30 mars
2008

09:53

Tournai : le poète Géo Libbrecht

Géo Libbrecht naquit, à Tournai, le 17 février 1891. Il grandit à l'ombre du clocher de Saint Brice. Au cours de sa jeunesse, il aimait les balades en solitaire qui l'amenaient très souvent au sommet du Mont Saint Aubert. Là, il restait des heures plongé dans la contemplation du paysage embrassant du regard cette France toute proche. A peine sorti de l'Université libre de Bruxelles, nanti d'un diplôme de droit, voilà qu'éclate l'horrible grande guerre. Géo Libbrecht aurait pu prétendre à un poste d'officier, il refusa cet honneur et préféra partager le sort de ses frères d'armes, simple soldat dans la boue des tranchées, homme misérable confronté à la grande faucheuse. Il sortit vivant de la tourmente et en 1919 s'inscrivit comme avocat près la Cour d'appel de Bruxelles. La Justice le décevra et il la quittera rapidement pour courir le monde. On le retrouve colon en Amérique du Sud défrichant la forêt amazonienne pour la construction d'une ville. On ne peut pas dire qu'il fit fortune à l'autre bout de la terre et c'est même totalement démuni qu'il rentra au pays.

Il exercera alors la profession d'agent et ensuite de courtier en assurances. Doué et travailleur, il fonde sa propre compagnie. En 1936, alors qu'il fête ses 45 ans, il se retire des affaires, fortune faite. Sa vraie vie va pouvoir commencer. A quoi pensait-il, jeune garçon, contemplant l'horizon du haut du Mont de la Trinité ? Nous allions alors le savoir. Pendant quarante-cinq années, il avait porté en lui une inspiration, une vision du monde qui allait désormais éclater au grand jour. Durant la seconde moitié de sa vie, il produira plus de 100.000 vers et sera honoré des prix les plus importants. En 1949, il reçoit le Prix Syracuse pour "C'est la Terre et c'est le Monde", en 1950, le prix du Brabant avec "Comme on prie", en 1955, le Prix International Simon Bolivar (Sienne) avec "ma soeur pour l'éternité" et le Grand Prix quinquennal du Hainaut pour l'ensemble de son oeuvre. En 1956, le Prix Triennal de Littérature Française du gouvernement pour "Le banquet des ombres". Géo Libbrecht écrivait en Français mais aussi dans ce bon vieux patois tournaisien qui avait certainement bercé sa jeunesse, ainsi "les clôques" (les cloches) obtint le prix biennal de poésie dialectale en 1964. Il chanta sa ville natale au travers de "Tournay, cité des rois", de "Ma ville" ou de "Ville détruite" une oeuvre née au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Chaque lundi de Pâques, Géo Libbrecht ne manquait jamais la traditionnelle montée du mont, le pélérinage des vrais tournaisiens. C'est là que probablement se mit à germer en lui l'idée d'offrir à ses compagnons d'écriture, "le jardin des poètes", une pelouse où les tombes des poètes tournaisiens disposées en arc de cercle contemplent pour l'éternité la France voisine. Géo Libbrecht a rejoint ses compagnons le 20 décembre 1976. Le poète ne meurt pas, il s'envole pour un autre rendez-vous, voici ce qu'il disait de la mort : "Partir ! de cette ville, au pays des légendes où l'homme qu'on serait guettait le rendez-vous; partir ! pour voir, en soi, l'avenir qui s'enfante et, libre, s'en allez, sans savoir où !". Quelques vers de ces poètes, gravés dans la pierre de Tournai, vous accompagnent sur un chemin pavé dans votre dernier effort pour atteindre le sommet.

27 mars
2008

11:19

Tournai : l'année 1952 sous la loupe

Au cours de cette année 1952, alors que la guerre est terminée depuis près de 7 ans, une grande partie de la population tournaisienne vit encore dans de pénibles conditions. L'autorité communale organise un recensement des logements, il apparaît que 199 d'entre-eux, insalubres, sont occupés par 646 personnes, 163 logis surpeuplés abritent 538 personnes et 89 logements suspects sont habités par 336 personnes. Les conditions de vie y sont précaires, certaines habitations ne sont toujours pas raccordées à l'eau potable, d'autres ont accès à un robinet commun situé dans la cave, le couloir et même dans la cour. A l'approche de la période hivernale, on le recouvre de paille ou de "loques" afin d'éviter que l'arrivée d'eau ne gèle. Une seule toilette est partagée par 8 ou 9 personnes, elle se trouve parfois au fond d'une cour reliée à un puit perdu ou à une citerne qu'il faut faire vider régulièrement. La majorité des immeubles ne possède pas de salle de bains, un luxe pour l'époque, on se lave dans une "cuvelle", grande bassine en fer blanc. Certains appartements ne possèdent pas l'éclairage électrique, les habitants s'éclairent au pétrole, solution malodorante et néfaste pour la santé. Il n'est pas rare que 7 à 8 personnes logent dans des appartements ne possédant qu'une seule chambre, source de promiscuité. La reconstruction en cours amènent des personnes à réclamer plus d'habitations à caractère social commes celles de la cité du Maroc construite durant l'entre-deux guerres ou celles en construction dans le quartier du Vert Bocage.

Voici que le presse se fait l'écho des premiers problèmes de parking en ville, la circulation automobile augmente mais est toujours bien loin de représenter le flot actuel des véhicules. Des lecteurs se plaignent amèrement que le dimanche après-midi, la Grand'Place est encombrée de voitures alors que la place Reine Astrid toute proche est désertée. Les premiers automobilistes ont vite pris l'habitude de ne plus faire quelques centaines de mètres à pied. Après tout, si on a acheté une auto c'est pour ne plus marcher, on l'a payé assez cher ce symbole d'aisance !

Un fait divers a retenu notre attention car sa conclusion nous est apparue surprenante. Suite à une déception amoureuse, une jeune fille, encore mineure, a plongé dans l'Escaut à hauteur des travaux du Pont de Fer. Heureusement pour la désespérée, deux militaires de l'Ecole d'Ordonnance passaient par là et plongèrent pour la ramener sur la berge. Elle fut réconfortée dans une maison du Quai Dumon avant de devoir se rendre au commissariat de police pour y faire sa déposition. Elle en ressortit tout simplement avec une amende pour...baignade dans un lieu interdit en ville ! On ne badinait pas avec la loi à cette époque.

Dans la rubrique sportive signalons que le rêve des supporters de l'Union de Tournai n'aura duré qu'une saison, Battu sur le score de 10-0 au Beerschot, le club Rouge et Vert quitte la Division d'Honneur qu'il avait rejoint en mai de l'année précédente. L'Union termine à la dernière place d'un championnat remporté par le Football Club Liégeois devant le Racing de Malines et l'Antwerp. Avec seulement 3 victoires à son actif, 6 nuls et 21 défaites, les Unionistes terminent loin derrière le Racing de Bruxelles, le Sporting de Charleroi et le Standard de Liège. Pendant ce temps, les rivaux du Racing de Tournai terminent à la première place de leur championnat de Promotion et montent en Division 3, ils remportent également le challenge Breitling. Signalons enfin que le 8 juin 1952, Jean Sans Peur se produit à Tournai. Ce cascadeur intrépide escalade le beffroi et après quelques figures acrobatiques accroche un drapeau belge au dragon qui culmine à près de 80 mètres. De son vrai nom Jean Roselier, ce montois de 28 ans qui habite à la rue de Nimy se spécialise dans l'ascension de clochers et de tours. Durant la guerre, fait prisonnier à Gand, il s'évada deux fois et rejoignit les troupes en Angleterre où il s'engagea comme para-commando. Ils fit frémirent bien des spectateurs lors de ses prouesses..

(sources : Le Courrier de  l'Escaut)

11:19 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union de tournai, racing de tournai, jean sans peur |

26 mars
2008

19:55

Tournai : histoire locale, les années 50 (9)

Autant l'actualité de la précédente avait été riche dans les différents domaines, autant celle de l'année 1952 fut très calme. Tout au plus, on dénota une légère agitation à l'approche du dernier trimestre, les élections communales du 12 octobre n'y étant pas étrangères. Nous survolerons donc cette année en nous attachant à quelques faits qui parsèment ces douze mois.

La reconstruction se poursuit. Le 22 février, on enlève les palissades qui entouraient l'église saint Brice depuis près de 12 ans. En grande partie détruite lors des bombardements du 16 mai 1940, l'église est reconstruite et sera probablement accessible au culte pour les fêtes de Pâques. Au sommet du clocher on n'a pas reconstruit le bulbe qui le surmontait jadis. C'est donc une tour carrée qui prendra place dans le paysage de la rive droite de l'Escaut. Les travaux de reconstruction de la caserne Saint Jean vont bon train alors que ceux de la gare vont à un train de sénateur. Le gros oeuvre a été terminé à la date prévue du 30 juin mais à partir de ce moment, les tournaisiens ne constatent plus aucune avancée dans les travaux dits "de finitions" et ils s'en émeuvent dans les colonnes des quotidiens. Le 9 juillet, la première pierre de la reconstruction du palais épiscopal est posée par Mgr Himmer.

La reconstruction de l'ensemble des immeubles de la place Reine Astrid a fait l'objet de débats au sein du conseil communal. Les constructeurs auront de nombreuses contraintes à respecter. Face à l'Hôtel de Ville, on souhaite une rangée d'immeubles au style unique, les garages en façade sont exclus, de même que les larges baies, les balcons et logias. On oblige la construction d'un attique de deux mètres surmonté d'un toit élevé et on exclut les mansardes, la teinte des façades sera uniforme. Il est remarquable de constater qu'à cette époque le conseil communal parvient encore à imposer ses vues aux constructeurs afin d'obtenir cette cohérence dans la reconstruction chère à l'architecte Paul Bonduelle et à sa commission d'urbanisme. Trop souvent dans les décennies suivantes, ce sont les promoteurs qui placeront les autorités communales devant le fait accompli sans obligation de détruire les "anomalies" constatées. Deux bâtiments tournaisiens font l'objet de longs et passionnés débat au sein du conseil en ce qui concerne leur avenir. La Salle des Concerts tient la vedette de la séance du vendredi 21 novembre 1952. Celle-ci est de plus en plus délabrée et la tempête qui a sévi durant la nuit du 6 au 7 novembre a aggravé la situation. Des propositions fusent de toute part, un conseiller réclame qu'on vende d'urgence cette ruine avec obligation pour l'acheteur de reconstruire dans des délais assez courts, "il y va de la sécurité des passants !" Un autre souhaite y installer le commissariat de police mais cette solution est rejetée faute de subsides, un autre encore veut faire raser l'édifice afin de construire à la place le bureau de L'Assistance Publique quitte a emprunter quelques mètres sur la place Reine Astrid. Finalement la sagesse prévaudra, on optera pour des travaux provisoires de sécurisation en attendant des jours financièrement meilleurs ! la Tour de la Loucherie menace elle aussi de s'effondrer, responsables communaux et habitants de la ville s'interrogent sur l'avenir de ce vestige du passé. Comme on projette d'ouvrir une rue qui irait de la place à la rue de la Tête d'Or, on reporte le problème, la tour ne s'effondrera pas et sera même sauvée.... Les travaux du Pont de Fer ont enfin débuté mais dès le début du chantier les riverains sont inquiets, il faut, en effet, détruire les blocs de béton de l'ancienne structure, une seule solution, le dynamitage, une charge mal calibrée et c'est tous le quartier qui reçoit un jour des pierres qui brisent certaines vitres mais ne font pas de victimes... Dans le prochain article, nous verrons les autres (petits) faits témoins d'une époque qui rythmèrent la vie quotidienne de la cité des cinq clochers...

25 mars
2008

16:42

Tournai : le sculpteur Georges Grard

 

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Lors de la retrospective de l'année 1950, nous vous avons parlé du tollé qu'avait provoqué l'installation d'une statue, "la Naïade", sur le parapet du Pont à Pont. Elle était l'oeuvre de Georges Grard. Ce sculpteur réputé est né à Tournai, le 26 novembre 1901, dans une famille modeste. A l'âge de 14 ans, il s'inscrit à l'Académie des Beaux Arts où il débute par des études concernant l'ornement architectural sous la houlette d'Amédée Huglo, puis la décoration avant d'aborder la sculpture grâce à son professeur Maurice de Korte, auteur notamment de "la pleureuse nue" qui orne la sépulture d'Emile de Wael au cimetière du Sud de Tournai. A cette époque, il présente au Cercle artistique, rue des Clairisses, deux sculptures grandeur nature qui déchaîneront déjà les passions, les visiteurs les trouvant "osées".

Un artiste ne peut vivre de son oeuvre, pendant que Georges Grard crée, son épouse tient le café à l'enseigne du "Pingouin", à l'angle de la place Saint Pierre et de la rue de la Lanterne, endroit bien connu des sapeurs pompiers dont la caserne se trouve alors juste en face. Les habitués du café deviendront des sources d'inspiration et ainsi dans son atelier de la rue de l'Arbalète naissent "Le joueur de balle", "le joueur de hockey", sportifs fréquentant le Pingouin.

En 1930, suite à l'octroi d'une bourse par la ville de Tournai, il achète une modeste maison de pêcheurs près de Saint Idesbald, sur la côte belge. Il la transforme en atelier. Il y trouvera cette luminosité si particulière qu'on rencontre dans les Polders, à deux pas de la Mer du Nord. Un an plus tard, divorcé, de santé fragile et las des critiques reçus de la part de ses concitoyens, il déménage définitivement dans la petite cité balnéaire. La maison perdue dans les dunes sera le lieu de rencontre des Paul Delvaux, Pierre Caille, Tytgat, Taf Wallet... En 1935, il crée le bas-relief intitulé les "Poriginelles" (polichinelles) pour le mur extérieur du Musée de Folklore de Tournai. En 1938, c'est à Paris qu'il expose dans la galerie ouverte par Joseph Lacasse, peintre tournaisien dont nous reparlerons. Il s'attache désormais à la représentation du corps féminin dénudé. Son oeuvre de 1949, en bronze, provoquera l'ire de la classe bien-pensante de Tournai. On lui doit, en 1964, les sculptures monumentales qui ornent le pont Albert 1er à Liège. En 1970, il réalise les fonds baptismaux, le tabernacle et les montants de l'autel de l'église Saint Brice, se réconciliant ainsi avec les catholiques tournaisiens qui l'avaient diabolisé vingt ans plus tôt.

Par la suite, la ville de Tournai va acquérir "La femme regardant le soleil", statue de bronze qui accueille les visiteurs du Musée des Beaux Arts. Notons encore les oeuvres monumentales : "Le Printemps" à la Banque Nationale de Bruxelles, "La Mer" située à proximité du Kursaal d'Ostende, "La Caille" pour les Halles de Courtrai, deux autres exemplaires de "la femme regardant le soleil" à Furnes et à Hasselt.

En 1981, une restrospective de son oeuvre a été organisée à Hasselt et Tournai. Georges Grard est décédé à Bruxelles, le 27 septembre 1984. La "Fondation-Stichting Georges Grard" a aménagé l'ancienne ferme et y présente les plâtres, les dessins, les sculptures et les tirages d'artistes, c'est à la Ekestraat à Gijverinkhove... Les amateurs d'art tournaisiens en vacance à la côte belge connaissent cet endroit que nous vous invitons à découvrir. Un an après sa mort, le conseil communal à l'unanimité a décidé de dénommer l'esplanade s'étendant devant la Maison de la Culture : "Esplanade Georges Grard". Mme Francine Van Mieghem façonna un buste du sculpteur en 1994 pour la place qui porte son nom à Saint Idesbald, à deux pas de la plage. Un second buste a été offert à la cité des cinq clochers, il est posé sur une pierre de Tournai, sa ville natale.

24 mars
2008

10:36

Tournai : l'année 1951 sous la loupe

Nous terminons aujourd'hui la découverte des évènements qui marquèrent l'année 1951. Le 13 juillet, une question est posée sur l'avenir du transport vicinal à Tournai. Sera-t-il encore assuré par des trams ou uniquement par des bus ? La solution du tram est en perte de vitesse, les transports de marchandises jusqu'alors effectuées par les vicinaux se réduisent, le tonnage des betteraves transportées lors des campagnes sucrières est en très nette diminution, le contrat pour le transport des produits des carrières a été résilié. Certains voient l'avenir du transport vicinal assuré par les trolley bus, d'autre par des autobus. Ce qui déterminera le choix sera finalement le budget et le coût des différentes solutions envisagées. Le bus tient la corde !

Le 19 octobre 1951, peut-être pour la première fois, l'écologie s'invite au conseil communal. Un membre de l'assemblée fait remarquer que depuis un certain temps, les dépoussiéreurs de la cimenterie des Bastions, qui jusqu'alors avaient donné satisfaction, se sont progressivement transformés en "passoires à poussières". Le quartier, très huppé, du Palais de Justice est régulièrement recouvert d'une fine couche de ciment. Les dépoussiéreurs semblent fonctionner le jour et être mis à l'arrêt la nuit. Le collège communal menace de faire intervenir l'Administration des Mines et de faire fermer immédiatement l'usine si les poussières ne sont pas retenues. Ce conseiller communal était devenu le premier "écolo" tournaisien. Depuis lors, hélas, ce type de débat est devenu courant, désormais on oppose pollution et emploi, santé et travail. Il doit pourtant être possible de concilier les deux à condition de ne pas vouloir de super bénéfices et de consacrer une partie de ceux-ci à la recherche constante de solutions efficaces.

Mais l'évènement principal de cette année 1951, c'est dans le domaine sportif qu'il se produit : la Royale Union Sportive Tournaisienne, championne de Division 1, accède à la Division d'Honneur. Le dimanche 6 mai, le club de la rue des Sports termine en tête d'une série composée des clubs suivants (dans l'ordre du classement final) : US Tournai, Courtrai Sports, Saint Nicolas SK, Lierse SK, AS Ostende, Lyra (l'autre club de Lierre), FC Renaix, FC Izegem, AEC Mons, US Centre, CS Bruges, Vigor Hamme, A Dendermonde (Termonde), Boom FC, Eendracht Aalst (Alost) et Tubantia Borgerhout. Durant ce championnat 50-51, les "Rouge et Vert" ont gagné 16 matches, réalisé 9 nuls et perdu 5 rencontres, scorant à 65 reprises et encaissant 37 goals. Les champions avaient pour nom E. Robin, Guelton, Gené, Turpin, V. Appelmans, Van Houtven, R. Defever, Fauck, Brion, A. Messines, F. Loncheval...Le club rival d'alors, le Racing de Tournai qui évoluait une série en-dessous (Promotion) terminait à la seconde place derrière le Raginc Club de Gand, dans une série où évoluaient alors des grands noms actuels du football belge tels : Waregem, Beveren, Mouscron, le RC Harelbeke ou le FC Roeselaere (Roulers). Le samedi 12 septembre, la ville est en fête, c'est la kermesse mais les champions sont reçus à l'Hôtel de Ville, on organise un défilé en ville, un bal de la montée et un feu d'artifice. Nous verrons par la suite que les deux clubs tournaisiens connaîtront des hauts mais...surtout des bas !

(sources : Le Courrier de l'Escaut)

23 mars
2008

18:16

Tournai : l'année 1951 sous la loupe

Peu à peu, au cours de cette année 1951, la vie tournaisienne reprend son cours. Privés de distractions pendant près de dix ans, les gens ont à nouveau envie de sortir, de se distraire, de s'amuser. Ainsi le dimanche 14 janvier, en matinée et en soirée, en la Halle-aux-Draps, l'orchestre-phare de l'époque, celui de Jacques Hélian, connaît un grand succès, par deux fois la salle est comble. Il est venu dans les cité des cinq clochers à l'initiative du Cercle Sportif des Employés Communaux.

Dans le courant de l'année, on constate l'apparition en ville des premiers postes de télévision, ils sont surtout achetés par des familles aisées et certaines de celles-ci, comme au début de la TSF, invitent régulièrement des amis pour des soirées devant le petit écran. On y regarde un programme unique, celui de la station de Lille, qu'on capte au moyen d'une antenne. Les diffusions commencent à 20h30 tous les jours, sauf le lundi, jour de relâche, mais occupent une partie de l'après-midi du jeudi, les écoliers étant en congé. Ceux qui ont le privilège de voir les émissions sont admiratifs, malgré la qualité moyenne de l'image en noir et blanc, l'instabilité de celle-ci et les parasites quand passe un véhicule à moteur !

Le dimanche 4 novembre, un fait passe presque inaperçu, le jumelage des villes de Tournai et de Troyes (Aube). Par contre, le mercredi 7 novembre, la toute grande foule se presse à la place Reine Astrid pour le concert exceptionnel donné par le Grand Orchestre Symphonique de Bruxelles sous la direction d'un jeune prodige de 11 ans, Roberto Benzi. Celui-ci vient de tenir le rôle du jeune Mozart dans le film "Prélude à la gloire". Ce concert philantropique est organisé au profit de la crèche des "Cheoncq Clotiers" qui ouvrira ses portes le 3 décembre 1951. Notons qu'au cours de cette année de nombreux noms de rues ont changé, Tournai rend hommage aux héros de la dernière guerre et baptise les voiries : avenue De Gaulle, Avenue Montgoméry, Boulevard Eisenhower, Quai Staline, Avenue des Etats-Unis, rue Général Piron, rue Albert Asou et rue Joseph Hoyois...

En cette année 1951 ce qui tiendra en haleine les Tournaisiens est un phénoménal héritage. En octobre 1951, la presse locale annonce que la succession d'un certain Claude Bonnet, de son vrai nom Jean Claude Bonnet, né à Taintegnies en 1790, est ouverte depuis 1936 (elle avait été bloquée depuis son décès jusqu'à cette date). Claude Bonnet avait quitté la région et avait épousé une princesse malgache. En mourant, il laissait une énorme fortune probablement acquise par de la flibuste ou de la contrebande. Cette information va faire réagir tous les dénommés Bonnet de la région, les demandes d'arbres généalogiques seront importantes. Mais l'épilogue fit des déçus, de son mariage avec la princesse malgache il eut trois ou quatre douzaines de descendants directs demeurant sur l'ile de Madagascar. L'existence de ces héritiers en ligne directe laissant peu de chances pour les collatéraux du bout du monde qu'étaient les habitants de la région. L'affaire tomba dans l'oubli... Dans le prochain article, nous ne pourrons passer sous silence l'évènement sportif qui a marqué l'année 1951. Beaucoup s'en souviennent...

18:16 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roberto benzi, heritage bonnet, jacques helian |

22 mars
2008

13:53

Tournai : l'année 1951 sous la loupe

Lorsque nous nous replongeons dans nos souvenirs, lorsque nous prenons le passé pour témoin, nous avons trop souvent tendance à penser que tout allait mieux avant, qu'on ne parlait pas d'insécurité ou alors si peu, qu'il n'y avait pas tant d'accidents de la route, que la météo n'était pas aussi capricieuse... Feuilleter la presse quotidienne des années cinquante nous apporte bien des démentis à ces croyances. Ainsi dans la rubrique des "faits divers régionaux", des journaux de l'année 1951, on découvre, en date du 23 janvier, un infanticide. Le corps d'un enfant de deux mois a été découvert dans une maison de Kain, son petit cadavre qui porte des marques de coups a été placé dans une caisse dissimulée sous la cuisinière. La famille vivait dans des conditions épouvantables. Celles-ci sont peut-être à l'origine de ce drame humain. Le journal du 6 juillet, nous informe qu'au quartier de Barges, Mr. P. qui avait l'habitude d'animer des mariages préparait à cet effet des "campes" à son domicile. Savant mélange de poudres, elles sont tirées à la veille des noces, tradition respectée dans tous les villages voisins de Tournai. Une déflagration retentit soudain, Mr. P. 57 ans, ancien combattant de la guerre 14-18, pourtant expert dans la préparation des pétards, n'a pas survécu à cette explosion. Il venait juste d'envoyer un enfant faire une commission. Son départ venait de lui sauver la vie. Le 3 novembre, on découvre deux corps sans vie dans une maison du Réduit des Sions. Toutes les hypothèses sont envisagées par les policiers chargés de l'enquête : assassinat ? Double suicide ? Le couple vivait en "mésentente" terme qu'on utilisait à l'époque pour désigner des ménages qui se disputaient régulièrement. Le responsable de cette double mort fut vite identifié : le feu continu qui avait refoulé durant la nuit. Une banale asphyxie au CO, hélas ! Les accidents de la circulation étaient moins nombreux mais ce sont, en cette année 1951, surtout les usagers qu'on appelle désormais faibles qui payent un lour tribu. Accrochage au boulevard Delwart entre deux cyclistes dont l'un prend la fuite : un mort, un ouvrier se rendant en cyclomoteur à son travail renversé par une voiture à la drève de Maire : un mort, un motocycliste heurté par une voiture au carrefour des Vendéens : un mort ! Une écolière qui chute lourdement sur le chemin de l'école : gravement blessée.

Lorsque le temps est maussade comme en ce mois de mars 2008, on a aussi tendance à croire que la météo était meilleure avant qu'on ne parle du réchauffement climatique. Notons qu'en 1951, l'année n'avait pas été exceptionnelle. L'hiver avait été rude, il avait d'ailleurs, comme nous l'avons vu dans une précédente rubrique, retardé les travaux de rectification de l'Escaut par la suppression de la courbe dite de la Grenouille. L'été ne sera pas meilleur, quelques violents orages provoquèrent des inondations et bien des dégâts. En juillet, les rues de Tournai furent recouvertes de boue, les caves submergées par 70 cm d'eau par endroit. La tempête du début septembre accompagnée de pluies violentes déchaussa les pavés de nombreuses rues de la ville et abattit des arbres. L'orage du 10 septembre causa également de nombreux dégâts. La foudre s'abattit sur le clocher de l'église du Mont Saint Aubert qui venait à peine d'être reconstruit, la toiture fut soufflée, la poutre maîtresse pulvérisée. Pour corser le tout signalons qu'un très léger tremblement de terre a été ressenti dans la région le 14 mars 1951, le seïsme fut qualifié de moins important que celui de 1938. A l'époque on ne rendait pas encore responsable le réchauffement climatique mais on entendait souvent l'une ou l'autre personne plus agée y aller de son explication : "Dans le temps (c'est toujours par cette réflexion qu'on débute une référence !) quand la grêle approchait d'un village, pour protéger une récolte, on tirait au canon dans le nuage, on savait ainsi modifier localement le temps, alors vous savez, avec toutes ces bombes atomiques qu'on essaie aux Etats-Unis, en Russie, on détraque le temps sur une plus grande échelle". Quelques années plus tard, certains rendront responsables les Spoutnicks, Telstar ou autre Early Bird d'une médiocre météo. En tournant autour de la terre, ces satellites emmenaient probablement avec eux les cortèges de nuages, vision simpliste servant souvent d'explication aux étés pourris d'alors. Dans un prochain article, nous parlerons d'un héritage qui a fait couler beaucoup d'encre à Tournai en 1951...

13:53 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tournai, année 1951, faits divers, accidents, météo |

20 mars
2008

09:48

Tournai : l'année 1951 sous la loupe

Nous continuons notre périple à la découverte de l'actualité de ce dernier demi-siècle à Tournai. Aujourd'hui, nous abordons l'année 1951. La reconstruction de la ville se poursuit. Le 1er décembre 1950, un projet ambitieux a été dévoilé, la création de la cité-jardins du "Vert Bocage" par le Logis Tournaisien. Construite sur une superficie de 12 hectares, elle occupera les terrains de l'ancienne propriété Carbonnelle, entre le couvent des Réparatrices et celui des Pères Caméliens et sera comprise entre le chemin Willems et le chemin 45, à proximité de la carrière Lagache et de la ferme du même nom. Des habitations toutes pareilles avaient déjà étaient construites avant la guerre à partir de la chaussée de Lille, les Tournaisiens les désignaient par l'expression : "les quarante maisons".

En ce début d'année 1951, les travaux de rectification de l'Escaut ont aussi débuté dans le but de supprimer la courbe dite de la "grenouille", au-delà du pont Delwart. Du coup, l'ancien "pont des Roulages", pont ferroviaire surplombant le fleuve sur les lignes Tournai-Lille et Tournai-Mouscron-Courtrai-Bruges devra être démoli et remplacé par un ouvrage métallique beaucoup plus long et légèrement plus large. Le début de ce chantier est néanmoins contrarié par les régulières chutes de neige de cet hiver 1951 et la montée des eaux dans les terrains marécageux qui bordent alors le fleuve en aval de Tournai. Autre bâtiment important en cours de reconstruction, la gare de Tournai dont les travaux ont débuté dans le courant du second semestre de 1949 touchent à leur fin. Une fois terminée, la station devrait retrouver tout le le lustre que lui avait conféré, à l'origine, l'archecte Henri Beyaert.

Dans le domaine de la reconstruction, notons encore l'inauguration, le 6 février 1951, du nouveau pont Delwart en présence de nombreuses personnalités dont le Ministre des Travaux Publics, Mr. Behogne et le bourgmestre Emile De Rasse. Dans son discours, avec une pointe d'ironie, le Ministre qualifie cette réalisation de pont "modeste", non en terme de construction mais bien parce qu'il est celui qui a soulevé le moins de polémiques à Tournai lors de la présentation et de la réalisation du projet. Autre chantier d'importance qui provoque de nombreux embarras de circulation au coeur de la ville, celui de la "Banque Nationale" située dans l'ilôt triangulaire compris entre les rues Royale, du Becquerelle et des Jardins.

A la fin du premier trimestre de l'année 1951, la presse se fait l'écho sur l'état d'avancement de la reconstruction des immeubles détruits lors bombardements, ainsi on note que 13 immeubles sur 33 sont terminés à la rue Saint Martin, 21 sur 45 à la Grand'Place, 12 sur 27 aux Marchés aux Poteries, 7 sur 22 à la rue des Puits l'Eau...On évoque également la modification de voirie à la rue des Chapeliers par la création de ce que les Tournaisiens nommeront "le dégagement de la cathédrale". Là aussi ce projet a ses partisans et ses détracteurs. Certains parlent même de l'ouverture d'une rue froide aux courants d'air permanents ! Autre pont en cours de reconstruction, le Pont à Pont, également connu sous le nom de Pont aux Pommes (voir articles consacrés à la visite des quartiers de Tournai et à l'histoire locale) On se rend compte que le carrefour dit du "Dôme" où se rejoignent cinq rues : de la Tête d'Or, Gallait, des Puis l'Eau venant de l'Escaut, des Puits l'Eau venant du Pont et la rue des Clairisses, pose des problèmes en raison de la largeur de la voirie à cet endroit. La circulation, très nettement moins importante que de nos jours, y est réglée par un agent de police. On projette de réguler le flux (!) des véhicules par des feux lumineux et de protéger les piétons par la création de passages encore appelés "cloutés" et par la création d'un refuge central. Les premiers balbutiements de la génération "tout-auto" sont-ils déjà perceptibles ?

Durant le second semestre de 1950, l'Administration des Ponts et Chaussées devoile son projet de réfection complète des boulevards de ceinture de la ville. On débutera par le boulevard du Roi Albert et par ceux compris entre la porte Marvis (chaussée de Bruxelles) et le Rond-Point de la drève de Maire. Les travaux qui ont fait couler beaucoup d'encre (voir articles précédents) débutent enfin au Pont de Fer. On déplace la statue de Barthélémy Dumortier. La reconstruction bat son plein, on dit que "quand le bâtiment va, tout va", c'est vrai puisque les chiffres du chômage montrent une diminution importante de celui-ci. Dans une prochaine rubrique, nous nous pencherons sur les faits divers, reflets de cette époque d'après-guerre...

09:48 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tournai, reconstruction |

19 mars
2008

08:40

Tournai : Edmond Cornil, dit "malettte"

Au sein d'une cité, la majorité des habitants passent le plus souvent inaperçus et lorsqu'ils sont disparus ne laissent un souvenir que dans la mémoire de proches et de voisins. Il y a d'autres personnes qui prennent place dans la mémoire collective, leur souvenir est alors évoqué dans une chanson ou un monologue du Cabaret Wallon, lors de réunions entre amis ou lors d'une rétrospective d'un journal.

Edmond Cornil était un ferrailleur qui arpentait les rues de Tournai et embarquait dans une charette tirée par un cheval, les vieilles ferrailles, les frigos usagés, les vieux feux ou vieilles cuisinières... dont on voulait se débarrasser. Rien d'extraordinaire en soi ! Pourtant Edmond Cornil, surnommé "Edmond Malette" avait une particularité qui allait faire sa renommée. Il habitait à la chaussée de Courtrai à Froyennes, dans un café à l'enseigne du "Cheval Gris", aujourd'hui disparu. Tous les matins accompagné de son ami René, il allait chercher son cheval, Brigitte, dans l'écurie située à l'arrière de l'estaminet et lui faisait traverser la salle et descendre l'escalier sur lequel il avait placé une planche. Voir un cheval traverser un café matin et soir n'est déjà pas banal en soi ! Mais "Brigitte" était un cheval un peu particulier qui aimait par dessus tout : la bière !

Ainsi lors des tournées avec son maître, il s'arrêtait de lui-même devant les cafés qu'ils avaient l'habitude de fréquenter et, attaché à un poids le long du trottoir, le cheval sirotait un demi avec délectation. Combien en ingurgitait-il tout au long d'une tournée, d'une journée ? Cela restera un mystère ! Certainement moins que son maître cependant et il n'était pas rare, le soir, de rencontrer l'attelage retournant, à un très petit trot, vers l'écurie froyennoise, Edmond Malette souriant, heureux des bonnes affaires des la journée mais aussi grâce aux effets du jus de houblon et Brigitte pensant certainement à la dernière pinte qui l'attendait au terminus avant un repos bien mérité. Brigitte a vécu plus de trente années, elle a depuis bien longtemps rejoint le paradis des animaux. Edmond Malette a aussi quitté cette bonne vieille terre, mais le souvenir d'un petit cheval roux et de son maître, grands amateurs de bière comme tous les belges, reste bien vivace dans la mémoire des Tournaisiens.

08:40 Écrit par l'Optimiste dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : edmon cornil, edmond malette, le cheval brigitte |

17 mars
2008

15:21

Tournai : l'année 1950 sous la loupe

Se replonger dans la lecture de la presse des années cinquante apporte un éclairage sur les progrès, les distractions, la vie quotidienne, la sécurité d'alors. Ainsi, en cette année 1950, au niveau des progrès, durant le mois de juillet, on parle de l'apparition de la télévision dans le Hainaut et dans le Tournaisis. Le groupement des radio-techniciens de Belgique a choisi le Mont Saint Aubert distant de 25 km environ de Lille pour diffuser la première émission de la télévision française. En ce qui concerne les distractions, les plus grands cirques reviennent à Tournai, ainsi les 28 et 29 août, le cirque de Joseph Bouglione dresse son chapiteau dans le quartier de la Verte-Feuille. A grand renfort de publicité (qu'on appelait encore réclame), il annonce des numéros extraordinaires tel celui de Miss Francony's qui exécute le "saut de la mort" (double saut périlleux en automobile) dans sa voiture à "réaction", tel celui de Mademoiselle Hamana, la femme-obus, projetée à partir d'un canon au travers d'un mur de flammes. Quelques jours plus tard, c'est le cirque des quatre frères de Jonghe qui s'installe pour deux semaines sur la plaine des Manoeuvres avec ses fauves, ses chevaux, sa ménagerie.

En août 1950, on mesure la superficie de la ville et on apprend ainsi qu'elle est de 1.564 hectares dont près de 236 intra-muros. Durant le mois de juillet, Tournai vit des grèves qualifiées de sauvages qui frappent en premier lieu les Vicinaux privant ainsi les personnes en congé du moyen de voyager le plus utilisé alors. Ce sont les prémices à la "Question Royale". Le roi Léopold III étant rentré d'exil le samedi 22 juillet, la situation s'envenimera rapidement, les grèves se multiplieront et ne prendront fin que par la prestation de serment du prince royal Baudouin I.

Mais ce qui monopolise le plus l'attention à Tournai est le conflit qui dégénère entre les organes de la presse locale représentée par le Courrier de l'Escaut (conservateur et ultra-catholique) et l'Avenir du Tournaisis (laïc et ultra-libéral). La cause de cette dispute : une statue de l'artiste tournaisien Georges Grard, intitulée "la Naïade" que la direction des Ponts et Chaussées souhaite placer sur le parapet du Pont à Pont. Les articles sont incendiaires et les mots outranciers : "On ne veut pas de cette statue réprésentant une femme nue exposée à la vue de tous sur le parapet du pont", "Celle-ci représente l'impudicité, un manque de respect pour les passants, elle est l'exemple de la dépravation des moeurs qui s'installe dans les courants modernes du livre, du cinéma, des romans, de la mode et même de l'Art", "le fait de hisser cette statue sur le pavois est une atteinte aux bonnes moeurs", "le journal d'en face (lire l'Avenir) se fait le défenseur de la "salope" (sic)" ou encore " "la grosse doit quitter le pont". Après ces articles enflammés qui durèrent de nombreuses semaines, après des joutes mémorables lors des conseils communaux, après un courrier des lecteurs ou partisans et opposants s'insultaient littéralement, après avoir décrié l'auteur en le diabolisant, on trouva une place pour la statue : sous le pont, à l'abri du regard oblique des passants honnêtes aurait dit Georges Brassens. Elle y resta en exil pendant près de 40 ans, visible du centre de transfusion sanguine de la Croix Rouge sans qu'on sache si elle a un jour fait (re)monter la tension d'un donneur de sang ! Il y a une vingtaine d'années, elle a retrouvé sa place sur le parapet du pont, elle est même devenue un des symboles du carnaval de Tournai pour les confréries qui l'habillent à la veille de la mi-carême et a même donné son nom à une bière brassée pour ces jours de réjouissances.

Quant au clivage conservateur-progressistes, il s'est estompé et on ne trouverai plus de tels articles sous la plume des journalistes d'aujourd'hui. Au niveau de l'insécurité, on relève durant le premier semestre l'assassinat d'un vieillard vivant seul à Havinnes, une femme poignardée par un ex-amant sur la Place Saint Pierre, une femme, sa fille et une cycliste assommées par des truands à Ramegnies-Chin, un chaffeur de taxi victime d'une attaque à main armée à Hérinnes. Quant aux accidents de circulation, ils étaient moins fréquents qu'actuellement mais lorsqu'ils se produisaient ils coûtaient souvent la vie à plusieurs personnes. Les routes étaient moins fréquentées mais les véhicules beaucoup moins sécurisés.

(sources : la presse locale)