30 sept.
2008

08:59

Tournai : l'année 1976 sous la loupe (3)

La promenade de dimanche avec le Cabaret Wallon nous a permis une petite respiration dans le long feuilleton entamé en mars dernier. Revenons donc à celui-ci. ... Au cours de l'année 1976, chanteurs, comédiens, conférenciers, écrivains et musiciens ont encore inscrit Tournai à leur agenda.

Signalons cependant la disparition définitive du "festival de Tournai Don Bosco". Ce rendez-vous traditionnel du mois de mai rassemblant sur trois ou quatre jours plusieurs milliers de participants pour accueillir Claude françois, Carlos... ne sera plus organisé faute de la place suffisante au sein de l'école. C'est une nouvelle génération de chanteurs qui visitent la ville : Dick Annegarn en janvier, Maxime le Forestier, le 24 avril sous chapiteau devant plus de 1.500 personnes, Annie Cordy, Dave, Daniel Guichard, Nicole Rieu et les Pachacamac sont à l'affiche d'un gala qui se déroule les 11 et 12 septembre, de nouveau sous chapiteau, sur la Plaine des Manoeuvres à l'initiative des Horizons Nouveaux et de l'école hotelière (ITMA). Philippe Anciaux, auteur patoisant liégeois, Pierre Gahide, Jean Yves Duchesne, auteur compositeur, Daniel Barbez animent, à partir d'octobre, les soirées du cabaret-spectacle "La Mauvaise Herbe" nouveau nom du café "Le Soyeux", au 16 de la rue Saint Brice, Julos Beaucarne, en novembre, enthousiasme le nombreux public venu l'écouter en la Halle-aux-Draps.

Les comédiens furent moins nombreux que les années précédentes mais restent d'excellente qualité avec Bernard Blier interprétant le rôle principal de la pièce "A vos souhaits" de Pierre Chasnot ou Pierre Détaille qui, dans la pièce "Le tube" de Françoise Dorin, va convaincre un nouveau critique qui a fait son apparition dans le journal Le Courrrier de l'Escaut : Paul Schillings. La cité des cinq clochers accueillant en cette année 1976 la "semaine scientifique" et ses nombreux conférenciers, va connaître, au sein de la cathédrale, l'expérience du "pendule de Foucault" destinée à montrer la rotation de la terre. ... Nous terminerons cette revue de l'année 1976 dans le domaine culturel et sportif dans notre prochain article.

28 sept.
2008

20:55

Tournai : le Cabaret se souvient !

Le premier brouillard d'automne enveloppait la région ce dimanche 28 septembre, journée choisie par le Cabaret Wallon pour évoquer, dans le cadre des manifestations du centième anniversaire de la Royale Compagnie, le souvenir des sociétaires disparus.

En milieu de matinée, une quarantaine de participants s'étaient rassemblés à l'entrée du cimetière du Sud pour en parcourir ses allées à la découverte des tombes des chansonniers. Conservateur de nos cimetières, ardent défenseur du patrimoine funéraire, Jacky Legge se fit un plaisir de guider tout ce petit monde des Champs Elysées (nom donné à l'allée principale du cimetière) aux coins les plus reculés afin d'y retrouver la dernière demeure de ceux qui, de la langue picarde et plus particulièrement du patois tournaisien, furent les ardents défenseurs. Modestes pierres tombales aux inscriptions presque gommées ou imposants monuments défiant le temps nous rappelèrent le souvenir des Walter Ravez, Adolphe Wattiez, Jules Boinem, Charles Quain, Fernand Gaudfroy et autres membres fondateurs, il y a cent ans, du Cabaret mais aussi ceux, plus proches de nous, des Georges Delcourt, Walter Duveiller, Charles Maillet, Eloi Baudimont ou Lucien Feron.

Lors de chaque halte, Jacky Legge rappelait brièvement la biographie du défunt et expliquait la symbolique des éléments figurants sur la pierre tandis que des membres du Cabaret interprètaient une chanson, déclamaient un poème ou lisaient un monologue, extraits d'oeuvres composées par celui qui était, là, inhumé. Comme pour magnifier ces instants, perçant soudain l'épaisse brume, les rayons d'un chaud soleil vinrent illuminer ce lieu de repos. Quand s'éleva dans le ciel azuré, l'hymne "les Tournaisiens sont là" fredonné par tous avec le respect imposé par l'endroit, c'est le coeur Rouge et Blanc de Tournai qui se mit à battre un peu plus fort en ce lieu où toute vie est suspendue. Quand, devant le monument dédié à Albert Coens, Jean Michel Carpentier évoqua "l'lapin du lindi perdu" on se rappela soudainement que midi avait depuis longtemps été sonné par la cloche du beffroi. Alors chacun se sépara et quitta "Mulette" avec au fond du coeur l'impression d'avoir encore dignement fêté Tournai et son Cabaret Wallon...

Nous rappelant une fois encore Achille Viehard, on avait avec lui envie de chanter : "Te veos, Tournai, qu't'as l'dreot d'êt' fière, car t'es bin chère au coeur de tes infants, Beonne viell' chité, tu sais nous plaire, Tes pus p'tits cousins, pour nous eaut's seont charmants ! Quand j'pinse à ta, vraimint j'm'inflamme : T'es l'ville du meonde que je veos l'pus volintiers... Et je l'l'avoue, du feond de m'n âme : Tant que j'vivrai, j'aim'rai mes cheonq clotiers";

(S.T. septembre 2008)

20:55 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, cabaret wallon tournaisien, mulette |

27 sept.
2008

08:53

Tournai : l'année 1976 sous la loupe (2)

Avant d'aborder la rétrospective des activités culturelles et sportives qui marquèrent l'année 1976, ouvrons un chapitre consacré à d'autres informations plus variées.

Au mois de janvier, la sécurité routière publie les chiffres des accidents de la circulation qui se sont produits dans le Tournaisis durant l'année précédente. Les routes restent dangereuses puisque 125 personnes y ont perdu la vie lors de douze mois écoulés. En juin, un vieil établissement tournaisien, presque centenaire, qui a vu défiler, durant des décennies, touristes et gastronomes, le café-hôtel-restaurant "Les Neuf Provinces" situé à la place Crombez ferme définitivement ses portes. A proximité immédiate de la gare, cette vénérable "institution" où plusieurs sociétés tournaisiennes avait établi leur siège avait été créé en 1880 et était exploité, depuis 1937, par la famille Saelens. On parle de démolir l'immeuble et de construire à la place une résidence comprenant une cinquantaine d'appartements ou studios.

L'été 1976 restera dans toutes les mémoires. Dès les premiers jours de mai, le soleil est présent dans un ciel sans nuage, une très longue période de sécheresse va s'installer et battre le record précédent enregistré au XIXe siècle. Il faudra attendre la fin du mois d'août lorsqu'éclatent de violents orages pour revoir tomber la pluie en abondance. Les stations météorologiques du Tournaisis vont enregistrer une pluviométrie de 465 litres d'eau au m2 pour l'ensemble de l'année répartie sur 141 jours de précipitations alors que les valeurs normales pour notre région étaient alors de 804 litres en 203 jours. Seul le mois de septembre se distingua par rapport aux autres mois de l'année avec 84 litres tombés en 18 jours (normale : 63 litres en 13 jours). Des mesures de restriction durent être prises dès la fin juin : interdiction d'arroser les jardins, de nettoyer les voitures ou les trottoirs... Il fallait absolument économiser l'eau car on constatait un abaissement sensible de la nappe phréatique fortement exploitée. Cette année qui vit le thermomètre bien souvent flirter, durant les mois d'été, avec les 30° (à l'ombre) se termina par une vague de froid. Durant la dernière semaine de décembre, le mercure descendit jusqu'à -9,4° la nuit et la neige fit son apparition.

Le 17 octobre, "Catherine" arrive à Tournai en provenance des fonderies Sergeys à Louvain. Elle vient rejoindre les autres cloches de la cathédrale Notre-Dame et est consacrée par l'évêque de Tournai, Mgr Charles Marie Himmer avant d'être hissée dans son clocher. Le remplacement des cloches enlevées durant la seconde guerre mondiale par l'occupant allemand afin d'être transformées en armes de guerre est désormais entièrement réalisé ... Durant le week-end de la Toussaint, un vol est commis au Musée des Beaux Arts de Tournai. La reproduction du buste de Mme Jean Baptiste Van Cutsem, grand'mère du premier conservateur du musée, peinte par l'artiste français Louis David (Paris 1748-Bruxelles 1825) a été déclouée de son cadre d'époque et emportée. L'oeuvre était de petite dimension (13,5 cm sur 10,5 cm). Dans le prochain article, nous aborderons l'habituel riche programme culturel de la cité des cinq clochers....

(sources : Le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

25 sept.
2008

09:21

Tournai : l'année 1976 sous la loupe (1)

Nous abordons déjà la rétrospective de l'année 1976. Au niveau de la politique communale, celle-ci sera caractérisée par une expression : "veillée d'armes". Les conseils communaux se déroulent sans grands éclats, tout semble désormais figé dans l'attente de cette fusion des communes si décriée qui interviendra le 1 janvier 1977. Il faudra cependant patienter jusqu'au 27 juillet pour voir apparaître dans la presse locale, le visage définitif de la cité des cinq clochers. On apprend ainsi que 29 communes lui seront rattachées, nombre important comparé aux 25 communes qui constituent la nouvelle ville de Namur, aux 19 pour Ath et aux 15 pour Charleroi. De Barry à Templeuve, de Thimougies à Esplechin, elle s'étendra sur 21.223 hectares, superficie qui en fera l'entité la plus étendue de Belgique devant Anvers et Couvin, le nombre d'habitants approchera les 70.000.

Si les douze mois qui vont s'écouler seront relativement calmes, quelques projets soulèveront néanmoins l'inquiétude et le mécontentement des habitants concernés. La future liaison autoroutière entre Tournai et Bruxelles n'est pas du goût des agriculteurs de la région des Collines, ils réclament une modernisation de la Nationale 7 et le font savoir en se réunissant nombreux, en janvier, à Frasnes-les Buissenal (commune qui deviendra bientôt Frasnes-les-Anvaing). Le projet de contournement de Tournai par l'Escaut amène la signature d'une pétition par 1.400 habitants adressée au Gouverneur du Hainaut lui demandant de ne pas modifier le plan de secteur Tournai-Leuze-Péruwelz.

Autre opposition locale, celle de l'Association Générale des Commerçants de Tournai et de son Président, Georges Lekeuche. Elle demande à l'Administration Communale d'exproprier le promoteur qui souhaite réaliser un complexe commercial sur le site industriel des Bastions. A Tournai, de nombreux projets sont arrivés à terme. En quelques années, la partie ouest de la cité s'est totalement modifiée car après la construction, durant les années cinquante, du quartier du Vert Bocage, la Société d'habitations, le Logis Tournaisien, vient de terminer au début des années septante la "résidence Marcel Carbonnelle" avec 110 maison et six tours de 204 appartements et les résidences "Beau Séjour" et des "Peupliers". Le vendredi 8 octobre, un nouveau projet est dévoilé à la presse par son initiateur, Roger Delcroix : la construction au sommet du Mont Saint Aubert d'un hôtel de 100 chambres, comprenant également deux bars, un restaurant, une terrasse et des aires de jeux et de sport. Avec sa vue imprenable sur Tournai et sa région, il prendra pour nom "Le Panoramique".

Le 10 octobre, les Tournaisisiens sont appelés aux urnes dans le cadre des élections communales qui désigneront les mandataires communaux chargés de la gestion de la nouvelle ville de Tournai à partir du 1er janvier. Au lendemain de celles-ci, on apprend qu'une coalition composée du Parti Socialiste et du Parti Social Chrétien a été rapidement conclue. Toutefois, des recours en annulation étant introduits, il faudra encore attendre quelques mois avant que cette alliance soit officialisée. Le premier défi que devront reléver les nouveaux élus sera probablement le chômage. Au 31 octobre 1976, on enregistre, en effet, 4.567 chômeurs complets indemnisés dans le Tournaisis (soit 202 unités de plus que l'année précédente) ou 9,4 % de la population active. ... L'année 1976 sera aussi composée d'informations culturelles ou sportives, de fait divers... c'est ce que nous verrons dans les prochains articles...

09:21 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, escaut, le logis tournaisien, le mont saint aubert |

23 sept.
2008

14:43

Tournai : André Wilbaux, architecte et chansonnier

Parallèlement à l'histoire locale des années 1950 à 2007, nous entamerons bientôt, en altenance, une série d'articles consacrés à cette "salle des concerts" qui est omniprésente dans l'actualité tournaisienne depuis la dernière guerre mondiale. Les recherches que nous avons effectuées à ce sujet nous ont permis de connaître un peu mieux l'architecte chargé de sa dernière rénovation à la fin des années septante, Mr. André Wilbaut. Né à Tournai, le 27 décembre 1925, d'un père tournaisien et d'une mère arlonnaise, il fit des études d'architecture qui l'amenèrent à la restauration de nombreux bâtiments de sa ville. Cette activité professionnelle le porta aussi tout naturellement à s'intéresser aux vieilles maisons tournaisiennes, trésors d'architecture, témoins de notre passé, trop souvent laissées à l'abandon ou disparaîssant sous les pelles de promoteurs peu soucieux de l'Histoire de la ville et inféodés au béton. Rejoint par d'autres amoureux de vieilles pierres, il devint ainsi logiquement un des membres-fondateurs de la Fondation Pasquier Grenier, défenseur du patrimoine de la cité aux cinq clochers.

On le connaît également comme chanteur du Cercle Tornacum. C'est d'ailleurs au cours d'une fête de Sainte Cécile de cet ensemble vocal qu'il interprèta, de sa voix de ténor, un chanson qu'il avait composée et dédiée à la Fondation. Convié au repas, le Président du Cabaret Wallon Tournaisien, Lucien Jardez, l'invita à reprendre ce texte lors d'un petit cabaret. C'est ainsi qu'on retrouva André Wilbaux sur le célébre "ponteon" (estrade) avant même d'être membre-aspirant. Lui qui, enfant, ne pouvait pas parler le patois tournaisien à la maison, l'avait appris auprès d'une bande de "p'tits rambilles" (gamins espiègles) qu'il fréquentait après l'école sur la Plaine des Manoeuvres, dans le parc communal ou à la citadelle. Il fut lauréat du Concours Prayez en 1975, 1er prix dans la catégorie "poèmes" (Napoléon, el marchand d'pétrole) et 3e prix dans la catégorie "chansons" (Pétro-Dollars).

Lors une interview parue dans le journal Nord-Eclair en 1996, il avoue aussi une admiration sans borne au nouvelliste italien Dinzo Buzzatti ("K", "le Désert des Tartares" ou encore "L'invasion de la Sicile par les ours") et à l'historien et chroniqueur français, Robert Merle ("Week-end à Zuydcoote", "Malevil" et "Fortune de France", fresque historique des valeurs humanistes en douze volumes parue en 1978). On l'ignore peut-être mais André Wilbaux fut également le dernier sonneur de cloches de la cathédrale Notre-Dame de Tournai, une fonction qui demandait audace et sens du rythme à plus de 70 mètres du sol. A 83 ans, André Wilbaux est toujours bien présent au sein de la Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien qui vient de fêter son centième anniversaire et lorsqu'il passe sur la place Reine Astrid, il ne manque certainement pas de jeter un coup d'oeil à cette grande malade qu'est la "Salle des concerts" dont on nous annonce la rénovation dans le courant de l'année 2009. ... C'est l'histoire de celle-ci que nous vous raconterons prochainement grâce à la documentation fournie par Mr. Michel Jacobiek, actuel directeur du Conservatoire de Musique.

(sources : interviews parues dans le journal Nord Eclair des 10.03.96 et 15.11.98).

19 sept.
2008

18:10

Tournai : l'année 1975 sous la loupe (4)

L'actualité sportive est bien maigre en cette année 1975. Le "Trèfle à Quatre Feuilles", la course cycliste pour coureurs professionnels, est remporté par le coureur flandrien Dirk Baert devant le français Robert Bouloux et Roger Loysch. Le championnat de football se termine en avril. Pour son retour en Promotion, l'Union de Tournai termine à la onzième place d'un classement remporté par Tirlemont, tandis que le Racing termine lui à la 10e place de la Division 3. Sa victoire sur le score de 1-0, lors de la dernière journée, l'a définitivement mis à l'abri de la relégation, La série est remporté par La Gantoise. Sélectionnée pour les Championnats d'Europe féminins de Judo, la tournaisienne Marie France Mil, classée dans la catégorie des poids moyens, y obtient une médaille d'argent.

Dans la presse locale, des pages qui sont au contraire bien remplies sont celles consacrées aux "faits divers". Le 21 mars, on apprend l'arrestation aux Iles Canaries de l'agent immobilier indélicat disparu en octobre 1974. Il sera extradé vers la Belgique durant les mois d'été. Le vendredi 20 juin, on frôle une véritable catastrophe en plein centre-ville. Vers 19h, un important incendie se déclare dans les établissements Drouillon et plus précisément dans l'entrepôt de produits phyto-pharmaceutiques. Rapidement le quartier Saint Brice est envahi d'une épaisse fumée noire, visible à des kilomètres à la ronde. Le soufre et le chlorate étant des produits détonnants, on envisage même d'évacuer le quartier. Les pompiers lutteront toute la nuit pour venir à bout du sinistre. Le vendredi 14 octobre, un autre drame a pour théâtre le parking du GB de Froyennes. Vers 20h, un inspecteur de la grande surface chargé de relever régulièrement les fonds contenus dans la caisse de la station service est froidement abattu par un individu qu'un complice attend dans une petite voiture de couleur blanche. Les gangsters s'enfuiront vers la France en empruntant l'autoroute qui passe à proximité avec un butin estimé à 80.000 Fb (2.000 Euros). Décidément pour satisfaire leurs besoins financiers, pour certains malfrats, la vie d'un homme ne vaut pas cher.

Chaque jour, la presse se fait l'écho des trop nombreux et graves accidents de la route qui endeuillent des familles du Tournaisis. En 1975, il y a encore des progrés à faire pour améliorer l'état des routes et la sécurité des usagers.

(sources : Le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

18:10 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, incendie, trefle a quatre feuilles |

18 sept.
2008

10:02

Tournai : l'année 1975 sous la loupe (3)

L'actualité culturelle étant importante en cette année 1975, nous n'avons juisqu'ici relaté que les évènements qui se sont déroulés durant le premier semestre. Le 13 août, le gala organisé par l'Association Générale des Commerçants popose le show d'Emmanuel Saint Laurent en première partie d'un spectacle dont la tête d'affiche est l'orchestre anglais numéro Un au hit-parade : The Rubettes (Sugar baby love).

On sait que depuis de nombreuses années, les mélomanes attendent avec impatience le mois de septembre qui leur ramène le Festival Musical international du Hainaut. Le concert d'ouverture voit la venue du Grand Orchestre Symphonique de la RTB dirigé par Irwin Hoffman avec en soliste, Lola Bobesco qui se produit pour la seconde fois à Tournai dans le courant de cette année. Les concerts suivants proposeront l'Orchestre symphonique d'Odense (Danemark) sous la direction de B. Wagner et la soliste Emmy Verhey dans des oeuvres de Mozart, Sibélius et Carl Nielsen. Cette soirée est placée sous le haut patronage de sa Majesté la Reine du Danemark. Suivront encore l'excellente prestation de Jean Jacques Grunnenwald aux orgues de la cathédrale Notre-Dame, le concert du Grand Orchestre symphonique de la RTB sous la direction de Mendi Rodan avec en soliste la pianiste Diane Anderssen dans des oeuvres de César franck et de Raymond Moulaert, le récital du pianiste Larry Graham.

Septembre, c'est également le retour, pour les très nombreux amoureux de notre patois, de la revue de la kermesse mise sur pied par le Cabaret Wallon Tournaisien et intitulée cette année "Tout feu, Tout flamme". La captation de celle-ci sera effectuée par le réalisateur André Gevrey de la Rtb et diffusée ultérieurement sur l'antenne nationale.  Septembre voit aussi la venue du cirque des frères Bouglione sur la Plaine des Manoeuvres et le récital des Compagnons de la Chanson en la Halle-aux-Draps.

Au début du mois d'octobre, la représentation de la pièce de Claude Rich, "Le Zouave", un voyage dans les fantasmes et les sentiments des différents protagonistes, révèle une autre facette de cet auteur-interprète au public tournaisien. Il est accompagné de Catherine Rich. Ils enchantent le critique tournaisien Michel Voiturier pourtant souvent très sévère dans ses commentaires. Le mardi 18 novembre, "Die Marionetten von Salzbürg" présentent deux oeuvres de Mozart, "la flute enchantée" et "Don Juan". Une musique divine et des exploits techniques ravissent les nombreux spectateurs qui ont rejoint le Halle-aux-Draps. Au début du mois de décembre, Mouloudji ressuscite l'univers de Paris, l'ambiance de Francis Carco et de Pierre Mac Orlan, la gouaille de ses quartiers populaires, l'esprit de Montmartre en fredonnant des chansons de Piaf, de Django Reinhard ou de Jacques Prévert. Au niveau culturel, la fin de l'année voit les premiers frémissements d'un projet de télévision communautaire à Tournai, une expérience qui trotte depuis quelques temps déjà dans la tête des membres du goupe "Vidéotertouss" dont l'un deux n'est autre que Jean Pierre Winberg, devenu depuis lors le directeur de No Télé. Dans le prochain article, nous parlerons de quelques faits divers qui émaillèrent la vie locale en 1975...

17 sept.
2008

10:07

Tournai : l'année 1975 sous la loupe (2)

Depuis que nous avons entamé cette rubrique consacrée à l'histoire locale, nous avons été amenés à constater que l'offre culturelle était chaque année bien étoffée et surtout diversifiée. Ce sera encore le cas en cette année 1975 et deux articles seront nécessaires pour la résumer. De 24 au 26 janvier, la Maison de la Culture organise un "Festival du Film Amateur". En la Halle-aux-Draps, des dizaines de court-métrages sont ainsi projetés de "Thierry Hallard et ses cascadeurs" à "Artistes de chez nous" en passant par "Les marchés tournaisiens" ou "le carnaval en images".  Le 31 janvier, Salvatore Adamo revient une fois encore dans cette ville qu'il a arpenté en compagnie de son ami Jacques Mercier durant ses études à l'institut Saint-Luc de Ramegnies-Chin. Cette fois, il a amené avec lui sa jeune soeur Delizia qui tâte elle aussi de la chanson. Le 14 février, Michel Sardou est lui aussi de retour dans la ville aux cinq clochers pour un récital en la salle Scala, la première partie de son spectacle est assurée par Pierre Billon (compositeurs pour Pierre Groscolas et Serge Reggiani) et par Patricia Lavila.

En ce mois de février, les tournaisiens découvrent la musique contemporaine de Yannis Xenakis et après le concert donné en la Halle-aux-Draps peuvent échanger leurs impressions avec le compositeur. Le dimanche 23 février, une soirée organisée conjointement par la Maison des Jeunes "l'Epi" et le cabaret "le Soyeux", en la salle de celui-ci, permet pour la première fois au célèbre théâtre bruxellois de marionnettes de Toone de se produire à Tournai. Au programme, une adaptation de l'oeuvre de Charles Dekoster : "La légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses de Tijl Ulenspiegel et de Lamme Goedezak au Pays de Flandre et ailleurs" (un titre chauchemardesque pour l'imprimeur chargé de réaliser l'affiche !). Le 28 février, Etienne Verschueren et son "National Jazz Orchestra" sont les invités de l'Association Générale des Commerçants et plus précisément de deux fans de cette musique syncopée, Claude Rivière et Johnny Decordier. En cette fin du mois de février, la Maison de la Culture a programmé un concert de 20 jeunes chanteurs de 6 à 15 ans, accompagnés par un orchestre de 10 musiciens, les "Whyno". Ceux-ci effectuent des tournées en Belgique et à l'étranger et sont, à l'époque, le seul groupe de variétés du genre.

En ce début du mois de mars, les amateurs de conférences se réjouissent, à l'invitation de la Maison de la culture, Henri Guillemin vient entretenir son auditoire sur "Robespierre" (un homme considéré comme un tyran qu'il souhaite néanmoins réhabiliter). Le samedi 19 avril, Tournai accueille le 8e congrès international des Guides Touristiques de Belgique. Celui-ci se clôture par un concert exceptionnel, en l'église saint Quentin, avec la participation de la violoniste Lola Bobesco accompagnée par l'Orchestre de Chambre de Wallonie. Le mois de mai voit revenir le "Festival de Tournai Don Bosco". Celui-ci a pourtant failli disparaître car, sur les terrains où il se déroulait jusqu'à présent, l'école construit de nouveaux bâtiments scolaires. Heureusement, parmi les membres du comité, se trouve un certain Max Charlier, figure locale bien connue, aussi administrateur du Racing de Tournai et grâce à son intervention, le 1 mai, un chapiteau de 5.500 places se dresse sur la pelouse du stade de football à l'avenue de Maire. Eric Genty (la danse des canards et le petit chapeau tyrolien), les Polaris, Rock Crosy, Carlos et Claude François et les Clodettes se partageront l'affiche des deux soirées. Une question se pose : "Y aura-t-il un nouveau festival en 1976 ?". Les pessimistes sont nombreux ! Au mois de juin, l'Hôtel de Ville est le cadre d'une exposition gallo-romaine au cours de laquelle sont exposées, les récentes découvertes archéologiques ... Dans le prochain article nous nous promènerons dans le second semestre de 1975 car il y a encore beaucoup de spectacles à découvrir !

16 sept.
2008

10:25

Tournai : l'année 1975 sous la loupe (1)

L'année 1975 est une année charnière, bientôt la fusion des communes sera effective. Dans les villages qui seront rattachés à une entité voisine, on multiplie les réunions où pointent des sentiments d'insécurité : la peur de perdre son âme, la hantise de payer plus d'impôts, l'inquiétude de se trouver coupé de l'administration ou d'être oublié. Jusqu'à présent, tout le monde connaîssait son "mayeur", on le rencontrait presque tous les jours, on le tutoyait, on allait le voir pour résoudre ces mille petits problèmes qui empoisonnent la vie quotidienne du citoyen. Quand les gestionnaires seront partis pour la ville, ne risque-t-on pas d'être des "laissés-pour-compte" ? Un premier projet officiel de fusion est présenté à la presse par le Minsitre de l'Intérieur. Tournai regrouperait 18 communes d'Esplechin à Mourcourt et de Ramegnies-Chin à Saint Maur. A Antoing, les mandataires communaux votent une motion afin que soient regroupées autour de la capitale du Pays Blanc, les entités de Bruyelles, Calonne, Chercq, Fontenoy, Laplaigne, Maubray, Péronnes, Vaulx et Vezon. A Kain, le bourgmestre Raoul Van Spitael démontre qu'il a de la suite dans les idées, il invite l'initiateur du projet, le Ministre Michel, à une séance du Conseil Communal au cours de laquelle, il l'apostrophe en ces termes : "Mr. Michel, si vous aviez une fille, consentiriez-vous à la marier, contre son gré, à un prétendant aussi désargenté que l'est Tournai ?" A Tournai, le bourgmestre Fernand Dumont, lors d'une autre visite ministérielle, tient des propos diamètralement opposés : " La ville de Tournai n'est pas opposée à voir le bassin carrier se joindre à elle" dit-il à propos de Gaurain Ramecroix. 

A quelques mois de cet historique bouleversement administratif, certains, dans la cité des cinq clochers, ont déjà une vision d'avenir en ce qui concerne la gestion du grand Tournai. Comme on parle de construire un nouveau palais de justice, on le fera à Kain. La poste à l'étroit dans ses locaux de la rue des Chapeliers sera dotée d'un nouveau bâtiment fonctionnel à Vaulx, la bibliothèque communale trouvera place à Froidmont et la ville conservera son conservatoire de musique et sa Maison de la Culture. Plus on approche de la date fatidique, plus les esprits s'échauffent. Ainsi le samedi 11 octobre, une manifestation rassemble plus de 1.500 personnes sur la Grand'Place de Tournai. A la tribune, les bourgmestres régionaux rappellent leur opposition au projet (diable, ils défendent leur place). "C'est une hérésie" s'exclame Raoul Van Spitael avant de mettre en garde les députés régionaux appelés à voter la fusion qui signera la mort des petits villages.

En attendant à Tournai comme ailleurs, la vie politique continue et il faut faire face à d'autres problèmes. Au début du mois de janvier, on élargit l'Avenue Montgoméry en "rognant" sur la Plaine des Manoeuvres. A cette occasion, on évoque la possibilité de doter rapidement de feux tricolores, le carrefour de la Porte Saint Martin, un lieu tristement célèbre par le nombre d'accidents graves connus depuis quelques années. On étudie même sérieusement la création d'une voirie souterraine allant du boulevard Léopold vers celui de Lallaing pour fluidifier la circulation sur le boulevard Bara, coincé entre les chaussées de Douai et de Lille. Les commerçants tournaisiens se penchent sur la création d'un quartier "piétionnier" et tout naturellement leur choix se porte vers la "Croix du centre" c'est-à-dire les rues Gallait, de la Cordonnerie, des Chapeliers et des Puits Wagnon. Comme à tout projet de changement des opposants se manifestent, certains commerçants pensent que "détourner la circulation automobile, c'est aussi détourner la clientèle". Sur la Plaine des Manoeuvres, l'échevin Robert Boucart souhaite réaliser rapidement un hall des Sports et un autre pour les foires et expositions. Deux éléments qui font cruellement défaut à Tournai. L'habitat trouverait sa place le long de l'avenue Montgoméry et la réalisation de deux grands magasins a désormais du plomb dans l'aile. Il faut dire que celle-ci ne faisait pas l'unanimité au sein de l'Association Générale des Commerçants de Tournai dont le nouveau Président, Georges Lekeuche, vient d'être élu. A la chaussée de Lille, on entreprend la restauration de la chapelle de la Léproserie du val d'Orcq. Des chiffres parus en fin d'année font apparaître qu'au 30 mars 1975, le Tournaisis compte 27.411 travailleurs (19.934 travailleurs manuels et 7.477 intellectuels) mais attirent déjà l'attention sur le nombre de chômeurs complets indemnisés par le Bureau régional : 4.518 personnes soit plus de 9% de la popualtion active. En ce domaine, l'avenir est inquiétant, les "golden sixties" sont terminées !

(sources : le Courrier de l'Escaut et notes personnelles)

10:25 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, chomeurs, raoul van spitael, fusion des communes |

12 sept.
2008

08:36

Tournai : le chantier de la cathédrale

Depuis la fin des congés, les personnes qui passent régulièrement aux abords de la cathédrale Notre-Dame ont probablement remarqué que des échafaudages métalliques montent peu à peu à l'assaut du prestigieux édifice. Dans quelques jours, ils auront atteint le toit de la nef romane. Pendant ce temps, sur la place Paul Emile Janson, on assemble les éléments qui constitueront le toit provisoire. Ceux-ci, une fois posés au moyen d'une grue au-dessus de l'actuelle couverture du bâtiment, permettront aux ouvriers de travailler sans se soucier des conditions atmosphériques.

La première phase d'un chantier de rénovation qui devrait durer quelques dizaines d'années vient donc de débuter. Lors d'une réunion auquel il assistait, l'Optimiste avait rencontré l'architecte coordinateur du projet, Mr. Brunelle, qui lui avait suggéré de prendre contact avec Ideta pour obtenir les informations complémentaires. Seulement voilà, dans ce dossier, la confiance d'Ideta n'est pas très grande à l'égard des passionnés d'Histoire et ces spécialistes snobent bien souvent les Amateurs, dans le sens noble du mot. L'Optimiste a donc décidé de suivre le chantier depuis le pied de la cathédrale et de vous renseigner tous les trimestres sur l'état d'avancement du chantier. C'est en effet un sujet qui trouve sa place dans notre "visite virtuelle" de la ville de Tournai. En même temps la rénovation du quartier cathédral a aussi débuté, le crédit accordé par la Région Wallone pour celle-ci a été confirmé et annoncé par No Télé ce 11 septembre.

Le cinéma Multiscope Palace vient d'être démoli et le terrain est désormais livré au travail minutieux des archéologues qui y effectuent des fouilles. Que va-t-on y découvrir ? On sait qu'à cet emplacement se dressait jadis l'ancien couvent des réligieuses et l'Hôpital Notre-Dame, vastes bâtiments qui s'étendaient de part et d'autres de l'actuelle rue de l'Hôpital Notre-Dame. Dans la rue de l'Arbalète, un immeuble depuis longtemps inoccupé retrouve une nouvelle jeunsesse pour être transformé en appartements. Tout le quartier est en pleine mutation et l'Optimiste vous fera vivre ces modifications du paysage urbain tournaisien.

08:36 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cathedrale, tournai, quartier cathedral, hopital notre-dame |