30 nov.
2008

16:46

Tournai : l'année 1983 sous la loupe (1)

Dans cette rétrospective des évènements qui marquèrent les années quatre-vingt dans la cité des cinq clochers, nous abordons maintenant l'année 1983. Depuis cette année-là, si vous parlez à un Tournaisien de la "grande évasion" il n'y verra, probablement plus, une référence au film avec Steve Mc Queen mais bien à l'évènement extraordinaire qui s'est déroulé le vendredi 16 septembre 1983. Un "exploit" digne de figurer au Guiness Book des records. Ce jour-là, les gardiens de prison étaient en grève, peut-être protestaient-ils déjà contre la surpopulation endémique connue par la maison d'arrêt tournaisienne et la surveillance était assurée par des gendarmes et policiers. Trente-huit détenus profitent de cette occasion pour faire la belle. Un trou soigneusement préparé dans un mur permet à cette cohorte de quitter silencieusement l'intérieur de la prison et après avoir traversé la cour, l'escalade du mur d'enceinte de 4m50 de haut leur permet de se retrouver en pleine nature. Grosse panique à la découverte de cette spectaculaire évasion car parmi les évadés, il y a quelques individus dangereux qui purgent des peines de longue durée. La région est quadrillée, l'hélicoptère de la gendarmerie survolle la zone, on croit apercevoir des évadés aux quatre coins de la ville, tous les vols commis dans les heures qui suivent leur sont attribués. Les autorités judiciaires lancent un vibrant appel aux évadés en leur demandant de revenir car "dehors les nuits sont fraîches (!)". Certains reviendront d'eux mêmes, d'autres seront repris dans les jours et les semaines qui suivront. Cet exceptionnel fait divers a inspiré à Eloi Baudimont, membre de la Royale Compagnie du Cabaret Wallon, une chanson qui restera un énorme succès dans le florilège des chansonniers tournaisiens.

Les faits divers furent encore nombreux en cette année 1983, la crise économique engendre souvent agressions, cambriolages et violence. C'est pourtant un vol inhabituel qui a lieu dans les dernières heures du mois de décembre, un individu escalade le grillage de protection de... la crèche installée sur la Grand'Place pour y dérober... l'enfant Jésus en plâtre ! Le dissimulant sous son manteau, il prendra alors le chemin de son domicile situé à Ramegnies-Chin. Son larçin a cependant eu un témoin qui s'est empressé d'avertir la police. Quelques minutes plus tard, sur le boulevard Léopold, il sera intercepté sans résistance et le "petit Jésus" pourra à nouveau attendre l'arrivée des Mages couché dans sa mangeoire .Cette fois, la réalité avait dépassé les contes de Noël qu'on retrouve dans les pages des journaux en cette période de fin d'année. Le mercredi 5 janvier, le concierge venant ouvrir les locaux constate que l'Hôtel de Ville a été visité durant la nuit par des individus qui ont fouillé les bureaux dont celui du Bourgmestre. Des affiches du F.A.T.I. (Front Anarchiste Tournaisien pour l'Indépendance) ont été apposées sur les fenêtres de l'édifice public. Ce groupuscule inconnu des services d'ordre avait déjà manifesté la semaine précédente à Kain face au domicile du Bourgmestre Raoul Van Spitael, parti pour quelques jours en vacances, et y avait déposé un crâne assorti de menaces de mort. 

Nouvelle razzia dans le pietonnier, le mardi 18 janvier vers 5h30. Cinq commerces reçoivent la visite d'une bande d'individus. L'alarme sera donnée par un commerçant réveillé par le bruit fait pour forcer la porte de son magasin. Les malfrats s'évanouiront dans la nature avec un butin estimé à 21.000 Fb en monnaie et bijoux (520 Euros). Le samedi 22 janvier, durant la soirée, les habitants de la chaussée de Douai sont intrigués par un véhicule immatriculé dans la région parisienne brutalement stoppé par deux motards de la police arme au poing. Les occupants, trois iraniens, venaient de commettre un vol dans une station-service de Quevaucamps emportant une somme estimée à 30.000 Fb (744 Euros). Ils étaient poursuivis depuis Péruwelz, perdus de vue dans la traversée de Tournai, ils avaient de nouveau été repérés à la Porte Saint Martin. Les 3 individus retournèrent sous bonne escorte à Quevaucamps rembourser le préjudicié avant d'être reconduits à la frontière. La liste est longue en cette année 1983, elle est cependant représentative du climat qui régnait à cette époque de crise économique, d'autres faits seront donc narrés dans le prochain article...

27 nov.
2008

17:48

Tournai : l'année 1982 sous la loupe (5)

Après la période des vacances de cette année 1982, la vie culturelle reprend son cours. Le Festival Musical international du Hainaut est fortement réduit. Seulement quatre concerts sont à l'affiche de cette édition 1982 : le 20 septembre, le groupe anglais "The Scolars", un ensemble vocal, le 27 septembre, l'Orchestre National de Belgique sous la direction du jeune chef anversois de 32 ans, Ronald Zollman accompagnant le soliste Malcolm Frayer, lauréat du Grand Prix Reine Elisabeth 1960, un concert de musique contemporaine proposé par le groupe "Kaléidocollage", le 4 octobre et, enfin le 15 octobre, le Nouvel Orchestre Symphonique de la RTBf dirigé par Brian Priestman interprètant la "symphonie n° 51" de Haydn, les "Tableaux d'une exposition" de Moussorgsky, avec en soliste Staïka Milanova et le "concerto pour violon et orchestre op. 99" de Chostakovitch. A cette époque, l'abonnement aux quatres concerts coûtait 700 Fb (17,35 Euros) !

Le 28 septembre, Raymond Devos se produit une nouvelle fois à Tournai et durant tout le mois d'octobre, la Royale Compagnie du Cabaret Wallon présente une revue-souvenir justement appelée "Quand ch'teot l'Orvue", de quoi ravir, à nouveau, les amateurs du patois picard. Le 10 novembre, le Ballet Royal de Thaïlande se produit sur la scène de la Maison de la Culture, le mardi 21 novembre, Gilbert Lafaille, auteur-compositeur-interprète de 34 ans, ancien professeur de français y donne un excellent récital malheureusement suivi par trop peu de spectateurs et le mercredi 24 novembre, le Théâtre National de Belgique présente le "Don Juan" de Molière. Pour fêter leurs cinq années d'existence, le groupe Osmose et la Chapelle Musicale s'associent pour proposer, en décembre, trois concerts exceptionnels : "Orgue et trompette" avec Henri Barbier, organiste de la cathédrale et Christian Chuffart, professeur au Conservatoire et trompettiste à la Royale Musique des Guides, "l'Ensemble Vocal et Instrumental" et un concert de musique de chambre par la Chapelle Musicale.

En sport, l'année 1982 débute par une bonne nouvelle, un sportif tournaisien, Didier Quain, formé à l'Union de Tournai mais transféré au KV Kortrijk est élu sportif de l'année à Courtrai. Nul n'est prophète en son pays : à l'Union, il ne fit que quelques apparitions en équipe première alors qu'il est devenu un élément de base dans le club courtraisien de première division. Mystère du football ! Le 17 février, le Volley Club Skill et le VC Rumillies, associés pour la circonstance, invitent, dans la salle de l'avenue Minjean, deux équipes européennes de volley-ball pour un match de gala, Automobilist Leningrad l'emporte 3-1 sur l'Ibis Courtrai. Le dimanche 28 novembre, en division 3 nationale de football, le derby entre les deux clubs tournaisiens se termine sur le score de 0-0, résultat nul à l'image d'une renconte suivie par Luc Varenne, commentateur sportif de la RTBf et Vital Loraux qui fut sifflet n°1 des arbitres belges. ... 1982 se termine, il nous reste encore bien du chemin à parcourir.

26 nov.
2008

08:39

Tournai : l'année 1982 sous la loupe (4)

Programme chargé en ce début d'année 1982 à la Maison de la Culture de Tournai. Le 25 janvier, le Théâtre National de Belgique y présente la "Fête de Mariage" d'Arnold Wesker, le vendredi 5 février, Maxime le Forestier y donne son récital, le lendemain ce sont les ballets Carmen Larumbe qui y dansent. Cette troupe présente à cette occasion une création mondiale "Titiku" sur une musique de Denis Pousseur.

Pendant ce temps, les écologistes ont eu l'occasion de rencontrer Brice Lalonde, venu le vendredi 29 janvier en la Halle-aux-Draps, entretenir son auditoire sur le sujet "Des villes pour vivre". Le mouvement écologique qui prendra de l'ampleur par la suite n'est qu'à ses débuts et cette raison venant s'ajouter à la vague de froid qui sévit sur la région explique peut-être pourquoi à peine une bonne centaine de Tournaisiens sont venus écouter l'orateur français. Le samedi 20 février, le Théâtre National de Belgique revient à Tournai avec la pièce "Caligula" d'Albert Camus.  A la fin janvier, il n'y a plus une place à trouver pour l'enregistrement par la RTBf de l'émission "La Bonne Etoile" présentée par Jean Vallée et Dany Saval. L'affiche avait depuis longtemps retenu l'attention des participants : Paul et Jacques Préboist, Martine Clémenceau, Pierre Rapsat, Nicolle Croisille, Enrico Macias, Georges Chakiris, entre autres, participaient au spectacle. Michel Drucker également présent, probablement tombé sous le charme de la cité des cinq clochers et de l'accueil de son public, propose d'y enregistrer l'émission "La Grande Parade" qu'il présente sur RTL. Le 11 mars, nouveau spectacle affichant complet (on avait refusé des centaines de personnes), le récital de Claude Nougaro. Le dimanche 4 avril, la Maison de la Culture propose de découvrir les ballets "Jazz de Montréal". Pour clôre cette revue culturelle du premier semestre, c'est Julos Beaucarne qui donne un récital, fort apprécié du public, le mardi 25 mai. Dans le prochain article, nous terminerons cette revue des évènements de l'année 1982 par le programme culturel du second semestre et la rétrospective sportive...

25 nov.
2008

08:46

Tournai : l'année 1982 sous la loupe (3)

En cette année 1982, l'actualité générale alterne les bonnes et moins bonnes nouvelles. En voici quelques exemples.

Les services postaux progressent "à reculons". A partir du 1er juin, il n'y a aura plus de distribution de courrier privé le samedi, une liste des envois encore transmis stipule que seront maintenus : les envois express, les abonnements aux journaux, les faire-part de décès et... les envois émanant de la Famille royale, des services de la Cour ou des différents Ministères. La Poste préparait probablement "déjà" la libéralisation de 2010 par les suppressions progressives de services au public et, à moins que ses responsables de l'époque soient des devins, elle n'avait pas encore l'excuse de la concurrence de l'Internet ou des mobiles. Autre mauvaise nouvelle, le litre d'essence Super coûte désormais 33,20 Fb (0,823 Euros), dix ans plus tôt, il était encore à 9,75 Fb (0,241 Euros). Tournai n'échappe pas à la panne générale d'électricité du 4 août 1982. Celle-ci trouve son origine, vers 11h15, à la centrale nucléaire de Doel (Anvers) mais est amplifiée par l'explosion d'un alternateur de la centrale de Vivorde au moment de la compensation de courant. La Flandre, la région de Bruxelles, le Brabant Wallon et le Hainaut Occidental sont privés d'electricité. Quelques jours plus tard, le 10 août, le déclenchement d'un disjoncteur d'une ligne de 15.000 volts à Marquain prive, à nouveau, la ville de Tournai de courant pendant environ une demi-heure.

L'année 1982 voit aussi de nouvelles réalisations immobilières. En juin, la construction d'une nouvelle résidence s'achève au Boulevard Bara, 28 logements sociaux, accessibles également par la rue As-Pois, viennent d'être créés dans la résidence "Les Porporas" (nom qui rappelle la Confrérie "des faiseurs de bas" à domicile qui étaient établis dans ce quartier ouvrier à la fin du 19e siècle). Ce bâtiment est réalisé par le CPAS pour des personnes du troisième âge. Quelques jours plus tard, le 19 juin, le Centre de loisirs, de rencontres, de vacances et de tourisme social, "le Panoramique" ouvre ses portes au sommet du Mont Saint Aubert. Avec son hôtel, son restaurant et sa terrasse panoramique, sa piscine, son bar "en plein ciel", ses salles de conférences et de séminaires, son parc de loisirs, il est appelé à doper plus encore le tourisme en pleine expansion de la cité des cinq clochers. Au début du mois de décembre, on apprend la nomination par le Conseil Communal de Mr Serge le Bailly de Tilleghem en qualité de conservateur du Musée des Beaux Arts de Tournai. Docteur en Histoire de l'Art, âgé de 37 ans, il succède à Léonce Pion. Sa thèse de doctorat avait pour sujet "Louis Gallait", le peintre romantique tournaisien qui occupe, avec ses tableaux monumentaux, toute une salle du musée. Pour les vrais amateurs d'art, le choix est judicieux, voici "The right man at the right place". ... Dans le prochain article, nous aborderons, la culture et le sport....

24 nov.
2008

13:08

Tournai : l'année 1982 sous la loupe (2)

L'année 1982 à Tournai sera marquée par de nombreux "faits divers" dont nous avons extrait les principaux. Il y a tout d'abord cette tragédie de la route, la pire de ces trente dernières années. Le samedi 4.9.1982, sur l'autoroute A16 Tournai-Mons, une voiture ayant à son bord une famille composée des parents et de cinq enfants se dirige vers le chef lieu du Hainaut. Les occupants reviennent de vacances passées au Maroc d'où ils sont originaires. Arrivé à l'embranchement "Tournai-Vaulx", le conducteur marque une hésitation, devant lui un panneau lui renseigne Bruxelles via l'autoroute, un autre via la Nationale 7. Hésitation fatale, le chauffeur d'un camion qui les suit, surpris, ne peut ralentir et pulvérise la voiture. le bilan est dramatique : sept morts, une famille entière décimée dans un amas de ferrailles, c'est ce que trouveront les membres des services de secours arrivés rapidement sur place.

Le samedi 13 novembre, la ville est, une nouvelle fois, le théâtre d'un vol audacieux. Vers 14h30, deux femmes sonnent chez un couple de personnes âgées qui occupent un appartement à la rue Royale. Sous prétexte de leur présenter du matériel de cuisine, après avoir été invitées à entrer sans méfiance par les octogénaires, l'une d'elles retient l'attention des habitants tandis que l'autre part à la recherche d'éventuelles valeurs. Quelques minutes plus tard, elle quittent l'appartement. On constatera après leur départ la disparition de 7 millions de francs de l'époque (173.525 Euros). Un fait similaire quant à son mode opératoire avait eu lieu, un mois plus tôt, à la rue Albert Asou. Là, ce sont des bijoux et de l'argent pour une contre-valeur de 1,3 millions de Fb (32.225 Euros) qui avaient été emportés. Le mardi 21 décembre, vers 20h30, alors que la préposée de la station-service des Bastions allait fermer la caisse, un individu armé, le visage dissimulé, s'empare de la recette de la journée soit environ 64.000 Fb (1.586 Euros) et s'enfuit vers Vaulx en compagnie d'un complice casqué qui faisait probablement le guet. Le lendemain, après 18h15, heure à laquelle elle a été aperçue pour la dernière fois, une porteuse de journaux disparaît lors de sa tournée à Gaurain. Son corps sera découvert le lendemain matin. Après l'avoir abattu, son agresseur semble avoir pris la fuite avec le véhicule de la victime, voiture qu'on retrouvera abandonnée à Barry. La police n'a pas chômé, dans le cadre de l'enquête concernant le hold-up des Bastions, quatre individus sont interpellés et deux sont placés sous mandat d'arrêt. Ils avoueront une série de vols à Vaulx, Péruwelz, Blaton ou Basècles. Vols, agressions, accidents de la circulation les pages des journaux les relatent presque quotidiennement en cette année 1982.

13:08 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers |

23 nov.
2008

09:44

Tournai : l'année 1982 sous la loupe (1)

De sévères conditions hivernales caractérisent le début de l'année 1982. Comme tous les habitants de l'hémisphère Nord, les Tournaisiens grelottent. Après un brutal refroidisssement dans le courant de la première semaine de janvier, la neige tombe en abondance durant la nuit du 10 au 11 provoquant ses habituels aléas de circulation. Très rapidement, le trafic ferroviaire est paralysé et celui de la SNCV (Société Nationale des Chemins de Fer Vicinaux qui deviendra par le suite T.E.C) est fortement compromis. La nuit du 12 au 13 janvier, la température chute jusqu'à moins 20° et au petit matin, on constate que l'Escaut commence à se couvrir de glaces. Cette vague de froid durera environ trois semaines avant que les conditions météorologiques ne redeviennent normales.

Autre évènement qui marque le premier trimestre, la renaissance du Carnaval de Tournai. Le samedi 13 mars 1982, près d'un millier de participants masqués envahissent les rues de la ville. Ici pas de cavalcade comme dans les cantons de l'Est du pays, pas de cortège carnavalesque bien structuré défilant entre deux rangées de spectateurs, tout au contraire, une fête ouverte à tous, une liesse populaire, chacun choisissant son déguisement et rejoignant soit un groupe d'amis, soit des personnes inconnues avec lesquelles on fera la fête jusque tard dans la soirée. Emporté par la foule des déguisés, on se laisse conduire par les rues de la cité, au son de fanfares improvisées, pour enfin rejoindre la Grand'Place où, au crépuscule, le roi Carnaval, symbolisation d'un hiver dont on souhaite la fin, sera brûlé sur le bûcher. La réussite de cette première expérience va permettre d'organiser désormais un carnaval qui prendra date durant le week-end du Laetare (mi-carême) et dont la renommée grandira au fil des années.

Ces festivités retrouvées ne font cependant pas oublier la dégradation de la situation économique dans la région. Depuis le début de l'année, on avait les plus vives inquiétudes en ce qui concerne une importante entreprise tournaisienne, la S.M.T. Poclain à Vaulx (construction de pelles mécaniques) où avant les congés payés, les premiers licenciements ont été annoncés et par la suite l'occupation de l'usine a été décidée. Le 11 octobre, la nouvelle que tout le monde redoute tombe, brutale, Poclain ferme définitivement ses portes, l'usine restera occupée jusqu'au réglement de volet social, des dizaines d'ouvriers et d'employés vont rejoindre la file des chômeurs. Des rumeurs laissent entendre que la situation n'est pas florissante au sein d'autres entreprises tournaisiennes. Les chiffres du chômage s'emballent, la crise économique s'installe.

C'est à celle-ci que sera confrontée la nouvelle majorité issue des élections communales du dimanche 10 octobre 1982, le P.S. (Parti Socialiste) conduit par le bourgmestre Raoul Van Spitael remporte 17 sièges, le P.S.C (Parti Social Chrétien qui deviendra par la suite CDH, Centre Démocrate et Humaniste) emmené par Georges Sénéca obtient 10 sièges, le P.R.L (Parti Réformateur Libéral qui se fera appelé ensuite MR, Mouvement Réformateur) 9, l'U.P.W.T (Union des Progressistes Wallons, ex-Parti Communiste) 2 sièges et les Ecolos 1. Raoul Van Spitael se succèdera à lui-même au premier janvier suivant. De nombreux faits divers souvent tragiques marqueront également cette année 1982, nous les évoquerons dans le prochain article...

21 nov.
2008

10:48

Tournai : l'année 1981 sous la loupe (4)

Nous continuons à passer en revue les évènements culturels qui marquèrent cette année 1981. Septembre est arrivé et la saison culturelle recommence. La Maison de la Culture accueille le Grand Prix de la Chanson Wallonne remporté par le Herseautois François Van Dorpe devant le Tournaisien "Zo et les Lundis Perdus". Le vendredi 25, alors que le bondissant Plastic Bertrand a rendez-vous avec ses fans en la Halle-aux-Draps, les mélomances, eux, "planent" au centre culturel avec l'Orchestre de Chambre de Budapest dans des oeuvres de Corelli, Bach et Bartok. Le 16 octobre, c'est au tour de l'Orchestre Symphonique de la RTBf dirigé par Emmanuel Krivine de se produire dans la ville des cinq clochers. Deux jours plus tard, celui qu'on a surnommé "Mr 100.000 volts", Gilbert Bécaud revient à Tournai pour un unique récital et le 23 octobre Renaud et Daniel Balavoine se partagent l'affiche de la Maison de la Culture.

1981 est une année qui voit le début des radios libres, "Radio Intérim" située à la rue des Maux, à l'étage du bâtiment qui a abrité le cinéma Scala, est une des plus écoutées de l'époque avec notamment son émission matinale "Café crème". Le jeudi 5 novembre, ses responsables ont invité Jean Claude Bourret, présentateur du journal sur la première chaîne de télévision française qui, en la salle du Forum, rue Blandinoise, entretient le public sur un sujet qui le passionne, les "OVNIS", il n'y a plus une place de disponible, les "petits hommes verts" semblent faire recette à Tournai comme ailleurs, le public a besoin de rêve ! Bien avant Anne Roumanoff, le conférencier nous déclare "On ne nous dit pos tout !". Le 7 novembre, évènement artistique à Tournai, la Maison de la Culture inaugure, en présence de l'artiste, une exposition des oeuvres du sculpteurs tournaisiens Georges Grard. Celui qui fut tant décrié par la classe "bien pensante" tournaisienne lors de la création de sa Naïade, trois décennies plus tôt, devient enfin prophète en son pays et cela est entièrement mérité. Au début du mois de décembre, le Kiwanis Club invite l'historien Alain Decaux, membre de l'Académie Française, il évoque "les quatre femmes de Victor Hugo". Cadeau de Noël de l'Administration Communale aux séniors, le 23 décembre, ils peuvent applaudir Georges Guétary accompagné par l'orchestre belge d'Eddy De Latte, une formation qui a déjà accompagné Yvan Rebroff et Gilbert Bécaud.

Evoquons le sport pour terminer la revue de cette année 1981. Evoluant dans le championnat de 3e division nationale, le Racing de Tournai temine à la 4e place juste devant l'Union. Le 12 août, en un match de gala se terminant sur le score de 2-2, les Rats rencontrent l'équipe du Standard de Liège, au grand complet, avec les Preudhomme, Gerets, Poel, Dusbaba, Meeuws, Vandersmissen, Tahamata, Graf, Lecloux, Plessers, Voordekkers, Englebert, Bodart et Sciacia. Le Racing présente, à cette occasion, ses deux nouvelles recrues Guy Demey et Ezéchiel. Quatre jours plus tard, l'Union affronte le FC Bruges qui s'impose 0-4. L'Union alignait son nouveau transfert un certain Jules Bocande, joueur venu d'Afrique et qui allait faire par la suite carrière à, Seraing, l'OGC Nice et au PSG. Une semaine plus tard, les Rouge et Vert battent (3-2) une équipe mixte du SC Anderlecht, avec Grün, Friman, Peeters, Petersson...Trois jeunes tournaisiens sont partis faire les beaux jours du KV Kortrijk, Claude Carbonnelle, Didier Quain (US Tournai) et Serge Collie (RC Tournai) jouent désormais au stade des Eperons d'Or. Rangeons également dans les exploits sportifs celui réalisé par deux cyclos tournaisiens, Georges François et André Liagre qui viennent d'accomplir le Tour de France cyclotouriste soit plus de 5.000 kilomètres.

Un dernier détail, en cette fin d'année 1981, le prix des carburants devient exhorbitant, le litre d'essence coûte désormais 30,70 Fb (0,761 Euros) et le fuel de chauffage est à 13,60 Fb (0,337 Euros). Les "golden sixties" sont déjà loin, bien loin....

(sources : le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

20 nov.
2008

13:58

Tournai : l'année 1981 sous la loupe (3)

L'agenda culturel et des distractions de l'année 1981 est bien chargé. La Maison de la Culture, dans ses nouveaux locaux de la Plaine des Manoeuvres, a doublé sa vitesse de croisière. Les 7 et 8 janvier, elle propose deux spectacles de et avec Jérôme Deschamps : "La petite chemise de nuit" et "Les oubliettes", le 15 janvier, c'est Charles Dumont, auteur-compositeur, créateur de nombreux succès pour des artistes comme Edith Piaf, qui ravit un nombreux public et le 20 janvier, l'artiste polonaise Anna Prucnal lui succède sur la scène du centre culturel tournaisien. En ce premier mois de l'année, les Polaris sortent un nouveau disque. "Mademoiselle Ninette" grimpera rapidement dans les hits. Le lundi 9 février, c'est au tour de Pauline Julien de se produire sur la scène de la Maison de la Culture. Le 18 février, les amateurs de conférences sont comblés avec la venue dans la cité des cinq clochers de René Huyghe de l'Académie Française. Invité par le Kiwanis Club Tournai Picardie, il entretient son auditoire sur "Jérôme Bosch ou l'autre face du monde". Le 24 février, le Café-Théâtre "La Mauvaise Herbe" accueille le guitariste américain originaire de Californie mais vivant à Hannovre, David Qualy. 

Le Vendredi 13 mars, c'est jour de chance pour les mélomanes qui viennent écouter, en la cathédrale Notre-Dame, les petits Chanteurs de Vienne.Les 19 et 20 mars, une petite troupe belge "l'Atelier St Anne", en collaboration avec le "Théâtre de l'Est Parisien" créent à la Maison de la Culture, une pièce méconnue de Bertold Brecht "Têtes rondes et Têtes pointues", une oeuvre écrite en 1933 et réécrite en 1938. Le lundi 23 mars, Tchang Tchong Jen, le seul personnage des aventures de Tintin ayant réellement existé, visite l'imprimerie Casterman, à la rue des Soeurs Noires, éditrice des albums d'Hergé. Il y est reçu, avec énormément de sympathie, par Jean Paul et Louis Robert Casterman. Pour clôturer le troisième mois de l'année, la Halle-aux-Draps accueille, du 25 au 31 mars, une exposition exceptionnelle consacrée aux "Armes et souvenirs militaires du 16e siècle à nos jours". Comme annonçant l'arrivée du printemps, le cirque Jean Richard plante son chapiteau pour deux soirées, à mi-avril, sur la Plaine des manoeuvres. Le jeudi 7 mai, l'église Saint Brice offre son cadre prestigieux et son acoustique rare au concert du "Trio Bobesco" dans des oeuvres de Mozart, Haydn et Beethoven. Le 11 mai, le Théâtre des Elfes de Milan, présente, en version italienne, "Le Jeu des Dieux", les spectateurs de la Maison de la Culture recoivent un bien nécessaire résumé à l'entrée. Le 4 juin, la cathédrale de Tournai est envahie par les caméras et projecteurs de la BRT (Télévision flamande) qui y tourne quelques scènes du téléfilm "Histoire de Hughes Van Der Goes", l'histoire d'un moine peintre flamand qui vivait au cloître d'Anderlecht. La cathédrale Notre-Dame a été choisie par le réalisateur pour son décor roman, période durant laquelle vivait le héros. ... L'actualité culturelle étant chargée, dans le prochain article, nous aborderons le second semestre et parlerons également des évènements sportifs qui marquèrent l'année 1981 à Tournai.

13:58 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, maison de la culture, cathedrale notre-dame |

19 nov.
2008

09:42

Tournai : l'année 1981 sous la loupe (2)

Dans cette rétrospectives de l'année 1981, abordons maintenant une série d'informations diverses. Le problème de l'élargissement de l'Escaut avait empoisonné la ville durant deux décennies. La solution de l'alternat ayant été finalement adoptée par le collège communal, un système de "feux rouges" autorisant ou interdisant un sens de circulation est en place. Ceux-ci sont placés en amont et en aval de la cité. Le vendredi 6 mars, une péniche de 1.487 tonnes, longue de 80 m et large de 9m50, accoste entre le pont Delwart et le Pont des Trous, elle va transporter une cuve géante réalisée par les Usines Meura et destinée à une brasserie de Dortmund (All). De nombreux curieux s'étaient rassemblés pour la voir franchir une première fois le Pont des Trous, traverser la ville pour aller faire demi-tour au bassin de Calonne et retraverser Tournai en descendant le fleuve.

En mars, la Chambre de Commerce et d'Industrie du Tournaisis élit un nouveau Président en la personne de Xavier Duquesne de la Vinelle en remplacement de Mr. Arnaud Decléty. Celui-ci débute son mandat lors d'une période difficile sur le plan économique. Dans son discours, il constate que notre pays et notre région vivent la sixième année d'une crise profonde et que le ciel ne s'éclaircira probablement pas avant plusieurs années. Des secteurs entiers de l'économie sont ménacés, le chômage, particulièrement celui des jeunes, est angoissant. A Tournai, des rumeurs persistantes font état de problèmes au sein d'un des fleurons de l'industrie locale, les usines Meura. La Jeune Chambre Economique se dote également d'un nouveau Président, Michel Dumortier remplace Paul Decaluwé.

Au début du mois d'avril, un nouveau projet immobilier fait couler beaucoup d'encre à Tournai. Une demande de permis de bâtir est introduite pour la création, à la rue de la Tête d'Or, d'un immeuble comprenant huit magasins dans une galerie et cinq appartements. Ce projet prend le nom des "Arcades". Alors que le permis n'est pas encore accordé, l'entrepreneur coule déjà la dalle de béton servant d'assise à la grue qui sera érigée. Une manifestation d'opposants au projet est organisée le vendredi 17 avril, l'engin ayant, entretemps, était monté. Il font remarquer à l'entrepreneur qu'il n'a pas respecté le délai de permis de bâtir. Il faut dire que celui-ci, d'une nature assez autoritaire et ne supportant aucune contestation, est un habitué du coup de force et des modifications de plans, à son avantage, en cours de travaux. Une sorte de monstre du Loch Ness fait de temps en temps son apparition à Tournai, le projet de création d'un parking souterrain que tout le monde promet mais que personne ne réalise ! Cette fois, le 12 juin, ce sont deux projets qui sont présentés, l'un d'environ 300 places sous l'ancien hôtel des pompiers, l'autre de 386 places en trois niveaux sous la place Reine Astrid. le "Nessie" tournaisien replongera rapidement au fond des dossiers de l'Administration Communale.

Le 10 octobre, la foule des curieux s'est rassemblée, cette fois, à hauteur du Pont Morel. Durant le week-end, une entreprise de Maubray, la firme Saerens va déplacer cette structure métallique de 2.100 tonnes. La première opération consiste à élever le pont d'une dizaine de centimètres à l'aide d'un sytème hydraulique, de le faire reposer ensuite sur cinq remorques de 680 roues au total et de le déplacer latéralement de 22 mètres en lui faisant faire une rotation de 90° afin de dégager les voies de chemin de fer pour la fin du week-end, il sera alors démonté sur place. Le mastodonte avait vécu 68 ans. Un nouveau pont d'une largeur de 17m40, doté de quatre bandes de circulation et de deux trottoirs, sera ensuite construit et opérationnel pour l'été 1983. ... Le prochain article sera consacré à la vie culturelle tournaisienne en cette année 1981.

18 nov.
2008

09:36

Tournai : l'année 1981 sous la loupe (1)

Après une incursion dans le domaine de l'actualité, nous revenons à notre feuilleton traitant de l'histoire locale depuis l'année 1950. Nous voici arrivés à l'année 1981. Au cours de celle-ci, la rubrique des "Faits Divers" ne désemplira pas. ... Déjà le vendredi 16 janvier, la police communale met fin aux agissements d'un jeune pyromane, il en était à son 133e méfaits en à peine trois mois. Militaire, caserné dans une autre ville, il agissait durant ses permissions. Quelques semaines plus tard, le jeudi 5 mars, vers 18h45, un individu, le visage dissimulé sous un masque de carnaval, pénètre dans une bjouterie située au pied du beffroi. En possession d'une arme de fort calibre, il tire une balle qui transpercera un présentoir et emmène les occupants dans un réduit. Un second individu fait alors irruption et va vider les présentoirs de leurs bijoux. Une demi-heure plus tard, ils s'en iront avec un butin estimé à quelques millions de francs (quelques centaines de milliers d'Euros). Le jeudi 26 mars, ce sont les locaux d'une banque située sur le quai Dumon, le Crédit du Nord belge, qui sont le théâtre d'une nouvelle agression. Trois individus masqués et armés tiennent en respect une dizaine de membres du personnel et les clients présents à l'ouverture. Ils emportent un butin alors estimé à 1 million de francs (25.000 Euros) et fuient vers le France par Saint Maur, Wez et Howardries, le passage du véhicule sera constaté par de nombreux témoins.

Le mercredi 1 avril, peu après minuit, trois hommes descendent d'un véhicule immatriculé en France et s'introduisent dans le magasin "La Jeannerie", rue du Bourdon Saint Jacques, là, ils font main basse sur des vêtements pour une valeur de 260.000 Fb (environ 6.450 Euros). Patrouillant en ville, des policiers repèrent des agissements suspects. Une voiture démarre en trombe... le complice abandonne les trois individus sur le trottoir, prenant le fuite à pied, ils seront rattrapés à la rue Royale. Il s'agissait de trois habitants originaires de Lille dont un mineur. Le jeudi 21 mai, nouvel hold-up spectaculaire, cette fois, ce sont deux transporteurs de fonds d'un syndicat qui sont agressés à proximité de la rue des Maux. Ils viennent d'aller chercher dans une agence bancaire l'argent destiné à payer les allocations de chômage. Neuf millions de francs (223.000 Euros) changent de mains en une fraction de seconde, les malfrats étaient bien renseignés. Le vendredi 12 juin, le Tournaisis enregistre son treizième hold-up en six mois, cette fois ce sont les locaux d'une banque située à la rue du Cygne qui sont attaqués par trois individus qui emportent 1.300.000 fb (32.225 euros) et quatre jours plus tard, trois malfrats (probablement les mêmes) emportent 450.000 fb (11.155 Euros) à la Poste de Tournai. Le mode opératoire est toujours le même, trois personnes qui fuient vers la rue Général Piron, changent de véhicules dans le quartier du Maroc et s'en vont vers la frontière française par Wez.

Le 20 juillet, le gardien d'un restaurant de la Grand'Place, faisant une ronde durant l'absence des propriétaires, constate la disparition de matériel (enregistreur, machine à café, matériel de restauration...), de bouteilles de vin et de champagne. Le préjudice s'élève à environ 700.000 Fb (17.350 Euros). Enfin le 29 septembre, on apprend qu'un auteur présumé des hold-ups ayant eu les organismes financiers tournaisiens pour cadre a été abattu dans un bar à Turin. Agé de 36 ans, le truand italien avait été entendu par deux inspecteurs de la police judiciaire de Tournai dans le cadre d'une commission rogatoire. Ses complices ont préféré le faire taire à jamais ! Jusqu'au début de cette année 1981, aucune autre année n'avait présenté une telle insécurité, ce n'était hélas que le début des faits de vols, hold-up, cambriolages. L'amélioration des voies de communication, la proximité de la frontière, la plus grande rapidité des véhicules et ... la crise économique seraient désormais déterminantes dans les faits de grand banditisme.

09:36 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers |