30 août
2008

11:45

Tournai : l'année 1973 sous la loupe (2)

En ce début d'année 1973, les défenseurs de la langue picarde, les amoureux de "no patois" sont inquiets, la presse locale les informe que "l'Orvue d'el karmesse" si prisée des Tournaisiens risque de ne plus avoir lieu en raison de difficultés financières et autres. Heureusement, au début du mois d'octobre, le Cabaret Wallon est toujours bien présent, la 25e édition intitulée "Acor Toudis" sera représentée jusqu'en décembre et vue par des milliers d'inconditionnels. A la mi-janvier, la toute jeune discothèque communale invite deux artistes à se produire au cours d'un même spectacle, le chanteur belge Paul Louka et Georges Brassens, accueilli par son ami tournaisien, André Tillieu, un habitué du domicile parisien de l'artiste. Le 1er février, une conférence fait grand bruit. Alain Krivine, un des leaders estudiantins de Mai 68, membre du bureau de la Ligue communiste de France a été invité par différentes organisations de la gauche tournaisienne. Un arrêté ministériel, paru l'après-midi, lui interdit l'entrée sur le territoire belge. Nonobstant celui-ci, Krivine est bien présent dans la salle en début de soirée mais il sera prié de quitter les lieux par les services de police. Le samedi 24 février, les Galas Karsenty-Herbert présentent "Ne réveillez pas Madame" de Jean Anouilh avec François Périer. Pour la première fois depuis sa création, la Maison de la Culture n'organise pas ses rencontres annuelles 15/24, celles-ci sont remplacées, le 10 mars, par un"festival du rire" auquel participeront, devant une salle archi-comble, Ricet Barrier et les Frères Ennemis.

Une Maison des Jeunes a vu le jour à Tournai, "Masure 14" située dans de vieilles maisons de la rue As-Poids organise un spectacle en la Halle-aux-Draps où se cotoient deux genres diamétralement opposés : les Black Birds et Jean Vallée. On passe du flot de décibels à la chanson tendre et à la poésie. "Pauvre France"est une pièce de Jean Cau, elle est interprétée en mars par Jacques Fabbri accompagné de Suzanne Gray et Claudine Colas. A la fin du mois de mars, Léo Ferré revient à Tournai où il rencontre, à nouveau, un énorme succès. Jean Pierre Hugé, est un homme qui aime l'éclectisme, après avoir accueilli l'organiste Rhoda Scott, son école d'enseignement spécial, "Les Horizons Nouveaux", situé au boulevard Léopold confie à un spécialiste du genre, Thierry Hallard, la mise sur pied d'un spectacle de cascades automobiles. Le point d'orgue de la saison des variétés, attendu par tous les Tournaisiens, est la 2e édition du "Festival de Tournai Don Bosco" qui a lieu du 5 au 8 mai. Débutant par une soirée Oberbayern, elle se poursuivra avec la venue de Sacha Distel, de l'orchestre londonien Titanic, de Stone et Charden et de C. Jérome. Au total des quatre journées, on dénombre 33.600 participants. 

Le 3 septembre, le Festival Musical international du Hainaut s'ouvre en la cathédrale par l'interprétation de la "Messe de Tournai" par la Capella Antiqua de Munich, spécialisée dans les oeuvres du XIIIe au XVe siècle. Autre cadre prestigieux, le 9 septembre, les jardins du cloître de l'ancienne abbaye de Saint Martin servent de décor au concert du conservatoire de Tournai. L'orchestre de Chambre de la RTB est dirigé par le chef d'orchestre grec Julien Ghyoros. Les amateurs de cirque (ils sont nombreux à l'ombre des cinq clochers) retrouvent le spectacle des frères Bouglione, en septembre également, sur la Plaine des Manoeuvres. Le Festival Musical du Hainaut se poursuit avec la venu du pianiste français Cyprien Kitsaris, le 8 octobre et par celle de l'Orchestre symphonique de Liège dirigé par Paul Strauss avec en soliste le violoncelliste Janos Starker. Cette longue énumération qui ne reprend pas tous les spectacles proposés en cette année 1973 risque à la longue de vous endormir, aussi je teminerai en signalant que le 22 novembre, l'hypnotiseur Dominique Webb est sur la scène du cinéma Scala. Science, Art ou... supercherie ? La question reste posée. Dans le prochain article, nous ferons plaisir aux sportifs en leur parlant des évènements qui marquèrent l'année 1973 dans la cité de Clovis....

29 août
2008

10:05

Tournai : l'année 1973 sous la loupe (1)

Au niveau social et économique, l'année 1973 peut être qualifiée d'année de grogne et d'inquiétude à Tournai et dans sa région. Mécontentement des habitants du village d'Hertain tout d'abord. Suite à l'ouverture de la liaison autoroutière Tournai-Lille, toute la circulation automobile, tous les transports routiers passent désormais par le nouveau poste frontière. L'ancien, si actif depuis 1890 et un des plus importants de la région, est pratiquement désaffecté. Des douaniers y viennent encore durant quelques heures en journée et les brigades volantes traquent les fraudeurs par des contrôles inopinés. Cafés, restaurants et magasins, tant appréciés par les chauffeurs routiers et les touristes, voient leur chiffre d'affaire chuter. Le village semble tomber en quelques semaines dans l'oubli !

"I n'd'a pus", ces mots griffonnés à la hâte sur de petites affichettes renseignent les automobilistes tournaisiens que la pompe à essence ne débite plus le précieux carburant car, à partir de la mi-janvier, les pompistes et gérants de stations-service se sont mis en grève pour réclamer de meilleures conditions financières aux grands groupes pétroliers dont les bénéfices sont à la hausse. Comparativement aux autres habitants du royaume, le tournaisien ne doit pas trop se plaindre, la proximité de la frontière lui permet encore d'aller faire le plein en France, même si cela est toujours considéré par les douanes comme de la fraude. Il fut un temps, pas très éloigné, où les "gabelous" contrôlaient au moyen d'une jauge le contenu du réservoir à la sortie et à la rentrée des frontaliers sur le territoire belge. Coup de colère des étudiants qui manifestent devant l'Hôtel de Ville, ils ont entendu dire qu'une loi supprimerait prochainement le sursis militaire ! 

L'approvisionnement en carburant sera encore un problème majeur à la fin de l'année 1973. Les responsables de l'OPEP, Organisation des Pays Exportateur de Pétrole, ferment les robinets des puits de production afin de mettre la pression sur les pays occidentaux et les obliger à revoir leur position dans le conflit qui oppose Israël aux pays arabes. On assiste à la généralisation de l'arme dite économique. La Belgique comme ses voisins est obligée d'adopter des mesures d'économie d'énergie : réduction de la puissance électrique de 5 %, obligation d'extinction des vitrines et enseignes à 22 h, encouragement de l'isolation des bâtiments et, à partir du 18 novembre, instauration des "dimanches sans voiture". Pendant 24 heures ne seront autorisés à circuler que les véhcules de secours et de sécurité, ceux du personnel médical et soignant ou encore ceux transportant des invalides. De rares et strictes dérogations doivent être sollicitées auprès de l'Administration Communale qui délivre les autorisations. Au petit matin du 18 novembre, quelques fêtards rentrant un peu trop tardivement des discothèques sont arrêtés par des contrôles de police et leurs véhicules sont immobilisés sur l'avenue de Maire. Durant la journée, les automobilistes qui circuleraient sans le "laissez-passer" peuvent se voir condamner à une forte amende et à la confiscation du véhicule. Les rencontres sportives sont suspendues puisque les clubs et supporters sont dans l'incapacité d'effectuer les déplacements. Dans les rues de Tournai, on voit circuler des bicyclettes, des gens en rollers, des calèches tractées par des chevaux et des dizaines de piétons, finalement heureux de réinvestir l'espace public, eux qui d'ordinaire doivent rapidement se réfugier sur les trottoirs. On hume l'air de Tournai sans les odeurs de fuel ou d'essence ! C'est presque le rêve mais certains pensent déjà que cela ne doit pas durer trop longtemps, la voiture est devenue une drogue dont il est difficile de se passer.

Au rayon des manifestations, notons encore celle des riverains de la biscuiterie Desobry. L'entreprise tournaisienne de fabrication de biscuits a le vent en poupe, sa production et ses ventes sont en constantes augmentation grâce à la prospection de nouveaux marchés étrangers. Pour faire face à cet essor, il est tout naturel que ses dirigeants songent à s'étendre mais une modification au niveau de l'environnement est toujours à la base d'inquiétudes pour les habitants concernés par le projet. Ceux-ci redoutent une augmentation des nuisances en raison de la circulation des camions et du bruit généré par l'entreprise. Un accord qui satisfait tout le monde sera rapidement trouvé, les travaux pourront débuter et l'emploi tournaisien bénéficiera de cette extension des activités. Il faut dire qu'en 1973, les chiffres du chômage, publiés le 30 juin, nous renseignent qu'il y a 1.333 chômeurs complets indemnisés par le bureau régional de Tournai (808 hommes et 524 femmes). pour les professions les plus touchées ; les manoeuvres, ouvriers sans aucune qualification (242), les ouvriers du textile, un secteur déjà en crise (179), les tailleurs et ouvriers de la confection (128), les maçons, carreleurs et plafonneurs (94). On trouve même quelques artistes en manque de travail, cela nous amène à évoquer l'année culturelle 1973, ce que nous ferons dans le prochain article ...

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28 août
2008

16:33

Tournai : l'année 1973, celle de tous les projets.

Si au cours de l'année 1972, dont nous venons d'achever la rétrospective, les mandataires communaux tournaisiens eurent de nombreux projets à examiner, les douze mois qui suivirent furent marqués par une grande activité au sein du collège communal en raison des échéances qui se rapprochaient. Il y a tout d'abord la "saga" de l'Escaut. Fleuve d'ordinaire tranquille, le projet de son élargissement provoque bien des vagues au sein de l'hémicycle et dans les milieux sociaux-économiques de Tournai. Pourtant, peu à peu, une majorité se dégage au sein de l'Administration Communale qui se prononce finalement contre un élargissement en site propre. Tournai se remet à peine des affres de la guerre qu'on ne va pas recommencer des destructions de son patrimoine. Durant le Conseil du mois de juin, probablement las des tergiversations à ce propos, le bourgmestre Fernand Dumont, homme connu pour son flegme, sort de sa réserve et tonne : "Les plans pour l'élargissement du fleuve au coeur de la ville sont prêts !". Toutes ces gesticulations ne seraient-elles que du vent ? Non, car un mois plus tard, il a reçu l'assurance de la part du Ministère concerné que les études se poursuivaient et qu'aucune décision n'avait encore été prise. Tout cela ne rassure pourtant pas la population tournaisienne et principalement les riverains du fleuve, au point qu'au mois de septembre, le Président de l'Association des Commerçants décide de lancer une pétition contre cette ineptie de travaux au sein de la cité.

Autre projet soumis aux municipalistes, la prochaine "fusion des communes" voulue par le Ministre Michel qui souhaite réduire le nombre de celles-ci afin de réaliser des économies importantes. Une question est bien souvent débattue tant au sein de l'Hôtel de Ville tournaisien que dans les maisons communales des villages voisins : "Qui sera rattaché à qui ?". Il est clair que chacun veut conserver ses petites prérogatives. "Plutôt premier dans mon village que second à la ville !" pensent sans doute une majorité d'élus. Ainsi Froyennes désire garder son autonomie mais accepterait éventuellement de fusionner avec Tournai pour autant que la population de la nouvelle entité ainsi créée dépasse les 65.000 habitants ! A Kain, le bourgmestre Raoul Van Spitael est farouchement opposé à ce projet et va de meetings en réunions pour le proclamer haut et fort ! Les habitants de Gaurain qui ne paient que peu d'impôts communaux en raison de la présence des carrières qui "remplissent" les caisses de la commune ne sont absolument pas favorables à ce projet. Bref, chacun possède une bonne argumentation pour rester maître chez lui et... tous en veulent à l'amer Michel !

Autre projet, l'occupation de la Plaine des Manoeuvres. Les commerçants locaux voient d'un mauvais oeil l'implantation de deux grands magasins à cet endroit. L'échevin Robert Boucart espère que cette solution, au contraire, renforcera le pôle attractif de la ville par ses commerces, ses logements et sa zone de détente et de sports. Cette initiative n'est pas là d'aboutir en cette année 1973, le chantier qui s'y déroule est celui de l'unique Maison de la Culture.

La France vient de se doter d'un réseau de trains à grande vitesse et propose de relier Paris à Bruxelles par TGV. Le 8 novembre, la presse locale dévoile le parcours emprunté par le rail d'Esplechin (commune d'entrée en Belgique) vers Ath en passant par Rumes, Taintignies, Wez, Jollain Les propriétaires de terres agricoles, de terrains à bâtir ou d'habitations situés sur ce tracé commencent à se regrouper, ils vont mener un dur combat pour empêcher le projet d'aboutir ou pour obtenir les meilleures compensation de la part de la SNCB. On parle également, en cette année 1973, d'une liaison autoroutière entre Tournai et Bruges et entre la ville aux cinq clochers et Roubaix. Cette dernière ne résumera que par quelques centaines de mètres d'une voie rapide reliant l'autoroute Tournai-Bruges au village de Templeuve, se terminant brusquement à l'intersection d'une petite route, endroit cauchemardesque pour de nombreux automobilistes régulièrement surpris par cet arrêt brutal ! Escaut, TGV, Plaine des Manoeuvres, autoroutes, voilà autant de sujets qui animèrent les débats au conseil communal et rendirent les réunions parfois houleuses tant les avis divergeaient. Petite éclaircie, le 21 décembre, la liaison autoroutière entre Hautrage et Tournai est terminée, on peut donc se rendre désormais de Lille à Mons sans quitter la voie rapide, un réel progrès ! ... Dans le prochain article, nous parlerons des mouvements sociaux et des autres évènements qui marquèrent l'actualité tournsaisienne durant l'année 1973....

16:33 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, tgv, autoroute, escaut, plaine des manoeuvres |

26 août
2008

09:03

Tournai : l'année 1972 sous la loupe (4)

Jetons un dernier coup d'oeil dans le rétro pour connaître d'autres faits relatifs à l'année 1972 qui se sont déroulés à Tournai.

En février, les chiffres du chômage sont publiés. Du ressort du bureau régional, on dénombre 1.030 chômeurs (764 hommes et 316 femmes). Au niveau des entreprises, l'arrondissement compte 3.210 entreprises pour un total de 36.340 travailleurs occupés. Parmi celles-ci 2.242 entreprises comptent moins de 5 travailleurs et 5 entreprises seulement en occupent entre 500 et 1.000. Au même moment paraît une interview du nouveau consul de France, Mr Hirn qui nous informe que dans le Tournaisis résident 24.164 français. Ceux-ci se regroupent en associations telles la société Française de Bienfaisance, l'Union des Dames françaises, l'Union des Français de Belgique, la Ligue des Poilus de France qui tiennent leurs réunions dans des locaux tournaisiens.

Restons dans le domaine social et notons un évènement rare dans la profession, la grève des employés de banque dans le courant du mois de juin. Durant une semaine les principales agences bancaires seront fermées, le mouvement sera presque total, les "cols blancs", comme les qualifiait la presse locale, demandaient une revalorisation de leurs barêmes par rapport aux bénéfices engrangés par le monde financier en Belgique !

Au niveau sportif, l'édition 1972 du "Trèfle à Quatre Feuilles", course mise sur pied de main de maître par Jean Leclerc est remportée par Frans Verbeek devant le champion de Belgique d'alors Herman Van Springel. Le dimanche 16 avril prend fin la saison de football 1971-1972. En Division 3, le Racing de Tournai termine à la huitième place d'un classement remporté par Lokeren et son joueur Joseph Jurion, ancien d'Anderlecht tandis qu'en Promotion D, l'Union termine 10e dans une série remportée par Courtrai Sport. Ce même dimanche, un jeune espoir du judo belge, Eric Gremmens, âgé de 15 ans, remporte le championnat de Belgique des super-lourds (67 kg) dans la catégorie cadets à Ixelles. En mai, Tournai accueille une nouvelle fois un championnat du Monde de billard. Cette fois c'est la discipline du Billard Artistique qui est à l'honneur, le titre sera remporté par le belge Léon Corin devant les espagnols Nadal et Domingo.

Notons encore qu'une chaîne américaine d'hôtellerie s'installe dans la ville aux cinq clochers, on construit, en effet, au pied de l'autoroute, à Kain, l'Holliday Inn et que le samedi 16 décembre à l'initiative du Conseil de la Toison d'Or, la ville de Tournai reçoit, en la crypte de l'Hôtel de Ville, le diplôme de "Ville de la Toison d'Or" en souvenir de l'entrée de Tournai et du Tournaisis dans les possessions de Charles Quint et en commémoration de la Joyeuse Entrée de l'Empereur et du Chapitre de la Toison d'Or qui tinrent conseil, en 1531, sous les voûtes de la cathédrale Notre-Dame. A cette occasion, la Toison d'Or fait paraître un numéro de sa revue entièrement consacré à "Tournai et au Tournaisis" ... Nous nous tournerons prochainement sur l'actualité de l'année 1973....

09:03 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : billard, tournai, chomage, francais, toison d or, union de tournai |

24 août
2008

17:23

Tournai : l'année 1972 sous la loupe (3)

L'actualité culturelle sera encore très riche en cette année 1972. Le premier artiste à se produire à Tournai est Gilbert Bécaud. Le chanteur français revient dans la cité des cinq clochers pour un récital en la salle "Scala", bien trop petite pour accueillir les candidats spectateurs. On reste rêveur quand on apprend que le prix des places était compris entre 6,25 et 8,75 Euros ! En cette fin janvier, les amateurs de théâtre se retrouvent en la Halle-aux-Draps pour assister à la représentation de la pièce " Le borgne est roi" avec Maria Casares et Samy Frey. A la mi-février, les Galas Karsenty-Herbert présentent "Un sale égoïste" avec dans le rôle principal : Paul Meurisse (le célèbre "Monocle" au cinéma). Le dimanche 20 février, une tentative de renaissance du carnaval de Tournai amène les différents groupes tournaisiens dans les rues de la cité pour un mini-cortège composé des Gilles de Saint Piat, des Pêcheurs Napolitains de Marvis, des Pierrots de Sainte Marguerite, des Déchaînés mais aussi des fanfares de Mourcourt et d'Esplechin et quelques chars préparés pour la circonstance. Il y avait plus d'une décennie que le carnaval était moribond à Tournai.

En mars, assez bizarrement, on enregistre un "flop" dans la programmation théâtrale, la Halle-aux-Draps est presque vide pour accueillir la pièce de Marcel Achard, "Nous irons à Valparaiso" malgré la présence à l'affiche de Jean Pierre Aumont, Marisa Pavan et de Geneviève Grad (la fille de Cruchot alias Louis de Funes dans la série des Gendarmes). Par contre le succès de foule est au rendez-vous, les 6, 7 et 8 mai, au Boulevard Léopold, où est organisé le premier "Festival de Tournai-Don Bosco" dont l'affiche se compose outre un concours de fanfares régionales, des noms des Wallace Collection, des Dixie Stompers et de Claude François. Le tarif est de 3,10 Euros pour les trois jours ! Juin ramène l'annuelle Journée des Quatre Cortèges. Les Tournaisiens retrouvent, lors de la parade des musiques militaires, pour la 3e fois consécutive, "l'Alamein Staff Band". En cette année 1972, les liens entre les habitants de la ville et la musique anglaise se sont encore affirmés puisqu'une jeune fille de Kain a épousé au printemps un des musiciens de la phalange, rencontré probablement durant la British Week de 1970. Le 5 août, la cathédrale accueille l'organiste chinoise Edith Ho avant son passage aux grandes orgues de Notre-Dame de Paris.

Le 16 septembre, le Festival Musical international du Hainaut s'ouvre en la cathédrale avec "Le Messie" de Haëndel par l'Orchestre Symphonique de la RTB dirigé par Philipp Ledger, un jeune chef britannique de 35 ans et avec la soprano Felicity Palmer. Le festival se poursuit le 22 septembre par une prestation de "The Academy of Sint Martin-in-the-Fields" sous la direction de Nevill Mariner et le 27 septembre par l'audition de "The Purcell consort of voices" en l'église Saint Quentin. Le concert du 4 octobre est attendu par tous les mélomanes tournaisiens, il est dédié à César Franck et interprété par l'Orchestre Symphonique de la RTB dirigé par son chef René Defossez avec en soliste le pianiste André Dumortier, Directeur de notre conservatoire et lauréat du concours international Eugène Ysaye en 1937. Hélas, souffrant, il devra céder sa place à André de Groote. Le 5 octobre, John William se produit à nouveau en la Halle-aux-Draps. Le 22 octobre "The Early Music Concert of London" présente des oeuvres du Moyen-Age, de la Renaissance et de la période baroque en l'église Saint Quentin.

Le 3 novembre, dans le cadre de son gala annuel, l'école d'enseignement spécial "Les Horizons Nouveaux" et son directeur Jean Pierre Hugé accueillent en la Halle-aux-Draps, le West Music Club mais aussi la plus grande organiste de l'époque, Rhoda Scott, née en 1938 dans le New Jersey et qui présente la particularité de se déchausser avant de commencer à jouer. Tournai a toujours eu une relation profonde avec le monde du cirque, aussi n'est-il pas étonnant de voir un de ses habitants, Mr. Patrick Hourdequin, présenter une exposition sur les gens du voyage en la Halle-aux-Draps tandis que, sur la Plaine des Manoeuvres, les 14, 15 et 16 novembre, Emilien Bouglione a planté son châpiteau. Le samedi 25 novembre, la Maison de la Culture présente un spectacle haut en couleurs, pendant deux heures les spectateurs s'enthousiasment aux prouesses des danseurs et des musiciens du Ballet du Sénégal. L'année 1972, restera aussi gravée dans la mémoire d'un habitant de Froyennes, marié, père d'un enfant, il réalise son rêve, Francis Dorpe publie son premier roman "Le Bâtard", une réflexion sur le mal de notre époque : la perte des valeurs humaines. En ajoutant les petits cabarets wallons, le théâtre Wallon et la revue de la Kermesse, en mentionnant les ducasses et les deux foires aux manèges, en évoquant les fêtes patronnales et la sainte Barbette des Pompiers, on peut dire qu'à chaque instant, il s'est passé un évènement culturel ou folklorique dans la cité des cinq clochers en cette année 1972. Amis sportifs, dans le prochain article, on évoquera un panel des évènements de cette même année. ...

23 août
2008

14:29

Tournai : l'année 1972 sous la loupe (2)

Au début de cette année 1972, en guise d'étrennes pour les sportifs tournaisiens, l'Administration Communale songe à aménager l'ancien Casino situé face au Jardin de la Reine en une salle omnisport pour la pratique du basket, du volley ball, du judo ou du tennis de table. Les dirigeants des principaux clubs tournaisiens sont conviés à une réunion d'information le 29 janvier. Le lundi 31 janvier, l'immeuble ayant abrité le Grand Hôtel de la Cathédrale, situé place Paul Emile Janson, au pied des cinq clochers, est acquis par la Banque de Paris et des Pays Bas qui souhaite y installer son siège tournaisien. Celui-ci s'inscrirait dans un projet de vaste complexe qui engloberait également l'ancien hôtel des Pompiers et l'immeuble "de Cordes" inoccupé créant ainsi un ilôt commercial s'étendant de la place Saint Pierre à la rue de l'Hôpital Notre-Dame.

Des projets mégalomaniaques, voire fantaisistes, voient le jour en cette année 1972. Alors que les travaux de construction de la Maison de la Culture s'y poursuivent, certains veulent ériger deux grandes surfaces sur la Plaine des Manoeuvres, l'une le long de l'avenue De Gaulle, l'autre à l'avenue Montgoméry. Entre les deux magasins devraient prendre place des immeubles à appartements semi-résidentiels et sociaux sur douze niveaux. Un projet jugé démentiel par la presse locale, dépassant largement les besoins de la ville en matière d'habitat à cette époque. De plus, venant de Lille ou de Douai, avant de découvrir les cinq clochers et le beffroi qui caractérisent si bien l'entrée dans la ville des cinq clochers, les visiteurs ne verraient que des tours résidentielles d'une banalité affligeante.

En mars, la France décide de porter le gabarit de l'Escaut pour le passage de convois poussés de 3.000 tonnes afin d'achever, sur son territoire, la liaison Paris-Valenciennes-Gand- Anvers (ce qui deviendra par la suite le projet "Seine-Nord"). La réalisation de ce projet en Belgique ferait connaître un chantier de 10 à 15 ans dans le centre de la ville de Tournai, la cité serait définitivement défigurée, les témoignages de son passé disparaîtraient, le commerce local souffrirait de cette fracture entre les deux rives du fleuve. Une voix s'élève contre ce projet : "Pourquoi ne pas faire de Tournai un port de mer et y engloutir au passage la cathédrale et le beffroi ?" s'exclame le bourgmestre de Kain, un certain Raoul Van Spitael, opposé à un contournement de la ville qui traverserait sa commune mais aussi à un élargissement du fleuve en site propre qui ferait perdre son âme à la cité des cinq clochers. Il propose une solution simple, si simple que comme toujours personne n'y avait pensé, une circulation alternée sur le fleuve entre le pont des Roulages et le pont Armand Devallé, là où les grosses péniches ne pourraient se croiser. Voilà enfin une réaction politique locale, enfin une idée qui s'écarte des thèses inquiétantes soutenues par les ministères concernés. Ce Raoul Van Spitael a probablement conquis le coeur de nombreux tournaisiens, surtout celui des habitants concernés par l'une ou l'autre des solutions, des défenseurs du patrimoine et des commerçants locaux. On verra plus tard, les conséquences de cette prise de position.

En avril, l'Administration Communale ouvre les soumissions pour les travaux de démolition de la Salle des Concerts, le "tambour à pattes" de la place Reine Astrid, dont l'état de délabrement représente désormais un danger pour les riverains et les passants. Surprise ! Un entrepreneur offre de l'argent pour exécuter ce travail, en échange, il se porte acquéreur des colonnes et de tous les élements d'un grand intérêt architectural. A la fin de l'année 1972, la salle des Concerts sera toujours debout malgré les affirmations de l'échevin des travaux, Mr. Marcel Décarprentrie qui y verrait bien à la place un immeuble de bureaux et d'appartements de standing. En août, une décision de l'Administration Communale va radicalement changer les habitudes des Tournaisiens : à partir du 1 septembre, ce sera terminé de déposer sur les trottoirs des bacs contenants les immondices, désormais, ce sont des sacs poubelles vendus au prix de 2,10 Fb (5 centimes d'Euros) qui les remplaceront.

Un club sportif tournaisien, le Volley Club Skill, songe lui à combler un vide en matière d'infrastructure sportive, il souhaite ériger à la ruelle Minjean une salle capable d'accueillir outre ses activités de volley, le basket, le football en salle, le tennis, le judo, la gymnastique. Le 9 décembre, le nouvel hôpital civil de Tournai est inauguré en présence du Ministre de la Santé Publique, Mr. Servais et dix jours plus tard, le 19 décembre, c'est la liaison autoroutière Lamain-Lille qui est mise en service officiellement, mettant ainsi la ville de Clovis à moins d'un quart d'heure en voiture de la grande métropole du Nord de la France. Dans le prochain article, nous parlerons sport et culture ...

22 août
2008

16:25

Tournai : l'année 1972 sous la loupe (1)

Consulter les articles de presse parus en cette année1972 afin d'y retirer l'actualité permet à un observateur attentif de constater une évolution dans la présentation et la rédaction des quotidiens tournaisiens. Les pages consacrées à la publicité sont de plus en plus nombreuses (certains diront envahissantes) et certaines osent même parfois la couleur. Les programmes de la télévision ont, peu à peu, pris l'ascendant sur ceux de la radio, ils s'étalent désormais sur une double page. Une autre rubrique a aussi doublé sa surface : celle des "faits divers". Agressions, meurtres, vols, cambriolages, graves accidents du travail mais aussi accidents de la circulation, des matières qui ont véritablement explosé en ce début des années septante.

En ce qui concerne la mutiplication des vols importants, la récente ouverture de l'autoroute y joue probablement un rôle puisque, désormais, les malfrats mettent moins de dix minutes pour se réfugier de l'autre côté de la frontière. Il est plus difficile de déterminer la cause de l'augmentation des accidents de la route, toutes les catégories d'usagers sont touchées : piétons, cyclistes, motocyclistes, automobilistes et chauffeurs de camions. On dénombrera 32 morts durant cette année (20 durant le premier semestre et 12 au cours du second) sur un territoire composé des communes qui forment l'actuel Grand Tournai et l'entité de Rumes. L'amélioration constante de l'état des routes apporte-t-elle un sentiment de sécurité ? Il paraît, en effet, plus sécurisant et surtout plus aisé de rouler à grande vitesse sur une voirie asphaltée que sur des routes aux pavés d'un autre âge ! A moins que les voitures plus performantes permettant de rouler de plus en plus vite soient à l'origine de cette hécatombe. Les accidents impliquant des camions sont très nombreux mais il faut savoir que c'est par centaines qu'ils empruntent chaque jour les routes du Tournaisis pour se rendre dans les carrières du Pays Blanc et que la réglementation sur la durée de conduite n'était pas encore aussi sévère que maintenant.

Certains faits réservent parfois des surprises. Ainsi le lundi 10 janvier, lors d'un accident de la route, suite à une perte de contrôle du véhicule, sur l'autoroute à hauteur de Froyennes, le conducteur est éjecté et tué sur le coup tandis que sa passagère est transportée, inconsciente, dans une clinique tournaisienne. D'après les papiers trouvés sur place par la police, l'homme est un certain G. B. , domicilié à Paris (Si les noms étaient publiés dans la presse à l'époque, la loi Franchimont à l'origine du plus grand anonymat qu'on puisse instaurer dans l'information doit maintenant être respectée !). Grâce à un numéro de téléphone trouvé dans le véhicule, la famille peut être contactée. Coup de théâtre, il s'avère que cet individu est connu sous une autre identié et n'habite pas la capitale française mais demeure en Espagne. Il avait fait l'objet, en France, d'une condamnation lui interdisant d'exercer certaines activités. Administrateur de sociétés, il vendait aussi des produits pharmaceutiques au prix fort. Il s'agissait en fait d'un escroc ayant fait des victimes jusqu'en Amérique du Sud. Son corps restera à la morgue de la ville durant de nombreuses semaines dans l'attente que la famille apporte sa réelle identité, certificat à l'appui. Banal accident de la route comme il s'en produira tous les jours durant cette année 1972 mais dont le dénouement est digne d'une série policière.

Chaque jour, les journaux présenteront des photos de véhicules totalement détruits d'où certains sortiront parfois miraculeusement. Le week-end de la Pentecôte sera particulièrement meurtrier dans le Tournaisis. En l'espace de deux heures à peine, à quelques kilomètres de distance, deux voitures seront happées par les trains express reliant Tournai à Bruxelles. Le bilan des deux accidents sera lourd : quatre morts, des personnes originaires de Maulde et de Gaurain. Le même jour, un accident fera quatre blessés graves à Warcoing et un cycliste perdra la vie à Dottignies. Au lendemain de ce long week-end, les faits divers s'étalaient sur trois pleines pages ! Dans le prochain article, nous verrons ce qui se contruit et ce qui est en projet en cette année 1972 à Tournai, ce sera un peu plus réjouissant !

16:25 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, accidents, faits divers, bilan circulation |

20 août
2008

09:19

Tournai : Sur les chemins de Saint Jacques (5)

Nous poursuivons cette rubrique entamée en juillet et consacrée au chemin de Saint Jacques. Après avoir reçu le témoignage de Mr. Etienne Tonneau, un Kainois, qui s'était rendu dans la capitale de la Galice en compagnie d'un âne, nous vous livrons aujourd'hui le récit d'un autre habitant de la ville aux cinq clochers s'y étant rendu en vélo. 

Eddy Michez est adepte de cyclotourisme. Depuis longtemps, il prend régulièrement part aux randonnées régionales dominicales. En 1995, il décide d'effectuer le Tour de Belgique en solitaire et boucle les 1.200 km en six jours. Deux ans plus tard, il franchit la frontière et emprunte un itinéraire long de 1.140 km, distance qui sépare Tournai de Lourdes. C'est à ce moment que surgit l'idée de se rendre à Saint Jacques de Compostelle. Après cinq années consacrées à la préparation de ce projet, le 3 août 2002, il monte avec son vélo dans un car qui l'amènera à nouveau à Lourdes. Le 5 août, il quittera la cité mariale pour une première étape de 150 kilomètres l'emmenant à Saint Jean Pied de Port. Le lendemain, il rallie Logrono par le col de Roncevaux, là où suivant la légende Roland sonna du cor, l'étape est un peu plus longue, elle compte 174 km. Suivront ensuite les étapes Logrono-Fromista (195 km), Fromista-Léon-Astorga (189 km), Astorga-Sarria (159 km) et le sixième jour, le but de son pélerinage cycliste, Sarria-Santiago de Compostella.

Il venait de parcourir un peu plus de 980 km en 45h49' à la moyenne de 21,21 km/h. Le chemin lui fera visiter des sites exceptionnels avec le passage des cols d'Alto Ibaneto (1.057 m), d'Alto Mezquiriz (922 m), l'Alto Erro (801 m) ou le Puerto de Perdon (679 m). Devant la grandeur des paysages, seul sur son vélo, Eddy se considère comme un "ver sur l'asphalte" ou "comme une mouche dans l'univers". Le parcours va lui permettre, comme à tous les pélerins, des rencontres teintées d'amitié. Dans les Aldudes, en Basse-Navarre, il entre dans la charcuterie de son ami Pierre Otexa, un artisan qui vient, chaque année, à Kain faire goûter ses charcuteries qu'il propose en entonnant les chants si entraînants du pays basque. Il fera aussi une rencontre insolite, celle d'un chien loup portant sur son dos un chat siamois et allant de pélerin en pélerin pour quérir un peu de nourriture ou celle de cyclos néerlandais qui avaient parcouru la route depuis les Pays-Bas chargés de 50 kg de bagages et qui se rendaient au Portugal. Lorsqu'il s'écartait involontairement de son itinéraire, rassemblant les quelques mots d'espagnol qu'il avait potassé, il lui suffisait de dire "soy perdido" pour qu'un gamin le remette sur le bon chemin !

Le mardi 12 août, avec un pincement au coeur mais aussi avec la joie de retrouver la famille restée au pays, Eddy Michez quittait Saint Jacques, en car, avec un groupe de Huy, prêtre et chorale des plus sympathiques. Eddy a emprunté la conclusion de son voyage au guide du Pélerin :" Ultreia (toujours plus loin), l'Apôtre t'a appris, pélerin, que Saint Jacques de Compostelle n'est pas un but, mais un départ. Tu y as compris qu'il n'y avait pas de port sur terre, toujours il te faut repartir sur une route incertaine, parsemée d'embûches, à l'image du chemin...".

Ce 15 août 2008, Eddy Michez s'est embarqué avec son vélo dans un train qui l'a mené à Lourdes. Il est paradoxal de dire que le pélerin a été repris par le "démon du voyage". Là, durant quelques jours, il se mettra au service des malades comme brancardier. Ensuite, il enfourchera sa bicyclette et effectuera le trajet Lourdes-Tournai par la côte atlantique, traversant les Landes, franchissant la Gironde, remontant vers Saint Nazaire et son pont, filant à travers Bretagne et Normandie pour retrouver le Pas de Calais et le pays Ch'ti. Eddy suit ainsi l'exemple des Maurice Vertongen, Raymond Vallée, André Tignon, Daniel Cauchies, Michel et Murielle Cordier, Antoine Delneste et de centaines d'autres, des cyclos tournaisiens qui sillonnent annuellement les routes du monde entier, à travers l'Asie, sur l'Alti Plano en Amérique du Sud, lors des diagonales françaises ou européennes, à Paris-Brest-Paris, ces concurrents de l'impossible reculant les limites du courage et portant bien haut le drapeau "rouge et Blanc", couleurs tournaisiennes aux quatre coins de la planète (même si la terre est ronde !).

18 août
2008

09:21

Tournai : l'année 1971 sous la loupe (4)

Terminons la rétrospective de l'année 1971 par des informations sportives. Le 23 mars se dispute le traditionnel "Trèfle à Quatre feuilles", on y enregistre la victoire de Willy Monty devant Fernand Hermie et Eddy Cael, le coureur hollandais Jan Janssen, vainqueur du Tour de France 1968, chute à Saint Maur et est contraint à l'abandon. Le 10 juin, pour la première fois, la Plaine des Manoeuvres accueille un Auto-Cross international, en cette journée particulièrement chaude, la poussière est assurée pour les pilotes, spectateurs et ... riverains. Exploit des Tournaisiens à Vichy, le mercredi 21 juillet, Tournai est la première ville belge à remporter les "Jeux sans Frontières". Avec 41 points, l'équipe  des cinq clochers précède Brieg (Suisse) 36 points, Bochum (Allemagne) 35, Preswick (Ecosse) 34, Zoetermeer (Hollande) 34, Vichy (France) 31 et Forio d'Iochia (Italie) 29. Les Tournaisiens ne seront pas sélectionnés pour la finale, Ostende réalisant un meilleur score quelques semaines plus tard mais auront le droit de participer aux "Jeux de Noë"l organisés durant le mois de décembre en Ecosse. Durant le week-end des 20 et 21 août, le nageur du CNT, Jacques Henrard devient champion de Belgique du 400 m et du 200 m quatre nages.

Relevons encore quelques faits qui marquèrent cette année 1971. A la fin janvier, la presse est invitée à découvrir une expérience qui a débuté cinq ans auparavant et qui s'avère être une réussite. Mr Gérard Canivet, le Docteur André Denis, pédopsychiatre et Melle Nys, assistante sociale, présentent le "Centre de Réadaptation Fonctionnelle" agréé par le Ministère de l'Empoi et du Travail, le "Saulchoir" à Kain se classe au premier rang au niveau des établissements prônant l'intégration sociale de l'enfance handicapée. Au mois de juin paraît dans la presse locale, le projet de construction d'un "shopping-center" entre le quai des Salines et la rue du Bourdon Saint Jacques. Vaste projet de 3.500 m2 de surface comprenant une galerie commerciale, une supermarché, des pubs, une cafétéria, un parking sur le toit, une station d'essence, voilà ce que propose de construire la SPRL Gifar de Marcinelle sur l'ancien emplacement de la Grande Brasserie du Lion. Le lundi 9 août, on débute la démolition de taudis situés à l'angle de la rue Neuve et des Soeurs de la Charité. Il s'agit d'une opération d'assainissement d'un quartier qui en a bien besoin. Le petit commerce s'inquiète car, en octobre, on inaugure une nouvelle moyenne surface, le magasin Inter-Discount de la rue Perdue. Un an auparavant, cette chaîne de magasins avait déjà ouvert une succursale à la rue du Rempart, à côté de la Coopérative l'Avenir. Petits et grands faits voilà ce qui constitue l'actualité, on s'en souvient... ou on l'a oublié. Que nous apportera 1972 qui s'annonce, nous le verrons très bientôt....

(sources : presse locale et notes personnelles)

09:21 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tournai, le saulchoir, jeux sans frontieres |

17 août
2008

09:41

Tournai : l'année 1971 sous la loupe (3)

L'évènement majeur de cette année 1971 à Tournai est à la fois religieux et culturel, la ville fête, en effet, le 8e centenaire de sa cathédrale Notre-Dame. A cette occasion, du 7 mai au 2 novembre, de multiples manifestations seront organisées : le "congrès des Pueri Cantoris" rassemblera plus de 1.000 petits chanteurs issus des manécanteries de Belgique, d'importants concerts classiques se dérouleront dans l'édifice jubilaire avec la participation de l'Orchestre de Chambre ou du Grand Orchestre Symphonique de la RTB. Le Conservatoire de Tournai proposera la "légende de Saint Eleuthère", des expositions seront consacrées aux "Trésors Sacrés", aux oeuvres de Roger de le Pasture, à la présentation de "laitons et tapisseries de choeur" ou à une rétrospective du peintre Louis Gallait. Le point d'orgue des manifestations commémorant le 8e centenaire sera bien entendu la Procession Historique du 12 septembre qui revêtira un faste exceptionnel, outre les groupes locaux habituels, on y verra aussi des groupes et trésors venus du diocèse et des diocèses voisins.

D'autres évènements culturels seront également au programme de cette année. Le samedi 9 janvier, l'Opéra Royal de Gand, qui se produit encore régulièrement dans la cité des cinq clochers, présente "La Bohême" de Puccini avec dans le rôle prinicipal, le chanteur de la Scala de Milan, Gianni Iaia. A la fin du mois de janvier, la Maison de la Culture qui s'affirme comme le moteur culturel de la ville invite l'anarchiste le plus connu de la chanson française, Léo Ferré. Celui-ci reçoit, comme Jacques Brel avant lui, une ovation en la Halle-aux-Draps Le 4 février, un des chanteurs les plus populaires du moment est à l'affiche du gala de la Pouponnière du Tournaisis : Gilbert Bécaud, Mr 100.000 volt, électrise une salle comble à la Halle-aux-Draps. Le 25 février, les galas Karsenty-Herbert proposent "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand avec dans le rôle prinicipal, Jean Marais mais aussi Marie Lefol et un jeune comédien qu'on a déjà vu dans des films de Louis de Funes (notamment Les Grandes Vacances), Maurice Risch. La mise en scène est de Paul Emile Deibere de la Comédie Française et les décors... de Roger Hart !

Le vendredi 5 mars, l'église Saint Quentin résonne de la voix profonde de John Williams interprétant "Jéricho, Oh Happy Day, Some time I feel...". Et voilà à nouveau, le 14 mars, les Galas Karsenty Herbert avec à l'affiche "Tchao" de Marc Gilbert Sauvajon joué par Pierre Brasseur et Henri Vilbert. La "Journée des Quatre Cortèges" des Amis de Tournai connaîtra, le 14 juin, un des plus grands succès de foule et permettra aux tournaisiens, lors de la parade des musiques militaires, de retrouver cette phalange britannique qui anima la British Week, l'année précédente : l'Alamein Staff Band sous la direction de leur chef, Mr. Kimberley qui sera d'ailleurs par la suite intronisé Chevalier de la Tour. On dénombrera plus de 6.000 personnes autour du forum tournaisien ! Le mardi 19 octobre, retour au théâtre avec "le Maître de Santiago" d'Henri de Montherlant joué par Paul Guers. Le 27 octobre, les mélomanes se déplacent en nombre pour applaudir la jeune violoniste Masuko Ushioda accompagnée par le Grand Orchestre Symphonique de la RTB sous la direction du jeune chef américain : James de Priest. Au programme, la "7eme Symphonie de Sibelius" et la pièce symphonique 'Péléas et Mélissande" de Schönberg.

Qui se rappelle encore de ces cinq musiciens chevelus originaires de Hollande et qui ont pour nom : "The Ekseption". Ils sont invités à Tournai par la Maison de la Culture dans le cadre des rencontres 15/24 et se produisent en la salle des choraux. "La danse du sabre", "la 5e de Beethoven" mis à la sauce pop si certains aiment, les puristes crient au scandale ! Enfin les Horizons Nouveaux invitent, pour leur gala du 17 novembre, un orchestre de jazz qui commence à être très connu, le "West Music Club" sous la direction d'André Waignien, futur directeur du Conservatoire de Tournai. ... Dans l'article précédent nous parlions de vols, de cambriolages, de morts sur les routes, nous venons d'évoquer la fête, les distractions, dans le prochain, nous rappelerons les évènements sportifs de l'année 1971, tout cela s'appelle l'actualité, on passe du rire aux larmes d'une page à l'autre d'un quotidien !