d'août. Le samedi 29 août 1998, le premier eut pour cadre l'avenue Montgomery. Il était environ 2h45, une voiture aborde à très grande vitesse le léger virage situé à hauteur de la chaussée de Willemeau, le conducteur ne peut redresser le véhicule qui traverse la route et percute un arbre. Quatre jeunes français, deux garçons et deux filles âgés de 20 et 24 ans, venus faire la fête dans les dancings de la région, perdront la vie. La nuit suivante, un autre jeune originaire de la région tournaisienne sera tué sur le coup dans l'embardée de son véhicule à Rumillies.

Les agressions à main armée contre des organismes financiers apparaîtront également à la "une" des faits divers. Le mardi 23 février, deux jeunes de 18 à 20 ans portant casquette mais agissant à visage découvert font irruption dans une banque de la rue de Pont et s'emparent du contenu de la caisse avant de fuir vers les quais. Le butin est inconnu. Une semaine plus tard, la même banque subit un second hold-up basé sur le même mode opératoire ! Le jeudi 14 avril, c'est la banque Paribas située sur la place Paul Emile Janson qui est victime d'un hold-up perpétré par un individu d'une vingtaine d'année, il menace le personnel et les clients et s'enfuit avec un butin d'environ 250.000 Fb ( env. 6.200 Euros). Pour se procurer de l'argent, on attaque les banques, on s'en prend aussi à l'intégrité des personnes. Ainsi en ce même mois d'avril, un fait divers sordide a pour cadre un immeuble de la rue de Marvis. un homme de 60 ans est tué par un de ses voisins afin de faciliter le vol d'une dérisoire somme d'argent estimée à tout au plus 1.000 fb (env. 25 Euros) et... d'un casier de bières vide pour en récupérer la caution ! L'enquête menée par la Police Communale permettra d'arrêter le meurtrier, le jour même. Un drame qui a le quart monde comme décor !

Les services de secours seront continuellement sur la brèche. Le lundi 13 juillet, un important incendie se déclare dans une entreprise spécialisée dans le ramassage des déchets située rue de la Terre à briques dans le zoning de Tournai Ouest (Orcq). Au cours de l'intervention, géné par l'important dégagement de fumée, un pompier tournaisien fait une chute de près de 7 mètres dans une trémie, souffrant d'une fracture du bassin, du fémur et du poignet, il sera évacué par ses collègues, au cours de ce périlleux sauvetage, un homme sera victime d'une grave intoxication, tandis qu'un autre sera moins gravement touché. La colonne de fumée dégagée par ce sinistre était visible à des kilomètres à la ronde. La fatalité continue à s'abattre sur la région. A la rue Hautem, lors des travaux de reconstruction de l'usine Friswit détruite par un incendie l'année précédente, deux ouvriers perdent la vie, accidentellement, écrasés par la chute d'un pan de mur préfabriqué lors du déchargement d'un camion.

Pour terminer cette rétrospective par des faits moins démoralisants, notons que tout ne va pas (trop) mal au niveau économique dans la région ainsi la société Palermo installée dans le zoning de Tournai Ouest décroche une licence officielle pour la Coupe du Monde de football qui se déroule durant l'été 1998 en France. L'usine tournaisienne va produire 3 millions de casquettes et T-shirts au logo de l'évènement. La société Holvoet Chimie installée dans la même zone industrielle est récompensée par le Prix de la Sécurité 1998, il est décerné pour les investissements consacrés à la sécurité au sein et autour de l'entreprise et au respect de l'environnement. Demain, nous aborderons les évènements culturels et sportifs qui ont marqués Tournai au cours de cette année 1998...

08:37 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, holvoet chimie, palermo |

26 mai
2009

08:04

Tournai : l'année 1998 sous la loupe (2)

En ce début d'année 1998, les autorités communales de Tournai prennent la (sage) décision de raser l'église de Templeuve, celle-ci présente depuis quelques temps des signes de plus en plus marqués d'instabilité et a d'ailleurs été fermée au culte. Les travaux débutent le lundi 13 février. Au début du mois de juin, le clocher est le seul élément qui subsiste de l'imposant édifice religieux, on estime qu'il faudra trois jours environ pour le faire disparaître. Le mercredi 3 juin, quelques morceaux de plâtre se détachent, un craquement se fait entendre et l'ensemble s'effondre avec fracas, dans un grand nuage de poussières. On était au moment de la pause de midi, les deux ouvriers qui se trouvaient à proximité sont indemnes mais ont connu la peur de leur vie. Trois secondes suffirent pour constituer le mont de gravas qu'il ne restait plus qu'à évacuer. Au milieu de celui-ci, les cloches furent retrouvées intactes. La nouvelle église qui sera par la suite reconstruite présentera un aspect futuriste. Une autre église tournaisienne est, en partie rénovée. En mars, on entame, en effet, les travaux de restauration du porche de l'église Sainte Marguerite, de style Louis XVI, ce sauvetage est réalisé grâce à l'intervention des fonds de la Communauté Européenne. Lors du classement, il avait été le seul élément pris en considération dans un bâtiment qui continue à se dégrader lentement depuis son abandon dans le courant des années soixante.

En mars également, le samedi 28, dans la suite des évènements de l'année 1996 et des disparitions tragiques de nombreux jeunes en Belgique, une stèle élevée à la mémoire de tous les enfants est inaugurée. elle a pris place, symboliquement, dans le square Marie Louise, face au Palais de Justice et est l'oeuvre du tournaisien Pierre Jean Deffernez, décorateur au sein du service des Travaux de la Ville. Une autre inauguration aura lieu lors du week-end des 12 et 13 septembre et restera marquée d'une pierre blanche. On estime à plus de 20.000, les personnes qui assistent aux festivités organisées dans le cadre de la découverte de la Grand'Place rénovée. Venue de France, la compagnie Trans Express propose, le vendredi soir, un spectacle féérique mis en scène par les Tournaisiens Zo et Luc Petit. Un carillon volant avec des personnages évoluant à plus de 50 mètres du sol illumine le regard des spectateurs, le Créa-Théâtre est présent sur le forum où déambule Magritte, sa marionnette géante. Durant ce même week-end, la cathédrale est envahie pour le concert de l'Orchestre Royal de chambre de Wallonie qu'accompagne les choeurs de Knokke pour l'exécution du Gloria de Vivaldi. Les jeunes quant à eux se rassemblent en masse au pied du podium pour applaudir les groupes du moment, G Squad, World Apparts et Mélanie Cohl.  Quelques jours plus tard, le mardi 29 septembre, le roi Albert et la reine Paola font leur "joyeuse entrée" à Tournai, le roi visite la firme "Technord" tandis que la reine découvre la fondation de la Tapisserie et le couple royal se retrouve pour la visite des établissements Casterman, un nom qui reste lié à Tintin, Martine et aux grands maîtres de la bande dessinée...

08:04 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, eglise sainte marguerite, grand place, casterman |

25 mai
2009

10:06

Tournai : l'année 1998 sous la loupe (1)

La fin de siècle est en vue, nous abordons en effet aujourd'hui la rétrospective des évènements qui marquèrent l'année 1998. Un nom revient sur toutes les lèvres des Tournaisiens, celui de Mélanie Cohl. Après avoir remporté la sélection belge à la RTBF, la jeune chanteuse tournaisienne représente la Belgique au concours Eurovision de la Chanson qui se déroule, le 9 mai, à Birmingham, elle termine à la sixième place avec sa chanson "Dis oui" de son parolier Philippe Swan (à cette occasion, on n'avait pas eu l'occasion le tristement légendaire "Belgium, one point, Belgique, un point"). C'était encore le temps où le Concours Eurovision offrait la part belle à la mélodie et aux paroles et pas encore aux votes "ultra politisés" dont les Pays de l'Est sont devenus les experts depuis leur entrée dans le grand "concert" européen. Ce résultat va la propulser très vite dans le monde des variétés, trop vite diront certains ! Mélanie Cohl est invitée par la firme de vente par correspondance, les Trois Suisses, pour occuper deux pages du catalogue Automne-Hiver, elle est choisie ensuite pour interprèter la version française des chansons du dessin animé de Walt Disney "Mulan". La chanson "Qui suis-je vraiment ? " (paroles de Philippe Sawn) accompagnant le générique a été enregistrée aux studios ICP de Bruxelles. Lors de la promotion du film, Mélanie Cohl fut reçue comme une star à Disneyland Paris entourée de nombreux photographes. En fin d'année, elle sortira un album intitulé "Mes îles" qui reprendra, outre son succès de l'Eurovision, "La rue d'en bas", "Une symphonie", "Je rêve de vous", "Pardonnez-moi", "Amalaya prie", "Elle s'en fout", "Partout où tu seras", "Comme elle danse", et bien entendu "Mes îles". Fidèle à sa ville, on la verra chanter dans les fancy-fairs, les kermesses de quartiers, elle participera à la fête anniversaire de l'Opération cap48 de la RTBF et chantera aussi pour le Noël des P'tits Loups organisé chaque année sur la place Saint Pierre. Victime d'un trop rapide succès, Mélanie Cohl disparaîtra peu à peu du paysage audio-visuel belge et c'est un peu décevant car cette adoloscente avait apporté un coup de fraîcheur à la chanson belge ! 

Au cours de cette année 1998, un autre tournaisien se révèlera au public, par l'écriture cette fois, Jacques De Ceuninck. Ce diplômé en criminologie, inspecteur principal à la Police Communale prendra sa retraite en fin d'année et consacrera désormais ses loisirs à son hobby : l'histoire de l'aviation et la recherche des avions alliés abattus durant la seconde guerre mondiale dans la région tournaisienne. Dès le mois de janvier, il publie un ouvrage particulièrement fouillé sur des aviateurs alliés ayant trouvé la mort chez nous. Traitant son sujet comme il réalisait ses enquêtes policières, il fouille, recherche la littérature traitant du sujet, arpente les cimetières muni de son appareil photographique, il interroge des témoins, recoupe les témoignages et entrent en relation avec les descendants de ces héros les invitant à venir découvrir les lieux où périrent un membre de leur famille. Non content de rédiger le fruit de ses recherches, il signe également les illustrations de ses livres. Par la suite, il sortira également un ouvrage consacré à la rétrospective de la semaine de l'aviation qui s'était tenue sur la Plaine des Manoeuvres durant le mois de septembre 1909. Depuis peu, il publie un blog sur Internet consacré au village de Warchin, proche faubourg de Tournai, où il vécut durant sa jeunesse, vous en trouverez l'adresse dans les liens situés à la gauche de cet article. Demain, nous parlerons de rénovations et d'inaugurations....

10:06 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, melanie cohl, jacques de ceuninck |

22 mai
2009

23:34

Tournai : expressions tournaisiennes (19)

L'Carrefour des illusieons ou bin Carrefour désillusieon !

Aller à commissieons, cha n'a jamais été pour mi eine folle passieon et faire l'file, eine heure tout plein, à la caisse, on n' peut pos dire que cha m'rind fin bénaisse(content) ! Ahais, mais eine feos qu'on est marié, feaut bin faire plaisi à s'moitié. Ave m'feimme, on est in route tous les jeudis, mais ichi ave l'Ascension, bé cha été verdi (vendredi). Queulle espéditieon aujord'hui ! L'parking d'Froyennes, à dix heures, i-éteot d'jà tout rimpli, i-n'aveot pus là bramint (beaucoup) d'plaches, ave l'peont, pour seûr, qui d'aveot pos beauqueop à l'ouvrache (au travail).

L'prumière carrette que j'prinds, l'pièche elle ne va pos d'dins et l'ceulle d'à côté, on veyeot s'roue berloquer (tourner, virevolter). Cha comminche bin ! Dins l'magasin on n'est pos acore rintré que j'ai d'jà l'invie d'ortourner. Mais attindez, l'meilleux va seul'mint arriver. Advenez (devinez) quoisque ces artisses i z'eont été faire, i-z'eont tout foutu in l'air. Bé mes gins, comme diseot Albert, m'n'amisse, du temps où j'travailleos avec li : "ein cat, i- n'ortrouèv'reot pus s'jeone de gatte" (chevreau, la gatte désigne en patois la chèvre) ou acore "i-a pas d'avance, i-feaut printe l'qu'vieau (cheval) par les cornes", Bébert i-aveot l'deon (don) pou tout mélanger ! L'confiture, elle est asteur (maintenant) à l'prumière ringée pos leon (pas loin) du chuque (sucre) et du café, les céréales et l'chucolat (chocolat) i-ont cangé d'côté, i n'a pus que l'fromache (fromage) et les produits laitiers qui n'ont pos bougé. Cha s'ra fait pou l'semaine qui vint, Mossieu, qui m'a dit in riant ein réassortisseu.

Ainsin, avant d'avoir rimpli m'carrette et d'passer à l'caisse, j'ai du orprogrammé m' GPS. Tertous tourneot'tent in reond, en s'posant bin des questieons. Ov'là qu'on a fini, on a tout queusi (choisi), on n'a pus fauqu'à payer et on est parti. Ahais mais à l'caisse i-a des files de vingt mètes de leon ave des gins jusqu'au mitan des rayeons (la moitié des rayons). Tout à n'ein queop, (tout d'une fois) on intind eine veox (voix) qui dit dins l'micro : "Chers clients, nous mettons la caisse 10 à votre disposition". Là d'sus, m'visin, i-attrape s'feimme, i-buque dins les chariots, heurte ein heomme et arrife l'prumier à l'caisse. Jusse au momint où l'veox rajoute :"paiement par carte uniquement, pas en espèces", j'l'ai vu d'venir tout rouche, j'ai vu meonter l'rache (rage) quand i-a compris qu'i-aveot perdu s'plache (place). Chest alors que bobeonne elle s'a mis à berteonner (bougonner) : "Espèce d'albran, te n'sais pos attinte ein momint, n't'in fais pos pou l'bus d'Warchin, on prindra l'suivant, on ara l'temps d'boire eine pinte avant". Elle conneot bin s'n'heomme et les meots pou l'calmer, i-sourit et orwette (regarde), tout net, du côté d'l'estaminet.. J'ai mis tous mes produits, bin serrés, su l'tapis et cha va béteôt (bientôt) et'e à mi mais, mais... v'là que l'code barre i-n'passe pos pou l'client avant mi. "l'imployé aux cauchettes (chaussettes) est demindé à l'caisse siept". L'bougre i-d'veot seûrmint ete au feond du magasin pasque pou arriver i-a mis dix minutes au moins. Infin, on est orvenu (revenu) à l'maseon, on a tout rangé et on a pensé à faire à deîner (dîner). "Mo Dieu, qu'elle fait m'feimme, avec tout cha j'ai oblié l'salate (oublié la salade)". "J'n'ortourne pus, i-est beon, fais eaute causse (fais autre chose)" que j'li répeond. "On n'minge pos d'intrecôte, j'n'ai pus qu'de l'compote et j'pinse pos qu'avec l'picheon (poisson), cha s'ra vraiment beon". 

(S.T. Mai 2009)

23:34 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, patois, picard |

21 mai
2009

07:39

Tournai : l'année 1997 sous la loupe (6).

La cité aux cinq clochers fut, une nouvelle fois, durant l'année 1997, l'étape de nombreux artistes de variétés au cours de leur tournée. Le 27 janvier, c'est Maurane qui est la première à présenter son tour de chant, elle est accompagnée, en première partie, par un artiste régional dont on entend de plus en plus la voix sur les ondes, Jean Louis Daulne. En mars, le samedi 15, le mini-tournée de Jane Birkin passe par la Maison de la Culture et "les Taloche" présentent leur nouveau spectacle, le lendemain. Le 16 avril, le groupe Machiavel est en concert. Guy Montagné déclenche les rires, le 12 juin. Au cours du mois de novembre, le choix sera difficile entre "La tournée du Grand Dupe", le nouveau spectacle de Bruno Coppens le lundi 3, le venue d'Axelle Red, le 11, celle d'Elie Kakou, le 14 et le Festival international des Imitateurs d'une qualité exceptionnelle qui verra les six participants recevoir chacun un prix, Patrice Robert de Chateauroux étant désigné le meilleur. La seconde partie de la soirée voit le triomphe d'Anne Roumanoff. En décembre, Marc Lavoine se produira en concert accoustique.

Les amateurs des arts circassiens seront comblés, la 10e édition de la Piste aux Espoirs couronne le canadien Stéphane Lanoureux au trapèze volant, la piste d'argent est remportée par la troupe chinoise de jonglerie, tandis que celle de bronze récompense, Mikhaël Stepanov, un artiste russe aux cordes doubles. Une Piste spéciale est remise à Benoit Devos (de Tournai), Sophie Mandoux, Vincent Schonbroodt, Véronique Jean, Christian Etienne et Cecile Pophilat, un groupe composé de voltigeurs franco-belges au cadre aérien. Benoit Devos (avec Xavier Bouvier) est également récompensé par le prix de la ville de Gand pour un excellent numéro clownesque. Le jeune tournasien ne regretta pas d'être revenu tout spécialement du Canada où il était allé peaufiné son art à l'école de cirque de Montréal. Petit drame au cours de cette 10eme édition, un numéro spectaculaire et parfaitement exécuté par des artistes chinois appelé "jonglerie de bois d'eau" est exclu du palmares par le jury, celui-ci s'est rendu compte qu'il s'agissait d'artistes professionnel qui étaient venus concourir, ils ne pouvaient entrer dans la catégorie des espoirs ou des amateurs. Dura lex, sed lex...

Les 20 et 21 novembre, le cirque Eloize de Quebecq se produit à Tournai, le nom de ce cirque trouve son origine dans celui d'un éclair de chaleur observé aux Iles de la Madeleine, un archipel du golfe du Saint Laurent. La troupe est composée de 16 jeunes "Madelinots" formés à l'école de cirque de Montréal parmi lesquels on pouvait retrouver une contorsionniste couronnée à la Piste aux Espoirs de 1996, Nadine Serrano. Les amateurs de danse retrouvèrent, en octobre, lors de l'annuel Festival international de Folklore, des troupes venues du Brésil, de Russie, du Sénégal, de Hongrie et du Portugal invitées par les Infants du Catiau. Notons également que le meeting d'aérostation de Tournai fêtait son dixième anniversaire et qu'à cette occasion les manifestations s'étalèrent sur une semaine du 20 au 28 septembre. Ainsi se termine cette longue rétrospective consacrée aux évènements qui marquèrent l'année 1997 à Tournai.

(sources : le Courrier de l'Escaut et recherches personnelles)

20 mai
2009

09:58

Tournai : l'année 1997 sous la loupe (5)

La rétrospective de l'année 1997 a été malheureusement saucissonnée, nous la poursuivons aujourd'hui par l'habituel panorama culturel. Concerts, théâtre, variétés, arts circassiens, danse vont, une fois encore, composer un important programme qui demandera inévitablement des choix pour les candidats spectateurs. Le dimanche 5 janvier, la Halle-aux-Draps accueille un grand concert de nouvel-an proposé par la Chapelle Musicale de la Cathédrale avec, en solistes, le baryton Stephen Salters, premier lauréat du concours Reine Elisabeth 1996 et la soprano Anne Catherine Gillet. Le vendredi 7 mars, la pianiste russe Ekaterina Novitskaya, elle aussi lauréate du concours Reine Elisabeth, interpètre des oeuvres de Schuman, Schubert, Mozart et Chopin. En mai, Tournai retrouve "L'accordéon, moi j'aime" en association avec le quartier de Wazemme à Lille. Le 21 septembre, dans le cadre du Festival de Wallonie, la cathédrale Notre-Dame résonne des accords de l'ensemble "Anina Eterna" qui interprète un concert sous la direction de Jos van Immerseel. Le vendredi 3 octobre, au Créa-Théâtre à la rue Saint Martin, Michel Jakobiec (baryton), Véronique Sonck (mezzo-soprano) et Anne Verschoore (piano) chantent dans le cadre du concert intitulé "Schubertiade" du Festival de Wallonie. Le mois de décembre fait revivre, une nouvelle fois, la famille Strauss en la Maison de la Culture, lors de l'annuel "Concert Viennois" organisé par la philantropique Confrérie des Cinq Clochers.

Si la saison musicale a été riche, la théâtrale le sera tout autant. Elle débute dès les 7 et 8 janvier, la Maison de la Culture présente "Donne-moi tes yeux, je te donnerai une fenêtre sur ma caboche" de Daniel C. Harms par le Théâtre des Deux Eaux. Le 28 janvier, Jacqueline Bir, Anne Chapuis, Valérie Bauchau et Damien Gillard sont à l'affiche de "Trois grandes femmes" d'Edward Alber. Le 12 mars, les rires se déchaînent et se mêlent à l'émotion grâce à la présence de Michel Galabru dans la pièce de Marcel Pagnol, "La femme du boulanger". Le lundi 5 mai, la Maison de la Culture accueille l'atelier du Créham de Bruxelles, des jeunes artistes handicapés qui se produisent dans "L'espace d'en haut" de Chantal Marchal. On peut y découvrir certains comédiens qui ont participé, en compagnie de Pascal Duquesne et Daniel Auteuil, au film "Le huitième jour" de Jaco Van Dormael, primé au festival de Cannes. Spectacle qui aborde différents genres, le lundi 10 mai à la Maison de la Culture, "Le cri du Caméléon" est présenté par la compagnie Anomalie, chorégraphie et mise en scène de Joseph Nadj. Dix artistes pour une féérie ou le thème des métamorphoses côtoye celui des rêve d'Icare, de Magritte ou d'Alfred Jary. Jeux d'adresse, d'équilibre, cascades et tableaux aériens ont enchanté le public. Les 26 et 27 septembre, la public tournaisien a rendez-vous avec la compagnie du Grand Guignol et son spectacle intitulé "Le paradis des chiens".

En octobre seront programmés "Un ennemi du peuple" d'Henrik Ibsen, le 17 et "La tragédie de Macbeth" de William Shakespeare par le Théâtre National de la Communauté Française de Belgique (constatons au passage que la régionalisation a provoqué le changement de dénomination pour les troupes culturelles). En novembre, les 25 et 26, le théâtre National de Marseille est présent pour interpréter "Les jumeaux vénitiens" de Carlo Goldoni (mise en scène de Gildas Bourdet) et en décembre, le Théâtre du public aborde le problème de la toxicomanie dans la pièce "Le paradis perdu"... Demain, nous parlerons, variétés, danse et arts circassiens avec notamment le résumé habituel de la Piste aux Espoirs 1997...

18 mai
2009

12:33

Tournai : hommage à Jean Pierre Rapsaet

Une voie tournaisienne de Vivacité s'est éteinte, Jean Pierre Rapsaet nous a quittés le samedi 16 mai 2009, vaincu par un mal implacable qu'il avait combattu avec énergie dès son apparition. Jean Pierre était né à Courtrai le 27 août 1953 et demeurait à Tournai (Kain), il se sentait tournaisien à part entière et ne manquait pas de participer à toutes le initiatives naissantes dans la cité aux cinq clochers. C'est ainsi qu'il était un fidèle du Carnaval du Laetare, qu'on le voyait régulièrement à la Maison de la Culture et qu'il couvrait tous les évènements qui touchaient de près sa ville. C'était un homme de radio, un reporter qui avait fait toutes ses classes dans ce qu'on appelait alors les radios libres régionales, notamment à Mouscron à "Radio qui chiffèle", parallèlement à sa fontion d'animateur au CREAHM. Il effectua par la suite quelques reportages pour la RTBF et y devint journaliste plein-temps, animant l'actualité des premières heures de la journée sur Radio-Hainaut. C'est à cette occasion que l'Optimiste le rencontra, pour la première fois, lors d'un reportage sur la préparation de l'Opération 48.81.00 à Tournai (opération devenue Cap48).

Il assura ensuite des reportages traitant plus particulièrement du Hainaut pour le journal télévisé national et également pour le journal régional alors diffusé à partir des studios de la RTBF à Charleroi. Il y a quelques années, lors de la grande mutation de la radio-télévision francophone, certaines voix ou certains visages familiers des télespectateurs durent quitter leurs fonctions au boulevard Reyers. Toute restructuration amène toujours des dommages collatéraux et privent les téléspectatuers d'un visage ami, Jean Pierre Rapsaet opta pour la radio et devint l'homme des reportages touchant une région, son Hainaut Occidental, sa Wallonie Picarde.

Quand la maladie le frappa de plein fouet, Jean Pierre fit le choix d'en parler, lui qui avait présenté tant de reportages, interroger tant de personnes, parcourus tant de kilomètres, traita d'un sujet personnel, vécu de l'intérieur, un reportage sur SA maladie, décrivant sans fausse pudeur et avec beaucoup d'humour les méfaits quotidiens de cet ennemi implacable qu'il avait décidé de combattre. Il était devenu reporter de guerre, de sa guerre contre le cancer. Il en parlait sur un site ouvert sur Facebook. Ce samedi le journaliste est tombé au combat et sa voix n'évoquera désormais plus cette Wallonie Picarde, cette ville de Tournai dans laquelle il aimait se promener. Quand Jean Pierre avait interviewé une personne, il s'en rappelait et la saluait toujours lors d'une rencontre, ce bonjour nous manquera désormais. Jean Pierre avait 55 ans !

12:33 Écrit par l'Optimiste dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, vivacite, jean pierre rapsaet |

16 mai
2009

13:36

Tournai : expressions tournaisiennes (18)

Comme vous j'aime bin l'ville de Tournai, car ch'est d'puis soixante années, m' cité natale, je warde (garde) dins m'coeur ses vieux quartiers, ch'est là que m'bonheur i-est intier d'puis l'communale (l'école communale). Aussi j'ai été rud'mint surpris quand l'gazette elle m'a appris, ch'est ein scandale, qu'in haut lieu on aveot décidé d'construire eine tour jusse (juste) au pied de l'cathédrale. I-a eu eine levée d'boucliers des amisses de Pasquier Grenier (asbl soucieuse de protéger le patrimoine tournaisien), que bacchanale ! On a même intindu dire pa l'Unesco qu'ein truc parel n'sereot pos bieau, à l'cathédrale. I-a acore eu eine pétitieon et des affiches aux ferniêtes (fenêtres) des maseons, ch'eteot normal. On croyeot nos édiles guéris asteur (maintenant) de leu idées d'grandeur mais ov'là qu'ils veul'tent construire ein grand bâtiment de l'rue du Curé Noter-Dame jusqu'à l'rue Soil de Moriamé, infermant l'prestigieux edifice dans eine sorte d'courée !

Ch'n'est pourtant pos eine chosse honteusse, eine vielle bâtisse moyenageusse. J' leur ai toudis dit qui veaut mieux intrer dans l'Histoire comme ein batisseu que comme ein démolisseu car, aux électieons, après tout, on les a queusis, chacun seleon ses convictieons, pou définte les intérêts de l'ville, pou l'imbellir, pou que les tourisses vienn'tent la vir mais pos pou garchenner no patrimoine ou jeuer à l'anti-moine (anti-clerical). J'en suis advenu à m'demander si Mossieu Michelin qui nous aveot d'jà "gonflé" avec s'phalus, ch'est ainsi qu'on l'appeleot s'tour à Tournai, n'est pos acore in d'sous de ce projet. J'ai été l'acouter (écouter), eine feos, à l'Hôtel de Ville, ch'est ein parisien qui présinte bin, ein bieau parleu qui vit aux dépens de ceusses qui l'acoutent ! I-s'in fout pos mal de no Tournai, i veut seul'mint laicher (laisser) s' signature et après, à'rvoir l'père, reste avec t'misère. Avec un tel projet, no cathédrale sera muchée (cachée), adeon (alors ou par après)) mossieu, madame, on n'voira pus fauque (seulement) l'toit de l'nef romane. I parait que l'plache Paul Emile Jeanson, ch'est eine rupture dins l'tissu urbain qui a dit mossieu l'Echevin, ahais (oui), tout comme l' plache de Kain ou acore celle d'Esperchin ! A Tournai, on dit "cheonq clotiers quat' sans cloques" (cinq clochers quatre sans cloches) in parlant de no cathédrale, à voir c'qu'on décide asteur dins no maseon communale ch'n'est pus qu' dans nos clotiers qu'on trouve les cloques ! Mais pour bin comprinte tout cha, feaut d'abord et'e Tournisien, pos ein ersatz, et ch'est pos donné à tout l'meonte!

(S.T. - mai 2009)

13:36 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, picard, patois |