28 févr.
2009

11:38

Tournai : l'année 1991 sous la loupe (3)

Dans le domaine culturel, l'année 1991 débute le vendredi 18 janvier, les mélomanes sont invités, à la Maison de la Culture, à un récital de mélodies et d'airs d'opéra par la soprano Isabelle Kabutu et le baryton tournaisien Michel Jakobiec. Le mercredi 23 janvier, Dominique Serron de l'Infini Théâtre présente "Duos", sept histoires d'amour livrées à la scène. Changement radical de style, le 1er février, la gauloiserie, le rire en-dessous de la ceinture est à l'affiche de la Maison de la Culture, Jean Marie Bigard y présente son one-man-show.

Le dimanche 3 mars se déroule la 4e édition de la "Piste aux Espoirs", deux séances ont désormais lieu, le concours du samedi et la gala du dimanche après-midi. Ceci permet à 2.000 personnes d'applaudir les artistes en devenir. Cette année, pour la première fois est attribué le Prix du Prince Rainier de Monaco, grand protecteur des arts circassiens. Dans la catégorie "Espoirs", la Piste d'Or revient à la troupe acrobatique chinoise de Guandong dans "la pagode de bois", la Piste d'Argent aux Gymnastes aériens de Moscou dans un numéro de perche aérienne, la Piste de Bronze est remportée par La Luna, cerceau aérien, un numéro présenté par des artistes français. Dans la catégorie "Amateurs", Sophie Mandoux et Thomas Loriaux de l'Ecole sans Filet de Bruxelles s'imposent dans un numéro de double trapèze, devant le jongleur Hedi Thabet et les Betterfood, Benoit Devos et Xavier Bouvier, jongleurs burlesques qui portent bien haut les couleurs de Tournai. Venus d'Allemagne, de Belgique, de Chine, de France, d'URSS et de Suède, tous les numéros présentés lors de cette quatrième édition avaient un dénominateur commun, la qualité. Primés et remarqués lors de ce festival, les "Betterfoot" seront invités du 12 au 21 octobre 1991 à participer au Festival de Cirque de Wuqiao. Nos deux tournaisiens font ainsi l'expérience d'une autre culture, le public n'y est pas aussi spontané, il paraît même plus froid que le public occidental tout en appréciant les numéros à leur juste valeur. Il faut dire que les spectateurs sont fort éloignés des artistes. Benoit Devos et Xavier Bouvier recevront le prix d'encouragement et auront le plaisir de rencontrer le Président du festival tournaisien, Patrick Hourdequin, venu les encourager. Une autre lauréate de la Piste aux Espoirs, Sophie Mandoux, remporte un prix spécial.

Au Laetare, le Carnaval de Tournai a lui aussi conquis son public, plus de 2.000 personnes participent à "La Nuit des Intrigues", le vendredi 8 mars. Le lendemain, les rues de la ville sont envahies par une marée humaine, le thème de cette année 1991 était "La mer", de plus en plus de confréries apparaissent dans le phénoménal charivari du samedi. Terminons la revue de ce premier semestre en signalant que le prestigieux Prix de littérature Max Pol Fouchet récompense un écrivain de chez nous, Mme Françoise Lison-Leroy de Blandain se le voit, en effet, attribué pour son roman "Un pays géomètre". En juin également, les "Floralies du Hainaut" étendent leurs tapis de fleurs dans la cité des cinq clochers, jardin urbain d'une superficie de 2.400 m2 sur la Grand'Place, symphonie florale dans le salon de la Reine et un salon du Bonzaï dans la crypte de l'Hôtel de Ville, exposition de plantes carnivores au Musée d'Histoire Naturelle, présentation de "La Fleur dans l'Art" au Musée des Beaux Arts. Ces floralies sont inaugurées par le roi Bauduin et la reine Fabiola. Pour la deuxième fois, la ville obtient le Prix "Europa Nostra" pour la restauration de cinq maisons de XVIIe siècle à la rue de Marvis, projet du bureau d'architectes tournaisiens Ginion-Pirson. Dans le prochain article nous terminerons le survol de l'actualité de cette année 1991 à Tournai....

27 févr.
2009

09:52

Tournai : l'année 1991 sous la loupe (2)

Au cours de cette année 1991, la presse locale parlera régulièrement des édifices religieux tournaisiens, ceux-ci seront au coeur de l'actualité. Le 21 janvier tout d'abord, une tradition, respectée depuis 1843 à la cathédrale Notre-Dame, est la messe en hommage à Louis XVI. Celle-ci est dite chaque année à cette date, jour anniversaire de la mort de ce souverain français décapité lors de la Révolution, en vertu du testament d'un certain Jean Baptiste Fauquez, orginaire de Saint Amand les Eaux, réfugié en Belgique durant cette période trouble de l'Histoire de France. A cette manifestation s'associe depuis 1988, l'Association Louis XVI Belgique. L'office religieux fut suivi d'un déjeuner-débat pendant lequel fut évoquée l'intelligence du héros du jour ainsi que le rôle controversé de son épouse la reine Marie-Antoinette. L'association compte en cette année 1991 plus de 600 membres en France et une cinquantaine en Belgique, dont certains dans le Tournaisis. 

Le 17 avril, le Courrier de l'Escaut annonce que l'église Sainte-Marguerite qui se dresse sur la Place de Lille pourrait être prochainement vendue à des promoteurs afin d'y installer des logements sociaux. Différents projets avaient vu le jour concernant ce bâtiment religieux désaffecté depuis plus de vingt ans, une salle pour l'organisation de concerts, l'acoustique y étant excellente, un lieu d'exposition complémentaire pour la Maison de la Culture, certains avaient même envisagé de la transformer en Maison de Quartier. Pour la fabrique d'église, il est temps de sortir de l'impasse, le bâtiment commence sérieusement à se dégrader, cette information n'est-elle pas finalement dévoilée dans la presse afin de faire évoluer un dossier qui sommeille (et qui sombrera hélas par la suite dans une profonde léthargie) ? Autre église à être sous les "feux" des projecteurs mais bien malgré elle, l'église Notre-Dame Auxiliatrice, victime, le lundi 22 avril, d'un violent orage qui s'abat sur la région. Son clocher est foudroyé et bien que les pompiers arrivent sur place rapidement, ils ne peuvent empêcher sa totale destruction. Deux jours plus tard, il faudra le démolir pour d'évidentes raisons de sécurité, mais le mercredi 4 septembre, moins de 5 mois après le sinistre, le nouveau clocher était terminé et prenait la place de l'ancien, hissé au moyen de puissants engins de levage. Le lundi 13 mai, en la cathédrale, on procède à une séance académique marquant le retour, après restauration par l'IRPA, du monumental Saint-Michel de Lecreux, une oeuvre datant de 1763. Il prendra désormais place à proximité de l'ambon de l'artiste anversois Corneillie de Vriendt sur lequel il se trouvait jadis.

Comme nous l'avons vu, un violent orage s'est abattu sur le Tournaisis le 22 avril, celui du mardi 2 juillet sera, lui, accompagné de millions de m3 d'eau qui épargneront la ville mais noieront les campagnes. L'économie est aussi victime de turbulences, le climat social se dégrade soudainement le mardi 1er octobre aux Ateliers Wilms, rue Lefevre Cater. Suite à un licenciement collectif de 9 ouvriers et 1 employé, décidé par la direction de l'entreprise sans concertation préalable des partenaires sociaux, le personnel part en grève. La S.A. Wilms a été rachetée, dix ans auparavant, par la S.A. J. Schlumpf et fils d'Hollain. La presque totalité du personnel de l'acheteur a été rapatriée vers Tournai et, en cette fin 1991, les ateliers comptent une soixantaine d'ouvriers et 18 employés. On y produit de la chaudronnerie (cuves de teintureries et de brasseries) ainsi que du matériel destiné au secteur nucléaire et chimique. L'usine travaille à plus de 80% pour l'exportation. Pour les syndicats, la décision de licencier a été prise par un collaborateur zélé de la direction, celle-ci étant absente au moment des faits, partie présenter ses produits dans une foire en Allemagne. La crise économique continue à produire ses effets à Tournai comme ailleurs. Dans le prochain article, nous évoquerons la page culturelle.

24 févr.
2009

09:47

Tournai : l'année 1991 sous la loupe (1)

L'année 1991, sur le plan international, est marquée par l'offensive éclair des troupes dites de la coalition qui, le 27 février, délivrent le Koweït, envahi l'été précédent par son voisin l'Irak de Saddam Husseïn et par la proclamation, le 8 décembre, de la fin de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et la création de la Communauté des Etats indépendants (CEI). 

Se remémorer les évènements qui se sont déroulés durant l'année 1991 à Tournai, c'est à nouveau plonger au sein de la presse locale, dans de (trop) nombreuses pages consacrées aux "faits divers". Le mois de janvier débute par un coup de filet de la police tournaisienne, celle-ci appréhende l'auteur d'un vol perpétré durant la nuit de Noël dans un commerce de la rue Saint-Eleuthère. Des titres, des bijoux, des chèques et de l'argent avaient été subtilisés dans un coffre. Le cambrioleur arrêté, une partie du butin est retrouvée, l'argent avait cependant été totalement dilapidé en moins de deux semaines, une somme estimée à 200.000 Fb ( env. 5.000 Euros) !

Le fait divers suivant n'a pas eu Tournai pour cadre mais deux douaniers de la brigade volante de Tournai pour témoins. Le jeudi 10 janvier, ils effectuent une ronde habituelle aux abords de la frontière. Passant dans le bois d'Howardrie, à moins d'une dizaine de kilomètres de la cité des cinq clochers, ils aperçoivent, dans un chemin forestier, un véhicule qui achève de brûler. En compagnie de la gendarmerie arrivée sur place, ils découvriront trois corps totalement calcinés dans l'habitacle de la voiture. L'enquête fera apparaître qu'il s'agissait d'un couple de chinois et de leur garçon de 3 ans. Etait-ce un accident, un suicide ou un réglement de compte ? La solution viendra de France, le vendredi 15 février, deux chinois résidant à Saint-Amand-les-Eaux sont arrêtés et avouent le meurtre, les commanditaires ont disparu. Il semble que ce triple assassinat trouve son origine dans le milieu de l'immigration clandestine.

Le mardi 15 janvier, vers 5h30, un passant qui promène son chien aux abords du parc communal voit une épaisse fumée se dégager des bâtiments provisoires qui abritent les services administratifs de l'Hôtel de Ville, notamment celui de l'état civil, érigés suite au sinistre de la nuit du 11 au 12 août 1990. Lorsque les pompiers arrivent sur place, les locaux sont totalement embrasés et ils constatent que le Musée d'Histoire Naturelle voisin est menacé par le foyer. Après quelques heures de lutte, les hommes du feu seront maîtres de la situation, toutefois, tout ce qui avait pu être sauvé lors du sinistre précédent est, cette fois, irrémédiablement perdu. Le club de radio-amateurs ON5RC qui entreposait son matériel dans une annexe déplore la perte de celui-ci , son président, Mr. Claude Feihle estime à 500.000 Fb (12.500 Euros), le préjudice subi. Il ne fait aucun doute que, cette fois encore, l'incendie est d'origine criminelle, des traces d'effraction ayant été relevées.

Le mois de janvier sera encore riche en évènements. Le lundi 21 janvier, la gérante de la station-service située au complexe commercial des Bastions est victime d'un hold-up, deux voleurs emportent un somme estimée à 150.000 Fb (env. 3720 uros), trois jours plus tard, le jeudi 24, c'est un homme armé et portant cagoule qui fait irruption vers 19h15, au moment de la fermeture, à peine remise du choc de la première agression, la gérante doit remettre, sous la menace, l'argent qui se trouve dans la caisse. L'homme s'enfuit à pied. Les deux vols ne semblent pas avoir été perpétrés par les mêmes auteurs. Le mardi 29 janvier, c'est la station-service située au boulevard Delwart qui est, cette fois, victime des mêmes faits. Vers 18h40, un individu menace l'employée et se fait remettre une somme de 4.000 Fb (100 Euros). Alerté, le gérant revient de l'arrière du magasin et est aspergé au moyen d'un spray lacrimogène. Profitant de la confusion, le malfrat s'enfuit vers un véhicule au bord duquel l'attendait un complice. Comme le jeudi 14 février se tient, à la rue Saint-Eleuthère, la reconstitution de l'attaque du fourgon postal, en présence de Basjrani mais en l'absence de Patrick Haemers qui proclame ne pas avoir été mêlé à celle-ci, la population tournaisienne commence vraiment à en avoir assez de ces faits commis par des oisifs à la recherche d'argent facile et n''hésitant pas, à blesser ou à traumatiser les victimes de leurs sordides méfaits. ... Dans le prochain article, nous continuerons à nous promener dans le temps au sein de cette année 1991 à Tournai.

09:47 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, hotel de ville, faits divers |

23 févr.
2009

13:46

Tournai : l'année 1990 sous la loupe (4)

Nous abordons la seconde partie de l'année 1990, En cette fin du mois d'août, la traditionnelle "kermesse Saint-Antoine" accueille un jeune humoriste belge, François Pirette et une soirée parisienne animée par le groupe "Black and White", des artistes amateurs qui présentent un show digne des plus grands professionnels. Le samedi 15 septembre à 20h00, la cathédrale Notre-Dame est le cadre d'un des grands évènements musicaux de l'année, la création de "La cantate aux étoiles", oeuvre du compositeur André Waignien, interprétée par 650 participants (solistes, trois choeurs d'enfants, onze choeurs d'adultes venus de Wallonie, de Flandre et de France) accompagnés par la Royale Musique des Guides sous la direction de Norbert Nozy. Les choristes prennent place sur quatorze gradins de 9 mètres de long, de 1 mètre vingt de profondeur, s'élevant jusqu'à près de huit mètres du sol. 1.500 spectateurs assistent à cette première musicale. Le lendemain, le concert est présenté à Namur, la semaine suivante à Izegem et le 23 septembre, à la Maison de la Radio à Bruxelles. Le lundi 17 septembre, au soir de la braderie annuelle, un podium de variétés attire la toute grande foule à la place Crombez, elle est venue écouter et applaudir Benny B, Black Power, Michaël Fortunati et Claude Barzotti. Le vendredi 21 septembre, Gilbert Koppes est à la Maison de la Culture pour un récital de piano. Le dimanche 30 septembre, c'est le désormais traditionnel "Festival de Montgolfières de Tournai", elles sont 60 à s'envoler de la Plaine des Manoeuvres, les aérostiers viennent de 16 pays et, pour la première fois, un ballon portant la bannière de la Ville de Tournai s'envole devant les milliers de spectateurs présents.

La soirée d'ouverture de la nouvelle saison de la Maison de la Culture permet aux Tournaisiens de retrouver "les rois du rire", les frères Taquin et Bruno Coppens. Dans le courant de la première semaine d'octobre se déroule le "7e Festival International de Folklore de Tournai", groupes suédois (Orgillet d'Ochero), zaïrois (Fête au Village), turc (Gehem d'Ankara), polonais (Gracja de Lublin), yougoslave (Golec Delerv de Skopje), hongrois et les locaux "Les infants du catieau" attirent la grande foule des amateurs de danses folkloriques. Du 16 au 21 octobre, le Cirque de Moscou emmené par le clown Oleg Popov donne 10 représentations sous son chapiteau dressé sur la Plaine des Manoeuvres. Le 25 octobre, la Maison de la Culture présente "Edouard II" de Christopher Marlowe (Kit Marlowe). Du 6 au 10 novembre, le Théâtre du Campagnol de Paris présente : "1, Place Garibaldi", un spectacle écrit et mis en scène par Jean Claude Pinchenat et interprété par 13 comédiens. Enfin, le vendredi 28 décembre, le centre culturel tournaisien propose la comédie musicale "Cendrillon", d'après le conte de Charles Perrault, comédie en deux actes et sept tableaux par la Compagnie Alba.

L'année 1990 restera gravée dans les annales du vieux club Rouge et Vert tournaisien. Le 29 avril, c'est l'euphorie au stade Gaston Horlait, au soir de sa victoire contre Acren sur le score de 1-0, l'Union est sacrée championne de Première Provinciale et obtient le droit de retrouver la Nationale, le Racing ayant terminé à la 12e place du classement de la Promotion A, de nouveaux derbies s'annoncent. Qui aurait pensé le titre possible lorsque, le 26 novembre, Richard Cornil a pris la succéssion de Gildo Foda ? L'Union se situait à la 6e place avec un retard de 5 point sur le leader Mesvin. Avec la meilleure attaque (67 buts inscrits) et la meilleures défense (23 buts concédés), le club a redressé une situation bien compromise avant la fin du premier tour. Tournai pensait fêter un second champion, le CNT pouvait emporter le titre National de Division I de water-polo, hélas, bien qu'ayant dominé le championnat de bout en bout, le club est battu par Gent lors de la dernière journée des play-offs et termine à la seconde place. Le même jour, le 27 mai, Jean Luc Decourcelle échoue également au port en finale pour le titre de champion d'Europe de boxe française. A l'issue de ce combat, il met fin à sa carrière et mettra ses connaissance au service des jeunes du club. Le dimanche 3 juin, un milliers de cyclotouristes participent à la première cyclo-sportive "La Jubaru-Lucien Van Impe" organisée par l'Union des Audax de Tournai. Ainsi se termine le panorama de cette année 1990 dans la cité des cinq clochers.

(sources : le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

22 févr.
2009

13:46

Tournai : expressions tournaisiennes (6)

Voici encore quelques expressions usuelles et leur version tournaisienne.

Pour une personne qui n'en a jamais assez, on dit bien souvent : il lui faut le beurre et l'argent du beurre. En tournaisien cela devient : " i-li faudreot l'gardin (jardin) et les preones (prunes)". Pour un gourmand, une personne qui ne songe qu'à manger dès le lever, on entend parfois cette expression cruelle, il vaut mieux le tuer que nourrir. Rassurez-vous la phrase est plus douce en tournaisien : "Ch'est comme les jeones de leup (loup) i-eont l'bouque (bouche) ouverte avant les yeux". "Charité bien ordonnée commence par soi-même" devient "I-féaut avoir du soin d'l'infant de s'mamère" (il faut prendre soin de l'enfant de sa mère) et "on ne fait rien sans qu'il en coûte" devient : "I-n'a pos d'ducasse sans fricasse" (il n'y a pas de ducasse sans un plat de qualité, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs). .Combien ne rencontre-t-on pas de personnes qui aiment se vanter de leur exploits, leur continuel manque de modestie nous lasse parfois : "ein heomme qui s'vante et ein baudet (âne) qui s'gratte, ch'est deux belles biêtes". Parlons maintenant des mauvais ouvriers. D'un qui lambine au travail on dira : " Si l'Carême i-dure siept ans, i-ara bin fini pou l'Penn'coûte (Pentecôte)". Si l'homme manque d'adresse dans son travail et bâcle sa besogne, on pourra dire : "I-f'reot (ferait) l'beon Dieu et les douse apôtres d'ein queop d'brouche (d'un coup de brosse)" ou encore "i-est adreot (adroit) d'ses mains comme ein pourcheau (cochon) de s'queue" (sans commentaire) ! ou "I-fait du marbre à l'cachoire (ou cachoirte)". Ce dernier mot désigne un fouet. 

On parle d'une petite chose sans valeur en disant "ch'est l'dernière pétote (patate, pomme de terre) du chint (cent) d'kileos (kilos)". Parlons maintenant des femmes et des hommes volages. On consolera un mari dont l'épouse est infidèle en disant de lui : "I-véaut mieux ête wieot qu'aveule, on veot ses confrères" (il vaut mieux être cocu qu'aveugle, on voit ses confrères). Pour le coureur de jupons, on dit souvent : un bon mâle n'est jamais gros car, c'est bien connu, les coureurs de jupons gardent la ligne : "Printe l'bouilleon et laicher l'équeime" (prendre le bouillon et laisser l'écume). En parlant de bouillon, malheur à la maîtresse de maison qui servirait une mauvaise soupe, "du clair jus", voilà ce qu'on dira de ce plat " ch'est de l'soupe à quinse quévieaux, quatorse pou conduire l'ieau, de l'soupe à navieaux, pos d'bure et beauqueop d'ieau, ch'est l'potache des Carmes déquéaux" (c'est de la soupe à quinze chevaux, quatorze pour conduire l'eau, pas de beurre et beaucoup d'eau, c'est le potage des Carmes déchaussés). Une petite explication s'impose, les Carmes sont des religieux de l'ordre contemplatif du Carmel, ordre mendiant. On distingue les Carmes chaussés, fidèles aux règles d'origine et les Carmes déchaussés (pieds nus dans les sandales) adeptes de la réforme instaurée en 1564 par Saint Jean de la Croix. (on in apprint des cosses à l'école du patois, mes gins !). Pour terminer, je vous expose la crainte de m'adresser à vous dans un langage pas très raffiné, vous seriez en droit de me dire : "L'Optimisse i n'tamisse (tamise) pos fin", Bé ch'est là l'meot de l'fin pou m'babillarte (lettre) d'aujord'hui ! ....

(sources : Lucien Jardez, "Tournai, Tournaisis", éditions Mémoire de la Wallonie, Paul Legrain, 1989).

13:46 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, picard, patois |

20 févr.
2009

10:01

Tournai : l'année 1990 sous la loupe (3)

Que s'est-il passé, à Tournai, dans le domaine culturel en cette année 1990 ? Tout d'abord, le vendredi 19 janvier, un concert particulier par le lieu où il se déroule, la chapelle de l'Athénée Bara, dont le cadre exceptionnel est trop peu utilisé pour ce genre d'évènement, inédit aussi par son affiche , "La bande Magnétik", groupe vocal canadien chantant "à capella". Le samedi 27 janvier, c'est le retour d'Henri Des à la Maison de la Culture. Durant le mois de février, la MCT accueille quatre créations de spectacles en communauté française : "La farce de Maître Patelin" par le Centre Dramatique Hennuyer, le 7.2, "Les estivants", de Gorki, produit par l'Atelier Sainte-Anne avec Philippe Van Kessel les 8 et 9.2, "Sans mentir" de Jean Marie Piemme par le cercle Culturel de Namur, le 14.2 et "Britannicus" de Racine, par le théâtre Varia, dans une mise en scène de Marcel Delval, les 21 et 22.2.

Chapiteau archi-comble, pour la troisième édition de la Piste aux Espoirs, le dimanche 4 mars. Pour la première fois des artistes chinois de la province de Hunan sont venus participer au festival de cirque tournaisien auquel se sont également inscrites les écoles de cirque belges mais aussi d'Amiens, Rosny sous Bois, Marne la Vallée, Chambéry, des Pays Bas, de Wiesbaden et de Moscou. Le premier prix est attribué à Serge Tchorgounov, Dimitri Bessonov, Serge Gevoris, Serge Valtov et Tatiana Orolova présentant un numéro de voltige acrobatique, Wu Hongxia et Zhao Shuangwu terminent à la deuxième place dans le numéro "le ver à soie", Li Juan, Din Yaqing, Chen No dans un numéro d'équilibre sur balle complètent le palmares. Les Chinois sont déçus, ils étaient venus pour gagner, ils ne masquent pas leur déception lors de la proclamation des résultats ! Le vendredi 9 mars, dans le cadre de l'opération humanitaire "Télévie", c'est le guitariste Guy Lukowski qui donne un récital. Le lendemain, un des chanteurs préférés des jeunes, Christian Merveille se produit en matinée, tandis qu'à 20h, Philippe Lafontaine a donné rendez-vous à ses fans tournaisiens. Du 12 au 17 mars, Tournai vit son quatrième "Festival de la marionnette". A cette occasion trois spectacles sont présentés : "Tijl Uylenspiegel" par Toone, "Le secret du chat nu" par le Théâtre en Ciel de Dieppe et "La moitié du monde" par le Créa-Théâtre, organisateur de l'évènement. Le mardi 13 mars, le pianiste Yvar Mikshashoff donne un récital dans la Salle des Concerts du Conservatoire. Pour clôturer ce 3è mois de l'année, riche en spectacles, le groupe de recherche et d'action de Paris présente, les 28 et 29 mars, "Le monde d'Albert Cohen".

Le mardi 3 avril, nouveau concert dans la chapelle de l'Athénée Bara, celui donné par le groupe "Kustik", choeur féminin tchécoslovaque. Notons encore que le 15 mai, l'humoriste Lagaf vient présenter son spectacle à la Maison de la Culture. Le vendredi 8 juin, dans le cadre du centenaire de la mort de César Franck, Yan Valach donne un concert aux orgues de la cathédrale Notre-Dame. A la mi-juin, s'ouvre la première "Triennale internationale de la tapisserie de Tournai", le thème en est la francophonie. Douze lieux prestigieux proposent de découvrir des oeuvres en provenance des pays africains, de France, de Suisse, de Haïti, du Luxembourg et du Vietnam ainsi qu'une exposition de tapisseries anciennes. Une carte d'entrée de 100 Fb (2,50 Euros) donne accès à tous les lieux, la triennale restera ouverte jusqu'au 30 septembre et attirera les visiteurs du monde entier venus découvrir cet art dont Tournai fut une des principale places jadis. ... Dans le prochain article, nous parlerons des autres évènements culturels et sportifs de cette année 1990 à Tournai.

19 févr.
2009

11:54

Tournai : l'année 1990 sous la loupe (2)

Poursuivons l'analyse de cette année 1990, d'autres "faits divers" viendront marquer les esprits. Le samedi 11 août, vers 2h30, un incendie d'origine criminelle détruit les locaux de l'administration communale situés dans le Cour d'Honneur de l'Hôtel de Ville. Les services de l'Etat Civil sont particulièrement touchés, parmi les archives détruites, on trouve des documents datant de 1900, reconstitués après les bombardements de mai 1940. Les dégâts sont estimés à 10 millions de FB (250.000 Euros) mais la perte de ces archives est inestimable. L'enquête diligentée par la police communale mènera à l'arrestation des auteurs de ce méfait. Le mardi 20 novembre, deux facteurs sont victimes d'agressions, l'un à Kain, l'autre à Froyennes. Sous la menace d'une arme, ils doivent remettre leur sacoche, le butin total sera estimé à 70.000 Fb (1.735 Euros), les deux malfaiteurs circulaient à bord d'un véhicule volé à Gembloux et s'exprimaient avec un fort accent picard. La voiture ayant servi aux deux agressions sera retrouvée le lendemain dans la région de Charleroi.

Il n'y a pas que les mauvais garçons qui perturbent la tranquilité à Tournai, la météo joue aussi de vilains tours. Le jeudi 25 janvier, une violente tempête souffle sur le Tournaisis et provoque des dégâts considérables sans toutefois faire de victime. Le service 100 recevra plus de 1.000 appels en quelques heures, tuiles envolées, cheminées écroulées, fils électriques sur la chaussée, catenaires décrochées interrompant la circulation ferroviaire. Les vents ont soufflé à 110 km/h. La tribune debout du Racing de Tournai en a perdu sa toiture et l'église Sainte-Marie Madeleine, sa couverture de la nef. Un mois plus tard, le lundi 26 février, Eole fait encore des siennes, les dégâts les plus importants sont, cette fois, constatés au toit de la clinique Saint-Georges. Pourtant la plus violente des trois tempête arrive la nuit du 28 février au 1er mars, cette fois, elle causera la mort de cinq personnes en Belgique et on avance le chiffre de 20 millions de Fb (500.000 Euros) de dégâts rien que pour l'entité d'Antoing.

 La tempête souffle également à l'institut Saint-Luc à Ramegnies-Chin, les étudiants manifestent leur révolte le mercredi 28 mars. La veille, un de leurs professeurs a été tué en sortant de l'établissement. L'année précédente, c'est un étudiant qui avait été fauché devant l'établissement. Ces deux morts viennent s'ajouter à une, déjà trop longue, série commencée à la fin des années soixante. Ils demandent aux pouvoirs publics d'enfin reconnaître la dangerosité de l'endroit et de prendre de réelles mesures afin de réduire la vitesse des véhicules sur cette longue ligne droite qui débute au virage "Tentalu" (du nom d'une firme qui s'y trouvait) à Ramegnies-Chin pour se terminer à l'embranchement de l'autoroute. Un vent de colère souffle également sur la résidence Cathédrale. Le 29 mars, le Ministre Liénard renouvelle le refus qu'il avait prononcé un an plus tôt. Il n'accepte pas que le permis de bâtir bafoué lors de la construction de l'immeuble soit remanié. Alors que le chantier avait été suspendu par arrêté le 21 février 1988, l'entrepreneur a continué à aménager la construction, une toiture étant venue surmonter l'excroissance contestée. Un tel coup de force ne surprend pas les Tournaisiens, l'homme étant coutumier de tels faits, c'est un fonceur que rien n'arrête ! La tempête souffle également sur le monde agricole, le mardi 25 avril, la circulation est extrêmement difficile à Tournai, en cause, la colère des agriculteurs qui ont organisé une opération "escargot". Durant toute la matinée, les tracteurs rouleront à pas d'homme sur les boulevards de ceinture. La baisse de 25% du prix des céréales alors que le prix du pain ne cesse de monter est à l'origine de leur ras-le-bol. Lors d'une période de crise, c'est toujours le monde agricole qui est le premier touché. La tempête souffle aussi sur le monde de l'enseignement, le lundi 21 mai des piquets de grève interdisent l'accès aux principaux établissements scolaires tournaisiens. Trois mille enseignants défilent dans les rues de la cité des cinq clochers après avoir bloqué les différents accès à la ville dès 7h du matin. La tempête souffle enfin sur le portefeuille des automobilistes, au mois de septembre 1990, le prix des carburants est une nouvelle fois en hausse, l'essence super coûte 33,10 Fb le litre (0,82 Euros), le diésel : 22,50 Fb (0,557 Euros). Le climat économique est mauvais surtout qu'on dénombre pour le Tournaisis au 1er juin 90, 11.511 chômeurs indemnisés (5.222 hommes et 6.289 femmes), soit une augmentation de 398 unités en un an. ... Dans le prochain article consacré au domaine culturel, les propos seront moins pessimistes ou... un peu plus "Optimiste"s...

18 févr.
2009

09:24

Tournai : l'année 1990 sous la loupe (1)

Nous abordons aujourd'hui une nouvelle décennie. Tout au long de ces années que nous venons d'analyser depuis le 1er janvier 1950, nous avons assisté à une transformation de la société. Tournai, petite ville de province, n'a pas échappé à la règle. Crise économique, chômage et violence urbaine, civilisation des loisirs, prise de conscience des atouts touristiques de la cité et expansion du tourisme, culture de masse, pollution et écologie, voici de nouveaux concepts qui sont apparus peu à peu. Les années nonante confirmeront ces situations nouvelles. Les faits divers occupent désormais une place importante dans la presse locale, ils en font parfois, hélas, les gros titres.

Au tout début de l'année 1990, en voici un premier peu banal : le 8 janvier alors que Tournai se prépare à fêter le "Lundi perdu", un bien étrange scénario se déroule au départ de la Grand'Place. Il est environ 4h, dans un café encore ouvert à cette heure, des individus discutent. Après avoir réglé leurs consommations, l'un d'eux s'exclament : " on y va, chef !", en sortant ils enfilent brassards de police, s'engouffrent dans un véhicule banalisé immatriculé en France, allument un gyrophare et font, à deux ou trois reprises, le tour du forum tournaisien. Intrigué par leur attitude, le cafetier prévient les forces de l'ordre. Celles-ci les croisent dans la rue de la Tête d'Or. La poursuite ne durera pas bien longtemps, puisque, sur la place Clovis, à quelques mètres du commissariat de la rue de l'Athénée, les "policiers français" perdent le contrôle et s'encastrent dans une camionnette en stationnement. Appréhendés, ils expliquent aux "vrais" policiers tournaisiens qu'ils travaillent dans le milieu du cinéma et qu'ils ont emprunté du matériel à la production pour faire "une bonne blague"! Après vérifications, ils seront reconduits à la frontière. 

Plus dramatiques, les faits qui se déroulent le lundi 22 janvier. Vers 18h30, deux individus se présentent au domicile d'un médecin. Il braque son épouse venue leur ouvrir, pénètrent dans la salle de consultation et menacent le docteur, son épouse et le patient présent dans le cabinet de consultation . N'obtempérant peut-être pas assez rapidement ou effectuant un geste mal interprété par les individus, le médecin sera frappé violemment à la tête, Les trois victimes seront ensuite ligotées. Pendant une vingtaine de minute, les deux malfrats vont fouiller la maison à la recherche d'argent et de bijoux. Après leur départ, réussissant à se libérer, le docteur appelera la police. Son état nécessitera son transfert dans une clinique bruxelloise, une fracture du crâne ayant été diagnostiquée. Quelques jours plus tard, le dimanche 11 février, vers 18h, sous une pluie battante, les rares passants qui empruntent la rue du Curé Notre-Dame assistent à une scène peu banale. Trois jeunes descendent d'un véhicule immatriculé en Angleterre, défoncent la vitrine d'un magasin spécialisé en électro-ménagers et en matériel audio-visuel. Interrompus par un couple qui courageusement s'interpose, ils fuient en voiture vers le rond-point de l'Europe après avoir emporté quelques caméscopes.

Durant le premier semestre, notons encore, ce contrôle de police effectué la nuit du 19 au 20 mai 1990. Durant celui-ci trois individus circulant sur la Grand'Place à bord d'un véhicule immatriculé en France vont attirer l'attention des policiers. L'un d'eux est en possession de faux papiers et possède une arme, cette fois ce n'est plus du cinéma, il s'avère que le suspect fait l'objet d'une ordonnance de capture prononcée par un tribunal du Nord de la France. Après audition, il sera mis en détention et ensuite extradé. Comme on le constate, les faits divers ont tendance à se multiplier, on n'est plus confronté à de petits voleurs locaux mais à du grand banditisme, les malfrats se déplacent sur de plus longues distances, les zones frontalières sont propices à leurs méfaits car à cette époque, les relations entre pays ne permettent pas encore de poursuivre plus facilement des malfaiteurs qui se réfugient dans le pays voisin une fois leur méfait réalisé ... le prochain article nous donnera l'occasiond epoursuivre la revue des faits divers de cette année 1990 !

09:24 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers |

16 févr.
2009

09:13

Tournai : Le Tour de France !

1966, le Tour de France prend son départ, cette année-là, de Nancy. Après une première étape qui mène les coureurs à Charleville qui a vu la victoire en solitaire du coureur allemand Rudi Altig avec 47" d'avance sur un peloton dont le sprint est remporté par Willy Planckaert devant Georges Vandenberghe et à Rik Van Looy, la caravane quitte, le lendemain, la capitale des Ardennes françaises pour Tournai, terme d'une étape de 198 kilomètres.

Sur la ligne d'arrivée tracée sur le boulevard Bara, Guido Reybroeck bat, dans un sprint royale, Jan Janssen et Edouard Sels qu'on désignait alors comme le dauphin de Rik Van Looy, l'Empereur d'Hérenthals. Rudi Altig qui n'a pas participé à l'emballage final termine à 11" et conserve son maillot jaune devant le vainqueur de l'étape pointé à 36" au classement général. Dès la fin de la matinée, le site d'arrivée avait été envahi par des cohortes de supporters venus des quatre coins du pays, principalement de Flandre et du Nord de la France.

Le soir, après avoir visité les hôtels afin de recueillir les autographes des champions, la foule avait envahi la Plaine des Manoeuvres pour assister aux nombreux jeux offerts par les sponsors et au spectacle proposé par le podium d'Europe n°1. On pouvait y voir, sur écran géant, la présentation des différents animateurs de la station dont le très célèbre météorologue, Albert Simon, mais aussi, en direct, l'humoriste-imitateur Audré Aubert et l'orchestre "les Haricots Rouges" entre-autres.

Le lendemain, sur un circuit partant et arrivant au boulevard Bara, les équipes s'élancèrent pour un "contre la montre" de 20km800 dont la seule "difficulté" était la côte de Saint Maur. Ce sont les coureurs hollandais de l'équipe "Televizier" qui s'imposèrent dans cet exercice particulier, Henk Nijdam, Cees Haast, Jo De Roo, Jos Vandervleuten, Gerben Karstens, Hubertus Zilverberg, Baas Maliepaard, Hubert Harings et Léo Van Dongen devancèrent l'équipe belge "Smith's" composée du vainqueur de le veille Guido Reybroeck, Frans Brands, Georges Vandenberghe, Albert Van Vlierberghe, Willy Vandeneynde, Yvo Molenaers, Willy Planckaert, Martin Vandenbossche, Joseph Mathy (le régional), et le luxembourgeois Edy Schutz. L'équipe nordiste "Pelforth-Sauvage-Lejeune-Wolber" avait pris la troisième place de cette étape qui ne comptait que pour le classement inter-équipes et n'influençait pas le classement général. L'équipe française était composée de Jan Janssen, Edouard Delberghe, Georges Groussard, Roger Milliot, André Foucher, Jean Claude Lefebvre, Willy Monty, Maurice Izier, Julien Delocht et Johny Schleck (le père de Franck et Andy).

L'Optimiste se souvient de ces mémorables journées, la ligne d'arrivée était située juste en face de chez lui et des journalistes italiens empruntèrent même son vélo, sorte de vieille routière munie d'un guidon de course, pour y photographier l'un ou l'autre champion transalpin. ... Les vedettes de l'époque avaient pour nom : Jacques Anquetil, le super-favori mais aussi le mal aimé d'une partie du public, Ferdinand Bracke, Guido Carlesi, Franco Bitossi, Jan Janssen, Roger Pingeon, Raymond Poulidor, le chouchou de la foule, Jean Stablinsky (un presque voisin puisqu'il était originaire de Thun Saint Amand), Tom Simpson, Rik Van Looy, Herman Van Springel et un garçon pratiquement "inconnu", Lucien Aimar, qui allait remporter le classement final à Paris, son chef de file, Jacques Anquetil ayant abandonné, victime d'un refroidissement, lors de la 19e étape. 

 Après l'épreuve contre la montre, le peloton quitta la Grand'Place de Tournai vers 13h30 pour rejoindre Dunkerque, au terme d'une étape de 131 km500. Le vent du large donna des ailes au hollandais Gerben Karstens, vainqueur devant Jos Boons et Willy Planckaert. Il y a 43 ans déjà et ces noms ne disent peut-être plus grand chose aux supporters d'aujourd'hui. Depuis lors, la caravane a déjà traversé à de nombreuses reprises la cité de Clovis mais ne s'y est plus jamais arrêtée. Les villes de Tournai et d'Orchies viennent de s'associer pour recréer pareil évènement en se portant conjointement candidates à une arrivée dans la cité des cinq clochers et un départ de la cité française de la chicorée, distante d'une quinzaine de kilomètres. Si vous souhaitez voir les Géants de la Route, lors du Tour de France 2010, vous pouvez apporter votre soutien à cette initiative en vous inscrivant sur le site : http://www.orchies.tournai.com/soutenez-nous/ ...

09:13 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, orchies, tour de france |

15 févr.
2009

09:47

Tournai : expressions tournaisiennes (5)

Quoi de plus normal en ce week-end de la Saint-Valentin de se tourner vers quelques auteurs tournaisiens qui ont chanté l'Amour.

D'Adolphe Prayez (1883-1917), retenons cette magnifique chanson qu'est "l'rob blanque" (la robe blanche). Une femme âgée se souvient de son premier rendez-vous avec Zidore (Isidore), ses premiers émois, son premier bal pour lequel elle avait mis une robe blanche qui deviendra le symbole de leur rencontre, attachons nous au dernier couplet : "Ha bin, vous s'in souv'nez, Zidore, Awi, j'vous veos (vois) là tout joyeux et j'crois vir dins l'feond d'vos yeux, l'plaisi qu'cha vous rappelle acore et j'ai wardé (gardé) dins mes vieux jours, d'ein' vie d'bonheur, du c'que rien n'manque, ceull' (cette) pus bell' fleur de nos amours, ch'est l'souvenir de m'pétit rob' blanque".

Alphonse Tassier (1887-1956) lui intitulera sa chanson tout simplement "déclaratieon", un jeune homme s'adresse à Toinette, une jeune fille qu'il aime en secret et qu'il a rencontré au cours d'un bal : "Em'situatieon, vous l'savez, Toinette, ch'est ceull' (celle), si j'peux dire, d'ein brafe ouverrier (ouvrier) habile à l'ouvrache (au travail), sérieux et honnête, qu'sans peur d'l'avenir ein' fille peut marier. Des eaut's (des autres) pus malins sareot'tent (sauraient) pet-ête (peut-être) avé de bell's phrasses (phrases) fair' des complimints. Mi (moi) dir' que j'vous aime, même ed' dins ein lette (même dans une lettre), je n'sais pos Toinette l'écrire autermint (autrement).

Jules Boinem (1886-1962) donne une définition dans sa chanson "Les amoureux" : "Les amoureux, ch'est d'vrais infants ! Aimer, ch'est l'doux péché d'jeonesse (jeunesse) !, Aimer, ch'est l'coeur, gueonflé (gonflé) d'tindresse, qui bat foll'mint (follement) d'zous (sous) l'feu d'vingt ans !".

Un des membres actuels de la Royale Compagnie a cultivé le côté fleur bleue, René Godet se souvient d'une rencontre restée sans lendemain : "Même asteur (maintenant), que j'ai viéli (vieilli), Te sais, j'me rappelle toudis, ces treos (trois) minutes de bonheur, dusque (où) t'éteos su' m'coeur, mais si l'cancheonne (chanson) qu'aujordh'ui j'écris su ceull' mélodie et qu'ein bieau soir tu l'intinds (entends) t'saras (tu sauras) qui t'aimeot bin c'grand garcheon innochint (innocent)".

Voilà un bref panorama, la vie a bien changé et j'oserais presque vous dire : "Asteur que l'Amour i-n'est pus poétique, asteur que seont disparus les romantiques, ortrouvez ces meots simpes murmurés in secrets, pa des garcheons et des filles d'Tournai, cha nous rappelle qu'i-n'falleot pos d'pillules, ni d'extasy pou viv' les pus bieaux momints d's'vie, cha nous rappelle qu'au bal on pouveot acore s'parler, alors qu'asteur, à causse d'el sono, i-feaut berler (crier). Ein jour pétête i-ara ein' fille d'asteur qui dira à s'n'heomme : "te souvins-tu, de c'soir, Mario, à Pecq, à l' soirée de l'H2O, on aveot bu du Coca-Gin et t' l'aveot rinversé su' m'nouvieau jean, ch'est ainsi qu'on s'a connu i-a huit jours et qu'on s'a déclaré s'n'amour !.". Terminez bien le week de la Saint-Valentin, mes gins...

(sources : Florilège du Cabaret" édition de morceaux choisis de la RCCWT à l'occasion de son 75e anniversaire);

S.T. février 2009

09:47 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, picard, patois, cabaret wallon tournaisien |