31 déc.
2008

13:06

Tournai : portraits brossés depuis 2007

Hier, L'Optimiste vous a présenté sa table des matières pour les différents thèmes abordés dans le blog depuis sa création. Ce jour, nous allons parler des portraits de Tournaisiens célèbres, moins connus, parfois oubliés, de groupements aussi....

La Fondation Follereau (03.05.07).

Jean Paul Comart, acteur tournaisien (3.12.07).

Bruno Coppens, humoriste tournaisien (4.12.07).

Les deux pianistes (9.12.07).

Les Polaris (10.12.07).

La manufacture d'orgues Delmotte (27.01.08).

Un fait divers : le vol de la croix Byzantine (19.02.08).

Le Théâtre Jorio (23.02.08).

"Germain (Evrard) du Palace" (06.03.08).

Dany Boon, un Ch'ti, Tournaisien d'adoption (08.03.08).

"Chelmi" (09.03.08).

Edmond Malette (19.03.08).

Georges Grard, sculpteur tournaisien (25.03.08).

Géo Libbrecht, poète tournaisien (30.03.08).

Henri Vernes, le père de Bob Morane est tournaisien (01.04 au 03.04.08).

Gilbert Delahaye, poète et père de Martine (07.04.08).

Madeleine Gevers, poète (14.04.08).

Xavier Gossuin, chorégraphe tournaisien (20.04.08).

Albert Joseph Goblet (27.04.08).H

Henri Lacoste, architecte tournaisien (04.05.08).

Jacky Legge (12.05.08).

Pascal Mauquoy et le jeu de fer tournaisien (03.06.08).

Le groupe de Percussions de Tournai (13.07.08).

Joseph Lacasse, peintre tournaisien (08.08.08).

La Maison de la Culture a 40 ans (04.09.08).

André Wilbaux, architecte et chansonnier (23.09.08).

Le Festival International de Folklore de Tournai (02.10.08).

Colette Nys-Mazure, écrivain tournaisien (15.10.08).

Franck Olivier Bonnet (02.11.08).

"Tante Gaby" résistante (20.12.08).

Hommage à Lucette Menu (22.12.08).

Eddy Michez, cyclo tournaisien (24.12.08).

La croix Jubaru (26.12.08).

 

Voilà, l'année se termine, dans quelques heures, 2008 passera dans le livre des souvenirs, dans celui des archives à consulter dans quelques années pour se souvenir des bons et des mauvais moments. L'actualité possède cette particularité de vous présenter, le même jour, des évènements gais et des catastrophes. Le blog atteint en cette fin d'année 80.000 visiteurs, c'est un témoignage de fidélité et d'intérêt qui m'encourage à continuer, je remercie ceux qui y sont venus régulièrement ou en passant. Tournai est une ville à (re)découvrir. Tout ce je souhaite pour 2009 c'est que ceux qui n'y sont jamais venus y viennent et je me tiens même à leur disposition pour leur offrir, gracieusement, une balade à la découverte de ses trésors cachés (il suffit de le demander via les commentaires). BONNE ANNEE A TOUS !

13:06 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai |

30 déc.
2008

12:57

Tournai : thèmes traités depuis 2007

Certains d'entre-vous ont probablement découvert le blog récemment, la visite virtuelle de Tournai est donc plus difficile. Pour vous aider dans vos recherches, voici un résumé chronologique des sujets traités.

La cathédrale Notre-Dame (du 15.04.07 au 24.04.07).

Le beffroi (25.04.07).

La Grand'Place (26.04.07).

Les quartiers de la ville et leur histoire (30.04.07 au 21.06.07).

Les faubourgs de Tournai (23.06.07 au 08.07.07).

Tournai et ses villages (09.07.07 au 14.08.07).

Tournai, des origines à nos jours (15.08.07 au 10.09.07).

Tournai, vie quotidienne d'antan (15.09.07 au 20.10.07).

Tournai, vie quotidienne au XXIe siècle (21.10.07 au 07.11.07).

Les Amis de Tournai (10.11.07 au 12.11.07).

Les Géants de Tournai (13.11.07 au 22.11.07).

Le Cabaret Wallon Tournaisien (24.11.07 au 01.12.07).

Le patrimoine architectural tournaisien (05 et 06.12.07).

Les musées tournaisiens (15.12.07 au 24.12.07).

Les jeux populaires tournaisiens (29.12.07 au 18.01.08).

Les produits artisanaux de Tournai (20.01.08 au 26.01.08).

Manufactures et entreprises tournaisiennes (27.01.08 au 18.02.08).

L'éclairage public (21 et 22.02.08).

Le Conservatoire de Musique de Tournai (25.02.08 au 04.03.08).

Tournai, histoire locale, les années cinquante (12.03.08 au 20.05.08).

Tournai, histoire locale, les années soixante (21.05.08 au 05.08.08).

Tournai sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle (15.07.08 au 18.07.08).

Tournai, histoire locale, les années septante (10.08.08 au 29.10.08).

Tournai, la Salle des Concerts (10.10.08 au 13.10.08).

Tournai, le mémorial aux pilotes disparus (22 et 23.10.08).

Tournai, histoire locale, les années quatre-vingt (depuis le 4.11, sujet en cours).

Tournai, sous le signe de la rénovation (9.11 au 15.11.08).

Tournai, le Royal Théâtre Wallon Tournaisien (28 et 29.12.08).  Bonne lecture !

12:57 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai |

29 déc.
2008

14:26

Tournai : la Royale Compagnie du Théâtre Wallon Tournaisien (2)

Arthur Hespel étant disparu, on pouvait craindre que la mort de cet homme-orchestre mette fin aux activités de la compagnie théâtrale mais le génial créateur avait légué à son fils, Edgard, le virus du théâtre. Il succèda donc à son père. Dès la première année à la tête de la troupe, il remporte un large succès avec sa première pièce, "L'Tour de France". Le public ne s'est pas mépris, la succession est dignement assurée. Hélas, un an plus tard, en 1939, alors qu'il n'est âgé que de 37 ans, Edgard Hespel perd subitement la vue. Désormais ce sont Mariette, son épouse, et sa soeur qui coucheront sur le papier ses trouvailles.

De 1937 à 1968, le Royal Théâtre Wallon Tournaisien donnera près de 900 représentations à Tournai et dans la région. Comme son père, Edgard Hespel cumulera les fonctions d'auteur, de directeur, d'acteur et de régisseur. Il produira 31 oeuvres : comédies, vaudevilles, opérettes et comédies dramatiques. Sa première opérette date de 1944, "L'auberge des trois Catherine", écrite en collaboration avec Géo Clément pour le livret musical. En 1945, alors que la ville se relève de cinq années de guerre, cette période sombre lui inspire "L'espace vital", suivi l'année suivante d'un drame, "L'idiot". En 1948, la troupe remporte le Grand Prix du roi Albert et la coupe Paul Pastur. La cavalcade d'été des Amis de Tournai sera à l'origine de la création du vaudeville, "Les trois Grands" et lors des évènements de Suez en 1956, la chasse aux provisions qui se déroula dans toutes les villes d'Europe et à Tournai donnera naissance à "L'optimiste" (tiens, tiens !) qui remportera un véritable succès. En 1961, après l'indépendance du Congo, paraît "L'case à Boubou". Suivront "Amour, saucisse et...arsenic", une comédie dramatique ayant pour cadre une boucherie (1962), "L'corte au cou" (1963), "D'l'ieau dins l'gaz" (1964).En septembre 1968, Edgard Hespel fête ses trente ans de direction de la compagnie théâtrale, la reprise du succès de 1961 "L'case à Boubou" met fin à la prestigieuse aventure commencée 70 années plus tôt. Le rideau tombe définitivement sur le Royal Théâtre Wallon Tournaisien. Edgard Hespel décèdera le 15 août 1973.

Le 29 octobre 1937, le Collège communal souhaitant perpétuer la mémoire du génial auteur que fut Arthur Hespel avait débaptisé la rue de la Croix d'Or située entre la rue des Bouchers Saint Jacques et la rue du Louvre pour lui donner son nom. A la mort d'Edgard, la plaque associera désormais les deux patronymes, "rue Arthur et Edgard Hespel", juste récompense pour ces deux chantres du patois tournaisien. Parmi les acteurs des années soixante, on retrouve, outre Edgard Hespel, les noms de Mariette son épouse, de Réne Bacro, d'André Colasse, de Roger Dailly, de Jacqueline Perron (épouse de Ghislain, membre du de la RCCWT depuis 1968), d'André Glineur et de son épouse Christiane (fille de René Bacro). André Glineur, né le 19 juin 1927, fit sa carrière professionnelle au Monobloc (chaussée de Lille) et chez Gédit où il occupait la fonction de directeur commercial. Bien avant que le Théâtre Wallon ne cesse ses activités, il avait fondé, en 1950, en compagnie de son beau-père et de son épouse, la troupe des "Barco's" qui anima durant près de deux décennies les fêtes, fancy-fairs de la région. On rappelera leurs créations "Kermesse", "Rosalie", "Les frère siamois", "Lettre au P'tit Jésus" et "Les croisades", des sketches désopilants démontrant le talent comique des trois acteurs. Le premier prix du Folklore tournaisien, créé par la Ville de Tournai, le récompensa pour ses enregistrements des chansons tournaisiennes et pour sa version des "Tournaisiens sont là". André Glineur décèda très jeune, le 31 mai 1980, il allait avoir 53 ans. C'est une page du folklore de Tournai que nous venons de tourner.

(sources "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre, "Florilège du Cabaret" édité par la RCCWT et documentation de l'auteur).

28 déc.
2008

14:25

Tournai : la Royale Compagnie du Théâtre Wallon Tournaisien (1)

Le Tournaisien est fier de son patois picard et il ne manque aucune occasion de le célébrer. Repas de familles, mariages, fêtes de sociétés, il y a toujours un convive pour se lever et entamer "l'maclotte" de Fernand Colin, "On minche bin à Tournai" de Georges Delcourt, "les gosses de Tournai" d'Henri Thauvoye ou, comme très bientôt, "L'lapin du lindi perdu" d'Albert Coens. La Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien vient de fêter ses 101 années d'existence et continue à drainer les foules lors de chacune de ses apparitions. Au-delà de cette vénérable institution, la ville a compté et compte encore encore de nombreuses troupes théâtrales s'exprimant dans le patois local.

Parmi elles, nous ferons connaissance aujourd'hui avec le Royal Théâtre Wallon Tournaisien créé par Arthur Hespel. Ce Tournaisien dans l'âme est né le 16 juillet 1863. Son père exerçant la fonction de machiniste au théâtre communal, le jeune Arthur sera très tôt plongé dans l'ambiance du théâtre et attiré par la scène. Il ne recevra pourtant pas une très longue instruction et va s'installer comme cordonnier. A l'âge de 20 ans, il écrit ses premières pièces, auto-didacte, c'est en suivant son père dans les coulisses qu'il a appris les subtilités de l'art théâtral. A peu près à cette époque, vers 1888, le cercle tournaisien de littérature wallonne va être fondé, on y retrouve Achille Viart, Ernest Ponceau et Adolphe Wattiez, dès 1892, les premières pièces signées par Arthur Hespel y sont représentées. Hélas, le cercle ne durera guère et après sa disparition en 1897, Arthur Hespel va fonder sa propre compagnie, le Théâtre Wallon Tournaisien qui naît le 3 avril 1898.

Au sein de cette compagnie, Arthur Hespel sera un véritable "homme-orchestre" cumulant les fonctions d'auteur, d'acteur, de directeur et de régisseur. De son mariage naîtra, le 16 octobre 1902, un fils prénommé Edgard. L'élan est donné, jusqu'à sa mort Arthur Hespel n'arrêtera plus d'écrire, créant une septantaine d'oeuvres qui seront interprètées partout en Wallonie. Dès 1897, les oeuvres d'Arthur Hespel paraîtront dans les éditions des "Chansons populaires tournaisiennes" éditées par la Maison Vasseur et Delmée, elles seront également présentes dans les "Etrennes Tournaisiennes" de 1910 et reprises régulièrement dans la gazette bi-mensuelle, "Les cheonq clotiers" (les cinq clochers). En 1907, on le retrouvera bien evidemment parmi les membres-fondateurs du Cabaret Wallon Tournaisien. Le 3 septembre 1912, le théâtre Wallon Tournaisien remporte, le plus prestigieux des prix, celui du roi, au concours dramatique wallon du Hainaut à Charleroi avec la pièce "Eine collectieon d'crampeons" (en tournaisien un crampon, est une personne qui s'incruste, qui ne vous lâche jamais), un vaudeville écrit douze ans auparavant.

 Durant toute son existence, il produira des comédies, des vaudevilles, des revues, des opérettes, des opéras-comiques et même des comédies dramatiques. Parmi celles-ci, citons au hasard : les comédies, "Ein voyache à Bruxelles" (1892), "L'intierr'mint d'Crédit" (1894), "Ein scandale" (1898), "Mimi Picheon" (1902), "Parrain sans peos d'chuque" (1911), "L'mariache de m'bieau père" (1927)... les revues : "Aux cheonq clotiers" (1898), "Tournai Vivant" (1902), "Tournai-kermesse" (1904), "Au Congo" (1908), "Tout passe in r'vue" (1910), "Tout r'naît" (1919), "cha ch'est breyoux" (1922) ainsi que les opéras-comiques : "L'dreot d'ainesse" (1904), "L'amour au villache" (1912), "Quand l'amour s'en mêle" (1919), "Ein lindi perdu" (1926) ou "Chômeurs ingénieux" en 1932.

C'est le 18 décembre 1832 que la compagnie deviendra le Royal Théâtre Wallon Tournaisien. En 1937, Arthur Hespel écrira encore deux pièces : "Du bateon à deux bouts" et "L'abbé Germain", oeuvre inachevée à sa mort qui survient le 27 mars, elle le sera par son fils Edgard qui reprendra le flambeau. Nous le verrons dans le prochain article...

Toutefois, comme pour les DVD désormais la mode est aux bonus, l'Optimiste vous en offre un en guise d'étrennes : la description du programme de "Faut jamés dire fontaine", la 50e comédie d'Arthur Hespel, créée le mercredi 11 septembre 1935. Il nous renseigne que le Royal Théâtre Wallon Tournaisien est dirigé par Arthur Hespel, officier d'Acédémie, Chevalier de l'Ordre de Léoplod II, le scénario y est transcrit en entier, une habitude que gardera la compagnie jusqu'à sa disparition. Quelques publicités sont présentes : "La Source des Mottes" à Froyennes vantant son restaurant normand, son bodéga, son aquarium lumineux, ses jeux pour petits et grands, son parc, son étang et ses canots, son buffet froid de 1er choix, le rendez-vous des familles pour y déguster 18 sortes de Bières Belges et Etrangères à 1000 m de la gare, de la grand'Place et du couvent de Passy (on ne semblait pas trop précis à l'époque). Le magasin "A la Vierge Noire", au coin de la rue Gallait et de la rue de la Tête d'Or, vêtements pour hommes, dames et enfants, tissus spéciaux pour vêtements de cérémonie, militaires et ecclésiastiques. Précision : le magasin est ouvert en semaine de 8 h du matin à 6h1/2 le soir ainsi que les dimanches et jours fériés de 8 h à midi ! La "Maison Walter Duvellier", grand choix d'articles pour fumeurs, maison de confiance fondée en 1889, spécialiste-pipier, atelier spécial de fabrication, réparations soignées, 5, rue du Curé Notre-Dame. La maison "Charles Gisler", successeur Paul Henrion, bijoutier-fabricant, 11, Grand'Place, horlogerie fine, atelier spécial de fabrication et de réparation. "Au Petit Suisse", Epicerie Vaernewyck, cafés torréfiés garantis de bon goût depuis le prix incroyable de 5f25 le 1/2 kilo, la maison porte à domicile ! ... Ces réclames peuvent faire sourire, elles sont le reflet d'une époque qui nous semble à nous bien lointaine. Certaines de ces maisons de commerce tournaisiennes sont aujourd'hui disparues !

26 déc.
2008

18:58

Tournai : la croix Jubaru

Sur les pentes du Mont Saint-Aubert, les cyclos régionaux mais aussi ceux venant de Flandres ou du Nord de la France escaladent le col de la Croix Jubaru (altitude 99m). Même si sa hauteur prête à sourire par rapport aux grands cols alpestres ou pyrénéens parcourus par les coureurs du Tour de France, il répond entièrement à la notion de col puiqu'il permet le passage entre deux vallées.

Il tient son nom de la présence d'une croix en fer érigée à cet endroit à la mémoire d'un cycliste français, Armand Jubaru. Un 14 juillet, jour de fête nationale française, un jeune Tourquennois, agé de 26 ans, décide de venir en excursion dans le Tournaisis en compagnie de deux amis. Au moyen d'une de ces premières bicyclettes, lourdes machines peu comparables aux modèles qu'on trouve désormais sur le marché, ils entament l'escalade du Mont Saint-Aubert qui domine Tournai du haut de ses 147 mètres. Après s'être reposés et avoir passé de longs moments à contempler le panorama sur la vallée de l'Escaut, la France toute proche et les collines renaisiennes, les trois amis décident de reprendre la route pour Tourcoing, ville distante d'une bonne vingtaine de kilomètres et redescendent la sévère rampe (+ de 10%) qui passe au lieu-dit "Ma Campagne". Armand Jubaru ne peut maîtriser son vélo et prend de plus en plus de vitesse, arrivé au croisement de la route du Mont avec celle menant de Tournai à Molenbaix, il lui est impossible d'amorcer le virage et il part tout droit s'écraser contre le mur de la propriété de Mademoiselle d'Ogimont. Perdant son sang par de profondes blessures à la tête, il sombre rapidement dans le coma. Un de ses amis, Gustave Bourgeois, descendant précipitamment de sa bicyclette, afin de lui porter secours, fait lui aussi une lourde chute et se blesse assez gravement. Le Docteur Parent arrivé sur les lieux donna les premiers soins aux deux blessés mais se rendit rapidement compte de l'état désespéré d'Armand Jubaru. Quelques instants plus tard, celui-ci décéda. Sa dépouille fut transporté à la Maison Communale et à l'autre compagnon, Georges Caillau, revint la douloureuse mission de prévenir la famille qui vint dans la soirée chercher le corps. Depuis lors, une petite croix en fer forgée rappelle le souvenir de cet infortuné cycliste, on l'appelle la Croix Jubaru....

18:58 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, col jubaru, mont saint-aubert |

24 déc.
2008

17:13

Tournai : Eddy Michez, cyclo tournaisien

Durant les grandes vacances, l'Optimiste vous a conté le pélérinage cycliste d'Eddy Michez à Saint Jacques de Compostelle. Profitant des congés de fin d'année et de la grisaille tenace de ces derniers jours, il vous emmène à sa suite sur le périple réalisé au cours du mois d'août 2008.

Le 15 août, Eddy Michez embarque avec son vélo dans le TGV qui va l'amener à Lourdes. Logeant à l'Hôtel Sanctuaire, il sera brancardier bénévole au service des malades durant 6 journées bien remplies où le lever se faisait à 7h et le coucher pas avant 22h. Le 21 août, Eddy prend le départ d'un long périple qui le mènera de la cité mariale à celle des cinq clochers. Par Oloron Sainte Marie, après avoir escaladé le col du Soulor (1494 m) et de l'Aubisque (1708m), il rejoindra Saint Géours de Maremne, aux portes des Landes, au terme d'une étape de 199 km qui lui fit traverser le Pays Basque. Le lendemain, vendredi 22, par Minizan, Biscarosse, le Cap Ferret, Arcachon, Castelnau du Médoc, il arrivera dans un lieu bien connu des oenologues, Listrac, après un parcours de 184km. Le samedi 23 défilent sur sa route des villages aux noms de grands crus : Margaux, Saint Julien, Pauillac, Saint Estèphe (dire que sa gourde ne contient que de l'eau !). Il arrive à Verdon sur Mer et embarque sur le bac qui le dépose à Saint Georges de Didonne, banlieue de Royan. Après 166 km, c'est chez le maire du village d'Archingeay qu'il se verra proposer bien amicalement un logement qu'il partage avec deux Binchois et deux Liégeois. Le dimanche 24 août, après avoir remercié le sympathique maire, Eddy Michez reprend la route et après 156 km rejoint Chalans, les 60 derniers kilomètres étant effectués sous la pluie. Le lundi 25, quittant Chalans, son étape lui permet de franchir le Pont de Saint-Nazaire pour arriver à Sarzeau où il rend visite à un boucher breton, aujourd'hui retraité, qui était venu à Tournai, là où enseignait Eddy en 1984. La joie des retrouvailles s'accompagna d'un bon repas.

Le mardi 26, l'étape Sorzeau-Dinan est longue de 156 km. Eddy désire se rendre au Mont Saint-Michel qu'il visite le lendemain, mercredi 27. A la sortie du Mont Saint-Michel, une erreur de parcours va allonger son itinéraire et après 154 km, il s'arrête à Flers où se déroule une braderie monstre. Le jeudi 28, quittant Flers (et le Calvados mais toujours avec une gourde ne contenant que de l'eau), il se dirige vers Lisieux où il visite la cathédrale et le Carmel, ensuite par Pont l'Evêque, il gagne Honfleur et le Pont de Normandie. Pour un cyclo, les passages de ponts comme celui de Saint Nazaire ou de Normandie sont des moments délicats, le vent venant de la mer y souffle très fort et les camions qui frôlent les cyclistes provoquent de violents déplacements d'air. Par le Havre, il rejoint Saint-Romain-de-Colbosc après une étape longue de 162 km. Le vendredi 29 août devait l'amener, en soirée, à Tournai où sa famille se faisait une fête de le retrouver, toutefois un incident mécanique rendant la bicyclette inutilisable (perte du porte-bagages) l'obligea à appeler son épouse qui vint le rechercher à Amiens.

Eddy Michez a donc parcouru 1.534 km en 9 jours (moyenne de 171 km par jour), il regrette de ne pas voir pu visiter Dinard et Saint Malo, suite à l'erreur d'itinéraire et de ne pas être arrivé au terme de son périple. Eddy, la soixantaine bien sonnée, fait mentir l'adage : "les voyages forment la jeunesse... mais... déforment la vieillesse" ! Chaque fois, il dit qu'il ne repartira plus, mais l'Optimiste sait qu'il consulte déjà des cartes et que le pélérinage de Saint Jacques de Compostelle par le chemin du Nord le tente depuis longtemps.

17:13 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, lourdes, cyclotourisme, eddy michez |

22 déc.
2008

15:09

Tournai : Lucette, marraine des pompiers tournaisiens

Les habitués du blog savent que nous évoquons régulièrement le souvenir de personnalités tournaisiennes ayant marqué les domaines de l'Art, de la Musique, de la Culture, de la scène ou de l'écran. Celle à qui nous voulons, par amitié, rendre un hommage particulier n'appartient à aucune de ces catégories, mais les très nombreux habitants de Tournai qui ont assisté à ses funérailles, le jeudi 18 décembre, en l'église Saint-Quentin savaient qu'elle avait le coeur Rouge et Blanc, les couleurs de sa ville natale, un coeur "grand comme ça".

Lucette Menu est née à l'ombre des cinq clochers, le 26 aoüt 1924. Mariée à Lucien Detournay, elle eut un fils, Philippe, né en 1952 et tragiquement décédé dans un accident de la route, un matin de février 1982 au lieu-dit "le Pont Royal" à Froyennes. Veuve, elle fut la compagne de Léonard Rivière qui, à l'instar de Robert Léonard ou de Gaston Voiturier, n'était pas membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien mais prêtait néanmoins son concours lors de l"Orvue d'el kermesse", Lucette l'accompagnait dans les coulisses et se transformait en habilleuse, soucieuse du moindre détail, les changements de costumes devant bien souvent se faire en un temps record.

Lucette et Léonard habitaient à la rue des Bouchers Saint Jacques, juste à côté de l'arsenal des pompiers, un lieu magique pour cette dame qui vouait depuis son plus jeune âge une admiration sans borne pour les courageux hommes du feu. Il faut préciser que la maison de sa maman était, elle aussi, située à côté de la caserne, du temps où celle-ci se trouvait encore à la place Saint Pierre. Chaque jour, on la voyait sortir de chez elle, traversait le parking de la caserne, sa boîte de Chokotoff's à la main, les distribuant à ceux qu'elle rencontrait et qu'elle appelait affectueusement "ses enfants". D'ailleurs quand elle leur parlait, elle ponctuait toujours ses phrases de cette expression devenue rapidement célèbre à la rue Perdue, "Hein Pétit". Les pompiers lui rendaient bien cette amité, à la pause de quatre heures, ils partageaient avec elle le café et parfois un quartier de tarte. C'est un peu drôle de songer que finalement ces rendez-vous quotidiens entre une vielle dame et les hommes du feu étaient remplis d'une intense "chaleur", d'une grande humanité!

Pourtant, en 2006, le service Incendie quitta la rue Perdue pour des locaux "flambant" neufs à l'Avenue de Maire. Les télespectateurs de No Télé se souviendront longtemps de cette séquence montrant une dame âgée, sur le pas de sa porte, saluant chaque véhicule qui partait en ponctuant ce geste d'un "Au r'voir, Pétit", les yeux remplis de larmes. A la place du parking, on creusa rapidement les fondations d'un nouvel immeuble à appartements, un grand trou, symbole du grand vide qui avait envahi Lucette. Les pompiers n'oublièrent cependant pas celle qui était devenue leur "marraine" et régulièrement un homme venait la chercher pour retrouver cette chaude ambiance au sein du mess de la nouvelle caserne. Le dimanche 7 décembre, elle fut encore l'invitée privilégiée de la fête de Sainte-Barbe, heureuse de se retrouver au milieu de ses "enfants". Hélas, le 11 décembre, quatre jours plus tard, Lucette rendait son dernier soupir. Le jeudi 18 décembre, l'Eglise Saint-Quentin était bien trop petite pour accueillir tous les amis qu'elle s'était faits au cours de ces 84 années d'existence. Dans un dernier adieu à leur marraine, les Pompiers portèrent son cercueil jusqu'à l'autel et lui firent une haie d'honneur. Le soir, alors que la nuit tombait sur le cimetière du Sud, l'Optimiste et son épouse étaient présents autour de l'urne pour un ultime au-revoir à celle qui les accueillait toujours par son "Ca va, pétits". Sache Lucette qu'aujourd'hui, je te répondrais : "Non, ça ne va pas,... j'ai le vague à l'âme". Adieu Lucette !

15:09 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, hommage, pompiers, lucette menu |

20 déc.
2008

16:53

Tournai : "tante Gaby", Une héroïne de la résistance

Nous avons déjà eu l'occasion de vous parler de Gabrielle Petit, héroïne tournaisienne de la guerre 1914-1918. Celle dont nous évoquons aujourd'hui la biographie n'est pas native de la cité des cinq clochers mais le Tournaisis fut son rayon d'action lors de la seconde guerre mondiale.

Simone Ghisdal est née le 13 juillet 1898 à Renaix, ses parents étaient domiciliés dans le petit village de Cordes. Le 9 mai 1921, elle épouse Raoul Dumont de Saint-Sauveur qui décèdera rapidement. Veuve sans enfant, elle vient s'installer à Blandain. Elle y mène une vie paisible jusqu'à ce qu'éclate la deuxième guerre mondiale. Le 10 mai 1940, suite aux bombardements allemands sur la ville des cinq clochers qui firent de nombreuses victimes et rasèrent des quartiers entiers, elle laisse éclater sa colère, elle veut venger ces attaques honteuses contre des populations civiles. Elle commence donc par ravitailler les personnes entassées dans des convois ferroviaires au moment de l'exode (l'évacuation comme disent les Tournaisiens qui ont connu cette époque). Elle-même prend la direction du Pas de Calais avec la ferme intention de rejoindre la Grande-Bretagne. Mais la route est barrée par les soldats allemands et elle est contrainte de revenir dans la Tournaisis où elle fait oeuvre humanitaire en rôdant près des trains de prisonniers, récoltant leur courrier afin de le porter aux membres de la famille, aidant l'un ou l'autre à s'échapper. Action dangereuse également que cette vente de photos de Churchill et de De Gaulle au profit des Anglais installés dans la région. Elle entre alors dans la résistance et vend le journal clandestin "La Liberté".

En 1942, on la retrouve au sein de la "Légion belge". C'est à ce moment qu'elle prend le surnom de "Ma tante" ou "Tante Gaby". Elle accueille chez elle les personnes recherchées par la Gestapo. Avec son vélo, elle va parcourir quotidiennement des kilomètres pour récupérer des parachutistes anglais ou américains ou des compatriotes recherchés par l'occupant. En 1943, elle accompagne un agent officiel des renseignements traqué et le conduit jusqu'à Montauban en passant par Paris, Dijon, Dôle et Montpellier. Revenue à Blandain, elle apprend qu'elle est recherchée et trouve refuge tout d'abord chez le docteur Delbecque à Rumes puis à Taintignies et à Vezon. Arrive le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, les actions de sabotages s'amplifiant, elle va parcourir le Hainaut Occidental, prendre livraison à Brasménil de 117 kilos d'explosifs parachutés et à Bois de Lessines prendre en charge 550 kilos de produits détonnants. Après la guerre, pour ses actes de bravoure au service du pays et son inlassable travail au sein de la résistance (elle avait été la cheville ouvrière du groupe féminin de communication au refuge A30-ZI de l'Armée secrète et adjointe de l'abbé Dropsy, chef de réseau), elle recevra de multiples décorations et citations à l'ordre de la Nation et le 4 avril 1946 sera nommée au grade d'adjudant en qualité d'agent de renseignements. Agée, elle se retira au Home Destrebecq à Leuze-en-Hainaut où elle décèdera le 2 novembre 1984 dans sa quatre-vingt sixième année. Elle est inhumée à Saint-Sauveur. Ces médailles ont été remises au Musée d'Armes de Tournai le 24 novembre de la même année par ses amis résistants.

(sources : article du "Courrier de l'Escaut" paru en novembre 1984 au moment de son décès et "Biographies Tournaisiennes" de Gaston Lefebvre).

16:53 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, resistance, tante gaby, armee secrete |

16 déc.
2008

17:07

Tournai : l'année 1984 sous la loupe (6)

La ville de Tournai s'enrichit d'un nouveau géant en cette année 1984. En avril, le groupe folklorique des "Pêcheurs napolitains" du quartier Marvis présente à la presse, son géant "Lalie", hommage à Germaine Duprez, ancienne tenancière de leur local et cheville ouvrière de l'association. En ce même mois d'avril, le championnat de division 3 de football prend fin et la Royale Union Sportive Tournaisienne ne peut éviter la descente en Promotion terminant 15e et avant-dernière de sa série. Le Racing termine à la 5e place du classement. Le samedi 24 avril, la Halle-aux-Draps accueille un quart de finale de la Coupe d'Europe de Boxe française-savatte. Près de 900 personnes assistent aux différents combats.

En juin 1984, on parle, une fois de plus, de la rénovation du "site des XII Césars", un terrain vague, depuis plus de quarante ans, entre Grand'Place et rue Perdue. Un promoteur propose d'y installer un centre administratif et une galerie commerciale. Le Fort Rouge serait intégré au projet mais seul son toit dépasserait des constructions environnantes. Un projet de réhabilitation de ce chancre du centre-ville qui ne verra pas le jour. Un "Oscar" aurait pu être décerné à la firme Enromac de Gaurain, celle-ci vient, en effet de produire un nouvel asphalte, un enrobé drainant qui possède pour particularité de diminuer le bruit provoqué par le passage des véhicules (de 74,6 db à 67,6 db), de résoudre les problèmes d'aquaplanage en évacuant l'eau de pluie et de réduire également la réverbération des phares sur la chaussée. Revers de la médaille, par temps de gel ou de chutes de neige, il rend inefficace le salage préventif car l'épandage a tendance à disparaître rapidement dans les micro-fissures du tarmac.

En match de gala, le mercredi 5 septembre 1984, le Racing de Tournai reçoit ,en une rencontre amicale, une équipe mixte du Standard de Liège dans laquelle on retrouve les habitués : Gilbert Bodart, Michel Wintacq, Guy Dardenne, Guy Hellers et Bosman. Le vendredi 5 octobre est inaugurée à la crypte de l'Hôtel de Ville, en présence de l'ambassadeur de la République Démocratique Allemande (RDA), une prestigieuse exposition consacrée aux "Porcelaines des manufactures de Saxe et de Thuringe". La cité des cinq clochers a été choisie pour accueillir cet évènement en raison de son riche passé relatif aux manufactures de porcelaine. Le mercredi 24 octobre, André Castelot parle de "Napoléon II, victoire de la médecine", conférence donnée dans le cadre des manifestation "Hippocrate" qui se déroulent pour le 20e anniversaire de la Société de Médecine du Tournaisis. Nous terminerons par un record insolite, en octobre 1984, un groupe de Tournaisiens joue au billard durant 51h30, ils disputent 937 parties et entrent 7.097 boules.

(sources : le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

15 déc.
2008

12:56

Tournai : l'année 1984 sous la loupe (5)

L'agenda culturel de Tournai en cette année 1984 est bien garni. Après un premier trimestre mené tambour battant, la suite de l'année ne va pas décevoir les passionnés de spectacles, concerts ou divertissements. Le samedi 7 avril, la Maison de la Culture accueille un auteur-compositeur-interprète suisse, Denis Alber qui vient y donner un récital. En première partie de celui-ci se produit Jean Michel Borgeat. Le 24 avril, la musique celtique est à l'honneur avec le groupe Pibroch. Le dimanche 27 mai, une création collective est à l'affiche du centre culturel, "5010, Boulevard Robert" par la Polyvalente Saint-Exupéry de Montréal. Le 7 juin, les ballets mexicains "Conjunto Folklorico Magisterïal" composés de 36 danseurs sont en représentation sous l'égide de la Jeune Chambre Economique. Le 13 juin, c'est l'Orchestre de l'Etat de Bohème, "Pardubice", qui donne un magnifique concert, le lendemain, le quatuor "Prazak" de Pragues lui succède sur la même scène de la Maison de la Culture.

Le 25 septembre, la cathédrale Notre-Dame accueille le concert de la nouvelle saison, la 23e, du Festival Musical international du Hainaut, il met en vedette la chorale centrale des jeunesses Musicales de Hongrie. Quelques jours auparavant, la Maison de la Culture avait accueillie le premier concert : l'Orchestre Symphonique de l'Opéra National dans des oeuvres de Berlioz et Debussy. Le 29 septembre, en la salle du Forum, rue Blandinoise, le fondateur d'ATD Quart Monde, Joseph Wisinski entretenait un auditoire d'environ 200 personnes sur le sujet "N'oublions pas que la pauvreté existe chez nous". Les 28 et 29 octobre, le ballet "l"Ensemble" de Tournai propose un nouveau spectacle, sur un chorégraphie de Micha Van Hoecke, "La dernière danse". Le Festival Musical international du Hainaut permettra également d'applaudir, la violoncelliste belge France Springael, qui, à 28 ans, parcourt le monde, elle est accompagnée par l'Orchestre Symphonique de la RTBF, dans le concerto op. 107 de Chostakovitch, oeuvre dédicacée au célèbre violoncelliste Rostropovitch. Le festival se terminera le 29 octobre par un concert inédit, pour la première fois, quinze indiens Quichua de l'ile Taquile (sur le lac Tititcaca) donnent un concert de musique des Andes. Cet évènement exceptionnel est retransmis en direct sur la 3e chaîne radio de la RTBf. Le lundi 19 novembre, nouvel évènement théâtral, la représentation à la Maison de la Culture du "Cirque extraordinaire" de Victoria Chaplin et à la fin du même mois, le grand retour de l'opéra dans la cité des cinq clochers avec la représentation de "Simon Bocanégra" de Verdi. Y participent le baryton Alberto Rinaldi, la basse chantante Constantin Sfiris, le ténor Piero Visconti mais aussi les seconds rôles forts applaudis, Bruce Kelly, Jean Jacques Daumène et Daniel Houbrechts. Une excellente soirée, au cours de laquelle, le public d'abord fort timide, ne ménagea pas, par la suite, ses applaudissements et fit un triomphe aux artistes. Nous terminerons la retrospective de l'année 1984 dans le prochain article...

12:56 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, opera, maison de la culture, ballet l ensemble |