29 oct.
2008

09:48

Tournai : analyse des années septante.

La caractéristique principale de cette décennie qui s'achève est la fin irrémédiable du rêve induit par "golden sixties", ces années dorées où l'optimisme régnait en maître, cette période marquée par le plein emploi, le désir d'entreprendre et l'insouciance du lendemain.

Un évènement va être à l'origine de la prise de conscience d'un changement radical dans notre mode de vie, la guerre de 1973 entre Israël et les pays arabes. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il y avait bien eu des conflits sur la planète, en Corée, au Vietnam, en Algérie et dans les colonies devenues indépendantes mais, pour la première fois, le pétrole a été utilisé comme arme économique par les pays producteurs. Les difficultés d'approvisionnement, l'augmentation rapide du coût des carburants, les restrictions d'éclairage, les dimanches sans voiture ont soudainement rappelé de mauvais souvenirs aux plus âgés et modifié la perception de la réalité pour la jeune génération. "Les lendemains qui chantent", c'était fini, bien fini ! L'avenir n'était plus teinté de rose.

Chez nous, l'évènement majeur de la période que nous venons de rappeler est politique, c'est la fusion des communes. Elle fit couler beaucoup d'encre, fut à l'origine de réunions, de manifestations, de prises de positions de la part des opposants au projet, elle fut néanmoins réalisée et rapidement la crise d'urticaire qu'elle avait provoquée s'effaça pour disparaître avant la fin de la décennie.

A Tournai, ce fut une décennie de bouleversements, de véritables "institutions" qu'on pensait éternelles disparurent tour à tour : l'annuelle "Revue du Cabaret Wallon Tournaisien" attendue avec impatience par les milliers de spectateurs qui y assistaient de septembre à décembre, le "Festival de Tournai Don Bosco" vaincu par sa démesure, une manifestation sans doute mal adaptée à la mentalité d'une petite ville de province puisque personne ne leva le petit doigt pour le sauver, la disparition des "comédies dites de boulevard" avec le retrait des galas Karsenty Herbert. Ce fut la disparition de ces pièces légères jouées par d'excellents comédiens de l'écran ou du théâtre,   distraction pour un public qui songeait avant tout à rire et à s'amuser mais pièces exécrées par les critiques de l'époque et les nouveaux organisateurs tournés désormais vers des spectacles, oeuvres d'auteurs pessimistes au langage ésotérique, traitant de sujets graves et bien souvent démoralisants comme la mort, la rupture, la drogue, le mal être, des créateurs bien dans l'air du temps soutenus par les nouveaux universitaires! Une forme d'élitisme fut alors fort appréciée par les critiques de l'époque qui encensaient ces pièces incomprises par la majorité des spectateurs (ce qui, automatiquement, les élevait, eux, au-dessus du lot).

Durant ces dix années, même les sportifs n'échappent pas à la règle. Les organisateurs de courses cyclistes pour coureurs professionnels vont aussi devoir jeter l'éponge. Disparus le "Grand Prix de la Ville de Tournai" et le "Trèfle à Quatre feuilles", épreuves peu à peu boudées par des "stars de la petite reine" qui les trouvaient sans doute peu rentables en terme d'argent et d'image. Que dire alors de ces nombreux championnats d'Europe ou du Monde de billard organisés en la Halle-aux-Draps grâce à un homme, Roger Delmotte, qui eux aussi passèrent aux oubliettes. Il y a néanmoins une information récurente tout au long des années septante, la progression inexorable du chômage. Bientôt nous évoquerons les années quatre-vingt, seront-elles dans la continuité ? Ceux qui les vécurent connaissent déjà la réponse mais il est parfois interessant de rafaîchir la mémoire, les plus jeunes les découvriront !

27 oct.
2008

08:57

Tournai : l'année 1979 sous la loupe (4)

Des nombreux évènements sportifs qui marquèrent l'année 1979 à l'ombre des cinq clochers, nous en avons retenu quatre.

Le dimanche 6 mai, les supporters des deux clubs tournaisiens de football assistent à un derby d'une extrême importance au stade Gaston Horlait. L'issue de la rencontre décidera probablement de la montée en Division 3 pour l'une ou l'autre équipe. Union et Racing sont en tête du championant, avec le même nombre de points (43) et de victoires (19), ils précèdent Ninove. A la 14e minute, les Rouge et Vert ouvrent le score par Michel Bette, le Racing égalise à la 54e par Georges Mercante. Une erreur du gardien unioniste Billouez permettra au Racing d'inscrire le but de la victoire par Guy Lammens à trois minutes de la fin de la rencontre. A une journée de la fin du championnat, les Rats prennent une sérieuse option sur le titre. Plus de 6.000 spectateurs avaient assisté au match. La semaine suivante, les deux clubs remporteront la victoire et le Racing sera sacré champion devant l'Union.

Lors d'un meeting d'athlétisme disputé au stade de la RUSTA à Gaurain, l'athlète moins valide Maryline Pollet bat le record de Belgique en parcourant le 800 mètres en 3'52" En judo, le 5 avril, Marie France Mil est sacrée championne d'Europe dans la catégorie des moins de 66 kg à Kerkrade aux Pays-Bas. En fin d'année, Solange Devillers de Kain s'envole pour Manille où elle représentera la Belgique au championnat du monde de Bowling.

Durant cette année 1979, deux "vedettes" de la politique française sont également venues à Tournai. L'ancien candidat aux élections présidentielles, l'écologiste René Dumont n'attire que 150 personnes en la Halle-aux-Draps pour son sujet "Paysans opprimés, terres démolies". Agé de 74 ans, professeur à l'Institut agronomique français, il a parcouru, durant un demi-siècle, la planète à la rencontre des paysans du Tiers Monde. Le 19 avril, l'ancien ministre français, désormais ambassadeur itinérant, Michel Poniatowski donne une conférence sur le thème "L'avenir n'est inscrit nulle part". Son exposé s'articule sur deux axes principaux : le mouvement des forces à travers le monde et l'évolution technologique et scientifique. Une fois n'est pas coutume nous terminerons la revue de l'actualité de l'année par quelques informations "people". En novembre, une tournaisienne âgée de 21 ans, est nommée présentatrice à la RTBF, Sylvie Rigot est une ancienne élève de Mr. Robert Léonard au Conservatoire de Tournai. La chanteuse Sonia (de son vrai nom Sonia Chauland) du groupe Mick Crosy Show truste les succès, son 45 touts "prends un billet d'avion" cartonne durant une semaine dans l'émission de Patrice Duhamel, "Coup de Foudre" et le 3 décembre, elle remporte un énorme succès dans l'émission de RTL "La Bonne Franquette". Elle est également pré-selectionnée pour représenter le Belgique au GP Eurovision de la Chanson 1980. ... Une année se termine, une décennie vient de prendre fin !

(sources : le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

26 oct.
2008

09:50

Tournai : l'année 1979 sous la loupe (3)

A la fin d'un hiver long et rigoureux, les Tournaisiens retrouvent le chemin du théâtre, des concerts, des conférences, des distractions. Au début de cette année 1979, le théâtre fera souvent salle comble. C'est le cas le 18 février lorsque les galas Karsenty-Herbert proposent "la Cuisine des Anges" avec Gerard Rinaldi, Philippe Filipilli et Jean Sarrus, mieux connus sous le nom des "Charlots" accompagnés de Martine Laurence, Sophie Avron, René Havard et Pierre Gérald. Ce sera également le cas en mars lorsque le Théâtre National de Belgique présente une pièce de Dario Fo. Un auteur pour qui le théâtre populaire ne doit pas être forcément triste. "Les Archanges" ne soulèvent pas l'enthousiasme du (souvent trop?) sévère ou (parfois trop) élitiste critique tournaisien Michel Voiturier qui déclare "populaire d'accord, mais il ne faut pas prendre les spectateurs pour des demeurés !" Fin avril, ce même Théâtre National revient présenter "la Dame de chez Maxime" avec dans les rôles principaux André Debaere et Ann Marev. En octobre, la Maison de la Culture présente "une fille à brûler", évocation de Jeanne d'Arc avec Micheline Uzan.

Les mélomanes seront inquiets au moment de prendre leur abonnement pour l'annuel Festival Musical international du Hainaut. Au cours d'une conférence de presse, les organisateurs annoncent que celui-ci est en péril. Ils enregistrent une importante diminution des entrées à Charleroi et Tournai et ils doivent également faire face à une augmentation constante du cachet des solistes. Ainsi le premier concert d'I Musici, titulaire de nombreux grands prix du Disque, est annulé, l'orchestre étant confronté à des problèmes de rentabilité qui l'obligent à postposer sa tournée en Belgique. Le programme permettra cependant d'accueillir le "Scottish Baroque Orchestra" en l'église Saint-Quentin le 5 octobre, l'organiste hollandais Tom Koopman, le 12 octobre, aux orgues de Saint Brice et le Nouvel Orchestre Symphonique de la RTBF dirigé par Eric Feldbosh qui donne l'occasion de découvrir un jeune soliste, le violoncelliste Frédéric Lodéon, un habitué des émissions de Jacques Chancel. D'autres grands évènements seront aussi très prisés par les Tournaisiens : le retour, le 13 février, de Brenda Wootton au cabaret-théâtre "la Mauvaise Herbe", la venue, le 22 mars, de Jean Michel Carradec à la salle du Pas du Roc à Vaulx, le tour de chant d'Alain Souchon précédé par celui de Pierre Rapsat, le one-man show de Rufus et le passage à la Maison de la Culture, le 11 décembre, de cet extraodinaire clown québecquois qu'était Sol (de son vrai nom Marc Favrau).  Conférences, animations diverses, sport mais aussi quelques informations particulières, voilà ce qui sera au programme du prochain article pour clôturer la revue de l'année 1979 dans la cité des cinq clochers.

09:50 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, maison de la culture, la mauvaise herbe |

25 oct.
2008

12:10

Tournai : l'année 1979 sous la loupe (2)

Lorsque débute cette année 1979, on apprend que la ville de Tournai compte 70.346 habitants répartis sur sa superficie de 21.375,68 hectares, soit une densité moyenne de population de 329 habitants/km2. On apprend également qu'au 31 mai, le Bureau régional de l'Onem (Office National de l'Emploi) enregistre 5.663 chômeurs complets dans le Tournaisis, cela représente une augmentation de 1% par rapport à mai 1978 et un taux de chômage de 11,7% de la population active. Cette année va également coûter beaucoup plus cher aux Tournaisiens, même si le 8 mars les automobilistes sont surpris d'apprendre la baisse du prix du litre de Super à 16,68 Fb (0,413 Euros) et du gasoil routier à 10,65 Fb (0,264 Euros). La joie sera néanmoins de courte durée car, par la suite, la hausse régulière et rapide du prix des carburants amènera, en octobre, le litre d'essence super à 18,48 Fb (0,458 Euros) et celui du gasoil à 12,30 Fb (0,305 Euros). Le fuel de chauffage à 7,75 Fb (0,192 Euros) 

En même temps, l'administration communale répond à une attente de nombreux commerçants qui déplorent la présence de voitures-ventouses dans le centre-ville. Nos gestionnaires succombent à la mode des horodateurs qu'on appelle "parcomètres". Les premiers sont installés, le 20 mars, à la place Saint Pierre et donnent droit à 2 heures de stationnement moyennant l'achat d'un ticket à 5 Fb (0,123 Euros). A la fin du mois d'octobre, on prévoit que 650 appareils seront opérationnels dans le centre urbain. Désormais, le stationnement gratuit fait partie de l'Histoire de la cité. TVA à l'achat du véhicule, taxe de mise en circulation, TVA sur les entretiens et les réparations, augmentation du prix des carburants soumis aux accises, il ne restait plus que l'arrêt du véhicule qui était encore gratuit, la boucle est bouclée. Fataliste comme toujours, le Tournaisien pourra se consoler en se disant qu'il faudra désormais une sérieuse imagination aux fervents de la rage taxatoire pour encore trouver un élément à soumettre à l'impôt, mais, secrètement, on savait déjà qu'on pouvait leur faire confiance car en cette matière leurs initiatives sont sans limite !

D'autres mécontents sont les membres de la Fondation Pasquier Grenier qui luttent pour la conservation et la rénovation du patrimoine architectural tournaisien, ils viennent d'apprendre que le permis de démolir à été accordé pour l'Hôtel de Cordes situé à l'angle de la place Paul Emile Janson et de la rue de l'Hôpital Notre-Dame. Cet immeuble remarquable est probablement un des derniers témoins de cette architecture caractéristique des hôtels de maîtres qu'on a vu fleurir jadis dans le centre de la ville. Au même moment, le Relais de Poste situé à la rue de la Madeleine, répertorié au patrimoine monumental a été démoli alors qu'une procédure de classement entamée un an auparavant venait d'être notifiée aux autorités le protégeant de la démolition. Le promoteur avait pris de vitesse l'administration, lenteur et paperasserie que de crimes ont été commis grâce à ton involontaire complicité ! La rénovation entreprise l'année précédente à la Salle des Concerts se poursuit. Toutefois, un incident qui aurait pu avoir de graves conséquences se produit le 12 novembre. Une plaque de béton destinée à la réalisation du plafond de l'étage cède en cours d'élévation. Longue de 16 mètres, large de 2,5 mètres et pesant 4,5 tonnes, elle s'écrase sur le camion qui venait de la transporter. Ce fait ne freine pas l'ardeur des ouvriers, les travaux ne sont interrompus que le temps nécessaire à l'évaluation des dégâts et à l'évacuation du camion et des blocs de béton. .... Relevons encore que le 3 octobre, le Centre Commercial des Bastions ouvre ses portes et que le 17 octobre, le GB du centre-ville est réouvert après une brève fermeture sous le nom de GB Center Tournai...

24 oct.
2008

09:52

Tournai : l'année 1979 sous la loupe (1)

Avec 1979, nous abordons la dernière année de cette décennie. Le début de l'année 1979 sera caractérisé par une vague de froid mémorable par sa durée et son intensité. ... Tout a débuté le samedi 30 décembre 1978. Ils ont probablement été peu nombreux, les Tournaisiens, à se rendre au marché hebdomadaire car une pluie continue ne cesse de s'abattre sur la région en cette matinée. Vers 14h, les précipitations prennent fin et ceux qui observent le ciel constatent une rotation du vent qui passe très rapidement du secteur Ouest au secteur Nord. Dès ce moment, on va assister à une chute très sensible de la température, encore largement positive le matin, elle s'approche du zéro degré à la fin de l'après-midi. Un vent violent augmente l'impression de froid. Le dimanche 31 décembre, les Tournaisiens vont se rendre compte, à leur réveil, que la neige est tombée en abondance durant la nuit et que le vent a provoqué, à certains endroits, des accumulations importantes. Durant la journée, les flocons se remettent à tomber, ce qui a le don de chagriner ceux qui doivent réveillonner pour la Saint Sylvestre à l'extérieur. Le 1er janvier, nombreux sont les habitants de la cité des cinq clochers à faire appel au service de garde de la Régie des Eaux communale, on compte, en effet, par centaines le nombre de compteurs d'eau gelés dans les remises et les garages. Il faut dire que durant la nuit, la température est descendue à certains endroits à moins 16°.

La vague de froid qui venait de débuter va durer pratiquement tout le mois de janvier. La rentrée des classes est perturbée, les transports scolaires sont suspendus. Les routes deviennent difficilement praticables, on voit même circuler, en ville, l'un ou l'autre tracteur amenant au bureau ou à l'usine des travailleurs habitant la proche campagne ! L'épaisseur de la couche de neige rend impossible tout épandage. Le lundi 8 janvier, on fête le Lundi Perdu, au début de l'après-midi, une fine pluie fait son apparition, on croit le dégel amorcé mais le soir venu les précipitations se transforment de nouveau en neige. Ce léger réchauffement aura pour unique conséquence d'ajouter une couche de glace au manteau neigeux. Les restaurants et les cafés affichant d'ordinaire complets pour le souper au lapin sont bien déserts, les Tournaisiens ont préféré rester chez eux ! Le dimanche 14 janvier, la reprise du championnat de football après la trêve hivernale est reportée, on devine à peine la surface de jeu et les déplacements tant pour les équipes que pour les supporters sont pratiquement impossibles. Le 19 janvier, la route reliant le village d'Ere a Wez-Velvain est fermée à la circulation en raison de congères. Durant toute la première quinzaine du mois de janvier 1979, la température a oscillé entre -5° et -10° pour les valeurs maximales, entre -10° et -17° pour les minimales. A partir du 20 janvier, le mercure va lentement remonter, les températures vont redevenir légèrement positives le jour. Le dégel va s'amorcer progressivement ce qui évitera à la région d'importantes inondations. Tout le monde redoutait la fonte brutale de cette couche de neige et de glace. Les supporters de football retrouveront le chemin des stades le 4 février. Durant ce second mois de l'année, il y aura encore quelques épisodes neigeux et quelques gelées mais la situation exceptionnelle de janvier ne se reproduira plus. C'était il y a une trentaine d'années, on ne parlait pas encore de réchauffement climatique ! "Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, Tournai en ce temps-là grelottait encore de froid, on y rencontrait alors des badauds transis et des...enfants ravis".

09:52 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : neige, glace, tournai, lundi perdu, vague de froid, congeres |

23 oct.
2008

08:33

Tournai : le mémorial aux pilotes disparus (2)

Jacques De Ceuninck a reconstitué la journée du 28 janvier 1945 qui fut fatale au bombardier B-17, n°39055 appartenant au 335e squadron du 95e Bomb Group de la 8e armée de l'USAAF piloté par Robert Mercer. C'était la 269e mission pour ce groupe de bombardiers. Son objectif : la zone industrielle de Duisbourg près d'Essen en Allemagne.

Aux commandes de l'appareil se trouvent le second Lieutenant Robert Mercer et son co-pilote, le second Lieutenant Charles Taylor et avec eux 7 autres membres d'équipage. Le décollage a eu lieu à 9 heures du matin, à l'est de l'Angleterre, en haute altitude, les 900 quadrimoteurs se regroupent et, vers 11h, l'armada met le cap sur l'Allemagne via la Hollande. L'objectif se rapproche et les premiers nuages d'éclatement d'obus de la Flak commencent à apparaître. Arrivés sur la zone de largage, les portes de la soute à bombes des appareils sont ouvertes. Autour, les éclatements de la défense anti-aérienne allemande protégeant particulièrement les sites industriels sont devenus très précis et innombrables. Plusieurs impacts des canons de la Flak viennent toucher le B-17, celui-ci vire et commence à perdre de la hauteur. Il doit larguer ses bombes sur un objectif secondaire proche. L'équipage se rend vite compte que les impacts sur les moteurs sont très importants. L'appareil, revenant vers la Belgique, avec ses deux moteurs droits arrêtés et un moteur de gauche tournant irrégulièrement, a perdu beaucoup de sa hauteur. Melsbroeck, saturé par la présence d'avions alliés de toutes sortes ne peut servir d'aérodrome de secours, Bob Mercer reçoit l'ordre de continuer et de se poser à Merville, aérodrome de secours situé à l'ouest de Lille.

Très proche de la zone à l'est de Tournai, l'aile gauche s'enflamme (c'est là que se trouvent les réservoirs de carburant). L'appareil n'est presque plus manoeuvrable. C'est fini. Le pilote donne l'ordre à ses hommes de sauter, dans l'extrême urgence mais méthodiquement. Les parachutes se posent à Tournai, Warchin et à la limite de Kain. Restant volontairement aux commandes, Bob Mercer, chef d'équipage se sacrifie, Charles Taylor, le second pilote, se tuera car le parachute ayant subi des dégâts dus aux éclats de la DCA allemande ne s'ouvrira qu'imparfaitement. Le bombardier en feu évitera, dans les toutes dernières secondes, les maisons du haut de la rue Pierre, l'église de la Tombe, la petite école et les quelques maisons de la rue de l'Eglise. Il s'écrasera dans les espaces cultivés, actuellement bâtis. De "Bob" Mercer, on ne retrouvera que quelques restes. Les autres hommes étaient sains et saufs. ... Par son courage, Robert Mercer avait sauvé la presque totalité de son équipage mais avait aussi évité de nombreuses victimes au sol. Son sacrifice et celui de son second pilote, ont mérité amplement l'édification du mémorial dont nous avons parlé hier.

(sur un texte de M. Jacques De Ceuninck que je remercie)

08:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tournai, b-17, kain, bob mercer, charles taylor |

22 oct.
2008

09:45

Tournai : Le mémorial aux pilotes disparus

Mr. Jacques De Ceuninck a fait toute sa carrière à la police de Tournai. Une fois le temps de la retraite arrivé, il a pu se consacrer à sa passion, la recherche des avions disparus dans les environs de Tournai lors de la seconde guerre mondiale. Parcourant archives, arpentant cimetières militaires en y photographiant de nombreuses tombes, se rendant sur les nombreux lieux présumés d'écrasement d'avions, prenant de nombreux contacts avec les autorités militaires alliées afin de retrouver d'éventuels survivants de cette époque, il a, en 2005, publié un livre au titre évocateur "Bob, Chuck et les autres".

En mai de la même année, ses recherches lui ont permis de retrouver la trace de Lyle Graesser, l'opérateur-radio d'un bombardier qui s'était écrasé à Kain et il l'invita à Tournai. Accompagnés de journalistes locaux et de No Télé, ils ont alors refait le trajet reliant les différents points d'atterrissage des aviateurs et le lieu de l'écrasement dans la propriété actuelle d'un médecin pédiatre à la rue de l'Eglise à Kain. De cette rencontre allait germer un projet, créer un mémorial aux courageux aviateurs.

Jacques De Ceuninck entra en contact durant l'année 2006 avec le Bourgmestre et le Collège Communal de l'époque. Lentement l'idée prit forme d'ériger un monument face à l'église de Kain la Tombe, à la gauche de la façade, le Collège émit un accord favorable et le mémorial de métal et de pierre, de près de 1m80 de haut, fut entièrement réalisé pour sa conception, sa fabrication et son édification par les services communaux de la Ville de Tournai. Le 22 mai 2008 à 10h30, il était inauguré par les autorités communales, des représentants des forces alliées et des membres des associations patriotiques. Il commémore la chute du bombardier B17-G le 28 janvier 1945. Il y a 63 ans déjà !

Dans le prochain article, nous publierons un résumé succint de cette journée qui vit le jeune pilote Robert "Bob" Mercer se sacrifier aux commandes de son avion... Une histoire en guise d'hommage à ces héros peu connus ou même parfois oubliés par la population tournaisienne.

09:45 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, robert mercer, bombardier b17-g, kain la tombe |

20 oct.
2008

12:36

Tournai : l'année 1978 sous la loupe (4)

Nous terminons la revue des principaux évènements de l'année 1978. Au soir du dimanche 9 avril, l'Accordéon Club de Tournai dirigé par Pierre Duchateau est en fête, Rudy Dupont de Kain, Laurent Pitot d'Orcq et Jean Jacques Montegnies d'Antoing ont été proclamés champions du monde dans leurs catégories respectives au concours international d'accordéon organisé à Huy. 750 solistes et plus de 25 clubs participaient à cette rencontre.

En football, lors de la 29e journée du championnat de Promotion disputée le dimanche 16 avril, le Racing de Tournai est battu à Braine sur le score de 2-0 tandis que l'Union s'impose sur la marque de 1-2 à l'Union du Centre. A une journée de la fin du championnat, voici les deux rivaux tournaisiens a égalité de points. La dernière journée les verra s'affronter en derby au stade de l'Avenue de Maire, sous un soleil radieux. La toute grande foule garnit les gradins, on estime, en effet, à plus de 7.500 le nombre de spectateurs. Une fois encore, les Rouge et Vert et les Jaune et Noir ne peuvent se départager et se quittent sur le score de 0-0. Roulers est champion devant Eeklo, le Racing termine troisième avec 39 points (16 victoires), l'Union se classe quatrième avec le même nombre de points mais avec une victoire de moins.

La course cycliste pour coureurs professionnels "le Trèfle à Quatre Feuilles" est boudée par les vedettes, 40 coureurs seulement sont au départ et ce sont surtout ce qu'on appelle des seconds couteaux qui s'expliquent sur les routes du Tournaisis, la victoire revient à Pol Verschuere devant Jean René Bernaudeau, Alain De Roo complétant le podium. Cette désaffection de la part des champions sonnera le glas d'une course créée 10 ans plus tôt par le dynamique journaliste sportif Jean Leclercq. Un Tournaisien de 21 ans, étudiant en psychopédagogie à Leuze, Alexandre Walnier, décroche le "gant d'argent" symbolisant le plus haut degré en boxe française lors d'un stage en région liégeoise. "Alex" Walnier est également escrimeur au sein du Cercle Royal d'Escrime de Tournai et moniteur au Savate Boxing Club à Templeuve.

Une nouvelle saison de football a débuté en septembre, le 26 novembre, près de 9.000 spectateurs assistent à un nouveau derby entre l'Union et le Racing au stade Gaston Horlait. Le coup d'envoi est donné par Luc Varenne, commentateur sportif à la RTBF, tournaisien d'origine et fervent supporter du club de l'Avenue de Maire. L'Union s'impose sur le score de 2-0 (buts de Claude Carbonnelle et de Didier Dumont). Au classement, l'Union est deuxième avec 17 points et 8 victoires, le Racing , troisième avec le même nombre de points et 7 victoires. L'année 1978 se termine par une brutale vague de froid qui s'abat sur l'Europe le 30 décembre. Nous en reparlerons lorsque nous évoquerons l'actualité de l'année 1979...

(sources : le courrier de l'escaut et notes personnelles)

19 oct.
2008

13:35

Tournai : l'année 1978 sous la loupe (3)

C'est le 6 janvier 1978 que débute l'année culturelle. Maurice Schumann, homme politique français, ministre du gouvernement sous Charles De Gaulle, occupe, en la Halle-aux-Draps, la tribune des grandes conférences tournaisiennes du Kiwanis, son sujet, "Les grands hommes que j'ai connus" est suivi par un nombreux public. En ce même mois, l'église Saint Quentin résonne des chants de trois chorales, "Les Petits Chanteurs d'Estaimpuis", "Les Petits Chanteurs de Lille" et "le Choeur des garçons de Poznan". Autre conférencier apprécié du grand public, Henri Guillemin est également l'invité du Kiwanis à la fin du mois de février pour évoquer "Staline, personnalité déroutante, autant détestée qu'aimée". Dans une mise en scène de leur professeur, Robert Léonard, les élèves du Conservatoire de Tournai présentent, en la Halle-aux-Draps, les 2,3 et 4 mars, "L'Arlésienne" de Georges Bizet. Le mercredi 15 mars, Steve Waring, chanteur né à Philadelphie en 1943 d'une famille d'émigrants et revenu en Europe en 1965, chante au profit du Service National d'Animation des Plaines de Jeux. 

Le mercredi 3 avril est officiellement ouverte l'exposition consacrée à l'une des "Sept merveilles de Belgique", "la châsse Notre-Dame de la cathédrale de Tournai". Au mois de mai, les 14 et 15, le cirque Jean Richard est de retour dans la cité des cinq clochers et présente un spectacle exceptionnel, "le Cirque d'Etat de Bulgarie", composé d'artistes issus de l'Ecole de Cirque de Sofia. Le mercredi 4 octobre, le Festival Musical international du Hainaut propose un récital de piano de l'artiste parisien, Bruno Rugutte, Premier Prix du Conservatoire National, Grand Prix de l'Académie du Disque français en 1976 et ancien lauréat du concours Tchaïkowsky à Moscou. Il interprètre des oeuvres de Chopin et Schumann. Le mardi 10 octobre, il est suivi par l'organiste Lionel Rogg, lauréat du Conservatoire de Genève où il enseigne. Aux claviers de l'orgue de Saint Brice, il termine son récital par l'étonnante "Pessacaille et fugue en Ut mineur", oeuvre qui frappe l'imagination par son énormité et sa logique constructive comme le déclare le critique du Courrier de l'Escaut. Ce même 10 octobre 1978, la population tournaisienne a une pensée émue pour un chanteur disparu le jour même, Jacques Brel était venu à trois reprises à Tournai et avait toujours séduit son fidèle public. En octobre toujours, l'Orchestre de Chambre de Munich, sous la direction de Hans Stadimair interprète Bartok, Haëndel, Bach et Mozart. Le 27 octobre, la Maison de la Culture invite l'ensemble de chants et de danses "Lola du Tadjikistan".

Lorsqu'une pièce de Reno Besson est à l'affiche, c'est toujours un gage de succès. "Le Cercle de Craie Caucasien" de Bertold Brecht, interprété par Philippe Avron et Colinne Serreau comble à nouveau les nombreux admirateurs tournaisiens de ce metteur en scène. Le nouveau cycle de conférences du Kiwanis débute en novembre, il est ouvert par l'historien français André Castelot qui entretient son auditoire sur "Le vrai visage de l'Aiglon". Le jeudi 23 novembre, la salle du relais du Miroir est comble, Migthy Flee est venu, en personne, rendre hommage au saxophoniste tournaisien, Fernand Duret. Le 26 novembre, les Galas Karsenty Herbert qui ne sont plus venus à Tournai depuis quelques temps proposent "Peau de Vache" une comédie de Barillet et Grédy avec Sophie Desmarets, Jean Bretonnière et Geneviève Krivine. ... Dans le courant du mois de décembre, Yves Duteil clôture cette année qui a comblé les tournaisiens

18 oct.
2008

13:48

Tournai : l'année 1978 sous la loupe (2)

Année de constructions, de rénovations et d'améngements, l'année 1978 vit aussi exploser la rubrique des "faits divers" dans la presse locale. Le dimanche 4 juin, vers 21 h, les riverains de la rue de Breuze à Kain percoivent un bruit sourd. Quelques instants plus tard, ils découvrent dans un champ situé entre leurs habitations et l'autouroute toute proche, un nouveau puit naturel, cratère d'environ 7 mètres de diamètre et d'une dizaine de mètres de profondeur. L'inquiétude est grande dans le quartier car les habitants craignent une nouvelle manifestation du phénomène connu à Ramegnies-Chin quelques temps auparavant.

Au mois de juillet, policiers et pompiers tournaisiens vont vivre une semaine difficile. Tout débute le lundi 10 juillet, vers 14h30. Trois individus armés font irruption dans les locaux de la CGER (Caisse Générale d'Epargne et de Retraite) situés au bas de la rue Saint Martin, au pied du beffroi. Le visage masqué par un bas nylon, les malfrats ressortent rapidement avec un butin estimé à un million de francs belges (env. 25.000 Euros) et s'enfuient à bord d'une puissante voiture conduite par un complice. Le lendemain, mardi 11 juillet, un wagon de chemin de fer destiné à la casse est la proie des flammes en gare de Tournai, trois heures seront nécessaires aux soldats du feu pour venir à bout du sinistre. Quelques heures plus tard, le mercredi 12 juillet, vers 3h30 du matin, un incendie se déclare dans le magasin Sarma, située rue Soil de Moriamé, au pied de la cathédrale, les pompiers seront maîtres du sinistre en moins d'une heure. Les dégâts sont néanmoins estimés à vingt millions de francs belges (env. 500.000 Euros). Une enquête est ouverte par la police car, déjà en mars, le magasin avait été victime d'un cambriolage, des marchandises pour une valeur estimée à 100.000 francs belges (2.500 Euros) avaient été dérobées, la porte d'accès ayant été retrouvée fracturée. .Le jeudi 13 juillet, heurté par un camion lors d'une manoeuvre, le système de chargement de bateaux reliant un silo à l'Escaut s'effondre sur le quai Donat Casterman très souvent emprunté par les automobilistes se rendant au zoning commercial de Froyennes ou voulant quitter la ville pour rejoindre la route de Courtrai. Heureusement, la circulation est très calme à ce moment et l'accident se soldera par dégâts matériels importants. L'enchevêtrement de poutrelles nécessitera une déviation de la circulation durant de nombreuses heures. Relevons encore le nombre importants d'accidents de la circulation et du travail qui feront, hélas, de nombreuses victimes.

Terminons par une information qui sort du cadre des "faits divers" mais qui n'a pas le don de réjouir les automobilistes. Le 3 août, on annonce une nouvelle hausse du prix des carburants. Le litre d'essence super s'affiche désormais à 16,44 francs belges (0,41 Euros), il a augmenté de 1,52 fb (0,037 Euros) en un an. Certains commencent à parler d'économies d'énergie, il faut dire que depuis la guerre de 1973 qui a opposé Israël aux pays arabes (producteurs de pétrole), l'or noir est devenu une arme économique. Certaines personnes interrogées pensent que le litre d'essence pourrait atteindre 20 Fb (0,495 Euros) à la fin de l'année 1978 ! dans le prochain article, nous parlerons de l'année culturelle 1978....

13:48 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, faits divers, sarma |