30 mars
2009

09:42

Tournai : les chantiers de la rénovation (2)

"Le visage de la Ville se transforme" était le titre provisoire donné à cette étude sur les chantiers en cours. Après avoir évoqué ceux entrepris par le privé, nous allons aujourd'hui parler des nombreux travaux entrepris par les services publics. Le plus important est, bien entendu, la rénovation de la cathédrale Notre-Dame. Le chantier de la nef romane a débuté en septembre 2008. Toutes les ardoises ont été enlevées, la sous-toiture en bois a été totalement rénovée, les feuilles de plomb ont été posées sur la presque totalité du versant Sud, les travaux occuperont prochainement le versant Nord, dès qu'ils seront terminés, on enlèvera le dome plastifié qui protège les ouvriers des mauvaises conditions atmosphériques et on conservera uniquement l'échafaudage afin de rénover les façades de la nef (nettoyage des pierres noircies par la pollution, remplacement de celles victimes des outrages du temps, scellement d'autres qui semblent éprises de liberté...). Il est prévu, sans aléas de dernière minute, que ces travaux seront terminés avant le prochain hiver.

Autre monument tournaisien en cours de restauration, sur la rive droite cette fois, la Tour Henri VIII, dernier vestige de l'occupation de la ville par les troupes anglaises. Là aussi, un échafaudage surmonté d'un dome plastifié permet aux archéologues d'effectuer des recherches sur le sommet du massif géant de pierre. Toutes les terres qui recouvraient l'extrémité de la terrasse ont été enlevées, on a pu ainsi se rendre compte de certains détails de la construction mais, selon les pécialistes, les découvertes furent moins spectaculaires qu'espérées. Là aussi la façade sera nettoyée. A deux pas de ce chantier, celui entrepris dans les anciens bâtiments de la "Coopérative l'Avenir", à la rue du Rempart, progresse, la façade a été sauvegardée, l'intérieur a été consolidé et parfois reconstruit.

L'Hôtel de Ville est désormais équipé d'un ascenseur permettant aux personnes à mobilité réduite de se rendre dans les salles située à l'étage et, notamment, au Salon de la Reine où sont organisées conférences et réceptions diverses mais aussi dans la crypte pour assister aux réceptions et dîners qui s'y déroulent parfois. Celui-ci a été construit à l'arrière du bâtiment, côté parc communal, et a necessité la construction d'une verrière accolée à la façade s'intégrant, le mieux possible, au style spécifique de la Maison Communale. Grâce à cette amélioration d'accès, c'est désormais la totalité du bâtiment qui est accessible aux personnes handicapées et c'est, bien au-delà des considérations d'ordre esthétique qu'émettent certains puristes, l'aspect le plus important de cette réalisation.

Autre chantier qui devrait débuter bientôt, celui qu'entreprendra la SPW (ex-MET), le service chargé de l'entretien des routes régionales, dès le 6 avril. On devrait procéder à la construction définitive du rond-point dans le carrefour du Viaduc, celui que les Tournaisiens appellent "le rond-point Imagix" puisqu'il a été "provisoirement" installé en 2005 lors de l'inauguration de cette nouvelle salle de spectacle. Constitué d'éléments plastifiés rouge et blanc, il avait, au fil du temps, pris l'aspect d'un point de contrôle comme ceux qu'on rencontrait à Berlin durant la guerre froide. Les travaux débuteront-ils réellement avant Pâques (ou à la Trinité), s'éterniseront-ils comme ce fut le cas pour la construction du rond-point de la chaussée de Bruxelles ? Bien malin qui pourra répondre à ces interrogations car, que ce soit à Hollain, Tournai, Warcoing ou ailleurs, ce ministère brille par un évident manque de qualité et d'efficacité et les délais sont rarement respectés !

29 mars
2009

08:51

Tournai : expressions tournaisiennes (12)

Ov'là aujord'hui eine histoire qu'eine gramère (grand'mère) aureot pu raconter à l'écrienne, au momint du noir quart d'heure (moment du crépuscule où on s'éclairait, par économie, à la lueur du foyer).

"Dins tout l'rue Saint Piat, on connisseot bin l'pétit Titisse, ch'éteot ein p'tit rotleot (garçon de petite taille) qu'i-aveot vu l'jour à Saint Brice, ein infant qui n'aveot pos eu d'sanche (chance), s'mamère, eine brafe fille, éteot morte à s'naissance. S'mopère éteot un mordiquéau (sale individu), toudis prêt à li donner eine mornife (gifle) et des cachireons (gifles bien appuyées) quand i-rintreot, après s'n'ouvrache, quervé, (ivre) à l'maseon. Titisse, li, aimeot lusoter (flâner) dins les rulettes (ruelles), jeuer à marbres (jouer aux billes), à l'blute (petite toupie qu'on fait tourner en fouettant) ou au rogneon (voir jeux populaires tournaisiens). I-éteot inscrit à l'école des Récollets, mais i-n'aveot jamais été, s'mopère préférant l'invoyer mindier les liards qu'i-aveot b'soin pour queurir berdin (vagabonder).

Ein jour d'hiver qui geleot à noirdglache (verglas), Titisse orveneot tout à s'n'aisse, s'pocheon (petite timbale) rimpli d' mitralle (petite monnaie) quand i-rincontra au beau mitan de l'rue Cherquefosse (qu'on appeleot l'rue Merdenchon), eine vielle femme qui aveot été à messe. "Tu est tout transi, mon pauvre petit, tu risques la pneumonie, viens, j'habite à deux pas, que dirais-tu d'une bonne tasse de chocolat ?" Titisse ne parleot que l'patois mais i-aveot bin compris l'mot "chocolat". L'chucolat, ch'éteot pour li ein rêve, ein meot magique dit par les infants de l'rue des Jésuites quand i parleo'tent du déjeuner du diminche matin. Arrivé dins l'grande maseon, Titisse n'osa pos s'assir d'peur d'salir les cayères (chaises) à dorures. L'naque (l'odeur) du cacao rimplit tout l'cuisine et quand l'bol arriva tout fumant, i-l'orwettia lommint. "Bois-le, il ne faut pas le laisser refroidir" li dit l'vielle femme avec ein sourire. L'chucolat glicha dins s'gosier et l' rimplit d'bénaiss'té (joie). Titisse et l'vielle dame devinrt'ent des amisses et souvint i-li conteot ses misères, avec ses meots à li. Ch'n' éteot pos facile pour elle, au début, d'comprinte quand i-li diseot que s' mopère i-s'fouteot eine chique (se soulait) tous les jours, qu'i-éteot aux chint queops (inquiet) à chaque fois qu'-i alleot rintré et qu'i-d'veot bin souvint aller à s'lit sans deîner (diner). Elle aveot les larmes dins les yeux quand i-li parleot de s'mammère qui alleot souvint vir à Mulette (nom donné au cimetière du Sud à Tournai) pou li dire tous les malheurs que rinfermeot s'petit coeur. Sans rin dire, l'vielle femme alla, ein bieau jour, vir s'notaire pou faire d'Titisse s' n'unique légataire. Bin pus tard, quand elle quitta ceulle tierre, Titisse qu-i aveot alors vingt ans orchu eine fortune du notaire. Advenez (devinez) mes gins quoisqu'i-a fait avec tous ces liards (argent), bé i-a plaché s'mopère à l'hospice et laiché d'l'argint pour qui soiche bin soigné et avec l'restant i-a ouvert eine maseon pour les infants d'buveus, pour qu'i soichent hureux, pour qui n'orchoiv'tent pus de l'chinture (ceinture) au pus bieau momint d'le vie." V'là ceulle triste histoire qui finit bin.

Il n'y a sans doute jamais eu de Titisse à Saint Piat, mais des garcons comme lui existent probablement à Tournai comme ailleurs, à commencer par un certain Michel Collucci qui a fondé "Les Restos du Coeur" et à qui l'Optimiste a voulu, au travers de cette histoire totalement inventée, rendre un vibrant hommage. La crise que nous connaissons touche en premier les petites gens, les êtres les plus fragiles, il est bon de s'en souvenir quand au détour d'une rue se tend vers nous la main d'une maman qui demande un peu d'argent pour nourrir son enfant !

(S.T. mars 2009)

08:51 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, picard, patois |

28 mars
2009

11:20

Tournai : les chantiers de la rénovation (1)

Aujourd'hui, nous allons nous attacher à l'actualité en parcourant les chantiers de rénovations entamés au sein de la ville. La première partie nous fera découvrir les chantiers gérés par des capitaux privés.

Sur la rive gauche de l'Escaut, à la rue As-Pois, les travaux d'aménagements et de constructions d'appartements de la résidence, "la Factory" progressent. La partie conservée de l'ancienne usine a été totalement réaménagée, des bâtiments neufs, construits sur un terrain vague où se dressait jadis l'ancien dépôt de la brasserie Losfeld, juste à côté de l'usine textile Servais Comenne et la Rayonne, sont en cours de finition. Dans quelques mois, les premiers habitants pourront s'y installer. On assistera à un important repeuplement de cette rue ouvrière attachante, un des derniers endroits où on sent vivre l'âme de Tournai.

A quelques centaines de mètres de là, la rue Perdue a vu son visage transformé en quelques années. Après les travaux réussis de restauration du Fort Rouge, la construction d'immeubles à appartements et la création d'un espace public assurant la laison entre cette rue et la Grand'Place, ce sont les ruines de l'ancien théâtre communal détruit par les bombardement de mai 1940 qui ont été effacées. A la place se dresse désormais une résidence-service, "la résidence du théâtre" dont les premiers appartements sont en cours d'habitation. En face, les travaux de transformation de la caserne d'incendie sont presque terminés. Les étages ont été transformés en appartements cossus, tandis que le rez-de-chaussée abritera bientôt des bureaux. A l'arrière, la cour donnant sur la rue des Bouchers Saint-Jacques, a été choisie par la société de logement sociaux, le Logis Tournaisien, pour y réaliser un immeuble à appartements pour personnes à revenus modestes. Les travaux sont là aussi presque terminés. Ce projet tente de réintroduire une mixité sociale, au coeur de la ville, dans des rues situées à deux pas de la Grand'Place, allant ainsi à l'encontre de ce qui s'est fait à partir du début du XXe siècle, la construction de quartiers dans les faubourgs de la ville pour y loger des personnes à bas revenus (quartier du Maroc, du Vingt-Quatre Août, du Vert Bocage, résidence Marcel Carbonnelle... comparés parfois, à tort, à des ghettos). 

Le site de l'ancien cinéma Palace, à la rue de l'Hôpital Notre-Dame est lui aussi en pleine mutation. Après la destruction de la salle de spectacle réalisée à la fin de l'été dernier, des fouilles ont été entreprises dans l'espoir de découvrir des traces d'occupation remontant à la période romaine. Les premières découvertes confirmèrent les prévisions des chercheurs, hélas, la proximité de l'Escaut, la remontée de la nappe phréatique et l'hiver rigoureux ont eu raison de l'optimisme des universitaires. Dans la rue de l'Arbalète, les travaux de transformation d'anciens immeubles à l'abandon offrant un triste aspect à cette petite voirie sont au stade de finition. Certains y verront probablement une nouvelle forme de façadisme, mais, il faut être conscient que si on veut y loger des personnes dans le respect des règles d'hygiène et du confort moderne, il n'existe pas beaucoup d'autres solutions !

Sur la rive droite de l'Escaut, un chantier retient l'attention, la transformation de l'ancien hôtel de la Fontaine d'Or. Ce café, bien connu des Tournaisiens, a été, pendant des décennies, le lieu de rendez-vous d'employés travaillant dans le quartier et de joueurs de cartes, le local de nombreuses associations, la buvette des joueurs de balle-pelote lors des tournois organisés sur le ballodrome, la salle de vente des huissiers, l'accueil des éleveurs de la région venus participer, plusieurs fois par an, aux concours bovins, ovins ou chevalins. Aujourd'hui, sa façade sauvegardée a été intégrée dans l'immeuble en construction. Au rez-de-chaussée devrait s'installer un commerçant tandis que les étages et les nouveaux bâtiment érigés à l'arrière accueilleront des appartements.

D'autres chantiers importants sont en projet ou devraient débuter cette année encore, le vaste projet de rénovation du "quartier cathédral" devrait voir s'élever sur les emplacements du cinéma et des anciens locaux du "Courrier de l'Escaut", des immeubles avec commerces au rez-de-chaussée et logements à l'étage. On parle également, à plus long terme, de l'aménagement d'un ilôt inoccupé depuis trop longtemps au coeur du quartier saint Piat, projet porté par une association d'habitants des rues voisines qui souhaitent voir disparaître un chancre qui défigure ce populaire quartier de Tournai. A la Placette aux Oignons, prolongement de la rue Perdue, on prévoit la prochaine construction d'un immeuble à appartements là où s'élève un mur cachant un terrain vague.... Toutes ces transformations amènent ou amèneront de nouveaux habitants dans l'intra-muros, redynamiseront des quartiers abandonnés le soir par les gens qui y travaillent, redonneront vie à un tissu urbain qui en a bien besoin. ... Par la suite, nous évoquerons les travaux initiés par les diverses administrations.

11:20 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, renovation |

26 mars
2009

07:28

Tournai : la "Dorcas", un nom, une histoire

Etienne Boussemart, journaliste au Courrier de l'Escaut et excellent guide durant ses loisirs, s'est souvent penché sur l'origine de lieux tournaisiens. Ainsi, au début des années nonante, fit-il paraître un article consacré à "La Dorcas", clinique tournaisienne située au bord de l'Escaut, au début de la chaussée d'Antoing, face à la Maison d'Arrêt. Celle-ci compose désormais avec l'Hôpital Civil, le RHMS et la clinique Notre-Dame, le Centre Hospitalier de Wallonie Picarde, une fusion qui, à terme, permettra une spécificité de traitements dans chaque établissement et des économies d'échelle. Voici un condensé du long article qu'il a consacré à la création de cette clinique. 

"Le 31 août 1882 naît à Gosselies, au sein d'une famille de tradition huguenote, Gabrielle Révelard. Après des études primaires et secondaires, elle s'oriente vers l'enseignement et décroche ses diplômes d'institutrice et de professeur de gymnastique. Dès la fin de ses études, elle part pour l'Irlande où elle suit une formation missionnaire. Quelques temps plus tard, on la retrouve à Strasbourg où elle s'engage parmi les diaconesses protestantes et suit également des cours d'infirmière (dans la religion protestante, la diaconesse est une femme chargée de fonctions religieuses et qui se voue également à des tâches charitables). En 1912, alors âgée de trente ans, elle est de retour au pays et ouvre, à Uccle, la première maison de cet ordre protestant. Durant la première guerre mondiale, c'est à Namur qu'elle apporte son aide aux blessés n'hésitant pas à effectuer de longs déplacements à bicyclette. Le conflit terminé, elle enseigne à l'école d'infirmières de Charleroi, y organise une section médico-pédagogique, publie, en 1933, un "essai de déontologie pour infirmières" et donne de nombreuses conférences prônant l'hygiène. 

En 1935, elle arrive à Tournai. Elle est âgée de 52 ans et ouvre, au chateau Duthoit, l'Ecole Provinciale d'Infirmières dont elle assure non seulement la direction mais aussi l'enseignement. A elle seule, elle dispense les cours de psychologie, de technique professionnelle, d'économie domestique, de gymnastique et de déontologie. Son personnel est simplement constitué d'un concierge, d'une cuisinière et d'une femme d'entretien. En 1938, elle jette les bases d'une clinique grâce à l'aide du député René Thone. Les travaux de construction seront malheureusement interrompus par le déclenchement de la seconde guerre mondiale et reprendront dès 1945. La clinique "La Dorcas" publie ses statuts le 30 octobre 1948. On a beaucoup cherché un sens à ce nom, il trouve tout simplement son origine dans la Bible : "Dorcas" (ou "Tabitha" en araméen) désigne une femme affairée au bien, aidant son prochain.

Dès 1945, Gabrielle Révelard avait établit d'autres services d'aide à la population : une section d'accoucheuses, de garde-malades et d'infirmières psychiatriques. Elle patronne également une oeuvre pour enfants moralement abandonnés, organise des collectes de sang et crée même une consultation de nourissons pour bateliers. Cette grande dame qui a vécu tout au long de sa vie active son idéal de diaconesse, quittera la cité aux cinq clochers en 1952, bien qu'elle soit alors âgée de 69 ans, elle continue oeuvrer en faveur des personnes souffrantes à Ghlin d'abord et à Bruxelles ensuite. En 1967, pour l'ensemble de son oeuvre au service des malades, elle sera récompensée par la médaille Florence Nightingale. Elle s'éteindra le 17 juin 1976 à Uccle". 

A la lecture d'une telle biographie, l'Optimiste propose une réflexion : en souvenir de cette pionnière des soins infirmiers qui durant toute sa vie se consacra aux personnes malades, ne serait-il pas dommage que le nom "Dorcas" disparaisse totalement du paysage hospitalier tournaisien car, bien souvent, à notre époque, on a un peu trop tendance à faire du fi du passé lorsqu'on construit du neuf (et on voudrait que nos enfants connaîssent l'Histoire) !

25 mars
2009

07:22

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (5)

Terminons la rétrospective de l'actualité en cette année 1994 à Tournai. Trois évènements particuliers vont déplacés un très nombreux public. Le samedi 3 septembre, la ville aux cinq clochers fête le 50e anniversaire de sa libération par les troupes anglo-américaines. Un défilé militaire arrivant par la chaussée de Douai et composé de véhicules d'époque reconstitue l'ambiance de ce jour particulier où la première ville belge fut libérée, des milliers de personnes se massent tout au long de l'itinéraire emprunté par celui-ci. Il est également suivi par le Prince Andrew, duc d'York, le Prince Philippe de Belgique, Mme O'Leary, Secrétaire d'Etat américaine représentant le Président Bill Clinton, les généraux Massy pour la Belgique, Maddoy et Jamerson pour les Etats-Unis, Donaldson et Riley pour la Grande-Bretagne ainsi que les ambassadeurs américain et britannique et le conseil communal au grand complet. Ces personnalités déposent une gerbe au pied du beffroi sous la plaque commémorant cet évènement resté gravé dans le coeur des Tournaisiens. Comme au moment de la libération, la fête se poursuit le soir, sur la Grand'Place, avec un podium de variétés animé par Catherine Lara et Gilbert Montagné.

Autre évènement, la création d'un nouveau rendez-vous annuel qui fera, lui aussi, connaître Tournai au-delà de nos frontières. Après le Festival intenational de Folklore, après la Piste aux Espoirs et le rendez-vous d'aérostation, c'est le Festival des Imitateurs, créé à Frasnes-les-Anvaing et soucieux de grandir, qui vient s'installer dans les murs de la Maison de la Culture. La première édition se déroule le samedi 19 novembre et le lauréat en est Berlu, un imitateur dont l'originalité est de raconter une histoire truffée d'imitations. La seconde partie du spectacle est assurée par Popeck qui reçoit une véritable standing-ovation. Le troisième évènement avait eu lieu du 9 au 27 mai, les splendeurs qu'offre la porcelaine tendre tournaisienne s'exposaient en l'auditorium de la BBL sur le Quai Dumon. "Porcelaine de Tournay" attira un nombreux public. Les organismes financiers, encore belges à l'époque, organisaient régulièrement des évènements marquants pour la Ville, forme de mécénat, aujourd'hui, hélas disparu car que représentent encore des petites villes de province pour des conseils d'administration situés désormais à Amsterdam, Paris ou ailleurs en Europe.

La page sportive nous permet de parler de football, de cyclisme et d'athlétisme. Le dimanche 30 avril, à la clôture du championnat de Promotion, le Racing de Tournai termine en 5e position au classement avec 34 points, l'Union est 8e avec trente points. Le titre est enlevé par le Hernis de Gand. L'ancien coureur cycliste professionnel, André Lurquin ayant mis fin à sa carrière sportive pour entrer à la brigade canine de la Police communale, n'en a pas pour autant remisé la bycliclette et devient champion de Belgique cycliste chez les policiers et, le 8 juin, intégré au sein de l'équipe belge dirigée par Lucien Accou, devient également vice-champion d'Europe à Bristol en Grande-Bretagne. La médaille d'or est remportée par un policier autrichien, le podium est complété par un anglais. Le 4 juin, l'édition de la "Lucien Van Impe", une cyclo-sportive, attire 2.583 cyclotouristes venus des quatre coins de l'Europe pour découvrir le sélectif parcours concocté par les Audaxs. Wilfried Iwens boucle les 175 km en 5h03'. Enfin, le dimanche 15 mai, l'équipe masculine de la RUSTA devient championne de Division II (LBFA, Ligue Belge Francophone d'Athlétisme) et accède ainsi à l'élite. Au moment où l'année prend fin, l'Administration Communale présente le plan d'aménagement de la Grand'Place et des rues voisines. Un élément de celui-ci attire l'attention, dans ce projet initial, on songe à déplacer la statue de Christine de Lalaing qui quitterait le centre du forum tournaisien, affaire à suivre....

24 mars
2009

08:43

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (4)

Après avoir parlé des conférences et des arts circassiens, attachons-nous à la passion des mélomanes tournaisiens. En cette année 1994, ils sont conviés, le 28 mars, en la Maison de la Culture, à un prestigieux concert donné par L'Orchestre National de Belgique. Nonante musiciens sous la direction d'Olivier de France, avec en soliste la violoncelliste de renommée internationale, notre concitoyenne, Marie Hallynckx, née à l'ombre des cinq clochers en 1973. Au programme de cette soirée exceptionnelle : l'ouverture "Les Hebrides" de Mendelsohn (morceau aussi connu sous le nom de "grotte de Fingall"), les Variations Rococo de Tchaïkowsky et la Symphonie n°3 en ut mineur de Sibélius entre autres. Le 28 octobre, le claveciniste et organiste, Gustav Leonhardt propose des oeuvres de Couperin, Anglebert, Leroux, Bach. En fin d'année, le traditionnel "Concert Viennois" organisé par la Confrérie des Cinq Clochers dans un but philantropique accueille, le 10 décembre, le jeune Orchestre Symphonique de Baden-Baden dans des oeuvres de la famille Strauss.

Autre style de musique, celui qui attire les amoureux du piano à bretelles. Le coup d'envoi de "L'accordéon, moi j'aime" organisé en collaboration avec le quartier de Wazemme à Lille, a lieu le vendredi 13 mai, à partir de 16h, dans le quartier Saint Pierre. Les accordéonistes vont de bistrots en bistrots ou chantent aux coins des rues en abordant les répertoires les plus divers. Cet instrument qu'on appelle aussi le "piano du pauvre" est encore à l'honneur au mois de mai. Créé en 1944, au lendemain de la libération, l'Accordéon-Club de Tournai fête son cinquantième anniversaire. Durant un demi-siècle, son fondateur, Pierre Duchateau, a formé des centaines d'accordéonistes et remporté des dizaines de prix et de titres lors de concours ou de championnats organisés en Belgique et à l'étranger. Le 12 novembre, c'est Toots Thielemans, l'homme à l'harmonica, mondialement connu, et son quartet qu'on retrouve pour une soirée très "jazz" sur la scène de la Maison de la Culture. Autre soirée entre jazz et rumba, celle qui eut lieu le 14 octobre avec le groupe cubain Sampling.

Comme chaque année, de nombreuses soirées théâtrales amènent un public varié à la Maison de la Culture. Le 19 février, le Zick Théâtre présente "Sans dessus, dessous", l'histoire d'un vagabond perdu dans un monde glacial, survivant grâce à son sens du jeu et à son imagination, spectacle interactif, le public devenant, peu à peu, sa source de chaleur, sa raison de vivre... Autre genre le 23 février, Bernard Cogneaux, Michel de Warzée et Michel Kartcohwsky plantent à Tournai le décor de leur café "Chez Willy", un bar où le public va à la rencontre de personnages bien de chez nous. Le 17 mars, c'est la comédienne québecquoise Martine Chagnon qui joue " Le Vivre", une pièce sobre, originale, à la fois cynique et humoristique. Le lendemain, succès de foule pour accueillir le comédien Jean Lefebvre dans une comédie de Jean Barbier "Oui patron", comédie policière dans laquelle il tient le rôle du commissaire Mathieu. Après deux années de tournée en Belgique et en France, le Créa-Théâtre représente, une dernière fois, le samedi 29 avril, au centre de la Marionnette de la rue Saint-Martin, "Quand je sera petite" de l'auteur tournaisien Françoise Lison-Leroy dans une mise en scène de Françis Houtteman. Le Créa-Théâtre sera à nouveau à l'affiche du 5 au 12 novembre, à la Maison de la Culture, où il présentera sa nouvelle création "La fanfare". Le mardi 8 novembre 1994, François Lalande et Fred Personne, sont les acteurs de "Bouvard et Pécuchet" tandis que le 7 décembre, la chanteuse et comédienne belge, Annie Cordy, est la vedette de la pièce "Six heures au plus tard" de Marc Perrier en compagnie d'Etienne Van der Belen. Dans le domaine des variétés, signalons encore le récital de Pierre Rapsat, le 21 septembre, le one-man show de Patrick Timsit, le 15 octobre et le nouveau spectacle de Bruno Coppens, "Où cours-je", le lundi 21 novembre. A la lecture de ce qui précède, on peut se dire qu'il fallait, une fois encore, être difficile pour ne pas trouver soirée à son goût en cette année culturelle 1994.

23 mars
2009

13:59

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (3)

Conférences, arts circassiens, concerts, expositions, récitals, théâtre, un panel d'activités qui compose la Culture. Nous allons voir qu'en cette année 1994, Tournai proposera un important choix d'activités. Dans le domaine des conférences, relevons deux évènements parmi une foule d'autres. Fin mai, le 10e cycle de conférences "Tournai, Au fil du Temps" accueille un nouveau conférencier de talent dans l'auditorium de la BBL. Le président de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien, Lucien Jardez, entretient son auditoire sur "Walter Ravez et sa mémoire collective" tandis que le 7 juin, l'organisateur de ce cycle présente un film qu'il a réalisé avec son épouse en se baladant dans la cité aux cinq clochers "Et si on partait en... Tournai", découverte des venelles et ruelles, des immeubles et des coins méconnus, des témoignages du passé bien souvent jalousement gardés dans des propriétés privées, des détails peu visibles ou parfois oubliés des Tournaisiens. Le 19 décembre, la Maison de la Culture accueille Jean Vanier, ce fils d'un gouverneur général du Canada, fondateur de l'Arche et de "Foi et Lumière" parle d'espérance dans un monde de violence.

Les amateurs de cirque seront comblés en cette année 1994. En mars, la 7e édition de la Piste aux Espoirs voit cependant éclater au grand jour, la querelle latente, celle des Anciens et des Modernes. Le Festival International de Cirque de Tournai permet au numéro le plus novateur et à celui du cirque traditionnel, le plus kitch, de s'affronter. L'Optimiste, passionné de la piste (il s'était fait engagé dans tous les cirques qui avaient un jour dressé leur chapiteau sur la Plaine des Manoeuvre en face de laquelle il habitait pour aider au montage ou accompagner les artistes avant leur entrée en scène) a, à partir de ce jour, pris ses distances avec ce merveilleux rendez-vous annuel qu'est La Piste aux Espoirs. Les artistes aux costumes chatoyants, évoluant dans des jeux de lumière et défiant toutes les lois de la physique ou provoquant le rire ont fait place à des jeunes, bourrés de talent, mais dont la recherche dans la présentation du numéro était devenue des plus minimaliste, (vieux jeans troués, t-shirts déchirés, baskets, casquette de rapeurs ou costume de tous les jours évoluant sur une musique hard rock diffusée par une sono tonitruante), ils ont brisé cette magie que la Piste apportait aux enfants. L'exploit physique a supplanté la beauté du numéro, le banal a remplace le clinquant, les organisateurs ont tranché en faveur de cette nouvelle présentation voulant s'affirmer les défenseurs du cirque nouveau et rejettant aux oubliettes le spectacle traditionnel emprunt de poésie. Etait-ce une forme de snobisme, un besoin de se différencier ou bien ont-ils été obligés de composer avec des écoles de cirque participantes ayant trahi la tradition en tombant dans le populaire spectacle de rue monté par des "désargentés" ou des loubards ? Ce choix doit être respecté, il emporte d'ailleurs l'adhésion d'une majorité, mais les amoureux du cirque de toujours tel qu'il est toujours présenté à Monaco, en Chine ou en France ont alors déserté, peu à peu, l'annuelle organisation tournaisienne. La Piste d'Or est attribuée à Die Farellos, un numéro de monocycle réalisé par des artistes venus d'Allemagne. Les Pistes d'Argent sont décernées à un numéro de trapèze ballant par un artiste Suisse Krall Titauw, à Xion Wei, spectaculaire jongleur aux jares, venu de Chine et à Jean Thierry Barnet, fil de fériste français. Les Pistes de bronze reviennent à un numéro de trampoline acrobatique executé par Covertani Mhamoud et Sen Haddi Abdeliazide, aux soeurs Pittenier, clowns françaises et Joël Colas, autre clown venu de France. Chez les amateurs la Piste d'Or reviendra à Urban Markov, un maître dans l'art du diabolo. La finale, un peu longue, réunissait pas moins de 22 numéros. Le mardi 5 avril, le cirque Alexandre Bouglione dresse son chapiteau sur le parking du zoning commercial de Froyennes. Toutefois, le montage sera contrarié par une violente tempête qui se déchaîne sur la région le lundi 4 avril. Les "Founamboules" présentent, le 10 juin, leur spectacle "Flic-Flac" dans le cadre du 5e anniversaire de Mômes Circus. Collard et Danvoye racontent l'histoire de deux clowns en cravate, un numéro plein d'imagination. Mais l'évènement circassien de l'année 1994 sera la venue du 16 au 21 septembre de l'American Circus en tournée dans toute l'Europe avec son chapiteau géant de 4.500 places et ses trois pistes sur lesquelles se déroulent des numéros simultanés. Près de 35.000 spectateurs vont, au cours des onze représentations données à Tournai, assister à un programme hors du commun composé d'artistes venus du monde entier. Le chapiteau, le zoo et le village des artistes s'étendent sur la Plaine des Manoeuvres, de la rue Jean Noté à la Porte Saint Martin. ... Dans le prochain article, nous parlerons des concerts, expositions, récitals et soirées théâtrales de cette année 1994 à Tournai.

22 mars
2009

13:42

Tournai : expressions tournaisiennes (11)

Voici le rendez-vous hebdomadaire avec notre patois local, avec des expressions plus ou moins connues. ... "Quand l'soupe elle bout sans feu, i-féaut s'taire" signifie, il faut faire semblant de ne pas remarquer les choses qui se font secrètement. ... "A côté de t'bouque (bouche), cha s'ra t'n'orelle (oreille)", veut simplement dire, il n'y a rien de changé. ... "In vlà ein qui n'faudra pos bercher (bercer)" se dit d'une personne qui est prête à s'endormir. ... "M'n'heomme i-s'in va comme eine candelle (chandelle) d'ein liard (un petit sou)" ou tout simplement cet homme dépérit. ... Si on veut parler d'un homme aux cheveux plats, on dira : " M'n'heomme i-est crolé (frisé) comme eine églenne (une enclume)" ! ... Dans la vie, il ne faut pas être trop bon : "Dins l'vie, l'ceu qui fait l'berbis (la brebis), l'leup (loup) il minche (mange)". ... Souvent lors de la soirée du lundi, les épouses tournaisiennes attendaient leur maris qui restait en route et qui, bien souvent, entrait dans tous les cabarets, elle disait alors : "M'n'heomme i fait tous les capelles (chapelles)". ... Dans cette période de crise, bien des locataires quittent leur location, sans prévenir, en laissant des dettes : "i déménach'tent à l'cloquette (clochette) de beos (bois)". ... Voici une expression imagée pour désigner un eunuque " M'n'heomme ch'est un clotier (clocher) sans cloques (cloches)". Cela se passe de commentaire ! ... D'un enfant qui a sa première dent, on dira : "Orwette l'infant, i-a s'prumière dasette (ou dachette)". ... Vouloir faire éprouver à une personne, une chose qu'elle est incapable d'apprécier se dit : "Bé, ch'est donner du chuque (sucre) à n'ein pourchéau (cochon)". ... C'est homme est un trompeur, il raconte des mensonges, cette gentille fille s'est laissée séduire et il l'a quittée à la première occasion : "M'n'heomme, ch'est ein incorneu, i-raceonte des bleusses, l'brafe fille, elle s'a laichée intorténer et i l'a laichée caire à l'prumière occasieon". ... Vous avez une femme de ménage qui n'a pas inventé la foudre, qui lambine au travail : "Queu préonarte, ch'n'est pos pus vif qu'ein crapéaud dans les chintes (cendres)" on peut dire aussi, "ceulle file ch'est eine longue preone". ... Quand le linge sera repassé, j'irai faire les commissions : " Quand l'linche i-s'ra orpassé, j'irai à commissieons". ... Chez vous, Monsieur, l'épouse dirige la maisonnée, elle est le chef de famille, on dira de vous : "I'est maîte dins s'maseon quand i-est tout seu (seul)". Votre femme n'est pas une bonne maîtresse de logis, dans sa maison tout est pêle-mêle, quel désordre régne ici : "Dins c'te maseon, tout i-est abic-abac, queul abitaque qu'i-a ichi d'dins". ... Si votre femme est mal habillée, vêtue sans goût, on dira en la voyant : "orwette ichi, queul abistocache (accoutrement)". ... On parlera d'un sournois en disant "i-a l'air in d'zous (en dessous)". Et si Sandrine accouche, on dira : "Zandrine est in allache". ... Il s'en est sorti tout juste : "i-est passé pau tréo de l'aiwille (le chas de l'aiguille)". ... I-a acore bin des meots qui feont l'charme de nos patois, on voira cha pus tard, d'ichi là, beonne semaine à tertouss, ch'est binteôt l'printemps, soyez fin bénaisses, mes gins, on ortrouèfe l'solel et on n'oblie l'misère.... L'Optimissse i-va s'pourméner, ch'est acore carnaval aux cheonq clotiers ! (sources : "Glossaire picard tournaisien" de Lucien Jardez, publié en 1998 par la Société Royale d'Histoire et d'Archélogie de Tournai et "Tournai, Tournaisis", du même auteur, paru en 1989 dans la collection Mémoire de la Wallonie chez l'éditeur Paul Legrain) (auteur S.T)

13:42 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, picard, patois |

20 mars
2009

08:55

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (2)

L'année 1994 est encore marquée par de mauvaises nouvelles sur le plan économique. Le 25 août, Unisac, entreprise de l'Avenue de Maire spécialisée dans la cellulose et la confection de sacs pour la grande distribution, subit une nouvelle restructuration. Depuis le 31.12.1992, l'effectif ne cesse de diminuer passant de 213 personnes occupées à cette date à 185 au 30.6.1994. L'actionnaire allemand, le groupe Schöeller, constatant une diminution de 25% du chiffre d'affaire en trois ans, décide de licencier 46 personnes supplémentaires, ce qui ramènera le personnel à 139 unités. Voici encore un fleuron de l'industrie tournaisienne, ancienne propriété des Papeteries de Genval, en difficulté après... son rachat par un puissant groupe étranger sensé lui apporter un développement des activités et une stabilité de l'emploi. On commence à s'interroger : nos entreprises ne sont-elle finalement pas "vampirisées" par des repreneurs qui en sucent la substantifique moelle, s'enrichissent du savoir-faire local et s'approprient carnet de commande, acheteurs existants ou potentiels ? On verra dans un avenir très proche que d'autres questions surgiront à ce sujet.

La série noire continue. Après la faillite d'Orbetra (entreprise de travaux), c'est la S.A. Ateliers électrotechniques et Van Caspel qui met la clé sous le paillasson, le 14 octobre 1994. Le holding Target 21, propriétaire de ces sociétés spécialisées en électricité industrielle et en matériel de malterie dépose le bilan. Cent personnes perdent leur emploi. L'avenir de la Maison de la Culture devient plus serein, le Ministre Thomas annonce une augmentation substantielle de l'aide de la Communauté française, une convention de gestion est signée, en mai, par le Ministre, les autorités communales, provinciales et régionales, permettant à la MCT de voir, avec confiance, se profiler les quatres années à venir.

La série des "faits divers" est encore bien longue, nous en avons extrait certains. Le 7 février, un violent incendie se déclare dans un immeuble du boulevard des Nerviens, alors que des voisins appellent les secours, un agent de la police communale passant sur les lieux, constate que trois des six occupants du bâtiment n'ont pas pris conscience du sinistre. Il n'hésite pas à entrer au péril de sa vie, à prevenir les habitants et à les regrouper auprès d'une fenêtre, toute retraite par l'escalier étant devenue impossible en raison des fumées qui l'avait envahi. Les pompiers arrivés sur place parvinrent à évacuer les trois personnes en état de choc. Sans le courage de Philippe D., le policier courageux, on aurait très certainement dénombré trois victimes dans ce sinistre. Le vendredi 11 mars, vers 23h, un véhicule immatriculé en France roule à très grande vitesse sur la chaussée de Renaix. Celui-ci vient de forcer deux barrages de police, l'un au pied du beffroi, l'autre dans la rue de la Tête d'or où quatre personnes ont été blessées, deux policiers et deux participants au carnaval de Tournai. Il apparaît rapidement que le véhicule a été volé, le matin même, à Roubaix. Deux véhicules des forces de l'ordre le prennent en chasse, il sera intercepté à Renaix et quatre des cinq fuyards seront interpellés, le cinquième parvient à s'enfuir, vole un vélo et se fait pincer par les policiers alors qu'il revenait vers Tournai. Le vendredi 1er avril, la chaussée de Douai à Tournai est le théâtre d'un accident spectaculaire. Un véhicule immatriculé en France effectue une violente sortie de route, heurte un poteau, décapite le toit d'un abri de jardin et termine sa course, on peut même dire son vol, sur le toit, dans un arbre, le conducteur, sorti avec difficultés par les services de secours de sa position délicate, est gravement blessé, son passager plus légèrement. Des trombes d'eau s'abattent sur le Tournaisis le jeudi 2 juin vers 16h30, provoquant des inondations à Mourcourt, Froyennes, Calonne et dans le centre-ville. Le dimanche 6 novembre, une puissante voiture immatriculée au Luxembourg emprunte l'autoroute vers Mons à contre-sens. Son conducteur ne peut éviter un véhicule immatriculé en France, deux jeunes françaises seront tuées sur le coup, la voiture emboutit un second véhicule dans lequel on dénombrera deux blessés. Le conducteur-fantôme sort indemne de l'accident qu'il a provoqué. ... Dans le prochain article nous aborderons la saison culturelle.

08:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, unisac, orbetra, van caspel, fait divers |

19 mars
2009

14:25

Tournai : l'année 1994 sous la loupe (1)

Nous abordons aujourd'hui l'actualité de l'année 1994. On ne peut parler de celle-ci sans évoquer la mémoire du para-commando tournaisien, Bruno Méaux, du second bataillon de Flawinne, lâchement assassiné avec neuf compagnons d'armes à Kigali lors d'une mission de maintien de la paix confiée à des Casques Bleus de l'ONU. Une violence aveugle trouvant son origine dans une guerre entre ethnies (Huttu et Tutsis) déferle alors sur le Rwanda et éclate en un véritable génocide qui fera des centaines de milliers de morts. Ses funérailles présidées par Monseigneur Jean Huard, évêque de Tournai, auront lieu le samedi 16 avril en l'église Saint-Brice, émouvante cérémonie suivie par plusieurs centaines de Tournaisiens en présence de l'amiral Thiebaut de Maisière, représentant le Roi, des autorités communales, d'un détachement du premier bataillon de paras de Diest et retransmise par No Télé. En souvenir de ce soldat de la paix, la section de rue comprise entre la caserne Saint Jean et le boulevard Walter de Marvis portera désormais son nom et une stèle, régulièrement fleurie, rappelera à tous, son tragique destin.

Autre disparition, celle du 98e évêque de Tournai de 1949 à 1977, Charles-Marie Himmer, décédé le mardi 11 janvier à l'abbaye Notre-Dame de Soleilmont, où il s'était retiré. De nombreuses personnalités sont présentes, le samedi 15 janvier, pour ses funérailles en la cathédrale Notre-Dame de Tournai où il sera inhumé dans le choeur gothique. L'année 1994 sera également marquée par les élections communales du dimanche 9 octobre. Celles-ci voient la victoire du PS (Parti Socilaiste) avec 45 % des suffrages exprimés devant le PSC (Parti Social Chrétien) 24 %, le PRL (Parti Réformateur Libéral) 18%, Ecole 8%, le BEB (liste emmenée par un dissident du PSC) 4% et le PTB (Parti des Travailleurs de Belgique, d'extrême gauche), 1%. On assiste à une reconduction de l'alliance PS-PRL. Ces élections n'amèneront pas un profond changement de politique mais un renouvellement des mandataires communaux ainsi Robert Boucart, grand argentier de la Ville, mettra fin à sa carrière politique. Roger Delcroix qui avait pris la succession de Raoul van Spitael lors de son décès durant la mandature précédente sera réélu. ... Demain, nous verrons que le monde politique tournaisien sera encore confronté à de nombreux problèmes sociaux-économiques et qu'une fois de plus la rubrique des faits divers sera encore bien remplie...