30 avril
2009

09:12

Tournai : l'année 1996 sous la loupe (2)

Sur le plan social, l'année 1996 à Tournai fut encore marquée par de nombreux évènements. Au début du mois de février, on apprend que l'entreprise Unisac, située à l'avenue de Maire, a été revendue pour le franc symbolique à un consultant strasbourgeois, le géant allemand Schoeller s'est débarrassé, le mardi 6 février, de la totalité de ses actions. Le consultant viendra rencontrer les membres du personnel tournaisiens, l'usine occupe encore 140 travailleurs dont une centaine d'ouvriers. Il n'y aura pas de miracle, face au gouffre financier, les banques refusent toute nouvelle ouverture de crédit et le lundi 19 février, la société tournaisienne se voit contrainte de déposer son bilan. Une fois de plus, une entreprise jusqu'alors performante tombée dans le giron d'un grand groupe international n'a pas obtenu le renforcement espéré de ses activités mais, au contraire, a été vidée de sa substantifique moëlle. Dans les mois qui suivirent, des candidats repreneurs se manifesteront mais se heurteront à un véto catégorique de la part de la banque allemande qui veut récupérer l'entièreté du crédit accordé, même une solution de reprise par des anciens cadres de la firme tournaisienne échouera.

Au début du mois de mars, No Télé organise, en direct, à la Maison de la Culture, un débat télévisé sur l'enseignement, alors que celui-ci est en pleine tourmente suite aux propositions de la Ministre de l'Education Nationale, Laurette Onkelinckx. Celle-ci, invitée à y participer, ne se dérobe pas et fait front à la "haie d'honneur" de manifestants assez virulents, la huant copieusement. En juillet, une nouvelle entreprise dépose son bilan, la société Darwin à Orcq, spécialisée dans le préfabriqué. Elle présentait un passif de plusieurs dizaines de millions de francs belges. Durant l'automne, d'autres problèmes vont surgir à Delphy Orcq et aux Ateliers Louis Carton. A la fin du mois d'octobre, les ouvriers de cette dernière usine, située à la chaussée d'Antoing, partent en grève. Le lundi 4 novembre, des négociations entamées entre les représentants du personnel et la direction débouchent sur une convention acceptée à l'unanimité (moins deux abstentions). Le personnel est appelé à consentir un nouvel effort, on évoque une dizaine de licenciements à la place des 46 précédemment annoncés. Les jours de repos compensatoires sont réduits de 17 à 15. Selon la direction, une restructuration était nécessaire en raison de la mauvaise situation économique. ... Dans le prochain article nous évoquerons l'année culturelle 1996 à Tournai.

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28 avril
2009

13:54

Tournai : l'année 1996 sous la loupe (1)

Aborder l'histoire de l'année 1996 amène de nombreuses hésitations à celui qui souhaite la résumer. 1996, la pire année qu'il va falloir traiter depuis le début de notre histoire, le 1er janvier 1950.

Le 28 mai, vers 7h30, une toute jeune fille, presqu'une fillette, qui se rend, comme chaque matin, à vélo, de son domicile vers le collège de Kain, disparaît. Dès le lendemain, des appels à témoins sont distribués aux entrées de la ville, des photos sont affichées aux fenêtres des magasins, dans les jours qui suivent, des battues sont organisées aux endroits qu'elle aimait féquenter, policiers, militaires, bénévoles y participent. Une phrase revient quotidiennement à la une de la presse locale : "On est sans nouvelles de Sabine Dardenne". Avec la collaboration de la télévision locale et communautaire "No Télé", une reconstitution filmée se déroule, une jeune fille joue le rôle de la disparue, elle emprunte le trajet supposé effectué par celle qu'on recherche. Tout cela n'amène pas le moindre témoignage crédible, on ne retrouve même pas la bicyclette. Une longue attente débute pour la famille, les amis, les voisins, les condisciples de la jeune fille. Elle durera près de 80 jours ! Le 15 août, en effet, les journaux télévisés des principales chaînes nationales vont couvrir un évènement spécial : "Sabine Dardenne, enlevée le 28 mai à Kain, est retrouvée en compagnie d'une autre jeune fille enlevée au début du mois d'août à Bertrix, dans une cave d'un immeuble appartenant à un certain Marc Dutroux, à Marcinelle". Une des plus sordides affaires criminelles de ce XXe siècle vient de débuter, la découverte, par la suite, des corps de Julie et Mélissa, de An et Eefje vont faire basculer la population dans l'horreur. Dans le courant du mois d'août, un rassemblement de très nombreux tournaisiens est organisé sur la Grand'Place de Tournai, pendant de longues minutes, tout se fige, dans un profond recueillement, on pense aux victimes, à tous ces enfants qui ont disparu et n'ont toujours pas été retrouvés. La population exige des autorités de connaître toute la vérité, aussi cruelle soit-elle, pour que, espère-t-elle, plus jamais de pareils faits ne touchent les enfants. Le dimanche 24 novembre, alors que la Marche Blanche avait rassemblé plus de 300.000 personnes à Bruxelles, plus de trois mille personnes défilent en silence de la place Crombez à la Grand'Place, entourant Sabine, ses parents et ceux d'autres enfants recherchés. Bien entourée, Sabine a pu se reconstruire et affronter par la suite son bourreau lors d'un écoeurant procès retransmis en direct par la télévision.

A Tournai, durant cete même année, d'autres personnes seront également victimes de meurtres, ces faits étant relativement récents, par respect pour leurs familles, l'Optimiste refuse d'entrer dans les détails. l'Histoire ne doit pas se tranformer en un journal à sensations. Dans cette rubrique des "faits divers", notons également ces deux attaques d'organismes financiers, à quelques jours d'interval, durant la seconde quinzaine du dernier mois de l'année. Le 18 décembre, une banque de la rue de Pont est la cible de deux malfrats qui y commettent un hold-up et s'enfuient avec un butin d'environ 150.000 Fb (env. 3.720 Euros). Deux jours plus tard, le 20 décembre, vers 16h30, c'est une agence d'une caisse d'épargne, située place Roger de la Pasture qui subit une violente agression, les deux individus n'hésitant pas à frapper le personnel pour arriver à leurs fins. Ils emporteront plus d'un million de francs belges (25.000 Euros). Etaient-ce les mêmes, étaient également ceux qui deux heures plus tard avaient attaqué une agence de la même enseigne à Mouscron en emportant 300.000 Fb (env. 7.440 Euros) ? La ville de Tournai avait connu une année horrible et celle-ci laissera des traces enfuies dans le subsconcient de ceux qui la vécurent...

13:54 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai |

26 avril
2009

10:00

Tournai : expressions tournaisiennes (16)

Voici l'histoire d'une pauvre femme qui habitait un quartier "oublié".

Elle habiteot tout au feond d'eine rulette (ruelle), ein p'tit logis, eine incienne courée. On n'la connisseot (connaissait) pos, tout c'qu'on saveot d'elle, ch'est qu'elle éteot veuve et d'veot s'appeler Isabelle. A l'beonne saiseon (au bon temps), on la veyot v'nir printe l' fraîque à s'cassis (prendre le frais à sa fenêtre), orwettier lommint (regarder longtemps) ses fleurs et nettier (nettoyer) l'pierre bleue su l'devanture de s'porte. L'hiver, ch'est au coin de l'étufe (poêle à pot rond muni d'une longue buse) qu'elle resteot tout l'journée, attindant que l'soir i-arrife, trannant (tremblant), toudis ingelée (gelée). A l'feos (parfois), on la rincontreot toute inmitoufflée quand elle alleot à commissieons.

Gasteon, ein braffe pinsieonné (un gentil retraité), ein garcheon (garçon) fort humain, éteot l'pus proche de ses visins (voisins). A l'fin d'l'ainnée, pindant eine semaine, l'vint de'bisse (la bise) chuffieleot (sifflait) in donnant l'tranne-tranne à les battantes (en faisant trembler les volets). N'veyant pus Isabelle, ein jour, après deiner (après-midi), il alla buquer (frapper) à s'porte. "Quoisque ch'est" (qu'est-ce qui se passe) dit eine pétite voix derrière l'huche (la porte), "ch'est vo visin Gasteon qui vint vous dire beonjour". D'ein seul queop (d'un coup), elle ouvère l'porte, l'orwette et sourit, on aureot dit qu'elle attindeot c'momint d'puis toudis. "Av'nez (venez), n'restez pos à l'porte, il fait si freod déhors, eine jatte d'jus tout fraîque (une tasse de frais café), j'vins jusse (juste) de l'faire" qu'elle li dit in li offrant eine vielle cayère (une vieille chaise). I-n' feseot pos là fort riche, elle viveot ave le strict nécessaire. In buvant leu café, elle li raqueonteot s'vie. Cha a été pou elle, ein leon (long) calvaire d'puis que s'n'heomme D'siré (Désiré) i-éteot mort à la guerre. Elle s'éteot ortrouvée (retrouvée) tou seu, sans in liard (sans argent), sans maseon, sans famile (famille), elle aveot du aller à l'Assistance Publique, on li aveot trouvé ceulle pétite maseon et elle aveot, ein peu à l'feos, acaté du meublier (acheté du mobilier) : ein bahut, ein lit, eine table et quat' cayères (quatre chaises). Elle aveot orchu (reçu) eine étufe, et à l'hiver, on lui apporteot s'proviseon d'carbeon (charbon). Elle ne f'seot pos bombance tous les jours mais s'continteot du peu qu'elle aveot. "Acore hureux qu'j'ai eine beonne santé, je n'sareos pos payé l'docteur" qu'elle diseot, in riant. Gasteon i-éteot tout estamperné (ébahi) d'vir l'corache (courage) de c'pétit bout de feimme (femme). "I a pus malhureux qu'mi, allez" qu'elle li dit au momint d'partir.

In rintrant à s'maseon, Gasteon s'mit à busier (songer) à quoisqu'i pourreot bin faire pou lui donner ein peu d'plaisi (un peu de joie). Ch'éteot béteôt l'Noé (c'est bientôt la Noël), i-alla faire l'tour des amisses du quartier et orchut (reçut) quelques liards. Avec cha, il acata (acheta) eine buche et eine beonne boutelle d'vin. Au soir du 24 décimpe, tous insanne (tous ensemble), i-allèrent li souhaiter eine beonne fiête d' Noë. I-passèrent ainsin l'pus bieau des réveilleons. Isabelle, raquonteot ses remimbrances (souvenirs) d' jeonesse, s'metteot à canter de vielles cancheonnes ( se mettait à chanter de vieilles chansons). "I-a bin lommint (longtemps) que j'n'ai pus été aussi hureusse" qu'elle leur dit.

L'lend'main au matin, tout i-éteot calme dins l'ruache (le quartier). On alla vir Isabelle, l'porte n'étoet pos serrée (fermée), elle éteot là dins fauteul, l'peot du feu n'éteot pus rouche (rouge), elle sourieot, elle éteot aux anches... pou toudis".

(S.T. avril 2009))

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25 avril
2009

09:16

Tournai : histoire d'un casino furtif

Les visiteurs qui arrivent à Tournai, en provenance de Courtrai, Mouscron ou Roubaix, après avoir franchi le Rond-Point de l'Europe, ses bassins et jets d'eau, entrent en ville par l'avenue de Troyes, ville française jumelée avec la cité aux cinq clochers. Leur regard se porte inévitablement à gauche, vers le Jardin de la Reine, un des nombreux espaces verts de la ville. Sur la droite, ils peuvent deviner la présence d'un imposant bâtiment, légèrement en retrait de la voirie, en partie dissimulé par une végétation sauvage. Les tournaisiens connaissent ce lieu sous le nom du "Casino".

Construit en 1904, l'édifice était destiné, à l'origine, à abriter d'imposantes machines à vapeur, fonctionnant au charbon et servant à actionner les énormes pompes captant l'eau de deux puits situés juste en-dessous. Le bâtiment faisait, en effet, partie de la Régie communale de distribution des Eaux. Sur le reste du site, on trouvait également des ateliers, une forge et des locaux techniques. Sous la construction, on notait la présence d'un réservoir d'eau de 1.200 m3. L'année 1920 amèna l'électrification de la ville, les machines à vapeur furent remplacées par des pompes électriques beaucoup moins encombrantes. Celles appartenant à la Régie furent donc démontées et les salles attendirent une nouvelle affectation.

La seconde guerre mondiale terminée, on assiste à la naissance de très nombreuses activités de loisirs voulant faire oublier quatre années d'occupation et de privations. On décida d'aménager le bâtiment inoccupé depuis près de 25 années afin d'y accueillir le "Casino de Tournai". La gestion de celui-ci fut confiée à Mr. Jacques Nys, qu'on appellait "Mr. Jacques". Originaire de Bruxelles, celui-ci avait été employé par le Casino de Spa. Le jeudi 11 avril 1946, le Casino est inauguré, en grande pompe, (cette expression se prête très bien si on se rappelle l'activité initale connue dans ces salles) par le Bourgmestre De Rasse, les échevins De Ruytter, Rimbaut , Deron. Une cinquantaine de convives se retrouveront, à cette occasion, à l'Hôtel de la Cathédrale, pour un diner de gala. Le vendredi suivant, on annonçait que le casino était fermé, mesure administrative qu'on disait provisoire, un document manquait pour que le dossier de gestion soit en règle. On attendit donc sa réouverture qui devait intervenir quelques semaines plus tard, pensait-on. La vérité se dessina peu à peu, la parquet était intervenu car la législation en ce domaine ne prévoyait que quatre salles de jeux en Wallonie : Namur, Dinant, Spa et Chaudfontaine. Le Casino ne rouvrit jamais ses portes, tout le matériel fut transporté dans les locaux de l'école communale d'Allain.

Avec le recul, on peut penser que la ville de Tournai a été victime d'une sorte de réglement de comptes. Si de telles salles étaient, en effet, interdites ailleurs que dans les quatre villes légalement désignées, elles étaient néanmoins tolérées par l'autorité judiciaire locale. On désigna comme étant à la base de cette plainte au parquet, le bourgmestre d'Ostende, alors Ministre de la Justice. Sa ville possédait elle aussi un casino et, peut-être, ne voyait-t-il pas d'un bon oeil se profiler une concurrence de plus en plus proche de sa cité balnéaire.

Le bâtiment allait s'endormir à nouveau pour un quart de siècle. Au début des années septante, il fut transformer en une salle de sport pour la pratique du basket, du volley-ball (le V.C Don Bosco cher à Pierre Remue y disputa un championnat avant qu'une bulle ne soit construite au sein de l'école toute proche), de la gymnastique, mais les installations étant peu fonctionnelles et sans aucun confort pour les portifs, elle fut rapidement abandonnée par les clubs régionaux. En 1985, cette fois, c'est un dancing qui s'y installa, le "Paradise" qui amena rapidement d'importantes nuisances dans ce quartier d'entrée de ville jusqu'alors très calme. Tapage nocturne, dégradations, jeunes cuvant à l'aube des week-ends sur les bancs du quartier et parfois même dans les bassins de la fontaine du rond-point, accrochages de voitures furent le lot hebdomadaire d' habitants qui multiplièrent les plaintes auprès de la police communale. Au début des années nonante, un nouveau propriétaire changea le nom du dancing et l'appela "le Site". Un incendie, d'origine criminelle, le détruisit totalement le dernier jour de l'année 1995, en pleine préparation de la nuit de la Saint Sylvestre. Depuis lors, le bâtiment est à l'abandon, les entrées ont été murées pour éviter les squatteurs, la végétation l'a, peu à peu, envahi et aucun projet de réhabilitation n'apparaît à l'horizon.

(sources : article paru dans le Courrier de l'Escaut, en 1996, sous la signature d'un maître en matière d'histoire tournaisienne, Etienne Boussemart et souvenirs personnels).

09:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : loisirs, site, paradise, tournai, casino |

21 avril
2009

09:56

Tournai : l'orchestre Johnny Delcroix

Cet orchestre très connu entre 1945 et le début des années septante qui anima les soirées dansantes de la région avait été créé par une fraterie : Jean, Raymond et Roger Delcroix, originaires de Chercq. Jean, l'ainé, a vu le jour en 1923. Son père et son grand'père étaient des musiciens qui animaient les nombreuses fêtes de l'époque au son de leur accordéon. Atteint du virus familial, on le retrouve "caisse claire", dès l'âge de cinq ans, au sein de la fanfare locale. Raymond, naît en 1926 et apprendra lui aussi les rudiments du solfège au sein de la même fanfare alors dirigée par Henri Baudry. En 1928, un troisième garçon vient agrandir la famille, on le prénomme Roger. A l'âge de huit ans, Raymond entre au Conservatoire de Tournai, six ans plus tard, en 1940, il décroche un prix de solfège et en 1944 un prix de saxophone. Durant la guerre, en 1942, Raymond se joint à l'orchestre "Crycker's Club" composé de jeunes musiciens régionaux. A la libération, les parents Delcroix reprennent un café à l'enseigne "Au Studio 24" située au numéro 43 de la rue Saint-Piat à Tournai.

C'est là que naît l'orchestre "Johnny Delcroix" créé par Jean, le pianiste, et dans lequel on retrouve tout naturellement Raymond au saxophone, Roger à la batterie et un ami, Cyr Detournay à la basse. En octobre 1944, alors que des troupes britanniques stationnent à Tournai avant leur départ pour l'Allemagne, un musicien anglais, William A. Smith est engagé. Excellent musicien, il évoluera, après la guerre, dans de nombreux orchestres au Royaume Uni dont le Bill Smith's Melody Maker Dance Orchestra. Similitude troublante avec le famille Delcroix, celle de William Smith était également composée de nombreux musiciens. Le 10 octobre 1944, le contrat signé par Jean Delcroix, modéliste, Chef de l'orchestre "Johnny Delcroix et son ensemble" stipule que le musicien anglais s'engage à apporter son concours, chaque fois qu'il en sera sollicité, mais... pour autant que ses prestations musicales n'entravent en rien ses obligations militaires. .Ce fait, peu connu du public, a été révélé, récemment par mail, à l'Optimiste par le fils de William A. Smith, Stuart McDonald, lui-même musicien, domicilié à LLandudno (North Wales) et lecteur du blog "Visite Virtuelle de Tournai". Il a tenu à transmettre copie du contrat et photos de son père à l'épouse de Jean Delcroix. Les musiciens de l'orchestre Johnny Delcroix furent donc très demandés au lendemain de la libération.

Bien plus tard, on les retrouve au sein de la formation de Guy Defroi (alias Albert Defroyennes), animatrice des soirées du "Roi des Radis" à Kain, célèbre salle de festivités jusque dans les années quatre-vingt. En septembre 1994, l'orchestre se reforma exceptionnellement pour animer un bal au pied du beffroi dans le cadre de la commémoration du cinquantième anniversaire de la libération de Tournai, à cette occasion, il s'était adjoint la participation du pianiste de jazz d'Antoing, Léon Woiemberghe (ancien du West Music Club). Si Jean fit sa carrière professionnelle au sein de l'entreprise Carton, Raymond se tourna vers l'enseignement et devint, en 1946, instituteur primaire à l'école Paris avant d'en devenir le chef d'école jusqu'à sa retaite en 1987. Il poursuivit également des études au Conservatoire Royal de Mons où il obtint le diplome de saxophoniste en 1963. En 1969, il devint professeur au Conservatoire de Tournai où il restera jusqu'à sa retraite, le 31 août 1991. Raymond fit aussi parti du West Music Club et dirigea l'Harmonie Communale des Volontaires Pompiers tournaisiens. Roger présida aux destinées de la FGTB tournaisienne (syndicat socialiste) avant d'entamer une carrière politique, conseiller communal, échevin du Tourisme et bourgmestre de la cité aux cinq clochers. Dernier témoin de cette épopée musicale, Jean est, en effet, décédé en 1997 et Raymond en septembre 2007, Roger décèdera en 2010. ...

18 avril
2009

17:31

Tournai : expressions tournaisiennes (15)

"Bé, nous ov'là d'jà à l'saiseon des gringottes ! " (nous voilà déjà au printemps, au temps des jonquilles). Cette saison du renouveau est symbolisée par la "gringotte" (la jonquille ou le narcisse jaune) que les enfants allaient jadis cueillir au bois d'Ere, à la limite de Saint Maur, et vendaient en bouquets pour quelques sous dans les rues de la ville. "Aller a l'maréaute à gringotte" signifie aller marauder des jonquilles. A Brunehaut, on organise, en mars, la "Marche des Jonquilles" qui attirent des milliers de participants, venus de Belgique et de France, impatients de prendre le premier bol d'air de l'année dans des paysages champêtres parsemés de ces délicates fleurs jaunes. 

Le printemps est la saison où "les jeones files metteo'tent leu prumier bonnet tuauté", il s'agit d'un ancien bonnet féminin entouré d'une série de petites alvéoles, semblables à des tuyaux, qui étaient obtenues à l'aide d'un fer spécial (genre fer à friser) ou d'une machine spéciale à tuauter dont un exemplaire existe au Musée de Folkore de Tournai. "Quand l'solel i-luit, ch'est l'temps des prumièrs amours, l'pincheon cante à tue tiête, les mam'zelles feont des mamours, l'hiver i-est oute, tout raverdit" (Quand le soleil luit, c'est le moment des premiers amours, le pinson chante à tue-tête, les demoiselles font des cajoleries, l'hiver est fini, tout reverdit). Notons que le verbe raverdir s'utilise également pour parler d'une personne dont la santé s'améliore.

Le printemps est aussi "l'temps des prumières ducasses", la ducasse est une fête patronnale de la dédicace d'une église, la fête anniversaire du jour où l'église a été consacrée. A Tournai, les ducasses de quartiers s'appellent aussi "sacres", le plus connu étant le sacre Saint-Piat. Durant trois jours, ce quartier populaire était en fête : messe et procession, fête foraine, combats de catch, crochets (concours pour chanteurs amateurs), bals populaires, le religieux et le profane se mêlaient toujours pour donner une joyeuse fête à laquelle participaient non seulement les habitants du quartier mais aussi ceux venus de la ville entière. Il y avait aussi "l'sacre Sainte Magritte", la ducasse du quartier Sainte Marguerite qui se déroulait à la mi-juillet, sur la Place de Lille et dans la rue As-Pois, "l'ducasse du Maroc" qui se déroule traditionnellement à l'Assomption (15 août). Jadis, après la procession du matin qui parcourait les rues de cet autre populaire quartier de Tournai, l'après-midi un cortège empruntait le même trajet, il était emmené par les "cartelettes", société tournaisienne de carnaval dont les membres habillés à la mode magrhébine, tout de blanc vêtus, frappaient sur des cartelettes, baril contenant du savon noir ou tonnelet en bois. La ducasse du Maroc est pratiquement la seule qui subsiste mais, il n'y a plus de cortège, plus de procession, une fête foraine, un chapiteau et une lutte de jeu de balle sont désormais au programme. A la fin du mois d'août, le quartier Saint-Antoine est en fête, c'est la traditionnelle kermesse au pied de l'église.

Mais si le printemps était synonyme de retour des beaux jours, il n'était pas de tout repos pour les ménagères : "l'printemps va qu'mincher pa l'grand nettiache d'Pâques, ch'est aussi l'sémaine de l'grande buée, on va tout rageintiller" (le printemps va commencer par le grand nettoyage de Pâques, c'est aussi la semaine de la grande lessive, on va tout remettre à neuf). "L'mamère l'a dit, i n'feot pos que l'maseon elle orsanne à un ran d'pouchéau" (la mère l'a dit, il ne faut pas que la maison ressemble à une porcherie), "car diminche on va vir rappliquer tout l'famille pour minger l'bédeo avec l'z'hariqueots et les penn'tières" (car dimanche on va voir arriver toute la famille pour venir manger l'agneau avec les haricots et les pommes de terre). "Pâques comminche po l'Blanc-Jeudi, l'jour où mossieu l'curé i-orlave les pieds des gins" (Pâques commence le Jeudi-Saint, le jour où le prêtre lave les pieds des gens)... et continue le Vendredi Saint par le marché aux fleurs et le chemin de croix de pénitence. On a commencé par parler des fleurs, on terminera en disant quà Tournai, "les fleurs de Pâques" désignent les primevères...

(texte original de Serge Tranchant, réalisé sur base du "Glossaire picard Tournaisien" de Lucien Jardez).

17:31 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, picard, patois |

15 avril
2009

17:31

Tournai : l'année 1995 sous la loupe (5)

Les derniers mois de l'année 1995 offrirent encore de nombreuses occasions de se distraire aux Tournaisiens.

Le 8e meeting international d'aérostation qui se déroulait les 23 et 24 septembre et qui avait attiré une nouvelle fois la toute grande foule, fut contrarié par un temps exécrable. Profitant d'une éclaircie, les montgolfières purent cependant décoller durant l'après-midi du dimanche. Le Festival international de Folklore de Tournai en est à sa douzième édition en ce début du mois d'octobre. L'ensemble Lipu de Bratislava, l'ensemble d'état de Tchouvachie, petite république russe, le Centre hellénique d'étude du folklore d'Athène, l'Istanbul Folklor Egitim Dernegé pour la Turquie, le groupe mexicain Anahuac accompagné par la formation musicale la Milpa s'associent aux Roctiers de Vaulx, aux Pas d'la Yau de Quevaucamps et aux orgnisateurs, les Infants du Catiau, pour offrir un nouveau spectacle de qualité fort prisé par les habitants de la cité des cinq clochers. Le 29 novembre, la Maison de la Culture accueille les numéros des jongleurs de jarres, les assiettes magiques, les cerceaux ou les perches de l'impossible, le prestigieux cirque de Pékin donne une unique représentation à Tournai.

Dans le domaine sportif, le championnat de football (94-95) se termine le dimanche 7 mai. Les deux clubs tournaisiens ont lutté durant toute la saison au coude à coude. Au classement final, le titre est remporté par le club de Zulte (qui fusionnera plus tard avec le SV Waregem) avec 43 points, il précède au classement le Racing de Tournai (42 pts) et l'Union de Tournai 40 points.  Le vendredi 7 juillet, la 6e étape du Tour de France, disputée entre Dunkerque et Charleroi traverse la ville. Une foule compacte applaudit les coureurs de l'Avenue de Maire à la gare. Au sprint volant, le belge Herman Frison bat son compagnon d'échappée le français François Simon. A Charleroi, la victoire reviendra à Erik Zabel devant Laurent Jalabert et Abdoujaparov. Grièvement blessé le 26 août lors de l'auto-cross de Velaines, (fracture de la maléole, tassement de vertèbres, côtes froissées), le tournaisien Pascal Mercier est néanmoins sacré champion d'Europe de la discipline au terme de la dernière épreuve disputée le 10 septembre. Enfin, en coupe d'Europe de water-polo, à Kempen aux Pays-Bas, le Cercle des Nageurs de Tournai (CNT) est battu sur le score de 8-14 par Barcelone et sera également défait par les roumains du Dinamo Bucarest. Comme on a pu le voir, l'année 1995 à Tournai a été marquée par de nombreux évènements dans les diverses rubriques que nous avons traitées.

(sources : le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

14 avril
2009

16:53

Tournai : l'année 1995 sous la loupe (4)

En cette année 1995, une fois encore, le programme culturel fut éclectique : théâtre, concerts, conférences, humour, ballets furent au rendez-vous.

Dans le domaine théâtral, les Tournaisiens purent applaudir, le mercredi 25 janvier, le Théâtropolitain qui présentait "Marabout Flash", les mardi 31 janvier et mercredi 1er février, le Théâtre National de Belgique dans la pièce de Fernand Crommelynck, "Les amants puérils" et le 10 avril, "Harold et Maud" pièce de Colin Higgins avec Danielle Darrieux.

Les amateurs de chant et de musique ne ratèrent pas, le mardi 24 janvier, la prestation à la Maison de la Culture du groupe vocal, sans doute le plus connu au monde, les "King's Singers", en tournée mondiale. Chansons des maîtres du 16e siècle tels Lassus et Byrd mais aussi adaptations de succès contemporains des Beatles et U2. Ces stars du chant choral enchantèrent le public de la cité des cinq clochers. Le jeudi 22 juin, c'est l'Orchestre des Guides qui se produisit en concert en la cathédrale Notre-Dame et les 11 et 13 octobre, dans le cadre du Festival de Wallonie, le Théâtre Royal de la Monnaie vint interpréter "Cosi fan Tutte" de Mozart.

Les amateurs de ballets prirent rendez-vous les 27 et 29 janvier, avec les Ballets du Hainaut, Compagnie Jean Jacques Van Velthem, qui se produisaient en la Maison de la Culture et avaient inscrit à leur programme "Porcelaines de Tournai", un ballet théâtre en huit tableaux, "Sonate", une étroite complicité entre la danse et un piano et "Bolero", une rencontre en un jeune homme, un chorégraphe et un grand contemporain.

Les amateurs de chansons françaises rencontrèrent, à la Maison de la Culture, le dimanche 30 avril, Ricet Barrier et Damien Vé invités par la Maison des jeunes, Masure 14, tandis que le 11 mai, Henri Dès revenait une nouvelle fois à Tournai, accompagné, pour l'occasion, par le Tournaisien Philippe Navarre et ses musiciens.

Deux conférenciers de renom se succédèrent en mars, tout d'abord, le Premier Ministre, Jean Luc Dehaene, de retour des Etats-Unis, invité par la Chambre de Commerce et d'Industrie, il était venu entretenir son auditoire sur "Le défi économique 1995-2000, comment préparer la Belgique à l'ère post-industrielle". Le 15 mars, le gouverneur de la Banque Nationale lui succèda, Alphonse Verplaetse était venu parler de "L'économie belge en 1994 et les perspectives d'avenir".

L'Humour fut omniprésent tout au long de cette année 1995 : le 7 février, le public tournaisien fit la connaissance d'un jeune humoriste français, Artus de Penguern. Le vendredi 31 mars, ce furent les Frères Taloche qui lui succédèrent sur la scène de la Maison de la Culture. Le 19 mai, la salle du Forum accueillait Dany Boon qui présentait son spectacle dans la ville où il a étudié. Le 15 octobre Guy Montagné fit, lui aussi, salle comble. Dans le prochain article nous parlerons du Festival de Folklore, de cirque et de sport.

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12 avril
2009

16:48

Tournai : expressions tournaisiennes (14)

Voici une histoire qui sent déjà bon les vacances. ...

" A l'fin de l'sémaine, on ira 'cor (encore) à Nieuport, in disant cha, Zandrine, fait plaisi à Victor, car, in déhors de s'tuant métier d' fonctieonnaire, i-n'a qu'eine passieon su ceulle tierre, péquer in mer (pêcher en mer). Victor weffe (travaille) d'puis vingt cheonq ans, à l'RTT, à Belgacom qu'i-orprind (reprend) avec fierté pasque d'puis qu'on a cangé (changé) l'neom de l'boutique, i-a du apprinte (apprendre), ahais (oui), à sourire au public. Cha été radical, comme eine révolutieon, même au soir, i-f'seot des exercisses à s'maseon. I-a réussi l'cancours, i-est aux orclamatieons, là où les raleux peuv'tent invoyer leu questieons. Asteur (maintenant), quand i-in orchoit (reçoit) eine, i-deot donner suite, i-n'a pus l'temps d'aller boire s'verre à l'Poire Cuite (vieux café tournaisien). S'vie a connu bin des modificatieons, i-est fatigué, asteur, quand i-rinte à s'maseon. Aussi Zandrine essaie d'li ormonter (remonter) s'moral in li offrant des distractieons dominicales. Quand i fait beon, i-s'in vont l'diminche à Nieuport, les infants, grand'père et gramère (grand'mère), Zandrine et Victor, (ahais mes amisse i'n'feot pos ete tout saisi, Gilbert Bécaud i-alleot bin l'diminche à Orly).

P'tit Léon, l'mopère à Zandrine, est ein sache (sage), mais i-sait bin orluquer (lorgner) les filles malgré s'grand ache (âge), Alice, avec les infants, cache à coquillaches pindant qu'Victor loue l'batieau pou l'grand voyache. On pourra jamais pinser qu'à l'Cote Belge, la mer, on l'a d'jà vu dinser l'leon des golfes clairs et si, à l'feos, elle a acor des orflets (reflets) d'argent bé ché à causse de l'présince de lubrifiants. Les o'vlà tertous (tous) partis à l'assaut des picheons (poissons), mieux vaut pou les soles et harengs d'rester au feond. L'batieau d' François i-jette l'ancre au larche d'Ostende, i-n'a pus fauqu' à attinte que l'ligne elle se tende. Eine heure, deux heures, l'boucheon vogue au gré des fleots, l'Pétit Leon, li, pinse d'jà à l'apéro. Trois heures, quatre heures, i-n'a rin d'nouvieau à l'horizeon, Zandrine pinse à ouvère (ouvrir) l'sac à proviseons. Cheonq heures, six heures, soudain eine illuminatieon, P'tit Léon, in orwettiant (regardant) sans cesse les vagues, décide d'tuer l'attinte par eine beonne blaque. Avant d'minger, gramère a ortiré s'dintier, sans bruit, Léon saisit alors l'ratelier, l'attache bin à s'ligne et dins l'ieau iodée i- l'fait trimper. L'temps i-passe, Victor n'a acore rin péquer (pêcher). Hourra, av'nez (venez), j'crois qu'j'ai attrapé ein' séquoi (quelque chose) ! D'un beond tout l'famile s'rue chez Léon pou vir (voir) quoi. Tout au bout de s'ligne balance l'prothesse dintaire. Zandrine s'in saisit et, hop, l'invoie sans manière, ch'néteot qu' des vielles dints qu'elle dit, in riant, à s'mopère, Ahais qui li répeond, mais ch'éteot les dints de... la mère !".

Ce drame, Léon l'a un jour raconté, en faisant sa partie de cartes, dans un cabaret tournaisien, la légende dit que s'y trouvait attablé un producteur américain. Ne comprenant pas le français et encore moins notre patois, il ne retint que la dernière expression " les dents de la mère" et encore, rentré aux Etats-Unis, il en a fait un film d'aventures bien loin des exploits de Victor, Zandrine, p'tit Léon et Alice...

(toute ressemblance avec des personnes vivantes ou ayant existé serait plus que fortuite elle serait impossible !)

(texte original de Serge Tranchant, avril 2009).

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09 avril
2009

09:04

Tournai : l'année 1995 sous la loupe (3)

En cette année 1995, le climat social connaît encore de nombreux soubresauts provoqués par la crise qui dure maintenant depuis quelques années. Ainsi au début du mois de janvier des statistiques révèlent qu'il y a eu 173 faillites en Hainaut Occidental durant l'année précédente. Ce premier mois de l'année apporte une première mauvaise nouvelle, 79 personnes (38 employés et 41 ouvriers) sont licenciés chez "Bayer" à Orcq. L'entreprise est spécialisée dans la production de réactifs chimiques destinés à l'analyse en laboratoire, elle a été créée à Leuze mais est venue s'installer sur le zoning de Tournai Ouest en 1993. La direction américaine a privilégié des investissement aux Etats-Unis au détriment de l'entreprise belge. Qu'on le veuille ou non, lors de périodes de crises, le sacro-saint protectionnisme américain refait régulièrement surface.

Débutons la rubrique culturelle par les trois évènements qui marquèrent la cité en 1995. La "Piste aux Espoirs" tout d'abord qui en est à sa huitième édition, organisée les 4 et 5 mars. Cette fois plus question de querelle entre partisans du cirque traditionnel et ceux du renouveau des arts circassiens, le jury a tranché et opté résolument pour la modernité. En catégorie "Espoirs", la Piste d'Or est remportée par Igor et Sergueï Kamarkov de l'Ecole de Cirque de Moscou dans un extraordinaire numéro de main à main. La Piste d'Argent revient à la troupe chinoise de Tianjin pour sa prestation intitulée "la Pagode de Verre". Trois Pistes de Bronze sont attribuées à Samuel et Laurence Tétriault de l'Ecole de Cirque de Montréal présentant, eux aussi, un numéro de main à main, à la suissesse Dorjana présentant un numéro aux multicordes lisses et à Mercedes Chenard, contorsionniste, de l'Ecole de Cirque de Montréal. Dans la catégorie "Amateurs", la Piste d'Or n'est pas décernée, le jury n'ayant pas découvert un numéro de très grande qualité, celle d'Argent est remportée par l'Ecole française des Campelières présentant un numéro original de monocycles, la même école remporte également la Piste de Bronze pour le numéro de jonglerie des "6 Boulettes". Le Prix du Public est attribué à l'Atelier du Trapèze, un spectaculaire numéro de trapèze volant exécuté par une troupe dans laquelle évolue la tournaisienne Céline Devos quant au Prix de la Presse, il récompense les Acrostiches du Lido, un numéro de main à main qu'on a pu voir depuis dans les plus grands music-hall et sur le plateau d'émissions de télévision. Une mauvaise nouvelle nous parviendra en cette fin d'année 1995, le 19 novembre, on apprend le décès d'une des cheville ouvrière de ce festival, Jean Paul Lenglez, le libraire, fan de cirque, de la Place de Lille est décédé.

Le second évènement se déroule, en juin, dans le cadre de la Journée des Quatre Cortèges organisée par les Amis de Tournai. Le traditionnel spectacle du samedi soir a pour décor le site des Tour Marvis et fait revivre les héros tournaisiens, Lethalde et Engelbert qui, selon la légende, furent les deux premiers croisés à entrer dans Jérusalem lors de la croisade de Godefroid de Bouillon. Spectacle médiéval, démonstration de combats, usage de catapultes, cheours dirigés par Michel Jakobiec. Cette somptueuse reconstitution appréciée par le nombreux public présent a été mis en scène par la tournaisienne Yola Her, professeur au Conservatoire, avec la collaboration de Jean Marie et Colette Nys, de Raphaël Dehove, responsable de la partie équestre, tenant le rôle de Godefroid de Bouillon, de Claude Bonnet, de Pierre Pollet et de bien d'autres artistes tournaisiens. Un spectacle créé par des "Amateurs" (dans le sens noble du terme) qui n'avait rien à envier aux grandes productions présentées les années précédentes. Il ne faut pas le cacher, il y a du talent au sein de la cité aux cinq clochers! Le lendemain, sous un ciel incertain, la sortie annuelle des Géants de Tournai, des groupes folkoriques ou des chars fleuris attire un très nombreux public. 

Troisième grand évènement, en novembre, la 2e édition du Festival international des Imitateurs de Tournai. Ce sont les vainqueurs des éditions précédentes (trois disputées à Frasnes et une à Tournai) qui s'affrontent pour la remise du Luron d'Or. Berlu se le voit attribué. En vedette, Roland Magdane, de retour des USA après douze ans d'absence, a conquis le public tournaisien par son one man show. ... Demain, nous commenterons les autres évènements culturels de cette année 1995 à Tournai.